Spécial 22 septembre 2022-Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA) : Assurer le leadership pour la souveraineté numérique du Mali

Message Des Maliens fins observateurs se poseraient bien des questions en passant devant deux édifices, à Bamako et Kati, l’un assez récent et l’autre ancien. Le premier est situé sur la route de l’Aéroport, en face du siège de la Direction de la Météorologie. Sur la façade on peut lire : « SMTD ». Ce qui attire le passant, c’est l’aspect moderne, voire futuriste du Bâtiment dont le style architectural ne colle pas beaucoup au type de bâtiments publics que l’on aperçoit à Bamako. C’est le siège de la Direction générale de la Société malienne de Transmission et de Diffusion, construit en 2014 par le partenaire chinois dans le cadre du projet Mali numérique porté par le Ministère en charge de la Communication et de l’Economie numérique. Le deuxième édifice évoqué ci-dessus est situé sur la route de Kati, visible depuis Bamako à cause de la hauteur de nombreux pylônes dressés en son sein. Il s’agit du Centre émetteur de Kati. Ce haut lieu de la diffusion de la radio et de la télévision, est célèbre avec son jumeau situé à quelques encablures sur la colline du Point G. Connu depuis plusieurs décennies comme propriété de l’ORTM, le centre émetteur de Kati est passé sous pavillon SMTD depuis la création de cette nouvelle société en 2015. L’enseigne de l’ORTM a laissé la place à celle de la SMTD-SA et présentement un bâtiment R+3 est en construction pour abriter la Direction générale appelée à quitter son site actuel sur la route de l’aéroport.  Au-delà de ces enseignes, il est loisible de se demander pourquoi la SMTD-SA parle peu, pour ne pas s’interroger sur sa raison d’être. Alors que fait la SMTD-SA ?  Son histoire résulte de la volonté de la République du Mali de mettre en œuvre l’Accord GE06 de l’Union internationale des télécommunication (UIT) qui a imposé aux pays membres de cette agence onusienne de réussir la transition de l’analogique au numérique.  Au cours de sa Conférence régionale des radiocommunications de 2006 (CCR-06) à Genève, l’UIT a adopté un traité (Accord GE06) incluant un plan de fréquences pour le service de radiodiffusion de terre et fixant la date du 17 juin 2015 pour l’arrêt des émissions analogiques. Applicable à l’Europe, l’Amérique et l’Asie, cet accord s’est imposé au monde entier notamment au cours des conférences mondiales des radiocommunications de 2007 et 2012. C’est ainsi que le Mali va entamer un long processus de mise en place de la stratégie nationale de transition de l’analogique au numérique, notamment dans les domaines la radiodiffusion et la télévision. Il s’agit d’entrer dans l’ère de la télévision numérique terrestre (TNT).  LA TNT, la première raison d’être  La Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD-SA), Société d’Etat à capital détenu à 100% par l’Etat du Mali voit ainsi le jour dans le cadre de la stratégie nationale de transition de l’analogique au numérique, elle-même vite diluée dans un vaste projet de transformation numérique du Mali dénommée Mali numérique 2020 élaboré au niveau du département en charge de l’économie numérique. La SMTD-SA a été créée par Ordonnance n°2015-037/P-RM du 2 octobre 2015 et n’a commencé ses activités qu’en 2017. C’est un organisme personnalisé placé sous la tutelle du ministère en charge de l’Économie numérique.  Elle a pour missions, entre autres, d’assurer la transmission, la diffusion des multiplex de programmes de service public de télévision et de radiodiffusion en mode sonore et numérique. Elle est chargée en outre d’exploiter, d’entretenir et de développer les réseaux de transmission par satellite, par fibre optique en gérant les infrastructures nationales de fibre optique. De 2017 à ce jour, la jeune société compte un personnel qui avoisine trois cent employés et a eu trois directeurs généraux dont l’actuel est Dr Cheick Oumar TRAORé.  La SMTD-SA a hérité du patrimoine de diffusion issu de la restructuration de l’ORTM et assure aujourd’hui la diffusion des programmes radio -télé (ORTM1, ORTM2 et Radios Mali, Chaîne 2) sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger pour la diaspora (Afrique, Europe, Amérique du Nord). C’est la première mission qu’elle est chargée d’assurer pour la satisfaction de l’intérêt général, à savoir, le droit à l’information et le droit d’être informé des populations.  En plus de la gestion des infrastructures de diffusion, la société s’attèle à mettre en place le réseau de distribution des chaines de télévision et de radios à travers un bouquet. Si l’émetteur numérique est disponible avec un premier groupage de chaines nationales, il n’en demeure pas qu’à ce niveau il n’y a rien encore d’officiel en termes de commercialisation et de mise à disposition des foyers maliens. La TNT a la souplesse d’être reçue sans parabole mais avec un système de réception composé d’une antenne et d’un boitier appelé décodeur. La SMTD en partenariat avec d’autres structures étatiques mettra à disposition du public des décodeurs de haute qualité le moment venu. « Tout compte fait, en tant que société publique, nous nous devons de remplir nos obligations qui veulent qu’on assure la mise à disposition de multiplex de programmes de service public de télévision et de radiodiffusion en mode sonore et numérique. Sur ce point il y a déjà un bouquet gratuit en essai avec les chaines publiques du réseau ORTM et d’autres chaines privées maliennes. Le principal défi de la TNT, c’est en plus de la qualité de l’image (cela est assurée) il faut que les chaines offrent du contenu en termes de programmes attrayants et répondant aux attentes du public. Nous sensibiliserons nos partenaires sur ce point » affirme le Directeur général Dr Cheick Oumar TRAORE.  Le 20 décembre 2018, la SMTD-SA a signé un contrat majeur avec le groupement THOMSON et CAMUSAT pour le déploiement d’un réseau national clé en main de télévision numérique terrestre (TNT). Cette mission comprend la fourniture, l’installation et la mise en service de 51 sites de radiodiffusion  et d’une station terrienne. A terme ce projet stratégique fournira un système audiovisuel fiable et de haute qualité à la population malienne. A ce jour, si certains sites de diffusion ont

Spécial 22 septembre 2022-Guerres et conflits :  Sale temps pour la vraie information

Par Souleymane SIDIBE La communication est une arme redoutable que les protagonistes des conflits utilisent à profusion. Chacun manipule, travestit, tronque, dissimule les faits. Ala vois pour obtenir l’adhésion de l’opinion publique et pour nuire à l’ennemi. D’où l’adage : « Lorsque la guerre éclate, la vérité est la première  victime ». Le Mali est depuis plus d’une dizaine années confronté à une guerre double : un conflit armé dévastateur imposé par des Groupes armés terroristes et leurs supposés soutiens occultes, et un «terrorisme médiatique» perceptible à travers les contenus «tendancieux» visant à ternir l’image du pays et saper en même temps le moral de la troupe.  Tout comme le contrôle des positions stratégiques, le contrôle de l’information en temps de guerre est également un enjeu vital pour espérer remporter des victoires contre l’ennemi et consolider la confiance entre les hommes en treillis et la population. Les campagnes d’intoxication et de désinformation opérée par les médias prouvent à suffisance que l’information et la communication en temps de guerre constituent une arme redoutable que les protagonistes de la crise utilisent abondamment à leur avantage.  Pendant la crise, la désinformation et la propagande sont utilisées à profusion. La désinformation, selon les spécialistes, utilise des techniques qui permettent de travestir une information fausse en une information apparemment crédible et qui oriente l’action de celui qui la reçoit dans un sens qui lui est défavorable. Elle se traduit par la fabrication de faux documents, la falsification de données existantes, etc.  Quant à la propagande, elle consiste à produire des argumentaires selon des techniques bien précises pour obtenir l’adhésion de l’opinion publique à vos thèses. Il s’agit donc de manipuler l’opinion pour lui faire accepter les points de vue du propagandiste. Prenons l’exemple d’une super puissance qui occupe le territoire d’un pays pauvre afin de jouir des richesses minières ou énergétiques, ou encore, de contrôler une zone stratégique. D’abord, il justifiera sa présence dans ce pays en donnant des raisons nobles, comme le respect et l’instauration de la démocratie, la protection des minorités, la lutte contre le terrorisme. DIABOLISER L’ENNEMI – Ce type de manipulation se fait très généralement à l’aide de médias qui font des productions visant à faire accepter les décisions, les choix et les stratégies de la puissance qui entend imposer son influence. La désinformation et la propagande en période de crise se caractérisent donc par le fait de toujours blanchir les intérêts sordides d’une campagne pour leur donner une noble apparence. Les puissances coloniales ont longtemps utilisé ces techniques dans certaines régions du monde pour diviser et dresser les peuples les uns contre les autres. Cela se caractérise par la diabolisation d’un camp en le présentant comme un véritable danger. Ainsi, ils arrivaient à prendre le contrôle de tel pays ou de telle région.  Les mêmes techniques sont utilisées aujourd’hui pour obtenir le consentement de l’opinion ou de la dresser contre l’ennemi. Journaliste et chargé de mission à la Haute autorité de la communication (Hac), Hamèye Mahamadou Maïga explique : «C’est une période pendant laquelle les acteurs essayent, chacun de leur côté, de manipuler l’information. Ils essayent de falsifier et d’interpréter de manière inexacte l’information toujours pour désorienter l’opinion publique. Ils font cela pour qu’on puisse dire que ce sont eux qui détiennent la vérité et que la situation est en leur faveur ».Après avoir rappelé l’adage qui dit que « lorsque la guerre éclate, la première victime, c’est la vérité », Souleymane Drabo, journaliste et ancien directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), rappelle que toutes les guerres modernes se remportent à la fois sur le terrain militaire et sur le plan de la communication. Pour lui, la guerre Russie-Ukraine illustre parfaitement cette réalité. « La Russie a l’avantage militaire sur l’Ukraine. Elle a bombardé et conquis une partie du territoire ukrainien, mais sur le plan de la communication, la balance penche indiscutablement du côté des Ukrainiens », explique Souleymane Drabo. Et d’ajouter : «Non seulement les Ukrainiens ont un président qui est lui-même un communicateur, mais ils ont aussi une communication rationnelle, organisée, méthodique et intelligente. En temps de crise, la communication se transforme donc en arme, les demi-vérités, contrevérités et mensonges prospèrent ». RESPONSABILITÉ – Dans une telle situation, quelle doit être le comportement du journaliste ? Comment prévenir les dérives et protéger le droit du citoyen à l’information ? L’ancien ministre de la Communication, Gaoussou Drabo, répond : « les réflexes qu’on a en temps normal, sont mis en pratique en période de crise mais de manière exponentielle parce que la crise crée des tensions. Elle fait perdre le sens de la mesure. Elle ne vous permet pas cette lucidité nécessaire à faire un jugement avisé ». Pour lui, la crise révèle une excroissance de l’attitude professionnelle en temps normal. « Si vous êtes posé et serein en temps normal, vous développerez les mêmes reflexes en temps de crise », soutient-il.     En temps de crise, le traitement de l’information implique davantage de responsabilité de la part du journaliste et vis-à-vis du public au profit duquel il collecte, traite et diffuse l’information. À cet égard, il importe de mettre en garde contre les dérapages susceptibles d’aggraver la situation, estime le sociologue Dr Fodié Tandjigora. « Si l’État ne protège pas l’information, s’il ne dicte pas la marche à suivre, cela risque de provoquer des dérives », souligne le chercheur, faisant allusion à la diffusion des informations susceptibles de « saper le moral des troupes au front et de discréditer l’État ». Beaucoup de dérives ne sont pas le fait des journalistes, relève le directeur de publication du bihebdomadaire Mali-Tribune Alexis Kalambry. «Malheureusement, avec les réseaux sociaux, tout détenteur de téléphone, de smartphone, est devenu un vecteur d’information. Ce qui ne devrait pas être le cas», regrette le patron de presse.  Abondant dans le même sens, Gaoussou Drabo fait remarquer aussi que sur internet, n’importe qui s’improvise journaliste. «Mais quand on est formé dans une école de journalisme, on apprend l’éthique et la déontologie qu’on

Spécial 22 septembre 2022-Communication, économie numérique et modernisation de l’administration : Plusieurs chantiers, de nombreuses innovations

Par Mohamed TOURE Dans le domaine de la communication, le département a réalisé de nombreuses infrastructures au profit des structures publiques. Sans compter les efforts pour la mise à disposition de l’aide à la presse et la contribution à la relecture des textes de loi sur les médias. L’intranet de l’administration, la cybersécurité, la certification de la signature électronique participent des actions entrant dans le cadre de la modernisation de l’administration Une meilleure communication institutionnelle et une administration moderne sont des atouts indispensables dans le processus de refondation entamé dans notre pays. Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration campe le décor en insistant sur le rôle et l’importance de l’information et les médias, notamment dans un pays en guerre comme le Mali. « L’information n’est plus qu’une nécessité, elle devient un élément majeur de l’art de la guerre. L’information est une arme redoutable pour celui qui la maîtrise, elle permet de gagner un conflit qu’il soit militaire ou économique avant ou pendant les hostilités, parfois sans tirer un coup de feu », explique Me Harouna Mamadou Toureh, dans cette interview accordée à la presse nationale. Concernant les médias, il souligne qu’ils « sont des armes, et l’information c’est la guerre ». Une mise au point qui justifie la décision du gouvernement de rompre, le 17 mars 2022, les signaux de Radio France internationale (RFI) en ondes courtes et FM et de la chaine France 24 ainsi que la suspension de l’accès à Internet de ces médias. « Cette mesure est intervenue suite à la diffusion d’informations infondées et mensongères par ces médias dans le but de déstabiliser notre pays et d’activer et entretenir la haine entre nos communautés », précise sans ambages le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration. MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES – Ces mesures souveraines de protection des intérêts du Mali au plan de la communication ont été suivis par des actions de modernisation des infrastructures de communication. Il évoque à ce propos, entre autres, la poursuite de la réhabilitation de la station régionale de l’ORTM à Kidal. Le bâtiment de la radio nationale à Kidal a été totalement rénové avec un équipement ultra moderne.  L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) n’est pas restée en marge des actions du département en charge de la communication. Le ministre parle à ce sujet de la poursuite de la construction d’un bâtiment R+3 extensible à 5 pour l’AMAP à Bamako et la construction de la représentation de l’AMAP à Sikasso.  Le ministre Toureh rappelle également la rénovation du bâtiment de la Maison de Presse pour un montant de plus de 170 millions de Fcfa. «Nous sommes tous fiers du nouveau visage de la Maison de la Presse grâce aux travaux de rénovation »,  se réjouit-il.  L’aide à la presse fait partie des actions majeures du ministère en charge de la Communication. à ce sujet, Me Harouna Mamadou Toureh évoque le décaissement de 38,4 millions de Fcfa sur une dotation prévisionnelle de plus de 71 millions, au titre du second semestre 2021. Pour la période 2018 à 2021, « un montant de 607 601 950 Fcfa a été débloqué, dont 509 923 550 Fcfa virés intégralement sur le compte bancaire de la Maison de la Presse et 97 678 400 Fcfa en traitement », détaille le ministre Toureh.  Aussi précise-t-il que la somme de 50 millions de Fcfa, comptabilisée dans l’aide à la presse, a servi à équiper la Maison de la Presse et doit être considérée comme arriérés au titre de l’aide à la presse. Ce qui fait que les arriérés au niveau du département se chiffrent à un peu moins de 33 millions de Fcfa.  Toujours au sujet des actions pour une meilleure communication gouvernementale, il faut noter à l’actif du ministère la mise en œuvre d’un cadre d’échange avec les partenaires que sont la Maison de la Presse et le Groupement professionnel des agences de communication et des Régies publicitaires (GPAC). Les procédures ont été aussi lancées pour la validation et l’élaboration des projets de textes régissant la presse écrite et la presse en ligne. Des réformes qui sont, faut-il le rappeler, des vœux ardents des professionnels des médias. PRÉOCCUPATION MAJEURE – Dans le cadre de l’économie numérique, il faut noter des actions telles que la réalisation de l’audit organisationnel et institutionnel de l’ensemble des structures du département et du secteur des TIC. Mais aussi la validation technique de la stratégie nationale de la cybersécurité. à ce sujet, le ministre Toureh explique que la cybersécurité est, aujourd’hui, une préoccupation majeure dans le monde entier, car la sophistication des cyber-attaques et les dommages financiers causés aux pays ont augmenté à un rythme exponentiel. Ainsi, il a donné l’assurance que le gouvernement de la Transition a « l’ambition d’instaurer les conditions nécessaires pour susciter la confiance des citoyens et des entreprises en l’économie numérique ». C’est dans cette dynamique que s’inscrit les nouveaux projets d’entretien et l’extension de l’intranet de l’administration qui ont été lancés. « L’intranet de l’administration est une plateforme qui sécurise les informations de l’administration et offre aux usagers une collaboration plus dynamique en minimisant les coûts de déplacement, de communication », explique le ministre Toureh.  Les réflexions sont aussi lancées pour la création du pôle numérique agricole à Koulikoro et du pôle numérique alphabétisation à Sikasso. Le département, sur la même lancée, mise sur la poursuite des activités de renforcement de capacités des cadres et agents des services publics, parapublics et des collectivités territoriales connectés aux réseaux intranet de l’administration et la ré-délégation technique du point ml. Le gouvernement entend, à travers ses services techniques comme la Société malienne de transmission et de diffusion, l’Agence de gestion du fonds d’accès universel, l’Agence des technologies de l’information et de la communication et avec l’appui des opérateurs de télécommunication, travailler pour résoudre l’accès des populations aux services de communication (téléphone et connexion Internet) dans les localités affectées par les perturbations. Ce qui se manifestera

Spécial 22 septembre 2022-Hôpitaux de district : Pour un meilleur accès aux soins de qualité

Par Fatoumata NAPHO Le Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune IV est le premier à monter en gamme. Il dispose désormais d’un plateau technique plus relevé pour une prise en charge beaucoup plus efficace des malades. Au total, plus de 70 centres de santé seront progressivement transformés en hôpitaux de district La création d’hôpitaux de district est la réponse du gouvernement au besoin de renforcement des capacités de nos établissements de santé, en termes de plateau technique, d’amélioration des conditions de travail du personnel, et s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Réforme sur le système de santé, engagée en 2019. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur l’urgence et la nécessité de s’inscrire dans la quête permanente de soins de santé de qualité.  Les autorités de la Transition qui en sont aussi bien convaincues multiplient les bonnes initiatives dans ce sens. C’est dans cet esprit que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé en juillet dernier l’inauguration du premier hôpital de district, bâti sur les cendres du Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune IV). à cette occasion, il a déclaré que l’hôpital de district cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel, Assimi Goïta, qui consiste à soigner chaque Malien dans notre  pays.  Dr Kalifa Keïta, directeur général adjoint de la santé a souligné l’exigence de séparer les services de soins de la santé publique pour une meilleure prise en charge de la population. Selon ce dernier, un hôpital de district est un établissement public hospitalier doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il est créé au niveau des districts sanitaires avec mission de participer à la mise en œuvre de la Politique nationale de santé sur le territoire du district sanitaire. Il est aussi chargé d’assurer le diagnostic, le traitement et la surveillance des malades, des blessés et des femmes enceintes. Mais aussi de prendre en charge les urgences et les cas référés, de participer à la formation initiale et continue des professionnels de santé et de conduire des travaux de recherche dans le domaine.  SYSTEME PLUS PERFORMANT – Le directeur général adjoint de la santé a souligné que la création d’hôpitaux de district a pris corps dans les discussions de l’atelier de haut niveau sur la Réforme sur le système de santé qui consiste à améliorer l’état de santé de la population. Il avait été requis de soulager les médecins chefs de la combinaison des services de soins et de ceux de santé publique. Ceux-ci ont pour rôle d’assurer le diagnostic, le traitement, la surveillance des malades, des blessés et des femmes enceintes ensuite prendre en charge les urgences et les cas référés. Mais également de participer à la formation initiale et continue des professionnels de la santé, de conduire les travaux de recherche et les activités de prévention des maladies maternelles et infantiles.  Pour rendre le système plus performant, il était nécessaire de séparer les deux services. D’où l’idée de créer ou plutôt transformer les Centres de santé de référence (CSRéf) en hôpitaux de district.  «En fait, les hôpitaux de district ne sont pas une création en tant que telle. Nous allons transformer les Centres de santé de référence en hôpitaux de district», a-t-il expliqué. Il précisera aussi que «ce changement veut dire que nous allons relever le niveau du plateau technique de ces centres pour qu’ils soient aux normes d’un hôpital, en termes d’équipements, d’infrastructures et voire de ressources humaines.  L’initiative vise à permettre à la population d’accéder à des soins de qualité, efficaces et efficients, depuis le niveau opérationnel. Ce sont tous les Csref existants qui seront concernés par cette transformation. Au total, plus de 70 centres seront progressivement transformés en hôpitaux de district.  Le CSRéf de la Commune IV est le premier à subir cette transformation. Il est ainsi devenu un hôpital de district avec toutes les commodités requises. Les travaux de transformation de la nouvelle infrastructure ont coûté 1,3 milliard de Fcfa. Le coût des équipements s’élève à 1,9 milliard de Fcfa.  FN (AMAP) 

Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé,  directeur général de la CANAM : “De l’AMO, nous nous acheminons vers le RAMU”

1. L’assurance maladie est une réelle avancée en matière de protection sociale au Mali. Quelles sont les réformes majeures que vous y avez effectuées ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Dès notre arrivée, nous nous sommes attelés à la mise en place d’un certain nombre de stratégies afin de conforter au mieux les assurés. La fermeture des droits des assurés était une préoccupation essentielle pour de nombreux assurés qui avaient de la peine à accéder aux soins. Nos services ont procédé à une ouverture massive des droits des assurés, ainsi que leurs ayants-droits, notamment les fonctionnaires civils, les fonctionnaires des collectivités, des forces armées et de sécurité, les contractuels de l’Etat, les pensionnés des secteurs publics et privés. La CANAM a déployé à l’époque environ 150 bornes de mise à jour des cartes biométriques à Bamako, dans les régions et les cercles du pays. Des mesures fortes ont été prises pour la distribution des cartes. Il y avait également des difficultés liées à la prise d’empreinte, notamment pour les personnes âgées et les enfants de 0 à 10 ans. Pour conforter davantage ces deux catégories d’assurés, nous avons mis à leur disposition des cartes sans empreintes.  2. La nouvelle carte biométrique est entrée en service. Pourquoi avez-vous opté pour ce choix ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : La lutte contre la fraude est impérative pour nous. Il y va de la survie de la CANAM. Si nous n’y mettons pas un frein, l’Organisme va mettre la clé sous le paillasson dans un avenir très proche. Tous les rapports d’audits y compris ceux de la CIPRES (Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale) l’ont relevé.  Avant, nos assurés utilisaient les cartes récépissés sans photos. Cela a conduit à des abus. La carte d’une seule personne pouvait servir à la prise en charge d’un nombre indéterminé des membres de sa famille. Nos feuilles de soins étaient devenues un fonds de commerce pour certains. Nous ne pouvions pas continuer avec ce système.  Il nous fallait des cartes biométriques pour juguler toute cette fraude massive.  3. Nous constatons une nouvelle liste de médicaments. Quelles sont les raisons ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé :  Effectivement, la CANAM a procédé à la révision de la liste des médicaments pratiquée depuis 2014 dans les pharmacies d’officines privées. Ce processus a abouti à l’élaboration et à l’approbation de la liste par l’arrêté N°2018-0230/MSAH/MSPH –SG du 09 février 2018 fixant la liste des médicaments et des dispositifs médicaux admis à la prise en charge du Régime de l’AMO. Après deux années de mise en œuvre et à la suite de la mise sur le marché de nouveaux produits génériques de marques efficaces, innovants et peu coûteux, une révision de la liste des médicaments s’avérait nécessaire. Une étude actuarielle réalisée en décembre 2014 par la CANAM a recommandé « d’éliminer plusieurs produits pharmaceutiques et non pharmaceutiques afin d’alléger la liste exorbitante des produits pharmaceutiques AMO ». C’est dans ce cadre que la Direction Générale de la CANAM a mis en place une Commission Technique chargée de la mise à jour de ladite liste. Dans le souci de rendre plus inclusive la liste, la CANAM a organisé un atelier de validation de la liste des médicaments avec la participation de tous les acteurs impliqués à savoir les sociétés savantes, les ordres professionnels et les syndicats de la santé, les autorités de régulation pharmaceutique et les organismes gestionnaires délégués. Les travaux de groupes ont porté sur 3966 items de la nomenclature des médicaments et dispositifs médicaux à usage humain autorisés au Mali à jour par les quatre groupes. Les exclusions ont porté sur 441 items soit 11,12% selon les critères d’exclusions des médicaments de la prise en charge par le Régime d’Assurance Maladie Obligatoire définis par la Commission. Cependant, 2844 nouveaux items ont été intégrés à la liste, soit 71,7% des items. Au total 3858 items de médicaments et de dispositifs médicaux ont été retenus dont : 571 items pour les médicaments de spécialités, 2540 Items pour les médicaments génériques de marque, 461 Items pour les médicaments génériques Dénomination Commune Internationale, 286 consommables et dispositifs médicaux. Au total 441 médicaments retirés et 2879 médicaments ont été rajoutés. 4. Le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) est en vue. A quand son opérationnalisation effective ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Le RAMU, faut-il le rappeler, est une volonté des plus hautes autorités de notre pays qui, en son temps, ont instruit d’engager, en 2015, un processus permettant de mettre en place, à partir de 2018, un système de protection sociale contre le risque maladie au profit de l’ensemble de la population malienne. C’est un dispositif de tiers payant mis en place par l’Etat, qui regroupe tous les mécanismes de prise en charge sociale de la maladie au Mali (AMO, RAMED, Mutualité, gratuités), qui existaient sans lien fonctionnel, dans le but d’optimiser le système de l’assurance maladie sociale par la mise en commun des ressources et des moyens, pour couvrir tous les risques liés à la maladie.  La mise en place du RAMU au Mali se justifie par la volonté des plus hautes autorités d’améliorer l’accessibilité géographique et financière de la population dans sa globalité aux services de santé de qualité. L’Etat, à travers ce régime, entend améliorer le taux d’utilisation des services de santé par les populations, mais aussi mettre en place un système pérenne de financement du système de santé. L’institution du RAMU vise à défragmenter les dispositifs de couverture du risque maladie existants (AMO, RAMED, Mutualité et gratuités), pour une offre de services de santé de qualité et attractifs aux assurés. Plusieurs textes ont déjà été adoptés, d’autres sont en cours de finalisation.  Le RAMU garantira, à terme, la protection sociale pour tous les citoyens, en introduisant la couverture maladie dans les branches de la sécurité sociale qui existaient et en l’élargissant à toute la population. Il va fortement améliorer le taux d’utilisation des services de santé au Mali qui était de moins d’un contact par personne et par an au Mali vers les

Spécial 22 septembre 2022-Trafic ferroviaire : Le train se remet sur les rails

Par Oumar SANKARE Le ministère en charge des Transports a organisé en juillet dernier un essai à blanc devant préparer la reprise du trafic entre la capitale et Kayes. Les préparatifs vont bon train. Cheminots et populations riveraines des rails retrouvent le sourire avec l’espoir que le train recommencera à siffler dans la durée Ce mercredi 13 juillet 2022, le soleil se lève sur la gare ferroviaire de Bamako. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs du chemin de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent enfin à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer) procède à «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs du chemin de fer privés d’activité depuis belle lurette pour cause de l’arrêt du trafic ferroviaire. L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se met à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. Ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer), Ibrahim Maïga et autres responsables des chemins de fer, sont là. Tous visiblement enthousiastes et inquiets en mêmes temps. Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme (chemise et pantalon) de couleur bleu. «Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le boulot aujourd’hui», souffle-t-il. L’air excité, Makan Sissoko ajoute : «Ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir.»  L’attente est également forte du côté des syndicalistes, qui saluent ce bond en avant et les efforts faits pour soulager les travailleurs. Coordinateur des syndicats et associations des cheminots, Moussa Keita Yao se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. «Après tant de détresses, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai», se réjouit-il. TROIS NOUVELLES LOCOMOTIVES – Une phase d’essai qui fait suite à plusieurs activités déjà réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares de Bamako à Kayes, des ateliers centraux de Korofina et de Kayes, de l’acquisition partielle des équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie. S’y ajoutent les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur l’ouvrage d’art de Bamako à Diboli et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto. Ces infrastructures réhabilitées sont-elles opérationnelles ? «Les essais à blanc que nous allons réaliser les semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée», explique la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Après la relance du trafic voyageur, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. En la matière, assure Mme Dembélé Madina Sissoko, «en plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de trois locomotives avec la société russe STM». C’est avec cette société que le gouvernement a signé un mémorandum d’entente pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Attendus à Bamako dans les jours à venir, les partenaires russes vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Tout cela mis en ensemble devra permettre de redonner espoir à des milliers de Maliens qui vivent de l’activité ferroviaire. «Ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine dans le transport des marchandises», relève-t-elle, en parlant de l’impact financier des chemins de fer. Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre Mme Dembélé Madina Sissoko n’a pas manqué de saluer l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta pour la réalisation de cette relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. Deux mois après l’«essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes, la gare centrale est toujours vide. Nous rencontrons Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots. Assi avec d’autres cheminots face au rail, ils savourent le thé, chacun la cinquantaine révolue. Nous le suivons dans ses bureaux pour l’entretien. Nous rentrons dans une grande salle vide au mur blanc qui d’ordinaire, toujours animé, abrite 280 agents. Le bureau du cheminot, depuis bientôt 40 ans, est sommairement meublé sans ordinateur. «Nous avons une impression positive de la relance du trafic ferroviaire. On attend incessamment la reprise des activités», espère-t-il. RENTABILITÉ – Cet «essai blanc» a permis de déceler les imperfections sur le plan technique : ouvrages d’art, locomotive, rails, assure-t-il. Mais aussi, tout ce qu’il y a à revoir concernant les ressources humaines. Plusieurs agents sont été admis à faire valoir leur droit à la retraite ou sont déflatés (restructuration par la Banque mondiale). Ils sont donc à remplacer. En la matière, des rapports techniques ont déjà été écris, assure Moussa Kéita. C’est donc à partir de ces rapports que l’on saura où se situer, dit-il.  En attendant, certains d’entre eux prêtent main forte à ceux qui sont encore en

Spécial 22 septembre 2022-Filière coton : Plus que jamais essentielle au tissu économique

Par Moriba COULIBALY L’or blanc se positionne comme la culture de rente leader et stratégique représentant 15% du Produit intérieur brut et 25% des recettes d’exportation. Il génère par an un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa en favorisant beaucoup d’activités qui font tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale L’économie malienne tient sur deux piliers essentiels et incontournables que sont la production agricole (agriculture, élevage, pêche) et la production aurifère. Pour la production agricole qui nous intéresse ici, le coton se positionne comme la culture de rente leader et stratégique qui occupe une place de choix dans les recettes d’exportation. En effet, la filière coton représente 15% du Produit intérieur brut (PIB) et 25% des recettes d’exportation. En moyenne, le coton représente un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa par an, ce qui justifie bien la place qu’occupe le Mali dans le peloton de tête des producteurs africains. L’importance de la filière coton se mesure également au nombre d’activités qu’elle génère et fait tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale. Par un effet d’entrainement, la production cotonnière implique outre les producteurs et plusieurs autres segments de l’économie comme les transporteurs, les transitaires, les douanes, les fournisseurs de pièces d’usine, de lubrifiants, d’engrais. Par ailleurs, les unités de production d’aliments bétail, d’huile alimentaire extraite de la graine de coton, les entreprises de travaux publics, les banques etc. sont autant d’activités en lien avec la production de coton. Au-delà de ses effets d’entrainement très bénéfiques pour l’économie nationale, la filière coton étend ses activités en dehors des frontières de notre pays. À ce titre, la Côte d’Ivoire représente une destination historique pour l’évacuation de la fibre vers le marché international, a révélé Cheick Tidiane O. Doucouré, directeur général adjoint de la Holding Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Le port autonome d’Abidjan est secondé par celui de San Pedro, ajoute notre interlocuteur. Ainsi, la Côte d’Ivoire représente près de la moitié des évacuations du coton vers le marché international (49%), le reste de la production est répartie entre les autres ports de Dakar (Sénégal, 2è position), Lomé (Togo)  tout récemment Conakry (Guinée Conakry) et Nouakchott (Mauritanie) qui sont venus s’ajouter depuis l’instauration de l’embargo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en janvier dernier. Ces deux dernières destinations ont représenté la bouée de sauvetage offerte par la Guinée Conakry et la Mauritanie en vue de desserrer l’étau que constituait l’application de l’embargo contre notre pays. 5 À 7 MILLIARDS DE FCFA – La Côte d’Ivoire représente une part non négligeable dans l’expédition du coton malien vers l’extérieur, confirme avec fierté Cheick Tidiane O. Doucouré. Ainsi au cours de la campagne agricole 2017/2018 ce sont 147.300 tonnes de fibres qui ont été évacuées vers ce pays voisin. La campagne suivante ce sont 136.500 tonnes et en 2019/2020, ce sont 129.000 tonnes, soit 44% de la production de coton qui ont été évacués sur la Côte d’Ivoire.  Pour la présente campagne d’exportation, la CMDT est à un peu plus de 50.000 tonnes de fibres évacuées par la Côte d’Ivoire. Et les opérations d’exportation se poursuivent normalement aussi bien sur la destination ivoirienne que sur les autres corridors comme Dakar, Conakry et Nouakchott, révèle le directeur général adjoint. Il précise ensuite que les évacuations de la fibre de coton représentent un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 à 7 milliards de Fcfa qui sont versés pour assurer les frais d’assurance, de douane, de transit et de transport. Au retour, les transporteurs chargent du fret constitué généralement d’engrais minéraux qui sont commandés par la CMDT pour la prochaine campagne agricole. Cheick Tidiane O. Doucouré révèle aussi que la CMDT utilise les ports de la Côte d’Ivoire pour d’autres opérations. Il expliquera à ce propos que les commandes de pièces d’usine, les engrais minéraux (300.000 tonnes en moyenne par an), les produits pétroliers (gaz-oil et pétrole pour les unités d’égrenage et les véhicules), les emballages en polypropylène dans lesquelles est emballée la fibre de coton, arrivent généralement par les ports de ce pays voisin. Ces opérations génèrent des ressources et contribuent à renforcer l’économie ivoirienne. La valeur marchande de ces différentes opérations de transactions tourne autour de 193 milliards de Fcfa. Ainsi les produits pétroliers qui représentent plus de 13 millions de litres par an par la CMDT sont raffinés sur place et ensuite transportés vers le Mali. Il en est de même pour les engrais qui, arrivés en vrac par bateaux en Côte d’Ivoire, sont ensachés sur place avant d’être expédiés vers le Mali.  Signe de l’importance du transit par la Côte d’Ivoire : le géant du coton prévoit de construire un entrepôt à San Pedro pour un investissement de près de 4 milliards de Fcfa. C’est fort de la qualité des opérations dans les différents ports ivoiriens que la CMDT maintient sa coopération avec ce pays voisin. Toutefois, elle se réjouit de l’ouverture vers d’autres ports comme cela a été le cas pendant l’embargo. Cette bouée de sauvetage offert par les voisins guinéens et mauritaniens permet au géant du coton de ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier et lui offre l’opportunité de trouver d’autres solutions de rechange si par malheur la situation de blocage de l’économie devrait se répéter. MC (AMAP) Encadré : Diversification Comme le dit l’adage, «l’appétit vient en mangeant» avec ces nouveaux débouchés trouvés, la CMDT élargit la voilure. Elle envisage d’augmenter progressivement sa production et d’agrandir en conséquence son parc industriel. Pour cela dans le cadre de son plan stratégique de développement de la filière, elle envisage d’améliorer la productivité du coton à travers la recherche agronomique et de s’ouvrir à d’autres filières agricoles rentables et prometteuses comme la culture du soja et du maïs. Le soja a pour particularité de fixer l’azote dans le sol dont les plantes ont besoin. De ce fait, l’introduction à grande échelle de cette plante va contribuer à

Spécial 22 septembre 2022-Sécurité alimentaire et nutritionnelle :  Plus de 34.000 tonnes à la disposition des couches vulnérables

Par Yacouba TRAORE Le nombre de personnes en insécurité alimentaire est en croissance constante dans notre pays.  De 2016 à 2022, il est passé de 500.000 à un peu moins de 2 millions (8,48% de la population). L’État a mobilisé des moyens pour une réponse adéquate Depuis quelques décennies, le Mali fait face à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle à savoir, le changement climatique, la sécheresse et la mauvaise répartition de la pluviométrie qui ont engendré une insécurité alimentaire et nutritionnelle devenue récurrente.  Il y a près d’une décennie bientôt, dans les régions du nord et du centre, notamment Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka, les terroristes harcèlent les producteurs agricoles en les empêchant d’accéder à leurs champs. Les rares producteurs qui arrivent à cultiver les champs, assistent à la destruction de leurs récoltes. C’est le cas dans la Région de Mopti et une partie de celle de Ségou. Le Sahel occidental à savoir les Cercles de Kayes, Nioro, Diéma, Yélimané et Nara sont devenus des poches endémiques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë à cause des insuffisances pluviométriques et des attaques des terroristes.  Par ailleurs, les zones agricoles du Delta central du fleuve Niger de Macina à Ténenkou en passant par Diré, Goundam, Niafunké jusqu’à Tombouctou, connaissent d’importantes inondations suite aux constantes crues. En outre, depuis le début de la crise ukrainienne, les marchés internationaux subissent de plein fouet une inflation, avec une répercussion sur les prix de certaines denrées alimentaires, notamment le blé, le riz, le sucre, l’huile, et cela a impacté toutes les mesures d’anticipation prises. À cela s’ajoute la pandémie de la Covid-19 et les conséquences de l’embargo imposé à notre pays par les institutions régionales et sous régionales.   Le ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, explique que son Service est l’instrument fondamental du gouvernement pour évaluer et analyser chaque année après la campagne agricole la situation alimentaire et nutritionnelle du pays, et  développer un plan de réponses, assorti d’une évaluation des besoins. La mission dévolue à cette structure, est d’assurer à tout moment, à l’ensemble des populations, la disponibilité d’une alimentation équilibrée, suffisante et saine afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la consolidation de la paix sociale et à la réalisation d’un développement durable. Pour atteindre cet objectif majeur, précise Redouwane Ag Mohamed Ali, notre pays s’est doté d’une politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui constitue désormais le cadre fédérateur des problématiques.  INVASIONS ACRIDIENNES – Ce processus commence par le Système d’alerte précoce (SAP) qui est au début et à la fin du processus de sécurité alimentaire au Mali. Le SAP est au cœur des mesures qui permettent de limiter la perte de vies et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Pour le coordinateur du SAP, Moussa Goïta, les aléas en l’occurrence sont ceux qui surviennent à la suite d’un événement avec peu ou pas de signes précurseurs, tels que les inondations, les invasions acridiennes, etc. Dans les deux cas, la capacité de faire face aux facteurs qui font qu’un aléa devient une catastrophe, peut aider à sauver les vies mais également les moyens de subsistance des populations à risque. Les données du SAP sont utilisées pour atténuer la perte en vies humaine et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Ils sont constitués d’une série de mécanismes de surveillance organisée ou d’actions qui collectent des informations sur les aléas potentiels dans un lieu donné afin de déclencher en temps opportun des interventions coordonnées.  En effet, l’Observatoire des marchés agricoles (OMA) intervient pour nous renseigner sur les prix des produits de première nécessité sur les marchés agricoles mais aussi leur disponibilité. Et enfin, l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) est mobilisé pour procéder aux achats des stocks qui seront distribués gratuitement aux personnes en situation de vulnérabilité.  L’insécurité alimentaire dans notre pays connait une croissance constante de 2016 à 2022. C’est pourquoi dans le cadre du Plan national de réponse (PNR), certaines zones touchées bénéficieront d’une réponse adéquate. Le PNR 2022 couvrira les 1.2 million de personnes. L’État mettra à la disposition des couches vulnérables 34.147 tonnes qui seront distribuées sur l’ensemble des communes du Mali. Le coup d’envoi de l’opération de distribution de vivres a été donné en juillet dernier par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. La majeure partie des populations en urgence se trouve dans les Cercles d’Ansongo, Bourem, Gao, Ménaka, Nioro, Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro, Niono et Gourma Rharous. La situation des personnes déplacées internes des Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et Bamako a été analysée par le cadre harmonisé et est évaluée à 140.401 personnes. Les zones de production en précarité recevront également de l’aliment bétail, de l’aliment pour les poissons mais aussi des appuis pécuniaires destinés aux ménages vulnérables. Le PNR comprend également des actions de soutien, d’appui aux maraîchers, en termes de semences, d’aménagement, d’accès à l’eau et d’outils agricoles. Pour atteindre les résultats escomptés, le gouvernement a mobilisé cette année sur le budget national, plus de 8 milliards de Fcfa en plus des 7,5 milliards mobilisés dans le cadre de l’indemnisation de l’assurance African Risk Capacity (ARC).  YT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Œuvres sociales du président de la Transition : Le geste du cœur

Par Cheick Moctar TRAORE Le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, a pris la décision inédite dans nos annales politiques de consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à des actions de solidarité. Plus de 200 forages d’adduction d’eau potable ont déjà été inaugurés. Sans compter des appuis à des organisations de personnes défavorisées Mardi 7 juin 2022, à Bagadadji, en commune II du district de Bamako. L’ambiance est festive à l’école Place de la République. Là-bas le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, inaugure le 200è forage dans le cadre de ses œuvres sociales. Cela pour célébrer le premier anniversaire de son investiture comme président de la Transition.  Le chef de l’État a prêté serment le lundi 7 juin 2021. Intronisation solennelle lors de laquelle, le chef suprême des armées s’est engagé à consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à la réalisation d’œuvres sociales et humanitaires envers les populations notamment défavorisées.   En la matière, le choix du Groupe scolaire : Place de la République est loin d’être fortuit. La symbolique est d’ailleurs jugée très forte. Située entre l’Assemblée nationale, la Grande mosquée de Bamako et la Maison des artisans (espace appelé Place de la République), cet établissement est «l’École élémentaire garçon» créée en 1905. Certaines grandes figures du Mali telles que le premier président Modibo Keita, l’écrivain Seydou Badian Kouyaté… l’ont fréquentée. Elle compte aujourd’hui plus de 1.200 élèves dont 700 filles, repartis entre 18 classes (premier et second cycles confondus).  Cet établissement mythique a, à l’occasion, également servi de cadre pour la remise de cinq véhicules dont deux véhicules à la Fédération nationale des associations de personnes handicapées (Femaph), deux à l’Office national des pupilles en République du Mali (Onapuma) et un à l’Association malienne des aveugles. Le Centre hospitalier universitaire de Kati, le Centre de santé de référence de la Commune IV et l’Institut national de santé publique reçoivent chacun un groupe électrogène.  Depuis, les actions sociales se poursuivaient dans d’autres domaines. Les travaux de réalisation de forages continuaient également. Finis ces activités, les campagnes de remise ont repris. C’est ainsi que le vendredi 29 juillet dernier, la conseillère spéciale du président de la Transition, le colonel Assa Badiallo Touré, a inauguré 13 nouveaux forages. Tous offerts à des établissements d’enseignement supérieur.  Cette série d’inaugurations commence au campus de l’École de médecine du Point-G. Au profit de ces futurs médecins, la conseillère spéciale inaugure le 201è forage. Cette adduction d’eau potable soulagera les étudiants en médecine. Après le campus de l’École de médecine du Point-G, le colonel Assa Badiallo Touré a mis le cap sur l’École nationale d’ingénieurs (ENI). Dans la cour de cet établissement de formation des ingénieurs maliens et africains, elle met en service deux forages, le 202ᵉ et le 203ᵉ. Elle n’a pas manqué d’inviter à une prise en charge optimale de ces joyaux offerts par le chef de l’État afin de réduire le stresse hydrique auquel les étudiants sont confrontés.  Quelques heures plus tard, la délégation s’est rendue à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou. Elle y inaugure huit forages au profit de ce centre universitaire. Les 204ᵉ, 205ᵉ, 206ᵉ, 207ᵉ, 208ᵉ, 209ᵉ, 210ᵉ et 211ᵉ forages ont été implantés respectivement dans les secteurs : élevage, verger, potager, à la Cité, à l’Internat du Centre des œuvres universitaires (CENOU) et à l’arboretum de l’IPR/IFRA de Katibougou.  Après c’était le tour des étudiants de la Faculté des sciences techniques (Fast) et de l’Institut universitaire de gestion (IUG), de recevoir leurs ouvrages d’adduction d’eau potable. C’était les 212ᵉ et 213ᵉ forages. Des actions qui témoignent de la considération du président de la Transition à l’égard de ces futurs dirigeants du Mali. «Les étudiants, qui constituent les futurs cadres du pays, méritent d’être mis dans les conditions d’études. Ces infrastructures hydrauliques contribueront à l’amélioration de leur cadre de vie et d’étude », explique sa conseillère spéciale. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a rappelé les raisons qui l’ont amené à initier ces actions sociales et humanitaires. «Nous avons été inspirés par cette initiative lorsque nous étions sur le théâtre des opérations. Lors des patrouilles, nous avons vu des villages abandonnés à eux-mêmes, souvent sans soins ni assistance au plan alimentaire. C’est au regard de toutes ces expériences que nous (le président de l’Assemblée nationale ici présent et moi-même) avons décidé d’apporter notre contribution à nos populations. Et nous assurons les Maliens que les œuvres sociales vont continuer jusqu’à la fin de la Transition». Le chef de l’État a fait cette révélation lors de l’inauguration du 200è forage la au Groupe scolaire: Place de la République.  CMT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Barrage de Markala : Grand corps malade

Par Cheick Amadou DIA Le barrage de Markala est la pièce maîtresse du système d’irrigation de l’Office du Niger. Sa construction a commencé en 1934 pour s’achever en 1947. Il est construit en deux parties, un barrage mobile et un barrage fixe constitué de digues en terre.  La partie mobile est un barrage à hausses basculantes et de type AUBERT. Elle comporte une structure en béton constituée d’un radier sur lequel sont installées les hausses mobiles. Construit avec la technologie des années 1930, l’ouvrage vieux de 90 ans, présente des signes d’usure structurelle. Il connaît des pannes récurrentes, en particulier sur les chariots de manœuvre des hausses et sur le système électrique depuis 2016.  L’étude d’inspection technique et d’auscultation du barrage et des ouvrages connexes réalisée en 2017 a relevé des avaries multiples, causées par les pannes mécaniques et électriques. L’usure de la structure métallique est due à la corrosion. Il y a aussi l’état précaire des chariots de manœuvre des hausses, l’état défectueux des cabines de commande, des équipements mécaniques et électriques des chariots.  Le système électrique et mécanique dégradé et vieillissant, manque de pièces de rechange qui ne sont plus disponibles sur le marché. Ce qui conduit à un écoulement anormal des puits de drainage et le bouchage des piézomètres.  Le système hydromécanique et les ouvrages connexes sur le barrage sont défectueux. On constate des fuites d’eau au niveau du bajoyer de l’écluse de Thio. Des problèmes électriques et mécaniques sont enregistrés sur tous les ouvrages annexes. Devant l’urgence des travaux de réparation, la direction de l’Office du Niger a informé son département de tutelle en vue de prendre des dispositions pour réaliser les travaux de sauvegarde du barrage et de ses ouvrages annexes, pour un budget de 3,5 milliards de Fcfa. Une convention de partenariat a été signée avec les Ateliers militaires centraux de Markala (AMC) pour la réalisation des travaux de réparation.  Lors d’un conseil de cabinet restreint tenu à la Primature, le 14 décembre 2021, le gouvernement a décidé de prélever sur les fonds du département du Développement rural. Le montant est réparti entre le Fonds national d’appui à l’agriculture (1 milliard Fcfa), le Contrat-plan État/Office du Niger/exploitants agricoles 2019-2023 (1 milliard Fcfa) et le Programme de subvention des équipements agricoles (1,5 milliards Fcfa).  Après la signature de convention, des dispositions devaient être prises par les ministères de l’Économie et des Finances et du Développement rural pour procéder au paiement. à ce jour, les ressources financières n’ont pas été mises à la disposition des AMC, constate-t-on au niveau de l’Office du Niger. Malgré ce retard dans le paiement, les AMC sont à pied d’œuvre pour la réalisation des travaux. CAD  (AMAP)