Unités de production de fer : Le ministre en charge de l’Industrie exige le respect des normes

Bamako, 06 sept (AMAP) Les usines de production de fer qui continueront à ne pas respecter les normes pourraient être fermées, après la deuxième phase de vérification et de sensibilisation menée par les services techniques, a mis en garde, lundi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en marge d’une visite sur les sites de l’Industrie du Mali et de fer (IMAFER), à Fougadougou dans la Commune rurale de Tienfala. Le Mali a connu, récemment, l’effondrement d’immeubles construits ou en construction entrainant des dégâts matériels et financiers importants. Dans certains cas, des pertes en vies humaines ont été enregistrées. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a, à cet égard, instruit la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) et l’Agence malienne de métrologie de conduire un vaste programme de contrôle et de vérification du diamètre et de la longueur dans toutes les unités de production de fer sur l’ensemble du territoire national. Le résultat de cet audit mené par les deux structures est sans appel. «Des fers commercialisés sur le marché comme étant du fer 6 ont été contrôlés diamètre 4, des fers 8 présentés et vendus au prix du fer 8 ont été contrôlés au diamètre 6, des fers 10 ont été contrôlés au diamètre 7 et ceux présentés comme des fers 12 et vendus à ce prix ont été contrôlés 9. Les longueurs ne sont pas respectées», a dénoncé Moussa Alassane Diallo. Pour le minsitre en charge de l’Industrie, cette situation est inacceptable pour le gouvernement et insupportable pour les populations. C’est pour cette raison que toutes les unités de production de fer ont été réunies le 22 août dernier pour partager avec elles, les conclusions des études de vérification et de contrôle menées par les services techniques. À l’issue de cette réunion, des recommandations fortes et des décisions ont été prises par le département. La visite terrain du ministre a consisté à vérifier la mise en œuvre effective de ces recommandations et décisions. «Le développement économique inclusif et durable du Mali se fera avec l’industrie ou ne se fera pas. C’est pourquoi, soutenir l’industrie dans notre pays est une exigence pour mon département. L’objectif recherché est de permettre à nos industries de transformer notre production locale, pour que nous puissions assurer nos besoins nationaux par la production nationale», a-t-il expliqué. Selon M. Diallo, nos industries doivent donner des produits de qualité qui respectent les normes. Autrement, il sera difficile de tenir sur la durée les engagements pris par rapport à la politique industrielle du pays. «La conduite de cette politique qui se repose sur la promotion et le développement de l’industrie locale (petite, moyenne et grande) ne peut aller avec la promotion de la médiocrité. Nous devons être meilleurs en matière de production», a-t-il insisté. Cette visite a permis au ministre Diallo de constater qu’il y a un nombre important d’usines qui ne respectent pas les normes. «D’ici octobre prochain, une deuxième vague de contrôles et de vérifications sera enclenchée par mes services. Si nous arrivons aux conclusions qu’il y a encore des unités de production de fer au Mali qui ne respectent pas les normes, nous serons amenés à assumer nos responsabilités et cela pourrait conduire à la fermeture de ces usines», a-t-il averti. Les orientations et exigences du ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation et de supervision mis en place, à la fois, pour contrôler la qualité et le respect des normes, seront partagés avec les acteurs du secteur pour un développement industriel réussi. Évoquant le problème d’énergie, le ministre Diallo a dit que c’est une donnée permanente. « Dans les réflexions que nous sommes en train de conduire, il s’agira de voir, aussi, comment on peut rendre nos industries moins dépendantes de l’énergie thermique. Pour cela, plusieurs pistes s’offrent à nous, surtout en ce qui concerne le solaire. On a déjà rencontré les promoteurs de l’énergie solaire, des réflexions sont en cours pour concevoir une politique industrielle où nos industries seront moins dépendantes de l’énergie à partir de l’EDM. SA», a-t-il dit. Les responsables des unités industrielles visitées ont salué cette démarche du ministre Diallo qui vise à assainir le secteur. BBC/MD (AMAP)    

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 août 2023

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 23 août 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif au Décret n°2023‐0345/PT-RM du 08 juin 2023 portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du tronçon urbain de la Route nationale n°27, Bamako‐Koulikoro, à Bamako. Le Conseil des ministres a adopté en sa Session du 31 mai 2023, le Décret n°2023‐0345/PT-RM du 08 juin 2023 portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du tronçon urbain de la Route nationale n°27, à Bamako. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’entreprises COVEC-Mali/EGK pour un montant de 29 milliards 146 millions 247 mille 778 francs CFA hors taxes et hors droit de douane, dont 17 milliards 352 millions 921 mille 767 francs CFA pour la tranche ferme et 11 milliards 793 millions 326 mille 11 francs CFA pour la tranche conditionnelle et un délai d’exécution de trente-six (36) mois. Le projet de décret est adopté pour prendre en compte la nouvelle clé de répartition de la prise en charge du projet qui se présente comme suit : – Tranche ferme : Banque Ouest Africaine de Développement 13 milliards 639 millions 115 mille 949 francs CFA, soit 95,33% et Etat du Mali 668 millions 5 mille 679 francs CFA, soit 4,67% ; – Tranche conditionnelle : Banque Ouest Africaine de Développement 13 milliards 606 millions 115 mille 668 francs CFA, soit 91,69% et Etat du Mali 1 milliard 233 millions 10 mille 482 francs CFA, soit 8,31%. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la parcelle de terrain, objet de titre foncier n°150 556 du Cercle de Kati, sise à Sanankoro-Farako et Diakoni de la Commune rurale de Dogodouman. La parcelle de terrain, objet de la présente affectation, d’une superficie de 114 hectares 65 ares 44 centiares est destinée à satisfaire les besoins de recasement de certaines populations de la Commune rurale de Dogodouman. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA RECONCILIATION, DE LA PAIX ET DE LA COHESION NATIONALE, CHARGE DE L’ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION NATIONALE – Chef de Cabinet : Monsieur Adama SISSOKO, Economiste. – Conseillers techniques : Commandant Hawa COULIBALY ; Monsieur Hamadoun KONTA, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Monsieur Issa TRAORE, Magistrat. – Chargés de mission : Madame Fatima Bint Mohamed FALL, Auditeur/Comptable ; Monsieur Oufène AG BA ALY, Spécialiste de l’Information et de la Communication ; Madame Bintou Walet Mohamed Ali, linguiste, spécialité/Anglais. – Directeur général de l’Agence de développement du Nord du Mali : Monsieur Moulaye Abdarahamane EL OUMRANY, Ingénieur en Marketing. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des ministres a pris acte d’une communication écrite relative au Rapport national additif du Mali pour le 4ème cycle de l’Examen périodique universel. Etabli par la Résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies le 15 mars 2006, l’Examen périodique universel consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’Organisation des Nations unies dans le domaine des Droits de l’Homme. Il s’agit d’un processus mené par les Etats, d’un examen par les pairs, sous les auspices du Conseil des Droits de l’Homme. Il fournit à chaque Etat, l’opportunité de présenter les mesures qu’il a prises pour améliorer la situation des Droits de l’Homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière. Un cycle d’examen couvre une période de quatre ans et demi au cours de laquelle tous les Etats membres des Nations Unies sont examinés. Le Mali s’est soumis au même exercice, lors de la 43ème session du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, tenu du 1er au 12 mai 2023, à Genève. A cet effet, il a présenté le rapport national et fait l’état de la mise en œuvre des 187 recommandations acceptées à l’issue de l’examen précédent de 2018. Après le passage de la délégation malienne devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève, 275 recommandations ont été adressées à notre pays, parmi lesquelles certaines sont entièrement mises en œuvre ou sont en cours, d’autres le seront très prochainement. Ainsi, dans le souci de maintenir le caractère participatif et inclusif, les représentants de notre pays à cet exercice ont décidé, avant de se prononcer sur lesdites recommandations, de revenir restituer le Rapport national et de recueillir les avis et suggestions de tous les acteurs. Pour cela, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a organisé une table ronde le 16 août 2023. A l’issue de cette table ronde, les participants se sont prononcés sur les 275 recommandations à travers une matrice qui doit être soumise, en dernier lieu au Gouvernement en vue d’une approbation. Cette dernière phase du processus impose à notre pays de soumettre, au plus tard, le 28 août 2023, son rapport additif qui devra être adopté lors de la 54ème session ordinaire du Conseil des Droits de l’Homme, prévue en septembre 2023. L’approbation du rapport national additif dans le délai prévu permettra, non seulement d’inscrire le dossier du Mali au rôle de la 54ème session ordinaire du Conseil des Droits de l’Homme, de mettre en exergue et de préciser la position du Mali sur l’ensemble des recommandations adressées

Gestion des déchets à Bamako: Un dépôt de transit modèle bientôt opérationnel à Médina-Coura

Bamako, 20 juil (AMAP) Les travaux d’aménagement d’un nouveau dépôt de transit modèle à Médina-coura, en Commune II de la capitale malienne, Bamako, financés à hauteur de 356 millions de Fcfa par l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), doivent prendre fin le 30 août prochain. Une forte délégation conduite par les ministres de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mamadou Samaké, et des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a visité le chantier mardi dernier. Ce dépôt est bâti sur une superficie totale de 2 800 m2. Il est équipé d’un forage et de château, de six caissons de 30 m3 en réserve et de 10 lampadaires solaires. Face à la problématique de gestion des déchets, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a indiqué que plusieurs initiatives sont en cours, notamment le Projet de résilience urbaine de la ville de Bamako qui prévoit la réalisation d’infrastructures structurantes. «Ce dépôt de transit est équipé de caissons qui seront posées côte à côte pour permettre aux charretiers de déposer les déchets à l’intérieur de façon ordonnée. Afin d’éviter des déversements d’ordures un peu partout comme nous le connaissons dans les autres décharges », a expliqué Mamadou Samaké. « Les déchets seront ensuite transportés par les camions des services techniques de la voirie vers la décharge finale de Noumoubougou», a-t-il ajouté. En tenant compte des urgences de ce chantier en cours, le ministre Samaké a invité les uns et les autres, « à prendre des dispositions pour accélérer le reste des travaux. » Il a dit que ce dépôt a été conçu pour prendre le flux journalier des déchets qui provenaient du dépôt en face du stade omnisport. Il a espéré que bientôt, cette décharge sera opérationnelle pour le bien-être de la ville de Bamako. «C’est comme si le dépôt du Stade omnisport a été transféré ici. C’est un dépôt de transit moderne qui n’est pas censé stocker les ordures pendant longtemps. Contrairement à l’ancien dépôt, les ordures sont déposées ici dans les caissons et non à terre », a encore dit M. Samaké. « Tout cela, pour éviter les problèmes de pollution et de nuisances que nous connaissons dans les autres dépôts», a précisé le chef du département en charge de l’Assainissement. Pour sa part, le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, a reconnu que depuis la fermeture du dépôt de Médina-coura, la capitale a connu une grande recrudescence des déchets. «Le dépôt,qui était initialement en face du Stade omnisport, a causé beaucoup de soucis aux riverains. C’est pourquoi, nous sommes là aujourd’hui, pour voir dans quelle mesure ce dépôt peut soulager les populations des Communes II et III», a expliqué M. Sangaré. L’aménagement de ce dépôt nécessite forcement des désagréments pour ceux qui sont installés aux abords, dans les kiosques, les garages de réparation d’automobiles et les magasins. Selon les constats des autorités sur place, ces installations doivent être démolies pour faciliter le transport des déchets. Face à cette situation, le maire du District de Bamako a assuré que des dispositions ont été prises. Adama Sangaré a invité les intéressés à collaborer avec la municipalité qui les a installés afin qu’elle puisse les trouver des lieux de recasement. Le bailleur de fonds du projet est l’ANICT. Son directeur général, Dr Lassina Coulibaly, a souligné qu’une fois ce dépôt terminé, « il sera transféré à la mairie du District de Bamako à travers les services d’assainissement de la voirie qui aura en charge sa gestion, sous la supervision du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. » MS/MD (AMAP)

Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de

Présidence de l’OMVS : Le président Goïta passe la main au chef de l’Etat mauritanien

Bamako, 19 juil (AMAP) Le président sortant de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le colonel Assimi Goïta, a remis, mardi, le témoin au nouveau président en exercice, le Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à l’occasion de la 19è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue en mode virtuel. Parmi les défis à relever, auxquels le président entrant va certainement s’atteler, figurent en bonne place la navigation et la réalisation d’autres infrastructures communes. Au regard de l’urgence de concrétisation des grands projets suscités, en raison des besoins pressants de nos populations en services de transport fluvial, d’énergie et de sécurité alimentaire, le colonel Assimi Goïta, a demandé au Haut-commissariat de l’organisation sous régionale d’accélérer l’élaboration, en cours, d’une stratégie de mobilisation de financements et sa mise en œuvre diligente. En plus du colonel Assimi Goïta, les chefs d’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et de la Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, ont participé à cette rencontre virtuelle. Le président sénégalais, Macky Sall, s’est fait représenter par le Premier ministre Amadou Bah. Les membres du Conseil des ministres, dont la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, ont également été associés à cette réunion qui intervient après celle de Bamako, tenue en décembre 2019. PROJET NAVIGATION – Le président de la Transition a fait le bilan de l’état d’avancement des activités depuis sa présidence à la tête de l’Organisation, avant de passer le flambeau au chef de l’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Tout d’abord, le colonel Assimi Goïta a déploré l’ampleur des contraintes qui ont marqué son mandat. L’Organisation a fait face à de profondes crises dont la plus importante, liée à la pandémie à Covid-19 survenue en début 2020, a secoué l’économie mondiale et bouleversé la mise en œuvre des projets de l’OMVS. Le projet de navigation, pilier manquant dans la réalisation du programme d’infrastructure régional, qui avait fait l’objet de signature d’un contrat commercial en octobre 2019, est buté à quelques contraintes financières. « Fort heureusement, a apprécié le chef de l’État, la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (SOGENAV) a su proposer un schéma alternatif de phasage des activités d’exécution du projet. La première phase de ce projet est basée sur une stratégie de navigation rapide qui vise à rendre navigable le fleuve Sénégal, entre Saint-Louis (Sénégal) et Ambidédi (Mali), à partir de juin 2024. «À cet effet, il importe de diligenter le financement de cette stratégie, assortie d’un coût de 35 milliards de Fcfa, en guise de preuve d’engagement aux yeux des partenaires qui ne tarderont pas, j’en suis certain, à joindre leurs efforts aux nôtres», a dit le colonel Goïta. Par ailleurs, la mise en service, en décembre 2022, du barrage hydroélectrique sur le site de Gouina a rehaussé la puissance installée de l’OMVS à 400 mégawatts, avec une capacité additionnelle de 140 mégawatts d’énergie propre et bon marché. Du reste, la capacité de transport en sera fortement améliorée, avec les lignes du projet Manantali 2 qui feront de l’OMVS une véritable plaque tournante de l’énergie en Afrique de l’Ouest, « en réelle traduction de la volonté exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’interconnecter les réseaux électriques de la sous-région. Selon le colonel Assimi Goïta, cela concerne la ligne biterne 225 kilo-Volt (kV) Kayes-Tambacounda, financée par la Banque mondiale et la mise en service en octobre 2022, permettant une interconnexion avec la Guinée, à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Il s’agit, également, de la ligne 225 kV Kayes-Yélimané-Tintane-Kiffa-Aïoun « dont la recherche de financement est en bonne voie, qui rapprochera des réseaux maghrébin et européen. » ​ À LA CROISÉE DES CHEMINS – S’agissant de la portion guinéenne du bassin, toutes les études préalables à la construction du barrage de Koukoutamba sont réalisées. Aussi, « depuis la tenue, le 19 janvier 2021, de la 62è session extraordinaire du Conseil des ministres, les actions de recherche de financement se poursuivent pour nos trois projets prioritaires (Navigation, Koukoutamba et Gourbassi) », a annoncé Assimi Goita. Le président de la Transition au Mali a relevé que les diligences requises ont été faites auprès de nos partenaires de la Chine, au point que «nous espérons mobiliser bientôt la plus grande partie (85%) du financement du projet de Koukoutamba» « Quant au projet de barrage de Gourbassi, a-t-il poursuivu, la recherche de financement se poursuit avec le transfert du projet à la Société de gestion et d’exploitation de Manantali (SOGEM) qui a engagé les études préalables de faisabilité et d’impact environnemental et social. » «Vous conviendrez avec moi, au regard du tableau de mise en œuvre des projets structurants, que l’OMVS reste à la croisée des chemins», a estimé le chef de l’État malien. « Car, a-t-il renchéri, 50 ans, hormis la mise en service de quatre barrages, l’Organisation n’arrive pas à faire de la navigation une réalité et le potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité. » Au terme de la rencontre, la Conférence a pris acte du bilan présenté par le président du Conseil des ministres. Elle a, ensuite, donné des orientations et instructions engageant l’OMVS « à maintenir et renforcer la dynamique visant la poursuite des réalisations des infrastructures communes. » La Conférence a engagé le Conseil des ministres, en collaboration avec le Haut-commissariat de l’OMVS, de diligenter une équipe technique pour la mise en œuvre du projet du nouveau président. Le nouveau président de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’OMVS, tout en mesurant l’ampleur de la responsabilité qui lui a été confiée, entend s’impliquer « davantage pour la navigabilité du fleuve Sénégal et le développement des activités visant à renforcer la sécurité alimentaire. » OD/MD (AMAP)    

La BAD compte au Mali 23 opérations pour environ 422 milliards  (Responsable pays de la Banque africaine)

Bamako, 17 juil(AMAP) Le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali compte 23 opérations pour un montant d’environ 422 milliards de Fcfa, a déclaré, jeudi, le responsable pays de la Banque africaine, Albert Nshimymuremyi. M. Nshimymuremy, qui s’exprimait lors de la session politique de la revue conjointe à mi-parcours du Document stratégique pays (DSP) 2021-2025 et du portefeuille des projets et programmes financés par la BAD au Mali, tenue jeudi, a estimé que ce niveau des engagements est une illustration du solide partenariat entre le Mali et le Groupe de la BAD. «Actuellement, le portefeuille actif du Groupe au Mali compte 23 opérations pour un montant de 422 milliards de Fcfa (643 millions d’euros). Les projets couvrent les transports (33,8 %), l’agriculture (30 %), l’énergie (11,2 %), l’eau et l’assainissement (9,5 %), la finance (4%), la gouvernance (4,8%), le social (2,9 %)», a-t-il détaillé. Le représentant de la BAD au Mali a salué le leadership du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour les progrès réalisés dans la stabilisation du climat sociopolitique, dans le domaine de la sécurité et celui des réformes politiques et institutionnelles. Selon lui, ces progrès « sont importants et indispensables pour permettre au pays de continuer sa marche vers le développement. « Grâce aux efforts du gouvernement dans la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) et du Plan d’action du gouvernement de transition (PAG 2021-2022), le Produit intérieur brut a augmenté de 3,1% en 2021 à 3,7% en 2022, malgré les chocs », a apprécié M. Nshimymuremyi. Il a ajouté que la mise en œuvre du CREDD et du PAG, sur lesquels la stratégie d’intervention de la BAD pour la période 2021-2025 est alignée, a été déterminante dans l’action de la BAD et des partenaires techniques et financiers au Mali. Il a, aussi, souligné les efforts du gouvernement pour le paiement des arriérés au titre du service de la dette publique extérieure, en dépit des difficultés de trésorerie découlant, en partie, de la crise temporaire de liquidité sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA), ainsi que de l’absence d’appuis budgétaires. Le ministre de l’Économie et des Finances, gouverneur du Groupe de la BAD pour le Mali, Alousséni Sanou, qui a présidé, la session, a indique que son pays est convaincus que « les leçons tirées de la mise en œuvre à mi-chemin du DSP en cours nous serviront utilement à mieux le réorienter et à l’adapter surtout au contexte actuel de fragilité et aux réalités du pays. » « Cette revue à mi-parcours du DSP coïncide fort heureusement avec la préparation de la nouvelle version de notre document de référence en matière de politique de développement qu’est le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable au Mali», a fait remarquer le patron de l’hôtel des Finances. Selon lui, cet exercice devra s’aligner étroitement sur les priorités nationales définies par les autorités du pays. «Le portefeuille des projets et programmes financés par le Groupe de la BAD au Mali connaît, depuis quelques années, un niveau avancé de détérioration de sa qualité, soit plus de 60% des projets du portefeuille marqués au rouge à date, autrement dit de projets éligibles à l’annulation», a déploré le ministre Alousséni Sanou. Il a ajouté que « cette revue conjointe est l’opportunité d’identifier ensemble toutes les contraintes ou goulots d’étranglement qui sont à l’origine de cette forte détérioration et de prendre les mesures correctives appropriées. » «Pour ce qui est du Document de stratégie pays 2021-2025, l’exercice de revue à mi-parcours, de façon générale, consiste à s’arrêter (…) en vue de mesurer les progrès réalisés, de diagnostiquer et d’identifier les difficultés qui ont émaillé ledit parcours et de maintenir la dynamique ou le cap si la trajectoire est jugée satisfaisante », a expliqué le ministre. Le DSP a été approuvé le 02 juin 2021 par le Conseil d’administration du Groupe de la BAD. Il s’articule autour d’un pilier unique : «réduire la fragilité économique à travers des chaines de valeur agricoles améliorées». Au cours des deux dernières années de mise en œuvre du DSP, la BAD a financé en faveur du Mali six nouveaux projets, pour un montant total de 76,7 milliards de Fcfa. Cet atelier de restitution, en présence de plusieurs membres du gouvernement, est l’aboutissement et le résultat du travail accompli conjointement par la partie malienne et les équipes de la BAD. Depuis l’approbation, le 4 juin 1970, de sa première opération au Mali, le Groupe de la BAD a financé accordé 117 prêts et dons couvrant l’ensemble des secteurs socio-économiques, pour un montant cumulé d’environ 1.274 milliards de Fcfa (1,94 milliards d’euros), selon le responsable pays de l’institution de financement du développement continental. BBC/MD (AMAP)

Mossadeck Bally : « La crise oblige les investisseurs à l’attentisme »

Propos recueillis par Babba B. COULIBALY Bamako, 05 juil (AMAP) Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), dévoile la vision de son équipe. Il évoque également les conditions pour une relance économique rapide, le rôle des différents acteurs, les efforts du gouvernement dans le secteur et la résilience du peuple malien. L’AMAP : Comment se porte aujourd’hui le monde des affaires ? Mossadeck Bally : Le monde des affaires est dans l’expectative. On ressent une sorte d’attentisme. Notre pays traverse une crise très profonde qui est à la fois sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et internationale avec la guerre. Tout ceci fait que l’économie est très éprouvée même si elle montre des signes de résilience. Le Fonds monétaire international (FMI) l’a mentionné dans le rapport de sa dernière mission récente. Donc, nous avons une économie résiliente mais à la croisée des chemins. Le monde des affaires et des investisseurs est dans cet attentisme. Ils attendent d’avoir un peu de visibilité pour reprendre leurs projets d’investissements. C’est ce qui caractérise aujourd’hui le monde des affaires au Mali. L’AMAP : Quelle analyse faites-vous de la crise économique du pays ? Et quels sont les enseignements à en tirer ? MB : C’est une crise profonde. Quand un pays est installé dans une crise depuis plus d’une décennie, forcément cela joue sur l’économie. Et lorsque l’économie est impactée, ça joue sur la population parce que ce sont des emplois qui ne sont pas créés. Il y a des entreprises qui ont dû fermer suite à cette longue crise, certaines à cause de la pandémie, d’autres ont été obligées de se restructurer. Tout ceci montre que notre économie, malgré sa résilience, souffre. Les priorités du pays sont d’ordre sécuritaire. L’État investit énormément dans la sécurité, ce que nous comprenons parce que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Il y a un effort à faire pour reconstruire l’appareil sécuritaire, ce qui fait qu’il n’y a pas d’investissements dans les autres domaines. Et quand il n’y a pas d’investissements ça veut dire que la commande publique diminue considérablement et les entreprises en pâtissent. Celles qui arrivent à travailler, vu que les efforts financiers sont faits sur l’appareil sécuritaire, ne sont payées à temps. Les enseignements qu’on peut tirer de cette longue crise c’est que, dans un pays où il n’y a pas de sécurité et de stabilité institutionnelle, c’est difficile dans ce pays d’attirer des investissements. Donc, ce pays restera toujours un pays où on fait du court terme. On fait essentiellement de l’importation et de la distribution. Et pour tous les investissements d’envergures, structurants, on a tendance à les laisser en attendant de voir la crise passée. Mais nous avons tiré d’autres enseignements à savoir que nous avons une économie qui est résiliente, des chefs d’entreprises performants, patriotes qui ont fait en sorte que la machine continue à tourner malgré l’embargo que la Cedeao et de l’Uemoa nous ont imposé. Les chefs d’entreprises maliennes sont vraiment à la hauteur. Ils se sont battus pour que les marchés restent ravitaillés, pour que les impôts soient payés pour faire fonctionner l’État. Imaginez-vous, depuis presque trois ans l’État n’a plus d’appuis budgétaires. Ce sont les impôts payés par les contribuables et les entrepreneurs qui permettent de soutenir l’État. Voilà les grands enseignements que nous avons tirés mais il faudrait éviter de rester longtemps dans toute crise. L’AMAP : La relance économique demeure un objectif. Pensez-vous que toutes les parties (secteur privé, État et partenaires) jouent véritablement leur rôle ? MB : Je dois avouer que chacun fait de son mieux. L’État fait de son mieux avec les priorités qui sont les siennes, essentiellement rebâtir l’appareil sécuritaire, puisque nous sommes en guerre. Le secteur privé a largement joué sa partition. N’eut été le secteur privé malien, je pense qu’on aurait eu un pays qui serait dans des difficultés énormes. Le secteur privé a affronté l’embargo, la crise sanitaire, l’insécurité pour permettre au pays de continuer de tourner. On ne peut parler de relance économique que lorsque nous aurons la sécurité et la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, le CNPM joue son rôle en temps qu’interlocuteur privilégié de l’État, qui nous écoute. Le dialogue public privé est en train de s’améliorer parce que le rôle du CNPM, c’est de faire en sorte que le dialogue public-privé soit de haute qualité et constant. Ce dialogue qui avait été rompu à un moment donné avec la crise que nous avons connu de 2020 à 2022, a été rétabli par le nouveau bureau. Donc, les acteurs jouent leurs rôles avec les moyens dont ils disposent. L’AMAP : En tant que entrepreneur expérimenté, quels sont les arguments à mettre en avant pour remettre en confiance les investisseurs? MB : La psychologie est très importante chez un investisseur. Il s’assure qu’il investit dans un environnement sécurisé où il y a la visibilité institutionnelle et à partir de là, il regarde la rentabilité et la faisabilité de son projet et voir s’il peut disposer de tous les facteurs de production dans ce pays. Cette psychologie vient essentiellement de l’État de ce pays. Et nous, pour assurer et rassurer les investisseurs, il nous faut vraiment un État régalien, visionneur, stratège, neutre, arbitre qui respecte et fait respecter les lois, les règlements à tous les acteurs de l’économie. Ces qualités doivent être une réalité visible au niveau de l’administration publique pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faudrait que l’on sache quel genre d’État nous voulons et dont nous avons besoin pour valoriser ce formidable potentiel économique que nous avons mais que nous n’arrivons pas à exploiter en 62 ans d’indépendance. C’est possible mais ça ne peut se faire que le jour où on aurait les qualités endogènes citées ci-haut. L’AMAP: La transformation structurelle de notre économie reste un défi majeur qui peine à voir le jour. Quelle est la vision du Patronat en la matière? MB : L’économie du Mali est une économie extravertie. C’est-à-dire une économie qui est essentiellement

Route Bancoro-Dioro (Centre) : lancement des travaux de construction et de bitumage par Assimi Goita

Ségou, 14 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a donné, mardi, le coup d’envoi des travaux de construction et de bitumage de la route Banacoro-Dioro à Nérèkoro, à quelques kilomètres de la ville de Ségou, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP. Après un accueil populaire sur le site, le colonel Assimi Goïta a procédé au lancement des travaux de ce tronçon long de 45 km par un coup de lame symbolique de la niveleuse. D’un coût total de 23,8 milliards de Fcfa, entièrement financés par le budget national, la réalisation de cette route s’inscrit dans le cadre de la vision des autorités qui entendent lutter contre la pauvreté à travers le désenclavement des zones rurales et urbaines. La route sera conçue conformément aux standards des normes admises pour les routes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afriaue de l’Ouest (CEDEAO). Il est également prévu l’éclairage public dans les traversées d’agglomération, la signalisation horizontale et verticale ainsi que les équipements de la route (balises, glissières de sécurité, bornes penta kilométriques). L’assainissement longitudinal et transversal de la route est assuré par des caniveaux, des fossés en terre, des dalots. « Le projet prévoit, au titre des mesures environnementales et sociales, la remise en état des emprunts, la réalisation de forages équipés en pompe à motricité humaine », a expliqué la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. La route Banankoro-Dioro a été construite en terre moderne dans les années 1970, dans le cadre de l’aménagement des casiers rizicoles de Dioro par l’Opération riz Ségou (ORS). En dépit des investissements consentis dans le cadre des programmes annuels d’entretien routier, elle se trouve constamment, dans un état de dégradation très avancé. Pour Mme Dembélé Madina Sissoko, ce projet de construction et de bitumage de la route Banankoro-Dioro s’inscrit dans ce processus irréversible. «Cette route est un des axes principaux d’approvisionnement de notre pays en céréales sèches et bétail. Sa réalisation permettra d’assurer le désenclavement d’une zone d’agriculture et d’élevage par excellence, conformément au plan d’actions du gouvernement, approuvé par le Conseil national de Transition », a-t-elle dit Madina Sissoko a invité l’entreprise et le bureau de contrôle à mériter la confiance placée en eux par l’autorité contractante, en assurant une bonne exécution des travaux dans le respect strict des montants et des délais contractuels. Le tronçon Banankoro-Dioro fait partie de la Route nationale n°34 (RN34) qui est longue d’environ 244 km et passe par Banankoro, Dioro, Saye, Djenné. La RN34 traverse la zone de l’inter-fleuve, comprise entre la rive droite du fleuve Niger et la rive gauche de l’affluent Bani. Elle traverse également le Bani à Sanouna pour rejoindre le carrefour de Djenné à l’embranchement avec la Route nationale 6 (RN6). En visite dans la Région de Ségou, le colonel Assimi Goïta a mené plusieurs activités le chef de l’État. Il a été reçu sur le site des travaux de construction et de bitumage de la route Banacoro-Dioro à Nérèkoro, aux environs de 9 heures, par les autorités régionales et une population en liesse. Tandis que certains scandaient le nom du président, d’autres brandissaient des pancartes sur lesquelles pouvait-on lire notamment «vive la Transition», «nous votons OUI au référendum». C’était en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement ADS/MD (AMAP)  

Opportunités d’affaires : Le Mali intéresse des investisseurs qataris

Envoyé spécial Issa DEMBÉLÉ Doha, 10 mar (AMAP) Des hommes d’affaires qataris se rendront au Mali, après le mois de ramadan, pour y mieux cerner les opportunités d’investissement, a appris l’AMAP à la fun d’une audience accordée, jeudi, par le président du Conseil d’administration de l’Association des hommes d’affaires du Qatar, Faisal Bin Qasim Al-Thani, au Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga. Le chef du gouvernement, qui a pris part à la 5è conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés (PMA5) à Doha, au Qatar. a été reçu par le patron des patrons qataris, en présence de certains de ses collaborateurs et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. «Nous allons envoyer une équipe d’hommes d’affaires au Mali et chacun va essayer d’identifier le ou les domaines dans lesquels il peut investir», a annoncé Faisal Bin Qasim Al-Thani, à la fin de la rencontre. D’ores et déjà, des investisseurs manifestent de l’intérêt pour les secteurs de l’agriculture, de l’immobilier, du tourisme, des mines… «Durant les échanges avec le chef du gouvernement, nous avons parlé de toutes les opportunités au Mali. Lors de notre visite, nous allons voir ce qu’il faut entreprendre pour soutenir l’économie malienne, créer des emplois», a expliqué le président du conseil d’administration du Patronat qatari. Il s’est dit convaincu que «Qataris et Maliens trouveront des pistes pour pousser les relations économiques entre les deux pays». Le Premier ministre Maiga a ajouté : «Nous sommes convenus que quand les opérateurs économiques du Qatar se rendront au Mali, nous allons discuter pour mettre le focus sur les domaines d’intérêt commun. » C’est la deuxième fois que Faisal Bin Qasim Al-Thani et Choguel Kokalla Maïga s’entretiennent sur les opportunités d’investissement au Mali. Le Premier ministre a encore saisi l’occasion pour rappeler les priorités malienne, dont la sécurité. Une autre préoccupation à laquelle le Mali attend une réponse de la part des hommes d’affaires, c’est la construction de l’université de Tombouctou. Le sujet semble avoir séduit Faisal Bin Qasim Al-Thani. Son organisation est, également, prête à donner des bourses d’étude à des Maliens. Le Mali et la faîtière des hommes d’affaires du Qatar ont signé un mémorandum d’entente, il y a quelques mois. Leur ambition commune est d’instaurer des relations d’ordre stratégique sur le long terme. «Nous avons la terre, le fleuve, la jeunesse… Donc, il nous faut de gros investissements et les Qataris peuvent répondre à ce besoin. C’est donc un mariage de raison que nous voulons et qui va durer», a déclaré le chef du gouvernement malien. Choguel Kokalla Maiga a assuré que le nécessaire sera fait pour éviter que la bureaucratie ne «nous mette pas en retard». ID/MD (AMAP)

OMVS : La centrale hydroélectrique de Gouina officiellement mise en service

Bamako, 06 nov (AMAP) Les quatre chefs de gouvernement du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, de la Guinée, Bernard Goumou, de la Mauritanie, Mohamed Bilal Messaoud, et du Sénégal, Amadou Ba, ont inauguré, samedi, le barrage hydroélectrique de Gouina, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La mise en service du complexe de Gouina est un « moment fort dans la vie de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal OMVS », selon le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. Il a souligné qu’avec cette réalisation, l’Organisation « vient d’aménager près de la moitié de ses sites de barrages hydroélectriques. Et cet ouvrage est considéré comme un maillon de ce qu’on appelle les ouvrages de seconde génération. » L’ ouvrage est une réalisation de l’OMVS qui regroupe les quatre pays. Il se dresse aux environs immédiats des chutes naturelles de Gouina, situées dans la Commune de Diamou (Kayes) et à 53 km en aval de la confluence Bafing-Bakoye, à Bafoulabé. Sa capacité installée est de 140 mégawatts (MW). La centrale utilise les sorties du barrage de Manantali en amont. Un déversoir de 1,230 m de long construit juste au-dessus de la cascade dirige l’eau dans un canal qui alimentera la centrale. L’ouvrage comprend, également, une ligne de transport 225 kv de 60 km pour le transport de l’énergie produite. Cette gigantesque infrastructure a coûté environ 284 milliards de Fcfa dont 248 financés grâce à un prêt contracté solidairement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal auprès de la banque chinoise de promotion des exportations, Eximbank de Chine. C’est également un groupe chinois, en l’occurrence Sinohydro, qui a exécuté les travaux en 5 ans. Sa production associée à celle de la centrale de Félou augmentera la capacité de production de Manantali de 200 à 340 MW. Pour faire transiter l’énergie de Gouina, l’OMVS a mis en place un projet dénommé Manatali II. Il vise à augmenter la capacité de transit de l’énergie, favoriser les échanges d’énergie dans le cadre du marché d’énergie sous-régionale et renfoncer les capacités de la SOGEM. Le colonel Abdoulaye Maïga a encouragé les instances de l’organisation sous regionale à diligenter les travaux de ce projet, avant de rendre un « vibrant hommage » aux populations, sans lesquelles le barrage de Gouina n’aurait pas vu le jour. Il a magnifié leur sens du patriotisme pour avoir accepté de céder leurs terroirs. Le projet a, en effet, nécessité le relogement de 104 ménages en juin 2018. Le maire de Diamou, Habib Diakité, a confirmé que les ménages affectés ont été tous relogés. Auparavant, le président du Conseil des ministres de l’OMVS, le sénégalais Serigne Mbaye Thiam, a soutenu que l’Organisation est surtout une « communauté de volonté et d’aspirations pour une conservation qualitative de la vie de nos populations ». Au nom de ces homologues, il a exprimé sa reconnaissance à la nation malienne dont le « peuple accorde sa légendaire « djatiguiya » aux ouvrages de Manantali, de Félou et de Gouina ». Le  complexe hydroélectrique de Gouina est le quatrième ouvrage réalisé par l’OMVS depuis sa création en 1972, après le barrage hydro-électrique Manantali au Mali, le barrage anti-sel de Diama au Sénégal, et la centrale hydro-électrique de Félou. Ces ouvrages assurent une maitrise partielle du fleuve et donc une disponibilité permanente de l’eau qui permet de satisfaire notamment les besoins énergétiques, la fourniture d’eau potable et l’agriculture irriguée, transport. Le colonel Abdoulaye Maiga a effectué le voyage en compagnie de quatre membres de son gouvernement dont celui en charge de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. ID/MD (AMAP)