Énergie électrique : Près de 180 milliards de Fcfa pour interconnecter le Mali et la Mauritanie

Bamako, 27 dec (AMAP) Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a approuvé, jeudi dernier, à Abidjan, un financement de 302,9 millions de dollars américains (environ 180 milliards de Fcfa) pour interconnecter le Mali et la Mauritanie, dans le cadre de «l’Initiative Desert to Power». L’initiative contribue à la mise en œuvre du «Projet d’interconnexion électrique de 225 kV Mauritanie-Mali et de développement de centrales solaires associées» dans le cadre de «l’Initiative Desert to Power». Elle devrait permettre d’assurer la disponibilité permanente d’une électricité de qualité et à un coût abordable. Ce qui permettra de renforcer la résilience des populations des localités bénéficiaires, en promouvant le secteur privé, le commerce et la création d’opportunités d’emplois. Ce projet représente une opération d’investissement stratégique qui vise à favoriser l’essor de la production d’énergie solaire et à garantir un accès universel à l’électricité dans ces deux pays du Sahel. Il a pour objectif d’établir une interconnexion électrique haute tension sur 1.373 kilomètres, avec une capacité de transit de 600 mégawatts (MW) entre les deux pays, et de construire une centrale solaire de 50 MW à Kiffa, en Mauritanie, reliée à l’interconnexion. Ce sont 100.000 nouveaux ménages qui seront connectés au réseau électrique dans les localités traversées. En outre, le Projet permettra de créer des opportunités d’entreprenariat agricole et de services pour les jeunes et les femmes. «Au Mali, le projet interviendra dans la Région de Kayes et bénéficiera à 500.000, habitants dont 20.000 ménages répartis dans les 50 localités qui seront raccordées au réseau», selon le responsable du Bureau pays de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali, Adalbert Nshimyumuremyi. Opération prioritaire de l’Initiative Desert to Power, ce projet est inscrit dans la feuille de route régionale approuvée en 2021 par les pays bénéficiaires du programme. Il s’agit d’un premier tronçon de la dorsale trans-sahélienne devant relier la Mauritanie au Tchad, en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. L’interconnexion permettra de développer de nouvelles centrales d’énergie renouvelable, dont la production sera plus intégrée aux réseaux interconnectés. Sa mise en exploitation facilitera l’accès à une électricité de qualité, à faible teneur en carbone et à un prix abordable. L’appui du guichet concessionnel du Groupe de la BAD comprend 269,6 millions de dollars pour la Mauritanie et 33,3 millions de dollars (environ 19 milliards de Fcfa) pour le Mali. Le reste du financement du projet, d’un coût d’environ 888 millions de dollars, sera fourni par d’autres partenaires et des fonds climatiques. «L’approbation de ce projet montre que l’Initiative Desert to Power se concrétise progressivement à travers les projets structurants qui permettront de développer des moyens de production d’énergie renouvelable dans les deux pays», a déclaré le directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique à la Banque africaine de développement, Daniel Schroth. Pour sa part, la responsable du Bureau pays de la Banque en Mauritanie et directrice générale adjointe de la Banque pour la région Afrique du Nord, Malinne Blomberg, a souligné que «la préparation de ce projet était un défi que les autorités maliennes et mauritaniennes et la BAD ont relevé ». « Son approbation consolide le soutien de la Banque au secteur de l’électricité en Mauritanie. Il aura un impact sur la promotion du secteur privé, la promotion du commerce et la création d’opportunités d’emplois . ID/MD (AMAP)  

La Ceinture et la route : Des accomplissements précieux et riches d’enseignements

Par Aminata Dindi SISSOKO Envoyée séeciale  Beijing, 18 oct (AMAP) Le troisième Forum de la Ceinture et de la Route pour la coopération internationale s’est tenu du mardi au mercredi à Pékin, sous le thème de la « Coopération de haute qualité de la Ceinture et de la Route : Ensemble pour le développement commun et la prospérité ». La cérémonie d’ouverture, au palais de l’Assemblée du peuple, était présidée par le président chinois Xi Jinping. En présence, notamment des présidents russe Vladimir Poutine, indonésien Joko Widodo, argentin Alberto Fernandez et du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, ainsi que du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, Cette année marque le dixième anniversaire de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Le Président Xi Jinping a dressé le bilan devant les représentants de plus de 140 pays et de 30 organisations internationales participant à cette rencontre. Il a souligné que la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », basée sur le principe d’amples consultations, de contributions conjointes et de bénéfices partagés, « a transcendé les différences en termes de civilisation, de culture, de système social et de phase de développement, ouvert une nouvelle piste pour les échanges interétatiques et instauré une nouvelle architecture de coopération internationale. » L’initiative incarne le plus grand dénominateur commun qu’est le développement partagé de l’humanité. « Au cours des dix ans écoulés, nous avons œuvré à mettre en place un réseau mondial de connectivité terrestre, maritime, aérien et cyber axé sur des corridors économiques, structuré par des voies de transport majeures et des autoroutes de l’information et fondé sur des chemins de fer, des routes, des aéroports, des ports et des pipelines », a-t-il dit. « Ces efforts ont favorisé effectivement la grande circulation des biens, des capitaux, des technologies et des personnes entre les pays et fait en sorte que l’ancienne Route de la Soie, plusieurs fois millénaire, affiche à l’ère nouvelle une vitalité renouvelée » s’est-il réjoui. A ces résultats, il a ajouté, entre autres, la mise en œuvre de projets d’échanges humains et culturels comme les Ateliers Luban, la Silk Road Community Building Initiative et l’Action Lumière. Le président Xi Jinping a, aussi, indiqué que grâce à la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », la porte de la Chine s’est ouverte de plus en plus grande. « Les régions de l’intérieur du pays sont passées de l’arrière à l’avant et les régions côtières ont atteint un niveau plus élevé en matière d’ouverture et de développement. Le marché chinois a ainsi intensifié ses liens avec le marché mondial. » La Chine est aujourd’hui le principal partenaire commercial de plus de 140 pays et régions et le principal investisseur pour de plus en plus de pays. « L’investissement chinois à l’étranger et l’investissement étranger en Chine sont, l’un comme l’autre, un témoignage d’amitié et de coopération et une démonstration de confiance et d’espoir. Nous sommes profondément conscients que seule la coopération gagnant-gagnant permet de réussir de grandes actions dans l’intérêt de tous. Avec la volonté de coopérer et des actions concertées, nous pouvons transformer les passages difficiles en voies dégagées, les pays enclavés en pays connectés et les zones sous-développées en pôles de prospérité », a-t-il-dit.   « Nous agissons pour l’interconnexion et le bénéfice de tous, et travaillons au développement partagé et à la coopération gagnant-gagnant. Nous rejetons le clivage idéologique, la rivalité géopolitique et la politique des blocs, et nous nous opposons aux sanctions unilatérales, à la coercition économique, au découplage et à la rupture des chaînes d’approvisionnement » a-t-il-fait savoir. Selon lui, les dix ans écoulés démontrent que la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » se tient du bon côté de l’Histoire, s’inscrit dans la logique du progrès de notre temps et représente une bonne voie à suivre. Et de souligner la disponibilité de la Chine à travailler avec différentes parties pour approfondir le partenariat dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Il a indiqué que l’initiative répond à l’aspiration d’une communauté internationale à construire un monde interactif. « La Russie, la Chine et la plupart des pays du monde observe le principe d’égalité et du bénéfice mutuel dans la coopération internationale et nous cherchons un développement durable universel bénéfique pour la population. Nous respectons la diversité des civilisations et le droit autonome des pays de choisir la voie de développement. Cela est inscrit également dans le cadre de l’initiative. Nous sommes également d’avis qu’il faut la circulation des marchandises des capitaux et des personnes pour promouvoir l’intégration et cela correspond également à notre vision de construire une grande Eurasie » a-t-il dit. Le secrétaire général Antonio à la tribune a souligné que ce troisième forum « la Ceinture et la Route » reconnaît une vérité centrale : Sans infrastructure – y compris « l’infostructure » – il ne peut y avoir de développement. Et sans soutien au développement, de nombreux pays en développement seront privés des infrastructures dont ils ont désespérément besoin. Dans son discours, il a estimé que l’initiative « la Ceinture et la Route » « peut apporter une contribution précieuse dans deux domaines d’action clés en favorisant la durabilité économique dans les pays en développement et en faisant progresser la durabilité environnementale. » Il a, aussi, souligné l’importance de la décision du Président Xi Jinping d’aligner l’Initiative sur les Objectifs de développement durable (ODD). ADS/MD (AMAP)

Mali : Des experts proposent des solutions contre la dégradation du réseau routier

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 20 sept (AMAP) Les états généraux sur l’entretien routier au Mali, qui se sont déroulés du 14 au 16 septembre dernier, ont recommandé de dissocier la mission de suivi du réseau routier de celle de supervision des travaux d’entretien routier, en mettant à dispositions les ressources nécessaires ainsi que des travaux d’entretien préventifs du programme global d’entretien routier. Les experts ont prôné d’élaborer un vaste programme de réhabilitation du réseau routier et mettre en place un mécanisme plus flexible de mise en œuvre des travaux d’entretien préventifs, Cela afin de permettre d’intervenir dans le délai, renforcer les capacités du personnel de la Direction générale des routes et ses démembrements. Pour maintenir les routes en bon état, les experts suggèrent, outre l’application des dispositions du règlement n°14/2005/CM de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) du 16 décembre 2005 relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle de gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transports de marchandises, d’exiger que le conducteur des travaux désigné dans la soumission soit le personnel présent sur le chantier, visiter les parcs des entreprises avant l’attribution du marché et de délivrer les attestations avec la mention satisfaite ou non satisfaite en fonction de la bonne exécution des travaux. Ils ont jugé nécessaire d’inviter les collectivités à s’approprier de leur patrimoine réseau routier, notamment participer activement à la protection de la voie publique et au suivi du réseau routier. Les spécialistes ont, également, préconisé la relecture de la loi fixant les emprises et les caractéristiques des routes pour les rendre plus applicables dans le contexte actuel. Des analyses faites par eux, il ressort que les travaux d’urgences à exécuter par la Cellule des travaux routiers d’urgence (CETRU) doivent être définis à travers un texte et le certificat de qualification professionnelle de l’Institut national de formation professionnelle pour le bâtiment et les travaux publics (INFP/BTP) dans l’offre des prestataires. RELECTURE DE LA LOI SUR LES EMPRISES – Ils ont recommandé la création d’une commission interministérielle entre les ministères en charge des Transports, de l’Administration territoriale et des Domaines pour la mise en place d’un mécanisme de sécurisation des emprises des routes et l’opérationnalisation de la sous-direction réglementation et contentieux de la direction générale des routes en la dotant de moyens adéquats. Les experts ont insisté sur la poursuite de la vulgarisation des textes relatifs à la protection de la voie publique. Selon eux, « la durabilité de nos routes passe par la protection et la préservation du patrimoine routier, relevant aussi bien de la responsabilité de l’État et des collectivités territoriales que du citoyen lambda. » « À cet égard, pensent-ils, les services compétents doivent disposer de ressources nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes. » Et chaque citoyen a, selon eux, « le devoir de veiller sur le patrimoine routier. » De l’avis des experts avertis du secteur, la réalisation des travaux d’entretien routier se heurte à d’énormes difficultés. Il s’agit, entre autres, des difficultés de mobilisation des ressources financières, l’insuffisance de moyens matériels et humains des directions régionales et des subdivisions des routes, le vieillissement du réseau routier actuel. L’âge moyen des routes au Mali est compris entre 15 et 20 ans. À ces difficultés s’ajoutent l’occupation de la chaussée et de ses dépendances par les riverains, les interventions de concessionnaires du réseau d’utilité public de l’eau, de l’électricité et des télécommunications dans l’emprise de la route, la surcharge généralisée sur les routes et le non-respect de la charge à l’essieu malgré les efforts fournis au niveau national et communautaire. Il y a, également, le non-respect des engagements des missions de contrôle et des entreprises, dû notamment au faible niveau de qualification du personnel déployé pour le contrôle, à l’insuffisance de la logistique et la mauvaise exécution des travaux. Selon les chiffres du département en charge des Transports, en 2022, 25.692 km de routes ont été aménagées sur le réseau classé, dont 6.511 km de routes revêtues, soit 25,34% et 19.180 km de routes en terre moderne et de pistes améliorées, soit 74,66%, 5.936 km de routes revêtues constituées essentiellement de routes nationales dont 2.340 km sont en bon état, soit 39,42%, 2.086 km en état passable (35,14%) et 1.510 km en mauvais état (25,44%). C’est au regard de ces constats majeurs relevés que le ministère des Transports et des Infrastructures, chargé de mettre en œuvre l’action pour la sauvegarde de ce patrimoine routier, a obtenu l’appui du gouvernement pour la tenue des assises de l’entretien routier. Objectifs : échanger, dans un cadre participatif et inclusif, sur les voies et moyens de préserver les routes. BBC /MD (AMAP)

Trajet Bamako-Kayes : Au bout de la fatigue…

Par Moussa Mamoutou DEMBÉLÉ Bamako, 20 sept (AMAP) Ce vendredi 15 septembre, le rendez-vous de 7 heures est respecté à l’auto-gare de Sogoniko. Le billeteur s’assure, une dernière fois, que tous les passagers sont présents, avant de donner le signal de départ. Assise au milieu de la foule et des bagages, une femme s’exclame : «Je sais que nous allons arriver jusqu’à 23 heures, car l’état de la route est mauvais. La semaine dernière, ma belle fille a mis plus de 15 heures sur ce trajet pour se rendre à Kayes». Ses propos provoquent l’inquiétude chez des passagers qui en sont à leur premier voyage pour la Cité des rails. Certains commencent à prononcer des formules incantatoires ou réciter des sourates du Coran en priant le bon Dieu pour qu’ils arrivent à destination sains et sauf. Sur la soixantaine de places disponibles dans le car, seulement une vingtaine est occupée au départ à 8 heures. De la gare routière de Sogoniko (Commune VI du district de Bamako) au Quartier du fleuve, le bus met beaucoup de temps à cause des embouteillages. Au niveau de l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako, l’apprenti-chauffeur met en marche un petit poste téléviseur pour divertir les passagers. Il fait passer le clip «My Darling (ma copine en français)» du chanteur nigérian Ayodeji Ibrahim Balogun dit Wizkid. Au niveau du quartier de Samé, le nombre de passagers avait déjà atteint la quarantaine, majoritairement des femmes. À 9h10 mn, nous arrivons au poste de contrôle de Kati. Les vendeurs ambulants se bousculent aux portes du bus afin d’écouler leurs marchandises. «Acheter de la nourriture, ainsi que de l’eau, le chemin est très long», s’écrient-ils, pour inciter les voyageurs à faire des achats. Après quelques minutes d’arrêt, tous les sièges du bus sont occupés. Le véhicule redémarre en trompe. À cent mètres du poste, un homme d’une trentaine années, entre dans le bus. Il se nomme Nouhoum Diarra et vend des médicaments traditionnels et des pates dentifrices. Pour attirer l’attention des voyageurs sur ses produits, le colporteur taquine les passagers en lâchant : «Je vend des médicaments traditionnels. Je suis marié à deux épouses et père de 15 enfants. Donc, vous êtes oubligés de m’écouter, sinon…» Et grâce à sa publicité et sa capacité à tenir l’auditoire en haleine, il a pu convaincre quelques clients. Nous gagnons Kolokani vers 11 heures. C’est le début du calvaire pour les passagers. Nids de poules et « baignoires d’éléphants » parsèment la voie. Le chauffeur peine à les éviter. Habillé d’un complet de couleur bleue foncée, lunettes sur le nez et écouteurs aux oreilles, le conducteur toujours souriant, conduit son engin à un rythme raisonnable, en fonction de la dégradation de la route. Il y a des tronçons où il n’y a même plus de goudron. Parfois, l’engin roule penché sur un côté pour éviter des nids de poule. À certains endroits, le chauffeur emprunte les déviations à cause des travaux de rénovation sont en cours. AXE DU MAL – À midi et demi, nous sommes à Didiéni. Le bus fait une halte. Les passagers en profitent pour descendre et se soulager ou pour chercher quelque chose (cacahuète, gâteau, viande grillée) à manger. Deux hommes âgés mettent la pause à profit pour passer un savon au chauffeur et son apprenti. Ils les accusent d’avoir projeté des vidéos dont le contenu est contraire à nos us et coutumes. «Dans le bus, il y a des personnes de tout âge. Donc, montrer de telles images n’est pas un signe de politesse. Non seulement, cette musique porte atteinte à la religion musulmane mais aussi, elle n’est pas bonne pour l’éducation des enfants», se plaignent-ils. Le chauffeur fait la sourde oreille, les autres passagers ne pipent mot. Quand nous reprenons la route, la psychose de l’insécurité gagne les esprits. On peut lire l’inquiétude sur le visage de certains occupants du bus. Entre Didiéni et Diéma, les véhicules ont été stoppés aux environs de 15 heures sur instruction des Forces armées maliennes (FAMa), sous une fine pluie, pour des raisons de sécurité. La présence de l’armée a visiblement suffi pour rassurer les passagers. Certains ont commencé à consulter leurs comptes sur les réseaux sociaux. Soudain, des coups de feu retentissent. Une ressortissante de Mopti tente de rassurer ses compagnons de voyage. «Dans la Région de Mopti, nous sommes habitués à ces genres de tirs. Mais les FAMa devraient nous laisser passer, nous ne sommes pas des militaires», explique-t-elle. Les véhicules resteront sur place jusqu’à l’arrivée d’un drone qui procèdera à un balayage de la zone. Visiblement impressionnés par le professionnalisme de nos Forces de défense et de sécurité qui ont su maîtriser la situation en un laps de temps, les passagers sont aussitôt sortis de leur mutisme en scandant : «Vive le président de la Transition, vive nos FAMa.» C’est dans cette ambiance de sérénité et de quiétude que nous arrivons à Diéma, grand carrefour entre Bamako et des localités comme Kayes, Nioro (frontière mauritanienne). Il est déjà 18 heures. Nous faisons une pause de 20 à 40 minutes. À 19 heures, nous quittons Diéma. Il reste environ 350 km à parcourir avant d’arriver à Kayes. L’état de la route ne s’améliore pas. En plus de cela, la vidéo marchait toujours, avec des clips « indécents. » Le vieux et son compagnon reviennent à la charge, en critiquant de nouveau le chauffeur et ses apprentis. Le voyage éprouvant prend fin dans la Cité des rails à une heure du matin. MMD (AMAP)  

Les états généraux sur l’entretien routier pour un diagnostic sans complaisance

Bamako, 15 sept (AMAP) Les états généraux sur l’entretien routier se tiennent, ouverts, jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sont destinés à toucher du doigt les préoccupations liées à l’entretien de nos routes lors d’échanges, dans un cadre participatif et inclusif, sur les voies et moyens de les préserver. Présentant la situation du patrimoine routier, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a révélé que le pays a 25 692 km de routes aménagées sur le réseau classé dont 6 511 km de routes revêtues, soit 25,34%. S’y ajoutent 19 180 km de routes en terre moderne et de pistes améliorées, soit 74,66%, et 5 936 km de routes revêtues constituées essentiellement de Routes nationales (RN) dont 2 340 km sont en bon état, 2 086 km en état passable et 1 510 km en mauvais état. «L’entretien routier demeure problématique et le dispositif n’a pas crû en efficacité et en efficience. La réalisation des travaux d’entretien routier se heurte à d’énormes difficultés», a déploré la ministre. Au nombre de ces difficultés, Mme Dembélé Madina Sissoko a cité la mobilisation des ressources financières, l’insuffisance de moyens matériels et humains des services déconcentrés en charge des routes. Il y a, aussi, le vieillissement du réseau routier actuel (l’âge moyen des routes au Mali est compris entre 15 et 20 ans), « l’occupation de la chaussée et de ses dépendances par les riverains, les interventions de concessionnaires du réseau d’utilité public de l’eau, de l’électricité et des télécommunications dans l’emprise de la route. » Autres difficultés : la surcharge généralisée sur les routes, le non-respect des engagements des missions de contrôle et des entreprises, dû notamment « au faible niveau de qualification du personnel » déployé à cet effet et la mauvaise exécution des travaux. C’est au regard de ces constats majeurs que, le ministère des Transports a obtenu l’appui du gouvernement à la tenue des assises de l’entretien routier. «La situation évoquée par la ministre interpelle et justifie amplement la tenue des présentes assises, en vue d’approfondir la réflexion sur le cadre juridique et institutionnel de l’entretien routier issu des réformes et d’évaluer les performances de la stratégie et du système de gestion mis en place », a soutenu le Premier ministre. Dr Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé l’ouverture des travaux, a estimé qu’ « il appartient aux participants de poser un diagnostic sans complaisance de l’entretien routier, au prix d’une remise en cause des habitudes néfastes constatées et des acquis engrangés. » Cela « afin de prendre en charge, opportunément, les préoccupations de nos concitoyens qui sont nombreuses et légitimes face à la situation de l’état des routes dans notre pays. » Le chef du gouvernement a insisté sur le rôle de supervision de l’administration, qui est déterminant dans le respect des délais de réalisation des infrastructures routières et la qualité des travaux d’entretien routier exécutés par les entreprises. «Les prérogatives de puissance publique vous sont attribuées par les textes, incluant le cas échéant le pouvoir de sanction des entreprises et des bureaux de contrôle défaillants. Ces prérogatives accroissent votre responsabilité dans la réalisation du service public auquel participent les autres acteurs de l’entretien routier», a-t-il dit. Il a exhorté les entreprises et bureaux de contrôle partenaires dotés d’un statut de droit privé, qui participent, par le biais des marchés et contrats, à l’exécution du service public d’entretien routier, à faire preuve de loyauté et de professionnalisme. « Le gouvernement du Mali entend la «Vox populi» sur les préoccupations nationales et ne ménagera aucun effort pour améliorer l’état des routes dans notre pays et, partant, la sécurité de ses usagers», a assuré Dr Choguel Kokalla Maïga. Dans cette perspective, il a engagé le gouvernement, à travers le ministère des Transports et des Infrastructures, « à mettre en place un dispositif de suivi pour s’assurer de la mise en œuvre des recommandations pertinentes et des propositions concrètes qui seront issues des présentes assises conformément à la vision du président de la Transition. » Plusieurs acteurs prennent part à ce grand débat sur la problématique de l’entretien routier. Ils aborderont, sans complaisance, des thématiques aussi variées que la gestion du réseau routier, le financement de l’entretien routier, la passation des marchés publics et l’exécution des travaux d’entretien routier. BBC/MD (AMAP)

Ateliers Luban : Pour renforcer les talents techniques le long de la ceinture et la route

ParAminata Dindi SISSOKO Envoyée spéciale Beijing, 11 sept (AMAP) La visite du musée de l’expérience de construction de l’atelier Luban était également inscrite à l’agenda des journalistes en séjour à Tianjin la semaine dernière. L’atelier Luban, un programme de formation professionnelle chinois, est une initiative mise en œuvre par la ville de Tianjin, dans le cadre de la ceinture et la route. Il vise à former des ouvriers hautement qualifiés, professionnels et innovants dans le monde entier. S’inspirant de l’esprit artisanal de Lu Ban, un célèbre charpentier, il partage avec d’autres pays les modèles d’enseignement professionnel et les compétences professionnelles de la Chine et forme des talents locaux compétitifs. Il favorise la coopération entre les écoles chinoises et les établissements d’enseignement étrangers, les entreprises et les gouvernements, ouvrant ainsi une nouvelle voie de développement caractérisée par une contribution conjointe et des avantages partagés. Selon le directeur du Centre International de communication de la presse chinoise (CIPCC), Yu Lei, il existe 21 ateliers luban dans le monde dont 12 en Afrique. Le premier atelier Luban au monde a été fondé en Thaïlande en 2016. « Le Mali figure parmi les pays africains qui disposent d’un atelier Luban. L’Atelier Luban du Mali est le quatrième ouvert en Afrique en 2019 » a-t-il dit. Selon le site de l’Université des Sciences des techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), l’atelier Luban du Mali est le fruit de l’accord de coopération signé le 15 octobre 2019 entre les Universités des Sciences des techniques et des Technologies de Bamako (USTTB) et des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB) et l’Ecole Supérieur Professionnelle de Médecine de Tianjin, l’Ecole Secondaire Professionnelle Hongxing de Tianjin, en Chine. Il constitue un projet de coopération internationale en matière de formation professionnelle soutenu par la municipalité chinoise de Tianjin. Situé au centre Universitaire de Kabala, ce projet a pour but d’améliorer la formation académique des meilleurs talents techniques et de soutenir l’économie locale par le biais de la formation professionnelle. Il se veut également un cadre de promotion de la collaboration scientifique sino-malienne par la mise en place de programmes de formation et de recherche communes, une intégration harmonieuse de la médecine traditionnelle chinoises et de la médecine traditionnelle malienne et les développements de nouveau produits, en valorisant les plantes médicinales maliennes. Au cours de cette visite, les journalistes ont suffisamment appris sur les ateliers Luban. En effet, Lu Ban, également connu sous le nom de Gongshu Ban, est un célèbre charpentier et inventeur qui a vécu à la fin de la Période des Royaumes combattants de printemps et d’automne. Il est né dans une famille de charpentiers de l’État de Lu et a commencé à apprendre le travail du bois dès son plus jeune âge. Au cours de sa vie, il inventa et perfectionna de nombreux outils de menuiserie, comme la scie et l’équerre. L’atelier Luban, porte le nom de ce maître chinois exceptionnel. A la suite de l’entretien avec les hauts responsables du musée de l’expérience de construction de l’atelier Luban, les hommes de médias ont également pu visiter l’université de technologie et d’éducation de Tianjin, les cinq avenues et le musée d’art numérique de Tianjin. ADS/MD (AMAP)

Unités de production de fer : Le ministre en charge de l’Industrie exige le respect des normes

Bamako, 06 sept (AMAP) Les usines de production de fer qui continueront à ne pas respecter les normes pourraient être fermées, après la deuxième phase de vérification et de sensibilisation menée par les services techniques, a mis en garde, lundi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en marge d’une visite sur les sites de l’Industrie du Mali et de fer (IMAFER), à Fougadougou dans la Commune rurale de Tienfala. Le Mali a connu, récemment, l’effondrement d’immeubles construits ou en construction entrainant des dégâts matériels et financiers importants. Dans certains cas, des pertes en vies humaines ont été enregistrées. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a, à cet égard, instruit la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) et l’Agence malienne de métrologie de conduire un vaste programme de contrôle et de vérification du diamètre et de la longueur dans toutes les unités de production de fer sur l’ensemble du territoire national. Le résultat de cet audit mené par les deux structures est sans appel. «Des fers commercialisés sur le marché comme étant du fer 6 ont été contrôlés diamètre 4, des fers 8 présentés et vendus au prix du fer 8 ont été contrôlés au diamètre 6, des fers 10 ont été contrôlés au diamètre 7 et ceux présentés comme des fers 12 et vendus à ce prix ont été contrôlés 9. Les longueurs ne sont pas respectées», a dénoncé Moussa Alassane Diallo. Pour le minsitre en charge de l’Industrie, cette situation est inacceptable pour le gouvernement et insupportable pour les populations. C’est pour cette raison que toutes les unités de production de fer ont été réunies le 22 août dernier pour partager avec elles, les conclusions des études de vérification et de contrôle menées par les services techniques. À l’issue de cette réunion, des recommandations fortes et des décisions ont été prises par le département. La visite terrain du ministre a consisté à vérifier la mise en œuvre effective de ces recommandations et décisions. «Le développement économique inclusif et durable du Mali se fera avec l’industrie ou ne se fera pas. C’est pourquoi, soutenir l’industrie dans notre pays est une exigence pour mon département. L’objectif recherché est de permettre à nos industries de transformer notre production locale, pour que nous puissions assurer nos besoins nationaux par la production nationale», a-t-il expliqué. Selon M. Diallo, nos industries doivent donner des produits de qualité qui respectent les normes. Autrement, il sera difficile de tenir sur la durée les engagements pris par rapport à la politique industrielle du pays. «La conduite de cette politique qui se repose sur la promotion et le développement de l’industrie locale (petite, moyenne et grande) ne peut aller avec la promotion de la médiocrité. Nous devons être meilleurs en matière de production», a-t-il insisté. Cette visite a permis au ministre Diallo de constater qu’il y a un nombre important d’usines qui ne respectent pas les normes. «D’ici octobre prochain, une deuxième vague de contrôles et de vérifications sera enclenchée par mes services. Si nous arrivons aux conclusions qu’il y a encore des unités de production de fer au Mali qui ne respectent pas les normes, nous serons amenés à assumer nos responsabilités et cela pourrait conduire à la fermeture de ces usines», a-t-il averti. Les orientations et exigences du ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation et de supervision mis en place, à la fois, pour contrôler la qualité et le respect des normes, seront partagés avec les acteurs du secteur pour un développement industriel réussi. Évoquant le problème d’énergie, le ministre Diallo a dit que c’est une donnée permanente. « Dans les réflexions que nous sommes en train de conduire, il s’agira de voir, aussi, comment on peut rendre nos industries moins dépendantes de l’énergie thermique. Pour cela, plusieurs pistes s’offrent à nous, surtout en ce qui concerne le solaire. On a déjà rencontré les promoteurs de l’énergie solaire, des réflexions sont en cours pour concevoir une politique industrielle où nos industries seront moins dépendantes de l’énergie à partir de l’EDM. SA», a-t-il dit. Les responsables des unités industrielles visitées ont salué cette démarche du ministre Diallo qui vise à assainir le secteur. BBC/MD (AMAP)    

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 août 2023

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 23 août 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif au Décret n°2023‐0345/PT-RM du 08 juin 2023 portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du tronçon urbain de la Route nationale n°27, Bamako‐Koulikoro, à Bamako. Le Conseil des ministres a adopté en sa Session du 31 mai 2023, le Décret n°2023‐0345/PT-RM du 08 juin 2023 portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du tronçon urbain de la Route nationale n°27, à Bamako. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’entreprises COVEC-Mali/EGK pour un montant de 29 milliards 146 millions 247 mille 778 francs CFA hors taxes et hors droit de douane, dont 17 milliards 352 millions 921 mille 767 francs CFA pour la tranche ferme et 11 milliards 793 millions 326 mille 11 francs CFA pour la tranche conditionnelle et un délai d’exécution de trente-six (36) mois. Le projet de décret est adopté pour prendre en compte la nouvelle clé de répartition de la prise en charge du projet qui se présente comme suit : – Tranche ferme : Banque Ouest Africaine de Développement 13 milliards 639 millions 115 mille 949 francs CFA, soit 95,33% et Etat du Mali 668 millions 5 mille 679 francs CFA, soit 4,67% ; – Tranche conditionnelle : Banque Ouest Africaine de Développement 13 milliards 606 millions 115 mille 668 francs CFA, soit 91,69% et Etat du Mali 1 milliard 233 millions 10 mille 482 francs CFA, soit 8,31%. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la parcelle de terrain, objet de titre foncier n°150 556 du Cercle de Kati, sise à Sanankoro-Farako et Diakoni de la Commune rurale de Dogodouman. La parcelle de terrain, objet de la présente affectation, d’une superficie de 114 hectares 65 ares 44 centiares est destinée à satisfaire les besoins de recasement de certaines populations de la Commune rurale de Dogodouman. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA RECONCILIATION, DE LA PAIX ET DE LA COHESION NATIONALE, CHARGE DE L’ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION NATIONALE – Chef de Cabinet : Monsieur Adama SISSOKO, Economiste. – Conseillers techniques : Commandant Hawa COULIBALY ; Monsieur Hamadoun KONTA, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Monsieur Issa TRAORE, Magistrat. – Chargés de mission : Madame Fatima Bint Mohamed FALL, Auditeur/Comptable ; Monsieur Oufène AG BA ALY, Spécialiste de l’Information et de la Communication ; Madame Bintou Walet Mohamed Ali, linguiste, spécialité/Anglais. – Directeur général de l’Agence de développement du Nord du Mali : Monsieur Moulaye Abdarahamane EL OUMRANY, Ingénieur en Marketing. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des ministres a pris acte d’une communication écrite relative au Rapport national additif du Mali pour le 4ème cycle de l’Examen périodique universel. Etabli par la Résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies le 15 mars 2006, l’Examen périodique universel consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’Organisation des Nations unies dans le domaine des Droits de l’Homme. Il s’agit d’un processus mené par les Etats, d’un examen par les pairs, sous les auspices du Conseil des Droits de l’Homme. Il fournit à chaque Etat, l’opportunité de présenter les mesures qu’il a prises pour améliorer la situation des Droits de l’Homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière. Un cycle d’examen couvre une période de quatre ans et demi au cours de laquelle tous les Etats membres des Nations Unies sont examinés. Le Mali s’est soumis au même exercice, lors de la 43ème session du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, tenu du 1er au 12 mai 2023, à Genève. A cet effet, il a présenté le rapport national et fait l’état de la mise en œuvre des 187 recommandations acceptées à l’issue de l’examen précédent de 2018. Après le passage de la délégation malienne devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève, 275 recommandations ont été adressées à notre pays, parmi lesquelles certaines sont entièrement mises en œuvre ou sont en cours, d’autres le seront très prochainement. Ainsi, dans le souci de maintenir le caractère participatif et inclusif, les représentants de notre pays à cet exercice ont décidé, avant de se prononcer sur lesdites recommandations, de revenir restituer le Rapport national et de recueillir les avis et suggestions de tous les acteurs. Pour cela, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a organisé une table ronde le 16 août 2023. A l’issue de cette table ronde, les participants se sont prononcés sur les 275 recommandations à travers une matrice qui doit être soumise, en dernier lieu au Gouvernement en vue d’une approbation. Cette dernière phase du processus impose à notre pays de soumettre, au plus tard, le 28 août 2023, son rapport additif qui devra être adopté lors de la 54ème session ordinaire du Conseil des Droits de l’Homme, prévue en septembre 2023. L’approbation du rapport national additif dans le délai prévu permettra, non seulement d’inscrire le dossier du Mali au rôle de la 54ème session ordinaire du Conseil des Droits de l’Homme, de mettre en exergue et de préciser la position du Mali sur l’ensemble des recommandations adressées

Gestion des déchets à Bamako: Un dépôt de transit modèle bientôt opérationnel à Médina-Coura

Bamako, 20 juil (AMAP) Les travaux d’aménagement d’un nouveau dépôt de transit modèle à Médina-coura, en Commune II de la capitale malienne, Bamako, financés à hauteur de 356 millions de Fcfa par l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), doivent prendre fin le 30 août prochain. Une forte délégation conduite par les ministres de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mamadou Samaké, et des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a visité le chantier mardi dernier. Ce dépôt est bâti sur une superficie totale de 2 800 m2. Il est équipé d’un forage et de château, de six caissons de 30 m3 en réserve et de 10 lampadaires solaires. Face à la problématique de gestion des déchets, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a indiqué que plusieurs initiatives sont en cours, notamment le Projet de résilience urbaine de la ville de Bamako qui prévoit la réalisation d’infrastructures structurantes. «Ce dépôt de transit est équipé de caissons qui seront posées côte à côte pour permettre aux charretiers de déposer les déchets à l’intérieur de façon ordonnée. Afin d’éviter des déversements d’ordures un peu partout comme nous le connaissons dans les autres décharges », a expliqué Mamadou Samaké. « Les déchets seront ensuite transportés par les camions des services techniques de la voirie vers la décharge finale de Noumoubougou», a-t-il ajouté. En tenant compte des urgences de ce chantier en cours, le ministre Samaké a invité les uns et les autres, « à prendre des dispositions pour accélérer le reste des travaux. » Il a dit que ce dépôt a été conçu pour prendre le flux journalier des déchets qui provenaient du dépôt en face du stade omnisport. Il a espéré que bientôt, cette décharge sera opérationnelle pour le bien-être de la ville de Bamako. «C’est comme si le dépôt du Stade omnisport a été transféré ici. C’est un dépôt de transit moderne qui n’est pas censé stocker les ordures pendant longtemps. Contrairement à l’ancien dépôt, les ordures sont déposées ici dans les caissons et non à terre », a encore dit M. Samaké. « Tout cela, pour éviter les problèmes de pollution et de nuisances que nous connaissons dans les autres dépôts», a précisé le chef du département en charge de l’Assainissement. Pour sa part, le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, a reconnu que depuis la fermeture du dépôt de Médina-coura, la capitale a connu une grande recrudescence des déchets. «Le dépôt,qui était initialement en face du Stade omnisport, a causé beaucoup de soucis aux riverains. C’est pourquoi, nous sommes là aujourd’hui, pour voir dans quelle mesure ce dépôt peut soulager les populations des Communes II et III», a expliqué M. Sangaré. L’aménagement de ce dépôt nécessite forcement des désagréments pour ceux qui sont installés aux abords, dans les kiosques, les garages de réparation d’automobiles et les magasins. Selon les constats des autorités sur place, ces installations doivent être démolies pour faciliter le transport des déchets. Face à cette situation, le maire du District de Bamako a assuré que des dispositions ont été prises. Adama Sangaré a invité les intéressés à collaborer avec la municipalité qui les a installés afin qu’elle puisse les trouver des lieux de recasement. Le bailleur de fonds du projet est l’ANICT. Son directeur général, Dr Lassina Coulibaly, a souligné qu’une fois ce dépôt terminé, « il sera transféré à la mairie du District de Bamako à travers les services d’assainissement de la voirie qui aura en charge sa gestion, sous la supervision du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. » MS/MD (AMAP)

Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de