Forum Invest in Mali : Pleins feux sur les opportunités d’investissement dans notre pays

Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Dubai, 25 fév (AMAP) Le Premier ministre malien et des membres du gouvernement au cours de la rencontre Forum Invest in Mali, jeudi, à Dubaï, ont exhorté les investisseurs à explorer les possibilités qu’offre la puissance agro-industrielle en Afrique de l’Ouest.  Les échanges ont eu lieu dans le cadre de l’Exposition universelle 2020. Cette exposition, initialement prévue du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021, a été reportée du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 à cause de la crise de la Covid-19. Avant cette édition, le Mali a participé aux quatre dernières expositions universelles qui ont eu lieu en 2000 à Hanovre en Allemagne, en 2005 à Aichi au Japon, en 2010 à Shanghai en Chine et en 2015 à Milan en Italie. Le thème du forum est « le Mali, une puissance agro-industrielle en Afrique de l’Ouest ». Après les mots de bienvenue du Dr Mohammad Al Kindi, ministre de l’Environnement et de l’Eau des Émirats arabes unis, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf  Bathily, a remercié les autorités émirats pour l’appui et les facilités accordées à notre pays pour sa participation à cette exposition.  M. Bathily a attiré l’attention des investisseurs émiratis sur le fait que le Mali regorge d’énormes ressources au niveau de son sous-sol et bien d’autres richesses dont le coton qui n’attendent que les investisseurs pour leur transformation. C’est pourquoi, il a invité ces investisseurs à prospecter toutes les richesses dont dispose le Mali. Mieux, il a demandé au chef du gouvernement de les inviter pour un séjour au Mali afin de prospecter les nombreuses potentialités de notre pays.  Dans son intervention, le Premier ministre a souligné que ce forum est une session d’information sur les opportunités économiques que regorge le Mali. Dr Choguel Kokalla Maïga s’est réjoui de la présence massive des investisseurs à ce forum. Avant de transmettre aux autorités émiraties, les salutations fraternelles et la profonde reconnaissance des plus hautes autorités du pays. Pour lui, la participation du Mali à l’exposition universelle Dubaï 2020 vise à faire connaître notre pays, son présent et son histoire.  « En venant à ce rendez-vous universel, nous avons fait le choix de mettre en lumière la contribution substantielle de la nation malienne au progrès de l’humanité à travers le concept de diatiguiya », a indiqué le chef du gouvernement. Selon Dr Choguel Kokalla Maïga, la dénomination du Pavillon du Mali « ben so diatiguiya » tire ses origines de notre civilisation millénaire. Il a rappelé que notre pays a fait le choix de bâtir une économie libérale. Et le gouvernement fait du secteur privé, le moteur de la croissance économique et du développement.  « L’État s’est progressivement retiré du système de production et de commercialisation pour se recentrer sur son rôle d’orientation et de régulation de l’activité économique », a-t-il souligné. Avant d’ajouter qu’à ce titre, plusieurs réformes institutionnelles et du cadre législatif et réglementaire ont été entreprises faisant du Mali une destination et un pays plus attractif.  PLUS DE 10 MILLIONS D’HECTARES – Le chef du gouvernement a fait savoir que le panorama du Pavillon du Mali à l’Expo Dubaï 2020 illustre l’énorme potentiel hydro-agricole et sylvo-pastoral de notre pays. À cet effet, Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé que le Mali est arrosé par deux fleuves lui offrant la plus grande surface de terre arable et cultivable avec plus de 10 millions d’hectares. Il a ajouté que le Mali produit 800.000 tonnes de coton en moyenne par an dont 2% sont transformées sur place.  Le chef du gouvernement a, aussi, dit que le cheptel malien est le deuxième plus important en Afrique, après celui du Nigeria et continue à exporter le bétail vivant. Dans le domaine des mines, il a précisé que le Mali exporte 64 tonnes d’or en moyenne par an.  Le Premier ministre a souligné les avancées réalisées par notre pays dans le classement Doing business. Avant de soutenir que le Mali est une bonne destination pour les investisseurs. C’est pourquoi, il a invité les nombreux investisseurs présents au forum à y faire un tour et à faire le pari du Mali qui est un pays d’opportunités. Il les a invités pour un voyage au Mali.       Au cours de ce forum, il y a eu un thème sur les secteurs d’opportunités au Mali avec des présentations sur le cadre législatif et réglementaire des investissements au Mali, les textes législatifs et réglementaires sur le cadre de partenariat public-privé au Mali, sur les filières porteuses au Mali tirées de la stratégie nationale de développement des exportations par le ministre du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed. S’en est suivi un autre panel sur le thème « un pays unique, des possibilités infinies ». Au niveau de ce panel, les présentations ont concerné les secteurs prioritaires dans les domaines de l’énergie, notamment les énergies renouvelables par le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré.  Une autre présentation a été faite par la ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko sur les secteurs prioritaires  dans les domaines des infrastructures et des transports. À l’issue des présentations suivies de débats, le Premier ministre et sa délégation ont invité les investisseurs émiratis à venir prospecter les immenses potentialités économiques que regorge le Mali. DD (AMAP)

Mali : Ouverture de l’Hôpital diocésain de San (Centre)

San, 09 janv (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a inauguré, samedi, l’Hôpital diocésain de San (Centre) dont l’ouverture était bloquée pour des formalités administratives et bureaucratiques. Il a invité les responsables religieux administratifs de l’établissement à se rendre, dès lundi, à Bamako, pour discuter avec le ministère de la Santé et du Développement Social et l’Ordre des médecins « afin de trouver une solution pour le bénéfice des populations de San et de tout le peuple malien ». Le chef du gouvernement a, aussi, instruit les structures des ministères concernés à se mettre à leur disposition pour pouvoir régler toutes les questions administratives. C’était en présence du Cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako, du gouverneur de San, Ousmane Sangaré, de l’évêque nouvellement intronisé du Diocèse de San, Mgr Hassa Florent Koné, et du Maire de la Commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra. L’Hôpital diocésain est l’œuvre de l’Eglise catholique de San, à travers la Conférence épiscopale du Mali. D’un coût de plus de trois milliards, il couvre une superficie de 5 hectares et comprend plusieurs services, entre autres, des maladies infectieuses, de médecine générale, materno-infantile, de chirurgie. « Depuis 2011, le Diocèse de San a nourri le désir de renforcer son intervention dans la pastorale de la santé à travers la construction d’un hôpital diocésain à San », a rappelé l’évêque de San. Il a rendu un vibrant hommage à feu l’évêque Mgr Jean Gabriel Diarra qui a initié le projet. « Nous lui dédions cette infrastructure pour montrer notre reconnaissance. Cet hôpital sera un lieu de témoignage de la foi en Jésus Christ dans la spécificité chrétienne catholique où les soins sont offerts en respectant la dignité humaine, l’éthique chrétienne. Il sera un instrument, un outil d’intégration et de cohésion sociale pour un meilleur vivre ensemble au Mali » a-t-il dit. Mgr Hassa Florent Koné a remercié l’Etat pour ses contributions multiformes pour faciliter la réalisation de cette œuvre, notamment le don du terrain, l’exonération des différents conteneurs de matériaux de construction venus d’Italie ainsi que la collaboration des services techniques de l’Etat. Il a, aussi, remercié la Conférence épiscopale du Mali qui a facilité la réalisation des travaux avec les partenaires financiers. Sans oublier l’Entreprise Ouattara Construction et tous ceux qui ont travaillé, dans l’ombre, à la réalisation de l’hôpital. Par ailleurs, l’évêque de San a saisi l’occasion pour solliciter l’appui pour le bitumage de la route reliant la RN6 au site de l’hôpital et la pose d’un poste transformateur pour l’hôpital. Le gouverneur, lui, a souligné que cette cérémonie revêt une importance toute particulière. Parce qu’elle « se situe au cœur du noble combat de l’Homme », pour la survie, pour la vie, pour le bien-être, « pour la quête permanente de la santé sans laquelle toutes initiatives humaines seraient vaines ». « Cette action phare des hommes de Dieu contribuera, très certainement, à renforcer l’échiquier des structures sanitaires de notre pays d’une part, et, surtout, permettra de recruter des jeunes diplômés et non diplômés afin de réduire significativement le taux de chômage, d’autre part » a-t-il dit. Le gouverneur a indiqué le respect impérieux, par « le nouvel hôpital et ses responsables, des exigences notamment les normes techniques et d’éthique, les mesures préventives de la Covid-19 et, surtout, la vaccination au regard de la recrudescence actuelle des cas notés à l’échelle nationale ». Il a renouvelé au président de la Transition, « la fraternelle salutation des populations de la Région de San pour avoir permis, aujourd’hui, l’ouverture de cette structure combien importante dans le dispositif socio-sanitaire du Mali ». Le gouverneur Sangaré a exprimé certaines préoccupations des populations de cette nouvelle circonscription administrative de San. Il s’agit, notamment, de la prise en compte de la campagne de la contre-saison dans la plaine rizicole de San, du bitumage du tronçon Ecole Père Bernard de Razily (PBDR), niveau RN6, à la piste d’aviation, communément appelée « Piste d’atterrissage ». Le maire Mme Félicité Diarra a exprimé la grande joie des « Sanois » d’accueillir, une deuxième fois, le Premier ministre, en moins d’un mois. « Ce jour est important, unique et spécial pour nous. Car, tout d’abord, c’est le jour de l’ordination et d’intronisation du nouvel évêque, du Diocèse de San, Mgr Florent Koné et qui marque, également, la cérémonie d’ouverture et d’inauguration de l’hôpital diocésain de San », s’est réjouie Mme le maire. « La réalisation de cet hôpital a permis à la Commune de San de disposer d’une structure hospitalière de proximité, qui nous tenait à cœur » a-t-elle dit. Elle a sollicité la présence des services publics pour rapprocher l’administration des populations, d’infrastructures adéquates et la mise à disposition d’un personnel qualifié pour le bon fonctionnement de l’hôpital diocésain. Dans son allocution, le Premier ministre a souligné que la santé de nos populations fait partie des priorités du président Assimi Goita. Il a rappelé que l’Eglise catholique a été toujours aux avant-gardes lorsque les questions de survie du pays sont posées. « Aussi, l’Église catholique s’est longtemps investie dans le développement de l’homme intégral en initiant des réalisations dans plusieurs domaines, en particulier l’éducation, la santé, l’agriculture, les urgences et la communication », a fait noter Dr Choguel Kokalla Maiga. Il a remercié l’Eglise catholique et ses partenaires pour cet ouvrage qui vient renforcer les infrastructures sanitaires au Mali et réitéré l’accompagnement des autorités de la transition. Le Premier ministre a invité les autres communautés, régions à suivre l’exemple de San. Il a, aussi, » lancé un appel solennel au peuple malien d’investir dans leurs régions d’origine. « Car, a-t-il dit, la décentralisation réussira lorsque les ressortissants s’investissent dans leurs régions, en plus des efforts de l’Etat ». Le chef du gouvernement a invité à prier pour le retour de la paix dans notre pays, pour le repos éternel de toutes les victimes de la crise. Il a salué les Forces armées et de sécurité « pour tout le sacrifice consenti » et a promis que « la Nation ne les oubliera jamais ». ADS (AMAP)          

Mali : Le Stade du 26 mars, opérationnel après neuf mois de travaux

Bamako, 05 janv (AMAP) Le stade du 26 Mars de Bamako, est désormais opérationnel, après neuf mois de fermeture pour travaux, et pourra abriter toutes les rencontres de la sélection nationale de football. Les clés du site rénové ont été réceptionnées, mardi, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, lors d’une cérémonie, en présence de plusieurs personnalités dont le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher et du président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Mamoutou Touré «Bavieux». «Je suis très impressionné par cette rénovation. C’est vraiment un joli cadeau pour le monde sportif qui va certainement combler un grand vide», a déclaré le président de la Transition, après avoir visité le stade. « Le monde du sport national a besoin d’infrastructures dignes de ce nom pour s’épanouir et réaliser des performances sur l’échiquier international», a ajouté le chef de l’Etat. A sa suite, le ministre Mossa Ag Attaher a exprimé sa satisfaction et exprimé sa reconnaissance aux plus hautes autorités du pays. «Cette infrastructure entièrement rénovée offre aux Maliens un cadre adéquat pour abriter les grands événements sportifs. Elle permettra aussi de résoudre le problème de stades non homologués par la FIFA auquel de nombreuses fédérations sportives africaines sont aujourd’hui confrontées», a dit le premier responsable du département en charge des Sports. «Ce geste montre que les plus hautes autorités du pays accordent une place importante à la jeunesse et au sport. Nous allons continuer à travailler avec la Fédération malienne de football et la direction du stade pour entretenir ce joyau combien important pour les acteurs du football. Nous allons tout mettre en œuvre pour que ce stade ne soit plus comme avant» a ajouté Mossa Ag Attaher. Le plus grand stade du Mali avait été «disqualifié» le 3 mai dernier par la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football association (FIFA) pour non-conformité aux normes internationales. La décision des deux instances sportives a contraint les Aigles à disputer tous leurs matches des éliminatoires de la Coupe du monde, Qatar 2022, à l’extérieur, précisément à Agadir, au Maroc. Le 1er avril, les autorités ont lancé les travaux de rénovation de l’arène qui ont duré neuf mois. Ces travaux de grande envergure ont concerné principalement les toilettes, l’électrification, l’installation de deux tableaux d’affichage lumineux, la peinture de l’enceinte, les vestiaires, la pelouse, les gradins, la loge de presse, les salons et la tribune VIP etc… Le stade a, également, été doté de fibre optique avec internet accessible partout et la devanture et les alentours ont été aménagés. Financés sur budget national, les travaux de rénovation du stade ont coûté 7 milliards de Fcfa et ont été exécutés par la société générale Samassékou. Désormais, le stade du 26 Mars est aux normes internationales et mieux, le site pourra abriter, en plus des matches de la sélection nationale, des compétitions de rugby et d’athlétisme. La première pierre du Stade du 26 Mars a été posée le 15 juin 1996 par l’ancien président, Alpha Oumar Konaré, dans la perspective de la CAN 2002 que le Mali a abritée. Le site a été inauguré le 4 décembre 2001 et sa capacité d’accueil est de 50.000 places. DC/MD (AMAP)

Route de Yirimadio : des bouchons malgré le viaduc

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 05 janv (AMAP) Chaussée occupée par des vendeuses de fruits, de légumes et de produits divers, stationnement anarchique des minibus de transport en commun (Sotrama), des moto-taxis et des conducteurs de pousse-pousse ! Tel est le décor quotidien le long du viaduc long de 193 m, à Yirimadio, en Commune VI de la capitale malienne, Bamako), inauguré seulement le 15 novembre 2021. Cette situation crée des bouchons monstres, notamment aux heures de pointes. Entravant ainsi la fluidité du trafic au niveau de ce carrefour stratégique dans la capitale. Le viaduc est sur la Route nationale (RN 6), principale voie pour rallier les Régions de Ségou, Mopti (Centre), Gao, Tombouctou (Nord), etc. Elle vise la modernisation du réseau routier dans le District de Bamako, l’embellissement de la ville, l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines, la fluidité de la circulation sur la section urbaine de la RN6 (Bamako-Ségou) et la voie d’accès au 3è Pont de Bamako, l’amélioration de la mobilité urbaine et la sécurité routière dans le District de Bamako, la diminution de la congestion du trafic au carrefour de la RN6. Il s’agit, également, de mettre fin au calvaire des populations des quartiers de Baguinéda, Yirimadjo, Niamana, N’Tabakoro, qui éprouvent des difficultés énormes pour rejoindre le centre-ville. Ces populations et autres usagers continuent de subir les mêmes difficultés imposées par l’occupation anarchique de la chaussée. Très tôt le matin, elles se trouvent piégées par un grand embouteillage qui se dessine à proximité du marché de Yirimadio, longeant la voie principale. Cette infrastructure marchande est située à environ une centaine de mètres de l’échangeur. Dans ce tohu-bohu, les piétons peinent à se frayer un chemin. La chaussée se rétrécit chaque jour davantage, de part et d’autre de la route, du fait de son occupation par les vendeuses installées de façon illicite. Une d’elle, Hawa Bah, quadragénaire, expose sa marchandise sur la chaussée depuis dix ans. Elle explique : «La mairie ne nous a pas autorisé à l’occuper. Si on est là, c’est parce qu’il n’y a pas de place de l’autre côté du marché. On paie chaque jour 50 Fcfa à la mairie en guise de taxe.» Mère de six enfants, Mah Kané est vendeuse saisonnière. Elle dit être consciente des dangers auxquels elle s’expose en étalant ses produits sur la chaussée. Chaque jour, des véhicules écrasent ses articles. Un jour, un véhicule a même renversé sa voisine enceinte qui a accouché le lendemain. «Si l’on se plaint, les conducteurs nous rappellent qu’on n’a pas le droit d’occuper cette place. Nous n’avons nulle part où aller, sauf si la mairie nous trouve un endroit», se défend Mah Kané. Non loin d’elle, Ina Dabo, assise dans sa voiture, crie son ras-le-bol. La mine serrée, les bras croisés, elle dit : «À ce niveau, c’est toujours comme ça. À cause de l’embouteillage d’ici, je préfère sortir tôt le matin ou attendre 11 heures». « Aux heures de pointe, le bouchon va du marché jusqu’au 3è pont », dit-elle, expliquant que les conducteurs de voiture font de leur mieux pour éviter les vendeuses. «En cas d’accident, ça serait une catastrophe», estime Ina Dabo.   ABSENCE D’ARRÊT DES SOTROMA – À quelques mètres de là, Ousmane Magané est assis sur sa moto garée sur la chaussée. Le quinquagénaire reconnaît qu’il ne doit pas y stationner. Toutefois, il accuse les chauffeurs de Sotrama d’être à l’origine des bouchons qui causent le malheur des usagers. Une accusation que réfutent les conducteurs de Sotrama. Ceux-ci, à l’instar de Sékouba Traoré, 30 ans, rejettent la responsabilité sur les vendeuses, motocyclistes et sur les conducteurs de pousse-pousse. «Il n’y a pas d’arrêt réservé au transport public ici. Le peu d’espace est occupé par les motocyclistes et les conducteurs de pousse-pousse. On nous accuse à tort. Nous demandons aux autorités de faire dégager les vendeuses pour libérer la route», dit Sékouba qui opère sur l’axe Yirimadjo, depuis plus de sept ans. Son collègue Aboubacar Traoré insiste sur la nécessité de la réalisation de Bases d’arrêt de transport ouverte (Bato) pour eux. «Nous continuons de prendre et de déposer les clients au niveau de notre ancien arrêt», insiste-t-il. Balla Moussa Sacko, un autre chauffeur, demande aux autorités de leur trouver une place où ils peuvent stationner pour prendre et déposer les clients. «Il nous faut une place dédiée, sinon on ne peut pas avoir de clients», plaide le conducteur. Maire délégué de Yirimadio, Commune VI du District de Bamako, Mamadou Coulibaly assure que des dispositions sont en train d’être prises à cet effet. « Récemment, précise l’élu, le maire en charge du développement et le secrétaire général du ministère des Transports et des Infrastructures ont, au cours d’une réunion, décidé de mettre un garde-fou entre les vendeuses et la route ». «Le marché officiel est en construction sur un autre site. Les gens sont provisoirement installés dans ce marché, en attendent la fin des travaux», explique-t-il. Concernant le paiement de la taxe par les vendeuses, l’édile précise que cela ne les autorise pas à s’installer de façon anarchique. «La cotisation contribue au développement de la commune. Elle est une obligation, même pour les vendeurs ambulants», dit-il. Selon le conseiller municipal, le plan de la nouvelle infrastructure marchande prévoit un arrêt réservé aux Sotramas. Toute chose qui confirme la volonté des autorités de fluidifier la circulation. L’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), la Direction urbaine du bon ordre et de la protection de l’environnement du District de Bamako (DUBOPE), les mairies des six Communes ainsi que la police avaient annoncé entreprendre, du 6 au 31 décembre dernier, des opérations de libération des voies publiques et accès des passerelles piétonnes dans la capitale. AG (AMAP)

Conseil de cabinet mardi sur la renovation du barrage de Markala

Bamako, 15 déc (AMAP) Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, à la Primature, un conseil de cabinet restreint avec cinq membres du gouvernement sur la réhabilitation du barrage de Markala, situé dans la Région de Ségou (Centre). A l’issue de la rencontre, le ministre du Développeront rural, Modibo Keïta, a confié que lui et ses collègues concernés par le dossier, en l’occurrence de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ont discuté « avec le chef du gouvernement des dispositions à prendre, le plus rapidement possible, pour la réhabilitation du barrage de Markala. Selon le ministre Modibo Keïta, lorsque l’information a été portée à la connaissance du gouvernement, le Premier ministre a aussitôt réuni ce conseil restreint pour que « nous puissions nous entendre sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour sauver le barrage » hautement stratégique pour le développement de la culture du riz et de la canne à sucre dans la zone Office du Niger. À cet effet, les ministres en charge des Finances et de la Sécurité vont prendre les dispositions nécessaires. Ainsi, « les fonds seront mis à disposition par le département des Finances et les travaux de réhabilitation seront effectués par les Ateliers centraux de Markala, afin de réduire les coûts qui tourneraient autour de 3,5 milliards de Fcfa s’ils sont effectués par le secteur privé ». C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de faire une dérogation pour que les ateliers de Markala puissent faire ce travail afin d’amoindrir le coût. Le ministre du Développement rural a prévenu qu’au-delà de cette réparation, il faudra complètement rénover le barrage, conformément aux avancées technologiques L’ouvrage a été construit depuis la période coloniale. Interrogé sur la date exacte du démarrage des travaux, le ministre Keïta a souligné que c’est très bientôt, car c’est très urgent. « Le ministre des Finances va déjà mettre les fonds à disposition et dès que le devis sera fait par les Ateliers centraux de Markala, les travaux vont commencer immédiatement », a-t-il assuré. Le barrage hydraulique de Markala est un pont-barrage de dérivation situé dans la ville du même nom, dans l eCentre du Mali. D’une longueur de 816 mètres, le pont est entièrement fait en métal et a été construit en même temps que le barrage, qui a pour but de relever le niveau du fleuve Niger jusqu’à 5,5 m au-dessus de celui de l’étiage. Ce, en vue de permettre l’irrigation gravitaire des zones situées en rive gauche, afin de développer la culture du riz et de la canne à sucre dans le cadre de l’Office du Niger. La construction de l’ouvrage a débuté en 1934 pour s’achever le 30 juin 1947. Sa réalisation a été faite dans le cadre de travaux forcés de milliers de travailleurs provenant de tous les pays de l’Afrique occidentale française (AOF). Un monument situé à l’entrée du pont rend hommage aux personnes décédées pendant sa réalisation. AT/MD (AMAP)

Lancement de l’extension du réseau électrique de San et environs (Centre)

San, 09 déc (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokala Maiga,  a lancé, jeudi, à la place de l’Indépendance, les travaux d’extension du réseau électrique de la ville de San et environs, dans le Centre du Mali. Selon le chef du gouvernement,  accompagné d’une forte délégation  dont le Ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Seydou Lamine Traoré, la réalisation de ce projet “tant attendu par les populations de San,  va permettre de desservir plusieurs quartiers de la ville et villages environnants dont Parana, Sibougou et Sienso”. Le projet va créer plus de 150 emplois,  satisfaire les demandes de branchement, augmenter le nombre d’abonnés qui passera, désormais, de 5 000 à 20 000 et doter la ville de 1 000 foyers d’éclairage public. D’un coût global de près de 5 milliards de francs Cfa,  financé par le gouvernement du Mali et Energie du Mali (EDM-Sa), le projet concerne l’exécution de 182 km de réseau  dont 30 km de haute tension et 152 km de réseau intérieur de basse tension. Le Dr Choguel Kokala Maiga a invité l’entreprise Elect Sahel SARL, chargé de l’exécution du projet “de tout mettre en œuvre pour livrer les travaux au terme du délai contractual”. Avant de terminer son discours, il a, au nom du Président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, adressé aux populations de San, ses salutations fraternelles et leur a dit, que le Chef de l’Etat “compte sur leurs bénédictions autant que sur celles de l’ensemble des  populations maliennes pour guider ses pas, dans la vérité et dans la sincérité,  vers le redressement national”. Pour le maire de la Commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra, le renforcement et l’extension du réseau de distribution électrique est un projet que les populations de San ont longtemps attendu après tant de souffrances vécues. Selon elle,  sa réalisation “va apporter beaucoup de Bonheur” dans sa commune, notamment par la création d’emplois pour les jeunes, la réduction de l’insécurité et l’amélioration de la productivité dans divers secteurs de la vie économique. L’édile de San a évoqué certaines préoccupations majeures de sa commune et  sollicité l’aide du gouvernement pour les résoudre.  Il s’agit, notamment, du problème d’eau potable et de l’enclavement de certains villages par rapport au chef-lieu de commune. À ces difficultés s’ajoutent des milliers d’hectares de plaines rizicoles non aménagées, de l’assèchement de la mare du Sanké et du faible rendement des riziculteurs qui n’ont malheureusement pu faire la contre saison, cette année, à cause de la mauvaise pluviométrie. Auparavant , Mme Félicité Diarra a adressé ses vifs remerciements au président de la Transition, au Premier ministre et à son équipe,  pour l’effort qu’ils déploient “constamment pour la restauration des valeurs cardinales” de notre pays. Elle a, également, loué le combat permanent du gouverneur de la Région de San, le colonel Ousmane Sangaré, pour la paix et le développement, depuis qu’il est arrivé dans la région.. Le premier ministre et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie aux notabilités traditionnelles de la ville de San qui ont fait des bénédictions pour la réussite de la Transition et la paix au Mali. NC (AMAP)

Ouverture du viaduc de Yirimadio : Grand ouf de soulagement pour les usagers

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 16 nov (AMAP) Le viaduc de Yirimadio, d’une longueur de 196 mètres, qui a coûté à l’État environ 40 milliards de Fcfa, destiné à mettre fin au calvaire des populations de Baguinéda, Yirimadio, Niamana par la fluidité du trafic a été inauguré, lundi, par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. Ce Projet d’aménagement en 2×2 voies de la voie, reliant le 3è Pont de Bamako, la capitale malienne, à la RN6 (Bamako-Ségou), inclue la construction d’un échangeur au croisement avec la RN6 et la réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio de la RN6, a été retenu parmi les Projets routiers prioritaires (PRP). Le ministère des Transports et des Infrastructures avait programmé leur mise en œuvre sur la période allant de 2016 à 2018. Leur mise en œuvre s’inscrit dans le cadre du Plan d’actions 2015-2019 de la Politique nationale des transports, des infrastructures de transports et du désenclavement (PNTITD), adoptée par le gouvernement en octobre 2015. La réalisation du projet contribue à l’atteinte de l’objectif spécifique consistant à «développer et améliorer l’efficacité des infrastructures de transport» de l’axe stratégique qui porte sur la «croissance inclusive et la transformation structurelle de l’économie» du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) 2019-2023. La mise à disposition de ce viaduc, réalisé par l’entreprise Razel, vise la modernisation du réseau routier dans le District de Bamako, la fluidité de la circulation sur la section urbaine de la RN6 (Bamako-Ségou) et la voie d’accès au 3è Pont de Bamako, l’amélioration de la mobilité urbaine et la sécurité routière dans le District de Bamako, la diminution de la congestion du trafic au carrefour de la RN6, l’embellissement de la ville de Bamako, l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines. C’est une foule joyeuse qui a accueilli le Premier ministre. «La réalisation de cette voie est un soulagement pour nous. Nous étions obligés de quitter très tôt le matin nos familles pour joindre nos lieux de travail. Nous passions des heures dans les embouteillages. Nous remercions les autorités pour nous avoir enlevé les épines du pied», a dit Mamadou Kanté, un usager. Le maire de la Commune VI est du même avis. «La population de la Commune VI est très contente de cette réalisation. Cette commune, qui représente 38% de la population du district de Bamako, est une commune où les gens quittent leurs domiciles pour aller travailler en ville. Pour revenir chez eux, ils mettent deux heures ou plus. Ce viaduc va désengorger notre commune et nous soulager beaucoup», a indiqué Boubacar Keïta, avant d’inviter la population à prendre soin de l’ouvrage et à la prudence en roulant doucement. Après avoir inauguré le viaduc, le Premier ministre a exprimé la volonté des autorités « de rendre la vie des Maliens, chaque jour plus agréable malgré les difficultés et les drames que le pays traverse ». Choguel Kokalla Maïga a exprimé toute la joie des membres du gouvernement d’inaugurer ce joyau financé sur fonds propres de l’État. Le chef du gouvernement a souligné tout le calvaire des populations de Baguinéda, Yirimadjo, de la zone de Niamana qui avaient énormément de difficultés pour rejoindre le centre ville. «Tous les matins, tous les après-midi, tout le monde connaît le calvaire que la population vit. Ces populations vont être soulagées fortement avec ce viaduc. Il permet la fluidité de la circulation, va éviter un certain nombre d’accidents. Plus généralement, il va rendre agréable la ville de Bamako de vue et pratiquement dans la vie au quotidien», a dit le locataire de la Primature. Le chef du gouvernement a souligné que les autorités sont conscientes des difficultés que les populations traversent au quotidien pour accéder à leurs lieux de travail, leurs domiciles. C’est pourquoi, elles ont inauguré le viaduc. Il a précisé que les autres travaux de finition et la signalisation horizontale vont suivre. En attendant, Dr Choguel Kokalla Maïga a invité la population à éviter les excès de vitesse, à respecter de façon stricte le code de la route et tous les principes édictés par les services de l’État en charge de la circulation et surtout à entretenir ce bien public, ce gros investissement. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. ADS (AMAP)  

Mali : Baisse prévue du prix du ciment

Bamako, 25 juin (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et les acteurs du secteur du ciment ont convenu de ramener la tonne du ciment local à 95.000 Fcfa et 100.000 Fcfa pour le ciment importé, a appris l’AMAP, jeudi. À l’issue d’une rencontre avec les importateurs, unités industrielles et distributeurs, pour trouver des mécanismes de stabilisation du prix du ciment sur le marché national, la réunion a décidé de ramener le prix indicatif plafond du ciment local à 87.000 Fcfa la tonne pour les commerçants et 95.000 Fcfa la tonne pour les consommateurs. Concernant le ciment importé, la réunion a convenu qu’à partir de ce vendredi, la tonne sera vendue aux consommateurs à 100.000 Fcfa. « Le ministre, après les échanges avec les autorités sénégalaises, a pris l’engagement d’assurer l’approvisionnement correct du pays et la couverture du gap. Si cela est fait, à partir de lundi, le prix indicatif plafond du ciment importé reviendra aux consommateurs à 95.000 Fcfa», a annoncé  le directeur général de la concurrence et du commerce, Boukadary Doumbia, qui a participé à la rencontre. Le prix du ciment, qui s’était envolé ces derniers jours, a amorcé une courbe descendante. De 5.250 Fcfa, le sac de 50 kg était vendu à 6.500 Fcfa, soit une augmentation de 1.250 Fcfa. « Depuis bientôt quatre mois, on a assisté à une augmentation du prix du ciment sans savoir réellement pourquoi », confirme Yacouba Kanté, vendeur à Kabala. Il dit se souvenir qu’il n’y a pas longtemps, le sac de ciment était vendu à 4.500 Fcfa. Le détaillant rejette la responsabilité de la hausse du prix sur les importateurs qui, selon lui, augmenteraient les prix sans explication. « Aujourd’hui, c’est tout le secteur de la construction qui se trouve affecté », confirme Ousmane Diarra, propriétaire d’un entrepôt de matériaux de construction. Selon lui, une nouvelle augmentation du prix du ciment n’est pas à écarter pour la simple raison que la demande est actuellement plus forte que l’offre. L’entrepreneur en BTP, Moussa Coulibaly, explique que « le Mali est, aujourd’hui, en chantier et la grande partie du ciment consommée sur le marché local est importée du Sénégal ou de la Cote d’Ivoire ». Sékouba Coulibaly est un grossiste en ciment. Les deux sociétés de production de ciment installées au Mali sont ses principaux fournisseurs (Ciments et Matériaux du Mali et Diamond Ciment). Il explique l’augmentation vertigineuse des prix, en grande partie, par la forte demande. Selon le grossiste, les coupures d’électricité intempestives ont impacté la capacité de production des usines de ciment au Mali. Concernant l’importation, M. Coulibaly a dit que le Sénégal et la Côte d’Ivoire font également face aux mêmes problèmes. «Il y a une baisse de production de ciment dans ces pays voisins. Ce qui a amené les autorités sénégalaises et ivoiriennes à prioriser les besoins nationaux. Du coup, nos commerçants ne peuvent pas avoir la quantité qu’ils souhaitent importer», souligne-t-il La flambée du prix du ciment a suscité la réaction de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA). « Le Mali a opté pour la liberté des prix et de concurrence. Cette situation permet aux opérateurs économiques de s’enrichir au détriment des consommateurs. Nous n’avons aucun moyen de faire pression, nous ne pouvons que dénoncer», a déploré Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA. OS/MD (AMAP)  

Ciment et fer à béton: les prix montent en flèche

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 02 juin (AMAP) Le Mali est en chantier. Des maisons d’un autre standing y poussent, un peu partout. Des travaux d’infrastructures de développement sont en cours. Le Grand marché de Bamako, également en chantier, continue sa mue. Ce, malgré les multiples crises quel le pays traverse. Le fer et le ciment sont des éléments indispensables à la réalisation de ces ouvrages qui symbolisent le dynamisme de notre économie. Mais, depuis un certain temps, les prix de ces deux matériaux connaissent une hausse sur le marché. La situation s’expliquerait, en grande partie, par la règle de la demande qui est plus forte que l’offre. Le prix de la tonne du ciment, importé ou local, tournait autour de 90.000 Fcfa dans notre pays. Il a franchi la barre des 100.000 Fcfa pour s’établir à 115.000 Fcfa depuis quelques mois. Il peine à descendre au dessous de 110.000 Fcfa, prix actuel de la tonne du produit dans les différentes quincailleries de Bamako, où le sac (50 kg) est cédé à 5.500 Fcfa. Un risque de l’augmentation du prix du ciment est envisageable dans les jours à venir, spécule Balla, propriétaire de quincaillerie à Kalaban, sans pouvoir dire les raisons. Rencontré à son magasin à Para Djicoroni, un autre revendeur de ciment, Ousmane Tangara, nuance : «Le prix du ciment avait commencé à baisser. C’est la semaine dernière que nous avons remarqué cette hausse auprès des fournisseurs qui l’ont imputé à la grève de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Cette cessation du travail a provoqué une rupture. Cette pénurie a fait grimper le prix». Le commerçant dit s’attendre à un fléchissement vers le bas dans les jours à venir. DEUX TYPES DE FER – Tout comme le ciment, le prix de la barre du fer à béton a aussi grimpé. Sur le marché local, on retrouve deux types de fer : importé communément appelé fer blanc et le fer made in Mali avec des calibrages variables. Actuellement, le prix du fer 12 plein qui était vendu à 5.000 Fcfa, varie entre 5.750 et 5.800 Fcfa, selon les quincailleries. La barre du fer 12 simple, utilisé couramment dans la construction des maisons à usage d’habitation, est cédée entre 3.250 à 3.300 Fcfa. La barre de fer 10, elle, est vendue entre 2.250 à 2.300 Fcfa. Le fer 8 se vend entre 1.250 à 1.300 Fcfa, contre 750 à 850 Fcfa pour le fer 6. Cette fluctuation constatée sur le prix du fer remonte à quatre mois, selon Mohamed Koné, gérant d’une quincaillerie. «Je travaille dans le domaine depuis dix ans. C’est la première fois que je vois le prix de la barre du fer à béton atteindre ce niveau », reconnaît-il. Pour lui, cette hausse est due à la pandémie de Covid-19. Car, argumente-t-il, les importations sont limitées. Le stock national est insuffisant par rapport à la demande. « Chaque fois que les clients se bousculent pour avoir un produit, le prix augmente », explique le commerçant. Mais « les gens pensent que c’est le Mali seul qui est confronté à cette situation. Le problème est général», informe Modibo Diakité, revendeur de ciment et de fer à Ouolofobougou. Donc, conformément à la loi du marché, les prix augmentent quand la demande est plus forte que l’offre de produit, ajoute-t-il. Contacté à ce sujet, un responsable d’une industrie locale de fabrique de fer explique cette hausse par deux facteurs : la hausse du cours mondial du fer et l’exportation de la ferraille. « Nous faisons face à cette situation depuis le mois de févier. En tant que producteur, nous ne sommes pas du tout content de cette situation. Nous sommes obligés de suivre le cours mondial », murmure-t-il. Selon lui, la ferraille fait partie de la matière première. Son prix a grimpé à cause de sa rareté sur le marché. Car, à le croire, malgré deux arrêtés interministériels (2018 et 2019) du ministère du Commerce suspendant toute exportation de la ferraille et des sous-produits ferreux au Mali, le produit est toujours exporté. « Du coup, on le retrouve cher. C’est normal : quand nos matières premières sont chères on augmente le prix du produit fini. L’Etat doit s’investir pour mettre un frein à l’exportation de la ferraille pour le bien de tous. A terme, si on n’a pas de matières premières, l’usine risque de tourner au ralenti avec comme conséquence possible le licenciement des travailleurs», prévient le responsable. Comme eux, les propriétaires de chantiers sont inquiets. Certains ont déjà arrêté leurs travaux en attendant la réduction du coût des deux produits. C’est le cas d’une enseignante rencontrée dans une boutique à Kalaban Coura ACI. « Je comptais reprendre les travaux sur mon chantier ce mois-ci. C’est avec une grande surprise que j’ai constaté la hausse du prix de la barre du fer à béton de 300 Fcfa pour certaines et 400 Fcfa pour d’autres. Vu que mes moyens sont limités, j’ai décidé de surseoir à l’achat du produit en attendant la chute du prix. Je viens de faire un dépôt de 500.000 Fcfa auprès du boutiquier. Lorsque les prix commencent à baisser, il me tiendra informer », explique Aïssata Compaoré. Contrairement à cette institutrice, Bouba Maïga pense qu’il n’a pas le choix. « On économise de l’argent pour un but précis. Si le prix augmente, on n’a pas d’autres possibilités que d’acheter pour éviter de dilapider nos économies », soutient-il. L’air frustré, il venait d’acheter cinq tonnes de ciment et plusieurs barres de fer. Le niveau des ventes de certains propriétaires de quincaillerie est également impacté par la hausse du prix de ces deux matériaux. « Les clients achètent, mais l’affluence est faible en ce moment. Certains viennent demander le prix. Réalisant qu’il a grimpé, ils rebroussent chemin », déplore le commerçant Seydou Sinayoko. ADS (AMAP)

Diéma : Gouba Dabo (Ouest) étrenne deux ponts réalisés par ses ressortissants pour plus de 100 millions

Diéma, 1er juin (AMAP) La localité de  Gouba Dabo, dans la commune rurale de Béma (Ouest), a inauguré, dimanche, deux ponts  que ses  ressortissants ont construit  pour plus de 100 millions de francs Cfa. Ces ponts, sur l’affluent d’une rivière, dénommée « Hassèye », pour désenclaver le village et d’autres localités, surtout en période hivernale, mesurent 12 mètres de long, 5 mètres de large et 4 mètres de hauteur, pour le premier ; 5 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur, pour le second. Ces ponts, solidement bâtis, ont été réalisés dans un intervalle de trois mois, de janvier à mars 2021. Le jour de l’inauguration, hommes, femmes, jeunes et vieux, se sont tous transportés sur le lieu de l’évènement, situé à 1 km, en allant vers Béma. Certains ont effectué le trajet en motos taxis, d’autres ont emprunté des véhicules, des charrettes, d’autres, encore comptaient sur l’agilité de leurs jambes. Le porte-parole des chefs de villages, Habou Tounkara, griot de son état, comme le veut la tradition dans ce milieu, a salué les ressortissants et l’ensemble des populations de Gouba Dabo, et de la Commune rurale de Béma, pour la réalisation de ces infrastructures, sans lesquelles, la localité serait coupée du monde. Pendant l’hivernage la route, à ce niveau, devient impraticable pour les usagers dont de nombreux commerçants qui n’arrivent pas à se tendre aux foires hebdomadaires. Les chefs de village, à travers leur porte-parole, ont prôné la paix et l’entente, pour permettre un développement durable de leurs localités et ont formulé des vœux pour une bonne campagne agricole. Le représentant des ressortissants de la Commune rurale de Béma, Diarra Diawara, qui a été responsabilisé pour le suivi et le contrôle des chantiers, ainsi que l’organisation de la cérémonie d’inauguration, a remercié les populations pour cette marque de confiance les ressortissants et tous ceux qui ont contribué à la construction de ces infrastructures routières d’une grande utilité. Il a remercié particulièrement Abdoulaye Fofana et Issouf Camara, et plusieurs autres natifs de Gouba Dabo, à l’initiative de la construction des ponts. Il a réitéré son entière disponibilité à apporter le meilleur pour toute action  visant le bien-être des populations. Le maire de la Commune rurale de Béma, Madikandia Diawara, a invité les ressortissants à l’union pour braver tous les obstacles au développement de leur commune. M. Diawara est revenu plusieurs fois dans ses propos, sur l’entente et la cohésion sociale, « seule alternative pour relever les immenses défis ». Il a cité en exemples quelques grandes réalisations des ressortissants parmi lesquelles des mosquées, écoles, centres de santé, forages,  périmètres maraîchers… « Des gestes magnanimes, a dit l’édile, qui concourent efficacement au développement de leur commune ». Le sous-préfet de Béma, Mamadou Sissoko, s’est dit plus que comblé par cette action des ressortissants, qu’il a qualifiée de « hautement patriotique », et qui permettront de plus fluidifier la circulation surtout en hivernage. Il a expliqué la politique de l’Etat en matière d’infrastructures routières qui consiste à désenclaver progressivement le pays, mais, a-t-il insisté, « le Mali est vaste, l’Etat à lui seul, ne peut tout faire ». Le sous-préfet Mamadou Sissoko a invité les bénéficiaires à prendre soins des réalisations. Compte tenu des impacts positifs que ces ponts auront sur l’économie des familles, il a souhaité que des actions semblables se multiplient « pour le bonheur de tous ». Le sous-préfet de Béma, Mamadou Sissoko, a coupé symboliquement le ruban, autorisant ainsi la circulation sur les ponts fraîchement bâtis. C’est une danse folklorique du terroir, qui a mis fin à cette cérémonie riche en couleurs. OB/MD (AMAP)