L ‘insécurité affecte certaines foires de la région de Gao (Nord du Mali)
Par Abdourhamane TOURE Bamako, 23 nov (AMAP) L’insécurité et l’état de l’axe Gao-Sévaré freinent l’acheminement des produits locaux vers les régions, dans le Nord du Mali. En effet, c’est à partir de la Région de Gao que les autres (Ménaka et Kidal) se ravitaillent en produits locaux venant du sud du Mali, pour ensuite fournir les autres localités de leurs circonscriptions. Dès que la Région de Gao n’est pas approvisionnée, les autres régions en subissent les contrecoups. Le marché à bétail de Wabaria, qui accueille des forains de 13 villages, en plus de ceux de la Commune urbaine de Gao et ses communes rurales, se tient chaque mardi. C’est une foire à bétail distante de 15 km de la ville de Gao. Il est fréquenté par les acheteurs et vendeurs d’animaux de toutes les autres communes de la région ainsi que ceux de Bamako, du Niger, du Burkina Faso et d’Algérie. « Même si ce marché hebdomadaire n’a jamais été la cible d’attaque, l’insécurité et l’état de la route de Gao-Sévaré découragent les acheteurs potentiels à s’y rendre, par peur d’être spolié ou enlevé par des bandits armés qui sévissent dans la zone », a dit le maire de la Commune rurale de Gounzourèye, Abdoul Kader Maiga, La Commune rurale d’Inchawadji est distante de 70 km de la Commune rurale de Gao. Elle a deux foires hebdomadaires. La foire du village d’Emnagul et celle de Djabock. Le maire de la localité, Rhissa Ag Mohamed, nous a dit que malgré l’insécurité, les deux foires hebdomadaires d’Inchawadji se tiennent régulièrement. Selon lui, ces marchés sont toujours approvisionnés par les forains de la Commune urbaine de Gao. Ces commerçants viennent écouler leurs produits (l’huile, le lait et les condiments venants des Régions dans le Sud du Mali). « Mais, certains aussi fréquentent ces foires pour acheter les petits ruminants, du charbon de bois et du beurre des vaches qu’ils revendent sur les marchés de l’Algérie, de Gao et du Niger » a fait remarquer le maire de la localité. Il a ajouté que, « souvent, des hommes armés font irruption sur les sites des foires soit pour collecter la zakat ou pour enlever des personnes ». « Ces actes barbares ont beaucoup effrayé certains commerçants, surtout ceux en possession de fortes sommes d’argent. Cela a suffisamment réduit la fréquentation des foires de notre commune », a poursuivi l’édile. Il regrette qu’avec l’absence de l’Etat dans ces localités, la commune ne puisse pas collecter les taxes. Samedi est jour de foire de la commune rurale de Sonni Ali Ber. Ce marché est fréquenté par commerçants des Cercles de Gao et de Bourem. Selon l’édile de la Commune rurale, Abdoul Razack Maiga , « à cause de l’insécurité, la fréquentation a diminué ». « Tous ces commerçants viennent à la foire pour acheter du paddy ou des animaux. Evidemment, certains aussi approvisionnent le marché avec les condiments et des légumes », dit M. Maiga. « Depuis la crise de 2012, l’incivisme a gagné du terrain. Aujourd’hui, dans nos communes, les citoyens ne paient plus les impôts. Et ceux qui avaient l’habitude de payer leurs taxes ont épousé le comportement des récalcitrants. Pratiquement, aucun Groupement d’intérêt économiques (GIE) de la commune n’est pas à jour », a révélé le maire, Abdoul Razack Maiga. PERTE – Avec la dégradation de l’axe Gao-Sévaré et l’insécurité, tous les produits qui quittent le Sud du Mali pourrissent avant même d’arriver à Gao. Il s’agit des légumes et des tubercules (pomme terre, igname, oignon, gingembre, tomates, choux, banane plantain). « Avec l’état actuel de la route Gao-Sévaré, nous nous sommes rabattus sur les produits qui viennent de l’Algérie et du Niger. Et, c’est la raison pour laquelle tous les produits sont chers sur le marché », a confirmé Boubacar Traoré, ressortissant de Sikasso (Sud) et vendeur de condiments sur le marché de Gao. « Tous les produits qui partent de Sikasso pour Gao se décomposent avant même d’arriver à destination. Cela constitue une grande perte pour nous les revendeurs. Tant que cette route de Gao-Sévaré n’est pas réparée, aucun produit en provenance des régions du Sud du Mali, ne pourra arriver à Gao dans un état de consommation », se plaint notre interlocuteur. « Avec l’insécurité certains transporteurs ont cessé de pratiquer cet axe. Cinq camions-remorques de ma belle-sœur ont été calcinés sur l’axe Gao-Douentza », a-t-il rappelé. Hamidou Traoré est revendeur de beurre de karité à la Place de Sikasso à Gao. Il partage le même avis que son prédécesseur. Pour lui, l’état de la route et l’insécurité défavorisent le ravitaillement du marché de la Cité des Askia en produits locaux originaires du Sud du Mali. Seul point de satisfaction, pour le commerçant, en cette période de froid, son beurre de karité « arrive sans fondre ». S’il arrive… AT/MD (AMAP)
Koutiala, de Sikasso et de Bougouni : Les constats rassurants du ministre Modibo Keïta
Par Kadiatou OUATTARA Envoyée spéciale Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, s’est rendu, le weekend passé, dans les Régions de Koutiala, de Sikasso et de Bougouni (Sud), en zone cotonnière pour constater la commercialisation de la production. Pour la première étape de la visite, samedi, la délégation composée des membres de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a mis le cap sur un espace de commercialisation cotonnière, à Koutiala, capitale de l’or blanc. Sur le marché de coton de la coopérative « Koto gnogon tala » au village de Signe situé à 17 km de la ville de Koutiala, la délégation a pu voir les expositions des récoltes de coton graine de la saison en cours. Le coton sera pesé avant de l’acheminer vers les unités d’égrenage. Cette période de commercialisation a débuté depuis le 27 octobre dernier. Le secrétaire général de la coopérative, Drissa Koné, a révélé que 250 hectares de coton ont été cultivés et 100 tonnes sont vendues. « C’est une grande satisfaction pour moi de voir ce rendu », s’est réjoui le ministre du Développement rural. La visite a permis à Modibo Keïta de recenser les difficultés auxquelles les cotonculteurs ont été confrontés lors de cette campagne. Evoquant les difficultés, le président de la coopératif, Aguibou Sounkara, a souligné les maladies du cotonnier provoquées par les ravageurs piqueurs suceurs appelé « Jassides ». Ce ravageur s’est mué en deux nouvelles espèces qui sont apparues pour la première fois au Mali. Il s’agit de Jacobiasca et Amrasca biguttula. Selon M. Sounkara, les pluies abondantes et l’insuffisance d’engrais ont réduit la quantité de récolte. Il a également demandé la mise en place à temps des subventions nécessaires pour les cultures. La visite s’est poursuivie dans la ville de Koutiala, à l’usine d’égrenage. Là, le directeur industriel de la filiale Nord-Est de la CMDT, Moussa Yattara, a expliqué que les balles sont classées par catégorie, stockées et expédiées vers les ports de Lomé (Togo) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Après cette étape, le ministre du Développement rural a réuni les directeurs des services techniques et les responsables des producteurs. Au cours de cet échange, ils ont fait le bilan des travaux réalisés. Pour le ministre Keïta, la campagne a été bonne en matière de pluviométrie. Il a invité les exploitants agricoles à bien gérer les céréales. « J’espère que nous allons conserver notre position de premier producteur en Afrique », a dit Modibo Keïta. Auparavant, la délégation avait rendu une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la région de Koutiala. Nkouroula, une localité située à 50 km de Sikasso, fut la deuxième étape de la tournée. La délégation a fait une descente dans le champ de coton de Adama Sanogo qui fait une superficie de 17 hectares. Ce cultivateur natif de la zone, a effectué les premières récoltes dans son champ. Il a également fait face aux attaques du « Jassides » dans son cotonnier, ce qui lui a causé beaucoup de pertes. « Les cotonniers qui ont été plantés très tôt ont donné quelques capsules. Par contre, ceux qui ont été plantés en retard, n’ont rien donné. Ce qui a joué sur le rendement », a-t-il dit. Modibo Keita a, au cours d’une rencontre avec ses collaborateurs, membres de la filiale Sud Sikasso et les producteurs, assuré que les chercheurs mènent des travaux en vue d’anéantir les insectes qui font des ravages. Il a également expliqué que les contraintes d’approvisionnement en engrais sont dues au conflit en Ukraine et à la fermeture des frontières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour sa part, l’administrateur général de la filiale Sud-SA, Kabaou Dolo, a déclaré que durant cette campagne agricole, sa filiale a fait une production de 307 926 tonnes de coton graine, à raison d’un rendement de 1 041 kg/ha. « Cette production représente 40 % de la production nationale avec une valeur de production de 88 milliards de Fcfa », a-t-il estimé, ajoutant que le prix du coton est de 285 Fcfa le kilogramme. L’administrateur général a souligné que les travaux des routes dégradées ont commencé, en vue de faciliter le transfert des produits. Parlant des difficultés, le délégué régional, Hamidou Goscoko, a évoqué les besoins en aliment bétail. Le périple de deux jours s’est achevé à Zantiéla, une localité de Bougouni par la visite du champ de 5 hectares de coton de Bakary Kouyaté. Le paysan s’est réjoui de la présence de la délégation sur son périmètre au moment où il avait entamé la cueillette du coton. Sur place, le ministre du développement rural s’est dit satisfait. Modibo Keita a salué et félicité les efforts du producteur. KO/MD (AMAP)
Campagne agricole 2022/2023 : La CMDT revoit ses ambitions à la baisse
Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 16 nov (AMAP) La direction générale de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a revu ses ambitions à la baisse, en prévoyant une production cotonnière inferieure à celle annoncée au titre de la campagne agricole 2022/2023, a annoncé la compagnie étatique, dans une note consultée, samedi dernier, par l’AMAP. «La production de coton graine attendue sera en deçà des prévisions fixées au début de la campagne agricole et inférieure à la production de la campagne 2021/2022», précise la Holding CMDT dans sa note. Cette source précise que la baisse pourrait dépasser 20%, par rapport au niveau de production de 2021/2022. Cette contreperformance attendue est, selon le document de deux pages, due à l’abondance de pluies, aux inondations, au lessivage des sols, aux attaques des jassides. La conjonction de «ces facteurs défavorables» a entrainé l’abandon par les paysans d’une superficie totale de 158.090 ha sur un total 743.824 ha semés. En effet, analyse la CMDT, les hauteurs de pluies enregistrées jusqu’en fin septembre 2022 ont été excédentaires au niveau de plusieurs postes pluviométriques. De fortes pluies ont été enregistrées dans toutes les zones de production. Elles ont entrainé des inondations dans les parcelles situées au bord des cours d’eau et dans les bas-fonds. L’encadrement dit avoir, en la matière, dénombré en début du mois d’octobre 34.596 ha de coton inondés. Or «le cotonnier n’aime pas les fortes pluies et les fréquences élevées de pluies», expliquent les experts de la Compagnie. En conséquence, des cas de lessivage sont visibles dans plusieurs parcelles. « Les plants sur ces parcelles sont rabougris. La pourriture des capsules de base est constatée sur plusieurs parcelles de coton . » Les excès de pluies ont toujours été contreproductifs pour le rendement du coton, font remarquer les spécialistes. Ils illustrent leur analyse par les contreperformances de la campagne 1999/2000 au cours de laquelle la pluviométrie «très excédentaire» a occasionné des inondations. La production du coton graine est ainsi passée de 518.364 tonnes en 1998/1999 à 459.123 tonnes en 1999/2000, soit une baisse de 11%. Il en a été de même pour la «campagne 2018/2019 où la pluviométrie a été également très excédentaire, occasionnant des submersions. «La production du coton graine est ainsi passée de 728.606 tonnes en 2017/2018 à 656.531 tonnes en 2018/2019, soit une baisse de 10%», rappelle la CMDT. Elle ajoute : «Le seul fait de la forte pluviosité entrainant les inondations, favorisant l’enherbement des parcelles et le lessivage peut occasionner une baisse de production de plus de 10% par rapport à une campagne normale.» PULLULATION DE JASSIDES– Des superficies d’environ 32.523 ha n’ont pas pu être entretenues. Il s’agit des parcelles très enherbées à cause de la fréquence élevée des pluies, celles endommagées par les animaux et quelques cas de reconversion en d’autres cultures. À ces phénomènes est venue se greffer la forte pullulation des jassides, depuis fin juillet 2022. L’espèce de jassides habituellement connue dans la sous-région est Jacobiella fascialis. Les produits insecticides disponibles permettent de la maîtriser. Mais la capture et l’analyse des individus de jassides de cette campagne dans les pays infestés a abouti à l’identification de deux espèces dominantes : Jacobiasca lybica et Amrasca biguttula. Ces deux espèces font leur apparition pour la première fois au Mali. C’est surtout l’espèce Amrasca biguttula qui était beaucoup plus dominante. Cette espèce se multiplie très rapidement et fait plus de dégâts que la Jacobiella fascialis. Les attaques sévères de l’Amrasca ont amené les producteurs à abandonner 90.971 ha. La mission conjointe traditionnelle CMDT-Institut d’économie rurale (IER) relative au suivi phytosanitaire des cultures du système coton s’est rendue sur le terrain pour faire le constat. Le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, et ses techniciens ont pris des mesures urgentes pour limiter les dégâts. Il a ainsi été demandé à l’encadrement et aux producteurs un changement immédiat de stratégie de protection phytosanitaire du cotonnier en réduisant l’intervalle de traitement de 14 à 07 jours et l’utilisation des produits indiqués contre les jassides. Le GIE C-SCPC/CMDT/OHVN a commandé et mis à disposition des quantités d’insecticides contre les jassides recommandés par le Programme coton de l’IER. Des campagnes de sensibilisation ont été diffusées dans ce sens sur les radios pour informer les producteurs des mesures à prendre pour maîtriser les jassides. Ce phénomène de pullulation de jassides est un problème sous régional. Les pays touchés sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo. Le Bénin, le Cameroun et le Tchad sont moins touchés. Ainsi, la production de coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait sensiblement diminuer lors de la campagne 2022/2023 pour se situer à environ un million de tonnes de coton-graine, selon des chercheurs. D’après les estimations de plusieurs négociants, comparativement au niveau de production de 2021/2022, la baisse pourrait même dépasser 20%. SOUTIEN DES AUTORITES – Le mauvais signal avait commencé dès le début de la campagne agricole 2022/2023 qui a démarré dans un contexte difficile marqué par deux principales situations défavorables. La flambée des prix des intrants agricoles sur le marché mondial (suite de l’impact de la pandémie de Covid-19 et du conflit entre la Russie et l’Ukraine). L’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de janvier à juillet 2022, privant le Mali de l’accès aux principaux ports d’approvisionnement du pays. Ce qui a entrainé une hausse des prix des engrais du système coton (coton, maïs, mil et sorgho). À titre d’exemple, le prix fournisseur du complexe coton est passé de 383.000 Fcfa en 2021/2022 à 620.000 Fcfa/tonne. Celui du complexe céréales est passé de 380.000 Fcfa/tonne à 615.000 Fcfa/tonne. Et celui de l’urée est passé de 370.000 Fcfa à 640.000 Fcfa/tonne. Il faut, aussi, noter l’insuffisance de cet engrais sur le marché mondial. Pour y faire face, le président de la Transition, lors de la 12ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture en mars 2022, a pris des décisions qui ont encouragé les producteurs. Le prix
Un crédit de 20 milliards de Fcfa de la Banque mondiale contre l’insécurité alimentaire au Mali (Communiqué)
Bamako, 11 nov (AMAP) La Banque mondiale a approuvé un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 30 millions de dollars soit environ 20 milliards de Fcfa alloués au Mali pour améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des ménages ruraux vivant dans les zones arides ciblées, a annoncé un communiqué de l’institution de financement du développement. «Ces ressources supplémentaires augmenteront le nombre de ménages bénéficiaires de transferts monétaires directs de plus de 40.000 à 193.000 ménages et contribueront à atténuer l’insécurité alimentaire dans laquelle ils se trouvent», a expliqué la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara De Sousa. Ce financement additionnel, au titre du Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides du Mali (PDAZAM), s’inscrit dans les objectifs de la Banque mondiale « visant à renforcer la production et la résilience des systèmes alimentaires, faciliter les échanges commerciaux, développer des chaînes de valeur inclusives et soutenir les ménages vulnérables ainsi que les producteurs », précise le communiqué. Selon la même source le crédit couvrira « les coûts d’une réponse d’urgence à l’insécurité alimentaire ainsi que ceux occasionnés par les pressions inflationnistes, dues en partie à la crise ukrainienne et à l’insécurité. » Les activités du Projet « ciblent les pauvres et les personnes vulnérables y compris les femmes les jeunes, et les personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique le document. La directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali précise que « les femmes qui jouent un rôle dominant dans l’agriculture de subsistance et dans la vente d’aliments transformés sur les marchés ruraux et urbains, les ménages qu’elles dirigent ainsi que les agricultrices seront ciblés pour amplifier les bénéfices du projet. » Avec ce fonds additionnel, le PDAZAM pourra couvrir un plus grand nombre de bénéficiaires éligibles dans la zone d’intervention, notamment les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de Bamako), Ségou et Mopti (Centre), et ailleurs en cas de déclaration de crise alimentaire. selon la Bamque mondiale. Ce fonds additionnel arrive, quelques jours, après le lancement de la 27ème Conférence des parties sur le changement climatique (COP 27) à Sharm-el-Sheik en Egypte. L’IDA est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, cette institution accorde des dons et des prêts à taux faible ou nul pour financer des projets et des programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer la vie des plus démunis. BBC/MD (AMAP)
Le Mali crée une commission de lutte contre la hausse des prix
Bamako, 10 nov (AMAP) Le gouvernement malien a institué une Commission interministérielle de lutte contre la hausse des prix et de facilitation de l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et produits de première nécessité, a appris l’AMAP de source officielle. Créée le 2 novembre dernier, par décret, cette Commission, « a pour mission de coordonner et de suivre toutes les initiatives visant à lutter contre la flambée des prix des produits de première nécessité et à faciliter l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. » Précisément, elle est chargée d’analyser les causes de la flambée des prix des produits de première nécessité et de l’approvisionnement difficile du pays en intrants agricoles, de prendre des mesures pour une meilleure gestion de la période de soudure, de coordonner et évaluer les actions et mesures prises au niveau des départements ministériels. La commission est, également, chargée de proposer des mesures correctives en vue d’améliorer les conditions de vie des populations et d’assurer l’approvisionnement correct du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. Elle aura la tâche d’entreprendre toute autre action pouvant contribuer à l’atteinte des objectifs du gouvernement en matière de réduction ou de maîtrise des prix des produits de première nécessité et de facilitation de l’approvisionnement correct du pays en intrants. Présidée par le Premier ministre, la Commission interministérielle « se réunit en session ordinaire chaque mois et en session extraordinaire chaque fois que de besoin, sur convocation de son président ». MD/MD (AMAP)
Mopti, au Centre du Mali : La campagne agricole en zone Office riz suscite de l’espoir
Par Dramane COULIBALY Mopti, 9 nov (AMAP) La campagne agricole 2022-2023 en zone Office Riz Mopti (ORM), dans le Centre du Mali, à la faveur de la crue exceptionnelle et de la bonne pluviométrie, augure de bonnes perspectives. Les producteurs de la zone entendent contribuer à la sécurité alimentaire du Mali avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues, avec un accent particulier sur le riz qui occupe 73% au titre de ladite campagne. Celle-ci a démarré dans des conditions agro-climatiques et socioéconomiques difficiles, liées à la crise sécuritaire et humanitaire avec le sabotage de la station de pompage du périmètre moyen de Sofara, de l’ouvrage du casier de Torokoro-Kouna par des groupes armés non identifiés et le déplacement massif des populations. Selon le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, « ces difficultés ont été aplanies avec des mesures prises » par son service et l’État. Il s’agit de la distribution gratuite de 21 tonnes de semence de riz certifié aux producteurs, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et le renforcement de la confiance entre l’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, les partenaires au développement par des actions de concertation et de dialogue. Et d’ajouter que « l’État, suite aux évènements malheureux de Sofara, a octroyé gratuitement aux producteurs du périmètre moyen les 50% de leurs besoins en engrais minéraux et mis à leur disposition 8 moto pompes et intrants pour sauver la campagne ». Le premier responsable de l’ORM a, aussi, expliqué que la subvention des engrais par l’État pour 6.135 tonnes et la bonne répartition des pluies dans le temps et l’espace, associée à la bonne crue, ont permis la réalisation d’un objectif d’emblavure de 93.104 ha, soit 9,95% d’augmentation par rapport à la précédente campagne. Pour lui, il y a également un taux de germination satisfaisant. La zone d’intervention de la structure, qui couvre les parties inondables des Cercles de Djenné, Mopti, Ténenkou et Youwarou (Centre), est un bassin de production de céréales par excellence ou l’état végétatif et l’aspect général des champs est bon dans l’ensemble. Le riz est au stade épiaison en maîtrise totale et au stade levé de feuille dans les autres modes de riziculture. Le mil, le sorgho et le maïs sont au stade maturation (récolte en cours). C’est le constat établi par Yaya Amadou Téssougué après une série de visites de supervision de la campagne. Selon lui, malgré les difficultés liées au mauvais état des infrastructures hydro agricoles, le faible équipement des producteurs et la crise sécuritaire, ayant réduit la mobilité du personnel d’encadrement, « les efforts d’accompagnement des autorités à travers le ministère du Développement rural ont permis d’atteindre des objectifs d’emblavure avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales en zone ORM ». Pour booster la productivité et la production, la direction de l’ORM a initié un projet intitulé : «Projet de développement intégré de l’Office Riz Mopti» pour transformer les casiers rizicoles en maîtrise totale de l’eau. Cet ambitieux programme donne espoir aux producteurs de riz dans un contexte de changement climatique, dont l’adaptation reste une alternative crédible. Le projet qui ambitionne la transformation de 4.260 ha à cours termes bénéficie de l’accompagnement de l’État. Pour le président de la coordination des producteurs, Moussa Diallo, la difficulté majeure de cette campagne réside au niveau de la couverture du bassin de production en engrais minéraux. Contrairement aux années précédentes, l’accent a été mis sur l’engrais organique un système auquel les paysans n’étaient pas préparés. « Le système est à l’essai et sera évalué à la fin de la campagne », a-t-il indiqué. En termes de conseil, le DG de l’Office a invité les producteurs à élaborer un plan de fertilisation organique et de renouvellement des semences, à ne pas brader la production, à veiller sur la dynamique des oiseaux granivores ». Yaya Amadou Téssougué et le président de la coordination, Moussa Diallo, ont salué les efforts des plus hautes autorités à travers le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, engagées pour réussir la campagne afin d’assurer l’auto-suffisance alimentaire du Mali. DC/MD (AMAP)
Culture du blé au Mali : Péril sur l’immense potentiel
Par Mohamed TOURÉ et Almahadi A. TOURÉ Bamako, 9 nov (AMAP) On pourrait bien appeler cela le paradoxe malien. L’État renonce à des milliards de Fcfa chaque année pour encourager l’importation de denrée de base : riz, blé… Le pays dispose, pourtant, de potentialités immenses inexploitées pour la production à grande échelle de ces produits, notamment du blé. Plus de 45.000 ha se prêtent à la culture irriguée du blé dans la Région de Tombouctou et 100.000 ha aménagés dans la zone Office du Niger avec une disponibilité des ressources hydriques et des conditions agro-climatiques favorables, selon les estimations de l’Institut d’économie rurale (IER). Ce potentiel est loin d’être exploité. Les données officielles soulignent que le Mali n’exploite qu’environ 10.000 ha sur ce potentiel immense. La production totale moyenne s’élève à 45.000 tonnes soit une productivité moyenne de 3,5 tonnes par ha. La consommation annuelle de blé dépasse 365.000 tonnes, dont seulement 12,33% produits localement. Le pays importe une grande quantité de graine de blé d’Europe pour la consommation domestique. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que le Mali dépend fortement des importations de blé. «De 2015 à 2018, environ 278.550 tonnes de blé ont été importées en moyenne pour un coût annuel moyen estimé à près de 69 millions de dollars (environ 45,4 milliards de Fcfa)», souligne un document de recherche que nous avons consulté. À titre illustratif, « le Mali a importé 380.000 tonnes de blé en 2020 pour une consommation de 420.000 tonnes soit une production nationale de seulement de 40.000 tonnes », note le même document. Seulement ces derniers mois, le blé est devenu une denrée stratégique dans un contexte mondiale marqué par les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ces deux pays en sont les principaux producteurs mondiaux. «30% du blé au monde provient de la Russie et de l’Ukraine. Le blé est une céréale très consommée dans le monde et la plupart des pays importent de ces deux pays», explique l’économiste Modibo Mao Makalou, à propos de l’importance du blé dans le contexte de ce conflit qui secoue le monde depuis le 24 février 2022. La principale conséquence de ce conflit sur le continent africain a été la flambée des prix des denrées importées de ces deux pays. L’opportunité pourrait ainsi venir de la mise en valeur de la production locale pour les pays disposant de potentialités agricoles. «Le blé a la particularité d’être cultivé pendant la période froide alors que le riz par exemple est cultivé au cours de la période chaude», explique le Dr Oumarou Goïta, chercheur à l’IER. Ce spécialiste travaille, depuis plus de 20 ans, sur la sélection, le choix des variétés et les innovations dans la culture du blé au Mali. Les différents travaux qu’il a menés avec ses collègues ont permis de connaître avec précisons les conditions environnementales et les périodes de semi favorables au blé au Mali. Le Dr Goïta souligne que la culture du blé demande une grande technicité dans la gestion de l’eau pour fructifier les températures. Cette céréale a aussi la particularité de ne pas consommer beaucoup d’eau et les températures fraiches lui sont propices. Une aubaine pour certaines localités de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali. La première région du Mali où la culture du blé aurait été introduite dès le 15è siècle, selon des sources historiques, par les Almoravides (Confrérie de moines guerriers, Berbères sahariens). ABANDON AU PROFIT DE L’OIGNON – Dans le Cercle de Goundam (Nord), le blé est en effet cultivé depuis des générations. Trois communes sont les fiefs de cette culture : Douékiré, Kanèye et Doukouria, situées à l’est de la Commune urbaine de Goundam, respectivement à 45 km et 5 km du chef-lieu de Cercle. Selon le chef du service local d’agriculture à Goundam, Amadou Almoudou, près de 2.500 ha de terres y sont exploités, chaque année, avec une production annuelle de 18.750 tonnes soit 7,5 tonnes à l’hectare. « Les surfaces cultivables sont façonnées en casiers, la méthode culturale est le semi par poquet et l’irrigation faite à l’aide de motopompes », explique Amadou Almoudou. Regroupés au sein de la coopérative des producteurs de blé du Cercle de Goundam, les producteurs écoulaient à perte une grande partie de la production. Le reste était vendu aux populations locales. Toute la production locale du Cercle, avant l’installation de l’insécurité et la survenue de la pandémie de Covid-19, intéressait un seul gros client : Achcar. « Il sillonnait les cercles de Diré et de Goundam à la fin des campagnes pour acheter les récoltes de blé, mais à un prix jugé presque dérisoire faute de concurrence », se souvient le président de cette unique coopérative des producteurs de blé. Mossa Ag Demba. Il juge que cette situation a découragé plus d’un exploitant. En plus de la vente à perte, les producteurs de blé demeurent confrontés à de nombreux défis dont la vétusté du système de canalisation, l’inflation du prix de l’engrais et autres intrants agricoles. Ce cumule de problèmes démotive de plus en plus les exploitants. Face à la situation, beaucoup de producteurs sont tentés d’abandonner la culture du blé, ces dernières années, au profit de l’oignon, du cumin et de l’anis, vendus dans les région situées au sud du pays à des prix plus alléchants. Avec l’argent obtenu, ils parviennent à payer des intrants, des tonnes d’engrais, des pièces de rechange et du carburant pour les motopompes. Une alternative à la perte causée par la mauvaise commercialisation du blé. Aujourd’hui, les blés produits dans les zones d’exploitation sont achetés et consommés par les populations des Régions de Tombouctou et Gao. Ils s’écoulaient très timidement, mais avec la crise actuelle les derniers stocks de blé ont été raflés par les consommateurs locaux. Le «sawal» l’unité de mesure du marché de la localité qui correspond à 3 kg est vendu à 1.750 Fcfa la mesure. Selon des documents de recherches, le blé est le deuxième produit agricole le plus important au Mali pour la sécurité alimentaire
Office du Niger : 800.000 tonnes de riz attendues
Par Mamadou SY Ségou, 8 nov (AMAP) La production attendue de riz paddy est 800.000 tonnes sur une prévision de 900.000 tonnes, au sortir de la campagne 2022-2023, avec une mise en valeur de plus de 115.000 ha, dans l’ensemble des zones de production de l’Office du Niger (Kolongo, Ké-Macina, Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani). Le directeur de l’informatique, de la planification et des statistiques de l’Office du Niger, Bamoye Keita, qui l’a annoncé mercredi dernier, intervenait lors d’une visite de terrain du Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, accompagné de ses proches collaborateurs, dans les zones de production de M’Bewani, N’Débougou, Niono et Kouroumari. Il en ressort que les activités agricoles ont été réalisées conformément au calendrier agricole. De Niono en passant par N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani, la récolte et le battage du riz de la saison d’hivernage sont en cours. La mise en place de pépinières pour les spéculations maraîchères a débuté. L’insécurité caractérisée par la présence de quelques cellules dormantes de terroristes dans certaines zones de production et le retard accusé dans l’approvisionnement des exploitants en engrais subventionnés ont impacté la campagne agricole. La première étape de cette visite de terrain a concerné la zone de production de M’Bewani. Le PDG de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, et sa délégation ont successivement visité les parcelles de riz de Seydou Coulibaly et Issouf Diarra. Avant d’assister à la récolte et au battage du riz. Seydou Coulibaly cultive la variété Gambiaka sur une superficie de 2,27 ha. Le visage illuminé par un sourire, il savoure l’instant présent et se dit satisfait du climat qui a prévalu. «La pluie a été au rendez-vous cette année. Sur le plan sécuritaire, l’appui des forces armées et de sécurité nous a permis de travailler en toute sérénité. Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures au cours de cette campagne», a expliqué M. Coulibaly. Après M’Bewani, la délégation a mis le cap sur Ringande, un village situé dans la zone de production de N’Débougou. Sur place, elle a visité le champ de riz de Djénéba Ouédraogo. Cette exploitante agricole cultive la variété Kogoni 91-1 sur une superficie de 2,1397 ha. Son riz est au stade de la récolte. Sa médaille de l’ordre du Mérite agricole en évidence, Djénéba Ouédraogo se réjouit du bon déroulement de la phase de récolte et espère obtenir 8 tonnes de riz à l’hectare. À quelques mètres du champ Djénéba Ouédraogo, plusieurs hommes et femmes s’activaient, sous un soleil ardent, autour de la machine de battage. Souleymane Zango, un autre exploitant agricole que nous avons rencontré espère récolter 50 sacs de riz paddy par hectare malgré le retard dans l’approvisionnement des exploitants en engrais. À en croire le directeur de zone de Kouroumari, Salif Ouédraogo, les dispositions prises par les forces armées et de sécurité ont permis d’atteindre un taux de mise en culture de 89%, contre 71% pour la campagne agricole 2021-2022. M. Ouédraogo a rappelé que l’année dernière, à la même période, les activités agricoles avaient été perturbées par des hommes armés non identifiés. «Cette année, avec à la présence de patrouilles de l’armée, les opérations de récolte et de battage se déroulent normalement», nous a-t-il confié. Et le directeur de zone de Kouroumari d’ajouter que les paysans sont satisfaits des résultats engrangés, y compris l’encadrement technique qui parvient désormais à surveiller et conseiller les producteurs. SECURITE – Dans la zone de production de Niono, où la délégation s’est rendue, plusieurs producteurs étaient en pleine récolte. C’est le cas de Souleymane Dembélé qui pratique la riziculture sur une superficie de 10,13 ha. «Cette année, la campagne agricole s’est bien déroulée et nous sommes actuellement en plein dans la récolte du riz», a dit Souleymane Dembélé. Toutefois, il a déploré le fait que certains exploitants agricoles n’ont pas pu cultiver cette année à cause de l’insécurité. Il a salué les efforts des FAMa et des autorités de la Transition en faveur du bien-être des acteurs du monde rural. Le directeur de l’appui au monde rural, Djimé Sidibé, lui, a estimé que la gestion de la production destinée à l’autoconsommation et à la commercialisation demeure un défi majeur après la phase de récolte et de battage du riz. Afin de pallier ce problème, M. Sidibé a revélé que l’encadrement a entamé la sensibilisation des paysans au niveau des villages et des exploitations familiales. En marge de cette visite, le PDG de l’Office du Niger s’est rendu sur le site devant abriter le Projet N’Débougou IV, financé par la Banque allemande de développement (KFW) pour un montant d’environ 30 milliards de Fcfa. Selon Tidiane Traoré, le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger, ce Projet concerne non seulement la réhabilitation du casier de N’Débougou sur 4.200 hectares, mais aussi le renforcement de capacités des paysans et l’installation de mini-rizeries. Le lancement des avis d’appel d’offre pour l’ensemble des travaux est prévu pour décembre 2022, a annoncé le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger. RESSOURCES HUMAINES – Après cette tournée dans les champs de riz, le Président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a eu une séance de travail avec les agents et les directeurs des zones de production de Niono, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani. C’était dans la salle de réunion de la direction de zone de Niono. L’objectif de cette rencontre était de partager avec eux les réformes entreprises par l’Office et recueillir leurs préoccupations. Intervenant à l’issue de la rencontre, la directrice des Ressources humaines de l’Office du Niger, Mme Sylla Ramata Djiguiba, a rappelé que ces différentes réformes sont issues des recommandations des audits externes. Parmi ces réformes figurent le cadre organique, les plans de formation et de carrière. «Ces documents majeurs ont été adoptés lors de la dernière session du Conseil d’administration de l’Office du Niger», a déclaré Mme Sylla Ramata Djiguiba. Elle a ajouté que l’objectif global est la valorisation des ressources
Le Mali attend 120 tonnes de produits de première nécessité de la Russie (Ministre de l’Economie)
Bamako, 03 nov (AMAP) Le Mali devrait recevoir, dans les semaines à venir, environ 120 tonnes de produits de première nécessité, pour un montant de 100 millions de dollars soit ( 50 milliards de Fcfa, en provenance de la Russie à partir le corridor Conakry-Bamako, a annoncé, mercredi, le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. « Il s’agit de la première livraison d’une importante commande du gouvernement de Transition dans le cadre du partenariat commercial et stratégique entre le Mali et la fédération de Russie. », a indiqué M. Sanou, qui a effectué une mission en Russie, du jeudi 27 octobre au mercredi 02 novembre 2022. Cette importante commande est répartie entre 65.000 tonnes de produits d’hydrocarbure, 35.000 tonnes d’engrais (urée) et 25.000 tonnes de blé. Lors de sa mission, le chef du département en charge de l’Economie était accompagné d’une importante délégation composée outre de responsables techniques de son département, des techniciens de plusieurs entreprises d’État : l’Office national des produits pétroliers (ONAP), l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) et la Compagnie malienne pour développement du textile (CMDT). Arrivé le jeudi 27 octobre à Moscou, dans la capitale russe, le patron de l’hôtel des Finances et sa délégation ont mené des négociations portant sur plusieurs secteurs économiques, avec des responsables techniques russes. Ces négociations ont abouties à la signature d’une convention sur des produits stratégiques entre les deux États. Selon ministre Sanou, ce partenariat permettra à notre pays « de sécuriser ses sources d’approvisionnement en produit stratégiques dans un contexte international de plus en plus tendu. » « L’objectif de ce partenariat est de maintenir un approvisionnement correct, régulier et sécurité du Mali, en denrées de première nécessité », a expliqué Alousséni Sanou. AT/MD (AMAP)
Mali : Baisse des prix sur les marchés de production (Office des marchés agricoles)
Bamako, 1er nov (AMAP) Les prix sur les marchés de production sont majoritairement dans une tendance à la baisse, sur la période du 20 au 26 octobre, annonce l’Office des marchés agricoles dans un communiqué. « Par contre, sur les marchés de consommation, les prix au détail restent globalement stables », ajoute le communiqué. Ainsi, sur les marchés de production, les prix collectés, au cours de la semaine du 20 au 26 octobre 2022, sont en baisse pour 54%, en hausse pour 8% et stables pour 38%. Pour ce qui concerne les marchés de consommation, les prix de cette semaine sont stables pour 69%, en baisse pour 26% et en hausse pour 5%. Selon la même source, les variations de prix observées sur les marchés durant la semaine du 20 au 26 octobre 2022 sont surtout des baisses. La tendance à la baisse des fluctuations de prix observées sur les marchés provient, essentiellement, de l’amélioration progressive de l’offre avec la vente des nouvelles récoltes, surtout de céréales sèches et de riz local. Avec la levée des sanctions des organisations intergouvernementales ouest-africaines, les échanges de produits agricoles entre le Mali et ses clients et les fournisseurs régionaux et internationaux continuent de s’améliorer. « Toutefois, ces échanges souffrent du renchérissement de leurs coûts, causé par la dépréciation de l’Euro face au dollar ». En ce dernier mois de la campagne de commercialisation 2021/2022, la demande céréalière reste supérieure à l’offre. « Cette situation provient des conséquences de plusieurs facteurs qui sont la faiblesse des stocks finaux de cette campagne de commercialisation, la timide poursuite des récoltes, la mise en marché économe des anciens stocks par les producteurs encore détenteurs. » D’autres facteurs tiennent à l’augmentation de la précarité en relation avec la Covid-19, la persistance de l’insécurité et des conflits inter et intra-communautaires en plusieurs endroits du Mali. Les mesures prises par le gouvernement pour améliorer la disponibilité céréalière sur les marchés, restent toujours la suspension, depuis le 6 décembre 2021, des exportations des mil, sorgho, maïs et riz local, l’autorisation des importations commerciales de riz à taxes réduites de moitié, jusqu’à hauteur de 300.000 tonnes et la détermination de l’État d’importer jusqu’à 180.000 tonnes de riz et d’acheter 20.000 tonnes de riz locaux. AC/MD (AMAP)

