Remise de motopompes aux producteurs de périmètres irrigués de Mopti et Tombouctou

Mopti, 30 juin (AMAP) Le Projet irrigation de proximité et de renforcement de l’agriculture irriguée (IPRODI- Programme Mali Nord) a remis, lundi, aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués de Tombouctou et Mopti, 55 motopompes et accessoires pour montant total de 583 490 150 Fcfa hors taxes. Il s’agit de 45 motopompes de trois cylindres avec un débit de 540 m3/heure pour une capacité d’irrigation de 50 hectares destiné à la riziculture en maîtrise totale. Le second lot est constitué de 10 motopompes d’un cylindre avec un débit de 72 m3/heure pour les périmètres maraîchers. Le représentant du ministre, le directeur national du Génie Rural, Aghatam Ag Alhassane, a symboliquement remis la clef d’une motopompe à Ousmane Traoré, président du comité de gestion du périmètre irrigué villageois de Gnimitongon, Cercle de Mopti. Mme Aïssata Guindo du comité du périmètre maraîcher des femmes de Korientzé a reçu son équipement des mains du représentant du gouverneur de la région de Mopti. Cette action du projet et son partenaire stratégique, la coopération allemande, intervient un mois après la remise d’intrants agricoles (semences, engrais urée, phosphate et carburant) aux producteurs de sa zone d’intervention Le coordinateur Mohamed Ibrahim Cissé a expliqué les conditions d’amortissements des moyens d’exhaure. Il a indiqué que les intrants (gaz-oil, engrais, semences), pour la première année culturale, sont financés par IPRODI/PMN. Quant aux motopompes et accessoires dont le coût unitaire s’élève à environ 11,5 millions de Fcfa pour chaque PIV et 5,1 millions par périmètre maraîcher, le projet prend les 70% et les 30% autres sont à la charge des exploitants. Il a exhorté les bénéficiaires à faire bon usage des équipements pour contribuer à l’atteinte des objectifs du projet à savoir : accroître la production et la productivité pour améliorer la sécurité alimentaire, la création de richesse, d’emplois agricoles et la fixation des bras valides dans leurs terroirs, afin de stopper la migration. M. Cissé a remercié la coopération Allemande pour deux décennies d’engagement sans relâche en vue de la promotion de l’agriculture irriguée au Mali et, particulièrement, dans le Delta intérieur. « IPRODI est un projet de stabilisation crée dans l’urgence. Au fil du temps, il est vite devenu un projet de développement fédérateur, de cohésion et d’insertion professionnelle des jeunes » a souligné le représentant du ministre. « C’est dans les moments difficiles que le génie des grands hommes se manifeste. Nous devons développer notre résilience, notre aptitude de travailler dans l’insécurité comme on l’a fait pendant les grandes sécheresses cycliques », a martelé Aghatam Ag Alhassane. Il  a demandé aux services techniques d’apporter l’appui conseil aux populations pour assurer la durabilité des investissements. Il a, aussi, exhorté les bénéficiaires à suivre les consignes d’entretien nécessaire pour la longévité des engins. Il a réitéré les remerciements du gouvernement malien à la Coopération Allemande qui, depuis plus deux décennies, sont résolument engagsé pour booster la production et la productivité agricole dans notre pays. DC/MD (AMAP)  

Nioro du Sahel : L’hivernage s’installe précocement, l’espoir aussi

Par Moussa DIAKITE Nioro, 25 juin (AMAP) Trois grosses pluies, au mois de juin et la direction du vent depuis plusieurs semaines ! Des signes annonciateurs d’une bonne saison des pluies, dans le Cercle de Nioro du Sahel, selon les grands connaisseurs du temps qui prédisent un hivernage « vraiment très prometteuse ». Tous les anciens, ici, savent que les premières pluies commencent à tomber à partir de mi-juillet. Ce qui fait d’ailleurs que les populations ont fixé le 14 juillet, comme le début de l’hivernage. Depuis plusieurs décennies, le premier signe annonciateur de la bonne saison des pluies est un vent de sable, dans l’après midi, obscurcissant tout et se caractérisant, le plus souvent, par de la poussière partout. Ce grand vent de sable, pour les spécialistes de la localité, est accompagné de pluie pour les années de grande pluviométrie. C’est à partir de cette date et, généralement, pendant le mois de juillet, que beaucoup commencent à penser aux champs pour commencer les travaux. Nioro est une localité située au centre du Sahel. Toute pluie atteignant les cinquante millimètres provoque potentiellement une inondation. Ces trois dernières années, les quantités de pluies tombées n’ont pas été suffisantes. L’hivernage s’est installé en retard et les pluies se sont vite arrêtées. Ce qui a naturellement joué sur les cultures qui n’ont pas donné de bonnes récoltes. Cette année, avec déjà deux grands vents de sable et trois grosses pluies, au mois de juin, l’espoir est vraiment permis. Cependant, chacune des pluies tombées était accompagnée de grands vents causant des dégâts par endroits : des branches d’arbres cassées, des hangars détruits, des toitures de maisons arrachées et même des feuilles de tôles emportées. Il faut aussi signaler l’abondance des éclairs et des bruits assourdissants de tonnerre. Qui font peur aux populations. De Diaye-Coura à Koréra Koré, en passant par Nioro-ville, les paysans ont commencé les labours. Certains n’ont même pas hésité à commencer les semences, généralement du mil, du niébé et de l’arachide (des variétés hâtives). Les transhumances internes et transfrontalières pour la recherche de pâturage battent leur plein. Le long de la bande frontalière entre le Mali et la Mauritanie, des animaux sont présents de part et d’autres mais l’herbe n’a pas totalement poussé. Les pâturages contiennent, jusqu’à présent, de l’herbe sèche. Des points d’abreuvement ont, partout, de l’eau. En tout cas l’espoir est là, chez les paysans qui projettent, déjà, de faire bonne récolte si les pluies continuaient ainsi et si leur répartition était bien faite dans le temps. Ici, il n’y a ni fleuve, ni rivière mais des marigots temporaires et des rigoles. Pendant les périodes de grandes précipitations, ces réservoirs se remplissent d’eau et se déversent sur les routes et même dans les familles voisines, provoquant souvent des inondations. Cela se solde par une peur des populations riveraines. Ce qui constitue une véritable menace pour les enfants et les animaux. Le fond de ces cours d’eau est couvert uniquement de sable. L’eau y coule à une vitesse tellement incroyable qu’elle peut emporter une personne sur son passage. Chaque année, des cas de noyade sont signalés partout dans le cercle. En 2007, l’eau sur le pont séparant Maguiraga-Counda de Koulouba a emporté un véhicule avec trois personnes à bord. Deux passagers ont été sauvés mais le troisième, Isaac Sow, après les recherches, a été retrouvé mort enfoui dans du sable, trois jours après, à une quinzaine de kilomètres, en aval. En 2012, deux gardes ont trouvé la mort, entre Nioro et Yéréré, de retour d’un recouvrement d’impôts, quand leur véhicule a tenté de traverser un marigot sur la route. On a eu vent de cas de motocyclistes morts par noyade, partout à travers le Cercle. Des noyades d’enfants sont monnaie courante presque chaque année (des bergers, baigneurs ou des enfants venant des champs, après les pluies). L’explication est simple : il n’y a que du sable au fond. L’eau circule à une vitesse si forte que le courant fait bouger le sable sous les pieds, ce qui fait tomber l’engin ou la personne qui est aussitôt entrainé par le courant. La ville de Nioro, comme beaucoup d’autres localités du cercle, est traversée par des marigots qui, après les pluies débordent et inondent les habitations voisines. A chaque début d’hivernage, les autorités communales organisent des opérations de curage des caniveaux pour faciliter le ruissellement des eaux. Si l’opération tarde, cette année, les pluies pourront surprendre et les familles voisines du poste de police jusqu’au périmètre maraîcher des femmes ne sont pas à l’abris d’inondation. Les quartiers Diaka, Tichitt, Maguiraga Counda ainsi que le centre commercial, qui sont dans un creux, par rapport aux autres (véritables déversoirs des eaux) sont déjà menacés. A chaque hivernage, la mare Babala Goumba (une mare en plein cœur de la ville, au quartier Tichitt) et le marigot de Malicounda débordent. Cette mare a toujours été une menace pour les populations des quartiers Diaka et Tichitt. Les risques de noyade et de maladie s’amplifient car des enfants s’amusent dans l’eau sale infestée de toutes sortes de déchets. Les mouches et les moustiques y pullulent donnent, dans un concert de coassements continus de grenouilles et de crapauds en fête. Le lycée Fodié Maguiraga, l’Ecole fondamentale Mabendi Guissé et les écoles du quartier Malicounda sont tous situés soit à coté ou soit derrière des cours d’eaux. Le pont radier, qui sépare l’Ecole Tiébilé Dramé de la ville, est une véritable menace pour les élèves. Sur ce pont, les eaux peuvent monter jusqu’à plus d’un mettre. Les enfants ont toutes les peines du monde à traverser. Le courant de l’eau est si fort qu’il peut même emporter un véhicule chargé. Avec la prolongation de l’année scolaire jusqu’au mois d’août, période des hautes eaux, l’inquiétude devient grande chez les parents qui espèrent que des mesures d’urgences seront prises. MD/MD (AMAP)

Macina : Installation tardive de la campagne agricole 2020-2021

Macina, 16 juin  (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 tarde à s’implanter à Macina suscitant une certaine inquiétude chez les paysans, en ce début d’hivernage, puisqu’on constate, sur le plan agro-hydraulique et pluviométrique, un retard notable par rapport à l’année dernière, selon les services techniques. La situation phytosanitaire est calme, dans l’ensemble, et les conditions d’abreuvement des animaux sont passables. Sur le plan de la flore, il est à remarquer que le Cercle de Macina est le plus déboisé de la Région de Ségou (Centre), due à la mutilation des forêts classées et protégées par certains charbonniers. Selon les techniciens Les conditions de reproduction du poisson sont moyennes, disent les techniciens et l’on constate une innovation avec l’introduction de la pisciculture en cages flottantes et des fermes piscicoles modernes à Macina et Siranikoro. Les paysans de l’Office du Niger sont au stade de l’installation des pépinières de riz pour la saison pluvieuse.  AOK/MD (AMAP)

Elevage et Covid-19 : La période de vaches maigres

Par Dramane COULIBALY Mopti, 11 juin (AMAP) Sous un soleil de plomb, ce mardi 9 juin, jour de foire hebdomadaire à Fatoma, situé à 15 km de Sévaré, sur la Route nationale (RN) 6, le vieux Ousmane Kane Diallo, président du comité de gestion du parc à bétail, assis sur un pan d’un abreuvoir, visiblement soucieux, a accueilli l’équipe de reportage de l’AMAP. Ici, un des grands centres de regroupement, les usagers ne se soucient pas de mesures barrières contre la Covid-19. Si certaines personnes utilisent le turban pour se couvrir la tête et une bonne partie du visage, la plupart ne porte pas de masque. Le premier constat, en ce grand lieux de rassemblement où les personnes et les animaux sont en contact direct, est l’absence total de kits de lavage de mains au savon et de gel hydro alcoolique. « Depuis environ cinq ans, nous souffrons avec l’insécurité, les enlèvements de bétail, les engins explosifs qui détruisent les troupeaux et la forte réduction de la mobilité des animaux. Voyez, vous-mêmes le parc, il y a plus de personnes que de bêtes. On nous a tous volé », nous confie le président. « A ce sombre tableau est venu se joindre la maladie du Coronavirus qui nous a totalement asphyxié. Du fait de la Covid-19, avec la fermeture des frontières, les acheteurs potentiels qui nous viennent des pays voisins subissent le confinement », a-il poursuivi. Selon le président Ousmane Kane Diallo, le parc, qui recevait plus de 2.000 têtes de bœufs par foire, n’enregistre actuellement qu’environ 600 animaux. Cela, parce que la zone exondée qui couvre les cercles de Douentza, Bandiagara, Bankass et Koro n’ont plus accès au marché du fait de l’insécurité. « En termes de taxes de sortie et d’embarquement fixée à 150 F par animal, le parc générait environ 200.000 Fcfa par foire contre au plus 60 000 Fcfa maintenant », a déploré M. Diallo. Rien ne va plus dans cette infrastructure structurante où tous, enfants avec boite de peinture pour le marquage à 25 Fcfa chaque animal payé, les vendeuses d’eaux fraiches et de boissons sucrées trouvaient leur compte. « Tout le monde sait que les éleveurs de la région paient un lourd tribut aux conflits. Nous souffrons. Cependant, nous n’avons pas encore reçu d’accompagnement de l’Etat pour lutter contre la maladie. Nous avons besoin de kits de protection contre la pandémie et d’appui pour soulager les victimes d’enlèvements et de vol de bétails », a plaidé le président du comité. Bien plus qu’une crise sanitaire, la pandémie de la Covid-19 a frappé de plein fouet le sous-secteur de l’élevage au Mali, à l’image des autres segments du développement a déclaré le directeur régional des productions et industries animales de Mopti, Hamadi Kane Diallo, dans un entretien avec l’AMAP. Ce sous-secteur de l’élevage, qui faisait la gloire de la Région de Mopti, avec son potentiel de contribution à la sécurité alimentaire et de création de richesse, à travers la filière bétail-viande et lait, est aujourd’hui à la croisée des défis du changement climatique, avec la dégradation et le rétrécissement des parcours pastoraux, la recrudescence de l’insécurité, du vol de bétail, l’accès difficile aux zones de pâturage conjugués avec la pandémie de la Covid-19. Le sous-secteur de l’élevage est un des piliers essentiels de l’économie de la région de Mopti qui a une vocation agro-sylvo-pastorale. Selon les statistiques nationales, le sous-secteur contribue à près de 19% du PIB soit la troisième source de revenu pour le pays après l’or et le coton. Pour la campagne 2018-2019, l’exportation du bétail sur pied au Mali a généré près de 88 milliards de Fcfa de valeur monétaire et procuré de l’emploi à près de 8,2 millions personnes avec une contribution de premier plan de la région de Mopti qui abrite plus de 19% de l’effectif des bovins et 28% du cheptel ovin et caprin du pays. Selon le technicien, la mise en application des mesures barrières comme le couvre-feu a longtemps impacté la cueillette, la transformation des produits laitiers et le mouvement des consommateurs, entrainant une baisse drastique de revenus chez les producteurs. En matière d’élevage, nos exportations de bétail sur pied sont destinées à des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Du fait des différentes mesures de restriction de la circulation et de fermeture des frontières, le marché extérieur est à l’arrêt.  Les exportateurs de bétail, les transporteurs et les intermédiaires sont tous au chômage. Une véritable période de vaches maigres pour des milliers de chefs de famille qui tirent leur revenu du secteur. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 et la protection des acteurs du secteur, la Direction régionale des productions et industries animales (DRPIA) « en collaboration avec les services vétérinaires et de santé, a initié une vaste campagne d’information des éleveurs sur la maladie du Coronavirus et les mesures barrières édictées », a indiqué M. Diallo. DC/MD (AMAP)  

Diéma : Difficile entretien des animaux en période de canicule

Par Ouka BA Diéma, 08 juin (AMAP) Cette période de canicule, avec son corollaire de crise d’eau, partout dans le cercle de Diéma, rend souvent difficile l’entretien des animaux. Il n’y a  pas une seule goûte d’eau dans les mares, les rivières et autres cours d’eau. Même la prestigieuse mare de Koungo est asséchée. Les puits à grand diamètre tarissent à cause de la ronde ininterrompue des animaux. « S’il n’y a pas d’eau, on ne peut croiser les bras et regarder nos bêtes mourir à petit feu, la seule solution c’est de partir d’ici », dit Fousseiny, rencontré à Fassoudébé. Chaque jour, il est fréquent de voir des éleveurs scruter le ciel pour dénicher des nuages capables de provoquer de la pluie qui va remplir les mares et les rivières, et faire pousser, partout, de l’herbe, pour le bonheur de tous. En plus de cette pénurie d’eau, les pâturages s’appauvrissent chaque jour un peu plus. De grandes superficies sont complètement dénudées, rasées et donne des paysages lunaires comme sur des sols brulés. Pour trouver de l’herbe, aujourd’hui, à Diéma, c’est la croix et la bannière. Il faut parcourir des  kilomètres. A longueur de journée, des éleveurs élaguent le peu d’arbres qui restent, pour aider leur cheptel à subsister. Selon le chef de village de Bella, Mamadou Dia, la crise d’eau et la rareté des pâturages sont surtout liées à l’arrivée massive de transhumants d’un pays voisin, « dont les populations et celles de mon village entretiennent de bons rapports de cohabitation », explique-t-il. Pour d’autres ce sont les commerçants de Nioro du Sahel qui viennent tous les jours charge d’herbe leurs véhicules ou leurs  motos taxi, favorisant ainsi la dégradation des pâturages. DÉPART MASSIF – Depuis quelques mois, de nombreux éleveurs dirigent leurs troupeaux vers Kita et ailleurs, là où il ya encore du pâturage et où les conditions climatiques sont plus propices. Ali, résident à Guimbana, a été obligé de vendre quelques têtes pour pouvoir creuser trois puits jusqu’à Diabidiala, dans le Cercle de Nioro du Sahel, avant d’y conduire son troupeau. Amadou, lui, affirme que ses animaux se portent bien à la frontière mauritanienne. Diatourou a conduit sa cohorte de moutons vers Diangounté Camara où il dispose de  deux puits intarissables qu’il a creusés, d’après lui, de ses propres mains. En plus de cette situation précaire, il faut signaler que l’aliment bétail appelé tourteau n’est pas à la portée de tous. Le sac de 50 kg coûte parfois 10 000 Fcfa. Pour nourrir ses 10 bœufs, Samba achète, par mois, une tonne de tourteau. « C’est ce que je peux », déclare l’homme qui se précipitait pour aller aider à extraire du puits un de ses bœufs. Selon le chef de village de Dioba, Mamadou H. Diallo, les bêtes sont mourantes. Toutes sont devenues squelettiques en cette période. « Elles partent en brousse et en reviennent plus affamées et assoiffées », poursuit le chef traditionnel. Un autre interlocuteur pense que c’est parce qu’on n’en prend pas soin que les réserves d’eau et de nourriture des animaux sont épuisées. La pratique de l’embouche saigne l’économie de cette femme qui achète régulièrement de l’aliment bétail pour engraisser ses quatre béliers qu’elle réserve pour la fête de Tabaski. Selon un constat général, dans les années à venir, si rien n’est fait pour apporter le soutien nécessaire aux éleveurs du Cercle de Diéma, en termes de ressources en eau et en nourriture pour les animaux, beaucoup risqueront d’abandonner l’élevage à cause du manque de moyens. Ce qui risquera d’impacter négativement l’économie de cette partie du Sahel où l’élevage constitue une des activités phares. Certes des efforts ont été faits par l’Etat et ses partenaires, mais le bout du tunnel est encore loin. Des efforts supplémentaires doivent être déployés pour garantir au mieux le bien-être des animaux dont dépend, en grande partie, la survie de plusieurs personnes. OB/MD (AMAP)  

Filière coton : le Premier ministre annonce une subvention exceptionnelle de 35 milliards

Bamako, 07 juin (AMAP) Le gouvernement malien va accorder une subvention exceptionnelle de 35 milliards de Fcfa à la filière coton, sous la forme d’un bonus de 50 Fcfa sur chaque kilogramme de coton produit et vendu à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), a appris l’AMAP de source officielle. Selon le service de communication de la Primature, à l’issue d’une rencontre, dimanche, avec les acteurs de la filière coton présidée par le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, le Gouvernement a, également, décidé de maintenir les prix d’achats pour la campagne 2020-2021. L’Etat, à travers la CMDT, s’engage à acheter au producteur chaque kilogramme de coton à 250 Fcfa pour le premier choix et 225 Fcfa pour le second choix. Les engrais seront cédés à prix coûtants. Outre le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, étaient présents les membres de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton, les représentants des quatre syndicats de la filière coton (SYCOV, SYVAC, SYPAM, SPCK), les représentants de la CMDT, de l’OHVN et des députés élus dans la zone cotonnière. AC/MD (AMAP)

Kadiolo: Des chefs de village demandent le maintien de la subvention de l’engrais et l’ancien prix du coton

Kadiolo 03 juin (AMAP) Plus d’une centaine de chefs de village, sur les 124 que compte le Cercle de Kadiolo, en conclave dimanche dernier, ont demandé aux autorités de renoncer à baisser la subvention de l’engrais et à réduire le prix du coton graine. Au cours de cette rencontre, les chefs de village ont adressé au préfet une correspondance demandant aux autorités de renoncer “à l’arrêt de la subvention de l’engrais et de tout faire pour maintenir l’ancien prix du coton (275 Cfa le kilo)”. Pour eux, si cette doléance, à laquelle ils tiennent beaucoup, est prise en compte, elle “permettra d’éviter un chaos chez les producteurs”. La rencontre s’est tenue à l’invitation du chef village de Kadiolo et responsable du collectif, Vamara Koné. NIO/MD (AMAP)  

Remise d’intrants agricoles à des producteurs de Mopti.

Mopti, 28 mai (AMAP) Les producteurs de la zone d’intervention du Projet irrigation de proximité et de renforcement de l’agriculture irriguée (IPRODI-Programme Mali Nord-KFW), des Cercles de Ténenkou, Youwarou et Mopti, ont reçu, mardi dernier, des intrants agricoles (semences, urée, phosphate) et du carburant, lors d’une cérémonie présidée par le Ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar. Composé de 96 tonnes d’engrais et 230 futs de gasoil, cet appui vise à accroître la production et la productivité agricole dans la Région de Mopti et assurer la sécurité alimentaire. Les bénéficiaires sont les producteurs des 5 nouveaux Périmètres irrigués villageois (PIV) totalisant 200 hectares et 3 périmètres maraîchers de 30 hectares réalisés cette année par IPRODI- Programme Mali Nord-KFW, financé par la coopération Allemande, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), le Japon et le Canada dans les cercles concernés. Le ministre de l’Agriculture a saisi l’occasion pour rappeler que l’approche du programme basée sur l’équilibre social entre les différentes communautés pour un accès équitable aux actions a permis de recoudre le tissu social, promouvoir le vivre ensemble et assurer l’autosuffisance alimentaire avec des surplus exportés vers d’autres régions. Selon lui, « cet excellent résultat dû à la prise en compte des spécificités de la zone, au dispositif institutionnel léger et flexible voulu par le gouvernement et le partenaire qui met en avant le rôle des collectivités doit être sauvegardé, pérennisé et renforcé pour le bien-être des populations ». Moulaye Ahmed Boubacar a exhorté les bénéficiaires à faire bon usage de ces intrants pour accroitre la production et la productivité, pour créer des richesses et des emplois agricoles dont l’objectif sera de fixer les jeunes dans leur milieu naturel pour mettre fin « au fléau de la migration assassine ». Selon le coordinateur du projet, Ibrahima Cissé, la zone d’intervention du programme s’étend du Cercle de Tenenkou, dans la Région de Mopti, à Gourma Rharous, dans la Région de Tombouctou. Pour la campagne agricole 2020-2021, le programme a réalisé 45 nouveaux périmètres irrigués villageois de 40 hectares chacun, 10 périmètres maraîchers de 10 hectares chacun et aménagé 20 mares en moyenne pour les exploitants des deux régions. « IPRO-REAGIR rentre dans le cadre des projets IPRO qui constituent un programme d’appui au Programme national d’irrigation de proximité (PNIP) du ministère de l’Agriculture, sous la tutelle de la Direction nationale du génie rural (DNGR) » a indiqué M. Cissé. Démarré en 1994, le Programme Mali Nord (PMN), de par sa performance, s’est transformé, en 2000, en un Projet d’irrigation de proximité de Delta intérieur/IPRODI « pour mettre à la disposition des populations rurales des infrastructures hydro-agricoles de qualité dont l’entretien est à leur portée », a-t-il dit. DC/MD (AMAP)  

Mopti : Remise d’intrants agricoles aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués villageois et maraîchers

Mopti, 26 mai (AMAP) Le Ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar a présidé ce mardi à Mopti, la cérémonie de remise des intrants agricoles (urée, phosphate et carburant) aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués villageois et maraîchers réalisés cette année par IPRODI- Programme Mali Nord – KFW dans les cercles de Tenenkou, Youwarou et Mopti, a appris l’AMAP de source officielle. Ce sont 5 périmètres irrigués villageois de 200 hectares et 3 périmètres maraîchers de 30 hectares qui ont reçu au total 96 tonnes d’engrais et 230 futs de Gasoil, au titre de la campagne 2020 – 2021. L’objectif est d’accroître la production et la productivité agricoles dans la région de Mopti et assurer la sécurité alimentaire. Cette démarche traduit en acte la vision du  Chef de l’Etat de faire de l’Agriculture le moteur de l’économie nationale tout en assurant la sécurité alimentaire, générant des emplois et des revenus significatifs dans une logique de développement durable. KM (AMAP)

Filière apicole : Les acteurs misent sur une meilleure promotion

Par Anne-Marie KEÏTA Bamako, 15 mai (AMAP) Le Mali dispose d’une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. En outre, les producteurs de miel du pays disposent, aujourd’hui, de nouvelles techniques pouvant leur permettre d’accroitre et d’améliorer leur production. L’apiculture offre des opportunités à saisir pour résoudre le problème d’emplois, améliorer les revenus des ménages et assurer la sécurité alimentaire. Elle est, selon ses acteurs, une activité d’intérêts multiples, notamment, économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Déjà, les objectifs de production de miel pour les campagnes agricoles 2019, 2020, 2021 sont estimés, respectivement à 850, 1.520 et 1.670 tonnes de miel (9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, mars 2019, ndlr). Selon ces prévisions, on peut affirmer que l’apiculture est une filière qui se professionnalise et qui figure déjà en bonne place parmi les filières émergentes, grâce à l’engagement des autorités et aux soutiens des partenaires techniques et financiers. Pour accroître la production et améliorer la qualité du miel et de la cire, le gouvernement, à travers le ministère de l’Elevage et de la Pêche, a mis l’accent sur l’amélioration des techniques de production, de récolte, de transformation et de conditionnement du miel et l’équipement des apiculteurs. L’accès des producteurs à la formation et l’acquisition des kits d’apiculture ont permis aux apiculteurs d’augmenter la production de miel et la qualité, répondant ainsi aux normes standard pour l’exportation. Les apiculteurs ont, désormais, entre leurs mains toute la technologie qui leur permettra de fournir un produit labélisé, qui pourra être vendu dans les supermarchés des plus grandes villes. Avec ces équipements, ils peuvent produire plus de miel et de cire tout en préservant les colonies d’abeilles qui étaient auparavant exterminées par le feu du fait de l’extraction traditionnelle du miel. L’acquisition des équipements offerts par l’Etat a permis à Seydou Dolo de produire plus de miel que d’habitude. Ce producteur écoule sur le marché local plus de 50 litres de miel par jour. L’activité constitue pour lui une véritable source génératrice de revenus pour toute sa famille. Les effets positifs de la consommation du miel ne sont plus à démontrer. « Mais, cet aliment nutritif fait souvent l’objet de fraudes qui le dénaturent, notamment par ajout de sucre par les revendeurs », fait remarquer Assétou Diarra, une revendeuse. Pour Boubacar Ballo, un autre revendeur, les lignes sont en train de bouger puisque notre pays est très avancé dans l’exportation du miel vers les pays européens. «L’apiculture a un lendemain meilleur, car, il y a la volonté d’aller de l’avant et dans l’intérêt de beaucoup de producteurs», dira-t-il, avant d’ajouter que le secteur peut être mieux valorisé, s’il bénéficie d’investissements adéquats et d’une bonne organisation des acteurs. Pour améliorer la production, certains producteurs s’organisent en groupement, association et coopérative. Ces différents groupements créent des réseaux de distributions dans les alimentations et grandes boutiques à travers la ville de Bamako. Avec l’implication de toutes les parties prenantes, l’appui du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), à travers le projet «Abeilles», a permis au Mali de mettre en place une plateforme apicole nationale. Cette plateforme a pour objectif de contribuer au développement de l’apiculture pour faciliter la mobilisation des acteurs, la mise en œuvre des décisions de la Plateforme apicole africaine. Elle pourra, aussi, rassembler et coordonner les actions et les intérêts des parties prenantes, en tant que mécanisme national. Malgré ces atouts de la filière apicole, les professionnels évoquent certaines difficultés. Selon Bouba Diarra, les producteurs de miel sont désorganisés et cette mauvaise organisation joue sur le développement de la filière. A cela s’ajoute le manque de financement des projets apicoles. Bouba Diarra explique que pour faire de l’apiculture, il faut disposer de moyens nécessaires et suivre une formation professionnelle. Or, l’accès à ce financement est très difficile et ce, malgré les efforts du ministère de l’Elevage et de la Pêche. « Aussi, souligne-t-il, la filière apicole n’a pas beaucoup de partenaires techniques et financiers ». Bouba Diarra demande le soutien des autorités pour inciter les jeunes à faire la filière apicole. Une chose est de produire et une autre est de tirer des bénéfices de la production. Ainsi, les acteurs évoquent également des contraintes liées à la commercialisation, les produits apicoles n’étant pas bien commercialisés. Selon Mamadou Fomba, producteur de miel, le secteur apicole fait face à un problème d’organisation des acteurs impliqués dans la production. «Chacun agit de son côté et vend à son prix. Certains vendent le litre à 1500 Fcfa, d’autres à 1000 Fcfa, toute chose qui ne permet pas aux producteurs de profiter de leur activité. Et d’ajouter que les autorités et les partenaires techniques et financiers doivent en tenir compte afin d’y apporter des solutions. Mais ces difficultés, renchérira Mamadou Fomba, l’apiculture malienne a des lendemains meilleurs. AMK/MD (AMAP)