Campagne agricole 2023-2024 : le Mali encourage l’importation de pesticides (Officiel)

Bamako, 15 avr (AMAP)Le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif à l’importation et à l’utilisation des pesticides à titre exceptionnel pour la campagne agricole 2023-2024,  annonce le communiqué de la séance du vendredi 14 avril 2023. Pour les producteurs de coton, c’est bonne nouvelle dans la lutte contre les jassides. La campagne cotonnière 2022-2023 a été marquée par une invasion massive d’insectes nuisibles appelés jassides dans les champs. Ce sinistre a concerné de toutes les filiales cotonnières des zones de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN) où des dégâts importants ont été enregistrés, principalement sur le coton. Dans une interview accordée à l’Essor, à l’issue de la 97è session du Conseil d’administration de la CMDT, tenue le mercredi 1er février 2023, son Président directeur général (PDG), Dr Nango Dembélé a signalé qu’en plus des ravages des jassides, les inondations ont fait perdre au Mali plus de 150 000 hectares de cultures. Les traitements phytosanitaires de cette nouvelle espèce n’étaient disponibles ni au Mali ni dans les autres pays de la sous-région. « Tous les traitements traditionnels que nous connaissons n’ont pas eu d’effet sur cet insecte au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Togo et au Bénin », a-t-il fait remarquer. Depuis lors, lutter contre cette espèce est devenu une priorité de la direction de la CMDT et des dispositions ont été prises pour résoudre définitivement la problématique des intrants agricoles avant la campagne prochaine. Les 16 et 18 mars derniers, une mission de la Holding-CMDT a même sillonné les zones de Koutiala (Sud) et Kita (Ouest) pour donner des conseils aux producteurs de coton leur permettant de réussir la prochaine campagne agricole. Ainsi que les  informer sur l’utilité du flonicamide dans la lutte contre les jassides. « Au Mali, nous avons la solution aux jassides et tout le monde peut faire son plan de campagne à hauteur de souhait. La problématique des jassides est derrière nous », a annoncé le directeur des producteurs agricoles de la CMDT, Moro Diakité. Au cours de la même mission, Moro Diakité a recommandé le semis précoce, qui constitue une solution aux jassides. « Les producteurs doivent respecter l’itinéraire technique qui rend le coton vigoureux contre les jassides », a-t-il conseillé. Selon le gouvernement de la Transition, l’analyse des échantillons de jassides collectés a montré la présence de plusieurs espèces nuisibles aux cultures. Pour lutter contre ces espèces nuisibles, les autorités ont annoncé que les chercheurs du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique ont proposé de nouvelles matières actives. Et de préciser que le projet de décret est adopté en vue de permettre, à titre exceptionnel, l’importation et l’utilisation de ces matières pour la campagne agricole 2023- 2024. SS/MD (AMAP)

Marché des oignons : Une baisse des prix bienvenu chez négociants et consommateurs

Par Korotoumou TOGOLA   Bamako, 24 mar (AMAP) Malgré les nombreuses contraintes qui ont impacté la production d’oignons, on assiste à une baisse drastique des prix de cette denrée de première nécessité, au grand bonheur des ménages en ce début du mois de Ramadan. Ainsi, le kilogramme d’oignon qui, au mois de décembre, était vendu entre 600 et 750 Fcfa, est maintenant cédé entre 200 et 250 Fcfa. La gare routière «Niono place», située au Grand marché de Bamako, est la plaque tournante du marché de l’oignon dans la capitale malienne, Bamako. En se rendant là-bas, notre équipe est tombée dans un tohu-bohu indescriptible, rythmé par les mouvements des camions qui déchargent des sacs d’oignons, les négociants et les revendeurs discutant la marchandise. Le ballet incessant des «pousse-pousse» et tricycles remplis du légume garnit le décor. À cet endroit, on trouve de toutes les qualités, déversées à même le sol, en tas ou des stocks de sacs superposés auprès de leurs propriétaires et dans les magasins. Ousmane Sangaré nous accueille agréablement. Chez lui, le kilo est vendu à 225 Fcfa et le sac est cédé entre 10 500 à 12 000 Fcfa. Avec une vente journalière estimée, en moyenne, à 100 sacs d’oignons de 50 kg, Ousmane se frotte les mains. Il confirme que le marché est très florissant en ce moment. À sa gauche, se trouve Amadou Touré, vendeur de gros oignon. Chez lui, le sac est vendu entre 8 000 et 9 000 Fcfa. À quelques pas de ces derniers, Abou Traoré. Il est marchant d’oignon depuis 12 ans. Dans son magasin, il dispose de plusieurs variétés. Et, les prix varient en fonction de la qualité, la variété et la taille du légume. Le prix du kilogramme du petit oignon par exemple, varie entre 175 et 200 Fcfa, et le gros oignon, entre 200 et 250 Fcfa. Une cliente, Assétou Diallo, vient d’acheter 7 kg de gros oignon au prix de 275 Fcfa le kilo. Elle se réjouit de cette baisse du pr,ix, car elle aura besoin de cette denrée pendant tout le mois du Ramadan, pendant lequel la consommation devient forte chez elle. Il y a juste un mois, le kilogramme du même oignon qu’elle vient d’acheter, coûtait 400 Fcfa. Une véritable aubaine pour les consommateurs. Au Mali, l’oignon est généralement produit en contre saison, c’est-à-dire entre les mois de novembre et mars. Les meilleurs rendements sont obtenus par ceux qui parviennent à semer pendant les mois de novembre et décembre, explique Amadou Koné, chargé de statistique suivie et évaluation à la Direction nationale de l’Agriculture (DNA). Le rendement dépend aussi du niveau de fertilité des sols. « Les producteurs qui apportent plus de fumiers organiques associés à un peu d’engrais chimiques, parviennent à faire de bonnes productions », assure M. Koné, qui estime que dans certaines localités, les producteurs peuvent faire un rendement de 30 à 35 tonnes par hectare. L’oignon est cultivé dans la plupart des localités du Mali, avec de grands bassins de production comme Kayes (Ouest), Koulikoro (Centre ouest), Mopti, Ségou (Centre) et Sikasso (Sud). L’oignon, qui est utilisé dans presque toutes les cuisines du monde comme aromate universel, est un légume à part entière. Il est riche en composés antioxydants. Lorsqu’il est consommé régulièrement et en quantité suffisante, ces composés peuvent aider à protéger l’homme contre des maladies chroniques telles que le cancer et le diabète. Parmi ses multiples propriétés, l’oignon a des vertus antiseptiques et antibactériennes. Le Mali est l’un des plus grands producteurs d’oignons de la sous-région. Selon les statistiques de la DNA, le pays a produit 844. 621 tonnes d’oignons en 2021, contre 610 575 tonnes l’année dernière. « Cette chute de production de la campagne 2022 est due à plusieurs facteurs », souligne Amadou Koné. Parmi ceux-ci, il y a la hausse des prix des intrants et des semences auxquels s’ajoutent des problèmes techniques d’aménagement, tel que le système d’irrigation. « Le conflit entre la Russie et l’Ukraine qui a exacerbé la crise économique mondiale avec la flambée du prix du carburant, n’est pas en reste », analyse le technicien. KT/MD (AMAP)

Mali-Côte d’Ivoire : La valeur des échanges commerciaux s’élève à plus de 900 milliards de FCFA en 2022

Bamako, 23 mar (AMAP) Les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et le Mali, en 2022, se sont élevés à 913,4 milliards de Fcfa avec une hausse de 45% par rapport à 2021, qui sont de 493,8 milliards de Fcfa, a révélé, mecredi, le chef de la délégation ivoirienne, Abdoulaye Kouyaté, lors de l’ouverture, à Bamako, des travaux des experts, prélude à la tenue de la 4è session de la grande commission mixte de coopération. Selon le chef de la délégation ivoirienne, ce bond qualitatif sans précédent fait du Mali, à ce jour, «le premier client mondial de la Côte d’Ivoire avec 909 milliards de Fcfa de marchandises vendues en 2022». Mais également l’un des plus gros fournisseurs de la Côte d’Ivoire au niveau mondial. Abdoulaye Kouyaté a, par ailleurs, encouragé les deux parties « à aller encore plus loin en mettant en œuvre, de façon effective, les mécanismes garantissant la libre circulation des personnes et des biens ainsi que le droit d’établissement. » « Il s’agit, a-t-il expliqué, d’éliminer toute entrave à l’implantation des activités dans les milieux d’affaires nationaux entre les deux pays et de faciliter l’accès mutuel à leur marché respectif. » «Il nous faudra. également envisager de nouveaux axes stratégiques en vue de renforcer notre coopération et insuffler une nouvelle dynamique aux relations entre nos deux pays», a exhorté M. Kouyaté. Cela est d’autant plus important que «dorénavant, cette relation se veut forte et durable pour faire face aux nombreux défis de l’heure que sont l’insécurité à nos frontières, la lutte contre la pauvreté, l’autosuffisance alimentaire…», a-t-il ajouté. Pour sa part, le secrétaire général du département malien en charge des Affaires étrangères, Seydou Coulibaly, a insisté sur la nécessité pour les deux États et pour le bien-être de leurs populations « de promouvoir davantage la coopération en matière de consultations politiques et diplomatiques, d’administration, de défense, de sécurité, d’échanges économiques et commerciaux. » S’y ajoutent la promotion des investissements, les transports et les infrastructures, l’artisanat et le tourisme… Pour M. Coulibaly, la conjoncture difficile liée à la crise économique et sécuritaire doit «nous inciter à davantage de concertations et de conjugaison de nos efforts afin de relever ensemble les défis qui nous assaillent». Il a, ensuite, réaffirmé la volonté politique et la disponibilité des autorités maliennes de faire de la coopération avec la Côte d’Ivoire « une priorité, un partenariat gagnant-gagnant et un modèle de réussite. » Seydou Coulibaly a espéré que des travaux sortiront de pertinentes recommandations pour consolider les acquis et dégager de nouvelles perspectives au profit de la paix, de la sécurité et pour le développement économique, social et culturel de nos deux pays. La rencontre des experts prend fin ce jeudi. Cette rencontre des experts des deux a pour objectifs d’évaluer les conclusions et recommandations de la session précédente, qui s’est tenue en 2004, mesurer les progrès réalisés et les obstacles rencontrés et envisager ensemble de nouvelles perspectives. Elle intervient après 19 ans d’hibernation marquée par de «récents malentendus» relatifs à l’affaire des 49 militaires ivoiriens, la coopération entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Cette réunion s’inscrit dans une dynamique de raffermissement et de diversification des relations de coopération qui lient les deux pays. Elle doit permettre aux deux parties de réaffirmer leur engagement et leur volonté de renforcer davantage les relations de coopération bilatérale en leur insufflant une nouvelle dynamique dans l’intérêt réciproque des deux pays. Remerciant les autorités maliennes pour l’accueil «chaleureux» qui a été réservé à sa délégation, Abdoulaye Kouyaté a espéré que « cette rencontre soit l’occasion de tourner définitivement la page de longues pauses dans une relation qui dispose pourtant de tous les leviers pour figurer au nombre des plus dynamiques dans l’histoire de la coopération Sud-Sud sur notre continent. » La grande commission mixte de coopération Mali-Côte d’Ivoire a été créée en 1977 à Abidjan. Elle devrait se réunir tous les deux ans, alternativement entre les deux pays, afin de faire le point de la coopération bilatérale. BD/MD (AMAP)

La CMDT Holding préconise les semis précoces contre les jassides à Koutiala (Sud) et Kita (Ouest)

Envoyée Spéciale Fadi CISSÉ Kita, 21 mar (AMAP) Une mission de la compagnie malienne pour le développement du textile (Holding-CMDT) a sillonné, du 16 au 18 mars, les zones de Koutiala (Sud) et Kita (Ouest) pour donner des conseils aux producteurs de coton afin de leur permettre de réussir la prochaine campagne agricole. Après l’étape de Kadiolo, le directeur des producteurs agricoles de la CMDT, Moro Diakité, s’est rendu dans les Régions de Koutiala et de Kita où il s’agissait d’informer les producteurs de coton sur l’utilité du flonicamide dans la lutte contre les jassides. Il s’agissait, également, pour M. Diakité et la forte délégation qui l’accompagnait, d’informer ces producteurs sur les dispositions prises par la CMDT pour résoudre définitivement la problématique des intrants agricoles avant la campagne prochaine. «Au Mali, nous avons la solution aux jassides et tout le monde peut faire son plan de campagne à hauteur de souhait. La problématique des jassides est derrière nous », a dit le directeur des productions agricoles. Selon lui, «iIl s’agit juste d’approvisionner correctement les producteurs pour que le produit soit disponible à tous les niveaux et c’est le cheval de bataille de la direction de la CMDT » À en croire Moro Diakité, la compagnie a anticipé sur la gestion de la problématique des engrais cette année. Sur une commande de 120.000 tonnes de complexe coton correspondant à 800.000 ha, le Mali est à plus de 50% de réception et environ 50% des engrais sont déjà livrés pour que chaque producteur puisse avoir son engrais avant le 30 mai. Concernant la problématique des jassides, le chef de mission a prodigué des conseils aux coton-culteurs. Il a recommandé le semis précoce, qui «constitue une solution aux jassides». « Les producteurs doivent respecter l’itinéraire technique qui rend le coton vigoureux contre les jassides », a-t-il conseillé. À Koutiala, l’administrateur général de la filiale Nord-Est, Ibrahima Sissoko, a dit qu’aujourd’hui, après le bilan de la campagne écoulée, cette filiale s’est engagée à relancer la culture du coton pour encore réussir la grande production cotonnière. Pour y arriver, la filiale fait en sorte que les intrants soient en place dès maintenant. «Par exemple, nous sommes à plus de 55% de réception du complexe coton et céréale contre à peu près 0% l’année dernière. Pour l’urée, nous sommes à plus de 70% de réception, ce qui rassure les producteurs», a détaillé M. Sissoko. La délégation s’est rendue dans les villages de Deresso et de Niéssoumana, pour s’assurer que les fournisseurs ont effectivement déjà commencé à livrer les intrants aux producteurs. La mission a aussi sensibilisé les paysans sur le flonicamide. À Deresso, Kadiomo Coulibaly, délégué à la production de ce village, a assuré que le magasin est fin prêt pour la campagne à venir. Selon lui, les quantités demandées (300 sacs en complexe coton et 200 sacs de complexe céréale) sont sur place. Il ne manque que les 250 sacs d’urée. «L’essentiel est fait. Et des dispositions sont déjà en cours pour faciliter l’acquisition du flonicamide afin de vaincre les jassides», s’est-t-il réjoui. À Niessoumana, les producteurs se sont, également, réjouis de la solution trouvée pour neutraliser les jassides. Ils affirment avoir réceptionné tous les engrais pour la campagne et attendent avec impatience les premières pluies pour commencer leurs activités, tout en respectant les consignes qui leur ont été données par la Holding CMDT. Après l’étape de Koutiala, la délégation a mis le cap sur le village de Founia Doumba dans la Région de Kita (Ouest). Là, également, plusieurs périmètres maraîchers ont été abandonnés à cause des jassides. Les producteurs de cette zone, qui pensaient que les jassides étaient un mal incurable, ont salué la mise à disposition du flonicamide. Ils ont souhaité que le produit leur soit vendu à un prix abordable. Auparavant, les visiteurs s’étaient rendus dans le périmètre maraîcher de Seyba Cissé qui a vu son jardin se régénérer grâce au flonicamide. Il a invité tous les producteurs de coton et exploitants de périmètres maraîchers à utiliser ce produit très efficace contre les jassides. FC/MD (AMAP)  

Transformation locale de l’arachide : Un bon filon pour les femmes

Par Anne Marie KEÏTA Bamako, 16 mar (AMAP) A côté des producteurs d’arachide qui bénéficient de plusieurs avantages liés à sa culture, les femmes qui la transforment en pâte d’arachide tirent, aussi, leur épingle du jeu. La transformation artisanale de l’arachide, une activité informelle majoritairement pratiquée par les femmes, est une manière pour elles d’avoir un revenu et subvenir aux dépenses familiales, tout en obtenant une autonomie financière. L’arachide transformée en pâte, communément appelée «Tiga-dèguè », outre son caractère incontournable dans la gastronomie malienne, génère des revenus importants allégeant ainsi le poste alimentation du budget des ménages. L’arachide constitue une filière essentielle à l’économie malienne. Elle demeure une légumineuse très appréciée et riche en nutriments. La filière a beaucoup évolué au cours de ces dernières années à travers sa transformation artisanale informelle qui conserve d’ailleurs, une place significative dans la valorisation de cette légumineuse. Dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté, les femmes sont au premier rang. Elles s’investissent dans les activités génératrices de revenus notamment dans la transformation agro-alimentaire La capacité de ces femmes instruites ou peu instruites à opérer des innovations complexes et à s’inscrire dans une logique de mobilisation de fonds pour propulser les affaires, est un facteur de réussite des actions entreprises. Beaucoup d’entre elles développent leurs activités économiques génératrices de revenus sur fonds propres en renforçant ainsi leur rôle dans la société et dans la famille. Et d’autres, par manque de moyens, s’associent en groupement ou en association pour faire la transformation. Aussi, le caractère pénible des travaux de la transformation de la pâte d’arachide oblige certaines à s’associer. Dans la ville de Kati, sur les hauteurs de Bamako, la capitale malienne, les femmes occupent une place de choix dans la transformation de l’arachide. Elles sont au début du processus jusqu’à la commercialisation du produit fini. On rencontre ces femmes un peu partout au grand marché de Kati, où elles achètent l’arachide et la transforment sur place en pâte pour ensuite la revendre. Mme Diarra Aminata Koné fait partie de ces battantes dont le quotidien est consacré à la transformation de l’arachide. La quinquagénaire, mère de quatre filles, mène cette activité depuis 10 ans. Elle en tire de quoi payer la scolarité de deux de ses filles. Les deux autres, qui ne fréquentent pas l’école faute de moyen, épaulent leur maman. Sa fille, déjà douée dans la transformation, témoigne : «C’est grâce à cette activité que notre mère ne tend plus la main.» Non loin de Mme Diarra Aminata Koné, se trouvent également les dames Sadio Coulibaly et Fanta Traoré. Très occupées, à notre passage, elles n’étaient pas disponibles pour nous parler : «On a une commande de 10 seaux de pate d’arachide à livrer avant 16 heures», nous fait savoir l’une d’elles. Il n’y a pas que les femmes non lettrées qui exercent ce métier. Maïmouna Coulibaly, titulaire d’une maitrise en droit depuis 2010, est de celles-là qui préfèrent le labeur à la facilité. Elle a perdu son mari alors qu’elle était au chômage et mère de deux enfants. Maïmouna décide alors de prendre son destin en main en se lançant dans la transformation de l’arachide. Elle a démarré avec un petit fonds de 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elle réalise un bénéfice mensuel de 75.000 Fcfa. manque de matÉriel – Au quartier mission de Kati, des femmes se sont organisées en groupement pour faire prospérer leur activité. Un mardi matin, à 7 heures, dans la cour de la présidente du Groupement de femmes transformatrices de pâte, Mme Ballo Fatoumata Diarra commence les activités en attendant l’arrivée des autres membres. Tout sourire, elle nous explique que la transformation de l’arachide est une activité pénible mais rentable. Aujourd’hui, Mme Ballo en tire des revenus importants qui lui assurent une indépendance financière. Dans ce même ordre d’idée, la présidente du groupement, Mme Kanté Emilienne Ballo, explique avoir initié cette activité pour permettre aux femmes de son entourage de se prendre en charge financièrement. «J’ai remarqué que beaucoup d’entre nous reste à la maison à ne rien faire. J’ai pensé qu’il faut une activité pour nous occuper quotidiennement et nous procurer des bénéfices pour nous permettre d’assurer notre indépendance financière », explique Mme Kanté, ajoutant que son groupe a une vocation d’entraide et de solidarité. Concernant les difficultés, la présidente confie que son groupement souffre du manque de matériel de travail. Elle a, aussi, fait savoir que le prix de l’arachide a augmenté ces derniers temps : le sac de 100 kg est passé de 65 000 Fcfa à 75 000 Fcfa. D’où la cherté de la pâte d’arachide sur le marché. Actuellement, le seau de 10 kg est vendu à 15.000 Fcfa et celui de 5 kg coûte 7 500 Fcfa. «Notre souhait le plus ardent est d’avoir des appuis financiers pour acheter la matière première et le matériel afin de pouvoir faire des stocks pour s’assurer de la continuité du travail», plaide la présidente. Par jour, ces femmes peuvent parfois transformer plus de 100 kg d’arachides et écouler une dizaine de seaux de pâte d’arachide transformée. Ce qui atteste de la bonne organisation et du sérieux au sein du groupement de femmes dans le travail. «Pour que la pâte soit de bonne qualité et appréciée par les clients, il faut veiller à l’hygiène et à la qualité de l’arachide pour la transformation», précise Mme Kanté Emilienne Ballo. Ce conseil est suivi par les autres membres. « À preuve, poursuit la présidente du groupement, les clients sont satisfaits de leurs produits. » En suivant la chaîne de valeur de transformation de l’arachide en pâte, l ;es transformatrices font, d’abord, de façon minutieuse, le tri de l’arachide à la main pour enlever l’ivraie, les cailloux, les coques et d’autres déchets. Après cette étape, elles font passer à la grillade à l’aide d’un tambour manuel posée sur le feu. Lorsque les graines d’arachide sont soigneusement grillées, sa pellicule rouge commence à se libérer. Les graines blanches sont ensuite passées à la machine pour être transformées en pâte. AMK/MD (AMAP)    

Anacardier : Cet arbre rapporte 32,5 milliards de Fcfa par an au Mali

Par N’Famaoro KEITA Bamako, 15 mar (AMAP) Le Mali produit environ 90 000 tonnes d’anacarde, qui rapportent 32,5 milliards de Fcfa ,chaque année et le secteur occupe plus de 200 000 personnes en milieu rural, selon le bilan de la campagne 2019 du Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM). Bien que marginalisée – moins de 1% de la production est transformée – la transformation des produits de l’anacarde occupe plus de 3 000 personnes dont 80% de femmes. majoritairement en milieu rural. Le document du PAFAM souligne que la filière ne bénéficie pas suffisamment de l’accompagnement de l’État, malgré son importance socioéconomique. Cette insuffisance se traduit par le faible niveau de règlementation de la filière et la faible capacité des services techniques concernés. Les autorités travaillent à améliorer la situation. Déjà, le «document de la stratégie nationale de la filière anacarde avec son plan d’action budgétisé est validé par les services techniques», nous apprend le chef de la section des cultures sèches et cultures irriguées à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Souleymane Bagayogo. Il ajoute que cette stratégie, qui est dans le circuit d’adoption du gouvernement, prend en compte tous les acteurs de la filière, des producteurs aux transformateurs, en passant par les commerçants et les transporteurs. Cultivée en zone tropicale, l’anacardier ou pommier-cajou est une espèce de plante originaire de l’Amérique tropicale. Au Mali, les producteurs ruraux le cultivent à plusieurs fins, telles que la clôture des champs, ses fruits (pomme et noix de cajou), ses écorces et ses feuilles pour leurs vertus thérapeutiques. Cet arbre est bien connu dans le Cercle de Kangaba, dans lOuest du Mali. À Dioulafoundo, dans la Commune de Nouga, la plupart des paysans disposent de centaines de pieds d’anacardiers.   VERTUS THÉRAPEUTIQUES – Madou Keïta a clôturé son jardin avec des anacardiers qui donnent de délicieux fruits, en cette période de l’année. Mais, ce sont surtout les noix qui intéressent le paysan. Il les vend pour faire face aux frais scolaires de ses enfants. Les enfants, aussi, vont dans les champs pour cueillir des pommes de cajou, en extraire les noix et les vendre aux commerçants. L’instrument de mesure utilisé pour cette vente est la boite de pate de tomate dont le plein équivaudrait à deux kilogrammes. Ainsi, une boite remplie est vendue entre 500 et 1 000 Fcfa. Amadou Diarra évolue dans l’agriculture et l’élevage, depuis des années. L’agropasteur soutient que l’anacardier est une plante exceptionnelle, un «don de Dieu à l’Afrique subsaharienne». En effet, cet arbre n’a pas besoin d’humidité et d’entretien particulier pour survivre. Et en seulement deux ans, il commence à donner des fruits. L’anacardier contribue beaucoup à la lutte contre la désertification. A cet égard, sa culture demande à être davantage valorisée. «Il faut développer le secteur agricole pour que les gens puissent s’intéresser à cette culture pour la sauvegarde de l’écosystème», prône Amadou Diarra. Et pour jouer sa partition, notre interlocuteur prépare un «nouveau champ qui sera spécialement réservé aux anacardiers». Au-delà de sa capacité à contrer l’avancée du désert, l’anacardier a des vertus thérapeutiques. Daouda Keïta nous informe que son «écorce peut guérir la toux, les maux de ventre et bien d’autres maladies». En plus, «l’anacardier peut contribuer à la sécurité alimentaire», ajoute Daouda Kéita qui regrette l’absence de «projet dans sa commune pour aider à la transformation des produits de cette plante». Le manque d’infrastructures de conservation et de transformation fait que plusieurs tonnes de pommes de cajou pourrissent dans les champs, quand elles ne sont pas ingurgitées par les animaux. Au même moment, ce fruit se vend cher à Bamako, la capitale malienne. Massaran Keïta vend des pommes de cajou, au quartier du fleuve, à 50 Fcfa, l’unité. Elle peut se faire, « chaque jour, un bénéfice de 5 000 Fcfa », nous a-t-elle dit. NK/MD (AMAP)            

Opportunités d’affaires : Le Mali intéresse des investisseurs qataris

Envoyé spécial Issa DEMBÉLÉ Doha, 10 mar (AMAP) Des hommes d’affaires qataris se rendront au Mali, après le mois de ramadan, pour y mieux cerner les opportunités d’investissement, a appris l’AMAP à la fun d’une audience accordée, jeudi, par le président du Conseil d’administration de l’Association des hommes d’affaires du Qatar, Faisal Bin Qasim Al-Thani, au Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga. Le chef du gouvernement, qui a pris part à la 5è conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés (PMA5) à Doha, au Qatar. a été reçu par le patron des patrons qataris, en présence de certains de ses collaborateurs et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. «Nous allons envoyer une équipe d’hommes d’affaires au Mali et chacun va essayer d’identifier le ou les domaines dans lesquels il peut investir», a annoncé Faisal Bin Qasim Al-Thani, à la fin de la rencontre. D’ores et déjà, des investisseurs manifestent de l’intérêt pour les secteurs de l’agriculture, de l’immobilier, du tourisme, des mines… «Durant les échanges avec le chef du gouvernement, nous avons parlé de toutes les opportunités au Mali. Lors de notre visite, nous allons voir ce qu’il faut entreprendre pour soutenir l’économie malienne, créer des emplois», a expliqué le président du conseil d’administration du Patronat qatari. Il s’est dit convaincu que «Qataris et Maliens trouveront des pistes pour pousser les relations économiques entre les deux pays». Le Premier ministre Maiga a ajouté : «Nous sommes convenus que quand les opérateurs économiques du Qatar se rendront au Mali, nous allons discuter pour mettre le focus sur les domaines d’intérêt commun. » C’est la deuxième fois que Faisal Bin Qasim Al-Thani et Choguel Kokalla Maïga s’entretiennent sur les opportunités d’investissement au Mali. Le Premier ministre a encore saisi l’occasion pour rappeler les priorités malienne, dont la sécurité. Une autre préoccupation à laquelle le Mali attend une réponse de la part des hommes d’affaires, c’est la construction de l’université de Tombouctou. Le sujet semble avoir séduit Faisal Bin Qasim Al-Thani. Son organisation est, également, prête à donner des bourses d’étude à des Maliens. Le Mali et la faîtière des hommes d’affaires du Qatar ont signé un mémorandum d’entente, il y a quelques mois. Leur ambition commune est d’instaurer des relations d’ordre stratégique sur le long terme. «Nous avons la terre, le fleuve, la jeunesse… Donc, il nous faut de gros investissements et les Qataris peuvent répondre à ce besoin. C’est donc un mariage de raison que nous voulons et qui va durer», a déclaré le chef du gouvernement malien. Choguel Kokalla Maiga a assuré que le nécessaire sera fait pour éviter que la bureaucratie ne «nous mette pas en retard». ID/MD (AMAP)

Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» : Trente-huit entrepreneurs en formation virtuelle

Bamako, 08 mar (AMAP) Des chefs d’entreprises de l’agro-alimentaire du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont débuté, lundi, à Bamako, une formation en ligne dans le cadre du Programme intitulé «Lab innova agrobusiness au Sahel», a constaté l’AMAP. «Notre institut national de commerce, pour la première fois au Mali, lance ce projet qui vise la formation professionnelle, surtout dans le domaine de l’agriculture intensive qui peut créer des milieux de poste de travail pour les Maliens», a expliqué Stefano A. Dejak, l’ambassadeur d’Italie au Mali. Les entreprises qui achèveront la formation avec succès participeront à la Foire internationale Macfrut (partenaire du projet), en mai prochain, pour, approfondir leur connaissance du marché et des entreprises italiennes. Faisant partie du Projet «Lab innova for Africa», ce programme intégré d’assistance et de formation est promu par l’Agence italienne du commerce (ITA), pour le secteur agro-alimentaire, notamment les filières mangue et tomate. L’objectif recherché est de renforcer les techniques et capacités managériales afin de consolider la compétitivité sur les marchés européens, de promouvoir l’innovation et le transfert de technologie en s’inspirant du modèle agro-industriel italien. Au total, 10 Burkinabé, 11 Maliens et 17 Nigériens prennent part aux six cessions qui durent du 6 au 17 mars 2023. Les ambassadeurs italiens dans les trois pays concernés ont pris part à l’ouverture de cette rencontre virtuelle. Le Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» vise à favoriser les partenariats et échanges commerciaux gagnant-gagnant avec les entreprises italiennes et à booster les exportations et l’industrie locale. La formation en cours est dispensée par des experts d’ITA dans un cadre dynamique enrichi par des mises en situation des partages d’expériences et des jeux de rôle. «Il s’agit d’un projet très important pour l’Italie étant donné qu’on a ouvert notre ambassade au Mali à l’été 2021. Maintenant, on a travaillé pendant un an pour bâtir des relations commerciales ». a dit le diplomate italien. Il a ajouté que ce projet de formation professionnelle est développé avec la grande foire des fruits et épices, «Macfrut», à laquelle quinze entreprises maliennes ont pris part l’année dernière. Il a signalé que son pays est le plus grand exportateur de fruits et épices de l’Union européenne (UE) et vise 450 millions de consommateurs assez riches. Stefano A. Dejak a assuré que c’est un marché avec un potentiel pour les producteurs maliens, ajoutant que c’est, cependant, « un marché ouvert uniquement aux agriculteurs qui font une production organisée pour l’exportation avec des standards à un niveau assez élevé.» « Au Mali, nous avons des fruits comme la mangue et le gingembre de bonne qualité qui offrent une meilleure demande sur le marché. C’est une marge de profit qui est énorme», a relevé Stefano A. Dejak. Il s’agit, selon lui, de mettre l’accent sur la vulgarisation, surtout, sur les produits qui ont des potentiels énormes sur les marchés européens. Pour ce faire, les producteurs doivent être formés à produire, à organiser chaque cycle de production, en visant les marchés européens. « Lab innova est initié dans ce sens », a-t-il précisé. Selon une note d’information, les entreprises retenues pour la foire internationale Macfrut, bénéficieront d’un voyage d’études de cinq jours, organisé conjointement avec Macfrut, à Rimini (Région de l’Emilie-Romagne). Au programme, des visites guidées de l’exposition et des entreprises, des rencontres B2B, des ateliers de formation en matière de Business plan et d’accès au financement et une session de coaching dispensée par les experts d’ITA pour tisser des relations avec de potentiels partenaires italiens. BBC/MD (AMAP)  

Office riz Ségou : Plus de 200 000 tonnes de céréales attendues

Ségou, 08 mar (AMAP) L’Office riz Ségou (ORS) table sur une production de plus de 203 532 tonnes, toutes céréales confondues, dont 115 721 tonnes de riz paddy, pour la campagne agricole 2023-2024, a annonce, mardi, le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, lors de la 31è session du Conseil d’administration de l’ORS. Selon m. Kelema, « l’atteinte de cet objectif de production dépendra largement de meilleures conditions pluviométriques, hydrologiques, sécuritaires et phytosanitaires. » Le secrétaire général du ministère du Développement rural a rappelé que la session se tient à une période où, le Mali traverse des moments difficiles, mais non insurmontables grâce aux efforts consentis par les autorités du pays. « Les conséquences de la guerre en Ukraine et de la Covid-19 continuent, a-t-il poursuivi, d’impacter négativement le secteur agricole, en affectant la disponibilité des intrants agricoles, particulièrement l’engrais minéral dont le prix est en hausse sur le marché. » S’y ajoute l’insécurité qui sévit encore dans toute la zone d’intervention de l’Office riz Ségou dans le Centre du Mali. À l’ordre du jour de cette session portait, notamment, sur l’adoption du procès-verbal de la 30è session, l’état d’exécution des recommandations issues de la précédente session, la présentation du rapport annuel de performance 2022 et du projet annuel de performance 2023. Le budget prévisionnel 2023 de l’ORS se chiffre à un peu plus de 2,6 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,2 milliards Fcfa en 2022, soit une diminution de 18,56%. Cette régression s’explique par la fin annoncée du Projet de développement intégré et de résilience climatique dans les plaines du delta 2 (Pdir-PD2) en avril 2023 et du Projet d’appui au développement rural de Soké 1 (Pader-S1). «Conformément à la vision du département, les actions de l’ORS se focalisent sur la promotion d’une agriculture durable, moderne et compétitive en vue de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays et améliorer les revenus des exploitants et exploitantes agricoles », a rappelé Daniel Siméon Kelema. « Pour y parvenir, la stratégie qui sous-tend cette vision s’appuie sur deux piliers à savoir la promotion des exploitations familiales pratiquant principalement une agriculture de subsistance et les entreprises agricoles connectées aux marchés», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a révélé que l’accompagnement du secteur agricole par l’État a permis aux acteurs du monde rural de bénéficier de plus de 2 386,7 tonnes d’engrais subventionnés au cours de la campagne agricole 2022 sur un besoin exprimé de 7.451 tonnes. « L’un des défis majeurs, aujourd’hui, est d’arriver à produire en quantité et en qualité tout en réduisant le coût de production ; a analysé M. Kelema qui a évoqué la nécessité, pour l’ORS, de rechercher des financements pour l’aménagement de 21 000 ha dans l’inter-fleuve, 4 650 ha de Soké II et Dioro I, la réhabilitation du réseau hydraulique de tous les complexes et des études de reconversion de 1 350 ha de Famana et d’aménagement de 2 000 ha de Mallé. La réunion s’est tenue dans les locaux de la structure, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Ségou, Afel B. Yattara, du directeur général de l’ORS, Salif Sangaré et des administrateurs. MS/MD (AMAP)

Maraîchage dans le Cercle de Diéma (Ouest) : Un tremplin pour les femmes

Diéma, 02 mar (AMAP) Le maraîchage est une culture de rente. Ces dernières années, il connaît de plus en plus un engouement dans le Cercle de Diéma. Il est surtout pratiqué par les femmes. Selon les estimations, plus de 60% des femmes pratiquent cette activité lucrative qui contribue à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne agricole est souvent tributaire des aléas climatiques. Après la période d’hivernage, ces braves femmes ne restent pas oisives, elles pratiquent le maraîchage. Avec les recettes générées, elles assurent leurs petits besoins et les charges de leurs enfants. D’autres encore constituent le trousseau de mariage de leurs filles. Celles qui participent aux tontines parviennent à honorer leurs engagements. Une partie de la production de légumes des femmes est aussi destinée à la préparation du repas familial, allégeant ainsi les frais. Dans la plupart des cas, chaque femme dispose de son petit lopin de jardin localisé dans la cour de sa maison, avec une source d’approvisionnement en eau. Parallèlement, nombreuses d’elles sont membres d’associations ou groupements de femmes et de jeunes qui exploitent des périmètres collectifs. Peu d’espaces familiaux sont décongestionnées, au point d’y trouver un espace libre pour pratiquer le maraîchage. Les parcelles, qui disposent de grands espaces, situées généralement au quartier Bamanaking, à l’Est de la ville, où le problème d’eau ne se pose pas, sont les plus verdoyantes. En cette période de l’année, les marchés sont fournis. On y trouve des légumes de tout genre : laitue, choux, carotte, échalote, tomate, betterave, pomme de terre, céleri, etc. À entendre les populations de Diéma, aujourd’hui, elles n’envient pas les produits maraîchers provenant d’ailleurs. Dans le Cercle de Diéma, les aides, en termes de renforcement de capacités, d’équipements, de semences, etc. émanant de l’État et de certaines ONG, n’atteignent pas toutes les femmes maraîchères. Certaines d’entre elles sont laissées pour compte. Plusieurs difficultés assaillent le secteur du maraîchage dans le Cercle de Diéma. La plus contraignante demeure le manque ou l’insuffisance d’eau. Les quelques mares qui existent sont complètement asséchées et les puits ne fournissent plus la quantité d’eau nécessaire. D’ailleurs, ils commencent déjà à tarir. Pour ne rien arranger, les bornes fontaines qui fonctionnent à l’électricité subissent le régime des délestages, à cause du mauvais état du seul groupe électrogène de seconde main qui alimente cette ville carrefour. Mme Assitan Diallo est maraîchère. Avec son puits à petit diamètre profond de quelques mètres, ses planches de légumes reçoivent quotidiennement de l’eau, par l’entremise d’un travailleur saisonnier qu’elle a engagé. Le céleri produit par Goundo Camara est très prisé par les consommatrices. Elle arrive, à cause de cet engouement pour sa production, à réaliser entre 5 000 et 7 500 Fcfa de recette par jour. En bonne épouse, Mme Maïmouna Samaké utilise régulièrement les légumes de son jardin pour sa propre consommation. Elle ambitionne, avec ses maigres économies, de se procurer une pompe solaire pour assurer l’approvisionnement en eau de ses planches. moyens – À Kasse-Kara, dans la Commune rurale de Groumera, une dame, qui a préféré garder l’anonymat, rapporte que le grillage qui clôturait le périmètre collectif des femmes, ne tient plus. Il a été fortement endommagé par la rouille, exposant ainsi le périmètre à la divagation des animaux. « Par méconnaissance, on a enfoncé le pourtour du grillage dans la terre. Le contact direct avec la terre a provoqué, au fil des ans, la rouille. Actuellement, chaque femme entretient sa petite parcelle », , poursuit la femme. Notre interlocutrice cultive surtout du gombo, une plante qui, selon elle, résiste mieux à la chaleur et n’a pas besoin d’assez d’eau pour croître. Depuis que son mari a refusé de lui acheter une motopompe, en représailles, elle a décidé de ne plus utiliser ses légumes dans la préparation des repas de la famille. Elle estime, pour expliquer sa grogne, que son mari ne manque pas de moyens pour lui acheter cet équipement agricole. Dans le jardin collectif d’un hectare et demi de l’association Benkady de Dioumara, dont Daly Cissé est la secrétaire administrative, sur les quatre puits existants, deux sont hors d’usage. Avec les recettes qu’elles engrangent avec la vente de légumes, ces femmes comptent refaire leurs puits et acheter du grillage pour réaménager la clôture de leur périmètre maraicher. Un conseiller communal de Gomitradougou, Kantara Magassa, se réjoui des réalisations de sa sœur qui fait du maraîchage dans sa maison, aidée par ses enfants. Comme plusieurs femmes, elle achemine ses produits à la foire hebdomadaire de Sébabougou, à 10 km. Ici, en milieu bambara, la culture du tabac est l’une des activités principales des femmes en cette période. Le premier adjoint au maire de la Commune, Modibo Sissoko, a regretté le manque de moyens de la collectivité qui ne peut pas aider les femmes maraîchères. L’État et ses partenaires ont consenti de nombreux efforts pour soutenir les femmes et les jeunes dans leurs projets mais, les résultats restent mitigés. Pour lutter efficacement contre la pauvreté et réduire le flux migratoire dans le Cercle de Diéma, il faut, selon le président de la Chambre locale d’agriculture, accroître davantage les soutiens aux femmes et aux jeunes, en finançant leur projet de développement. Boubou Traoré propose d’organiser les femmes maraîchères en coopératives, afin qu’elles puissent bénéficier de plus d’avantages. Il a invité les femmes à persévérer dans l’effort pour leur plein épanouissement. Les femmes maraîchères du Cercle de Diéma égrènent un chapelet de doléances. Elles ont besoin de forages, .’équipements, de semences et, surtout, de formation, pour plus de production, Pour cela, elles font appel à l’État, aux ONG, aux personnes de bonne volonté pour les aider à surmonter les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis belle lurette. OB/MD (AMAP)