Mali : Deux membres d’un réseau de vente de fausses attestations aux arrêts
Bamako, 29 nov (AMAP) Deux personnes ont été appréhendées par les forces de sécurité et déférées à la maison centrale d’arrêt de Bamako dans le cadre du démantèlement d’un réseau de vente de fausses attestations, a appris l’AMAP, vendredi, de source officielle. La Cellule de Communication et de la Presse universitaire indique dans un communiqué publié, le même jour, qu’un réseau de vente de fausses attestations de licence de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) a été découvert. « Deux membres de ce réseau ont été appréhendés par les forces de sécurité et déférés à la maison centrale d’arrêt de Bamako », précise le document. Selon la même source, les enquêtes se poursuivent sous le contrôle du tribunal de la Commune V, dans la capitale malienne. SS/MD (AMAP)
Éliminatoires Coupe du monde de basket-ball : Le Mali s’incline devant le Nigeria
Bamako, 28 nov (AMAP) Le Mali s’est incliné sur le fil devant le Nigeria, à Benguela (Angola) sur le score de 72-70, au compte de la première journée du groupe A des éliminatoires de la Coupe du monde FIBA 2023. Vainqueur de l’Ouganda (76-66) lors de la première journée, les Aigles menaient 70-68 au tableau d’affichage, à une minute de la fin. Si le Nigeria a remporté le premier quart temps d’une courte tête (16-15), le Mali a inscrit 24 points au deuxième quart temps, soit 10 de plus que le Nigeria. Les Aigles, bien emmenés par Ibrahima Lamine Sidibé, troisième meilleur marqueur de la rencontre avec 17 points, ont logiquement remporté ce quart temps 39-30. Les hommes de Boubacar Kanouté ont baissé de régime au troisième quart temps, mais ont gardé l’avantage au tableau d’affichage (55-53). Le quatrième quart temps a été un mano à mano entre les deux équipes. La bataille a tourné à l’avantage du Nigeria (72-70). Le Mali disputera son troisième et dernier match de cette fenêtre, aujourd’hui, dimanche contre le Cap-Vert à 13h. LMD (AMAP)
Des partis politiques rejettent le projet de loi électorale au Mali
Bamako, 27 nov (AMAP) Le Cadre d’échange des partis et regroupements de partis politiques pour une transition réussie au Mali a rejeté, vendredi, le projet de nouvelle loi électorale adopté par le Conseil des ministres du mercredi 24 novembre 2021 Dans un communiqué, la coalition de partis politiques affirme ne pas se reconnaître dans le projet de loi électorale ainsi adopté. Le regroupement politique « invite les autorités de la Transition à «œuvrer dans le sens du consensus, de l’inclusivité et de la neutralité du gouvernement, à se conformer à l’avant-projet de loi validé par l’ensemble de la classe politique et de la société civile ». Ce, en concertation avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) à l’issue de l’atelier de réflexion sur la mise en place de l’organe unique de gestion des élections pour les échéances électorales de la Transition, tenu les 29 et 30 juin 2021. Le Cadre d’échange invite le gouvernement à respecter le Protocole de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) « sur la Démocratie et la bonne gouvernance, additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité qui stipule, qu’« aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six (6) mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques ». Le Cadre d’échange des partis politiques rappelle avoir appris, « le mercredi 24 novembre 2021, à travers le communiqué du Conseil des ministres, l’adoption d’un projet de loi portant loi électorale sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre , chargé des réformes politiques et institutionnelles ». Selon le communiqué du Conseil des ministres, le projet de loi en cause serait « le résultat d’une démarche consensuelle, inclusive à travers une série de concertations avec les acteurs des partis et regroupements de partis politiques et de la société civile », poursuivent ces partis. Ils ajoutent que le communiqué annonce que la nouvelle loi apporte des « innovations relatives entre autres aux circonscriptions électorales de référence pour les élections législatives, au mode de scrutin et autres ». Le Cadre d’échange des partis et regroupements de partis politiques pour une transition réussie au Mali estime que « le processus unilatéral d’adoption par le gouvernement de cette nouvelle loi n’a été ni consensuel, ni inclusif, ni participatif tel que prôné à maintes reprises par le Président de la Transition ». Le regroupement politique dénonce la « non prise en compte des préoccupations justes de la classe politique et la mise à l’écart du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, chargé des questions électorales suivant le décret n° 2021-0474/PT-RM du 26 juillet 2021 fixant les attributions spécifiques des membres du gouvernement en son article 5 ». En revanche, le Cadre d’échange « reconnaît que l’organe unique de gestion des élections est certes un souhait de la classe politique et de la société civile mais dans des conditions bien différentes de celles envisagées par le gouvernement de la Transition ». Toutefois, il rappelle que le temps imparti pour le reste de la Transition est « largement insuffisant » pour la mise en place d’un tel organe et son opérationnalisation aux fins d’assurer son indépendance et sa transparence, affirmant que la fixation des circonscriptions électorales région et District de Bamako pour les élections législatives « n’a pas fait l’objet d’accord au sein de la classe politique ». Et, qu’il en est de même pour le mode de scrutin. AT/MD (AMAP)
Le président de la Transition remet quatre hélicoptères aux Forces armées maliennes
Bamako, 27 nov (AMAP) Le président de la Transition, chef suprême des Armées, le colonel Assimi Goïta a procédé, vendredi après-midi, à la Base aérienne 101 de Sénou, à la remise officielle de quatre hélicoptères de manœuvre M1-171 aux Forces armées maliennes (FAMa). Ces quatre hélicoptères neufs ont été achetés auprès de la société d’État russe en charge de l’exportation de matériels de guerre. Le contrat avait été signé entre le gouvernement et cette société, en décembre 2020, pour un montant total de 36,077 milliards de Fcfa. L’acquisition de ces hélicoptères, des pièces de rechange ainsi que la formation du personnel navigant et technique ont été entièrement financés par le budget national. Le M1-171 est un hélicoptère de manœuvre tactique de conception russe qui est destinée à l’augmentation de la mobilité des troupes au sol et leur appui feu sur le terrain. Ces appareils ont déjà fait leur baptême du feu le 1er novembre dernier, en participant à la libération des ex-otages chinois de l’entreprise de construction Covec. Le chef de l’État est arrivé sur les lieux de la cérémonie à bord d’un de ces nouveaux appareils acquis. Avant lui, un détachement des Forces spéciales est également arrivé à bord d’un autre de ces hélicoptères. La participation du chef de l’État à un vol tactique est presentée comme une illustration des capacités supplémentaires des FAMa qui sont ainsi mieux outillées. “C’est aussi le témoignage de son entière confiance à nos équipages. À travers ce vol tactique, le colonel Assimi Goïta s’est rendu compte de leur qualité et a pu apprécier la performance de ces appareils’. Indique-t-on du côté de l’Armée. Le chef de l’État, après la remise des clés, a visité les nouveaux appareils avant de s’installer à bord d’un avec certains membres du gouvernement. La cérémonie a lieu en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de plusieurs membres du gouvernement, de la hiérarchie militaire et de l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko DD/MD (AMAP)
Éliminatoires Coupe du monde de basket-ball : Le Mali domine l’Ouganda
Bamako, 27 nov (AMAP) Les Aigles ont battu les Cranes d’Ouganda (76-66) vendredi, en Angola, pour leur premier match dans les éliminatoires de la Coupe du monde de basket-ball 2023. Dans cette entrée en matière réussie pour le Mali, Ibrahim Djambo et ses partenaires ont alterné le bon et le moins bon. Les Aigles ont remporté le premier quart temps (17-9). Au deuxième quart temps, ils ont inscrit 19 points contre 21 pour les Ougandais avant de reprendre la direction des opérations au troisième quart temps, remporté (61-49). Mené au tableau d’affichage, l’Ouganda n’a pas abdiqué. Les Cranes ont dominé le quatrième et dernier quart temps en inscrivant 17 points contre 15 pour les Aigles. Insuffisant pour renverser la vapeur. Le Mali s’est imposé, au finish, 76-66 soit 10 points d’écart. Un peu plus tôt, le Cap-Vert a créé la sensation en dominant le Nigéria (79-71) dans l’autre match du groupe A. Le Mali effectuera sa deuxième sortie, ce samedi, contre le Nigeria (13h) avant d’affronter le Cap-Vert, dimanche, à 13h. LMD (AMAP)
Bandiagara : Une attaque fait quatre morts et des dégâts matériels importants
Bandiagara, 26 nov (AMAP) Un groupe d’hommes armés a ouvert le feu sur des civils au niveau du gouvernorat de Bandiagara (Centre), dans la nuit du mercredi à jeudi, faisant quatre morts et des dégâts matériels importants. Selon nos informations, les assaillants se sont introduits dans la ville par le côté ouest, aux environs de 21h et ont ouvert le feu. Ils ont, ensuite, brûlé plusieurs boutiques, un bus de transport et trois motos avant de disparaître dans la nature. Dans la journée de jeudi, le calme était revenu dans cette ville plusieurs fois endeuillée par des attaques terroristes. Le colonel Oumar Traoré, commandant du secteur des Forces armées maliennes (FAMa) comptant plusieurs hommes a rassuré la population qui n’a dormi que d’un œil pendant la nuit de cette attaque meurtrière. AMAP
Le gouvernement examine les avant-projets de textes de création de trois universités
Bamako, 26 nov (AMAP) Un Conseil de cabinet autour du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a examiné, jeudi, à la Primature, les textes de création des universités de Sikasso (Sud), Tombouctou et Gao (Nord), a appris l’AMAP. Cette réunion du Conseil de cabinet, qui a étudié d’autres dossiers, n’a arrêté aucun calendrier pour la création effective de ces établissements universitaires. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Keïta, a seulement indiqué que les trois universités «vont se créer sur le long terme». Les projets examinés entrent dans une stratégie globale de création d’institutions nationales supérieures sur l’ensemble du territoire malien. Cette dynamique d’extension de la couverture universitaire vise à « permettre à tous les enfants du Mali de pouvoir accéder à un enseignement universitaire de qualité», a confié le ministre Amadou Keïta. Lors des échanges, les ministres ont fait des observations qui permettront d’améliorer ces projets pour les soumettre de nouveau au gouvernement, en vue de leur adoption par le Conseil des ministres. Les observations faites ont trait au coût qui sera alors réexaminé de plus près et à la question de la spécialisation en fonction des potentiels que recèlent les différentes régions. À cet égard, le ministre Keïta a indiqué que la préoccupation est de faire en sorte que le Mali ait des pôles universitaires spécialisés qui répondent aux préoccupations en matière de développement du pays. ID/MD (AMAP)
Zones minières de Kayes (Ouest) : L’or ne brille pas pour tous
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 25 nov (AMAP) Depuis plus de quatre décennies, l’or est considéré comme la principale ressource économique du Mali. Les populations des zones minières de la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, ne pas sont satisfaites des retombées de l’exploitation des mines d’or dans leurs villages et villes. Dans cette partie du pays, qui peine à voir le bout du tunnel, le métal jaune ne profite pas à tout le monde. En dépit de la présence de cinq grandes compagnies minières sur son territoire, le cercle de Kéniéba est la parfaite illustration de cette situation. Car, cette localité, dont les populations souhaitent l’érection en région afin de sortir du gouffre, est toujours à la traîne en matière de développement. Pourtant, en septembre 2019, l’Etat a adopté un nouveau Code minier qui accorde une place de choix aux préoccupations des populations riveraines des mines, en termes de réalisation d’infrastructures et de création d’emplois. Ce code prévoit, en son article 83, un Fonds minier de développement local qui s’impose à tous les détenteurs de titres miniers (grandes et petites mines). Quelques 75% de ce Fonds doivent être investis dans les secteurs prioritaires : développement des infrastructures de désenclavement (aménagement et construction de routes ou de pistes rurales, ponts et types), développement d’infrastructures et d’équipements de base, construction ou renforcement d’adductions d’eau, amélioration des services sociaux de base, construction ou renforcement de Centres de santé et d’établissements scolaires, promotion de l’emploi. Par ailleurs, il est également prévu la création d’un cadre de concertation entre miniers, collectivités et populations riveraines pour explorer les pistes de collaboration. « Le Mali a orienté sa politique vers une nouvelle vision à travers le nouveau code minier selon lequel, l’activité minière doit s’inscrire dans un projet de développement durable sur le plan social, économique et environnemental, notamment dans les communautés et régions abritant les sites d’exploitation », fait remarquer le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré. Cependant, déplore le colonel Soumaré, « dans la Région de Kayes, les populations locales semblent ne pas être satisfaites des retombées de cette présence massive de mines d’or dans leur milieu ». Les incompréhensions auxquelles des solutions doivent être trouvées sont essentiellement liées au processus de recrutement dans les sociétés minières, notamment à Sadiola (cercle de Kayes), à leur participation au développement local et à la promotion des opérateurs économiques locaux. « Les citoyens des communes lésées du Cercle de Kéniéba doivent réclamer leur dû, en interpellant les décideurs (élus) sur la gestion des ressources allouées aux collectivités locales. Les communes doivent bénéficier des retombées des conventions qui lient l’Etat aux compagnies minières. Et les communes riveraines des mines ont droit à 75% sur les dividendes », précise Abdoulaye Coulibaly, président du Conseil régional des organisations de la société civile de Kayes. GESTION LOCALE EN QUESTION – Il soutient que les entreprises minières honorent leurs engagements parce que les patentes reviennent aux collectivités et sont distribuées à trois niveaux (commune, cercle, région), la commune se taillant la part du lion. « Le complexe Loulo-Goungoto tient une conférence chaque année. Ce complexe dit qu’il a un fonds de développement au niveau de la collectivité commune et au niveau de la collectivité cercle. De ce fait, le Conseil de Cercle bénéficie des retombées de ces patentes et cette collectivité œuvre pour le développement du cercle qui compte 12 communes au total. S’il y a des communes qui sont défavorisées, je pense que le Conseil de Cercle doit faire face à ces cas et la solidarité territoriale doit prévaloir dans ces communes qui sont liées par l’histoire et la géographie », souligne M. Coulibaly. Certaines communes (Kéniéba et Sitakily) récupèrent plus d’un milliard, alors que les budgets d’autres n’atteignent même pas 6 millions de Fcfa. Ces dernières se contentent de petites patentes des commerçants et ont de la peine à payer leurs employés, notamment les enseignants. « En tant que société civile, nous devons agir comme des sentinelles. Nous allons contrôler le moindre centime de nos collectivités. Nous avons quatre mines dans notre commune. Mais, l’or ne brille pas pour nous et pour tout le Mali. C’est l’extérieur qui en profite beaucoup. Je vais me battre jusqu’au bout pour que ma commune, Kéniéba, et tout le Mali puissent s’en sortir », déclare Seydou Sow, 3è vice-président du Conseil local de la Société civile de Kéniéba. ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX – « Tous les projets ont fait l’objet d’études d’impact environnemental. En matière d’environnement, on ne peut pas cerner tous les aspects d’où la mise en place d’un système de gestion environnemental », soutient le consultant de la SEMOS-SA, Samballa Diakité à Kayes. Le directeur de l’environnement de la SEMOS, Amadou Macalou, et son collègue de la communication, Modibo Kéïta, annoncent que la mine réserve 50% de ses emplois à la commune rurale de Sadiola et appui les communautés locales dans la réalisation de leurs projets d’hydraulique villageoise, santé, éducation, électrification, protection de l’environnement (lutte contre l’usage abusif des produits toxiques dont le cyanure), préservation des héritages culturels et touristiques. « Grâce à la SEMOS, l’hôpital Fousseyni Daou de Kayes a pu se doter d’un scanner de 900 millions de Fcfa », ont-ils dit. « Toutes les compagnies minières disposent d’un département de développement communautaire qui sert d’interface entre la mine et les villages environnants. Dans certains cas, le travail de ce département est appréciable. Parfois, leurs programmes et domaines qui sont généralement ciblés, ne correspondent pas à la réalité du village », souligne Bambo Kéïta, expert en environnement à Kéniéba. « Les compagnies minières construisent des écoles dans certains hameaux de culture où l’effectif atteint à peine 10 à 15 élèves. Alors que le village voisin, qui compte plus de 50 élèves, ne possède même pas d’école. Parfois, les sociétés laissent les villageois s’exprimer sans les accompagner dans leurs initiatives », dit-il pour illustrer ses propos. Selon lui, la mine n’intervient que dans un rayon de 10 à 15 km. De ce fait, les localités dans ce rayon sont prioritaires, en termes d’assistance. « C’est pourquoi, il y a toujours des tensions dans leurs zones
Mali : Eclairages sur les subventions aux produits de grande consommation
Par Cheick Moctar TRAORÉ Bamako, 25 nov (AMAP) «Je ne connais pas grand-chose aux droits de douane, mais je sais une chose, c’est que lorsque nous achetons des biens manufacturés à l’extérieur, nous avons les biens et les étrangers ont l’argent. Mais lorsque nous achetons des biens chez nous, nous avons à la fois les biens et l’argent». Cette vérité primaire avait été dite par l’ancien président américain, Abraham Lincoln. Plus que d’actualité, elle interroge aujourd’hui sur la pertinence, dans la durée, des politiques de subventions à l’importation de certains produits de grande consommation. L’État maliens, à travers un mécanisme à but purement social, mobilise des milliards par an pour permettre aux populations d’accéder à des produits à moindre coût. Malgré tout, certains produits subventionnés semblent hors de portée des consommateurs moyens. Quelle analyse fait-on de cette situation au Mali ? Certaines subventions sont-elles plus utiles que d’autres comme celles du gaz, du carburant, de l’électricité… ? Faut-il continuer à subventionner le riz, le lait, l’huile alimentaire, le sucre, la viande et autres denrées de base, vu les énormes potentialités dont regorge le pays ? La solution peut-elle passer par un soutien massif aux producteurs locaux pour booster la production ou pour un appui aux initiatives locales de transformation de ces produits ? Deux économistes, Cheickna Bounajim Cissé, auteur du livre «Le Sursaut» et Modibo Mao Macalou, ancien conseiller économique à la Présidence de la République, ont donné leurs éclairages sur la problématique. Parlant de la pertinence de ces exonérations, M. Macalou explique que suite à la baisse du pouvoir d’achat et à l’augmentation générale des prix des biens de consommation (inflation), l’État, en tant que puissance publique, mène des politiques de subventions (soutiens) de certains produits de base en vue de soulager les couches sociales les plus fragiles et les plus démunies. Le mécanisme, selon lui, consiste en un transfert de ressources au niveau de la politique fiscale ou à un renoncement à des taxes douanières ou à des impôts. « L’objectif recherché par les autorités, ajoute l’ancien conseiller économique à la Présidence de la République, consiste à rendre certains produits de grande consommation accessibles pour les populations les plus vulnérables afin d’apaiser le climat social et empêcher l’augmentation de l’extrême pauvreté ». 485 MILLIARDS DE FCFA DE SUBVENTIONS – Pauvreté croissante qui contraste avec l’immense potentiel dont dispose notre pays au niveau des secteurs primaires (agriculture, élevage, pêche, sylviculture….). En la matière, le Mali fait face à des difficultés structurelles liées au manque de productivité et de compétitivité de son économie. Les facteurs de production étant insuffisants au niveau des ressources humaines, des infrastructures de base et des financements à moindre coût et, à terme, pour financer l’agro-industrie. En témoigne la forte dépendance du pays aux importations. Cette situation est consécutive au fait que notre économie transforme moins de 2% de ses produits agricoles et pastoraux. «Dans un tel contexte, il est nécessaire de subventionner, pour le moment, les produits de grande consommation afin d’éviter les pénuries sur les marchés et, en même temps, limiter les hausses de prix des denrées de première nécessité», analyse Modibo Mao Macalou. Notre interlocuteur rappelle que dans la loi rectificative de finances pour 2020, les transferts (filets sociaux ou soutiens financiers directs aux couches défavorisées) et les subventions s’élevaient à 485 milliards de Fcfa, dont 43 milliards de Fcfa de subventions pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour la société Énergie du Mali (EDM). « Leur part est de 385 milliards de Fcfa dans la Loi de finances de cette année, dont 21 milliards de Fcfa pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour l’EDM-SA », précise l’expert. Il estime à des dizaines de milliards de Fcfa, par an, le manque à gagner (exonérations accordées aux importateurs de produits de base) pour l’État au niveau des cordons douaniers. « À cet effet, insiste l’économiste, un soutien aux producteurs est certes nécessaire mais doit faire partie de la mise en œuvre d’une politique industrielle pour améliorer la diversification et la transformation des produits agro-pastoraux ». Ce qui permettrait, selon lui, d’augmenter les emplois et les revenus pour les populations rurales qui constituent la majorité de la population. DOUBLE PEINE – Ce changement de paradigme s’impose, car rien ne pourrait justifier, à en croire Cheickna Bounajim Cissé, le maintien d’un système d’exonération et de subvention très coûteux pour les finances publiques pour, semble-t-il, « soulager le panier de la ménagère alors que leur efficacité économique et sociale reste très discutable ». « Si l’on sait surtout que la consommation est la conclusion d’un cycle économique et non son début », argumente l’économiste. «La bien-pensance, sincère ou fourbe, a conscience que dans l’absolu, toute importation qui n’a pas un sous-jacent de création interne de richesse ne peut qu’appauvrir le pays importateur», tranche l’auteur du livre «Le Sursaut». En la matière, explique le banquier, notre économie est victime de la «colonialité économique», pour reprendre, selon lui, l’expression de l’économiste camerounais Martial Ze Belinga. « Pour la raison simple qu’elle est pensée et taillée, non pour le marché intérieur, mais pour les besoins de l’extérieur », déplore l’essayiste. Il cite l’économiste togolais Kako Nubukpo pour qui un tel modèle est «une subvention pour les importations et une taxe sur les exportations». « Dans ces conditions, le développement n’est pas seulement un rêve, c’est une véritable utopie », prévient M. Cissé, qui demande de traquer les causes et non les symptômes. « Prenons un exemple simple pour aérer la compréhension. Il est vrai que si on allège le panier de la ménagère (subvention du prix des produits de première nécessité (riz, sucre, farine, eau et électricité, essence, etc.), on améliore, a priori, le pouvoir d’achat des populations adressées et donc on diminue la pauvreté », dit-il. « En théorie seulement, cela est vrai, concède l’économiste. «Mais dans le contexte malien, où l’essentiel des produits manufacturés consommés sont achetés à l’étranger, c’est encourager l’importation et, donc, la sortie de devises, avec tous les effets en cascade sur la balance commerciale et la balance des paiements. Or, si les fonds étaient
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 novembre 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 24 novembre 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à une nomination ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et institutionnelles, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant loi électorale. Le mécanisme actuel de gestion des élections impliquant plusieurs structures de l’Etat a révélé des insuffisances qui se sont traduites par de multiples crises post électorales. Le plan d’action du Gouvernement, adopté au mois d’août 2021, prévoit la création d’un organe unique de gestion des élections, conformément aux recommandations des différents forums organisés et des réflexions menées, notamment le Dialogue national inclusif et leSymposium sur le processus électoral. Le présent projet de loi est le résultat d’une démarche consensuelle et inclusive à travers une série de concertations avec les acteurs des partis et regroupements de partis politiques et de la société civile. En plus de consacrer la création de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections, chargée de l’organisation et de la gestion de toutes les opérations électorales et référendaires, il apporte des innovations relatives entre autres : – à la fixation des circonscriptions électorales pour les élections législatives, à savoir la Région et le District de Bamako pour le territoire national et les zones géographiques pour la diaspora ; – au scrutin de liste à la représentation proportionnelle sans panache ni vote préférentiel comme mode de désignation des députés à l’Assemblée nationale ; – à l’introduction du parrainage citoyen à côté du parrainage des élus ; – à l’introduction du bulletin de vote unique ; – à l’affirmation du principe du vote électronique, sous réserve de l’adoption d’une loi spécifique ; – au plafonnement et au contrôle des dépenses de campagne électorale ; – à la publication des résultats par bureau de vote et à la transmission électronique des procès-verbaux de dépouillement ; – à l’encadrement et au renforcement de l’observation électorale. Son adoption permettra de réduire le nombre de structures intervenant dans l’organisation des élections, de garantir l’efficience, la performance et la crédibilité dans la gestion des élections. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de l’avenant n°1 au marché relatif aux travaux de construction de la Maison de la Radio et Télévision du Mali à Kati Sananfara, lot n°1. L’avenant est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’entreprise COMATEXIBAT SA pour un montant, toutes taxes comprises, de 1 milliard 44 millions 935 mille 548 francs CFA et un délai d’exécution de 4 mois. Il vise à modifier le projet initial de construction de la tour « nouvelle maison de la radio TV » pour abriter l’ensemble des systèmes d’archivage de la radio et de la télévision. Le financement du marché est assuré par le budget national et les fonds propres de l’ORTM. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé à la nomination suivante : AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE – Directeur Général de l’Agence pour la Promotion des Exportations du Mali : Monsieur Massoudou CISSE, Ingénieur Environnementaliste. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de l’Industrie et du Commerce, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie nationale de Développement des Exportations du Mali et son Plan d’actions 2022-2025. Le Gouvernement a adopté en 2019, la Politique nationale de Développement du Commerce pour tirer profit de l’appartenance du Mali à plusieurs unions économiques et douanières et des préférences commerciales mises en place par certains partenaires. Dans le cadre de la mise en oeuvre de cette politique, il est prévu l’élaboration d’une Stratégie nationale de Développement des Exportations afin de surmonter les difficultés qui affectent la compétitivité de nos produits à l’exportation et d’offrir des opportunités nouvelles pour le développement des filières à fort potentiel d’exportation. L’objectif global de la Stratégie est de réduire le déficit de la balance commerciale par une augmentation de 25% des recettes d’exportation à l’horizon 2025. De façon spécifique, la Stratégie nationale de Développement des Exportations vise : – à renforcer la compétitivité et la diversification des exportations ; – à promouvoir le commerce des services et l’intégration des entreprises maliennes aux chaînes de valeurs à l’export. Elle est articulée autour de six (6) axes stratégiques et mise en œuvre à travers des plans d’action dont le premier couvre la période 2022-2025 financé par l’Etat, les Partenaires techniques et financiers et le Secteur privé. La mise en œuvre des actions préconisées permettra, entre autres : – d’accroître le volume des exportations et de réduire le déficit de la balance commerciale ; – de renforcer les capacités techniques et organisationnelles des acteurs à l’export ; – de réduire les coûts de transport ; – d’améliorer les conditions de stockage des produits ; – d’améliorer la compétitivité des produits sur les marchés d’exportation. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 24 novembre 2021 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre National

