Religion : L’Eglise de Bamako-Coura, vitrine des églises protestantes du Mali, construite en 1946

Bamako, 31 juillet (AMAP) Après ses reportages sur la Grande mosquée de Bamako et sur la Cathédrale Sacrée Cœur de Bamako, l’Agence Nationale de Presse du Mali, s’intéresse aujourd’hui à l’Eglise évangélique protestante de Bamako-Coura. A cet effet, pour en savoir plus, son reporter a rencontré le Révérend pasteur Pierre Dacko, pour échanger avec lui sur l’histoire de ce cet édifice religieux protestant et sur l’implantation du Protestantisme en terres maliennes. Fin connaisseur du sujet, l’homme d’église nous a décortiqué l’historique « des multiples tentatives des missionnaires » pour semer les graines du Protestantisme au Soudan français, actuel Mali. Et le pasteur principal Pierre Dacko de scotcher littéralement notre attention avec un récit digne d’un véritable roman à rebondissements. « La mission protestante était déjà sur les côtes de l’Afrique, notamment au Libéria, en Sierra Leone, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin et en Guinée-Conakry, vers les années 1800. C’est vers 1889 que le fils d’un ancien missionnaire, qui a beaucoup œuvré au Libéria, a pensé au Soudan français, actuel Mali », a rappelé le pasteur. Echec des premières tentatives d’entrée au Soudan Français Notre interlocuteur nous a fait comprendre que, cette première intention de mission d’évangélisation dirigée vers le Soudan français s’est soldée par une tragédie. « Le missionnaire évoqué plus haut s’est alors rendu aux Etats-Unis. Là-bas, il va organiser un camp de jeunes (camp biblique de formation, de partage de vision et des enseignements de la Bible pour les jeunes) au cours duquel il va inciter ses coreligionnaires à se porter candidats pour une mission au Soudan français, sol qu’aucun missionnaire n’avait encore foulé les pieds », indique le pasteur Dacko. Lequel nous raconte, avec un sens poussé du détail, que le premier jeune à s’être porté candidat pour le Soudan français, « s’est noyé » à l’approche des côtes africaines. Toujours suivant le récit du pasteur, le Soudan français « devait être une terre décidément difficile » puisque, peu de temps après, « 9 autres jeunes occidentaux (7 hommes et 2 demoiselles), décidés à apporter la parole de Dieu au Soudan français, ont trouvé la mort à Freetown, après avoir attrapé le paludisme. » Arrivée de deux missionnaires au Soudan Français en 1913 Ces drames en série ne découragèrent pas pour autant les chantres du protestantisme, explique le pasteur Dacko. Il raconte que deux missionnaires, l’un Américain et l’autre Canadien, ont décidé de relever le défi : « George Fisher, qui a fait un bon moment en Afrique ; et George Ride, qui était au Maroc, à Casablanca, pendant 15 ans, en qualité de ministre de l’administration, ont décidé de venir au Soudan français pour la mission et l’Évangile. Partis du Maroc, les deux missionnaires, après une halte à Dakar, parviendront à rallier Kayes. De là-bas, ils prendront le train pour Koulikoro. Ensuite, ils toucheront Bamako en 1913 », rapporte le pasteur avec une certaine émotion. Mais, ajoute le pasteur Dacko, pendant que les deux missionnaires sillonnaient le pays, la première Guerre mondiale éclata en 1914. « Les colons français virent subitement d’un mauvais œil les activités des deux missionnaires américain et canadien », surligne le pasteur, qui ajoute que les missionnaires ont alors dû renoncer et repartir. « En août 1919, les deux missionnaires ont décidé de revenir au Soudan français, à la faveur de la fin de la guerre, pour s’y installer définitivement », fait savoir le pasteur. Implantation de l’Eglise Protestante au Soudan Français, actuel Mali en 1919 et 1946 premier édifice de l’Eglise évangélique Protestante L’année 1919 marque-t-elle donc la première implantation de l’église protestante au Mali ? « Oui, le 25 septembre 1919 », répond notre interlocuteur. Le pasteur, heureux de trouver en nous une oreille attentive, poursuit : « En 1946, le premier édifice de l’église évangélique et protestante fut construit. C’est la première assemblée locale protestante à Bamako et au Mali (actuelle église protestante de Bamako-Coura). Le lieu de culte a été reconstruit en 1993. L’édifice, actuellement, peut accueillir jusqu’à 1500 places assises. Cependant les rangs des fidèles sont en train de croître et le bâtiment ne peut plus contenir tous les croyants lorsqu’ il y a une activité commune des deux cultes. Nous attendons du seigneur et prions pour un agrandissement de l’église », a espéré le révérend Pasteur Pierre Dacko. Premier Révérend pasteur, 1966 Des propos de l’ecclésiastique, l’on note aussi que, jusqu’en 1970, l’église de Bamako-Coura était la seule église protestante de toute la capitale et l’église à connu son premier révérend pasteur en 1966, qui le révérend pasteur Kassoum Keita, après les périodes (1946 à 1966) des pasteurs blancs : Garnett Macrosty (Américain), Earl Gripp(Canadien), Lael Macrosty (Américain), Edward Tschetter (Américain). Le premier révérend pasteur malien, Kassoum Keïta, prend les rênes de ce premier l’édifice de l’Eglise protestante malienne de 1966 à 2000, le révérend Daniel Tangara de 2000 à 2023 et le révérend pasteur Pierre Dacko depuis 2023 jusqu’à nos jours », a-t-il fait savoir le révérend pasteur Pierre Dacko. Et d’enchaîner en ces termes : « Je suis le troisième pasteur de cette église, après les Révérends Pasteurs Kassoum Keïta et Daniel Tangara. » Le révérend pasteur Pierre Dacko nous a confié que : Les pasteurs prennent leur retraite à 60 ans « Selon nos textes initiaux, les pasteurs partaient à la retraite à l’âge de 60 ans. Kassoum Keïta est parti à la retraite à 60 ans. Par la suite, des amendements ont été apportés aux textes, et l’âge de la retraite a été allongé à 65 ans. C’est ainsi que Daniel Tangara est parti à la retraite à 65 ans ». Y allant toujours de ses éclaircissements sur ce point, le pasteur Dacko a voulu mettre l’accent sur un aspect sacerdotal : « Certes, le texte dit que la retraite est à 65 ans. Mais cela ne signifie pas la fin du ministère pastoral. Tant que physiquement et moralement on tient bon et on peut encore continuer à aider l’église ; on a l’obligation morale de faire de son mieux pour la propagation de la foi. » Nous avons poussé la curiosité pour savoir quel a été le deuxième site d’implantation des missionnaires canadien et américain ayant planté le premier drapeau du protestantisme au Soudan français.
Éducation : le Mali lance la construction de dix nouveaux lycées publics, dont celui de Moribabougou

Bamako, 30 juillet (AMAP)– Le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a procédé, jeudi à Moribabougou, à la pose de la première pierre du futur lycée public de la commune, donnant simultanément le coup d’envoi de la construction de neuf autres établissements secondaires à Kouralé, Béléko, Kignan, Molobala, Sénou, Konna, Ningari et dans d’autres localités du pays. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives, politiques et des populations. Érigé sur un site de 1,2 hectare, le lycée public de Moribabougou comprendra 12 salles de classe, un bloc administratif, une bibliothèque, un centre de documentation et d’information, une salle informatique, une salle de réunion ainsi qu’une infirmerie. L’ouvrage, d’un coût de 720 millions de FCFA, est financé par l’État avec l’appui de la Banque mondiale à travers le Projet d’amélioration de la qualité et des résultats de l’éducation pour tous au Mali (MIQRA). Les travaux, confiés à SATA AFRIQUE, sont prévus pour une durée de neuf mois et permettront d’accueillir 400 élèves. Selon le ministre de l’Éducation nationale, cette réalisation traduit la volonté des autorités de renforcer les capacités d’accueil de l’enseignement secondaire et d’améliorer les conditions d’apprentissage. «Cette action est le fruit de la volonté du gouvernement du Mali de rapprocher l’école des apprenants et de réduire les inégalités d’accès à l’enseignement. La construction de ce lycée public répond à une attente forte exprimée depuis longtemps par les populations», a déclaré Dr Amadou Sy Savané. Il a ajouté que ce projet s’inscrit dans les actions du programme MIQRA visant à améliorer la qualité de l’éducation. «En posant la première pierre du lycée public de Moribabougou, nous posons un acte d’espérance, de responsabilité et de foi dans l’avenir du Mali», a-t-il affirmé, soulignant la détermination des plus hautes autorités à faire de l’éducation «le socle du développement, de la cohésion sociale et de la souveraineté nationale». ST/CMT (AMAP)
Mines : Kolondièba installe le comité de suivi du plan de développement communautaire de Kèlèkèlè

Kolondièba, 30 juillet (AMAP)– Les autorités administratives ont procédé, jeudi, à la présentation officielle des 17 membres du Comité technique de suivi et de contrôle du Plan de développement communautaire (PDC) de la petite mine de Kèlèkèlè, dans le cadre de la mise en œuvre du Code minier de 2023, a constaté l’AMAP. La cérémonie, présidée par le préfet du cercle de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, en présence des sous-préfets, des maires de Kolondièba et de Tousséguéla, des représentants de la société Z GOLD MINING SA, des autorités traditionnelles et des organisations de la société civile, a permis de présenter les membres du comité, leurs missions ainsi que les principales dispositions du nouveau Code minier. Les échanges ont porté sur les attributions du comité, chargé d’approuver, de suivre et de contrôler la mise en œuvre du Plan de développement communautaire, financé par le Fonds minier de développement local. Le Code minier de 2023 impose en effet aux titulaires de permis d’exploitation de mettre en œuvre un PDC intégré aux plans de développement des collectivités territoriales, tout en respectant les exigences en matière d’environnement, de santé, de sécurité et de réhabilitation des sites. Le chargé de l’administration et des finances de Z GOLD MINING SA, Yaya Bamadio, a indiqué que «l’usine d’exploitation d’or de Kèlèkèlè est en chantier. Le site est en reconstruction après des événements malheureux qui ont retardé les travaux», assurant que l’entreprise œuvrera à «une bonne collaboration avec le comité dans le respect du nouveau Code minier». Le préfet Boubacar Oumar Traoré a rappelé que le comité constitue un cadre de concertation entre l’administration, les collectivités territoriales, les communautés et la société minière. Il a précisé qu’il veillera notamment au suivi des projets communautaires et au contrôle de leur exécution afin que les retombées de l’exploitation minière profitent effectivement aux populations locales. NMK/CMT (AMAP)
SN : Appel d’un expert pour une gouvernance fondée sur la souveraineté numérique et l’éthique

Bamako, 30 juillet (AMAP) Le médecin-colonel Ousmane Ly, enseignant-chercheur à la Faculté de médecine de l’USTTB et expert en santé numérique, a appelé, jeudi, à une gouvernance anticipatrice de l’intelligence artificielle (IA) en Afrique, estimant que le continent doit développer ses propres infrastructures, données et cadres réglementaires afin d’éviter une dépendance technologique accrue. Il s’exprimait lors d’une communication sur le thème « Intelligence artificielle et développement en Afrique : opportunités, risques et enjeux de gouvernance », organisée dans le cadre de la Semaine du numérique. Selon l’expert, la stratégie continentale de l’Union africaine met en garde contre l’aggravation de la fracture numérique entre l’Afrique et le reste du monde. Il a souligné que l’absence de capacités de calcul, de centres de données et de jeux de données locaux pourrait conduire le continent à passer d’une dépendance aux matières premières à une dépendance envers des modèles d’IA développés à partir des données et des valeurs d’autres régions. Abordant les risques liés à l’usage de l’IA, notamment dans le domaine de la santé, Ousmane Ly a estimé que la rareté des soins constitue le principal moteur de son adoption. Il a mis en garde contre le « vide diagnostique », la substitution du médecin par les outils d’IA en l’absence de professionnels de santé, les risques liés à l’exploitation des données personnelles ainsi que la « dette cognitive » résultant d’une dépendance excessive aux systèmes automatisés. « Parler comme un médecin n’est pas pratiquer la médecine : diagnostic sans responsabilité », a-t-il déclaré. L’intervenant a également déconstruit plusieurs idées reçues sur l’intelligence artificielle, affirmant que les grands modèles de langage ne comprennent pas réellement ce qu’ils produisent, que leurs réponses peuvent contenir des erreurs ou des informations inventées, qu’ils n’apprennent pas durablement des conversations des utilisateurs et qu’ils ne sont ni totalement objectifs ni infaillibles. Il a aussi insisté sur les limites des détecteurs de contenus générés par IA et sur la nécessité de maintenir une supervision humaine dans les décisions ayant des conséquences sur les personnes. Sur le plan de la gouvernance, Ousmane Ly a rappelé que plusieurs cadres existent déjà, notamment la recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA, la stratégie de l’Union africaine, les lignes directrices élaborées par six États francophones, dont le Mali, ainsi que la loi malienne sur la protection des données personnelles. Selon lui, l’enjeu est désormais de traduire ces principes dans les lois, les politiques publiques et les pratiques. L’expert a proposé plusieurs pistes d’action pour le Mali et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment l’élaboration d’une stratégie nationale de l’IA, le développement de centres de données souverains, la création de corpus dans les langues nationales, le renforcement de la formation et de la recherche, ainsi qu’une coopération régionale autour des normes et de la diplomatie technologique. « L’IA ne doit pas être une adoption technologique clé en main. Elle doit être une recomposition à partir de nos contextes, de nos langues et de nos valeurs », a-t-il conclu. La communication du médecin -colonel s’inscrit dans le cadre des réflexions menées sur le développement de l’intelligence artificielle en Afrique. Elle met l’accent sur la nécessité de concilier innovation, souveraineté numérique, protection des données, inclusion et développement des capacités locales afin de faire de l’IA un levier de développement adapté aux réalités africaines. OS/KM(AMAP)
Semaine du Numérique : une harmonisation de la gouvernance numérique plaidée par l’AES

Bamako, 30 juillet (AMAP) Le deuxième panel de la 4è édition de la Semaine du numérique, tenu ce jeudi 30 juillet 2026, a été consacré à la thématique « Gouvernance, architecture institutionnelle et financement durable du numérique au Mali », a constaté l’AMAP. Des panelistes, notamment le Directeur national de l’Économie numérique du Mali, M. Abdoul Kader Ky, M. Maxime Da, Directeur général de la Transformation digitale du Burkina Faso, et M. Noureidine Gado, Directeur du Marketing et des Postes du Niger, ont exposé sur les sous-thèmes : « Cartographie et analyse de l’architecture institutionnelle actuelle du numérique au Mali » et « Benchmark régional AES : les modèles de gouvernance numérique et leurs enseignements ». Le modèle malien structuré en 3 niveaux. Intervenant sur le sous-thème 1 relatif à la « Cartographie et analyse de l’architecture institutionnelle actuelle du numérique au Mali », le Directeur national de l’Économie numérique, M. Abdoul Kader Ky, a présenté devant les délégations panélistes des pays de l’AES le modèle d’organisation administrative en vigueur au Mali. Selon lui, le Mali a la particularité de disposer d’une loi-cadre qui crée et organise les services publics : la Loi n°2014-049. C’est à partir de cette loi fondamentale que l’architecture administrative malienne se structure en 3 niveaux. Au premier niveau se trouve la superstructure administrative. Elle est chargée principalement de la coordination, de l’orientation, de l’impulsion et du portage politique. Elle regroupe la Présidence, la Primature et les cabinets ministériels. Le deuxième niveau concerne les « structures centrales ». La loi classe à ce niveau une catégorie de services appelés ainsi. Par essence, les structures centrales sont chargées de la conception, de la réglementation, de l’harmonisation, du suivi-évaluation et du contrôle de la mise en œuvre de la politique de l’État dans le domaine concerné. Elles assurent également la répression dans le cadre des directions générales. Le Directeur a précisé qu’à ce niveau on distingue les directions nationales et les directions générales. La différence réside principalement dans le pouvoir de répression, dont sont investies les directions générales. Pour connaître les conditions précises d’érection d’une direction en direction générale, il a invité à se référer à la Loi n°2014-049. Le troisième niveau concerne la mise en œuvre. On y retrouve les structures rattachées et les organismes personnalisés. Ils ont pour mission d’exécuter les actions inscrites dans les documents de politique sectorielle. Au-delà de ces trois strates, le conférencier a cité les Autorités administratives indépendantes. La Loi n°2014-049 définit leurs fonctions : réglementation, arbitrage, suivi de l’application effective des textes réglementaires dans le secteur, ainsi que répression des manquements constatés. Il a également mentionné les Partenaires techniques et financiers, qui agissent dans le secteur comme des catalyseurs. Le Burkina Faso présente un écosystème «bien harmonisé». Le panel, tenu ce jour, a porté principalement sur l’organisation institutionnelle du numérique dans les trois pays, a rappelé le Directeur général de la Transformation digitale du Burkina Faso, M. Maxime DA. M. Da a d’abord pris connaissance du modèle malien avant de présenter l’architecture institutionnelle burkinabè. Selon lui, le Burkina Faso dispose d’un « écosystème du numérique bien harmonisé ». Cet écosystème s’articule autour de plusieurs directions générales rattachées au ministère en charge du numérique. Pour la question des infrastructures, il a cité l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication. En matière de sécurité des systèmes d’information, il a évoqué l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information. La digitalisation de l’administration est, quant à elle, portée par la Direction générale de la transformation digitale, entre autres structures. Il a également souligné l’existence d’Autorités administratives indépendantes qui viennent renforcer l’écosystème et l’architecture institutionnelle dans le fonctionnement du pays. Vers une harmonisation des approches de l’AES. Au cours des échanges, des insuffisances ont été relevées dans les différents modèles. Les panélistes ont proposé d’harmoniser leurs approches. « Les camisoles que nous portons sont venues d’ailleurs. Aujourd’hui, il nous faut des institutions adaptées à nos réalités », a déclaré M. Maxime DA. Le Niger propose une autorité commune. Noureidine Gado,directeur du Marketing et des Postes du Niger a axé son intervention sur la gouvernance du numérique dans l’espace AES. « C’est un thème d’actualité. Aujourd’hui, personne ne peut se passer du numérique. C’est un secteur très important qui mérite d’être débattu », a-t-il déclaré d’entrée. Au terme des échanges, le responsable nigérien a relevé l’existence de disparités entre les trois pays en matière de gouvernance du secteur. Pour y remédier, les délégations ont proposé la création d’une autorité commune au sein de l’AES. Évoquant le cas du Niger, il a indiqué que de nombreuses structures en charge du numérique étaient auparavant rattachées à la Primature ou à la Présidence. Cette organisation posait des difficultés de compréhension et de coordination entre les responsables. « Mais nous avons tout arrangé récemment, en les mettant dans les mêmes cadres », a-t-il précisé. Au cours des échanges, des participants ont proposé la mise en place d’un Haut conseil de régulation pour les structures du numérique au sein de l’Alliance des États du Sahel. Également, une synergie d’action a été recommandée pour d’autres. MMD/KM (AMAP)
Kayes : Des stocks d’hydrocarbures disponibles pour une longue période

Kayes, 30 juillet (AMAP) Les stocks disponibles au niveau des stations-services, dans la Région de Kayes à la date du 29 juillet, couvrent largement les besoins de consommation pendant une longue période en essence et en gasoil, a révélé la Direction régionale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, lors de la rencontre hebdomadaire d’échanges sur le suivi des prix et l’approvisionnement correct de la Région en hydrocarbures, a constaté l’AMAP. Cette rencontre a été présidée ce jeudi à Kayes par le Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur, Soungalo Roland Kamaté, en présence du Directeur régional du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, Robo Bayo, des représentants des douanes, des Forces de défense et de sécurité, des services techniques, des opérateurs économiques, ainsi que ceux de la société civile. M. Robo Bayo a informé que les prix des hydrocarbures sont restés stables dans l’ensemble. En ce qui concerne les stocks, le Directeur régional du commerce a rassuré que celui de l’essence a été estimé à 1 353 422 litres contre 1 436 857 litres la situation passée. Soit une baisse de 83 435 litres de moins, une baisse de 5,81%. Quant au stock du gasoil, le responsable du commerce a communiqué une estimation de 2 959 036 litres contre 2 890 934 litres la situation dernière, soit une hausse de 68 102 litres de plus par rapport à la situation précédente, pour un taux de hausse de 2,36%. « En conclusion, les prix moyens à la consommation des hydrocarbures sont restés stables dans l’ensemble par rapport à la semaine dernière », a indiqué Robo Bayo, qui précise que les stocks disponibles sont supérieurs aux seuils d’alerte. Tout comme la Direction régionale du Commerce, celle des douanes a rassuré que des efforts en cours pour maintenir la fourniture correcte en hydrocarbure. De leur côté, les consommateurs ont salué l’engagement sans faille des Forces armées maliennes (FAMa) dans le cadre de l’escorte des hydrocarbures dans la Région de Kayes. Enfin, le Conseiller aux Affaires administratives et juridiques, Soungalo Roland Kamaté, s’est réjoui du fait que la situation soit positive dans notre Région. « Nous remercions tous les acteurs, félicitons tout le monde pour l’effort fourni dans la Région de Kayes pour maintenir le rythme de l’approvisionnement en hydrocarbure », a-t-il apprécié. OD/KM (AMAP)
Algérie : Tebboune réaffirme la non-ingérence et appelle au renforcement de la coopération avec le Mali et les pays voisins

Bamako, 30 juillet (AMAP) Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé l’attachement de son pays au principe de non-ingérence et aux relations de bon voisinage avec les États de la région, tout en soulignant que le dialogue entre Alger et Bamako demeure « exclusivement positif ». Dans un entretien diffusé cette semaine sur les chaînes de télévision et de radio nationales, il a également estimé que le terrorisme en Afrique est le résultat d’interventions extérieures. Le chef de l’État a assuré que l’Algérie privilégie le dialogue et la coopération avec ses voisins. « Je peux vous dire une chose, et les Algériens peuvent en être fiers : leur pays ne fera jamais de mal à ses voisins », a-t-il déclaré. Évoquant les relations avec le Mali, il a affirmé que les deux pays, liés par une histoire commune, coopèrent dans la lutte contre la criminalité et l’immigration clandestine. « Nous ne sommes ni ennemis ni adversaires. Nous sommes voisins depuis des siècles et rien ne nous sépare », a-t-il ajouté, rejetant par ailleurs toute accusation d’ingérence dans les affaires intérieures maliennes. Abordant la situation sécuritaire au Sahel, Abdelmadjid Tebboune a soutenu que le terrorisme « n’est ni un héritage africain ni une fatalité » et qu’il a été créé sur le continent par des acteurs extérieurs. Il a également affirmé que « ceux qui ont créé le terrorisme et leurs complices sont ceux-là mêmes qui disent vouloir aider les Maliens à régler le problème du terrorisme ». Le président algérien a, en outre, évoqué la Tunisie, estimant que des tentatives visaient à déstabiliser ce pays afin de l’isoler de l’Algérie, déclarant que « celui qui touche à la Tunisie nous touche ». Les déclarations d’Abdelmadjid Tebboune interviennent dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants au Sahel et par des relations suivies entre l’Algérie et les pays voisins sur les questions de sécurité, de lutte contre la criminalité transfrontalière et de stabilité régionale. Le président algérien a réaffirmé, à cette occasion, la volonté de son pays de renforcer la coopération avec ses voisins dans le respect des principes de solidarité, de respect mutuel et de non-ingérence. OS/KM(AMAP)
SN : BEKST Service Express mise sur le numérique pour moderniser le transport et la logistique

Bamako, 30 juillet (AMAP) La start-up malienne Service Express BEKST, spécialisée dans le transport et la logistique, développe une application mobile permettant d’acheter des tickets de bus, de commander un livreur ou de réserver un taxi-moto, avec l’ambition de simplifier les déplacements et les services de livraison au Mali, a déclaré son fondateur, Mamadou Bagaya. Selon lui, l’entreprise répond à des difficultés rencontrées par les usagers, notamment l’achat de tickets de bus, l’envoi de colis et le manque de professionnalisme dans certains services de livraison. « Nous proposons une solution fiable qui permet de commander à tout moment, avec une garantie de livraison sécurisée et un suivi », a-t-il affirmé, précisant que la plateforme offre également des services logistiques aux commerçants, entreprises, administrations et organisations, allant du stockage à la livraison et au transport de marchandises. M. Bagaya estime que l’écosystème numérique malien progresse grâce à l’engagement des jeunes entrepreneurs, mais reste confronté à des défis liés aux infrastructures, au financement et à l’accompagnement. Il a indiqué que Service Express a dû consacrer près d’une année à convaincre les compagnies de transport avant de signer un premier partenariat avec Africa Tour, avant d’élargir progressivement sa collaboration à d’autres transporteurs. Il a également souligné que plusieurs distinctions obtenues entre 2023 et 2024 dans le cadre de programmes d’innovation ont permis à l’entreprise de bénéficier de financements. Pour le fondateur de Service Express, les start-up ont un rôle déterminant dans la transformation numérique du Mali en développant des solutions adaptées aux réalités locales. « Notre vision est de simplifier la vie des Maliens en matière de transport, de mobilité et de livraison », a-t-il déclaré, estimant que la numérisation de ces services peut contribuer au développement économique du pays. Basée au Mali, BEKST Service Express est une entreprise technologique opérant dans les secteurs du transport et de la logistique. Son application mobile, disponible sur les plateformes App Store et Play Store, propose des services destinés aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises, notamment l’achat de tickets de bus, les livraisons, les services de moto-taxi et des solutions logistiques intégrées. OS/KM(AMAP)
Actualité : Le Royaume-Uni enregistre 2 877 décès liés à la chaleur lors des vagues de mai et juin 2026

Bamako, 30 juin (AMAP) La Grande-Bretagne a enregistré 2 877 décès en excès durant les vagues de chaleur de mai et juin 2026, soit près du double des 1 504 décès excédentaires observés durant l’ensemble de l’été 2025, a annoncé jeudi l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA). Dans son évaluation préliminaire, l’UKHSA a attribué 753 décès à l’épisode de chaleur du 24 au 27 mai et 2 124 autres à la vague de juin, survenue du 21 au 28. Ces chiffres provisoires approchent déjà le record annuel établi par l’agence en 2022. La vague de juin, qui a duré huit jours, a déclenché une alerte rouge chaleur-santé – seulement la deuxième de ce niveau en Angleterre –, face à des températures exceptionnelles. Les mois de mai et juin ont tous deux battu les records mensuels de température pour l’Angleterre selon le Met Office, avec 31,5 °C relevés le 26 mai à Kew Gardens et un pic de 37,7 °C le 26 juin à Lingwood, dans le Norfolk. « Ces résultats démontrent l’importance du système d’alerte chaleur-santé, mis en œuvre en partenariat avec le Met Office, qui fournit un avertissement précoce lorsque les températures sont susceptibles d’avoir des impacts significatifs sur la santé et le bien-être », a déclaré l’UKHSA. L’agence précise que sur la base de ces données provisoires, 2026 pourrait enregistrer le nombre le plus élevé de décès associés à la chaleur, dépassant les 2 985 décès de 2022. OS/KM(AMAP)
Actualité : Fin d’un différend territorial entre le Gabon et la Guinée équatoriale, vieux de près d’un demi-siècle

Bamako, 30 juin (AMAP) Le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement signé mardi un accord au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, mettant un terme à un contentieux frontalier vieux de près de cinquante ans en entérinant la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) rendue en mai 2025. L’accord engage les deux États à respecter l’arrêt de la CIJ, qui reconnaît la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l’île de Mbanié ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga. Le document a été signé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba’a Owono, et le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf. Pour les autorités équato-guinéennes, cet accord règle « de manière définitive » un différend qui empoisonnait les relations entre les deux voisins depuis les années 1970. La délégation gabonaise a salué l’ouverture d’« une nouvelle ère de coopération » avec la Guinée équatoriale, tandis que le président de la Commission de l’UA a estimé que la résolution de ce litige « qui n’a que trop duré » constituait une victoire pour la diplomatie africaine et le règlement pacifique des différends. Le litige portait sur l’île de Mbanié, d’une trentaine d’hectares, et les îlots de Cocotiers et Conga, territoires quasiment inhabités mais stratégiques en raison de leur position dans une zone maritime potentiellement riche en pétrole et en gaz. Dans son arrêt de mai 2025, la CIJ avait attribué la souveraineté à la Guinée équatoriale, héritière des droits espagnols au moment de l’indépendance en 1968, et écarté les arguments gabonais fondés sur la convention de Bata de 1974. Le différend remonte à la convention franco-espagnole de 1900 et s’est accentué après l’indépendance de la Guinée équatoriale en 1968, avec l’occupation de Mbanié par l’armée gabonaise en 1972. Après des années de tensions ravivées par les perspectives d’exploitation d’hydrocarbures, les deux pays ont saisi la CIJ en 2016-2020. La Cour a tranché le 19 mai 2025 en faveur de Malabo. Cet accord marque une nouvelle étape dans les relations bilatérales et illustre le recours des États africains aux mécanismes de règlement pacifique des différends avec l’appui de l’Union africaine. OS/KM(AMAP)

