Quelques 61 nouvelles infections à la Covid et 07 décès au Mali

Bamako, 24 nov (AMAP) Les services de santé du Mali ont enregistré 61 nouvelles infections à la Covid-19 avec 07 décès, mardi 23 novembre 2021, sur 1.189 échantillons testés, annonce le rapport journalier du département en charge de la Santé et du Développement social. Toutefois, les médecins ont déclaré une vingtaine de personnes rétablies du coronavirus au cours des dernières 24 heures. “Quelques 435 malades sont sous traitement dans les structures de prise en charge”, indique le rapport du département de la Santé et du Développement social. Le Mali, à l’instar de plusieurs autres pays du monde notamment en Europe, connaît, depuis au moins un mois, une nouvelle vague de contamination à la Covid-19 avec une tendance régulière de cas détectés et de nombre de décès journaliers à la hausse’ Selon le document ministériel, la situation globale, depuis le 25 mars 2020, présente 17.024 cas positifs sur lesquels 15.030 patients guéris soit un taux de guérison de 88,22% contre 601 décès équivalant à 3,53 % de létalité. À ce jour, 289.156 personnes ont reçu une vaccination complète contre 270.840 qui ont bénéficié d’une dose incomplète. AT/MD (AMAP)

Grève des banques au Mali : Ras-le-bol des clients

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 24 nov (AMAP) Des clients de banques maliennes ont exprimé, mardi, leur exaspération devant une nouvelle grève de 72 heures et reconductible déclenchée, mardi, par le Syndicat national des banques, assurances, micro finances, établissements financiers et commerces du Mali (SYNABEF). Certains clients que l‘AMAP a interrogés trouvent indécente l’attitude des grévistes dont l’intention manifeste est de prendre en otage le paiement des salaires. Pour eux, la grève est certes un droit mais les syndicalistes ne doivent, en aucun, cas prendre en otage les salaires. «Ils ont le droit d’aller en grève. Mais nous ne sommes pas responsables du désaccord entre les syndicats et le patronat. Donc, ils (Ndlr, les syndicalistes) ne doivent pas nous priver de nos avoirs», peste Alhassane Touré. Il invite les autorités à s’investir afin de résoudre cette crise pour le bonheur des populations. Un autre client estime que la période choisie est inappropriée, car elle empêche les retraits bancaires et autres opérations  des salariés, en cette fin de mois. «Les banquiers ne doivent pas oublier aussi la part des salariés dans les fonds qu’ils brassent, sur lesquels ils sont payés en partie. Je trouve indécent que les syndicalistes veuillent, chaque fois, ramener leur grève vers la fin du mois en vue de pénaliser les salariés et les opérateurs économiques pour obtenir satisfaction», interpelle-t-il. D’autres demandent aux patrons de banques de s’assumer. Plusieurs d’entre eux menacent de retirer leur argent de toutes les banques qui observent cette «grève sauvage». Ainsi, soutiennent-ils, les grévistes comprendront qu’ils ne valent rien sans les clients qu’ils semblent mépriser au regard des propos tenus par les leaders syndicaux. «Nous sommes dans la grève illimitée qui ne dit pas son nom. Même les samedis et dimanches, nous ne travaillerons pas», a dit le secrétaire administratif du SYNABEF, Cheick Oumar Diakité, d’un ton discourtois. Comme pour dire aux clients qu’ils n’auront pas leur argent jusqu’à la satisfaction des doléances des grévistes. Il est totalement indifférent aux difficultés des clients des banques. Rencontrés au siège de la Banque malienne de solidarité (BMS S.A), le secrétaire administratif du SYNABEF et ses camarades assuraient le piquet de grève. «La pression de la population ne va pas nous démotiver, parce que nous sommes prêts à continuer cette grève», ajoute notre interlocuteur qui donne un aperçu des raisons de la radicalisation de son syndicat. «Pendant toute la durée de la trêve, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF-Mali) ne nous a pas approchés. C’est le lundi vers 18 heures que les patrons sont venus dire qu’ils veulent négocier, mais ils sont restés sur leurs décisions de ne pas bouger», explique-t-il. Les syndicalistes demandent la revalorisation de la grille du salaire de base de 15% déjà provisionné, la régularisation de la situation des prestataires/intérimaires, conformément à l’article L313 du Code du travail et l’application du décret de 1971 sur le fonds social. Pour cette première journée d’arrêt de travail, le mot d’ordre a été suivi presque par toutes les banques, assurances, micro finances et établissements financiers affiliés au SYNABEF. Pas même de service minimum. Cependant, la Banque de développement du Mali (BDM Sa) et la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) se sont désolidarisées de cette grève comme c’était le cas lors des deux précédents mouvements d’arrêt de travail. Le secrétaire général du Comité syndical de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et ses camarades disent veiller au respect strict du mot d’ordre de grève dans leur banque. Interrogé au sujet de la non observation du service minimum, Alassane Sanogo se veut formel. «Aucune loi ne nous oblige à observer un service minimum. C’est prévu dans les entreprises, mais il n’y pas un décret d’application», croit savoir le syndicaliste. BBC (AMAP)  

Les Assises nationales de la refondation au Mali reportées à une date ultérieure (Communiqué)

Bamako, 24 nov (AMAP) Les Assises nationales de la refondation (ANR) au Mali, initialement annoncées pour la période du 22 novembre au 26 décembre 2021, sont reportées à une date ultérieure, annonce un communiqué officiel. Le Panel de hautes personnalités mis en place par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta dans un communiqué daté du 22 novembre, indique « qu’en raison des concertations entamées, depuis sa prise de fonction, avec les forces vives de la nation en vue de trouver le consensus le plus large possible pour une participation la plus inclusive, les dates de la tenue des Assises nationales de la Refondation ont été décalées ». “Un nouveau chronogramme devrait être annoncé à l’issue de ces concertations préalables entamées par le Panel des hautes personnalités”, précise la même source qui assure que “toutes les forces vives de la nation demeurent cependant mobilisées pour une participation active et de qualité aux débats à venir”. Outre les concertations engagées par le Panel de hautes personnalités, le président de la Transition a initié, depuis quelques jours, des rencontres avec des acteurs politiques et de la société civile, autour de l’inclusivité des ANR et afin de décrisper davantage le climat sociopolitique du pays. Au cours d’une cérémonie solennelle dans la salle des banquets du palais de Koulouba, le 26 octobre 2021, le colonel Assimi Goïta a installé les 19 membres du Panel de hautes personnalités de la Refondation chargées de conduire les consultations populaires. Ces hautes personnalités ont été nommées par décret du président de la Transition le 16 octobre 2021. Les membres de la Commission d’organisation des Assises nationales de la refondation ont été désignés par un autre décret à la même date. AT/MD (AMAP)

Mémorial ATT : Rendez-vous en décembre à Mopti

Il y a un an (10 novembre 2020) disparaissait l’ancien président de la République, le général Amadou Toumani Touré (ATT). Cette disparition a provoqué une vive émotion dans le monde du sport-l’illustre défunt était très proche des sportifs-et nombre de personnes se sont posées cette question : la Super coupe ATT survivra-t-elle à la mort de son initiateur ? Depuis samedi, on connaît la réponse : la compétition va continuer pour honorer la mémoire du président ATT, mais change de nom pour devenir Mémorial ATT. La première édition de la nouvelle formule du tournoi se déroulera du 18 au 25 décembre à Mopti et mettra aux prises les équipes issues de huit régions administratives du pays et du District de Bamako. La cérémonie de lancement de la compétition s’est déroulée, le samedi 20 novembre au siège de Diop Fall et Associés (DFA), en présence d’une belle brochette de personnalités dont le président du comité d’organisation, Mangal Traoré, son conseiller spécial, Papa Oumar Diop, le président de la commission communication, notre collègue Kader Maïga, l’ancien président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Amadou Diakité. L’animation était assurée par le célèbre orchestre de l’Union nationale des supporters des Aigles du Mali (UNASAM), dont le président, Souleymane Diabaté et son vice-président, Cheickna Demba ont fait des témoignages émouvants sur ATT. Dans une brève allocution, le président du comité d’organisation a indiqué que le Mémorial ATT a pour objectif principal de garder la flamme allumée par l’ancien président de la République en faveur de la jeunesse du pays. «ATT a décidé de lancer ce tournoi pour aider la jeunesse du pays et détecter les jeunes talents. La première édition s’est déroulée en 2003 à Mopti en marge de la finale de la Coupe du Mali. En 2005, la compétition a pris une envergure nationale et à partir de cette date, elle a été organisée de façon alternative à Mopti, ville natale du président ATT et dans les autres capitales régionales. Cette compétition nous tient à cœur parce que pour nous, c’est la meilleure façon de perpétuer la mémoire du général ATT», a dit Mangal Traoré. L’allocution du président du comité d’organisation a été suivie, directement du tirage au sort des trois poules. Dans la poule A, on retrouve Mopti, l’hôte du tournoi, Tombouctou et Koulikoro, alors que le détenteur du trophée, Bamako, est logé dans la poule B, en compagnie de Gao et Sikasso. Quant à la poule C, elle est constituée de Kidal, Ségou et Kayes. En marge du tournoi, il y aura une exposition photo sur le parcours et les oeuvres du président ATT. Cette rencontre se déroulera au stade Baréma Bocoum qui abritera également les matches du tournoi. Souleymane Bobo TOUNKARA

PNLP : Lancement de la campagne « zéro palu, je m’engage » et toi ?

Bamako, 23 novembre (AMAP) La cérémonie de lancement de la Campagne « Zéro ! je m’engage » et toi ? a été présidée vendredi dernier par le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga au Stade municipal Vincent Traoré de Kati, a constaté l’AMAP. C’était en présence entre autres du ministre de la Santé et de la Solidarité, Mme Diaminatou Sangaré, de son homologue en charge de la promotion de la Femme, de l’enfant et de la Famille, Mme Wassidjé Founè Coulibaly, des représentants de l’OMS, de l’UNICEF, de plusieurs autres partenaires, du Gouverneur de Koulikoro, Colonel Lamine Sanogo, du Directeur du Programme national de lutte contre le Paludisme, Dr Idrissa Cissé et des représentants du Réseau des Communicateurs traditionnelle (RECOTRAD). Dans son discours de bienvenue, le maire de la Commune urbaine de Kati, Yoro Ouologuem a souhaité la bienvenue aux autorités et aux participants à la cérémonie de lancement sur le paludisme dans sa Commune, avant de renouveler la disponibilité de ses collectivités à accompagner la Transition. M. Ouloguem a par ailleurs soutenu que malgré les efforts des autorités, le paludisme reste une préoccupation majeure dans ses contrées et qu’il est utile de conjuguer davantage les synergies dans la lutte contre cette maladie. Le représentant de l’OMS au Mali, Dr Jean Pierre Baptiste, a salué les autorités pour tous les efforts déployés dans l’amélioration de la santé des populations avant d’affirmer qu’il s’impliquera pour l’obtention du nouveau vaccin RTS contre le paludisme. Il a invité les autorités à faire appel au secteur privé pour mobiliser des ressources complémentaires afin d’intensifier la lutte contre le paludisme et permettre aux communautés de s’approprier   des stratégies pour se protéger de cette maladie. Le directeur du PNLP, Idrissa Cissé a procédé à la présentation de Mme Fatoumata Nafo, Championne  de la lutte contre le paludisme. Dr Cissé a précisé que Dr Nafo est l’une des premières femmes qui a exercé en milieu rural avant d’être ministre de la santé et celui du développement social et de la solidarité e d’occuper plusieurs postes au niveau international. Dr Nafo, a t-il précisé, s’est engagé résolument dans la lutte contre le paludisme en obtenant des résultats tangibles. En reconnaissance de tous ses efforts, le Premier Ministre lui a décerné une écharpe remise à son représentant à la cérémonie. La ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diaminatou Sangaré a, pour sa part, précisé que le paludisme représente 32% des motifs de consultation dans notre pays. Une nocivité de la maladie rappelé également par le responsable de l’OMS dans notre pays. Jean Pierre Baptiste a fait remarquer que le dernier rapport de l’Organisation onusienne sur cette maladie, publié en 2020, relevait 229 millions de cas de paludisme en 2019 et 409 000 décès liés à cette pathologie. Le chef du gouvernement a souligné à l’occasion que sur le plan économique, le paludisme affecte annuellement une grande partie de notre population et engendre 1,3% d’absentéisme à l’école ou au travail. Cela constitue un manque à gagner pour notre croissance économique de plus de 1,3%. Le Dr Choguel Kokalla Maïga a aussi indiqué que des financements supplémentaires sont nécessaires pour sauver toutes les personnes à risque. Cette campagne vise à susciter un engagement politique de haut niveau pour l’élimination du paludisme. Elle permettra également de mobiliser des ressources financières nécessaires pour endiguer la maladie et impulser un élan communautaire afin d’améliorer la sensibilisation et l’appropriation des interventions dans le cadre de la lutte contre le paludisme. KM (AMAP)  

La consommation de stupéfiants se banalise à Sikasso, dans le Sud du Mali

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 22 nov (AMAP) A Sikasso, tout comme dans des zones frontalières, le trafic et la consommation de stupéfiants ont tendance à se banaliser. Que ce soit dans la ville ou dans les localités de la région, les jeunes de 14 à 20 ans s’adonnent à la drogue. Conséquences : des cas de troubles psychiatriques et de « désocialisation », en un laps de temps. Selon les différents acteurs du secteur que notre équipe de reportage a approchés, la situation est alarmante. « Youssouf Togo, la vingtaine, réside au quartier Mamassoni. Ce jeune garçon a abandonné l’école en 8ème année quand il a commencé à consommer des stupéfiants », témoigne la vieille Babintou, voisine de la famille Togo. On l’a conduit deux fois chez les spécialistes de santé mentale car il avait perdu la raison. « A chaque fois qu’il est guéri et qu’il revient à la maison, il replonge, les mauvaises fréquentations aidant. Puis, on le ramène encore au centre de santé », dit-elle. Le cas du jumeau Lassine Koné est encore pire. Résidant à Wayerma II, un quartier de Sikasso, Lassine est dépendant des stupéfiants. Il passe toute la journée à trainer en ville. Il n’arrête pas lancer des propos incohérents aux passants. La situation financière de sa famille fait qu’elle n’arrive pas à procurer les soins adéquats au jeune homme. Hamidou Diarra, avant sa mauvaise rencontre avec les stupéfiants, a été brillant dans les classes inférieures. Il vit les affres de la dépendance aux drogues. Selon ses anciens camarades de classe, c’est à l’université, à Bamako, qu’il n’a pas pu échapper à la tentation. La consommation du jeune Hamidou s’accroissait. En fin ce compte, il a abandonné ses études. Aujourd’hui, il est retourné à Sikasso. Régulièrement, ses parents le conduisent chez les spécialistes de santé mentale. Par finir, Hamidou Diarra s’est complètement métamorphosé. Il est devenu taciturne. SAISIES EN BAISSE – « De novembre 2020 à août 2021, l’Office centrale des stupéfiants (OCS) de Sikasso a saisi plus d’une tonne de cannabis ou chanvre indien, dix comprimés de diazépam, plus de 277 grammes de produits pharmaceutiques contrefaits et 133 comprimés de tramadol » révèle le commandant de l’Antenne régionale de l’OCS, Moumini Bengaly, qui estime que les saisies des stupéfiants est en régression dans la région. Par contre, au cours des années 2018 et 2019, l’OCS a, respectivement, incinéré plus de 4,5 tonnes de chanvre indien, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 6 500 comprimés de tramadol. En 2019, la structure a incinéré 7,8 grammes de cocaïne, 12 grammes de crack, 1 gramme de off, plus de 245 kg de cannabis, 389 boules de cannabis, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 300 comprimés de tramadol. « Sikasso est une zone carrefour, car c’est le point de rencontre des Burkinabés, des Ivoiriens et des Guinéens. C’est cela qui explique l’entrée des stupéfiants », explique-t-il. Selon lui, de tous les pays limitrophes, le Burkina Faso est celui d’où arrive au Mali la plus grande quantité de stupéfiant. « Presque chaque jour, les stupéfiants nous proviennent du Burkina Faso », insiste-t-il. Dans le hit parade des types de stupéfiants consommés à Sikasso, M. Bengaly a cité le tramadol car celui-ci est facile à cacher et il n’a pas d’odeur, suit le cannabis. Par ailleurs, le chef d’escadron estime que la mauvaise fréquentation, la solitude et le stress sont des raisons qui poussent les jeunes à la consommation de stupéfiants. La drogue ne concerne pas que la ville. Les stupéfiants sont consommés dans les cercles et même dans les villages de la région. A cet effet, Moumini Bengaly a affirmé que sa structure a tout récemment saisi, à travers la douane et les Forces armées maliennes (FAMa) de Sikasso, 115 briques de cannabis à Yorosso et plus de 30 sacs de cent kilo du même type de drogue à Tièrè. Se prononçant sur les techniques de dissimilation des stupéfiants, M. Bengaly explique que les dealers et les consommateurs ont mille et une astuces pour cacher la drogue. Ils la dissimulent dans les pneus de voiture, le volant, le tableau de bord et les feux rouges des véhicules. D’autres se servent de poupées, de boîtes de sardine, de mannequins (en plastique) ou de marionnettes. Certains se servent des corps de personnes décédées et de faux cercueils. Les boucles d’oreilles et les seins (par voie chirurgicale) sont fortement utilisés par les femmes. En termes de stratégies pour contrer le trafic et la consommation dans la région, le chef de l’OCS de Sikasso affirme que ses services reçoivent des informations, en temps réel, sur les consommateurs de stupéfiants dans les cercles et les villages de la région. « Au cours de l’année 2020, nous avons effectué cinquante voyages et interpellé soixante-neuf dealers dont trois ressortissants nigérians, trois Burkinabés, trois Guinéens et soixante Maliens », a annoncé M. Bengaly. « De novembre 2020 à ce jour, nous avons effectué seize voyages et interpellés dix-neuf individus dont un Burkinabé, un Ivoirien, un Nigérian et quinze Maliens ». TROUBLES MENTAUX – Le médecin colonel Nayara Sanou est un praticien en santé mentale à Sikasso. Du haut de son expérience de quarante-deux ans, le spécialiste affirme que le phénomène prend de l’ampleur dans la région. Le Dr Sanou révèle qu’il existe bien des liens entre la santé mentale et la consommation de stupéfiants. A cet effet, il a indiqué nombre de ses patients consomment du cannabis afin d’oublier leurs soucis ou encore accéder à un « confort ». « Or, poursuit-il, cette drogue contient du tétrahydrocannabinol qui crée le trouble de comportement chez la personne ». « Le consommateur se croit à l’aise. Il a l’insomnie. Il ne craint rien et il donne libre cours à ses actes » dont les injures et l’agressivité, nous explique Dr Sanou. Selon lui, le chômage, les mauvaises fréquentations expliquent, en partie, la consommation de drogue. S’exprimant sur ses patients qui consommaient des stupéfiants, à leur arrivée dans son cabinet de soins psychiatriques, le spécialiste en santé mentale a affirmé que sur dix à quinze consultations, en une semaine, il peut avoir deux toxicomanes ou consommateurs

Classement FIFA : Le Mali gagne quatre places

Bamako, 20 nov (AMAP) Le Mali gagne quatre places sur le plan mondial et occupe, désormais, le 57è rang sur l’échiquier international, dans le nouveau classement de la Fédération internationale de football association (FIFA) dévoilé, vendredi. Ce classement est établi après des matches de qualifications pour la Coupe du monde, Qatar 2022, des rencontres amicales, et le tour final de la Ligue des nations de l’UEFA programmés en octobre. Les Aigles, qui arrivent derrière la Bosnie-Herzégovine (56è) et devant l’Irlande du Nord (58è), récoltent ainsi les fruits des deux succès contre le Kenya (5-0, 0-1) lors des 3è et 4è journées des éliminatoires de la Coupe du monde, Zone Afrique. Sur le plan continental, le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers restent 10è du classement toujours dominé par le Sénégal (20è mondial) devant la Tunisie (27è mondial) et le Maroc (29è mondial) qui passe devant l’Algérie (30è mondial). C’est le seul changement dans le Top 10 africain par rapport au précédent classement, qui avait été publié le 16 septembre dernier. Le Nigeria (36è mondial), l’Egypte (44è mondial) et le Ghana (52è mondial) occupent, respectivement les 5è, 6è, 7è places au classement africain, alors que la Côte d’Ivoire (53è mondial) et le Cameroun (54è mondial) pointent aux 8è et 9è rangs. Le Mali complète le Top 10. Au total, 160 matches internationaux ont été disputés. Ce qui n’a pas été sans impact sur ce dernier classement mensuel des nations. Pour mémoire, la Belgique est toujours au sommet de la hiérarchie mondiale et devance le Brésil et la France. L’Italie (4è) et l’Angleterre (5è) complètent le Top 5 mondial. BK/MD (AMAP)

Mali : Mesures du gouvernement contre la flambée des prix

Bamako, 19 nov (AMAP) Le ministère malien de l’Industrie et du Commerce a fixé les prix indicatifs plafonds de vente, en gros et au détail, du riz brisure non parfumé importé, de l’huile alimentaire importée, du sucre importé et du pain, applicables sur l’ensemble du territoire et quel que soit le stade de distribution de ces produits. Cette mesure, suivant l’arrêt n°2021 4712/MIC-SG du 15 novembre dernier, sera certainement détaillée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, vendredi. Ainsi, au regard de ces prix, le commerçant grossiste doit céder le sac de 50 kg du riz brisure non parfumé importé à un prix ne dépassant pas 15.000 Fcfa. Le détaillant lui est tenu de revendre le kg à un tarif inférieur ou égal à 350 Fcfa. Le prix de gros du bidon d’huile alimentaire importée de 20 litres ne doit pas excéder 17.000 Fcfa, contre 1.000 Fcfa le litre pour le prix au détail. Le prix indicatif plafond du sac de 50 kg du sucre importé est fixé à 22.500 Fcfa au gros, contre 500 Fcfa le kg au détail. Le grossiste donnera la miche de pain de 300 g à 200 Fcfa au détaillant qui la revendra à 250 Fcfa. La baguette de 150 g sera monnayée à 100 Fcfa au prix de gros, contre 125 Fcfa au détail. Il est utile de préciser que le prix indicatif plafond est la moyenne des prix sur l’ensemble du territoire national. En conséquence, les prix en vigueur dans certaines zones du pays peuvent, en fonction des zones d’approvisionnement ou de l’abondance du produit, être inférieurs à ceux fixés par le ministère en charge du Commerce. Mais, en aucun cas et pour quels que motifs que ce soit, les prix en vigueur, dans nos marchés et autres lieux de vente, ne peuvent excéder ces prix indicatifs plafonds concernant ces denrées subventionnées. À cet égard, «toute violation des dispositions du présent arrêté est punie conformément à la règlementation en vigueur», prévient le département en charge de l’Industrie et du Commerce. Les directeurs généraux du commerce, de la consommation et de la concurrence, de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale « sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié partout où besoin sera », précise l’arrêté. Cette décision est une réponse de l’engagement des autorités de Transition, notamment le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, qui a chargé «le gouvernement de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires, dans la mesure du possible, pour soulager les Maliens du fardeau de la cherté des prix des produits de première nécessité». Cela, malgré la flambée des prix sur le marché international de l’offre et de la demande, et les projections peu rassurantes qui n’écartent pas d’éventuelles hausses des prix. L’instruction du président Goïta a été traduite dans les faits lors du Conseil des ministres du mercredi 10 novembre dernier. Le gouvernement a, en effet, décidé de subventionner certains produits de grande consommation tels que le riz, le sucre et l’huile alimentaire. Cette subvention se traduira par la réduction de la base taxable de 50% sur l’importation de 300 mille tonnes de riz, 60 mille tonnes de sucre, 30 mille tonnes d’huile alimentaire. Des quantités de produits dont l’importation avait été subordonnée, entre autres, « à la signature avec les importateurs d’un cahier de charges portant notamment sur le prix au détail et la disponibilité des produits concernés sur l’ensemble du territoire national », a précisé le gouvernement dans son communiqué. Il a insisté, également, sur le «respect des quantités autorisées pour cette opération, la mise en place d’un mécanisme de suivi à travers des brigades de contrôle pour garantir l’efficacité de cette opération». L’objectif ultime étant d’atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité. Un souhait aujourd’hui matérialisé à travers la fixation de ces prix indicatifs plafonds pour soulager les populations. CMT/MD (AMAP)

Diéma : L’école de Dougoukolo Konaré se meurt

Par Ouka BA Diéma, 19 nov (AMAP) Dougoukolo Konaré, le père de l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, fut le premier directeur de l’école de Diéma, qu’il dirigea de 1935 à 1940. A l’époque, l’école était faite en pailles pour recevoir une minorité d’élèves dont les parents étaient contraints de les y inscrire. A partir de 1951, l’établissement a changé de physionomie avec la construction de six salles de classe en pierres. Bâtie sur une superficie d’un hectare, l’école est située aux abords de la route asphaltée qui mène au quartier Razel, non loin de la mare Lambakoré. Selon Yassa Konté, ancien député, qui a  dirigé l’école de Dougoukolo Konaré pendant quatre ans, de 1994 à 1998, sa « construction n’a pas été de tout repos ». « Le transport des pierres, du sable, du gravier et autres matériaux était assuré par des gaillards. C’était une véritable corvée », dit-il, assis dans le vestibule du chef de village. Pour le recrutement des élèves, les carnets de famille permettaient de faire le recensement. Les filles, elles, en étaient épargnées. Chaque année, à l’ouverture des classes, le commandant ordonnait de recenser tous les enfants ayant atteint l’âge d’être scolarisé. « Toutes les familles se pliaient à cette décision. Chaque enfant était soumis à une visite médicale. Si la visite médicale révélait qu’un enfant est inapte, ses parents s’en réjouissaient. Leur  souhait était que leur progéniture reste à leurs côtés pour les aider dans les travaux champêtres. L’idée d’école était rejetée par tous dans ce milieu, comme d’ailleurs partout », se souvient Yassa Konté. L’ancien député n’en finit pas de se désoler devant la démolition d’un pan de la véranda de l’école de Dougoukolo Konaré, vers son côté sud. « Quand j’ai été nommé directeur de cet établissement, dit-il, il y avait une véranda commune qui entourait les salles de classe. Cette partie de la véranda, qui a été cassée,  empêchait les rayons de soleil de pénétrer dans les salles à une certaine heure de la journée », dit-il. Salihou Soukouna, professeur d’anglais à la retraite et ancien élève de cette école, se souvient des activités intenses de maraîchage qu’on y pratiquait. « La moitié de l’espace du jardin maraîcher était occupée par des arbres fruitiers. Chaque élève s’occupait de l’entretien d’une planche. Le jardin était approvisionné en eau à partir de la mare Lambakoré. Les recettes générées par cette activité étaient versées directement dans la caisse de la coopération de l’école », se remémore notre interlocuteur. Sur le tableau de succession accroché dans le bureau du directeur, il est mentionné que depuis 1935,  dix-sept directeurs d’école se sont succédés. Selon l’actuel titulaire, Adama Togola, à partir de 1998, l’école qui était un cycle complet, a été scindée. Le premier cycle A et le premier cycle C. Le second cycle A et le second cycle C. Les six salles de classe de l’école de Dougoukolo Konaré sont devenues vétustes. Le toit conserve les mêmes tôles qui sont rouillées et détachées en plusieurs endroits par les intempéries. Le président du Comité de gestion scolaire de l’école fondamentale premier cycle A de la ville de Diéma, Bougary Konaté, soixante onze ans, est un ancien élève de l’école de Dougoukolo Konaré. « Quand je fréquentais cette école, Dougoukolo Konaré, n’était plus là. Il était parti pour Markala, dans la Région de Ségou, d’après ce que j’ai appris », dit Bougary. « Mon père était un ancien caporal de l’Armée. En 1963, il m’a inscrit à l’école. J’avais  déjà dépassé l’âge de la scolarisation. La discipline était de rigueur dans notre école. Les élèves apprenaient sous le fouet que brandissait le maître d’école », a dit M. Konaté. « Le châtiment corporel était de rigueur. Si un élève commettait une faute grave, il était  sérieusement corrigé. Et quand son père en était informé, il rudoyait, à son tour, l’enfant, comme si la punition infligée par le maître ne suffisait pas. L’enfant appartenait à toute la société. Tout le monde pouvait contribuer, à sa guise, à son éducation », se souvient-il. Et de regretter que « les choses ne soient plus comme avant : aujourd’hui, personne n’a le droit de porter la main sur un enfant d’autrui, encore moins de l’insulter ». « A mon avis,  si nous sommes assaillis par ces nombreux problèmes aujourd’hui, c’est à cause surtout de la mauvaise éducation de nos enfants », dit-il. DE BONNE VOLONTÉS – Une ONG a financé la construction et l’équipement de trois salles de classe, une direction avec magasin et des blocs de latrine. La clôture de l’école et la réalisation du jardin d’enfants, situé à proximité, font partie du lot des réalisations de la même ONG caritative. L’association Kaarta Karalemou Kassoun Kahoo, de Mme Sokona Semega, a  récemment procédé, sur fonds propres,  à la restauration du sol des trois salles de classe de l’école, à la réfection des tableaux ainsi qu’à la réparation des portes et fenêtres. L’établissement scolaire est confronté à une insuffisance de tables-bancs et compte un effectif pléthorique d’élèves. Les élèves de la première année du premier cycle C, étudient en plein air, en attendant la confection d’un hangar de fortune. Il est temps, pensent certains, de baptiser, officiellement, l’établissement « Ecole Dougoukolo Konaré », en guise de reconnaissance à cet éminent instituteur qui a donné le meilleur de lui-même, souvent dans des conditions difficiles, pour inculquer son savoir aux plus petits. L’école de Dougoukolo Konaré a vu le jour, durant la période coloniale, quand rares étaient les parents qui acceptaient de conduire librement leur progéniture à l’école. Aller à « l’école des Blancs » était un signe de malédiction pour certains qui pensaient que c’était la pire des façons de transformer leurs enfants, d’en faire des « fainéants », des « bons à rien ». Cependant, l’école était une obligation pour tous. Personne ne pouvait y échapper. L’administration coloniale veillait scrupuleusement sur la scolarisation des enfants. Les parents les plus nantis donnaient les noms des enfants de leurs subordonnés, ceux placés sous leur autorité. L’école à leurs yeux n’avait aucun sens, aucune importance. Seul l’apprentissage du Coran, capable de sauver les âmes et le corps des feux de la géhenne, comptait pour nos ancêtres. Certains cachaient leurs enfants ou les faisaient fuir, pour échapper

Tombouctou : « Wakya tein», un habit paré de mille vertus et secrets

Par Moulaye SAYAH Tombouctou, 19 nov (AMAP) Dans la culture vestimentaire de Tombouctou, dans le Nord du Mali, il y a plusieurs habits qui ont des noms d’origine maghrébine, fruit du brassage culturel. Au-delà du vêtement, certains ont de la valeur. Il en est ainsi du « wakya tein» qui est un boubou brodé à la main. Sa confection peut durer plus d’un an. Il n’est pas permis à tout le monde de le broder à la main. Dans le passé, ce sont les marabouts qui faisaient ce travail. Les ateliers de broderie sont connus et répertoriés dans la ville. Dans un temps récent, il y avait sept grands ateliers de broderie à la main. De nos jours, seul un  résiste encore à la concurrence des machines à broder modernes. C’est celui d’Oumar Alkoye dans le quartier Djingareyber. Pour enfiler le «wakya tein » il faut vraiment avoir une certaine surface financière et être d’une classe sociale assez élevée, car le coût peut atteindre environ 600 000 de nos francs. Prohibitif ! En plus, pendant tout le temps que prendra la confection de l’habit, celui qui en a fait la commande entretient quotidiennement l’artisan-brodeur commis à la tâche. Comme matériaux, il faut des bandes d’étoffe en cotonnade, du fil, de la soie provenant de Fez (Maroc) et comme outils, une paire de ciseaux, un dé, une aiguille. L’apparition de cet habit dans la ville remonte aux XVème et XVIème siècles, selon Salem Ould Elhaj, un historien  chercheur de la ville. Il affirme qu’à cette époque, le travail du boubou était réservé aux professeurs de la célèbre Université de Sankoré de Tombouctou. Il explique que sur ce vêtement, il y a des figures géométriques et des cases qui correspondent aux 99 noms de Dieu, d’où son importance au plan religieux. Mahalmoudou Baba est un tailleur très en vue de la place. Il raconte : « Par le passé, il a  été constaté que les gens portaient des bagues et les talismans pour se protéger et à d’autres fins alors que ces objets contiennent des secrets tirés de noms Dieu. Entrer dans les toilettes avec des gris-gris de ce type n’est pas convenable, au regard de la grandeur des noms de Dieu. C’est ainsi que les ulémas, les marabouts et les professeurs de l’époque ont convenu de  transposer ces noms de Dieu sur le boubou ». « Là, au moins on est sûr que celui, qui porte cet habit, va l’ôter afin de ne pas s’encombrer dans les toilettes », explique notre interlocuteur. SECRETS ET CROYANCES – Selon lui, le boubou cache beaucoup d’autres secrets. Selon lui, le «wakya tein » protège contre tous les mauvais sorts. « Quelle que soit l’assemblée dans laquelle tu te trouves, tu parais bien aux yeux des gens. Tu es écouté et respecté », soutien Mahalmoudou Baba. Il va plus loin, en soutenant que cet habit, lorsqu’il se trouve dans une maison, un voleur peut tout emporter sauf le boubou. « Quand il y a incendie, il ne brûlera pas. Lorsqu’une embarcation chavire, la valise dans laquelle se trouve le ‘wakya tein’ flottera », poursuit le tailleur, renforçant une croyance populaire. Mahalmoudou me fait comprendre que seul le vrai «wakya tein » a ces pouvoirs. Le boubou aux si vastes vertus existe en modèle pour hommes et celui pour dames également. Un vieux boucher de la place, Hamèye, m’a raconté que dans l’héritage d’une famille, il y avait un «wakya tein ». Tous les héritiers voulaient l’avoir. Il n y a pas eu de consensus, Finalement, c’est une tierce personne, étrangère à la famille mais connaissant la valeur de l’habit, qui a déboursé la somme de 300 000 Fcfa, pour l’acquérir. Ce dernier a dit à ses amis que c’est un cadeau du ciel. Les habitants d’ici s’en souviennent encore. En 1994, un vieux a exposé, au cours d’une soirée culturelle à Tombouctou, en présence du ministre Bakary Traoré « Pionnier » un boubou « Wakya tein » qui avait 100 ans. Des personnalités de l’époque ont proposé jusqu’à 900 000 Fcfa mais le propriétaire a décliné l’offre. Il y a encore des familles de Tombouctou qui en ont dans les maisons, jalousement gardés et qui ne supportent plus les déplacements ou les manipulations. Avec l’avènement des machines à broder et le basin riche, le «waky atein »  est dévalué au détriment de pâles copies qui ne  coûtent que 125 000 Fcfa. Ils n’ont pas les mêmes valeurs et propriétés que ceux brodés à la main. Compte tenu du coût, beaucoup de Tombouctiens s’habillent avec ces créations contrefaites. Beaucoup de personnes (marabouts, imams, notables, chefs coutumiers, des personnes âgées) que nous avons approchées en savent peu sur l’habit. D’autres répondent, à vos questions, par un sourire sibyllin, comme pour ne pas dévoiler un secret. Ici tout le monde s’accorde à dire que le «wakya tein » n’est pas un boubou ordinaire. Même cousu dans le basin riche, il est porté pendant les grands jours (fêtes religieuses) et jours exceptionnels (mariages baptêmes, réceptions), entre autres. MS (AMAP)