Elevage et Covid-19 : La période de vaches maigres
Par Dramane COULIBALY Mopti, 11 juin (AMAP) Sous un soleil de plomb, ce mardi 9 juin, jour de foire hebdomadaire à Fatoma, situé à 15 km de Sévaré, sur la Route nationale (RN) 6, le vieux Ousmane Kane Diallo, président du comité de gestion du parc à bétail, assis sur un pan d’un abreuvoir, visiblement soucieux, a accueilli l’équipe de reportage de l’AMAP. Ici, un des grands centres de regroupement, les usagers ne se soucient pas de mesures barrières contre la Covid-19. Si certaines personnes utilisent le turban pour se couvrir la tête et une bonne partie du visage, la plupart ne porte pas de masque. Le premier constat, en ce grand lieux de rassemblement où les personnes et les animaux sont en contact direct, est l’absence total de kits de lavage de mains au savon et de gel hydro alcoolique. « Depuis environ cinq ans, nous souffrons avec l’insécurité, les enlèvements de bétail, les engins explosifs qui détruisent les troupeaux et la forte réduction de la mobilité des animaux. Voyez, vous-mêmes le parc, il y a plus de personnes que de bêtes. On nous a tous volé », nous confie le président. « A ce sombre tableau est venu se joindre la maladie du Coronavirus qui nous a totalement asphyxié. Du fait de la Covid-19, avec la fermeture des frontières, les acheteurs potentiels qui nous viennent des pays voisins subissent le confinement », a-il poursuivi. Selon le président Ousmane Kane Diallo, le parc, qui recevait plus de 2.000 têtes de bœufs par foire, n’enregistre actuellement qu’environ 600 animaux. Cela, parce que la zone exondée qui couvre les cercles de Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro n’ont plus accès au marché du fait de l’insécurité. « En termes de taxes de sortie et d’embarquement fixée à 150 F par animal, le parc générait environ 200.000 Fcfa par foire contre au plus 60 000 Fcfa maintenant », a déploré M. Diallo. Rien ne va plus dans cette infrastructure structurante où tous, enfants avec boite de peinture pour le marquage à 25 Fcfa chaque animal payé, les vendeuses d’eaux fraiches et de boissons sucrées trouvaient leur compte. « Tout le monde sait que les éleveurs de la région paient un lourd tribut aux conflits. Nous souffrons. Cependant, nous n’avons pas encore reçu d’accompagnement de l’Etat pour lutter contre la maladie. Nous avons besoin de kits de protection contre la pandémie et d’appui pour soulager les victimes d’enlèvements et de vol de bétails », a plaidé le président du comité. Bien plus qu’une crise sanitaire, la pandémie de la Covid-19 a frappé de plein fouet le sous-secteur de l’élevage au Mali, à l’image des autres segments du développement a déclaré le directeur régional des productions et industries animales de Mopti, Hamadi Kane Diallo, dans un entretien avec l’AMAP. Ce sous-secteur de l’élevage, qui faisait la gloire de la Région de Mopti, avec son potentiel de contribution à la sécurité alimentaire et de création de richesse, à travers la filière bétail-viande et lait, est aujourd’hui à la croisée des défis du changement climatique, avec la dégradation et le rétrécissement des parcours pastoraux, la recrudescence de l’insécurité, du vol de bétail, l’accès difficile aux zones de pâturage conjugués avec la pandémie de la Covid-19. Le sous-secteur de l’élevage est un des piliers essentiels de l’économie de la région de Mopti qui a une vocation agro-sylvo-pastorale. Selon les statistiques nationales, le sous-secteur contribue à près de 19% du PIB soit la troisième source de revenu pour le pays après l’or et le coton. Pour la campagne 2018-2019, l’exportation du bétail sur pied au Mali a généré près de 88 milliards de Fcfa de valeur monétaire et procuré de l’emploi à près de 8,2 millions personnes avec une contribution de premier plan de la région de Mopti qui abrite plus de 19% de l’effectif des bovins et 28% du cheptel ovin et caprin du pays. Selon le technicien, la mise en application des mesures barrières comme le couvre-feu a longtemps impacté la cueillette, la transformation des produits laitiers et le mouvement des consommateurs, entrainant une baisse drastique de revenus chez les producteurs. En matière d’élevage, nos exportations de bétail sur pied sont destinées à des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Du fait des différentes mesures de restriction de la circulation et de fermeture des frontières, le marché extérieur est à l’arrêt. Les exportateurs de bétail, les transporteurs et les intermédiaires sont tous au chômage. Une véritable période de vaches maigres pour des milliers de chefs de famille qui tirent leur revenu du secteur. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 et la protection des acteurs du secteur, la Direction régionale des productions et industries animales (DRPIA) « en collaboration avec les services vétérinaires et de santé, a initié une vaste campagne d’information des éleveurs sur la maladie du Coronavirus et les mesures barrières édictées », a indiqué M. Diallo. DC/MD (AMAP)
Diéma : Difficile entretien des animaux en période de canicule
Par Ouka BA Diéma, 08 juin (AMAP) Cette période de canicule, avec son corollaire de crise d’eau, partout dans le cercle de Diéma, rend souvent difficile l’entretien des animaux. Il n’y a pas une seule goûte d’eau dans les mares, les rivières et autres cours d’eau. Même la prestigieuse mare de Koungo est asséchée. Les puits à grand diamètre tarissent à cause de la ronde ininterrompue des animaux. « S’il n’y a pas d’eau, on ne peut croiser les bras et regarder nos bêtes mourir à petit feu, la seule solution c’est de partir d’ici », dit Fousseiny, rencontré à Fassoudébé. Chaque jour, il est fréquent de voir des éleveurs scruter le ciel pour dénicher des nuages capables de provoquer de la pluie qui va remplir les mares et les rivières, et faire pousser, partout, de l’herbe, pour le bonheur de tous. En plus de cette pénurie d’eau, les pâturages s’appauvrissent chaque jour un peu plus. De grandes superficies sont complètement dénudées, rasées et donne des paysages lunaires comme sur des sols brulés. Pour trouver de l’herbe, aujourd’hui, à Diéma, c’est la croix et la bannière. Il faut parcourir des kilomètres. A longueur de journée, des éleveurs élaguent le peu d’arbres qui restent, pour aider leur cheptel à subsister. Selon le chef de village de Bella, Mamadou Dia, la crise d’eau et la rareté des pâturages sont surtout liées à l’arrivée massive de transhumants d’un pays voisin, « dont les populations et celles de mon village entretiennent de bons rapports de cohabitation », explique-t-il. Pour d’autres ce sont les commerçants de Nioro du Sahel qui viennent tous les jours charge d’herbe leurs véhicules ou leurs motos taxi, favorisant ainsi la dégradation des pâturages. DÉPART MASSIF – Depuis quelques mois, de nombreux éleveurs dirigent leurs troupeaux vers Kita et ailleurs, là où il ya encore du pâturage et où les conditions climatiques sont plus propices. Ali, résident à Guimbana, a été obligé de vendre quelques têtes pour pouvoir creuser trois puits jusqu’à Diabidiala, dans le Cercle de Nioro du Sahel, avant d’y conduire son troupeau. Amadou, lui, affirme que ses animaux se portent bien à la frontière mauritanienne. Diatourou a conduit sa cohorte de moutons vers Diangounté Camara où il dispose de deux puits intarissables qu’il a creusés, d’après lui, de ses propres mains. En plus de cette situation précaire, il faut signaler que l’aliment bétail appelé tourteau n’est pas à la portée de tous. Le sac de 50 kg coûte parfois 10 000 Fcfa. Pour nourrir ses 10 bœufs, Samba achète, par mois, une tonne de tourteau. « C’est ce que je peux », déclare l’homme qui se précipitait pour aller aider à extraire du puits un de ses bœufs. Selon le chef de village de Dioba, Mamadou H. Diallo, les bêtes sont mourantes. Toutes sont devenues squelettiques en cette période. « Elles partent en brousse et en reviennent plus affamées et assoiffées », poursuit le chef traditionnel. Un autre interlocuteur pense que c’est parce qu’on n’en prend pas soin que les réserves d’eau et de nourriture des animaux sont épuisées. La pratique de l’embouche saigne l’économie de cette femme qui achète régulièrement de l’aliment bétail pour engraisser ses quatre béliers qu’elle réserve pour la fête de Tabaski. Selon un constat général, dans les années à venir, si rien n’est fait pour apporter le soutien nécessaire aux éleveurs du Cercle de Diéma, en termes de ressources en eau et en nourriture pour les animaux, beaucoup risqueront d’abandonner l’élevage à cause du manque de moyens. Ce qui risquera d’impacter négativement l’économie de cette partie du Sahel où l’élevage constitue une des activités phares. Certes des efforts ont été faits par l’Etat et ses partenaires, mais le bout du tunnel est encore loin. Des efforts supplémentaires doivent être déployés pour garantir au mieux le bien-être des animaux dont dépend, en grande partie, la survie de plusieurs personnes. OB/MD (AMAP)
Filière coton : le Premier ministre annonce une subvention exceptionnelle de 35 milliards
Bamako, 07 juin (AMAP) Le gouvernement malien va accorder une subvention exceptionnelle de 35 milliards de Fcfa à la filière coton, sous la forme d’un bonus de 50 Fcfa sur chaque kilogramme de coton produit et vendu à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), a appris l’AMAP de source officielle. Selon le service de communication de la Primature, à l’issue d’une rencontre, dimanche, avec les acteurs de la filière coton présidée par le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, le Gouvernement a, également, décidé de maintenir les prix d’achats pour la campagne 2020-2021. L’Etat, à travers la CMDT, s’engage à acheter au producteur chaque kilogramme de coton à 250 Fcfa pour le premier choix et 225 Fcfa pour le second choix. Les engrais seront cédés à prix coûtants. Outre le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, étaient présents les membres de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton, les représentants des quatre syndicats de la filière coton (SYCOV, SYVAC, SYPAM, SPCK), les représentants de la CMDT, de l’OHVN et des députés élus dans la zone cotonnière. AC/MD (AMAP)
Kadiolo: Des chefs de village demandent le maintien de la subvention de l’engrais et l’ancien prix du coton
Kadiolo 03 juin (AMAP) Plus d’une centaine de chefs de village, sur les 124 que compte le Cercle de Kadiolo, en conclave dimanche dernier, ont demandé aux autorités de renoncer à baisser la subvention de l’engrais et à réduire le prix du coton graine. Au cours de cette rencontre, les chefs de village ont adressé au préfet une correspondance demandant aux autorités de renoncer “à l’arrêt de la subvention de l’engrais et de tout faire pour maintenir l’ancien prix du coton (275 Cfa le kilo)”. Pour eux, si cette doléance, à laquelle ils tiennent beaucoup, est prise en compte, elle “permettra d’éviter un chaos chez les producteurs”. La rencontre s’est tenue à l’invitation du chef village de Kadiolo et responsable du collectif, Vamara Koné. NIO/MD (AMAP)
Remise d’intrants agricoles à des producteurs de Mopti.
Mopti, 28 mai (AMAP) Les producteurs de la zone d’intervention du Projet irrigation de proximité et de renforcement de l’agriculture irriguée (IPRODI-Programme Mali Nord-KFW), des Cercles de Ténenkou, Youwarou et Mopti, ont reçu, mardi dernier, des intrants agricoles (semences, urée, phosphate) et du carburant, lors d’une cérémonie présidée par le Ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar. Composé de 96 tonnes d’engrais et 230 futs de gasoil, cet appui vise à accroître la production et la productivité agricole dans la Région de Mopti et assurer la sécurité alimentaire. Les bénéficiaires sont les producteurs des 5 nouveaux Périmètres irrigués villageois (PIV) totalisant 200 hectares et 3 périmètres maraîchers de 30 hectares réalisés cette année par IPRODI- Programme Mali Nord-KFW, financé par la coopération Allemande, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), le Japon et le Canada dans les cercles concernés. Le ministre de l’Agriculture a saisi l’occasion pour rappeler que l’approche du programme basée sur l’équilibre social entre les différentes communautés pour un accès équitable aux actions a permis de recoudre le tissu social, promouvoir le vivre ensemble et assurer l’autosuffisance alimentaire avec des surplus exportés vers d’autres régions. Selon lui, « cet excellent résultat dû à la prise en compte des spécificités de la zone, au dispositif institutionnel léger et flexible voulu par le gouvernement et le partenaire qui met en avant le rôle des collectivités doit être sauvegardé, pérennisé et renforcé pour le bien-être des populations ». Moulaye Ahmed Boubacar a exhorté les bénéficiaires à faire bon usage de ces intrants pour accroitre la production et la productivité, pour créer des richesses et des emplois agricoles dont l’objectif sera de fixer les jeunes dans leur milieu naturel pour mettre fin « au fléau de la migration assassine ». Selon le coordinateur du projet, Ibrahima Cissé, la zone d’intervention du programme s’étend du Cercle de Tenenkou, dans la Région de Mopti, à Gourma Rharous, dans la Région de Tombouctou. Pour la campagne agricole 2020-2021, le programme a réalisé 45 nouveaux périmètres irrigués villageois de 40 hectares chacun, 10 périmètres maraîchers de 10 hectares chacun et aménagé 20 mares en moyenne pour les exploitants des deux régions. « IPRO-REAGIR rentre dans le cadre des projets IPRO qui constituent un programme d’appui au Programme national d’irrigation de proximité (PNIP) du ministère de l’Agriculture, sous la tutelle de la Direction nationale du génie rural (DNGR) » a indiqué M. Cissé. Démarré en 1994, le Programme Mali Nord (PMN), de par sa performance, s’est transformé, en 2000, en un Projet d’irrigation de proximité de Delta intérieur/IPRODI « pour mettre à la disposition des populations rurales des infrastructures hydro-agricoles de qualité dont l’entretien est à leur portée », a-t-il dit. DC/MD (AMAP)
Mopti : Remise d’intrants agricoles aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués villageois et maraîchers
Mopti, 26 mai (AMAP) Le Ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar a présidé ce mardi à Mopti, la cérémonie de remise des intrants agricoles (urée, phosphate et carburant) aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués villageois et maraîchers réalisés cette année par IPRODI- Programme Mali Nord – KFW dans les cercles de Tenenkou, Youwarou et Mopti, a appris l’AMAP de source officielle. Ce sont 5 périmètres irrigués villageois de 200 hectares et 3 périmètres maraîchers de 30 hectares qui ont reçu au total 96 tonnes d’engrais et 230 futs de Gasoil, au titre de la campagne 2020 – 2021. L’objectif est d’accroître la production et la productivité agricoles dans la région de Mopti et assurer la sécurité alimentaire. Cette démarche traduit en acte la vision du Chef de l’Etat de faire de l’Agriculture le moteur de l’économie nationale tout en assurant la sécurité alimentaire, générant des emplois et des revenus significatifs dans une logique de développement durable. KM (AMAP)
Filière apicole : Les acteurs misent sur une meilleure promotion
Par Anne-Marie KEÏTA Bamako, 15 mai (AMAP) Le Mali dispose d’une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. En outre, les producteurs de miel du pays disposent, aujourd’hui, de nouvelles techniques pouvant leur permettre d’accroitre et d’améliorer leur production. L’apiculture offre des opportunités à saisir pour résoudre le problème d’emplois, améliorer les revenus des ménages et assurer la sécurité alimentaire. Elle est, selon ses acteurs, une activité d’intérêts multiples, notamment, économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Déjà, les objectifs de production de miel pour les campagnes agricoles 2019, 2020, 2021 sont estimés, respectivement à 850, 1.520 et 1.670 tonnes de miel (9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, mars 2019, ndlr). Selon ces prévisions, on peut affirmer que l’apiculture est une filière qui se professionnalise et qui figure déjà en bonne place parmi les filières émergentes, grâce à l’engagement des autorités et aux soutiens des partenaires techniques et financiers. Pour accroître la production et améliorer la qualité du miel et de la cire, le gouvernement, à travers le ministère de l’Elevage et de la Pêche, a mis l’accent sur l’amélioration des techniques de production, de récolte, de transformation et de conditionnement du miel et l’équipement des apiculteurs. L’accès des producteurs à la formation et l’acquisition des kits d’apiculture ont permis aux apiculteurs d’augmenter la production de miel et la qualité, répondant ainsi aux normes standard pour l’exportation. Les apiculteurs ont, désormais, entre leurs mains toute la technologie qui leur permettra de fournir un produit labélisé, qui pourra être vendu dans les supermarchés des plus grandes villes. Avec ces équipements, ils peuvent produire plus de miel et de cire tout en préservant les colonies d’abeilles qui étaient auparavant exterminées par le feu du fait de l’extraction traditionnelle du miel. L’acquisition des équipements offerts par l’Etat a permis à Seydou Dolo de produire plus de miel que d’habitude. Ce producteur écoule sur le marché local plus de 50 litres de miel par jour. L’activité constitue pour lui une véritable source génératrice de revenus pour toute sa famille. Les effets positifs de la consommation du miel ne sont plus à démontrer. « Mais, cet aliment nutritif fait souvent l’objet de fraudes qui le dénaturent, notamment par ajout de sucre par les revendeurs », fait remarquer Assétou Diarra, une revendeuse. Pour Boubacar Ballo, un autre revendeur, les lignes sont en train de bouger puisque notre pays est très avancé dans l’exportation du miel vers les pays européens. «L’apiculture a un lendemain meilleur, car, il y a la volonté d’aller de l’avant et dans l’intérêt de beaucoup de producteurs», dira-t-il, avant d’ajouter que le secteur peut être mieux valorisé, s’il bénéficie d’investissements adéquats et d’une bonne organisation des acteurs. Pour améliorer la production, certains producteurs s’organisent en groupement, association et coopérative. Ces différents groupements créent des réseaux de distributions dans les alimentations et grandes boutiques à travers la ville de Bamako. Avec l’implication de toutes les parties prenantes, l’appui du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), à travers le projet «Abeilles», a permis au Mali de mettre en place une plateforme apicole nationale. Cette plateforme a pour objectif de contribuer au développement de l’apiculture pour faciliter la mobilisation des acteurs, la mise en œuvre des décisions de la Plateforme apicole africaine. Elle pourra, aussi, rassembler et coordonner les actions et les intérêts des parties prenantes, en tant que mécanisme national. Malgré ces atouts de la filière apicole, les professionnels évoquent certaines difficultés. Selon Bouba Diarra, les producteurs de miel sont désorganisés et cette mauvaise organisation joue sur le développement de la filière. A cela s’ajoute le manque de financement des projets apicoles. Bouba Diarra explique que pour faire de l’apiculture, il faut disposer de moyens nécessaires et suivre une formation professionnelle. Or, l’accès à ce financement est très difficile et ce, malgré les efforts du ministère de l’Elevage et de la Pêche. « Aussi, souligne-t-il, la filière apicole n’a pas beaucoup de partenaires techniques et financiers ». Bouba Diarra demande le soutien des autorités pour inciter les jeunes à faire la filière apicole. Une chose est de produire et une autre est de tirer des bénéfices de la production. Ainsi, les acteurs évoquent également des contraintes liées à la commercialisation, les produits apicoles n’étant pas bien commercialisés. Selon Mamadou Fomba, producteur de miel, le secteur apicole fait face à un problème d’organisation des acteurs impliqués dans la production. «Chacun agit de son côté et vend à son prix. Certains vendent le litre à 1500 Fcfa, d’autres à 1000 Fcfa, toute chose qui ne permet pas aux producteurs de profiter de leur activité. Et d’ajouter que les autorités et les partenaires techniques et financiers doivent en tenir compte afin d’y apporter des solutions. Mais ces difficultés, renchérira Mamadou Fomba, l’apiculture malienne a des lendemains meilleurs. AMK/MD (AMAP)
Campagne agricole 2020/2021: Le prix du kg de coton est de 200 Fcfa (PDG de la compagnie cotonnière)
Dioila, 15 mai (AMAP) Le président directeur général de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), Baba Berthé, a annoncé le prix de base du coton de la campagne agricole 2020/2021 qui est de 200 Fcfa. M. Berthé, en visite à Dioila et Fana, dimanche dernier, pour expliquer aux acteurs la conjoncture économique mondiale qui a influencé le prix du coton, a indiqué que cette baisse de prix est due à la situation mondiale difficile en raison des guerres commerciales et de la pandémie du Coronavirus. « Cette nouvelle situation difficile est, tout simplement, liée aux cours mondiaux du coton, eux-mêmes liés à la maladie du Covid-19 », a-t-il dit. En compagnie de plusieurs membres de son service et certains responsables des producteurs de coton, Baba Berthé a, également, annoncé que l’engrais ne sera plus subventionné. L’État va aider les cotonculteurs à hauteur de dix milliards de Francs cfa. Cette somme, selon M. Berthé, a permis aux responsables de majorer le prix du kilo du coton à 215 Fcfa. Comme moyens de sortir la tête de l’eau, M. Berthé a proposé aux paysans d’augmenter le rendement à l’hectare. Le PDG de la CMDT a invité les cotonculteurs « à garder espoir ». Les cotonculteurs, qui ont promis de continuer la production du coton au Mali, ont sollicité une augmentation de la subvention de dix milliards de l’État. En réponse, le premier responsable de la CMDT a promis de transmettre la requête des cotonculteurs. La rencontre présidée par le premier adjoint au préfet de Dioila, Adama Togola, avait été précédée par une visite de courtoisie aux autorités coutumières de la ville. DF/MD (AMAP)
Anacarde : Une filière en friche
Par Makan SISSOKO Bamako, 02 avril (AMAP) L’histoire entre le Mali et l’anacardier a commencé dans les années 60. Epoque pendant laquelle cet arbre fruitier a été placé au cœur d’une campagne de reboisement. Si en ces temps-là on ne semblait s’intéresser qu’à son importance nutritionnelle et commerciale, de nos jours la filière occupe une place de choix dans la lutte contre la pauvreté. Espèce d’arbre de la famille de l’anacardiaceae, originaire d’Amérique du sud tropicale, l’anacardier n’a pas eu, au Mali, de problème particulier d’adaptation. Et pour cause, cet arbre aime bien le soleil et la chaleur de notre pays. Voilà pourquoi l’anacardier est devenu la deuxième culture de rente dans le Sud du Mali, où la chaîne de valeur de la noix de l’anacarde apporte, selon le projet d’appui à la filière, «une forte opportunité d’emplois pour les jeunes ruraux». La même source ajoute qu’en 2017, les revenus nets de la vente de la noix brute étaient estimés à 32,5 milliards de Fcfa, de quoi dessiller les yeux sur l’importance de cette filière. Mais, ses acteurs font face à un problème organisationnel, malgré la création, le 20 décembre 2016, de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM). L’IPROFAM regroupe tous les acteurs (producteurs, transformateurs, commerçants, artisans) de la filière anacarde au Mali. Selon son président, Dr Ibrahim Togola, la production de l’anacarde au Mali est estimée à 100.000 tonnes dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Mais, précise-t-il, 99% de cette production est exportée par les intermédiaires des pays voisins et des pays comme l’Inde, la Chine, le Vietnam etc. Pour le Dr Togola, ces pays nous l’achètent entre 40 et 90 Fcfa le kilogramme. «Nos productions sont valorisées par les pays étrangers. Ainsi, les acteurs de la filière anacarde ne tirent pas assez de profit de cette richesse. Les commerçants maliens n’ont pas accès à des lignes de crédit pour acheter les productions. Les transformateurs maliens ne transforment même pas 1% de la production d’anacarde», regrette le président de l’IPROFAM, estimant que la production nationale d’anacarde peut créer 50.000 emplois. S’agissant de la transformation, le Dr Ibrahim Togola a précisé que les transformateurs n’ont pas les capacités de production à l’instar des unités de transformation. Selon lui, la filière anacarde est une richesse extrêmement importante pour le Mali grâce à un climat très favorable. «Nous sollicitons le gouvernement pour développer la transformation, afin de créer des valeurs ajoutées, pour que nous puissions transformer 50% de notre production au niveau national», a-t-il argumenté. DIFFICULTES DE TRANSFORMATION – Pour sa part, le directeur général de la Société de transformation et de commercialisation de produits agricoles (Nyela Nuts) et membre du Groupement des transformateurs d’anacarde du Mali (GTRAM), Hamaré Maïga, a indiqué que la qualité constitue un énorme problème pour les transformateurs. «Pour faire une bonne transformation, il faut d’abord des noix de qualité alors qu’au Mali, il n’est pas facile de les avoir», fait-t-il remarquer. Il conseille aux producteurs de ne pas récolter précocement le cajou. «Si les producteurs voient que la pomme est rouge, ils croient que la noix est arrivée à terme. Alors qu’elle peut devenir rouge sans que la noix ne soit à terme. Tant que la noix n’est pas à terme, ceci constitue un déficit pour les transformateurs». Hamaré Maïga déplore aussi le coût exorbitant des machines de transformation. «C’est la raison pour laquelle la plupart des transformations locales sont faites à la main, comme la pâte et le jus», explique notre interlocuteur. Au Mali, à part Nyela Nuts et Koumantou, il n’y a pas une vraie industrie de transformation. «Il existe quatre types de transformation à base d’anacarde. La transformation à partir de l’amande naturelle pour produire la pâte (cajou dèguè), les noix frites commercialisées dans les supers marchés et les produits de rajout pour l’exportation et enfin la transformation de la pomme pour extraire les jus», détaille-t-il. Pour Maïga, le gouvernement doit augmenter la taxe sur l’exportation de l’anacarde brute, afin d’empêcher les étrangers de s’approvisionner sans payer de taxe à l’Etat. Ces taxes, serviront à refinancer la filière à partir de la base. A raison de 30.000 Fcfa la tonne, la production (100.000 tonnes) peut générer une manne financière de 3 milliards de Fcfa par an, selon Hamaré Maïga. Pour Adama Diarra, président de l’Union des producteurs de l’anacarde de la Région de Sikasso, les locaux souffrent de l’exportation anarchique. «Le Mali est un producteur d’anacarde qui ne bénéficie absolument rien de cette énorme richesse. Et pire, notre pays n’est même pas reconnu sur le plan mondial comme producteur d’anacarde», se navre-t-il. A partir de la noix de cajou, on peut produire de l’huile, du savon, du jus qui sont des produits importants pour la santé humaine. Sans compter le lubrifiant hydraulique utilisé exclusivement pour le freinage des avions qui est également extrait de la noix de cajou. Un tel marché nous procurerait des devises conséquentes et pérennes et aura aussi l’avantage de développer et d’enrichir le tissu industriel du pays et offrirait des opportunités d’emplois à beaucoup de jeunes. MS/MD (AMAP)
Agriculture : Le pari sur l’amélioration des performances
Bamako, 17 mars (AMAP) La 10è session du Comité exécutif national de l’Agriculture présidée par le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, tenue lundi, a recommandé d’augmenter le nombre d’exploitations agricoles en activité malgré l’insécurité et d’améliorer la gestion des excédents agricoles. Cette rencontre, un exercice annuel, a permis au Premier ministre et aux spécialistes du développement rural de passer en revue les résultats de la campagne agricole. Ils ont également examiné le programme de production végétale 2020, les projections 2021 et 2022, notamment avec des productions céréalières en hausse, alors que le taux d’accroissement annuel des superficies tourne autour de 2%. Notre pays mise sur l’intensification des filières et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde de l’environnement. Les projets de production céréalière 2020, 2021 et 2022 doivent faire l’objet de validation par le président de la République. Mais, en attendant cette validation, on peut respectivement retenir 11.093.093 de tonnes, 11.594.410 et 12.248.172 tonnes de céréales toutes spéculations confondues. Pour le Premier ministre, Boubou Cissé, les résultats obtenus au cours de la campagne agricole 2019/2020 sont encourageants. Il s’agit de la production de 10.544.068 tonnes de céréales, de 704.000 tonnes de coton graine, 84.184 tonnes de viande, entre autres. « Il nous a été recommandé d’améliorer nos performances, la recommandation principale est qu’on doit travailler à atteindre nos objectifs », a déclaré au sortir des travaux, le ministre de l’Agriculture. Moulaye Ahmed Boubacar a regretté le déficit pluviométrique de l’année dernière. Le comité a, également, demandé d’apporter des améliorations à la « gestion des subventions que l’Etat met à la disposition des producteurs en termes d’engrais, d’équipements agricoles », a expliqué le ministre de l’Agriculture qui a promis que ces aspects seront pris en compte. Selon Moulaye Ahmed Boubacar, le chef du gouvernement a estimé que désormais le Mali doit travailler à prendre toute sa place dans la sous-région et en Afrique en ce qui concerne le développement agricole. Il a, ensuite, donné l’assurance que toutes les observations seront prises en compte dans un nouveau document qui sera soumis à l’appréciation du président de la République, lors du Conseil supérieur de l’Agriculture. L’économie du Mali repose, essentiellement, sur le secteur rural qui occupe près de 80% de la population active et contribue à environ 40% du Produit intérieur brut (PIB). Les autorités ont décidé de faire du secteur agricole, le moteur du développement économique du pays. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement alloue, chaque année, au secteur agricole, 15% du budget national et soutient un programme de subvention des engrais et des équipements agricoles. KD/MD (AMAP)

