Cultivateurs et revendeuses de maïs frais : La bonne affaire saisonnière

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 9 sept (AMAP) La pluie du lundi dernier a bien arrosé Kalaban Coura et plusieurs autres quartiers du district de Bamako, la capitale malienne. Un vent matinal rafraichit les usagers de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keita-Sénou. Malgré la fraîcheur, des femmes reviennent des champs de maïs dans la zone aéroportuaire. Du Parc des expositions jusqu’au-delà de la direction de la Météo, il y a des champs de maïs à perte de vue. Certaines, portant sur la tête des sacs de 50 kg contenant des épis de maïs frais, semblaient à bout de souffle. D’autres, avec leur bébé au dos, portaient aussi sur la tête de vieux draps remplis de maïs. Les moins téméraires sont assises sur des sacs de maïs, en attendant l’arrivée des conducteurs de tricycles pour les transporter. Mah Diarra, se décharge de son fardeau, arrivée à quelques mètres de «la porte d’entrée de Bamako», en venant de l’aéroport. «Mon chemin s’arrête ici. Les autres continuent. Certaines viennent de Kalabancoro, de Dialacorobougou, de Diélibougou. D’autres habitent Kalaban Coura. Nous revenons des champs de maïs situés juste derrière. Tu vois les pieds de maïs ? C’est là que nous nous ravitaillons, chaque jour, en maïs pour ensuite les revendre au détail. Je fais des affaires au bord de cette route», explique la vendeuse sur un ton courtois. Sans hésiter, elle se propose de nous conduire au champ de maïs et couvre sa marchandise avec un vieux pagne. Nous empruntons une voie boueuse. Le véhicule patine. Comme pour détendre l’atmosphère et nous mettre à l’aise, Mah explique qu’elle fréquente quotidiennement ce chemin depuis le début de la récolte de maïs. «Très tôt le matin, nous nous regroupons pour aller nous ravitailler», ajoute-t-elle. Le temps passe vite. Nous voilà dans le champ de Abdou Kadr Coulibaly. Le cultivateur émerge d’une touffe de pieds de maïs et nous accueille cordialement. « Il fait partie des propriétaires de champs de maïs les plus heureux en cette période. Son champ ne désemplit pas de clientes », commente un jeune homme. Abdou Kadr Coulibaly confirme. « Je suis cultivateur. Cela fait plus de 10 ans que je cultive le maïs. Les femmes sont mes clientes. Quand le produit arrive à maturité, je les reçois tous les jours », ajoute le paysan. En effet, les revendeuses de maïs viennent ici depuis 7 heures du matin. L’affluence peut continuer jusqu’à 10 heures. Dans l’exploitation de Abdou Kadr Coulibaly, la moisson a débuté une semaine après la fête de Tabaski. « Je laisse aux femmes le soin de récolter le maïs, ensuite nous faisons le décompte», explique l’exploitant. Sur une superficie d’environ un hectare, il peut vendre entre 50.000 et 100. 000 Fcfa par jour jusqu’à la fin de la récolte. Le champ de mais de Zoumana Mariko est voisin de celui de Coulibaly. « Il sera là dans peu de temps. Comme l’état de la route est mauvais, il transporte les sacs de maïs de ses clientes sur sa moto pour les déposer au bord de la route. Ils sont ensuite acheminés à destination à bord des motos tricycles», explique une dame, rencontrée sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Mariko revient nous rejoindre. Cette année, il dit avoir cultivé deux hectares qui lui rapportent entre 150.000 et 200.000 Fcfa par jour. Celui qui exerce ce travail depuis sept ans se plaint de problèmes d’équipements agricoles et d’espace cultivable. ÉTUDIANTE VENDEUSE – A peine nous terminons les échanges avec Mariko, Fanta Diallo sort du champ. La frêle dame tire un sac de maïs de 50 kg fraichement cueillis. Etudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, elle vend du maïs au quartier Bacodjicoroni-Golf. Profitant de l’arrêt des cours, il se fait un peu d’argent. «Il faut transpirer pour avoir de l’argent», estime la jeune dame. Pour ce faire, elle se réveille tôt le matin, chaque jour, pour faire ses travaux ménagers, avant de mettre le cap sur les champs de maïs. Grâce au revenu tiré de cette activité, elle complète l’argent de la popote. «En plus, j’arrive à subvenir à mes petits besoins. J’achète entre 6.000 à 7.500 Fcfa de maïs par jour pour un bénéfice journalier variant entre 3.500 et 4.000 Fcfa. En effet, je grille le maïs pour le vendre à 100 Fcfa. Je propose aussi aux clients des maïs frais à 500 Fcfa par tas», ajoute la jeune mère. Après un temps de respiration, elle charge la marchandise sur sa moto. Direction le quartier Golf où l’attendent des clients. Pendant ce temps, Mariam Samaké attache solidement son sac de maïs frais à l’aide d’une corde. Elle vient de récolter une importante quantité pour un montant estimé à 15.000 Fcfa. Mariko a déjà déposé un sac au bord de la route principale. «Je viens de Kalaban coro. Ce commerce m’aide à joindre les deux bouts. Mon mari travaille. J’essaie de l’aider dans ses dépenses, en menant cette activité», explique-t-elle, soulignant qu’elle peut faire un bénéfice journalier de 5.000 Fcfa ou plus. Ainsi qu’elles revendent du maïs frais ou grillé, en cette saison, ces braves dames tirent leur épingle du jeu. Les propriétaires de champs, chez qui elles s’approvisionnent, se frottent, également, les mains PRODUCTION INTERIEURE – Les champs situés sur la route de l’aéroport ne sont pas les seuls fournisseurs de Bamako en maïs frais. A Missala comme à Gouana, plusieurs propriétaires de champs se frottent les mains en cette période. Sur la route appelée «Pont de Moussa Mara», il n’est pas rare de rencontrer des charretiers chargés de maïs frais en direction de Kalaban et autres quartiers de Bamako. Mariam et Fatoumata suivent une charrette en marchant. «Nous revenons de notre champ. Nous vendons la moitié du chargement en cours de route. Les gens aiment le maïs fraichement cueilli », indique Fatoumata. « Ces propriétaires de champs ne peuvent pas servir tout Bamako », analyse Mariama Sidibé, vendeuse de maïs frais à Ouolofobougou. «Bamako est également servi par Bougouni. Chaque matin, des véhicules déchargent

Lutte contre le terrorisme : Le G5 Sahel saisit un important lot de matériels dans le Gourma

Bamako, 9 septembre (AMAP) Une compagnie de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), a découvert le 26 août dernier, un important lot de matériels comprenant une vingtaine de motos, des moyens de communication et une importante quantité de carburant, abandonné par des groupes terroristes, au cours d’une opération de contrôle de zone dans le Gourma malien, après des échanges de tirs, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Selon la même source, un échelon tactique interarmes (ETIA) malien de la Force conjointe du G5 Sahel, en progression vers la ville de Kobou (Mopti) a été pris à partie par des terroristes qui ont pris la fuite après des échanges de tirs, abandonnant un important lot de matériels. La Force conjointe du G5 Sahel démontre une bonne capacité de mobilité en cette saison des pluies. «En effet, malgré des conditions météorologiques difficiles et des axes dégradés, l’ETIA a su mener à bien cette mission jusqu’à Kobou», selon notre source qui ne précise pas de victimes des deux côtés ni de blessés. La Force conjointe du G5 Sahel du G5 Sahel, forte de plus de 5.000 hommes répartis en sept bataillons, est une force régionale qui a pour mission de lutter contre les terroristes dans les régions frontalières communes aux pays membres de l’organisation régionale en étroite coordination avec toutes les forces nationales et Barkhane. BD/KM (AMAP)

Phot’Art Mali : Les photographes se donnent rendez-vous en janvier 2021 à Bamako

Bamako, 9 sept (AMAP) La 2è édition de l’inter biennale photographique, « Phot’Art Mali », dont l’appel à candidatures a été lancé, depuis le 19 août dernier, et s’étendra jusqu’au 20 octobre prochain, se déroulera du 1er décembre 2020 au 15 janvier 2021 à Bamako, au Mali, a annoncé le Réseau des photographes du Mali. Lors d’une conférence de presse, organisée la semaine dernière, en collaboration avec la Maison africaine de la Photographie, à la direction nationale de la bibliothèque et de la documentation,  le président du Réseau, Seydou Camara, a expliqué qu’à l’issue de l’appel à candidatures, le jury, composé de sept personnalités du monde des Art et de la Culture, sélectionnera les 20 meilleurs projets photographiques. Ceux-ci seront exposés à Bamako et à l’intérieur du pays pendant 45 jours. Les trois meilleurs projets seront primés. Le Comité d’organisation prévoit, également, des prix spéciaux pour encourager les photographes qui se seront illustrés par une certaine originalité dans leurs travaux. Cette année, les photographes travailleront à leur convenance. Ils ont la latitude de choisir les thématiques et officier en fonction de leurs inspirations. Cette 2è édition prévoit une grande parade de photographies du studio Malick Sidibé, en passant par les studios Abdourahmane Sakaly, Mamadou Mbaye, la Galerie médina et le Musée national du Mali. D’autres activités sont programmées, notamment les expositions, caravanes, manifestations folkloriques, visites guidées mais, aussi, les formations et l’installation d’un marché pour la vente de photos. Quatre sites sont retenus pour accueillir les expositions : la Maison africaine de la photographie, le Parc national, l’Institut français du Mali et le Centre de formation en photographie. « Créer un cadre d’échanges entre les photographes, rapprocher la photographie du grand public », est l’objectif principal de l’inter biennale, a soutenu Seydou Camara. L’édition de cette année est placée sous le signe de la reconnaissance au Dr Naomi Steuer, ancienne directrice générale de la Fondation Oumou Dilly, décédée le14 Juillet dernier en Suisse. Les initiateurs de Phot’Art Mali tiennent à rendre u hommage à cette figure pour son engagement et son apport dans la réussite de la première édition de l’évènement. Pour Mamadou Cissé, conseiller technique au ministère de la Culture, l’Inter biennale est une activité de création d’emplois parce qu’elle vise à susciter l’entrepreneuriat jeunes dans le domaine de la photographie. Il a, aussi, assuré les initiateurs de l’accompagnement du gouvernement, à travers la Maison africaine de la photographie. Pour sa part, le directeur général de la Maison africaine de la photographie, Tidiane Sangaré, a expliqué que l’Inter Biennale photographique est destinée à dynamiser l’espace photographique au Mai. Selon lui, elle permettra aux jeunes photographes de comprendre le mécanisme de préparation des Rencontres photographiques de Bamako. C’est, également, un outil de renforcement des capacités de nos photographes. Au-delà de son caractère formatif, l’Inter biennale permet au Mali de prouver qu’il est bien la capitale de la photographie africaine. « Cet évènement permet à notre pays de justifier sa place de leader dans la promotion et le développement du secteur photographique sur l’échiquier panafricain », a soutenu M. Sangaré Le Réseau des photographes du Mali est un groupement d’associations de photographes maliens, créé pour promouvoir et dynamiser le secteur de la photographie. AS/MD (AMAP)          

Campagne agricole 2020-2021 à Tominian : Démarrage difficile

Tominian, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021, dans le Cercle de Tominian, a connu un démarrage difficile marqué par l’installation tardive de la saison hivernale, la mauvaise répartition et l’irrégularité des pluies conduisant à un début des opérations de semis seulement dans la 2ème décade du mois de juin, selon le chef secteur de l’Agriculture de Tominian, Cheick Oumar Togo. “Compte tenue de l’irrégularité et de la mauvaise répartition des pluies, les objectifs d’emblavure ne sont pas très satisfaisants. Les entretiens des champs sont en cours”, a ajouté M. Togo. Indiquant l’état végétatif des cultures, il a note que “le mil, le riz sont au stade du tallage, le sorgho, le maïs au stade de montaison, le fonio et le niébé au stade de la ramification et l’arachide au stade de la floraison”. La campagne se déroule normalement selon le chef secteur de l’Agriculture, l’état végétatif des cultures est satisfaisant dans l’ensemble, les pluies sont régulières et l’humidité satisfaisante. Les hauteurs de pluies enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2020 sont supérieures à la celles enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2019, au niveau de tous les postes pluviométriques, exceptés Fangasso et Timissa. L’état de la végétation indique que le tapis herbacé est dominant, l’on constate la régénération de la ligneux fourragère, la forêt est dense et l’état des arbres est satisfaisant. Le secteur de l’Agriculture de Tominian rencontre des difficultés, notamment l’insuffisance numérique du personnel d’encadrement, de moyens logistiques et de fonctionnement. Il faut signaler que c’est seulement maintenant que l’engrais subventionné est disponible et est en train d’être acheminé dans les différents arrondissements. ST/MD (AMAP)

Insécurité dans le Cercle de Tominian (Centre) : Vivre la peur au ventre

Tominian, 8 sept (AMAP) Dans les Communes de Lanfiala et de Timissa, au nord du Cercle de Tominian (Centre) vivre la peur au ventre est devenu le quotidien des communautés, après les multiples attaques dans les villages frontaliers avec le Burkina Faso. Des centaines de déplacés des deux communes affectées par l’insécuritésont àLanfiala et d’autres àTimissa. En plus de cette insécurité, la Commune de Lanfiala connait plusieurs affrontements, depuis environ un mois, d’après une source locale. Des chasseurs traditionnels (donzo) qui veulent protéger les populations s’opposent àdes présumés djihadistes qui, d’après une autre source sure, sont retranchés dans les grottes du village de Tasselima, un dans la Commune de Timissa et à Matinani, village de la Commune de Lanfiala, frontalier avec le Burkina Faso. D’après des sources locales, la présence des hommes armés dans les grottes de Tasselima, qui sont le prolongement des falaises de Bandiagara dans la région de Mopti, a étéconstatée par les communautés frontalières qui auraient donnél’information aux autorités du pays. Les récentes attaques entre assaillants et dozons ont conduit ces derniersàun repli stratégique au cours duquel ils auraient enregistrétrois morts dans leurs rangs et perdu des dizaines de motos. Deux autres engins auraient étébrûlés. Côté assaillants,  il y aurait eu des pertes d’hommes sans qu’on puisse en conntaitre le nombre. Selon les autorités communales, les forces de défense et de sécuritéauraient étésaisies.   ST/MD (AMAP)

Le Commandant du théâtre des opérations Est « Maliko » prend contact avec les médias de Gao

Gao, 8 sept (AMAP) Le commandant du théâtre des opérations Est «Maliko», le colonel-major Toumani Koné, a rencontré, lundi, dans la salle de réunion du gouvernorat de Gao les hommes des médias de la région de Gao, pour une prise de contact afin de mener à bien les missions sécuritaires qui lui sont assignées. Nombreux au rendez-vous, ont demandé à l’officier qu’elle était l’état des relations entre les forces de défense et de sécurité maliennes et les troupes étrangères (Barkhane et onusiennes). Le directeur de la radio « Adar-Koïma », Kader Touré, a dit que le grand souci des médias est « la sécurité de nos communautés parce que c’est notre raison d’être ». Pour lui, le problème au niveau des forces de sécurité maliennes est qu’elles préfèrent communiquer avec la presse nationale voire internationale qu’avec la presse locale qui, selon lui, « est mieux écoutée par les populations locales ». Le chef militaire a dit qu’il compte beaucoup sur le concours de la presse régionale pour la bonne marche de ses opérations dans la Région. Il a ajouté que les forces de défense et de sécurité maliennes ont des limites parmi lesquelles « la méconnaissance de la population ». Il a expliqué, aussi, les tirs de sommation pour la presse afin de relayer l’information à la population de Gao sur leurs supports. Le colonel-major Toumani Koné a souligné que les Forces armées maliennes (FAMa) et les autres forces étrangères travaillent, en étroite collaboration, pour traquer un seul et même ennemi. AT/MD (AMAP)

Conservation des Archives: Mission d’exploration dans la Région de Kayes 

Kayes, 8 sept (AMAP) Le directeur national des Archives du Mali (DNAM), Sékou Diabaté, a conduit, du 2 au 4 septembre 2020, une délégation à Kayes, en prélude  de la construction d’une direction régionale des Archives prévue en 2022. La délégation, qui s’est rendue sur les ruines de la préfecture et de la sous-préfecture, a pu constater et mesurer l’ampleur des dégâts provoqués par l’incendie des bureaux du préfet et de ses adjoints et des archives irrécupérables de la capitale de la 1ère Région administrative du Mali. « Nous sommes venus à Kayes pour voir les archives incendiées. Il s’agit, pour nous, de récupérer ce qui peut l’être, d’aider la préfecture dans la formation d’archivistes. Nous travaillons, également, sur la numérisation des dossiers page par page », a expliqué le Sékou Diabaté. Après avoir eu une séance de travail avec le préfet du cercle de Kayes, Bernard Coulibaly, les membres de la délégation de la DNAM se sont rendus dans les anciens locaux de la préfecture et de la sous-préfecture, tous situés au cœur de la ville. Ils ont été ébahis de constater des bâtiments en ruines, des documents consumés, totalement ou en partie. Dans le lot, on retrouve des archives de 1896 à nos jours, des cartes NINA (Numéro d’identification nationale), des actes administratifs et judiciaires, parmi tant d’autres. Les papiers étaient éparpillés par terre et pour visiter l’intérieur des bureaux, les visiteurs sont obligés de marcher sur tout ce fatras de papiers, aggravant le risque de perte de ces précieux documents. Ces bureaux contenaient 300 mètres linéaires (mesure des archives) de documents. Ensuite, M. Diabaté et sa délégation ont rencontré le gouverneur, l’inspecteur général de police, Mahamadou Zoumana Sidibé, avant de visiter la salle des archives. Le même spectacle de désolation attendait les visiteurs au gouvernorat de Kayes où certains documents étaient entamés par les eaux de pluie qui coule sur une partie du sol. Cependant, à la différence de l’ancienne préfecture, beaucoup de documents sont en bon état au gouvernorat. Mais les conditions de leur conservation doivent être améliorées. Les agents des archives aspirent à une amélioration de leurs conditions de travail. Une autre tâche qui attend les autorités est sans doute la reconstruction ou la rénovation des bâtiments abritant les archives. La DNAM souhaite obtenir une parcelle de 1ha200 pour construire le siège de sa direction régionale dont le coût est estimé à 403 888 388 Fcfa. Elle mise sur le Budget spécial d’investissement (BSI) pour le financement de ce projet. D’après Sékou Diabaté, le processus de création et de construction de cette direction régionale sera engagé si ses services parviennent à obtenir les documents de la parcelle avant fin mars 2021. Le gouverneur de Région s’est proposé de saisir les services compétents pour trouver une parcelle qui abritera la future direction régionale des Archives de Kayes. La préfecture, la sous-préfecture et le gouvernorat de Kayes sont considérés comme les temples des archivistes maliens. En plus des archives de la 1ère région administrative du pays, on y retrouve, également, des documents, comme le plan du Palais de Koulouba, datant de l’époque coloniale et qui retracent l’histoire de l’ancienne colonie française du Soudan, aujourd’hui Mali. Beaucoup de chercheurs, notamment des étrangers, consultent fréquemment les archives du gouvernorat et de la préfecture. L’incendie de la préfecture et de la sous-préfecture, le 13 mai 2020, est consécutif aux manifestations des populations de Kayes contre la mort d’un jeune motocycliste, Seyba Tamboura (17 ans) survenue dans la nuit du 11 au 12 mai 2020. Deux autres jeunes, Kalifa Kané (30 ans) et Bakary Traoré (12 ans) ont, aussi, trouvé la mort lors de ces troubles. C’est la deuxième fois que des manifestants s’en prennent aux bureaux de l’administration dans la Région de Kayes. En 2018, des jeunes avaient saccagé les locaux du Cercle de Kéniéba qui abritent aussi des archives très anciennes. BMS/MD (AMAP)

Bankass : Une saison des pluies prometteuse (services techniques)

Bankass, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 a démarré dans les conditions caractérisées par une accessibilité et une disponibilité des produits alimentaires sur les marchés locaux , de la main d’œuvre agricole quoique insuffisante, par endroits, compte tenu de la situation sécuritaire », a déclaré le chef secteur d’agriculture, Allaye Guindo. La situation pluviométrique est « assez favorable dans toutes les communes, une situation phytosanitaire relativement calme », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter qu’ « il faudra signaler le retrait des différents projets et programme à cause de l’insécurité, (qui) a laissé un vide, en termes d’appui des intra et de renforcement des capacités des producteurs pour la mise en place de cette campagne ». Selon la même source, un retard a été pris pour la délivrance des autorisations d’achat pour les engrais subventionnés dont le quota est très insuffisant. Malgré l’insécurité, le déplacement des producteurs vers les grandes villes, les superficies emblavées sont 5.750 ha pour le riz, 300 ha pour le maïs, 2.950 ha pour le sorgho, 146.250 ha pour le mil, 2.000 ha pour le fonio, 6.000 ha pour l’arachide et 3.200 ha pour le voandzou. La superficie totale emblavée est de 180.355 ha, toute spéculation comprise pour les cultures sèches et légumineuses. En générale, les conditions hydrométéorologiques sont meilleures à celle de l’année dernière, dans toutes les communes. Pour ce mois de septembre, les cultures sont favorables et en début épiaison. AKG/MD (AMAP)

Souleymane Koné : «Les dirigeants de la transition doivent être profondément convaincus de la nécessité du changement»

Bamako, 8 sept (AMAP) (AMAP) L’ancien ambassadeur et membre du comité stratégique du M5-RFP donne son appréciation sur les termes de référence de la concertation nationale. Il se prononce également sur les derniers développements de la situation sociopolitique du pays. L’Essor : Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du pays ? Souleymane Koné : Le contexte actuel est très difficile pour le Mali, parce que nous traversons une crise multidimensionnelle. C’est peu de le dire, parce que tout le monde voit comment nous sommes empêtrés dans cette crise depuis sept ans. La crise est sécuritaire, politique, économique, sociale. Nous avions pensé, qu’après la transition de 2012, les élections de 2013, que le plus difficile, c’était de rassembler les Maliens, les mettre au travail, créer un consensus national autour d’un objectif commun : comment relever le Mali. Malheureusement, ceux qui ont pris le pouvoir l’ont fait pour la jouissance, et non pour le rassemblement des Maliens, non pour le travail et le Mali. Pendant sept ans, on a assisté au pillage systématique de notre pays. Ce qui fait mal, c’est pendant que nous sommes en crise que les ressources destinées à l’équipement de nos soldats sont systématiquement détournées. Nos militaires étaient cantonnés dans leur propre pays. Tout était fait pour paralyser l’Armée malienne. De cette façon, on a totalement manqué de stratégie de reconquête de notre territoire, de stratégie de sortie de crise sécuritaire de façon générale. Ce que le Mali a de plus cher aussi a été atteint : le vivre ensemble construit depuis des siècles à travers l’institutionnalisation de ce que nous appelons aujourd’hui le cousinage à plaisanterie, le Sinankouya et d’autres formes de cohabitations. L’ancien régime s’est systématiquement attaqué à ce vivre ensemble en mettant les communautés les unes contre les autres ; en mettant les clans les uns contre les autres à l’intérieur des communautés. Pour en finir, depuis le nord jusqu’au centre, cette politique aussi a été menée dans le sens de la conquête ou de la conservation du pouvoir. Tous ceux qui peuvent intervenir dans la médiation, quand il y a un conflit majeur, ont été déstabilisés, delégitimés, désacralisés par l’ancien régime. L’école a été abandonnée ; la santé a été totalement ignorée et d’autres secteurs comme celui de l’agriculture ont été détruits. C’est extraordinaire que cette année nous allons passer de 400.000 tonnes de coton à 180.000 si encore… Parce que, par une politique qu’on ne peut même pas qualifier, les agriculteurs, majoritairement, ont refusé de cultiver du coton cette année. On peut prendre secteur par secteur pour se rendre compte que la destruction du pays était systématique. Voilà le contexte dans lequel, le M5-RFP s’est retrouvé en se disant que la question fondamentale pour sauver le Mali était de changer de président de la République. Pendant trois mois, nous avons voulu cette lutte pacifique, démocratique et constitutionnelle. Voilà pourquoi, nous nous sommes basés sur l’article 121 de la Constitution qui dit que lorsque la forme républicaine de l’État n’est plus respectée, le peuple a le droit à la désobéissance civile. Ce n’est pas parce qu’il y avait des institutions de la République, mais il fallait interroger leur fonctionnalité. On s’est rendu compte qu’aucune des huit institutions de la République ne fonctionnait normalement. La façon dont les jeunes militaires sont venus parachever ce mouvement pacifique du M5, qui a tenu pendant trois mois en faisant sortir des centaines de milliers de personnes sans casser, a été une leçon pour l’avenir. Non seulement pour la jeunesse malienne, mais aussi pour la jeunesse africaine, notamment dans l’espace Cedeao. L’Essor : Comment voyez-vous l’architecture, les missions et la durée de la transition ? Souleymane Koné : La mission de la transition doit être refondatrice du Mali. En trente ans, la démocratie a beaucoup apporté au Mali, c’est un fait. Il se trouve que la façon dont les pouvoirs successifs ont géré cette démocratie a laissé beaucoup d’amertume voire d’incompréhensions par rapport à l’objectif démocratique des années 90 et aux attentes de développement du pays. Ce qui a manqué surtout, c’est la façon de gouverner. L’implication citoyenne dans le processus décisionnel est devenu un problème. Nous sommes à un tournant où le citoyen ne doit plus être pris en compte, mais il doit compter. Son intervention dans l’action publique doit être la norme. Pour cela, il nous faut des institutions capables d’assurer cette participation du citoyen. Probablement, le format ou les noms de nos institutions actuelles ne vont pas changer, mais la façon d’y adhérer doit être totalement refondée. Le Mali a besoin aujourd’hui de deux choses. La première, c’est un système électoral qui doit être tel que, lorsqu’on est élu, on est sûr qu’on a été élu et qu’on représente réellement l’expression du suffrage. Pour cela, il faut revoir l’ensemble du système électoral. Deuxièmement, il faut qu’aujourd’hui chaque Malien, où qu’il se trouve, soit en mesure de défendre l’intégrité territoriale et l’unité nationale. Pour cela, il nous faut des réformes administratives, des découpages qui reflètent réellement l’adhésion des populations. Par rapport au profil, ceux qui ont parachevé la lutte du M5-RFP ont, dans leur première déclaration, dit qu’ils vont venir faire une transition politique et civile. Donc, à mon avis, le profil de la transition doit être civil. Cela dit, tous les patriotes militaires qui se sont engagés dans ce processus pour abréger la souffrance du peuple malien, pour faire en sorte que le Mali ne s’effondre pas, doivent être pleinement impliqués dans la réussite de la transition. La tâche fondamentale de la transition, c’est aussi de rassurer que ce pays, ses citoyens et leurs biens sont en sécurité. Pour cela, la transition doit doter notre armée de tout ce qu’il faut. En tout état de cause, patriotes militaires, patriotes civils doivent aller ensemble. À mon avis, il faut un Conseil législatif, en tout cas, une instance qui tient le rôle de l’Assemblée nationale, qui est dissoute. Il faut forcément un chef d’État qui assure le rôle de président, il faut un Premier ministre et un gouvernement. Mais, il faut que ce gouvernement soit le

Gao : Des élèves marchent pour leur avenir

Gao, 8 sept (AMAP) La coordination régionale des élèves et étudiants de Gao, dans le Nord du Mali, a organisé, lundi, une marche pour protester contre le blocage des négociations entre syndicats d’enseignants et autorités et la menace d’une année scolaire « blanche », a constaté l’AMAP sur place. Les nombreux élèves, toutes classes confondues, ont pris le départ du lycée Yana Maiga pour s’arrêter au gouvernorat de Gao. Les manifestants portaient des pancartes avec des messages tels que : « Les grèves incessantes des enseignants, plus jamais ça au Mali », « Nous voulons étudier. L’éducation est un droit », ou encore « Pas question d’année blanche ». Dans leurs doléances lues par le représentant du coordinateur régional de l’Association des élèves et étudiants (AEEM) de Gao, Ibrahim Ag Iwanadine, ils revendiquent « la tenue d’une rencontre urgente avec les enseignants pour avoir une solution urgente, la recherche d’une meilleure formule pour sauver l’année en cours, l’adoption de mesures de circonstance pour les élèves du Nord, particulièrement ceux de la Région de Gao afin qu’ils puissent avancer dans leurs cursus scolaires ». Parmi les doléances figurent, aussi, « l’application stricte de l’article 39, une concertation régionale des autorités avec les élèves, les enseignants, les autorités et les partenaires de l’école malienne » et l’implication des alliés de notre pays aux solutions des problèmes de l’école dans la région et, enfin, la tenue des examens de fin d’année ». « Nous avons écouté avec intérêt vos doléances qui seront transmises à qui de droit, tout en espérant que les autorités saisissent l’occasion que nous offre la tenue de la concertation nationale sur la transition pour pouvoir débattre de l’ensemble des questions importantes de la Nation dont la question de l’Education » a laissé entendre, le conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de Gao, Alhader Amadou Bella. AT/MD (AMAP)