Agro-industrie au Mali : Les goulots d’étranglement du secteur
Par Oumar SANKARE Bamako, 18 janv (AMAP) À Koulikoro, à une soixantaine de kilomètres de Bamako, la capitale du Mali), non loin du gouvernorat, il y avait, jadis, de vastes mangueraies soigneusement entretenues par le vieux Moussa Diallo. Ramata Traoré, la cinquantaine révolue, assise avec ses trois sœurs autour d’un thé, dans leur concession familiale, se remémore : «Toute mon enfance, mes petits camarades et moi avons consommé ces mangues à volonté sans jamais nous soucier du prix d’une mangue.» Comme Ramata, plusieurs habitants de la zone en ont largement profité. C’est le cas de Modibo Diarra, enseignant à la retraite. Nous le rencontrons parmi son groupe de joueurs de belote. «Il fut un temps où nous nous permettions même de ramasser les mangues de ce verger pour les envoyer à nos parents à Bamako et dans d’autres localités. La mangue était tellement abondante à l’époque (et ça l’est toujours) que les bœufs au retour de pâturage se contentaient de les humer et continuer leur chemin», témoigne-t-il. Avec le recul, Modibo Diarra et ses camarades se rendent compte de toute cette richesse inexploitée dans leur région natale. «La mangue, à elle seule, peut être une industrie pourvoyeuse d’emplois pour toute la jeunesse de la Région de Koulikoro. C’est un crève-cœur de voir une richesse à portée de main, inexploitée jusqu’à présent», regrette Moussa Traoré, un autre joueur de belote. Et d’ajouter : «C’est la même triste réalité dans la Région de Mopti (Centre) où j’ai vu des femmes peules verser leur lait de vache invendu à leur retour du marché. Faute de moyen de transformation.» Si l’agro-industrie tarde à prendre son envol au Mali, quelques pionniers tentent de se frayer un chemin. Tako Sylla est la directrice de USTako Sarl, une entreprise qui opère dans la transformation agro-alimentaire, particulièrement la mangue séchée. Il est 14h quand nous la rencontrons dans ses locaux à Kati. L’ambiance y est calme, les machines sont à l’arrêt. Le chef de la production, Diarra, nous conduit dans le bureau de la directrice. Décoration sommaire, une table marron sur laquelle sont posés un ordinateur et une imprimante. Au mur, est affiché le graal : une licence certifiant la qualité de la production. FAIBLEMENT TRANSFORMÉ – Vêtue d’un bazin violet et coiffée d’un foulard de même teinte, Tako Sylla, ancienne de l’École nationale d’administration (ENA), explique : «La mangue malienne fraîche et transformée est très prisée à l’international. Ce n’est pas pour nous jeter des fleurs, nos clients des pays de l’Union européenne (UE), d’Afrique du Sud et du Moyen-Orient nous le font savoir.» Avec un si fort potentiel, «même pas 1% de la mangue malienne est transformé pour faire du jus, des séchés, de la confiture, des produits esthétiques…) Imaginez les retombées économiques pour tout le pays si on pouvait transformer 10 à 15% de notre production», regrette-t-elle. Pour commercialiser les mangues transformées, les producteurs sont toujours obligés de passer par des intermédiaires. «Nos produits transitent par des entreprises dans les pays voisins pour pouvoir être sur le marché international. Notre nom ne figure nulle part, ne parlons pas des retombées économiques qui nous échappent». Cette situation peut être résolue avec un centre de contrôle (sans lequel le Mali ne peut pas exporter les mangues séchées), qui n’est autre qu’une chambre froide pour stocker les produits transformés, les contrôler et faire des containers à partir du Mali. Sans quoi, les quantités de mangues séchées produites chez nous se retrouveront dans les statistiques d’autres pays. En plus, le secteur fait face à un problème de labellisation. Or, c’est le label qui permet de donner une identité aux produits. Seulement une dizaine d’entreprises dans le domaine de la mangue transformée répondent aux normes. À Sotuba, s’est installée l’unité industrielle Sahel Industrie. Bâtiment de couleur verte, le calme y règne : c’est la période morte. Nous rejoignons Touré Aminatou, la directrice générale, au premier étage. De la fenêtre du bureau, on peut contempler le lever du soleil qui illumine tout le bureau malgré le rideau. À gauche de la fenêtre, se trouve une étagère sur laquelle sont entreposées plusieurs gammes de thé et surtout un trophée. Sahel Industrie est l’une des rares entreprises de l’agro-industrie à assurer sa propre production avec plusieurs coopératives, la transformation, la commercialisation et la distribution à travers sa filiale Sahel Distribution. «Toutes les entreprises ici font face à un moment donné aux problèmes d’accès à la matière première. C’est pourquoi nous nous sommes mis à la production de notre matière première», explique la technicienne. « À titre d’exemple, il y a une période de l’année où les mangues, comme bien d’autres produits de l’agriculture, sont en abondance et pourrissent même au bord des routes ; tandis qu’il y a une période où elles disparaissent, entrainant une fluctuation des prix », souligne Touré Aminatou. En plus de l’accès difficile aux financements, le secteur agro-industriel fait face à un problème d’emballage de qualité notamment pour les jus, sirops et autres. «Les emballages made in Mali que l’on trouve sur le marché local sont plus chers que ceux importés, malheureusement. Il est impératif d’accorder des subventions à ce niveau pour permettre aux unités d’emballages de réduire leur prix de vente. Sans cela, nous sommes obligés d’importer pour contrôler nos prix», explique la patronne de Sahel Industrie. POINTS NOIRS – Mamadou Traoré est directeur général de Laham Industrie, une entreprise d’abattage de bovins et autres petits ruminants, et de commercialisation de la viande. Son unité industrielle est dans la Région de Kayes, à 610 km de Bamako. Vêtu d’un jean bleu délavé et d’une chemise bleu ciel, il nous reçoit à la direction de son industrie à l’ACI 2000, entre une série de réunions. Pour Mamadou Touré, le manque d’énergie constitue le plus grand obstacle pour les industriels. «Nous subissons le délestage comme tous les Maliens. Mais au niveau industriel, c’est pire, car il impacte toute la chaîne et rapidement les prix s’envolent malgré nous», soutient-il. Par ailleurs, notre interlocuteur déplore l’insuffisance d’infrastructures globales, notamment les routes. « Les zones
Production d’aliments bétail : Une usine d’une capacité de 60.000 tonnes par an à Ségou (Centre)
Envoyé spécial Namory KOUYATE Bamako, 17 janv (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a visité, le weekend dernier, le complexe agro-industriel «Printemps en Afrique de l’Ouest S.A», situé dans la Zone industrielle de Ségou, pour encourager la création de richesses et de valeur ajoutée au Mali. Cette unité industrielle, qui a une capacité de production de 60.000 tonnes par an, met à la disposition du monde rural de l’aliment-bétail pour augmenter la production en lait et en viande. Actuellement, ses domaines de prédilection sont la production laitière, l’embouche bovine et le petit ruminant. En perspective, l’entreprise compte fabriquer de l’aliment-volaille. Fruit d’un partenariat sino-malien, cette usine est l’œuvre de Zhang Jian et de Cheikna Sylla. Le premier en est le directeur général et le second est un opérateur économique malien . C’est pourquoi, le premier responsable de l’usine s’est réjoui de la présence du Premier ministre dans ses installations. Dans le cadre de la responsabilité sociétale d’entreprise, Zhang Jian a soutenu qu’il travaillera dans le sens du développement du Mali. Un objectif qui mérite, selon lui, l’appui du gouvernement de la Transition. Quant à Cheikna Sylla, il a dit toute sa fierté de recevoir Dr Choguel Kokalla Maïga. «Nous sommes en train de monter des projets pour le bonheur du monde agricole », a-t-il ajouté, avant de remercier les autorités pour cette marque de considération et d’encouragement. Après avoir fait le tour des installations, le chef du gouvernement a félicité les ministres du Développement rural, Modibo Keita, de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et celui délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah. Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a remercié les promoteurs de cette usine et les autorités de la Région. «Lorsque j’ai appris qu’il y a des Maliens qui s’associent à des Chinois pour faire une entreprise locale avec les matières locales et produire pour les animaux locaux afin de bien nourrir la population, je ne pouvais rester indifférent», a indiqué le Premier ministre, Il a fait remarquer qu’en plus de la défense militaire, le peuple doit avoir aussi l’autonomie alimentaire. Insistant sur la souveraineté alimentaire, le chef du gouvernement a déclaré que cette initiative participe à l’atteinte des objectifs du gouvernement. Lors de cette visite, en marge de la célébration de la Journée de la souveraineté retrouvée, le chef du gouvernement était accompagné des autorités administratives et politiques de la ville. NK/MD (AMAP)
Agro écologie : Manger bio, c’est possible à Bamako
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 dec (AMAP) Il est 11 heures, le soleil s’est levé, dans un ciel brillant. La porte de la villa de Léa Stéphane est ouverte pour la vente de condiments au marché «Sugu Horon», à l’Hippodrome en Commune III du District de Bamako. Mariam, vendeuse et transformatrice, se tient debout devant une table sur laquelle sont posées bouteilles et sachets remplis de produits transformés. En face d’elle, de grands paniers de tomates, papayes, salade, d’oignons…meublent le décor. Les producteurs de ces légumes sont organisés en un Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne (RESAPAC). Ils sont regroupés en trois catégories d’acteurs les producteurs agro-écologiques, les transformateurs de produits agro-écologiques et les consommateurs. Ce réseautage, qui crée un cercle vertueux, est la formule qu’ils ont trouvée pour promouvoir l’agro-écologie. Selon la chargée de communication du RESAPAC, cette solidarité est la meilleure façon de faire la promotion de l’agro-écologie pour que tout le monde s’engage, en synergie, pour son bon fonctionnement. «Acheter dans les superettes, des produits qui viennent d’Europe n’a pas beaucoup d’avantages pour le Mali», constate Helène N’Diaye. Et pour que les produits soient abordables, le Réseau fait en sorte que les producteurs soient directement en contact avec les clients. Les «intermédiaires» sont ainsi «court-circuités» pour éviter les spéculations. Sandrine Tembely est la présidente du RESAPAC. En cette matinée, elle fait le tour des étals, échange avec les vendeurs pour s’assurer que tout est en bon ordre. Elle vérifie si tous les légumes sont sur place. L’ambition du réseau, selon sa présidente, est de créer des marchés partout à Bamako. Et ce n’est pas un vœu pieux. En seulement quatre années, le RESAPAC a réalisé cinq marchés où des producteurs vendent en direct. Ces marchés, situés notamment à Magnambougou, Hippodrome, Baco-Djicoroni, sont ouverts les samedis de 10h 14h. Le dernier marché est virtuel, car les ventes se font en ligne via WhatsApp. Le RESAPAC est un réseau ouvert à tous les producteurs agro-écologiques. Mais il faut répondre à des critères précis. «Pour être sûr que c’est de l’agro-écologie, nous avons une équipe d’agronomes, des experts en la matière, qui évaluent les producteurs qui souhaitent devenir membres du RESAPAC», explique Sandrine Tembely. Ils (les experts) se rendent sur le terrain pour contrôler la qualité des produits, en vérifiant notamment la présence des pesticides et des engrais dans les plantes. Et s’il s’avère que les produits du «candidat» ne répondent pas aux normes, l’accès au réseau lui est refusé et les experts lui prodiguent alors des conseils. Récemment, le RESAPAC a «validé son 38ème producteur». Sandrine Tembely le concède : Tout ce qui est «bio» coûte cher. « Mais, argue-t-elle, manger des produits bio évite de tomber malade et de dépenser dans les médicaments». Et d’ajouter que les «produits bio sont de saison et leurs prix ne changent pas parce qu’il y a une fête quelconque». Abdoulaye Coulibaly est un «producteur bio» du village de Fanafié Koro dans la zone de Kambila. Depuis plusieurs années, il produit des poivrons de la basilique, de la patate, des carottes, des mâches, des papayes et des citrons. «Je voudrais que cette activité se développe plus, car c’est une activité rentable mais qui demande beaucoup d’efforts», confie-t-il. Son souhait est que les autorités appuient tous les cultivateurs agro-écologiques afin d’inciter au respect de la biodiversité et favoriser le retour aux cultures ancestrales. Un mardi du mois de décembre. Au marché appelé «24 heures», les légumes sont étalés dans un kiosque de couleur verte, sur de la pailles C’est là que Amadou Sékou Nimaga vend ses condiments bio. Il est le promoteur et président d’Africa connecting, une société en ligne spécialisée notamment dans l’achat-vente et l’agriculture écologique. Son ambition est d’assurer la sécurité alimentaire et promouvoir la consommation. C’est le chômage qui l’a poussé à intégrer l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou. Africa connecting, selon son promoteur, est un «marché conventionnel et bio». «Chaque mardi, nous vendons du bio au marché de Africa connecting où les familles passent leurs commandes en ligne et nous faisons la livraison à domicile», explique-t-il. Les produits de la société viennent essentiellement de Baguineda et de la ferme Sidibé. Au total, la société travaille avec 29 paysans fournisseurs qui font tous de l’agriculture écologique. De l’avis d’Amadou Sekou Nimaga, l’État doit mener une politique autour de l’agriculture écologique pour plus de changement et plus de consommation de produits Bio. «Tout le monde doit se nourrir de ces produits qui sont sains et naturels», commente-t-il. Aujourd’hui, de nombreux Bamakois ont compris l’importance de consommer bio. Par semaine, certains peuvent acheter jusqu’à 10.000 Fcfa de légumes bio. Salifou Touré est un habitué du marché de l’hippodrome où nous l’avons rencontré. Panier en main, il est venu s’approvisionner en pain, carotte et patate. Il est convaincu qu’avec les produits bio, on ne «tombe pas malade facilement». «Quand un légume est bio, on peut même le manger avec sa peau, parce que c’est très riche en vitamines» soutient-il, Il vient d’acheter 2 kg de patates à 2.000 Fcfa. FMS/MD (AMAP)
Industrie : les populations de Sikasso (Sud) réclament la relance de l’usine de thé
Par Fousseyni DIABATE Sikasso, 08 dec (AMAP) Le thé Farako était une merveille de la Région de Sikasso, dans le Sud du Mali. Située à 25 km de la capitale du Kénédougou, la ferme agroindustrielle de Farako (Commune rurale de Finkolo) est un vestige de l’ex-Opération thé Sikasso (OTS). Elle comprend une ferme agricole de 402 ha de terre dont 80 sont exploités, et une unité industrielle de transformation des feuilles de thé fraîches en thé vert pour le marché national. Les 80 ha mis en valeur sont repartis en quatre blocs de parcelles de théiers. L’exploitation de cette ferme est faite grâce à la synergie d’actions de deux volets : un volet agricole pour la production de la matière première que constituent les feuilles fraîches de thé et un volet industriel, chargé de la transformation de ces feuilles. La ferme agroindustrielle de Farako comptait 340 emplois pour les volets agricole et industriel. Tous les emplois du volet industriel étaient permanents tandis que le volet agricole n’en comptait que cinq. L’usine de production est en arrêt depuis une vingtaine d’années. Qu’en pensent les Sikassois ? Notre équipe de reportage a approché les services techniques et plusieurs citoyens de la Cité verte. Dans le cadre de la politique de substitution des produits locaux aux importations, la culture du thé a été introduite au Mali dans les années 1970 avec l’appui de la République populaire de Chine. Au démarrage des activités à la ferme de Farako, la production, encourageante est passée de 45,5 tonnes en 1974 à 115 tonnes en 1977. Dès lors, elle a enregistré des évolutions en dents de scie. Cette situation a amené le gouvernement à signer deux contrats de location gérance avec le partenaire chinois. Le premier, scellé en 1987, permit d’atteindre des résultats satisfaisants. La production de thé a atteint 127 tonnes en 1990 pour un chiffre d’affaires de 107 millions de Fcfa. Et le second a pris fin en décembre 2004, selon la direction régionale des industries. C’est à partir de ces instants que l’usine de thé Farako a entamé une descente aux enfers avec une chute drastique de la production. Depuis, les populations de Sikasso ne cessent de réclamer la relance de cette merveille. Lassine Traoré, commerçant de la place, se dit «profondément déçu» par la fermeture de cette usine qui faisant la fierté de la 3è région et même du Mali tout entier. «Lorsque je me rendais à Bamako, tous mes amis me réclamaient le thé 4011 de Sikasso en tige ou en sachets», se souvient-il. Selon le directeur régional des industries de Sikasso, Djicoura Mariko, l’Etat a entamé les procédures de relance de cette usine depuis belle lurette. En effet, dans le cadre de la relance des activités de la ferme agroindustrielle de Farako, le Mali a procédé, le 19 mai 2005, à la signature d’une nouvelle convention de location gérance avec la Société générale des thés du Mali (SOGETM), promue par Souleymane Koné. Cette nouvelle convention a été établie sur la base d’un programme d’investissement de 410, 5 millions Fcfa pour une durée de 10 ans. DIFFICILE FRELANCE – En avril 2015, une mission interdépartementale s’est rendue sur le terrain en vue d’étudier l’exécution du projet de relance des activités de la ferme agricole de Farako. Le point d’exécution de ce projet se résume à l’élaboration, en cours, des termes de la convention qui liera la société chinoise CGCOC Groupe à l’Etat du Mali. Jusque-là, aucun signe de relance n’est perceptible sur le terrain. La dégradation de la ferme de thé se poursuit. La direction régionale des industries a accompagné le ministre du Développement industriel d’alors et sa délégation dans une mission de terrain effectuée du 15 au 18 septembre 2017 à Sikasso. Au regard de l’importance du rôle jadis joué par l’Usine de thé Farako (UTF) dans le développement socio- économique du Mali, le ministre avait placé cette unité au cœur de sa visite dans l’optique de mieux cerner les problèmes de sa relance. Sur place, il avait pu constater la dégradation progressive des équipements. Après s’être entretenu avec le personnel, le ministre est revenu à Sikasso où il a eu des échanges avec l’ensemble des parties prenantes (autorités administratives et politiques, structures techniques etc…) réunies pour la circonstance au gouvernorat. Au terme de ces rencontres, le ministre avait instruit aux services compétents la sécurisation d’urgence de la ferme, selon les techniciens régionaux. Il s’agissait de procéder à l’immatriculation dans le schéma d’urbanisation et de commettre un géomètre pour faire l’état des lieux. Malgré ces démarches qui datent de plusieurs années, l’UTF demeure fermée au grand dam des populations et des anciens travailleurs de cette industrie. La ferme agro-industrielle de Farako constitue une fierté nationale du fait que le Mali reste l’un des rares pays, voire le seul, à en posséder dans la sous-région ouest-africaine. Il importe de rappeler également que la Région de Sikasso dispose d’autres sites propices à la culture du thé dont la mise en valeur contribuerait considérablement à la croissance économique de notre pays. Il s’agit notamment des plaines de Lobougoula, Loutana et Kléla. C’est dire que les potentialités du Kénédougou, en matière de thé, constituent un atout majeur pour développer la production nationale afin d’en tirer un avantage comparatif dans l’espace sous-régional. Les commerçants et les consommateurs ne cessent de réclamer à l’Etat la réouverture de cette merveille qui minimisera les importations de thé. Les habitants des villages environnants de Farako et de la Cité verte sont dans l’attente permanente de la relance de cette usine de production de thé et fondent beaucoup d’espoir sur les autorités de la Transition. FD/MD (AMAP)
Marché agricole : Les céréales sèches baissent, le riz monte
Par Makan SISSOKO Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 08 dec (AMAP) En cette matinée du lundi 05 décembre 2022, l’ambiance est encore un peu timide au lieu communément appelé «Niono place». Ici, des tonnes de céréales (mil, riz, maïs, sorgho etc.) atterrissent en provenance des différents bassins de production du Mali. Chaque jour, des hommes musclés déchargent des dizaines de camions de céréales, sous l’œil vigilant des commerçants. Assis devant son magasin, Boureïma Boiré, un commerçant grossiste de riz, fixe du regard les dockers qui déchargent du riz local dénommé «Gambiaka ». Cette variété provient essentiellement des Régions de Ségou et de Mopti (Centre) où les récoltes sont en cours. D’habitude, la période des moissons impacte les prix sur les marchés de Bamako. Mais cette année, la réalité est tout autre : contrairement aux années précédentes, à la même période, le prix du riz n’a pas baissé. Explication ? «Les nouvelles récoltes arrivaient sur le marché pendant que les magasins étaient encore pleins de riz. Ce n’est pas le cas cette année», affirme Boiré. Il souligne aussi la faible production de riz due à l’insuffisance d’engrais mis à la disposition des paysans. «Certains sont tellement déçus qu’ils ont décidé de ne pas vendre la petite quantité qu’ils ont récoltée», confie le septuagénaire. Son collègue, Ousmane Sinkoro, renchérit : «Certains producteurs qui obtenaient 70 à 80 sacs par hectare n’ont récolté que 30 à 15 sacs». Les deux commerçants ont bon espoir que les prix baisseront courant décembre, parce que les nouvelles récoltes de mil, sorgho et maïs commencent à inonder le marché. En attendant, le sac de 50 kg de riz gambiaka est cédé entre 23 000 et 24 000 Fcfa, selon différentes qualités. Derrière la Grande mosquée de Bamako, Boureïma Coulibaly vend des céréales. Il soutient qu’avec l’arrivée des nouvelles productions de céréales sur le marché, les prix commencent à baisser. « Avant, le sac de 50 kg du mil pilé se vendait à 25 000 Fcfa. Aujourd’hui, le sac de 50 kg du mil pilé est cédé entre 19 000 à 20 000 Fcfa. Le kg du maïs pilé est vendu 350 Fcfa et à 17 500 Fcfa pour le sac de 50 kg. Quant au sorgho, la même quantité est cédé à 15 000 Fcfa», détaille-t-il. Installé devant son magasin rempli de céréales, Moussa Kanté confirme également que les nouveaux produits céréaliers commencent à arriver sur le marché à un prix légèrement abordable. «Visiblement cette année, la campagne agricole a bien marché contrairement à ces deux dernières années où l’insécurité a fortement impacté les cultures dans plusieurs zones de productions », dit le commerçant. Il révèle que les prix des denrées comme le mil, le maïs et le sorgho sont abordables, contrairement au riz qui reste toujours un peu en hausse. Dans son magasin, le mil est vendu à 400 Fcfa le kilo et le prix du sac de 50 kilos varie entre 20 000 Fcfa à 25 000 Fcfa. Ce commerçant qui évolue dans le commerce des céréales depuis plus de trente ans, explique que cette année, le prix du riz local n’a pas connu trop de changement. « Les producteurs de la zone de Niono n’ont pas fait beaucoup de rendement cette année. Raison pour lesquelles, les producteurs ont augmenté le prix du riz sur le marché. Sinon, en cette période de récolte, un commerçant pouvait avoir 20 à 30 tonnes de riz», révèle Moussa Kanté. Dans le magasin de Amadou Sagara, revendeur détaillant de céréales au marché de Kalabancoura, en Commune V du district de Bamako, le kg du mil est vendu 400 contre 600 Fcfa il y a quelques semaines. Le haricot dont le kg était cédé à 700 Fcfa se vend entre 400 à 450 Fcfa. Le fonio qui était vendu à 1 100 Fcfa a baissé à 800 Fcfa. Le maïs dont le kg faisait 400 Fcfa est cédé aujourd’hui à 300 Fcfa et le sac de 50 kg qui coûtait 34.000 Fcfa est actuellement entre 20.000 à 21.000 Fcfa. MS/AG/MD (AMAP)
Industrie textile au Mali : Un plan de relance de 6 milliards de Fcfa pour la COMATEX
Par Anne-Marie KÉITA Bamako, 07 dec (AMAP) «La Compagnie malienne des textiles (COMATEX) participe à la valorisation de la production nationale de coton fibre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement industriel par la création de valeur ajoutée et des emplois». Ces propos ressortent du communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 novembre 2022, lors duquel le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, a informé le Conseil du plan de relance de la COMATEX. En effet, cette Compagnie est confrontée actuellement à des difficultés de divers ordres. Pour l’aider à sortir de cette mauvaise passe, le gouvernement a peaufiné un plan de relance qui nécessite un apport financier de l’Etat d’environ 6 milliards de Fcfa. Le Mali et son partenaire chinois ont signé, le 21 novembre 2022, un protocole d’accord pour l’installation de deux unités de filature de coton, soit trois jours avant l’adoption de ce plan de relance en Conseil des ministres du 23 novembre. Ces unités seront implantées à Bamako et à Koutiala. La réalisation de ce projet, confiée à la société chinoise «Qingdao», nécessite un investissement de 300 millions de dollars, soit environ 180 milliards de Fcfa. Dénommée Société malienne de filature (SOMAFIL), son capital est détenu à 85 % par l’Etat du Mali à travers la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et à 15 % par le partenaire chinois. L’unité de Koutiala aura une capacité de 20.000 tonnes de coton fibre par an à transformer en filet. Et celle de Bamako va, annuellement, transformer environ 25.000 tonnes de coton fibre. Ces projets affichent clairement la volonté des autorités maliennes de mettre en chantier toutes les actions pouvant rendre à notre pays sa souveraineté économique et son indépendance financière. L’objectif est d’amener le taux de transformation du coton de 2% présentement à près de 10% et la valorisation du «Made in Mali ». La création des usines de la filature est l’une des dimensions des efforts consentis par les autorités de la Transition pour redonner au Mali sa 1ère place de producteur de coton dans la sous-région. «Ces unités de production vont permettre la reprise des activités de la COMATEX qui était en récession de moins de 1,2 % en 2020», a précisé le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, lors d’une interview sur les antennes de la télévision nationale. «On a mis des actions en œuvre et cela a contribué à ramener le Mali à une production record l’année dernière de 795.000 tonnes. La suite était de transformer ce coton ici chez nous et de capter les 30 % de la valeur ajoutée qui nous échappait», a déclaré le ministre. Faut-il le rappeler, c’est en septembre dernier que le président de la Transition, dans son discours à la nation, avait annoncé la reprise en main de beaucoup de sociétés. La relance de la COMATEX s’inscrit dans ce cadre. Cette Compagnie a cessé de produire depuis plus deux ans du fait de difficultés de trésorerie et d’approvisionnement en matières premières. Les équipements de production aussi sont obsolètes. RÉGRESSION – Ses travailleurs sont ainsi venus grossir les rangs des chômeurs. Beaucoup de familles vivaient directement ou indirectement des activités de cette usine. Les travailleurs, qui triment depuis des mois, sont les premiers à percevoir une lueur d’espoir avec cette décision de relance. Cependant, elle ne dissipe pas totalement les angoisses : «Avec ce plan de l’Etat, il est fort probable que la COMATEX soit de nouveau à l’arrêt dans quelques mois», prévient un syndicaliste de la Compagnie sous le couvert de l’anonymat. Et pour cause, soutient-il, « les 6 milliards de Fcfa annoncés sont insuffisants pour payer les arriérés des travailleurs et remettre en état les machines de l’usine. » «Après le paiement des arriérés, il ne restera plus que 4 milliards de Fcfa pour l’achat du matériel. Nous supposons donc qu’ils vont acheter quelques pièces de rechange. Or, à la COMATEX, tout est vétuste. La situation est telle qu’il faut carrément changer tout le matériel pour espérer voir la Compagnie retrouver son dynamisme d’antan». Le temps jugera de la pertinence des actions envisagées par l’Etat. D’ores et déjà, l’annonce de la relance est bien accueillie par les commerçants et les consommateurs des produits textiles, comme au Grand marché de Bamako, où les vendeurs de tissus COMATEX sont impatients. «La fermeture de cette usine nous a fait assister à une régression du consommer malien. Les commerçants, sans d’autres choix, faisaient confectionner ou importaient de la sous-région les pagnes censés être faits par cette usine. A titre d’exemple, ces dernières années, on a assisté à l’importation de toutes sortes de pagnes des festivités du 08 mars», déplore Hamidou Diallo. Pour ce commerçant, cette situation est due au fait que la COMATEX ne produit plus de pagne. «Importer les pagnes n’honore ni les commerçants ni les consommateurs», se désole ce propriétaire d’une grande boutique de pagnes importés au Grand marché de Bamako. Et d’assurer que le Malien, de nature, aime le ‘Made in Mali’. «Tous les jours, les gens viennent nous réclamer les pagnes Comatex», nous dit un autre commerçant, Souleymane Coulibaly. « En fabriquant ces tissus chez nous, ce sont les Maliens qui gagnent, car tout le monde y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. Le pays y gagne également », soutient-il. Ne comprenant pas pourquoi la COMATEX a arrêté sa production, Mme Koné Aïchata Koné dit que cette situation ne devrait pas arriver et que les autorités devraient tout mettre en œuvre pour régler ce problème. L’arrêt de cette usine a fait grossir les rangs des chômeurs. En effet, selon Moussa Kouyaté, ancien vendeur de pagne COMATEX, cette usine a créé tellement d’emplois directs et indirects qu’il est inconcevable qu’elle ne puisse pas fonctionner. «Imaginez, de la production jusqu’à la commercialisation, la COMATEX nourrit des milliers de familles», fait-il savoir. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, 4 millions de personnes vivent directement de la filière coton. Les usines de filature qui seront installées à Bamako
Production agricole : Les femmes rurales bousculent les traditions
Par Anne-Marie Kéita Bamako, 01 déc (AMAP) Au Mali où la terre appartient globalement aux hommes, il était rare de voir les femmes pratiquer la riziculture. Depuis plus d’une décennie maintenant, les femmes bousculent les traditions, aidées en cela par les organisations de défense de leurs droits. En plus des travaux ménagers, elles font la riziculture et sont fortement impliquées dans les semis, l’entretien des parcelles et la récolte. Sélingué est à 178 km de Bamako, la capitale malienne. Dans ce village connu pour son barrage hydroélectrique, plusieurs ethnies cohabitent : malinkés, peuls, Bamanans, Dogons… Le commerce et l’agriculture sont les principales activités exercées dans cette zone. Ces activités sont aussi bien pratiquées par les hommes que par les femmes. Ces dernières représentent une large part de la main-d’œuvre agricole, formelle et informelle, et contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire et au renforcement de la résilience face aux changements climatiques. Dans cette zone, la riziculture, demeurée longtemps l’apanage des hommes, a été complètement récupérée par les femmes. Cette inversion de la tendance dans la culture du riz a été favorisée par certains facteurs, notamment l’installation de l’Office du développement rural de Sélingué (ODRS), mais aussi des organisations et projets non étatiques. MAITRISE DE L’EAU – Un périmètre irrigué aménagé avec maitrise totale de l’eau et placé sous la responsabilité de l’ODRS, a largement contribué à l’intégration des femmes dans la riziculture. Elles occupent aujourd’hui l’essentiel des surfaces aménagées dans ce périmètre, où nous avons rencontré Djélika Keïta dans son champ de riz. Cette «nyéléni» (brave femme), une daba suspendue à l’épaule, confie avoir commencé à cultiver le riz bien avant l’aménagement du périmètre. Du haut de ses 60 ans, elle conduit toutes les opérations techniques jusqu’à la phase de croissance des plants. Cela, avec l’accompagnement des techniciens spécialisés en aménagement et en production végétale. «L’ODRS nous donne les intrants et tout le nécessaire pour nous aider. A la fin de la récolte, nous remboursons les frais», explique-t-elle. La paysane a acquis une parcelle de 0,25 hectare au périmètre irrigué de Sélingué sur laquelle, elle cultive le riz «NénéKala», une variété qui résiste au froid. De la préparation du champ jusqu’à la récolte, aidée souvent par ses enfants, elle mène la grande partie des travaux. «Aujourd’hui, je n’ai plus assez de force, car c’est un travail qui demande beaucoup d’énergie», avoue la sexagénaire. La culture du riz commence fin juin et se termine à la mi-décembre. « Les travaux débutent par le semis, puis viennent le désherbage, l’entretien et la récolte », détaille Mme Sanogo Mah Sanogo. Elle fait son champ de riz en fonction de sa disponibilité, car elle doit aussi assurer les tâches ménagères. Son agenda familial surbooké impacte sur son rendement agricole. Les nouvelles technologies, y compris «RiceAdvice» (un outil d’aide à la décision permettant aux agriculteurs d’a ccroitre leurs productivités), ont beaucoup facilité aux femmes la culture du riz à Sélingué. Mme Sanogo confirme l’utilité de cet outil qui lui a permis de choisir la variété «Arica 3» résistante à l’eau, à la sècheresse et aux infestations. Notre rizicultrice espère sur un bon rendement avec au moins 20 sacs de riz cette année. Mais, elle déplore l’insuffisance de la main-d’œuvre agricole, une situation due au fait que «beaucoup de jeunes migrent vers les sites d’orpaillage». DÉPENSES FAMILIALES – «En s’appropriant les nouvelles techniques culturales, nos rendements de riz se sont nettement améliorés», atteste Fatoumata Bayo, une des agricultrices qui travaillent dans le périmètre irrigué de Sélingué. Il a fallu du temps pour qu’elle réussisse à vaincre les pesanteurs socioculturelles et se lancer dans la riziculture. «A cause de nos coutumes, j’avais peur de pratiquer l’agriculture», dit-elle. Rokiatou Diarra, mère de 4 enfants, arrive à bien concilier travaux champêtres et ménagers. Puisqu’elle ne peut compter sur sa progéniture (tous jeunes), la brave dame s’occupe seule de l’entretien de son champ rizicole. C’est en 2015 qu’elle a commencé à s’intéresser à l’agriculture, particulièrement à la riziculture. Aujourd’hui, elle tire un gain substantiel de la vente du riz. «Avec le soutien des organisations (gouvernementales et non gouvernementales), j’ai pu produire un hectare de riz cette année», explique avec fierté Rokiatou Diarra. Elle reste consciente que la riziculture demande de la persévérance. Les revenus tirés de la riziculture couvrent une bonne partie des dépenses familiales. En effet, les femmes utilisent leurs gains pour subvenir aux besoins en alimentation et faire face à la scolarité des enfants, aux dépenses de santé, entre autres. Ainsi, la riziculture permet aux femmes rurales d’avoir une autonomie financière et de ne pas dépendre de leurs conjoints sur ce plan. Ces revenus sont aussi essentiels dans le développement de la famille. Aux dires de Djélika Kéita, c’est grâce à sa production rizicole qu’elle arrive à gérer la période de soudure. «Depuis que je me suis investie dans la riziculture, nos conditions se sont améliorées, car on produit mieux et on mange bien. J’y mets tout mon cœur», déclare Maïmouna Samaké, rizicultrice à Maninkoura, un village situé à 45 kilomètre de Sélingué. Et, aujourd’hui, avec un bon rendement, elle a pu aider son mari à construire une maison. Egalement, les «revenus de la production du riz m’ont servi à lancer d’autres projets comme l’élevage», a-t-elle conclu. AMK/MD (AMAP)
Mali-Suède : Un financement de la sécurité alimentaire de plus de 12 milliards de Fcfa
Bamako, 29 nov (AMAP) Le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), ont officiellement lancé, lundi à Bamako le Projet de renforcement de la résilience des communautés affectées par l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les effets du changement climatique, a constaté l’AMAP. Ce projet conjoint financé par le gouvernement de la Suède pour un coût global de 23 millions de dollars (environ 12,8 milliards de Fcfa), d’une durée de quatre ans (2022-2025) vise à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages les plus vulnérables dans les Régions de Ségou (Centre), Sikasso et Bougouni (Sud). Le projet ciblera directement à peu près 150.000 personnes et plus d’un million d’autres indirectement à travers, entre autres, la promotion de la gestion durable, équitable et non-violente des ressources naturelles et l’autonomisation des systèmes à divers niveaux (institutionnel, communautaire et ménage). Il s’attèlera également au renforcement des services sociaux de base et des filets sociaux, tout en prenant en compte des questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, aux comportements et pratiques alimentaires et d’hygiène des personnes les plus vulnérables. S’y ajoute l’amélioration de la résilience des populations d’agriculteurs et d’éleveurs face au changement climatique. CHOCS MULTIFORMES – Le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, qui a présidé le lancement, a indiqué que « ce projet va permettre de renforcer durablement les acquis des efforts du gouvernement en mettant l’accent sur les capacités de résilience des communautés et des systèmes face à ces chocs tout en créant les conditions endogènes d’appropriation des interventions aussi bien par les élus locaux que par les communautés elles-mêmes. » « L’impact du changement climatique sur les moyens de subsistance et les habitudes de consommation de nos populations est de plus en plus perceptible », a-t-il pousuivi, « Ainsi, la taille de la population en situation d’insécurité alimentaire augmente parce que les défis sont de plus en plus énormes dans un contexte de chocs multiformes ». Selon Daniel Siméon Kelema, il en va de même pour la malnutrition « surtout parmi les enfants de moins de cinq ans dont le niveau reste préoccupant sur la série des dix dernières années avec des zones ayant franchi le seuil d’alerte. » Il a assuré que le gouvernement et ses partenaires sont à la tâche pour répondre vigoureusement à ces problématiques. » APPROCHE MULTISECTORIELLE – Aux noms des trois agences du système des Nations unies, la représentante par intérim de l’UNICEF au Mali, Andrea Berther, a relevé que les lancements au niveau local qui ont eu lieu à Sikasso et Ségou au mois de mai dernier, « ont démontré un engagement réel des autorités locales pour accompagner la coordination, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de ce projet. » Selon Andrea Berther, l’exercice de ciblage qui a impliqué l’ensemble des acteurs locaux et quelques représentations des organisations à base communautaire a débouché sur la sélection de 147 villages dans lesquels toutes les activités seront menées de façon conjointe. Cela, « en utilisant les capités endogènes des communautés, des partenaires nationaux au niveau local et central et les avantages comparatifs de ces trois agences en appui aux efforts du gouvernement du Mali. » De son coté, le chef de la coopération suédoise, Richard Bomboma, a rappelé que ce partenariat renforcé entre ces organisations au Mali vise à contribuer aux Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030. Bomboma a soutenu que le Programme contribuera spécifiquement à la Politique nationale sur la sécurité alimentaire, la nutrition et à la Stratégie nationale de résilience connue sous le nom de «Priorités-Résilience-Pays-Mali» de l’Alliance mondiale pour la résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest. «La situation conflictuelle a mis à mal la cohésion sociale au Mali. Le renforcement de la résilience en matière de sécurité alimentaire et de nutrition pour les personnes les plus vulnérables nécessite une approche multisectorielle et intégrée », a-t-il expliqué. MS/MD (AMAP)
Ministre du Développement rural/producteurs : Echanges utiles sur la campagne
Bamako, 24 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keita, et les producteurs ont eu, mardi, des discussions sur la disponibilité des engrais et les difficultés rencontrées au cours de la campagne agricole qui s’achève, a constaté l’AMAP. «Aujourd’hui, je suis très heureux parce que la campagne 2022 vient de prendre fin. Les exploitants agricoles sont venus m’exprimer leur satisfaction par rapport à tout ce qui a été fait pour qu’ils aient accès à l’engrais malgré les difficultés que nous avons connues», a déclaré Modibo Keita à la fin d’une rencontre, tenue dernier dans les locaux de son département, avec les exploitants agricoles, en marge de la signature du protocole d’accord avec le Comité international de la croix rouge au Mali Le ministre a saisi l’opportunité pour rappeler sa volonté de faire respecter les principes de la concurrence dans le cadre de l’approvisionnement en intrants. La rencontre a permis, également, d’évoqué le faible rendement de la culture du riz, dû à la surabondance des pluies. À ce sujet, les producteurs ont souhaité utiliser le reliquat de la subvention qui leur a été octroyée afin d’acheter des engrais pour la culture de contre-saison. Ils ont estimé que cela pourrait augmenter l’offre de riz sur le marché national. Les producteurs ont, aussi, rappelé que les deux sacs d’engrais qu’ils ont reçus par hectare à titre de subvention ne sont pas venus à temps et que cette quantité n’était pas assez importante. En réponse, le ministre Modibo Keïta a expliqué que l’État avait décidé de prendre en charge une part substantielle des dépenses d’engrais pour les producteurs à cause de la hausse excessive du prix de ce produit. Pour ce faire, la subvention a été portée à 17 milliards de Fcfa, contre 15,6 milliards pour la campagne précédente. Malheureusement, à cause de l’augmentation des prix sur le marché international, cette subvention n’a pas permis d’avoir la quantité espérée. Pour remédier au retard dans la disponibilité des engrais, le ministre du Développement rural a suggéré aux importateurs de faire venir l’engrais à tout moment et à le positionner dans les bassins de production. «On ne doit pas attendre la mise en place de l’enveloppe de subvention pour importer l’engrais», a-t-il insisté. Et d’annoncer que son département est en train de mettre tout en œuvre pour que la loi sur la concurrence puisse être appliquée afin de mettre fin aux questions d’oligopole. Au nom du Syndicat des exploitants agricoles de l’Office du Niger (Sexagon), Abdoulaye Daou a félicité le ministre Modibo Keïta pour avoir accepté leur demande de changer l’engrais organique en engrais chimique au début de la campagne. «Nous avons appris toutes sortes d’amalgames sur le problème d’engrais entre l’État et les opérateurs économiques. En réalité, nous savons comment les fournisseurs se comportent. L’Etat donne deux sacs d’engrais subventionné à l’hectare au prix de 12.500 Fcfa et nous achetons le reste à nos propres frais à plus de 35.000 Fcfa par sac sur le marché», a déploré le syndicaliste qui en déduit un refus des fournisseurs nationaux d’accompagner les exploitants agricoles. Pour lui, les opérateurs économiques doivent prendre l’exemple sur l’Etat. MS/MD (AMAP)
Mali : Le gouvernement fait le point de ses efforts sur le pouvoir d’achat
Bamako, 23 nov (AMAP) Depuis des mois, le gouvernement du Mali consent d’énormes efforts pour, non seulement, renforcer le pouvoir d’achat mais aussi atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international sur les prix pratiqués au plan national, ont indiqué, mardi, les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou Face à la presse, pour faire le point des mesures et des stratégies pour soutenir le pouvoir d’achat, le ministre Mahmoud Ould Mohamed, a ajouté qu’un plan d’action a été élaboré pour rendre possible l’approvisionnement du pays et permettre aux consommateurs d’accéder aux produits à des prix abordables. Le gouvernement a fourni des efforts pour renforcer le pouvoir d’achat des Maliens, en dépit de la persistance de la crise sécuritaire qui a fait perdre à l’État 400 milliards Fcfa. D’autres difficultés, notamment la crise sanitaire, ont eu un fort impact négatif sur l’économie nationale. Malgré l’insuffisance des ressources, le gouvernement a déployé des mesures qui ont notamment permis l’approvisionnement correct du marché et la maitrise des prix des produits de première nécessité, selon le ministre. FLAMBEE DES PRIX – C’est ainsi que le prix du riz a augmenté de seulement 1,1% au Mali alors que le taux était de l’ordre de 50% au niveau international. « Et pour cause, a expliqué le ministre, le gouvernement a accordé des subventions. Les efforts de l’Etat ont évité une flambée incontrôlable des prix de la farine, du lait et de l’huile alimentaire. » S’agissant de la farine, le prix a augmenté de 43% sur le marché international, mais l’impact au niveau national a été de 1,4 %. Pour le lait, l’impact a été de 0,6% alors que le prix a augmenté de 43,4% au niveau international. Quant aux huiles alimentaires, le Mali a enregistré une augmentation de 0,3%, contre 14, 4% à l’international. Les prix appliqués au sucre ont augmenté de 3% au Mali, tandis que le taux d’augmentation à l’international est de 7,6%. Si les hydrocarbures ont augmenté de 36,4% au niveau international, l’amplitude au Mali était de 0%. Pour s’assurer du respect des prix sur le marché national, «Cinq cents contrôles ont été effectués », selon Mahmoud Ould Mohamed, ajoutant que les efforts vont se poursuivront pour appliquer les prix plafonds sur le marché. Abondant dans le même sens, le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé que pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés et leur permettre d’avoir un revenu supplémentaire pour faire face aux différentes crises, le gouvernement est passé par une justice sociale avec les partenaires sociaux. Ce qui a permis d’avoir une harmonisation de la grille salariale avec un impact annuel d’environ 200 milliards de Fcfa. ABATTEMENTS FISCAUX – Au même moment, des discussions sur les indemnités liées à beaucoup de corps et pour améliorer la vie des Maliens ont eu lieu. « Pour les entreprises privées, le gouvernement a fait des abattements fiscaux, avec comme impact 7,5 milliards de Fcfa et pendant la période 2020-2022, quelque 390 milliards de Fcfa de dettes intérieures ont été apurées », a expliqué le patron de l’hôtel des finances. L’objectif est de permettre aux entreprises de pouvoir continuer à fonctionner. Par ailleurs, 39 milliards de Fcfa ont été investis dans le payement des ménages en difficulté. A ces efforts s’ajoute, la subvention des produits de première nécessité. Le riz et le sucre ont été subventionnés en deux vagues, en plus du lait et de l’huile alimentaire. Sur la période 2021-2022, plus de 17,640 milliards Fcfa de manque à gagner sont enregistrés sur l’importation du riz. Il est de 8,151 milliards de Fcfa pour le sucre en 2022. Concernant le lait, le manque à gagner est de 3,93 milliards de Fcfa, 1,675 milliard de Fcfa pour l’huile alimentaire et 115 milliards de Fcfa pour les produis pétroliers. Pour le gaz sur lequel les subventions ont été arrêtées au mois de mai, le manque à gagner est de 17 milliards en 2021 et 2022 et 3,252 milliards de Fcfa pour les graines de coton. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a instruit la mise en place d’une Commission interministérielle qui va plancher sur la question de l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. Cette Commission s’attèlera, aussi, à la maîtrise de la hausse des prix. Babba B. COULIB(AMAP)

