Pêche et aquaculture à Ségou : un fleuve d’opportunités à développer
Par Mamadou SY Ségou, 17 déc (AMAP) Pratiquée presque un peu partout au Mali, notamment dans divers cours d’eau (fleuve Niger, lacs et mares), la pêche occupe une place importante dans le développement du Mali en termes de création d’emplois. Cependant, et malgré son potentiel indiscutable, il ne contribue encore que faiblement à l’économie nationale avec un Produit intérieur brut (PIB) de 2,4 %. S’agissant de la consommation annuelle de poisson par tête d’habitant, elle s’élèverait en moyenne à 10,5 kg. La capture des produits halieutiques à Ségou (Centre) ne permet pas encore d’assurer l’autosuffisance alimentaire de la population. La raison ? Des défis liés, entre autres, à la raréfaction de certaines ressources halieutiques, au changement climatique dû à la pression des activités humaines, au manque de financement et au coût élevé des intrants compromettent l’essor du secteur. Que ce soit sous un soleil de plomb ou dans le fraîcheur de la nuit, les pêcheurs embarquent chaque jour sur leurs pirogues et naviguent sur le fleuve Niger et son affluent, le Bani, à la recherche du poisson. En ce mercredi du mois de décembre, il est 8h du matin. Nous rencontrons Oumar Salamanta de retour la pêche avec quelques poissons frétillants dans son filet. Selon notre interlocuteur, il lui arrive souvent de sortir de l’eau avec 5 à 6 kilos de poissons, selon les jours. Un peu plus loin, Boureïma Koné assis dans sa pirogue, s’activait à retirer des tilapias de son filet. Tirant la majeure partie de ses revenus de la pêche, M. Koné reste préoccupé, comme bon nombre de pêcheurs, par la l’ensablement progressif du fleuve Niger, la prolifération de plastique et les effets du changement climatique qui bouleversent l’écosystème et mettent en péril les populations de poissons. « Cette situation qui n’est pas porteur d’optimisme menace gravement nos moyens de subsistance », a-t-il déploré. Les embarcations utilisées par les pêcheurs sont composées de pirogues de 4 à 10 mètres, voire plus, ainsi que des filets dormants et maillants, des sennes, éperviers et nasses. Lassine Sinayoko, un autre pêcheur note que la filière pêche à d’immenses potentialités. Cependant, elle demeure le parent pauvre des financements et manque cruellement d’attention de la part des pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie et de travail des pêcheurs. D’après le président régional des producteurs de poissons et de l’Association des pêcheurs résidant au Mali, les carpes et les silures figurent parmi les poissons les plus pêchés. Mamady Dembélé dit avoir constaté ces dernières années, la disparition de certaines espèces comme le citharinus et l’heterobranchus communément appelées «Tala» et «Polio» en langue bamanankan. Il révèle qu’actuellement la demande en poisson est forte et les pêcheurs peinent à satisfaire la clientèle à cause de la faible quantité de poisson pêchée. Contre la raréfaction des ressources halieutiques, Mamady Dembélé propose la promotion de l’aquaculture (l’élevage contrôlé des poissons dans des étangs, bassins ou des cages flottantes). « Cette pratique s’est généralisée dans la région à la demande des pêcheurs pour créer des emplois et améliorer leurs conditions vie », a-t-il fait savoir. Le président régional des producteurs de poissons a ajouté que les mares et étangs communautaires contribuent grandement au développement du secteur et à l’amélioration des revenus des pêcheurs. Comme exemple, il cite la Commune rurale de Dougoufè, dans cercle de Barouéli, où plus de 5 tonnes de poissons ont été produites. Mamady Dembélé estime que la gestion durable des ressources halieutiques passe par un renforcement des capacités des acteurs du secteur pêche et aquaculture. Pour réduire la surpêche, des mises en défens sont instaurées le plus souvent. Ce repos biologique favorise la reproduction des poissons, mais aussi le retour de certaines espèces qui avaient disparues, fait-t-il remarquer. L’État et ses partenaires ont un rôle à jouer dans la levée des obstacles. Cet appui permettra au secteur d’être plus productif, tout en préservant l’écosystème, a ajouté le président régional des producteurs de poissons. La direction régionale de la pêche de Ségou a en charge la mise en œuvre des plans et programmes, l’aménagement des pêcheries, la promotion et la valorisation des filières et productions halieutiques, le développement de l’aquaculture ainsi que la création des mises en défens dans les milieux piscicoles de l’État. D’après le chef du secteur pêche de Ségou, Baréma Koïta, la production halieutique est en constante progression dans le Cercle de Ségou. « On a pu enregistrer, cette année, 1 730 tonnes de poissons frais contre 1 694 tonnes en 2023. La crue de cette année a beaucoup favorisé la production de poissons, notamment les fretins. « La production dans le cercle dépend globalement de l’état de la crue et de la pluviométrie. Quand ces deux éléments sont réunis, on peut s’attendre à une bonne production », a expliqué M. Koïta. S’exprimant sur les contraintes, il a indiqué que le secteur est confronté au manque d’infrastructures et d’accès au financement des pêcheurs. S’y ajoutent l’insuffisance d’aménagement des pêcheries et d’effectif au niveau de la direction régionale pour assurer l’encadrement des activités de la pêche dans l’ensemble de la région et le coût élevé des intrants de pêche et d’aquaculture. Baréma Koïta soutient qu’il faut davantage développer l’aquaculture à travers l’installation de cages flottantes, de bacs hors sols et d’étangs piscicoles le long du fleuve, aménager les mares et empoissonner les plans d’eau pour réduire notre dépendance extérieure en protéines halieutiques. Le Cercle de Ségou compte plus d’une centaine d’aquaculteurs. L’un de leurs défis majeurs reste l’accès aux intrants (alevins et aliments) à moindre coût pour booster production. Le chef du secteur pêche de Ségou a, sur ce point, fait remarquer que l’État fait des efforts. Cependant, la quantité d’intrants subventionnés est insuffisante. Il suggère également de vulgariser les textes qui régissent la pêche et l’aquaculture, afin que les pêcheurs sachent ce qui est autorisé ou non. MS/MD (AMAP)
Nioro du Sahel : Tenue de la 2e session du Projet brigade verte
Nioro, 17 déc (AMAP) L’initiative présidentielle Brigade verte pour l’emploi et l’environnement, lancé officiellement en 2021, a réalisé plusieurs activités dans la région de Nioro, dans ‘Ouest du Mali, a appris l’AMAP, en marge de la deuxième session du projet. Il s’agit entre autres de la mise en place de neuf sociétés coopératives avec Conseil d’administration, l’aménagement et la mise en valeur d’un site pilote de 120 ha, la réalisation de 31 forages positifs et l’installation de huit châteaux d’eau. Cette session qui a enregistré la présence des autorités politiques, administratives, des représentants de la société civile de la Région de Nioro, portait essentiellement sur la présentation du rapport des activités menées pour la bonne marche du projet. Fruit du partenariat entre l’Italie et le Mali, « le projet vise à contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et à lutter contre le chômage des jeunes. » Le coordinateur régional du projet, Sidy Keita, a exprimer sa satisfaction par rapport à la participation de tous les acteurs impliqués. Il a invité les bénéficiaires « à prendre en compte les différentes recommandations formulées pour les populations des zones affectées par la désertification et la dégradation des terres afin d’affirmer leur résilience à travers la gestion durable des ressources naturelles. » Le gouverneur de la Région le général de brigade, Aly Annaji, a s’est réjoui de la participation de la coopération italienne, à travers l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), partenaire technique et financier « pour son appui constant ». Il a rassuré la coordination régionale de son appui constant dans la mise en œuvre des activités du projet dans la région. MD/MD (AMAP)
La Foire agricole de Sikasso : Promotion et développement de l’agriculture au chœur des débats
Sikasso, 16 déc (AMAP) « L’agriculture durable, facteur de développement économique et d’emploi pour un avenir meilleur », est le thème retenu pour la 6ème édition de la foire agricole de Sikasso (FASKO-2024) qui , du 14 au 19 décembre, au stade Babemba Traoré de Sikasso, s’emploiera à mettre en valeur les produits agricoles, à favoriser les échanges commerciaux et à développer la synergie d’action entre les acteurs agricoles. Il s’agit, aussi, de promouvoir le savoir-faire des exploitants agricoles, de donner de la visibilité au potentiel agricole de la région et de promouvoir l’adoption des technologies agricoles par les exploitants agricoles. « Le secteur agricole contribue à hauteur de 40% environ à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et emploie 80% de la population active. Moteur de la croissance économique, le secteur constitue une haute priorité pour le gouvernement du Mali qui lui consacre 10% de son budget », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema qui a presidé la cérémonie d’ouverture. M. Kelema a ajouté que la FASKO constitue un évènement majeur qui rassemble les acteurs des filières agricoles. « Elle cadre parfaitement avec la vision des plus hautes autorités de favoriser la dynamisation du marché national, la fluidification des échanges et l’intégration sous régionale des marchés agricoles et agroalimentaires », a-t-il poursuivi. Ainsi, « l’Etat est à pied d’œuvre pour instituer, en concertation avec la profession agricole, des bourses de produits agricoles primaires. » Le ministre de l’Agriculture a félicité les exploitants agricoles pour leurs efforts et les initiateurs pour la bonne organisation de la rencontre. Quant aux présidents du Conseil régional, Yaya Bamba et de l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP), Bakary Diarra, ils ont exprimé leur joie pour l’organisation de la foire. Bakary Diarra a salué, d’une part, l’engagement de la commission d’organisation et d’autre part, la forte mobilisation des participants venus de Mopti, Koulikoro, Kati… Yaya Bamba a affirmé que depuis 2012, cette foire permet au public de découvrir le génie créateur des entrepreneurs agricoles et le caractère innovant de leurs produits. Il a exhorté les femmes et les jeunes entrepreneurs porteurs de projets à faire une participation active aux échanges lors des différents panels. De son côté, le représentant de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Abdoulaye Bamba, a énuméré une série davantages de l’agriculture avant d’inviter « les jeunes à éviter l’exode rural. » Il leur a conseillés de s’intéresser à l’agriculture « car tout le monde ne peut pas devenir bureaucrate. » L’agenda de la FASKO prévoit, entre autres, des conférences-débats sur les changements climatiques, la transformation agroalimentaire… la foire agricole, des prestations artistiques, des remises d’attestions et de kits aux lauréats de la compétition des jeunes talentueux dans le domaine de l’agriculture etc. La rencontre des acteurs du monde agricole de la région est parrainée par le président de la Délégation régionale de la chambre d’industrie et de commerce de Sikasso, Abdoulaye Diawara. La cérémonie a enregistré la présence du chef de cabinet du gouverneur Bernard Coulibaly et de plusieurs invités des pays voisins dont le Burkina Faso et la Côte d’ivoire. MFD/MD (AMAP)
Crue exceptionnelle 2024 à Niafunké : Possible déficit agricole
Par Sékou A. MAIGA Niafunké, 12 déc (AMAP) Niafunké, dans le Nord du Mali, était, autrefois, appelé Cercle d’Issa Ber (grand fleuve en sonrhaï) á cause de ses grandes superficies arrosées par le fleuve Niger et ses affluents qui alimentent les nombreux mares et lacs autours desquels sont installés de milliers de personnes, à l’image des lacs Takadji, Koboro, Dagna, Tanda, Kabara, Bili 1 et 2, Soumpi, Goubo etc. Selon beaucoup de vieux sages, la crue de cette année rappelle celle de 1965, d’autres disent qu’elle pourrait même la dépasser voire de loin. Ce qui est clair, très peu de ceux de la génération des années 60 ont vu une telle crue. Elle est exceptionnelle, elle remplit et continue de remplir les mares et lacs autrefois abandonnés ou à moitié exploités à cause de la sécheresse et la rareté des eaux du fleuve. Cette situation climatique qui s’est manifestée par une grande sécheresse telle que vécue par les populations, dans les années 1973 et 1984, en réduisant fortement les zones cultivables, les zones de pâturages avec des conséquences incalculables, en termes de production agricole et de cheptel perdus durant une longue période de sécheresse caractérisée par une rareté des pluies et sa mauvaise répartition, une faible crue. L’instinct de survie aidant, les populations ont multiplié les périmètres rizicoles tout au long des rivières et passages des eaux du fleuve Niger. Cette nouvelle stratégie d’installation de périmètres rizicoles parfois sur des passages ou dans le lit du fleuve durant des années. Cette année, à la surprise générale, la crue, même tardive, a amorcée sa descente depuis juillet et se poursuit à présent, noyant ainsi plusieurs périmètres rizicoles, des mares des lacs. Il faut tout de même signaler que, que ce sont les populations qui ont occupé les passages et réservoirs d’eaux en se disant que, vu la sécheresse, les eaux, en aucun cas, ne pourront atteindre leurs installations. Les mauvaises crues et pluviométries ont été la cause de beaucoup de conflits entre agriculteurs et éleveurs et, quelques fois, avec des pêcheurs, les zones exploitables étant limitées. Chaque année, les textes de gestion de ces mares et lacs subissent des amendements sans satisfaire tout le monde. A tous ces maux, s’ajoutent la situation sécuritaire de 2012 á nos jours avec la présence de groupes armés radicaux qui imposent des lois. A Niafunké cette année, les villages de Dagodji, N’Gourouné et bien d’autres ont été contraints, en pleine campagne de fuire et d’abandonner leurs périmètres rizicoles déjà en exploitation. Le fleuve Niger ayant débordé a inondé des mares et lacs, de milliers d’hectares de terres cultivées et cultivables sont perdues. Selon le chef sous-secteur de l’Agriculture de Niafunké, le cercle dans son ancienne configuration, c’est-à-dire les 8 Communes de Soboundou, Soumpi, Léré, Dianké. Saraféré, Koumaira, N’Gorkou et Banikane, donne les chiffres suivants : En riz sur une superficie réalisée de 31 805 hectares, 6 159 sont irrécupérables ; en sorgho sur 5 260 ha, 830 sont perdus ; en mil sur 52 600 ha réalisés, on dénombre 4 519 ha perdus, soit une perte de 10 508 ha sur 89 665 ha réalisés. Face à cette situation inattendue et au possible déficit de rendement agricole et des milliers de personnes sans récoltes, le préfet du cercle, Modibo Kane Togo, a convié mercredi 27 novembre dernier tous les acteurs du secteur afin d’anticiper les risques de mauvaises récoltes dans une campagne qui serait sans doute déficitaire. A cette rencontre, l’ensemble des présidents des Unions de coopératives agricoles des Communes de Soumpi, Soboundou et Banikane ont pris part ainsi que les sous-préfets de Soumpi et Soboundou, les maires de Niafunké et de Soumpi, le chef secteur de l’Agriculture. Cette rencontre doit accoucher de stratégies afin de trouver des solutions alternatives surtout que le chef secteur Agriculture, en faisant l’état des lieux de la campagne agricole 2024-2025, a alerté les autorités et les producteurs. Le cercle connaîtra des difficultés et il a proposé, déjà, une campagne de sensibilisation des populations et des producteurs sur les réalités de la campagne. Il faut multiplier les rencontres entre producteurs á travers les unions, entre les producteurs par zone et par village pour une bonne gestion et rationnelle des récoltes. Il faut parvenir à murir la réflexion sur comment transformer les difficultés en atouts et trouver des solutions alternatives, tels que : faire des cultures de contre saison et de rente là où c’est possible; sensibiliser les producteurs afin qu’ils évitent de brader leurs récoltes, mieux organiser les paysans pour faire face à cette nouvelle réalité. A la fin de la rencontre, le préfet a appelé les acteurs à poursuivre la réflexions et lui faire des propositions, « car, dit-il, gouverner c’est prévoir. » SAM/MD (AMAP)
Bankass : 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, édition 2024
Bankass, 07 déc (AMAP) La campagne de 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles à Bankass a ete lancé, cette semaine, u service local de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, a constaté sur place l’AMAP. Cette campagne, dont le lancement été présidé par le préfet du Cercle de Bankass, le colonel Aly Sidibé, vise à renforcer la mobilisation sociale pour réduire les cas de violences faites aux femmes et aux filles au Mali. Le thème national retenu cette année est : « Rôles et responsabilités de la famille et la communauté dans la promotion des valeurs pour l’abandon des violences faites aux femmes et aux filles au Mali. » Les intervenants lors de la cérémonie de lancement : le chef de village, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), la cheffe de Service local de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille et le préfet, ont tous souligné l’importance de cette campagne. La prestation d’un troupe théâtrale sur les Violences basées sur le genre a été le temps forts de cette cérémonie de lancement auquel étaient également présent, le 2e adjoint au préfet Amadou Bayoko, le maire de la Commune de Bankass, les représentants des services techniques de l’ État, les groupements des femmes, les jeunes. AKG/MD (AMAP)
Panier de la ménagère : Les prix des légumes en forte baisse
Par Fatoumata Mory SIDIBE Bamako, 27 nov (AMAP) La contre-saison, suivant l’hivernage, marque une période prospère pour les cultures maraîchères. C’est un moment où les agriculteurs profitent des conditions climatiques plus sèches pour cultiver une variété de légumes. Dans des marchés de la capitale tels que «Wonida» à Bozola, cette période se traduit par une abondance de produits frais et une réduction notable des prix. À Bamako, la fin de la saison des pluies marque l’arrivée abondante des produits maraîchers sur les marchés. Les étals regorgent d’oignons, de tomates, de choux et de céleri, rendant ces produits à la fois disponibles et abordables pour les consommateurs. Dès qu’on pénètre dans les aires de vente, les appels des marchands se font entendre, chacun vantant la fraîcheur et la qualité de ses produits. Bako Coulibaly, une habituée du marché «Wonida» à Bozola, témoigne de l’amélioration notable de la qualité des tomates ces dernières semaines. Elle observe également une baisse significative des prix, ce qui la pousse à acheter un panier de tomates pour 2.000 Fcfa. «Je prévois de conserver ces tomates dans mon réfrigérateur pendant deux semaines, profitant ainsi de cette période de grande abondance et de prix réduits pour faire mes réserves», confie-t-elle. Sur le marché, les conversations tournent souvent autour des prix fluctuants des denrées. Mme Safiatou Diallo, habitante locale, exprime un certain optimisme à propos des légumes frais, qui deviennent plus abordables à mesure que l’année avance, avec une baisse plus notable en décembre. Elle est convaincue qu’avec un budget modeste, il est possible de faire de bonnes affaires. Pendant ce temps, Ami Ballo, une vendeuse expérimentée, constate une légère baisse du prix des oignons, qu’elle vend désormais à 550 Fcfa le kilo, une réduction par rapport au mois précédent. Cependant, elle mentionne que les oignons, principalement importés du Sénégal, sont encore coûteux, rendant difficile de proposer des prix plus bas pour les oignons locaux. Ramata Cissé exprime sa satisfaction face à la baisse récente du prix de l’oignon de 50 Fcfa par kilogramme. Elle explique que la semaine dernière, elle a acheté le kilo à 600 Fcfa, maintenant elle l’a eu à 550 Fcfa. Grâce à cette réduction, elle est ravie de pouvoir utiliser les économies réalisées pour acheter d’autres légumes comme le céleri, pour enrichir ses plats. Concernant les patates, elle se réjouit de leur prix attractif, à 125 Fcfa le kilo. LA SAISON FROIDE TRÈS ATTENDUE- De son côté, Bourama Diallo pratique avec soin l’activité de vente de légumes qu’il a héritée de sa mère. Il propose les poivrons à des prix variant entre 250 Fcfa et 500 Fcfa, selon la taille des tas. Les tomates sont également en vente, avec des prix fixés à 1.000 Fcfa et 2.000 Fcfa par sceau, selon la quantité. Pour ceux qui recherchent des haricots verts, le kilogramme est proposé à 1.500 Fcfa. En outre, il vend des boîtes de tomate concentrée à 2.000 Fcfa chacune. Bien que les prix soient actuellement élevés, Bourama espère que la saison froide, souvent synonyme d’une production accrue, entraînera une diminution des prix, rendant ses produits plus accessibles à sa clientèle. Dans le marché animé où Tata Diarra s’occupe de ses affaires, elle attire l’attention des clients avec son analyse perspicace des prix des légumes. Elle explique que le prix du chou n’a pas encore connu de baisse significative, car la période de contre-saison n’a pas encore commencé. «Actuellement, le chou est vendu en tas à 1.000 Fcfa, avec la perspective que ce prix pourrait descendre à 500 Fcfa dans les jours à venir», affirme-t-elle. En revanche, Tata note une baisse des prix pour l’aubergine africaine dont le sac de 50 kg, précédemment acheté à 12.000 Fcfa, est maintenant disponible à 10.000 Fcfa. BAISSE GÉNÉRALISÉE DES PRIX- Fatoumata Diarra est une commerçante astucieuse qui sait optimiser ses achats pour maximiser ses profits. En se rendant au marché de Wonida, elle a réussi à négocier le prix du tas de choux, le faisant passer de 1.000 à 900 Fcfa. «Cette réduction me permet de vendre chaque chou à 100 Fcfa l’unité dans mon propre quartier», soutient la bonne dame qui selon elle, assurera une marge bénéficiaire intéressante. Sa capacité à acheter en gros à un prix réduit et à revendre au détail à un prix compétitif montre sa compréhension des dynamiques du marché et son habileté à gérer son entreprise de manière rentable. Fatoumata incarne l’esprit entrepreneurial et la détermination des nombreux petits commerçants qui animent les marchés locaux. Rokia Diarra, une vendeuse passionnée installée au centre du marché, dispose, elle aussi soigneusement ses tas de céleri et de persil sur un grand pagne coloré. Pour maintenir la fraîcheur de ses produits, elle les arrose régulièrement d’eau. Actuellement, elle propose chaque tas à 250 Fcfa, un prix ajusté à la baisse par rapport aux jours précédents. Elle remarque avec un sourire que le prix du céleri est en train de diminuer, ce qui est une bonne nouvelle pour ses clients fidèles. Toujours prête à faire plaisir, Rokia offre généreusement des réductions à ceux qui achètent trois tas ou plus, encourageant ainsi ses clients à profiter de cette opportunité pour obtenir des produits frais à un prix avantageux. Mme Dramé Maman Touré se trouve non loin de la vendeuse ci-dessus. Selon elle, le prix du l’aïl a connu une baisse ce dernier temps. Ainsi, le carton de l’aïl est obtenu à 10.500 Fcfa contre 11.000 Fcfa, le mois dernier. Dans le marché de Wonida, les prix des légumes semblent connaître une baisse notable, offrant une lueur d’espoir aux consommateurs. Awa Fané, une cliente régulière, se réjouit de la diminution du coût du céleri, qu’elle achète à 500 Fcfa pour trois tas. Elle préfère ce marché en raison de ses prix compétitifs par rapport à ceux des marchés de son quartier. «Chaque lundi, ce marché devient le lieu incontournable pour me ravitailler en condiments et autres produits frais», confie Awa. La situation décrite par Amina Camara et Mme Dramé Maman Touré illustre les défis auxquels sont
Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Par Bamako, 9 oct (AMAP) En cette période, l’arachide est le produit vedette qui capte immédiatement l’attention des usagers du marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako. Les sacs d’arachides de certains commerçants grossistes et les étals surchargés des détaillants, peu soucieux de l’ordre public, débordent sur la principale voie bitumée qui traverse ce marché. Piétons et conducteurs d’engins doivent redoubler de vigilance pour éviter les accidents. Entre commerçants, la concurrence est rude : chacun interpelle, à sa manière, les passants. Dans cette zone surnommée «Bougouni place», l’arachide se vend comme du petit pain. Président du marché des arachides de Ouolofobougou, Abdoulaye Konaté, entouré de plusieurs vendeurs et revendeurs, explique que l’arachide est à la fois une denrée importée et exportée. « Avant que notre propre récolte ne débute, nous importons l’arachide de la Côte d’Ivoire. Ensuite, nous l’exportons au Sénégal, d’où les Gambiens s’approvisionnent également », explique notre interlocuteur. Il précise que la « campagne de l’arachide » commence au Mali après celle de la Côte d’Ivoire. « Ici, l’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons », dit-il. Le prix du sac d’arachide de 100 kg fluctue selon l’état du marché : vendu actuellement à 18 000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25 000 Fcfa ou descendre à 15 000 Fcfa. Et le sac de 100 kg de cacahuètes destinées à la fabrication de pâte d’arachide est vendu à 70 000 Fcfa. Abdoulaye Konaté estime que ce commerce est très bénéfique pour l’économie nationale, notamment grâce aux frais de douane qui peuvent aller jusqu’à plus de 250 000 Fcfa par camion. « Chaque camion doit s’acquitter de ces frais, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour le pays », commente le commerçant. Il note qu’une bonne partie de sa marchandise provient des Régions de Sikasso et de Bougouni, notamment des localités de Kolondièba et de Wassolo. À quelques mètres de là, Moussa Haïdara, un autre exportateur, explique que ses principaux clients sont des étrangers et des femmes locales. « Nous avons des jeunes qui se chargent d’exporter notre arachide vers le Sénégal et la Gambie », affirme-t-il. Selon lui, la qualité du produit joue un rôle déterminant dans les revenus. « Avec une arachide de bonne qualité, il n’y a pas de souci à se faire. Les clients paient le prix fort pour la qualité », assure-t-il. Cependant, des problèmes peuvent survenir, comme quand les cacahuètes pourrissent en cas de panne des véhicules de transport. Selon Moussa, la production est excédentaire cette année, ce qui permet de couvrir largement la demande locale et d’exporter vers des pays voisins, particulièrement le Sénégal. « Nos gros clients sont des Sénégalais. Certains achètent jusqu’à 60 sacs à la fois », confie-t-il. TracasserieS – Medoun Sarr, un exportateur sénégalais, fait face à d’importantes difficultés lors de l’acheminement de ses cargaisons. Bien que « les documents requis (feuille de route, certificat sanitaire, etc.) soient en règle », il se plaint des contrôles routiers fréquents qui bloqueraient les marchandises pendant des heures. « Nous obtenons ces documents qui coûtent 40 000 Fcfa auprès de transitaires agréés, mais lors des contrôles, on nous dit souvent qu’ils ne sont pas valides », se plaint-il. « Récemment, ma cargaison a fait deux jours de route à cause des douaniers. Pour éviter des pertes, j’ai été obligé de payer 500 000 Fcfa », accuse le commerçant sénégalais. Il appelle les autorités maliennes à s’impliquer pour faciliter les procédures. Massama Sidibé, un vendeur d’arachide depuis plus de dix ans, discute avec un client en français du prix des sacs d’arachide. Prenant quelques graines dans sa main pour bien le faire voir au client, il met en avant l’importance de l’exportation pour soutenir la production locale. « Le Mali ne peut pas consommer toute l’arachide qu’il produit. L’exportation est donc essentielle pour réguler les excédents et stimuler la production », soutient-il. Selon le chef de la division statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry l’arachide constitue l’un des moteurs de l’économie nationale. M. Barry estime que la promotion de cette filière peut contribuer à améliorer le Produit intérieur brut (PIB) à travers la vente de l’arachide coque et l’huile d’arachide. Et de souligner qu’en 2023, les superficies emblavées en arachide sont de 494 788 ha sur une prévision de 493 174 ha, soit 100,33% de réalisation. La production est de 454 736 tonnes en 2023 contre 442 679 tonnes en 2022, soit une hausse de 3%. Samba Barry précise que les principaux bassins de production sont les régions de Koulikoro, Kayes, Bougouni, Kita et Sikasso. FMS/MD (AMAP)
Campagne agricole 2024-2025 au Mali : Koutiala (Centre) produit sa première balle de coton
Par Envoyé spécial N’Famoro KEITA Bamako, 8 oct (AMAP) Le président directeur général (PDG) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Mamadou Moustapha Diarra, a assisté, samedi dernier, à l’usine de Koutiala (Centre), à la sortie de la première balle de coton fibre de la campagne 2024-2025. « Les producteurs doivent protéger la production contre les pluies qui sont annoncées pour perdurer. Les gestionnaires du dispositif de transport de coton graine, des champs jusqu’aux usines, doivent se mobiliser tous. Les industriels, eux-mêmes, doivent pouvoir assurer une cadence optimale afin de produire du coton de qualité, a dit M. Diarra. Il était accompagné de l’administrateur général de la filiale Nord-Est, Ousmane Sanogo et plusieurs dirigeants de la chaine coton. Les premières productions, qui ont été égrainées, sont venues des secteurs de Kimparana et de Karankana B. Le Pdg leur a tout de suite remis les factures de payement en guise d’encouragement. Pour Tidjani Dieng, chef d’usine 1 de Koutiala, la sortie de cette première balle dans son unité réconforte toute son équipe et cela relance déjà les travaux de la nouvelle campagne d’égrainage. Il a assuré que tous les membres de l’encadrement vont conjuguer leurs efforts pour égrainer le coton dans les meilleures conditions et dans le délai souhaité. Déjà, il y a eu beaucoup de sacrifices dans toute la chaine pour que ces premières productions parviennent à l’usine, a-t-il ajouté. Après avoir été témoin de la sortie de la première balle de la campagne, le Pdg de la CMDT et sa suite se sont rendus à Bandiagara 2, dans la Commune de Zangasso, pour visiter des installations de pompes, de récupération de pluies, de toilettes modernes permettant de récupérer les défécations et les utiliser en engrais. Il y a aussi des champs d’essais consistant à fertiliser des terres pauvres, en leur apportant les doses d’engrais nécessaires. Ces réalisations sont l’œuvre de la coopération brésilienne. À la fin de sa visite, le Pdg de la CMDT s’est réjoui de la sortie de cette première balle de coton qui est, selon lui, symbolique et importante. Il a appelé l’ensemble des acteurs de la chaine de transformation de coton à se mobiliser. Son message est aussi destiné à « ceux qui sont chargés d’expédier les balles aux destinations (ports) pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin d’éviter des pertes de qualité des balles pour qu’on puisse réaliser des ventes et avoir des revenus ». Mamadou Moustapha Diarra a salué les travailleurs pour leurs efforts, avant d’affirmer que la CMDT restera toujours à leur côté. « Chacun doit redoubler d’effort pour que la campagne se déroule dans le meilleur délai. J’exhorte les dirigeants de la chaine à écouter les travailleurs pour maintenir la cohésion sociale entre eux », a-t-il lancé. Et de souhaiter aussi que tous les employés se sentent propriétaires de la CMDT pour la bonne marche de la filière. Mamadou Moustapha Diarra a apprécié les installations faites à Bandiagara 2 par le partenaire brésilien. Des réalisations qui vont améliorer la productivité dans les champs, surtout en système coton. « Il y a des essais dans le champ d’expérimentation sur la fertilisation des sols et sur la gestion de l’eau. Ils sont installés sur des sols très pauvres et abandonnés, donc c’est comme un moyen de récupération des terres. Ces essais qui sont à leur 3è année permettent d’avoir de rendement à hauteur d’environ 1 tonne par essai. C’est un bon résultat », s’est félicité le PDG de la CMDT. FK/MD (AMAP)
Hivernage au Mali : Montée inquiétante des eaux
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 8 oct (AMAP) La saison des pluies de cette année est particulièrement dévastatrice aussi bien au Mali que dans la sous-région. À ce jour, la cote d’alerte de 1967 est est atteinte et même dépassée sur différentes portions des cours d’eau du Mali. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés dans les inondations à travers le Mali. Il y a 187 767 sinistrés dont certains sont logés dans des écoles. C’est donc désormais une évidence : les cours d’eau débordent et la situation hydrologique du Mali inquiète. De Banankoro, sur le fleuve Niger, à Gourbassi (Ouest) sur le Falémé, en passant par Kéniéroba et Sélingué sur le Sankarani, Koulikoro, Ségou, Ké-Macina (Centre), Diré et Ansongo (Nord) sur le Niger, l’alerte critique aux crues est déjà lancée depuis des semaines. La montée des eaux est spéculaire de Bamako, la capitale à Sofara (Centre) en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti (Centre). Selon un communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises, les précipitations enregistrées dans la Bande sahélienne et localement au nord des pays du golfe de Guinée (Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria et la Guinée Conakry) ont été supérieures de 120 à 200% aux moyennes de ces cinq dernières années. La situation hydrologique le long des fleuves Niger et Bani est marquée par la poursuite de la montée des niveaux d’eau. Une situation qui provoque déjà des débordements des eaux du cours normal par endroits. Les seuils d’alerte sont dépassés notamment à Bamako. Plusieurs zones de la capitale sont mises en vigilance rouge, indique le Centre de coordination et de gestion des crises. Il s’agit de Kalaban Coro, sur toute la partie de la station de pompage de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), Djicoroni para, de Badalabougou (sur toute la zone située entre le palais de la culture et l’ancienne ambassade du Sénégal), de la Cité du Niger surtout la zone de l’hôtel Mandé, de Sotuba zone industrielle, de la Corniche du cinquantenaire (aux alentours de la brigade fluviale). Autres localités concernées : Koulikoro (partie avale de la brigade fluviale, le village de Diarrabougou), Ségou (village de Sekoro et quartier Somono), San (Bélény Kegni. Goukoro), Djénné (Sy, Touara, Soala), Mopti ville (zone périphérique de la confluence Ban/Niger), Diré, Tombouctou (Koryoumé), Banankoro, Ké-macina et Diafarabé. A cet égard, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, secrétaire permanent du Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, invite « les populations à l’évacuation des zones riveraines car la montée continue et les apports d’eau sont très importants. » Pour mieux appréhender la situation actuelle, l’analyse des spécialistes de l’hydraulique comme le Dr Abdrahamane Sylla, spécialiste en hydrologie et observateur des cours d’eau, assure que les risques de débordement et d’inondations sont réels. « La montée des eaux continue avec une cadence très importante, ce qui présage des risques d’inondations dans les semaines à venir », alerte-t-il. Selon lui, la situation hydrologique particulière de cette année a été prédite par les services météorologiques annonçant que cette année, l’hivernage sera marqué par une pluviométrie exceptionnelle. « Ainsi, à ce jour, explique-t-il, la cote d’alerte est dépassée de 20 cm à Bamako. « Ce dépassement va continuer. Il faut noter que Banankoro (Kangaba) constitue la première station d’observation du fleuve Niger à son entrée sur le territoire malien à partir de la Guinée. À ce jour, le niveau de montée d’eau à Banankoro est estimé à 744 cm contre 508 cm en 2023, 691 cm en 2018 et 712 cm en 1967. Le seuil d’alerte étant fixé à 750 cm », explique notre interlocuteur. De la réunion du Comité interministériel de gestion de crises et catastrophes, tenue le 19 septembre dernier au Centre de coordination et gestion des crises (CECOGEC), il ressort un cumul de 377 cas d’inondations depuis le début de l’hivernage, 6 cas de vents violents, 8 cas de foudre, 30 209 cas d’effondrements et 32 822 cas de maisons à risque d’effondrement ou endommagées. Cette situation a engendré 187 767 personnes sinistrées, soit 53 417 hommes, 58 676 femmes et 75 674 enfants. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés. SEUIL D’ALERTE – Il ressort du bulletin d’information des services hydrauliques qu’à Kénieroba, à la confluence Sankarani/Niger, le niveau d’eau actuel est estimé à 608 cm contre 428 cm en 2023, 647 cm en 2018 et 650 cm en 1967, alors que le seuil d’alerte est de 650 cm. Quant au barrage de Sélingué, toujours sur le Sankarani, le niveau d’eau est estimé aujourd’hui à 346,48 m contre 346,50 m requis. À Bamako, sur le Niger, le niveau d’eau est estimé à 390 cm contre 393 cm en 2018 et 390 cm en 1967, le seuil étant de 380 cm, soit un dépassement de 10 cm. À Kayes sur le fleuve Sénégal, le niveau de l’eau est de 752 cm contre 379 cm en 2023, 587 cm en 2022 et 976 en 1967, alors que le seuil est fixé à 859 cm. À Gourbassi sur la Falémé, le niveau d’eau est aujourd’hui de 650 cm contre 377 cm en 2023, 444 cm en 2022 et 538 cm en 1967. Dr Sylla indique que cette situation présage divers types d’inondations, notamment les celles par la formation de crues torrentielles suite aux fortes pluies, les inondations par le ruissellement urbaine et agricole mais aussi les inondations par les montées d’eau ou celles liées à la crue du fleuve. Notre interlocuteur signale aussi les apports d’eau qui viennent toujours de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de façon générale des pays voisins. Pour cause, les fleuves sont interconnectés entre les pays. Parlant des lâchers d’eau qui ont commencé, il y a un mois, au niveau de différents barrages, notre interlocuteur explique que le processus se fait à travers un mécanisme bien maîtrisé par les services hydrologiques. « Ici, le mécanisme est
Kangaba : Situation de la campagne agricole 2024
Kangaba, 2 oct (AMAP) Le chef secteur de l’agriculture, Ousmane Tangara a fait, avec l’AMAP, le point de la situation de la campagne agricole 2024 dans le cercle de Kangaba, qu’il a qualifié de « relativement calme dans l’ensemble » « Sur le plan pluviométrique, la campagne a connu un démarrage tardif, une mauvaise répartition dans le temps et dans l’espace à la deuxième décade de juin et une situation normale à excédentaire du début de la première décade de juillet jusqu’au 20 septembre », a expliqué M. Tangara. Sur le plan phytosanitaire, « la situation est relativement calme dans l’ensemble. » Il faut cependant signaler la présence de chenille légionnaire d’automne du maïs. » « La situation évolutive de la campagne révèle tout de même que la campagne agricole 2024 sera jugée moyenne à cause des inondations signalées dans toutes les communes du Cercle de Kangaba, particulièrement celles riveraines », a annoncé le technicien. En tous les cas, l’objectif global de la production toutes céréales confondues est estimée à 99 685 tonnes pour une superficie de 50 827 ha. Pour les cultures maraîchères de contre saison, il est d’une superficie de plus de 2 000 ha pour une production de plus de 17 000 tonnes. S’agissant des agrumes et autres arbres fruitiers il est prévu 316 ha pour une production de plus de 48 000 tonnes. Le Cercle de Kangaba a été sérieusement frappé par les inondations. Les superficies perdues, toutes spéculations confondues sont estimées à 1 176,25 ha et les producteurs touchés sont au nombre de 457. Les hauteurs de pluies enregistrés du 1er mai au 20 septembre 2024 sont supérieurs à celles de l’année dernière à la même période. SD/MD (AMAP)

