Le Système de riziculture intense : Une réponse stratégique à l’augmentation de la production rizicole au Mali
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 18 mai (AMAP) Aliment de base incontournable, notamment en milieu urbain, le riz occupe une place prépondérante dans le régime alimentaire des Maliens. Il contribue à hauteur de 31 pour cent à la production nationale de céréales et représente environ hauteur de 5 % au produit intérieur brut (PIB) du pays. Le Mali se positionne, d’ailleurs, parmi les principaux producteurs de riz en Afrique. Pour la campagne 2023-2024, la production nationale est estimée à 3 024 000 tonnes, en légère progression par rapport aux 2 900 000 tonnes de la campagne précédente. Toutefois, en dépit de ce potentiel important et des efforts déployés, soutenus par l’engagement manifeste des plus hautes autorités, le pays continue d’importer une part significative du riz destiné à la consommation intérieure. Cette situation accentue le déséquilibre chronique de la balance commerciale. Face à cette dépendance préoccupante, le Système de riziculture intensive (SRI) se présente comme une alternative prometteuse. Cette approche innovante permettrait non seulement d’accroître les rendements du riz localement produit, mais également de réduire la dépendance aux importations. Conçu à Madagascar dans les années 1980, le SRI vise à améliorer la productivité par des changements dans les pratiques culturales plutôt que par une augmentation des intrants. Il repose notamment sur le repiquage de jeunes plants âgés de 8 à 10 jours, plantés individuellement avec un espacement large, une gestion parcimonieuse de l’eau, une aération régulière du sol par le désherbage mécanique et l’utilisation d’engrais organiques. Introduit au Mali en 2007 dans la région de Tombouctou par l’ONG Africare, le SRI a, par la suite, été étendu aux régions de Gao, Mopti (en zone maîtrisée), Sikasso (en zone pluviale), Ségou et Kayes. Cependant, malgré ses multiples bénéfices économiques, sociaux environnementaux les superficies cultivées selon cette méthode représentent à peine 2% des superficies rizicoles emblavées à l’échelle nationale, dans le cadre du Programme national de mise à l’échelle du SRI (PN-SRI), selon les statistiques présentée par le Mali lors du Forum régional sur la transformation des systèmes agricoles vers des modèles durables. Dans la région de Ségou (Centre), l’Office du Niger (ON) présente un potentiel important pour le SRI. Depuis 2017, cette méthode agricole est testée dans les sept zones de production de l’ON. D’année en année, l’Office est en train de multiplier les initiatives en vue d’une adoption à grande échelle. Auguste Drago, directeur de l’appui au monde rural de l’ON, indique que pour la campagne 2024-2025, 163 parcelles de démonstration ou champs écoles ont été mises en place, couvrant une superficie totale de 163 hectares. Au sein de ces parcelles, 2 735 producteurs ont été formés aux techniques du SRI, dont 1 500 l’ont effectivement adopté, soit un taux d’adoption de 55 %. Un chiffre significatif, que le directeur attribue à l’enthousiasme croissant des producteurs, stimulé par des campagnes de sensibilisation, des formations ciblées, l’implication des radios de proximité, ainsi que l’efficacité des démonstrations sur le terrain. Pour la campagne 2025-2026, l’ON prévoit de poursuivre ses efforts avec 137 nouvelles parcelles de démonstration, sur une superficie prévue de 229,15 hectares. L’objectif est de former 3 170 producteurs supplémentaires au SRI. L’Office Riz Ségou (ORS), dont l’expertise en matière de riziculture n’est plus à démontrer, expérimente le Système de Riziculture Intensive (SRI) depuis 2014. Cette méthode a connu un essor notable à partir de 2018 grâce au Projet Centre d’Innovations Vertes (CIV-GIZ), soutenu par la Coopération allemande. De 2018 à 2025, le nombre total de producteurs ayant bénéficié de cette approche s’élève à 5 607, pour une superficie totale d’adoption atteignant 3 760,75 hectares. Par ailleurs, 176 Champs Écoles Paysans (CEP) ont été mis en place dans le cadre de cette initiative. Selon le directeur de l’ORS, Amedé Kamaté le taux actuel d’adoption du SRI avoisine les 10 %. Il affirme que l’Office du Riz de Ségou demeure résolument engagé à poursuivre les actions de sensibilisation auprès des acteurs du secteur, dans le but de favoriser une adoption à grande échelle au cours des dix prochaines années. Pour la campagne agricole 2025-2026, une superficie de 1 100 hectares est prévue pour la mise en œuvre du SRI, tandis que 1 200 hectares sont planifiés pour la campagne suivante, en 2026-2027. Pour sa part, la cheffe de division conseil et vulgarisation agricole auprès de la directeur régionale de l’agriculture de Ségou, Dao Rokia Coulibaly rappelle que le SRI constitue l’un des axes majeurs de la stratégie de vulgarisation agricole actuelle. « La Direction nationale de l’agriculture souhaite faire un programme d’envergure, accessible à l’ensemble des producteurs. Une étude environnementale et sociale a d’ailleurs été réalisée à cet effet » a-t-elle précisé tout en soulignant que les efforts se poursuivent. DÉFIS – Toutefois, le taux d’adoption du SRI demeure relativement faible. Les acteurs attribuent cette situation à plusieurs difficultés notamment l’insuffisance de financement de l’Etat, les défis liés à la recherche, le manque d’équipements adaptés aux différentes étapes de la culture ; l’absence de formation continue, faible disponibilité tant en quantité et qu’en qualité de fumure organique ainsi que le déficit en personnel et en moyens opérationnels au sein des structures d’encadrements. A cela s’ajoutent un déficit de sensibilisation et de communication ainsi que la pénibilité du travail notamment les opérations de repiquage qui requièrent une grande minutie. Malgré ces nombreux défis certaines productrices et producteurs s’illustrent par leur engagement en faveur du Système de Riziculture Intensive (SRI). C’est le cas de Moussokoro Dembélé productrice de riz dans la zone de Molodo. Elle expérimente la méthode depuis 6 ans. « Depuis que j’ai adopté cette méthode de culture de riz, je ne suis plus revenue en arrière. Car elle est extrêmement rentable. J’ai commencé avec 0,20 hectare, aujourd’hui je suis à 1,20 hectare » confie-t-elle. Elle souligne le SRI présente de multiples tant en termes de rendement que d’économie d’eau et de semences. « les rendements sont très élevés. Depuis mes débuts, je n’ai jamais connu d’échec. La qualité du riz est telle que mes clients réservent leurs commandes avant même la récolte » affirme-t-elle avec fierté. Bakary
Nouveau PDG de la CMDT : Kouloumégué Dembélé prend les rênes
Bamako, 17 mai (AMAP) Le président de la Transition et Chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta, a nommé par décret en date du 16 mai 2025, Kouloumégué Dembélé au poste d’Administrateur Directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Il succède ainsi à Mamadou Moustapha Diarra, après dix mois à la tête de cette importante entreprise publique. Cette décision, entérinée en Conseil des ministres, jeudi, s’inscrit dans le cadre de la volonté des autorités de renforcer les piliers stratégiques du développement économique du Mali, indique-t-on. Enseignant-chercheur de carrière à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou, M. Dembélé est fin connaisseur du monde rural et agricole. Originaire de la Commune de Nafanga, dans le Cercle de Koutiala – cœur battant de la culture cotonnière malienne – il est appelé à impulser un nouveau souffle à la CMDT, dans un contexte marqué par de nombreux défis. Sa mission s’annonce capitale : assurer la cohésion au sein de l’entreprise, sauver la campagne cotonnière en cours et maintenir la place du Mali parmi les leaders africains du coton. Son arrivée intervient à un moment crucial, où la CMDT doit moderniser ses pratiques pour faire face aux effets du changement climatique et à une concurrence régionale de plus en plus accrue. MD (AMAP)
Dissolution des partis politiques : Le monde agricole informé des motivations et perspectives
Bamako, 15 mai (AMAP) Les acteurs du monde rural se sont retrouvés jeudi après-midi au Mémorial Modibo Keïta pour échanger sur le décret n°2025-0339/PT-RM portant dissolution des partis politiques et des organisations à caractère politique au cour d’une rencontre coprésidée par les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, et de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba. L’objectif était d’expliquer les raisons de cette décision, ses implications politiques et juridiques, ainsi que les perspectives pour le pays. Selon le ministre Youba Ba, cette mesure s’inscrit dans le cadre des réformes politiques issues des Assises nationales de la refondation (ANR) et du Dialogue inter-Maliens. Il a souligné qu’elle vise à assainir l’espace politique en réduisant le nombre de partis, en revalorisant le statut de l’opposition, et en interdisant le nomadisme politique. Le ministre a rappelé que cette décision découle des consultations nationales tenues jusqu’en avril 2025, ayant recommandé, entre autres, l’abrogation de la loi de 2005 sur les partis politiques et celle de 2015 sur l’opposition, la suppression du financement public des partis, et la révision de la Charte de la transition. Il a précisé que la dissolution n’est pas une abolition du multipartisme, mais une étape vers une nouvelle législation plus adaptée. Pour sa part, Daniel Siméon Kelema a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes pour consolider les acquis et répondre aux attentes du peuple malien. Il a appelé les participants à relayer la bonne information afin de bâtir un Mali uni et prospère. MS/MD (AMAP)
Décrue des cours d’eau : Un constat amer
Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 mai (AMAP) L’an dernier, les eaux du fleuve Niger avaient débordé pour remplir les rues et les maisons de certains quartiers de Bamako et ses environs. Mais ces derniers mois, la réalité était tout autre. La tendance pourrait s’inverser avec l’hivernage qui arrive Actuellement, le niveau des cours d’eau connaît une baisse substantielle sur toute l’étendue du territoire. Face à cette situation hydrologique, le déstockage des retenues des barrages de Sélingué-amont et de Manantali-amont se poursuit. Ces informations sont données par la Direction nationale de l’hydraulique (DNH) à travers ses bulletins hebdomadaires. La même source informe que les hauteurs d’eau observées en mi-avril sont supérieures à celles de l’année dernière. En général, le tarissement vertigineux des cours d’eau durant ces dernières années est préoccupant et alertant. Famadi, habitant de Djicoroni-Para, en Commune IV du District de Bamako, affirme que l’assèchement du fleuve Niger dépasse son entendement. À l’en croire, cela fait deux décennies que les riverains n’ont pas constaté une telle baisse du niveau d’eau du fleuve qui traverse la capitale de long en large. Sitan, mère de 4 enfants, renchérit qu’elle est venue dans ce quartier en 2000 après son mariage, elle n’a jamais vu le fleuve Niger tarir de la sorte. Plusieurs personnes corroborent le constat de nos deux interlocuteurs. Naturellement, la décrue des cours d’eau n’est pas un constat étonnant pendant la saison sèche. Mais quand elle s’accélère, elle peut engendrer des défis environnementaux et alimentaires. Selon les spécialistes du climat, ce phénomène est induit par le changement climatique. Le météorologue Bakari Mangané, chargé des prévisions et alertes météorologiques à l’Agence nationale de la météorologie (Mali-météo), nous édifie sur le phénomène. Selon le spécialiste, il y a des périodes où l’écoulement est très rapide, surtout en temps de forte chaleur, où le coefficient d’infiltration est très élevé. Il ajoute que le coefficient de l’évapotranspiration provoqué par des grands vents se manifeste à la surface des cours d’eau. Le phénomène est aussi dû à l’augmentation globale mondiale de la température, ce qui favorise l’accélération de ces deux coefficients. Il y a également des pratiques néfastes qui affectent les cours d’eau, tel que le dragage. Cette activité aurifère est en train de mettre les points d’eau en péril et la faune aquatique en danger. Pour remédier à ce problème très sérieux, Bakari Mangané pense qu’il faut communiquer et sensibiliser les populations. « Les gens doivent prendre conscience de la protection de notre environnement, veiller à la bonne santé des cours d’eau, construire des mini-barrages pour capter l’eau», soutient-il. MISE EN VALEUR DES COURS D’EAU – Lors de la mission de supervision du plan de campagne agricole 2025 du ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans la Région de Bougouni, les éleveurs et les pêcheurs ont beaucoup sollicité la mise en valeur des cours d’eau, en créant des points de stockages du liquide précieux à travers le pays. Selon leur explication, ceci permettra d’éviter la perte de ce potentiel généré par l’hivernage et qui s’étiole considérablement pendant la saison sèche. La stagnation des cours d’eau favorise l’agriculture, surtout les cultures maraîchères. Mais cette année, assure le directeur national adjoint de l’agriculture, les nappes souterraines ont été bien alimentées en eau suite à la bonne pluviométrie de l’hivernage passé. De ce fait, la décrue n’a pas eu d’effet négatif sur la culture de contre saison (céréales et légumes), explique Ousmane Camara. Et d’ajouter que l’abondance des eaux souterraines renforce les possibilités d’irrigation pour répondre aux besoins des cultures. Donc, la campagne de contre saison s’est déroulée dans des conditions favorables, avec une bonne disponibilité en eau qui a permis de mettre en place les cultures. Selon le bulletin de suivi des activités de contre saison à la date du 15 avril de la DNA, les céréales ont été cultivées sur 36.960 hectares, soit 64,92% des objectifs, les cultures maraîchères ont occupé 104.098 hectares, soit 107,31% des objectifs. Ce qui explique le fait que la décrue dans les zones de culture de contre saison n’a pas affecté la campagne. NK/MD (AMAP)
Dioila : Les cotonculteurs s’engagent pour la promotion de leur production coton
Dioila, 12 mai (AMAP) Les membres du nouveau bureau des cotonculteurs de Dioila ont pris l’engagement, dimanche, lors d’une Journée d’information et de sensibilisation, de promouvoir la culture du coton et de soutenir les actions de développement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Le préfet de Dioila, Alidj Bagna, représentant la marraine Mariam Coulibaly, a rappelé l’ambition du gouvernement : « Faire de l’agriculture le moteur de l’économie malienne et redonner au Mali sa noblesse d’antan, celle de grenier de l’Afrique de l’Ouest. » Il a exhorté les cotonculteurs à se préparer pour dépasser le tonnage de l’année en cours. Le président des cotonculteurs de Banco, Moussa Coulibaly, et le président de la Chambre d’agriculture de Dioila, et parrain de la cérémonie, Issa Coulibaly, ont appelé à l’union sacrée. « Améliorer le rendement à l’hectare est le seul défi à relever », ont-ils insisté, invitant les producteurs à renforcer leur collaboration. Le maire de Kaladougou, Yacouba Dowélé Marico, a salué les réformes politiques et institutionnelles de la Transition, condamnant les protestations des partis politiques contre leur suspension. « Ces réformes pour restaurer la souveraineté et la dignité du Mali ne sont pas possibles avec les politiques », a-t-il déclaré. Il a, également, assuré que les populations du Banco paieront sans contrainte les nouvelles taxes, destinées à soutenir ces objectifs. En ouverture, Souleymane Koné, représentant du chef de village de Dioila, a accueilli les participants et plaidé pour une diligence dans le paiement des frais liés au coton. Le lancement officiel des activités du nouveau bureau des cotonculteurs, marqué par une note d’espoir pour une campagne agricole fructueuse, a mis fin à la cérémonie DF/OS/MD (AMAP)
13è édition de la Bourse des semences à Sikasso : Le ministre de l’Agriculture plaide pour l’utilisation des semences de qualité à haut potentirel de rendement
Sikasso, 13 mai (AMAP) « L’utilisation des semences de qualité, à haut potentiel de rendement, par les exploitants agricoles constitue le tremplin idoine pour relever le défi de l’augmentation soutenue de la production et de la productivité agricole », a déclaré le ministre de l’agriculture, Daniel Siméon Kéléma, lors de la 13ème édition de la Bourse des semences, vendredi dernier, au stade Babemba Traoré de Sikasso. Il a poursuivi : « les semences de qualité contribuent à hauteur de 35 à 40% au rendement agricole », ajoutant que selon une étude de la Banque mondiale réalisée en 2008, l’utilisation de certaines variétés de semences hybrides peut accroître jusqu’à 50% le rendement du champ. L’évènement était organisé par l’Association semencière du Mali (ASSEMA), en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers ainsi que la direction nationale de l’agriculture, été sponsorisée par Agra. « L’institutionnalisation de l’achat des semences pour une meilleure promotion des sociétés et coopératives semencières du Mali », était le thème retenu pour la présente édition. On notait la présence du président de l’ASSEMA Moussa Sidibé, de celui de l’union des producteurs de semences du Burkina Faso Moussa Ouédraogo, de la coordinatrice de Soil values/IFDC Gnamoye Traoré, du monde rural et plusieurs acteurs du secteur des semences. Le choix de Sikasso se justifie non seulement par une forte présence de coopératives et producteurs de semences mais, aussi, par la diversité des cultures dans la région. Cette 13ème édition offre l’occasion aux organisateurs de contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers l’utilisation des semences de variétés améliorées. Elle permettra, entre autres, de développer la contractualisation dans la chaine de valeur des semences, d’élaborer des textes sur la commercialisation des semences, d’informer et de sensibiliser les acteurs sur l’importance de l’institutionnalisation dans la chaine de valeur des semences certifiées. Également, elle permettra de promouvoir l’utilisation des semences de variétés améliorées et adaptées aux changements climatiques, de créer un cadre d’échange direct entre les différents acteurs du secteur semencier (B2B). Le ministre de l’Agriculture, qui avait à ses côtés, son collègue de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille Mme Diarra Djénéba Sanogo, et la gouverneure de la Région Mme Kanté Marie claire Dembélé, a encouragé l’initiative de l’ASSEMA qui permettra de mettre en place une plateforme d’échanges et de partage d’expérience entre les professionnels du secteur semencier, les exploitants agricoles et les services techniques de promotion agricoles. Daniel Siméon Kéléma a, enfin, assuré la disponibilité de son département pour accompagner la mise en œuvre de l’ensemble des recommandations issues de la rencontre. Quant au président de l’ASSEMA. Moussa Sidibé, il a rappelé que l’organisation de la bourse des semences a débuté en 2006 à Sikasso. En plus d’être un espace d’échanges au seuil de la nouvelle campagne agricole, elle constitue une activité annuelle majeure pour l’ASSEMA et l’ensemble des acteurs semenciers. Moussa Sidibé a mis un accent particulier sur l’importance du thème. A cet effet, il a indiqué que l’institutionnalisation offre des conditions favorables à la promotion d’une industrie semencière innovante et qui répond aux besoins locaux à travers des sociétés et coopératives semencières. « En structurant l’achat des semences, les institutions peuvent nous offrir des programmes de soutien, des subventions ou des formations… L’accès aux semences de qualité et adaptées, contribue à la sécurité alimentaire en augmentant la productivité des cultures … », a expliqué M. Sidibé. Il s’est a adressé au ministre, en disant : « Nous comptons beaucoup sur votre bonne compréhension pour faire aboutir cette institutionnalisation en la confirmant très rapidement par un décret ou un arrêté afin d’alléger l’accès des marchés aux acteurs professionnels des semences au Mali ». Par ailleurs, il a remercié l’ensemble de ses partenaires pour leur accompagnement. De son côté, le président de l’Union des producteurs de semences du Burkina Faso, Moussa Ouédraogo, s’est félicité de la bonne organisation de l’évènement. Il a précisé qu’« aujourd’hui, nous devons travailler ensemble pour que si l’un des pays de l’AES est en manque de semence, l’autre puisse l’appuyer. » MFD/MD (AMAP)
Sikasso : Remise de 15 tonnes de maïs aux sinistrés des inondations de mars dernier
Sikasso, 11 mai (AMAP) Quelques 15 tonnes de maïs ont été remises, samedi, aux victimes des pluies diluviennes dans la Région de Sikasso (Sud), en mars 2025, par le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, lors d’une cérémonie symbolique dans les locaux de la Direction régionale de l’Agriculture de la ville, rapporte le département chargé de l’Agriculture dans un communiqué. Dans leurs interventions, les sinistrés bénéficiaires du don représentés par des délégués et les autorités régionales ont salué les plus autorités nationales, « pour cet élan de solidarité », et exprimé leur reconnaissance au chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta. « L’État pense à vous et apportera assistance en de telle circonstance partout au Mali », a dit le ministre de l’Agriculture. Il a, également, présenté « les condoléances des plus hautes autorités du pays », et fait observer une minute de silence en hommage aux victimes des inondations et de la situation sécuritaire que le Mali connaît. Daniel Siméon Kelema a imploré « Dieu, l’Éternel, de nous gratifier d’une bonne campagne agricole et nous épargner des fléaux. » A noter que le stockage de cette importante donation de céréales est confié à l’OPAM, au seul profit des producteurs sinistrés. On se rappelle de ces fortes précipitations liées, selon les spécialistes, au changement climatique avec son corollaire d’effets néfastes, parfois dévastateurs. Le cas enregistré à Sikasso, a occasionné de graves inondations avec une perte totale de 298 ha de cultures à travers 22 villages et fait, malheureusement, 2 morts. A la duite de cette catastrophe naturelle et face à l’urgence d’assister les populations sinistrées, le président de la Transition, chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta, a instruit d’apporter aux victimes un appui consistant de vivres, à travers le Commissariat à la Sécurité alimentaire. OS/MD (AMAP)
Serge Ekué, président de la BOAD, en visite au Mali pour renforcer la coopération bilatérale
Bamako, 9 mai (AMAP) Le Président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Serge Ekué, a été reçu ce vendredi, à Bamako, par le Premier ministre malien, le général de Division Abdoulaye Maïga pour une rencontre .introduite par le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et a permis de faire le point de la coopération entre Bamako et la BOAD, avec un accent sur les priorités du développement socio-économique du Mali. Les deux parties ont évoquées la vision « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. « Le Mali est à la fois client et propriétaire de la BOAD. Ce qui touche le Mali nous touche aussi. C’est de notre union que nous tirons notre force. Nous sommes une maison de solutions », a déclaré Serge Ekué, soulignant l’engagement de la Banque à accompagner les ambitions maliennes. Les échanges ont porté sur des secteurs stratégiques tels que l’autosuffisance alimentaire, la santé, l’éducation et l’énergie, avec une volonté d’accélérer les efforts pour renforcer la résilience du pays. L’intégration du génie militaire dans la réalisation d’infrastructures a également été abordée. Le Premier ministre Maiga a insisté sur la situation particulière du Mali, confronté à des défis nécessitant un traitement préférentiel. « Nous apprécions le soutien de la BOAD et saluons la nomination d’un Malien, Abdoulaye Daffé, au poste de vice-président », a-t-il affirmé. Serge Ekué a qualifié la coopération avec le Mali de « fructueuse », avec un portefeuille actif de 22 projets pour un montant total de 377,147 milliards de Fcfa. Ces projets se concentrent sur les infrastructures routières (6 projets, 109,647 milliards de FCFA), l’énergie et l’eau (7 projets, 124,500 milliards de FCFA), l’agriculture (8 projets, 118 milliards de Fcfa) et les logements sociaux (1 projet, 25 milliards de Fcfa). Cette rencontre a réaffirmé l’engagement commun de l’institution sous-régionale de financement du développement et le Mali pour l’intégration régionale et le développement durable, avec une attention particulière sur les priorités définies par les autorités maliennes. OS/MD (AMAP)
Courte escale à Bougouni des ministres de l’Agriculture et de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille
Bougouni, 8 mai (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema et son homologue de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille madame DIARRA Djénéba Sanogo ont effectué, ce jeudi 8 mai 2025, une escale de quelques minutes à Bougouni, alors qu’ils étaient en route pour Sikasso (Sud) dans le cadre du renforcement de capacité des femmes maraichères. Les deux ministres, qui se rendent dans la Cité du Kénédougou dans le cadre d’une visite d’échanges avec les services techniques, les organisations des femmes et les forces vives, ont été accueillis par le gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Wélé, les membres de son Cabinet et les forces de défense et de sécurité. Au cours de leur mission, ils vont effectuer des visites d’espaces maraîchers des femmes, des remises de dons en matériels pour le maraîchage pour booster la production agricole locale BHT/MD (AMAP)
Campagne agricole 2025 : Plus de 11 millions de tonnes de céréales et 682 000 de coton graine attendus
Bamako, 7 mai (AMAP) Le Mali attend, cette année 2025, exactement 11 696 721 tonnes de céréales et 682 000 tonnes de coton graine, a appris l’AMAP à la 15è session du Conseil supérieur de l’Agriculture tenu mardi, dans la salle de banquets du palais de Koulouba. Dans une présentation liminaire, le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kenema, a annoncé qu’ « en 2025, les objectifs de productions végétales visent 11 696 721 tonnes de céréales, 682 000 tonnes de coton graine, 243 280 tonnes de pomme de terre, 881 208 tonnes d’oignon/échalote et 810 900 tonnes de mangue. » « Les perspectives de production animales ciblent 15 819 tonnes de lait collecté, 203 441 tonnes de viande contrôlée, 684 722 585 œufs de consommation, 10 288 577 sujets de poulets de chair, 18 000 inséminations (races laitières). Il est prévu une production de 128 880 tonnes de poissons frais », a ajouté le chef du département de tutelle. En termes de projection, la production céréalière prévue, en 2026, est de 12 212 884 tonnes en 2026 contre 691.000 tonnes de coton. Les prévisions 2027 en production céréalière sont estimées à 12.774.176 tonnes contre 700.000 tonnes de coton, a encore dit le ministre qui a, auparavant, dressé un bilan plus ou moins satisfaisant de la campagne agricole 2024, malgré les difficultés rencontrées. Pour cette campagne 2024, les productions végétales sont, ainsi, estimées à 99% de réalisation avec un effet marqué sur lesproductions de céréales qui ont atteint 11 010 851 tonnes et 656 679 tonnes pour le coton graine. Avec 96 750 tonnes de viande contrôlée, 10 576 tonnes de lait collecté, 12 074 vaches inséminées, les productions animales ont enregistré un taux de réalisation de 68%. Dans les domaines halieutique et aquacole, la production porte sur 113 218 tonnes de poisson, soit 91% de réalisation. Sur les dix recommandations formulées lors de la 14è session, sept ont été exécutées et trois sont en cours d’exécution. À cet effet, les budgets alloués au ministère de l’Agriculture s’élèvent à un peu plus de 117, 36 millions de Fcfa en 2025, un peu plus de 147, 01 millions de Fcfa en 2026 et plus de 161,32 millions en 2027. Au titre du ministère de l’Élevage et de la Pêche, ce budget est estimé, pour les mêmes périodes, à un peu plus de 31,01 milliards de Fcfa, un peu plus de 36,72 milliards de Fcfa et plus 36,72 milliards de Fcfa. Le Commissariat à la sécurité alimentaire a un budget d’un peu plus de 13, 04 milliards de Fcfa en 2025, plus 13,33 milliards de Fcfa en 2026 et plus de 11,85 milliards de Fcfa en 2027. Le secteur primaire occupe près de 80% de la population malienne et représente 40% du Produit intérieur brut (PIB). Fort de ce potentiel, il bénéficie d’au moins 10% du budget national. « Cela dénote de la grande att ention de l’État ne cesse d’accorder à ce secteur clé comme en témoig ne, depuis plusieurs années, le Programme de subvention des intrants et des équipements agricoles », a rappelé le président Conseil supérieur de l’Agriculture, chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta. « C’est en cela que notre souveraineté nationale revêtira tout son sens. C’est la raison fondamentale pour laquelle le secteur de l’agriculture doit continuer de retenir toute notre attention, afin de pourvoir aux besoins intérieurs mais aussi de contribuer à la consolidation de la marche souveraine de l’AES qui se veut une Confédération autosuffisante sur le plan alimentaire et nutritionnel », a dit Assimi Goïta. Le chef de l’État a, aussi, réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner les producteurs à travers la subvention des intrants agricoles, la mécanisation, le soutien à la pisciculture, à l’élevage et aux exploitations familiales, notamment en facilitant l’accès au crédit, au foncier et aux technologies agricoles. À ce titre, il a annoncé les prix fixés pour la campagne 2025. Le kilogramme de coton graine (1er choix) est fixé à 300 Fcfa, le sac de 50 kg d’engrais minéraux est subventionné à 14 000 Fcfa, celui des engrais organiques à 3 000 Fcfa, le kilogramme de semences de maïs hybride à 1 500 Fcfa et celui du biostimulant ovalis à 17 500 Fcfa. En plus du ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema et ses collègues du gouvernement, on notait la présence du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla et des représentants du monde agricole. CAD/MD (AMAP)

