Zone de Manantali : La campagne agricole promet

Par Makan SISSOKO Bamako, 10 sept (AMAP) Dans la zone agricole de Manantali (Région de Kayes) dans l’Ouest du Mali, les pluies ont été précoces cette année, contrairement dans certaines localités du pays. La campagne agricole a démarré en retard dans la zone de Manantali, mais cela n’a pas eu de conséquences majeures. C’est en tout cas, le constat fait par le chef de zone de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de Manantali, Boubacar Sidiki Daou. Les paysans opérant dans ce vaste secteur agricole se sont, comme à leur habitude, installés tardivement sur les superficies cultivables. Ils sèment généralement à partir du mois de juillet. «Nous avons reçu deux grandes pluies, en mai et juin, mais elles n’ont pas permis aux producteurs de commencer les cultures fluviales. Nous avons les cultures fluviales, semi-fluviales et irriguées», explique Boubacar Sidiki Daou. « En dépit de ces difficultés, la physionomie de la campagne 2020-2021 est bonne », assure le technicien. Au titre des campagnes agricoles de contre saison et de saison 2020 par exemple, « il est attendu une production totale (toutes cultures confondues) évaluée à 11.994 tonnes pour une surface totale de 4.729,5 ha », précise le chef de zone. Les paysans ont déjà exploité 2.427 ha, soit 66,67% des prévisions. Il ajoute que la part des femmes est estimée à 668 ha, soit 18,35% des prévisions et 27,52 % des superficies déjà cultivées. Des micro-barrages ont été réalisés dans les bas-fonds aménagés, notamment à Kobokoto Dibatoumania, Fadaha, Diallan, dont la superficie couvre près de 700 ha. « Les cultures ont été installées dans ces bas-fonds depuis les premières pluies », indique Boubacar Sidiki Daou. Même constat dans le périmètre de Mahina qui couvre une superficie estimée à environ 880 ha, dont 200 en cours d’exploitation. L’eau qui y coule en permanence, occupe une superficie de 530 ha, dont 110 ha de riz. Les 420 ha restants sont réservés à d’autres cultures à des fins de diversification. «Les travaux de repiquage y sont en cours. Ils continuent jusqu’en septembre. Il en est de même à Manantali», nous explique notre interlocuteur. « Certaines cultures sont au niveau des semi germinations. Le riz est, par exemple, au stade du tallage, alors que le maïs, le mil et le sorgho sont à la montaison. L’arachide et le niébé sont en phase de germination, tandis que les cultures émergentes sont au stade de la floraison et de la fructification », détaille le chef de zone. Quant à la situation phytosanitaire, elle est relativement calme, dans l’ensemble. Un cas d’attaque de chenille légionnaire avait été signalé sur une surface de deux hectares de maïs, dans le Périmètre irrigué villageois (PIV) de Kamankolé, mais il a été traité. « Aucun autre cas de maladie n’a été signalé », précise Boubacar Sidiki Daou. « L’espoir est donc permis et la production escomptée sera atteinte, si les pluies continuent jusqu’en octobre », ajoute-t-il. La réussite de la campagne en cours dépendra de la disponibilité d’engrais de qualité et en quantité suffisante. Déjà, des retards sont constatés dans l’approvisionnement de la zone en engrais subventionné. Pour le technicien, la quantité d’engrains mise à disposition est en deçà des besoins des producteurs. Sur un besoin global exprimé à 185 tonnes, seulement 30 tonnes d’engrais subventionnés sont disponibles pour le moment. « N’ayant pas d’autres choix, les producteurs ont acheté l’engrais sur le marché noir à des prix exorbitants », explique Boubacar Sidiki Daou. La zone, qui dispose huit motoculteurs, est aussi confrontée à des obstacles relatifs au labour des champs, à cause de l’insuffisance de machines. «Nous avons octroyé cinq motoculteurs aux producteurs, les trois autres appartiennent à des particuliers», détaille Boubacar Didiki Daou. Comme conséquence, « l’évolution des cultures irriguées dans les deux grands périmètres est relativement lente », constate le technicien. L’acquisition d’équipements du Centre agro-business dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Kita et environs (PDRIK) résoudra, en partie, le problème du sous-équipement des producteurs du périmètre G/H de Mahinading. Interrogé, le président de la Coopérative des exploitants agricoles du périmètre G/H de Mahinadi confirme que le déroulement de la campagne agricole est satisfaisant dans l’ensemble. « Cela, malgré les retards constatés dans l’approvisionnement des paysans en engrais », a insisté Founéké Sissoko. Selon lui, la quantité d’engrais fournie ne couvre pas les besoins mais permettra, en grande partie, d’améliorer les cultures. « Le problème d’équipements agricoles est crucial », souligne Founéké Sissoko. «Les paysans ne sont pas en mesure d’acheter les équipements cette année, parce que l’Etat n’a pas de programme de subventions», indique-t-il. Ces insuffisances ont beaucoup affecté les différentes étapes d’évolution des cultures. Conséquences : les producteurs n’évoluent pas au même rythme. Concernant le riz, par exemple, les paysans, qui ont pris de l’avance en labourant leur champ avec les charrues, sont à un niveau évolutif stable. Par contre, ceux qui ont pris du retard sont encore au stade du repiquage. Quant au maïs, il tend vers l’épiaison. « Le Projet de développement rural intégré de Kita et environs, un partenaire de l’ADRS, a apporté des équipements pour la zone dont la qualité reste douteuse », relève M. Sissoko, avant d’expliquer que deux des cinq motoculteurs mis à la disposition des producteurs n’ont pas fonctionné. Créée en 2011, Manantali est l’une des trois zones d’intervention de l’ADRS, après celles de Kayes et Kita. Elle a été restructurée en 2017. La présence de l’ADRS dans la zone de Manantali vise à contribuer au développement socio-économique des populations rurales par la réalisation des aménagements hydro agricoles et la mise en valeur des terres dans sa zone d’intervention. Pour atteindre cet objectif, la zone de Manantali a pour missions de faciliter l’organisation et le fonctionnement efficient des dispositifs d’approvisionnement en intrants des exploitations agricoles. La zone de Manantali, on le rappelle, est située dans la partie sud du Bassin du fleuve Sénégal, dans la zone d’intervention de l’ADRS. Elle couvre les 13 communes de Bafoulabé, Mahina, Bamafélé, Diokéli, Koundian, Oualia, Tomora, Diallan, Diakon, Kontéla, Sidibéla, Gounfan et Niambia. Ces communes regroupent 218 villages et plus de 200 hameaux. L’ADRS encadre, actuellement, plus de

Le colonel Assimi Goita à l’ouverture des travaux de la concertation nationale : « Nous devons laisser nos différends de côté… »

Bamako, 10 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goita, a appelé, jeudi, à Bamako, les forces vives à se donner la main pour la refondation de la Nation malienne, a constaté l’AMAP. « Nous devons laisser nos différends de côté face à cette opportunité pour bâtir les jalons d’un Mali refondé sur le travail, l’efficience, la justice sociale, un Mali paisible, créatif et solidaire où il fait bon vivre », a-t-il déclaré, dans son discours d’ouverture des travaux de trois jours de la phase finale de la concertation, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le colonel Assimi Goita a déclaré que cette concertation est l’expression des aspirations légitimes du peuple pour la refondation de la nation et donc, « une occasion pour les forces vives de prendre en compte les préoccupations du moment et de l’avenir ». « D’une manière générale, il s’agit de diagnostiquer, sans complaisance, les maux qui minent notre système démocratique afin d’adopter les mesures urgentes et nécessaires », a-t-il dit, en appelant à « l’esprit patriotique de tout un chacun pour l’adoption des bases des réforme politique et institutionnelle nécessaires à la refondation ». Selon lui, cette opportunité est la meilleure chance pour notre pays de relever les défis. « Nous sommes condamnés à réussir pour les futures générations », a-t-il dit. Et de réaffirmer : «Je tiens à renouveler notre volonté de participer à la mise place d’une architecture de la transition et, cela, dans le strict respect de la volonté du peuple malien ». A l’entrée du CICB, plusieurs personnes ne détenant pas de documents nécessaires pour l’accès et la participation aux travaux ne cessaient de se plaindre. Des participants, se réclamant de la jeunesse du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), ont tenté de forcer les barrages de sécurité. Face à leur insistance, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes. Après la fumée, la pluie qui s’est abattue sur les lieux, les choses se sont calmées. La cérémonie d’ouverture était présidée par le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, accompagné de plusieurs membres du Comité. L’événement a regroupé l’ensemble des forces vives de la Nation avec la présence de l’autorité morale du M5-RFP, l’imam Mahmoud Dicko. Plusieurs ambassadeurs étaient également présents, notamment ceux du Maroc, du Sénégal, de l’Algérie. Cinq groupes de travail ont été constitués pour examiner la feuille de route et la Charte de la Transition. La première étape de la concertation nationale sur la validation des Termes de référence (TDR) s’est tenue, samedi 5 septembre 2020, au CICB. À la fin des travaux, les propositions faites par les participants ont été soumises à un comité d’une vingtaine d’experts pour synthèse. Les experts ont remis, mardi, le résultat de leurs travaux au CNSP. Il s’agit de deux documents, une feuille de route et une charte, remis au conseiller juridique du CNSP, Youssouf Z. Coulibaly. OD/TC/AT/MD (AMAP)      

Covid-19 au Mali : 16 nouveaux cas positifs enregistrés mercredi

Bamako, 10 septembre (AMAP) Seize (16) nouveaux cas positifs à la Covid -19, ont été enregistrés mercredi, portant le total à 2898 au Mali dont 2267 guérisons et 128 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Les services sanitaires précisent  sur les 16 nouveaux cas enregistrés mercredi, 1 cas a été découvert à Kéniéba (1ère région), 1 cas à Sikasso, 3 cas à Yanfolila, 6 cas à Kadiolo (3ème région),  1 cas à Mopti (5ème région), 1 cas à Téssalit (région de Kidal), 1 cas en CI, 1 cas en CII et 1 cas en CVI du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 491 cas contact font l’objet  d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives. KM (AMAP)            

Le marché de l’arachide : Ce n’est pas « peanuts » !

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 10 septembre (AMAP) Les acteurs qui ont investi le créneau de l’arachide ne le regrettent point. La légumineuse s’écoule comme des petits pains, au grand bonheur des consommateurs et les vendeurs. Cette légumineuse, qui inonde aujourd’hui Bamako, est très prisée des habitants de la capitale malienne. Portant sur la tête des paniers ou de grandes assiettes remplies d’arachides, des vendeuses sont visibles, un peu partout, à travers la Ville des trois caïmans (Emblème de Bamako). Elles vont d’un marché à un autre, d’un quartier à un autre, de services en services, en quête de leur pain quotidien. Certaines tiennent au coin de la rue de petits étals de vente d’arachides fraîches, bouillies, grillées. Attia Dembélé est vendeuse ambulante. Elle fait de bonnes affaires avec une recette journalière estimée à 5.000 Fcfa. La marchande à la sauvette achète, généralement, le sac de 50 kg, entre 6.000 et 6.500 Fcfa, au marché de Ouolofobougou. Souvent, elle achète le sac de 100 kg dont le coût varie entre 10.000 et 12.500 Fcfa pour le revendre en détail. «Je ne me plains pas, car j’arrive à subvenir à mes besoins quotidiens grâce à cette activité commerciale», se réjouit Attia Dembélé. Egalement vendeuse au détail d’arachide, Djénéba Coulibaly dit se frotter les mains. Malgré l’abondance de la marchandise sur le marché de Bamako, elle peut vendre un sac d’arachide, par jour, pour un bénéfice net estimé à 4.000 voire 5.000 Fcfa. Pour elle, il y en a pour toutes les bourses à partir de 50 Fcfa. Comme elle, plusieurs vendeurs ou revendeurs d’arachide s’approvisionnent au marché de Ouolofobougou ou à la gare de Bougouni, communément appelé «Bougouni place». Ces marchés sont par excellence les principaux lieux de ravitaillement des revendeurs. Les ressortissants des pays voisins tels que les Sénégalais viennent s’y approvisionner également. Rencontrée à «Bougouni place», Aminata Coulibaly vient de se ravitailler. Elle spécule : «Cette année, il n’y aura pas de rupture d’arachide, vu le nombre de sacs qui descendent sur le marché, chaque jour, depuis plus d’un mois.» Pour elle, les prix sont raisonnables, le sac de 50 kg est cédé entre 6.000 et 6.500 Fcfa, contre 10.000 à 12.500 Fcfa pour celui de 100 kg. Producteur venu de Sikasso pour vendre une partie de sa production, Adama Koné abonde dans le même sens. Il estime que les Maliens ne peuvent pas consommer la quantité d’arachide que se trouve actuellement sur nos marchés. D’où la nécessité, selon lui, d’exporter une partie du produit pour éviter des pertes. « Surtout que c’est plus bénéfique de vendre aux étrangers », ajoute-t-il, précisant que sa productivité est meilleure cette année comparée à l’année passée. Malgré l’abondance de l’offre, chacun trouve son compte. «J’arrive à vendre plus de 50 sacs d’arachides. « Il y a des sacs de 100 et de 50 kg, vendus respectivement à 15.000 et 7.000 Fcfa», révèle le grossiste Bourama Niambélé, précisant qu’il préfère vendre uniquement aux Sénégalais qui mettent, selon lui, le prix. La transformatrice Assétou Koné profite de cet excès pour faire le plein. «C’est le moment propice pour constituer nos provision», reconnaît-elle. « Car, passé cette opportunité, les prix grimpent », soutient-elle. Les techniques de conservation à long terme utilisées en la matière pour éviter la putréfaction sont le séchage, le grillage, etc. L’arachide est une plante de la famille des légumineuses. Son fruit s’appelle cacahuète ou cacahouète, pois de terre, etc. Cultivée dans certaines zones notamment à Kita, Kayes et Sikasso, l’arachide contribue à la lutte contre l’insécurité alimentaire, participe à l’autonomisation des femmes. Elle rentre dans la consommation alimentaire. A ce titre, de petites unités la transforment en pâte destinée à la préparation de sauce (sauce d’arachides par exemple). La vente de la paille ou des fanes, comme fourrage génère des revenus importants pour les exploitants. «Je peux vendre 20 sacs de 50 kg et 10 sacs de 100 kg d’arachide par jour», confirme Mamadou Diakité, commerçant grossiste. On rappelle que les objectifs de production d’arachide pour la campagne agricole 2019 étaient, selon la 9e session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), estimés à 548.966 tonnes, contre 516.204 tonnes en 2018 soit une hausse de 6 %. Il était prévu d’emblaver une superficie de 552.481 ha pour atteindre cet objectif. AMK/MD (AMAP)

Diabaly (Centre) : Trois morts, cinq portés disparus dans une embuscade contre l’Armée malienne (Officiel)

Niono, 9 sept (AMAP) Une embuscade contre une patrouille militaire, de lutte contre le terrorisme, du 22ème régiment d’Alatona, a fait, mercredi, trois morts, cinq portés disparus et deux véhicules détruits, à environ 2km de leur base, dans le secteur de Diabaly, Région de Ségou (Centre), selon un bilan provisoire fourni par le ministère de la Défense et des Anciens combattants du Mali. Selon la même source, des renforts sont arrivés sur place et les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver ceux qui sont portés disparus. Selon des sources sur place, vers 18 heures, on entendait encore des tirs et des balles auraient été ramassées dans le village de Kourouma, localité non loin d’Alatona (Centre). Le département en charge de la Défense « salue avec grand respect la mémoire de ces hommes tombés en opération et morts pour le Mali dans le dur combat contre le terrorisme ». Il salue aussi « le courage des hommes engagés dans le cadre de l’opération « Maliko » et leur détermination à poursuivre leur mission. Il les assure de l’entière confiance des autorités militaires ». MS/OD/MD (AMAP)  

Campagne agricole 2020-2021 à Gao : En attendant la promesse des récoltes

Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 10 sept (AMAP) « La campagne agricole 2020-2021 démarre bien avec une pluviométrie satisfaisante dans tous les Cercles et Communes de la Région de Gao mais avec un retard accusé dans l’approvisionnement des intra agricoles subventionnés par l’Etat », a dit le directeur régional de l’Agriculture de Gao, Aliou Dicko. Pour lui, cette année, de façon générale, la pluviométrie dans la région de Gao a été plus satisfaisante que l’année passée. « Mais, cette pluviométrie varie d’une zone à une autre à cause de la répartition, qui, dans le temps et l’espace, n’est pas totalement bonne. Certaines zones ont été abondamment arrosées comme le Cercle de Gao qui a reçu 390 mm en 20 jours de pluies et même les deux Cercles de la région (Ansongo et Bourem) ont reçu de fortes précipitations », a révélé M. Dicko. « Dans le cercle de Gao, des plaines de submersion à Tacharane ont été inondées à cause de fortes orages accompagnées des eaux de ruissellements venue de loin. Dans les villages de Hamakouladji et Forgho (dans la Commune de Sonni Aliber) où se trouvent de grandes plaines de submersion contrôlée de 500 ha, les 400 ha ont été inondés par les fortes pluies », a ajouté le technicien. Les champs de riz des Cercles de Gao et Ansongo ont, également, été touchés par les inondations. De façon globale, la campagne agricole de l’année 2020-2021 se porte bien parce que dans la riziculture, tout système confondu, les pertes n’atteignent pas les 5 % », rassure le directeur régional de l’agriculture de Gao. L’état des cultures est variable pour la maitrise totale, certains sont à l’épiaison d’autres à l’étalage. Il y a deux types de submersions (contrôlée et libre) qui, cette année, évoluent ensemble « parce que certains paysans, qui cultivent sur des franges basses ou moyennes, sont à l’étalage et commencent le désherbage et ceux des hautes franges continuent à labourer », explique M. Dicko Dans tout le pays, l’Etat subventionne les intra agricoles mais avec les difficultés liées à l’état de la route et l’insécurité, l’approvisionnement a pris du retard dans la Région de Gao. Cette année, la Région a reçu 70 tonnes de l’urée qui a été utilisée par certains agriculteurs. Avant la dotation subventionnée de l’Etat, des partenaires (le Comité international de la Croix Rouge, Save the Children, la FAO et le DDRG) ont appuyé les agriculteurs « Cette année, nous craignons la forte crue qui a été constatée ces dernières années, surtout que certains continuent à labourer. Mais si les cultivateurs pratiquent le système d’irrigation d’appoint, les cultures pourront échapper à la crue’, dit notre interlocuteur. Même constat chez les cultivateurs. Abdramane Wazadi, la soixantaine, désherbe son champ d’un hectare et demi à Bagoundié (Darijoundié). Il dit que cette année, le cercle de Gao a reçu une quantité suffisante de pluies voire exceptionnelle. Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, il n’a pas souvenance d’une telle pluviométrie dans le cercle de Gao. « Cette année, l’état des cultures nous donne l’espoir que les récoltes seront bonnes parce que nous craignons aussi les poissons et la forte crue », dit-il. Il estime qu’avec une bonne récolte, sur un hectare et demi il obtenir 200 sacs de riz paddy. Son voisin, à une trentaine de minutes de marche, Mohomoudou Tchiébouri dont l’exploitation champ couvre deux hectares, à Bagoundié II, est aussi en train de désherber. « Cette année, le Cercle de Gao a enregistré une pluviométrie abondante qui se répétait et moi, du haut de mes 68 années, je peux dire qu’il y a 18 ans que Gao n’a pas reçu d’aussi fortes pluies », dit-il. « Les autres années, sur les deux hectares, je peux avoir dix à vingt sacs de riz paddy. Mais avec la pluviométrie de cette année, j’ai l’espoir de gagner plus », a ajouté le vétéran. Mme Maiga Mariam Maiga, une veuve, que nous avons rencontrée, est dans le champ que ses enfants ont hérité de leur père et qui trouve vers l’ancienne route de Gao. Elle désherbe la parcelle champ, l’eau jusqu’à la hanche. « Ce travail, elle s’y connaît’, dit-elle. Elle désherbe les champs de ses enfants et d’autres cultivateurs et. à la fin des récoltes, elle gagne un sac de paddy jugée comme le prix de l’effort d’une personne. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : La phase finale de la concertation nationale débute ce jeudi

Bamako, 9 septembre (AMAP) La concertation nationale débute, jeudi, et s’étendra jusqu’au 12 septembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB) avec la participation des délégués nationaux et ceux de la diaspora, qui plancheront sur l’architecture de la Transition, ses missions ainsi que sa durée. La liste des participants à cette concertation, déjà large, inclura les partis politiques, la presse, les syndicats, les organisations de la société civile, les mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. L’événement est placé sous la présidence du président du CNSP, Colonel Assimi Goïta. La première étape de la concertation nationale sur la validation des Termes de référence (TDR) s’est tenue, samedi 5 septembre 2020, au CICB. À la fin des travaux, les propositions faites par les participants ont été soumises à un comité d’une vingtaine d’experts pour synthèse. Les experts ont remis, mardi, le résultat de leurs travaux au CNSP. Il s’agit de deux documents, une feuille de route et une charte, remis au conseiller juridique du CNSP, Youssouf Z. Coulibaly. TC/MD (AMAP)

Mali : dur, dur pour les tisserands de Ségou

Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 9 sept (AMAP) Les tissus importés et la friperie ont ravi la vedette à l’étoffe tissée. La fermeture de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) et des frontières avec le Burkina Faso ont achevé de plomber l’activité de ces valeureux tisserands qui perpétuent une tradition millénaire. Quatrième région administrative du Mali, Ségou peut se targuer d’être une plaque tournante de la production du textile. Avec ses multiples organisations et centres qui promeuvent le tissu traditionnel, la Cité des Balanzans séduit et émerveille encore bon nombre de visiteurs et férus de produits «Made in Mali». Le Village artisanal de Ségou est un joyau architectural et un centre dédié à la filature, la teinture, la coupe, la couture… Dans ce temple de la créativité, les tisserands perpétuent un savoir-faire millénaire. Ici, des hommes et des femmes accomplissent un travail d’orfèvre. Ils tissent des fils pour en faire des étoffes de qualité destinées à l’habillement, mais aussi des couvertures, des rideaux, des serviettes, de splendides boubous « niaga » et « saran », du pagne rayé « koba » et des supports bogolan. Par un matin un peu frisquet, nous rencontrons Yacouba Diarra, au Village artisanal de Ségou. Marié et père de 5 enfants, ce tisserand a fait ses premières armes au Burkina Faso avant de retourner au bercail. Depuis que la COMATEX a mis la clé sous la porte, le 3 août, la pénurie de fils à tisser est devenue une préoccupation majeure pour Yacouba Diarra et l’ensemble des tisserands de Ségou. La voix de notre interlocuteur trahit une certaine forme de morosité. «Nous n’avons pas de fils à tisser. L’activité est presque à l’arrêt à cause du manque de cette matière première», explique le tisserand. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil à l’atelier de tissage. Ici, des métiers à tisser qui, pour la plupart tournaient à plein régime et produisaient des crissements stridents, ont cédé rapidement la place à un silence de cathédrale. Selon Yacouba Diarra, l’embargo de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a sonné le glas du secteur. En effet, la cargaison contenant des fils à tisser en provenance du Burkina Faso, n’a pas pu être acheminée à Ségou, à cause du blocus imposé à notre pays. Pour les acteurs du secteur, c’était l’unique planche de salut pour reprendre le travail. Aujourd’hui, le quotidien des tisserands s’avère moins rassurant. L’heure est à la déprime et l’activité est plombée par l’atmosphère ambiante. « Mais, fait remarquer notre interlocuteur, les difficultés rencontrées par les artisans ne datent pas d’aujourd’hui ». Yacouba Diarra déplore l’attrait de nos concitoyens pour les produits importés au détriment des produits locaux. Il est nécessaire, selon lui, que les autorités donnent l’exemple. Pour cela, elles doivent être animées de cette fibre patriotique en adoptant une approche globale de promotion de nos étoffes locales. Le tisserand rappelle qu’en 2005, le président de l’Assemblée régionale de Ségou avait exigé que tous les maires de la région s’habillent en pagne tissé. «En ce temps-là, le marché était florissant», se souvient-il. A quelques encablures de là, dans une autre salle, installé sur la banquette du métier à tisser, Ibrahim Konaté ainsi que deux autres tisserands reproduisent les gestes anciens de nos ancêtres. Les cliquetis de la navette jouent une musique qui tranche d’avec l’atmosphère des lieux. Ces cliquetis ne semblent pas déranger Oumou Diallo et Mariam Diarra. Assises à califourchon, les deux femmes enroulaient des fils de chaîne sur plusieurs bobines avec beaucoup d’entrain. Ibrahim Konaté confesse que ce travail lui procure une grande satisfaction et lui permet de subvenir à ses besoins. La barbe grisonnante et une casquette sur la tête, le formateur en tissage, Séga Diallo déplore la cherté du fil à tisser vendu à l’usine COMATEX. Il fait remarquer qu’un paquet de fils à tisser de 900 g, à l’état naturel, coûte 3.000 Fcfa. «Pour faire une chemise, il faut débourser, au moins, 2.000 Fcfa pour l’achat de fils. Sans compter la main d’œuvre du tisserand dont le travail titanesque met le corps à rude épreuve. C’est ce qui explique le coût élevé du tissu traditionnel», précise Séga Diallo. « Des années 90 à nos jours, renchérit-il, le tissu « niaga » a toujours été prisé par la clientèle pour ses motifs d’ondulation. «Généralement, on le met dans le trousseau de mariage. La mère de la mariée achète ce grand boubou vendu à 13.500 Fcfa pour l’offrir à son gendre. Le prix minimum du pagne tissé mesurant 2m de longueur et 1m20 de largeur est de 3.500 Fcfa, selon le motif», fait-il savoir. De nombreux jeunes ont tendance à bouder le métier de tisserand. Le formateur en tissage précise que cette frange de la population, en dernier ressort, préfère se tourner vers les métiers de la métallurgie et de la mécanique. Le tissu traditionnel est destiné aux fervents admirateurs de produits locaux. Selon Soumaïla Sanogo, président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou, cette clientèle se fait un peu plus rare. Aujourd’hui, le pagne tissé subit une concurrence féroce. Les pagnes importés et le prêt-à-porter ont colonisé les rayons des magasins et étals de nos marchés. On assiste, aussi, à une arrivée massive de la friperie. Pour Soumaïla Sanogo, cette dernière constitue un handicap au développement de l’artisanat du textile. D’abord, elle détourne les consommateurs des tissus produits par nos valeureux artisans. Ensuite, les carnets de commandes de nos tailleurs s’amenuisent, étant donné que ces vieux habits ne nécessitent aucune réparation. «On ne cesse de le décrier, mais nous ne parvenons pas à résoudre cette problématique», déplore Soumaïla Sanogo. Il est clair que la consommation des produits locaux contribue au développement de l’économie nationale. Or, sur ce point essentiel, le Mali enregistre un retard coupable. Pour que le Mali puisse boxer dans la catégorie des géants du textile, le président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou suggère l’augmentation de la capacité de transformation du coton et l’instauration du port du tissu traditionnel dans l’administration. Une forte volonté politique

Voitures de service : Plus de 100 véhicules remis à la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGAB)

Bamako, 9 sept (AMAP) Il était 10h30mn, mardi, dans la cour du Garage administratif, à Darsalam, en Commune III de Bamako, la capitale malienne. Saisissant ! La cour est littéralement «inondée» de véhicules parmi lesquels des Berlines de grosses cylindrées immatriculées en série G, des japonaises double cabine et Tout terrain, entre autres. Difficile de ne pas remarquer le petit attroupement au milieu des engins. Diarra Kadidiatou Sangaré, comptable-matière du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Munie de quelques cartes grises de véhicules, elle donne des explications à l’un des nombreux techniciens du Garage administratif, déployés pour la circonstance. «Je suis venue remettre les véhicules de mon ministre, ils sont au nombre de quatre dont une allemande, le véhicule de fonction. Il y a aussi des véhicules de liaison et du domicile pour le ministre», détaille-t-elle. Quelques mètres plus loin, cette information est corroborée par Mahamadou Tangara, en sa qualité de chef du Garage administratif. Selon lui, un ministre peut avoir entre trois et quatre véhicules, contre un pour les députés. «Selon le communiqué des nouvelles autorités, le délai de restitution des véhicules a expiré, hier, mais puisque l’information est passée juste le dimanche soir, il se peut que les gens n’aient pas entendu. Hier (Ndlr, lundi) et aujourd’hui (Ndlr, mardi), on a reçu beaucoup de véhicules», confirme notre interlocuteur. « Gage de transparence, les usagers qui arrivent avec les voitures sont tenus de remplir une fiche qui comporte les informations sur l’état du véhicule au moment de sa restitution. Ces informations portent notamment sur la carrosserie, l’intérieur du véhicule, la carte grise… », explique Mahamadou Tangara. Ensuite, la fiche est signée par les deux parties qui garderont chacune une copie, a précisé le chef de garage. «C’est ce matin (Ndlr, mardi) qu’on a fait le point. À 10h, nous avions enregistré l’arrivée d’une soixantaine de véhicules». M. Tangara d’ajouter qu’après réception, les véhicules sont acheminés dans la cour du Groupement mobile de sécurité (GMS) où, il y a suffisamment de places. «La direction générale de la police nationale a accepté de nous accompagner dans ce processus et depuis hier des véhicules y ont été acheminés», indique-t-il. Par ailleurs, le responsable du Garage administratif fait remarquer que de nombreux engins ne sont pas en bon état. Dans ce lot, figurent notamment des voitures de l’Assemblée nationale qui datent pour la plupart entre 2013 et 2014. « Environ 80% des véhicules des ex-parlementaires sont en mauvais état », dit-il. Après le Garage administratif, cap sur le GMS et la direction générale de l’administration des biens de l’État (DGAB). Au GMS, nous sommes guidés par l’adjudant-chef Mamadou Traoré, chef du parc auto de la Police nationale. Une heure plus tard, le commandant en chef du GMS, le contrôleur général de police Sory Keïta, indique que le 7 septembre dernier, le directeur général de l’administration des biens de l’État a adressé une correspondance au directeur général de la police nationale pour demander le stationnement temporaire des véhicules de l’État dans la cour du GMS. «De cette date à ce jour, nous sommes à 48 véhicules immobilisés dans l’arrière-cour du GMS. C’est le directeur général des biens de l’État qui reçoit techniquement les véhicules à son niveau. Après réception, une équipe du garage les achemine au GMS», a précisé Sory Keïta. Et d’ajouter qu’à leur arrivée, les véhicules sont répertoriés et enregistrés dans un registre ouvert à cet effet. «Lorsque tous les véhicules seront là, nous allons compiler, faire une correspondance qui sera envoyée au directeur de l’administration des biens de l’Etat», conclue le commandant en chef du GMS. Mardi, à 13 heures, le directeur général de l’administration des biens de l’État, Ousmane Diarra a confirmé avoir reçu un total de 227 macarons d’anciens députés, 116 véhicules et 111 portatifs. AT/MD (AMAP)      

Ultimatum de la CEDEAO : Sourde oreille et indifférence des Maliens

Bamako, 9 sept (AMAP) On a l’impression que le Mali se préoccupe moins de l’ultimatum de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sommant le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) de désigner un président et un Premier ministre civils, d’ici le 15 septembre 2020, pour conduire la transition. La réaction du CNSP tarde à venir. Les journaux parlent peu du sujet. Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces démocratiques (M5-RFP) estime que ce n’est pas une course de vitesse, tandis que certains citoyens pensent que c’est une occasion pour le Mali de prendre son destin en main. Au moment où le CNSP a ouvert « des concertations nationales sur la gestion de la transition au Mali, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont exigé, lundi, que les autorités militaires désignent des personnalités civiles comme président et Premier ministre de la transition, dans un délai d’une semaine. C’était la teneur du communiqué final des travaux de la 57ème session de leur conférence. « La conférence demande que le président et le Premier ministre de la transition, tous deux civils, soient désignés au plus tard le 15 septembre 2020 ». La CEDEAO a réaffirmé « sa détermination à assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans ce pays, avec une transition politique dirigée par un président et un Premier ministre civils pour une période de 12 mois ». Malgré tout, c’est la sourde oreille. Les militaires du CNSP n’ont pas réagi à cette injonction de l’organisation sous régionale. Aucun communiqué officiel. D’ailleurs le CNSP continue ses consultations. Pour appuyer les nouveaux hommes forts de Kati, une organisation de la société civile, Mouvement populaire du 4 septembre (MP4) a vu le jour pour soutenir la gestion de la transition par le CNSP. Ce mouvement a tenu un meeting populaire de soutien aux Forces armées maliennes, mardi, à la Place de l’Indépendance pour fustiger la CEDEAO et « sommer » les hommes politiques de laisser le CNSP diriger le pays. SOUTIEN AU CNSP – La transition en vue ne réussira qu’avec un militaire à sa tête. C’est la conviction du MP4 qui l’a clamé au meeting à la Place de l’indépendance. Cette manifestation, première activité d’envergure de ce mouvement porté sur les fonts baptismaux il y a seulement quelques jours, intervient au lendemain du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO. Les manifestants, à travers des slogans hostiles à l’organisation sous régionale ont vitupéré contre l’ultimatum des dirigeants ouest africains exigeant un président et unPremier ministre de la transition civils, dans une semaine. Pour les manifestants, cette exigence doit se conformer à la volonté du peuple malien. « Et cette volonté, selon Baba Sanogo, un manifestant, c’est de confier la gestion de la transition aux militaires qui ont renversé le régime de l’ancien président de la République ». Les chefs d’Etat prouveront ainsi que la « Cedeao n’est pas un syndicat de présidents de la République ». Notre interlocuteur va plus loin, en prédisant l’issue de la concertation nationale qui démarre le jeudi prochain : « Les Maliens confirmeront qu’ils sont favorables à ce que la transition soit dirigée par le Comité national pour le salut du peuple ». Mais au sein du MP4, certains militants sont conscients que nombre de nos compatriotes ne partagent pas leur avis sur la question. Néanmoins, ils sont bien déterminés à se faire entendre pour que le CNSP garde la main. Partageant ce souhait, Hamidou Guindo met, cependant, un bémol en soutenant que « les militaires corrompus doivent être écartés » et rappelle les événements de 2012, dont l’issue prouve à suffisance qu’il ne « sert pas à grand-chose d’imposer des civils à la tête d’une transition ». SENTIMENT NATIONAL – Cet engagement du MP4 à soutenir l’Armée, est motivé, selon les initiateurs, par le seul souci de préserver la mère Patrie qui est confrontée, depuis une dizaine d’années, à de dures épreuves. « La descente aux enfers a été stoppée par le CNSP », selon Seydou Oumar Traoré, président de la plateforme « Les Patriotes ». Par conséquent, il estime que tous les patriotes doivent se mobiliser pour soutenir les militaires dans « toute conduite qu’ils auront décidé de tenir ». D’ores et déjà, lui-même a plaidé pour une transition de trois ans et que, pendant ce temps, les « politiques qui veulent gérer le pays se préparent pour l’élection de 2023 ». Seydou Oumar Traoré a, dans la foulée, tancé la vieille garde politique. Les autres intervenants lui emboîteront le pas, fustigeant la gestion des acteurs politiques. « Les civils ne peuvent pas gérer la transition », a tranché Alassane Tangara, président de la plateforme « Mali pour nous Tous ». Et de mettre en garde ceux qui tenteront de se mettre au travers du chemin de l’Armée. Abdoulaye Keïta, président de Wati Sera (L’heure a sonné), s’est appesanti sur les sanctions prises par la CEDEAO, qui ne font que fragiliser davantage la situation du Mali. « L’embargo est, pour nous, des souffrances de trop », a-t-il déclaré, avant d’appeler les dirigeants ouest africains à reconsidérer leur position. Comparativement aux dernières manifestations qu’a connues la Place de l’indépendance, celle-ci a peu mobilisé. Visiblement déçue, Aissata Traoré s’en prend à nos compatriotes qui auraient « certainement effectué le déplacement par milliers s’il s’agissait de défendre des intérêts personnels ». Pour sa camarade, Mariam, la majorité des Maliens ne sont « patriotes que du bout des lèvres». REACTIONS VIRTUELLES – Sur les réseaux sociaux, les avis diffèrent sur le sujet. Mais, les antis décisions de la CEDEAO sont nombreux. Les internautes entretiennent la flamme nationaliste. Bréhima Mamadou Koné propose même des conditions pour un retrait du Mali de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). « On peut quitter la CEDEAO, mais les préalables sont, entre autres, la création de notre propre monnaie, la construction d’une économie intravertie basée sur l’augmentation de la production, la productivité et la compétitivité, la transformation structurelle de l’agriculture, de l’énergie, la rationalisation des ressources publiques , une meilleure maitrise de la croissance démographique, une meilleure gestion de la comptabilité, la reconstruction de l’appareil de défense et sécurité », développe-t-il dans un mémorandum intitulé « les conditions pour se