Mali : le gouvernement adopte une stratégie nationale de lutte contre la mendicité

Bamako, 25 juin 2026 (AMAP)– Le gouvernement malien a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et son Plan d’actions 2026-2028, a annoncé le Conseil des ministres, réuni jeudi au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition et Chef de l’État. Présentée par le Premier ministre, la stratégie vise à réduire durablement la mendicité, en particulier celle impliquant les enfants, à travers une approche axée sur la prévention, la protection, l’inclusion socio-économique, la responsabilisation des familles et des communautés, ainsi que la promotion d’une éducation inclusive conforme aux valeurs religieuses et républicaines du Mali. Selon le Conseil des ministres, la mendicité connaît une progression dans les centres urbains et semi-urbains, où elle constitue un moyen de subsistance pour certains ménages et individus confrontés à des difficultés économiques. Le gouvernement estime que ce phénomène a des répercussions sur la protection de l’enfance, la cohésion sociale, le développement humain et la stabilité du pays. La stratégie s’inscrit dans le cadre de « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033, ainsi que des politiques nationales relatives à la protection sociale, à la protection de l’enfant et à la prévention de l’extrémisme violent. Le document s’articule autour de quatre axes : la promotion d’alternatives socio-économiques et de la réinsertion des personnes vulnérables, le renforcement de la responsabilité parentale, l’encadrement et l’accompagnement des écoles coraniques, ainsi que l’intégration progressive de l’enseignement religieux dans le système éducatif national. La mise en œuvre de cette stratégie est prévue à travers des plans d’actions successifs, dont le premier couvre la période 2026-2028. MMD/CMT (AMAP)

UNESCO : le Mali élu au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Bamako, 25 juin 2026 (AMAP)– Le Mali a été élu, le 18 juin 2026, membre du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a annoncé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, lors du Conseil des ministres tenu jeudi au Palais de Koulouba, a constaté l’AMAP. Selon le ministre, cette élection confère au Mali un pouvoir de décision dans l’examen des dossiers d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, ainsi que dans l’allocation des ressources du Fonds du patrimoine culturel immatériel et l’accréditation des organisations non gouvernementales auprès de l’UNESCO. Abdoulaye Diop a indiqué que cette élection constitue le couronnement des efforts déployés par la diplomatie malienne. Cette élection intervient dans un contexte marqué par la décision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, de décréter la période 2026-2027 «Année de la culture et de l’éducation» au Mali. BD/CMT (AMAP)

Bulletin météo : poussière au Nord et risques d’orages dans plusieurs régions du Mali

Bamako, 25 juin (AMAP)  L ’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo) annonce, dans son bulletin du vendredi 26 juin 2026, une situation marquée par une visibilité affectée par la poussière en suspension dans les régions du nord du pays, ainsi que des risques d’orages isolés accompagnés de pluies dans plusieurs zones. Selon les prévisions, des manifestations orageuses sont attendues en fin de journée ou durant la nuit dans les régions de Kayes, Sikasso, Koutiala, Bougouni, San, Ségou, Kita, Dioïla, Nara, Nioro, Douentza, Mopti, Tombouctou, Kidal, Ménaka, ainsi que dans le district de Bamako. « Des orages isolés, parfois accompagnés de pluies, sont prévus en fin de journée ou durant la nuit », indique Mali-Météo dans son bulletin, qui précise également que les températures seront « en légère hausse par rapport à celles d’hier sur l’ensemble du pays ». Mali-Météo recommande une attention particulière face aux conditions signalées, notamment dans les zones concernées par la poussière en suspension et les épisodes orageux annoncés. OS/KM(AMAP)

FAMa : La frappe de plusieurs localités dans la région de Kidal

Bamako, 25 juin (AMAP) L’état – Major des Armées porte à la connaissance de l’opinion nationale, que dans le cadre de la surveillance permanente du Territoire, une mission de reconnaissance des Forces Armées Maliennes (FAMa) a effectué avec succès, ce jeudi 25 juin, une frappe sur un Pick Up, identifié au niveau d’un point de contrôle, situé à 47 km de Kidal. Le véhicule a été complètement détruit ainsi que l’ensemble du matériel qu’il transportait. Par ailleurs, une observation a été réalisée sur l’axe de Djounhane, village situé à 30 km à l’ouest de la ville de Kidal. Aucun mouvement suspect, ni aucune activité hostile n’ont été détectée au cours de cette mission de reconnaissance. Le Chef d’état Major des Armées félicite les FAMas pour leur professionnalisme et réaffirme que les opérations de reconnaissance, de poursuite et de neutralisation des groupes armées terroristes se poursuivent sur l’ensemble du territoire nationale. L’état Major Général des Armées invite les populations à maintenir une vigilance accrue et à continuer d’apporter leur soutien aux Forces de Défense et de Sécurité. KM (AMAP)

Hydrocarbures : le Mali cherche à diversifier ses corridors d’approvisionnement

 Bamako 25 juin (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé ce jeudi, dans ses locaux, la 26e réunion du cadre de concertation du secteur pétrolier regroupant le Groupement Malien des Professionnels du Pétrole (GMPP) et le Groupement Professionnel des Pétroliers (GPP), a constaté l’AMAP. L’objectif de cette réunion était de permettre aux acteurs pétroliers d’examiner l’état d’approvisionnement globale, la situation des citernes des corridors, la sécurisation des axes, travaux d’entretien des routiers, diversification des corridors et les questions liées à la fraude. Au cours de la réunion, le ministre Moussa Alassane Diallo a indiqué que :« Lors du dernier convoi, du 15 au 21 juin 2026, 655 citernes ont été réceptionnées. Le convoi du 19 juin 2026 était composé de 264 citernes d’essence, 337 citernes de gasoil, 47 citernes de fuel et 6 citernes de gaz butane, pour un volume total de 29 849 000 litres, correspondant à un taux de ravitaillement de 27 %. » Il a précisé que cette quantité devrait permettre de soutenir les entreprises industrielles, de couvrir les besoins de la société EDM et d’assurer la stabilité du marché national. En ce qui concerne la semaine du 22 au 25 juin 2026, aucun convoi n’a été réceptionné sur la période Le ministre a également salué la détente observée sur le marché international du pétrole, consécutive à la signature du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et à la réouverture du détroit d’Ormuz, ouvrant des perspectives favorables pour la fluidification de l’approvisionnement mondial. Cependant, Moussa Alassane Diallo a exprimé ses préoccupations face aux retards enregistrés par la Société de Gestion des Stocks Pétroliers (GESTOCI) de Côte d’Ivoire dans la livraison des commandes des opérateurs maliens. Il a insisté sur l’urgence de diversifier les corridors, via notamment l’axe Keniéba -Kayes -Bamako, afin d’éviter une crise d’approvisionnement dans les prochains jours. Le ministre a enfin rappelé que les sources actuelles d’approvisionnement restent Abidjan et Dakar, et annoncé l’envoi imminent d’une mission en Côte d’Ivoire pour renforcer la coopération avec les partenaires locaux. Il a conclu, en soulignant la poursuite de la lutte contre la fraude sur les hydrocarbures, avec une mobilisation accrue des forces de sécurité et une campagne de sensibilisation continue. MMD/KM (AMAP)

BAC 2026 à San : les épreuves écrites se sont achevées ce jeudi sans incident majeur dans l’Académie d’enseignement

San, 25 juin (AMAP) Les épreuves écrites du Baccalauréat malien, session de juin 2026, ont pris fin ce jeudi dans l’ensemble des centres relevant de l’Académie d’enseignement de San, a constaté l’AMAP. Pendant quatre jours, les compositions se sont déroulées dans un climat de sérénité et de discipline, grâce à la mobilisation des acteurs impliqués dans l’organisation de cet examen national. Aucun incident majeur n’a été signalé dans l’Académie d’enseignement de San. Dans tous les centres, les présidents et vice-présidents, appuyés par les surveillants et le personnel d’appui, ont veillé au respect strict des textes réglementaires et des consignes d’organisation. Les dispositifs de sécurité et de lutte contre la fraude ont été appliqués avec rigueur afin de garantir l’équité entre les candidats. Les contrôles à l’entrée des centres, l’interdiction des sacs dans les salles d’examen, les fouilles de sécurité menées dans le respect de la dignité des candidats ainsi que l’accès réglementé aux salles de composition ont contribué au bon déroulement des épreuves. Les responsables des centres ont également multiplié les rondes de supervision pour s’assurer du respect des consignes et du maintien d’un environnement propice aux examens. La présence des forces de sécurité autour des centres a, par ailleurs, renforcé la quiétude des lieux et rassuré candidats, surveillants et responsables administratifs tout au long des compositions. À l’issue des épreuves, les responsables des centres ont salué l’esprit de collaboration et le professionnalisme des surveillants, des agents de soutien et des forces de sécurité. Ils ont également exprimé leur gratitude aux autorités administratives, éducatives et communales pour leur accompagnement constant dans l’organisation de cette session. L’Académie d’enseignement de San , à travers son directeur, M. Cheick Haïdara, se félicite du bon déroulement des examens et adresse ses vœux de réussite à l’ensemble des candidats. Que les efforts consentis tout au long de l’année scolaire soient récompensés par des résultats à la hauteur de leurs attentes et de celles de leurs familles. NC/KM (AMAP)  

Tominian : Atelier de Clôture du projet GFFO

Tominian, 25 juin (AMAP) L’atelier de clôture du projet « Renforcement des acteurs humanitaires locaux en tant que premiers répondants et répondants de première ligne » GFFO s’est tenu, mercredi, dans la salle de réunion de la Jeunesse de Tominian, sous la présidence du Préfet du Cercle, Kalifala Coulibaly, a constaté l’AMAP. La rencontre a réuni plus de 70 participants, notamment les maires des communes cibles, les responsables des services techniques, les représentants du Conseil Local de la Société Civile, les plateformes de femmes, les comités de premiers répondants, les partenaires de mise en œuvre ainsi que les representants des bénéficiaires venus des communes de Tominian, Koula, Lanfiala, Fangasso et Timissa. Mis en œuvre par les ONG ADRA-Mali et AFAD en partenariat avec ADRA Allemagne, avec l’appui financier du Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères GFFO, le projet visait à renforcer les capacités des communautés vulnérables en matière de réduction des risques de catastrophes, de sécurité alimentaire, d’accès à l’eau potable et d’hygiène-assainissement. Dans son discours d’ouverture, le Préfet de Cercle a salué l’engagement des partenaires et des communautés bénéficiaires pour les résultats obtenus durant la mise en œuvre du projet. Il a insisté sur la nécessité de préserver les acquis et de poursuivre les actions entreprises en faveur du développement local et de la résilience communautaire. Au nom de l’administration de AFAD et ADRA, Ahmed SekouDiallo, dira que les principales réalisations ont porté sur le renforcement des capacités des acteurs communautaires et institutionnels, l’actualisation des plans d’urgence communaux, la mise en place et l’accompagnement des Comités de Premiers Répondants CPR, ainsi que des plateformes de femmes. Selon lui, le projet a également permis la réhabilitation de plusieurs infrastructures hydrauliques, la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition, le soutien aux ménages vulnérables à travers des distributions de vivres et des transferts monétaires, ainsi que l’appui nutritionnel aux enfants de moins de cinq ans. Les échanges ont également porté sur les bonnes pratiques développées et les leçons apprises tout au long de la mise en œuvre du projet. Les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à assurer la pérennisation des acquis. Au terme de l’atelier, les participants ont exprimé leur satisfaction quant aux résultats obtenus et ont réaffirmé leur engagement à accompagner la continuité des actions entreprises en faveur des populations des communes concernées. La cérémonie a pris fin par les mots remerciements du maire et du Préfet de Cercle, aux partenaires techniques et financiers pour leur contribution à l’amélioration des conditions de vie des communautés bénéficiaires. ST/KM (AMAP)  

Sport : la Coupe d’Afrique de rugby Zone UFOAR Zone B, prévue du 28 juin au 12 juillet 2026 à Bamako

Bamako, 25 Juin (AMAP) Le ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, en collaboration avec la Fédération malienne de rugby a organisé, ce jeudi, dans ses locaux, le lancement de la Coupe d’Afrique de rugby Zone UFOAR Zone B, prévue du 28 juin au 12 juillet 2026 à Bamako, a appris l’AMAP de source proche de la Fédération de Rugby. C’était à la faveur d’une conférence de presse pour donner des détails techniques  relatives à cette compétition, qui regroupe 6 pays de la zone UFOAR,  Zone B. Il s’agit du Mali,  Bénin,  Niger, Togo,  Guinée Conakry et la Libye. Selon le président de la Fédération malienne de rugby, Mohamed Sangaré « nous attendons cinq pays de la zone UFOAR, zone B, à savoir le Bénin, le Niger, la Guinée Conakry, le Togo et la Libye en plus de notre pays », a-t-il précisé. Le président de la Fédération malienne de rugby a également précisé que sa structure est prête  pour cette compétition entre les pays frères de l’Afrique. « L’objectif à travers l’organisation de cette compétition dans notre pays est d’abord  d’appuyer la Fédération malienne de rugby et ensuite montrer à la population du monde que le Mali est une destination sûr, contrairement à ce qu’on fait croire à travers des techniques de désinformations »,  a expliqué le président de la commission d’organisation de cette compétition de rugby, Boubacar Diadié Sacko. Il a ajouté que chaque délégation de ces pays participants sera composée de trente personnes et les compétitions se dérouleront au centre de Kabala. STKM (AMAP)

Burkina Faso : deux prédicateurs interdits de prêche et une association religieuse suspendue

Bamako, 25 juin (AMAP) Les autorités burkinabè ont interdit à deux responsables religieux de prêcher et suspendu une association confessionnelle pour une période renouvelable de trois mois, invoquant la préservation de la cohésion sociale et la lutte contre les discours extrémistes. Dans deux arrêtés distincts, le ministère en charge des Affaires religieuses a interdit toute activité de prédication, de sermon et d’enseignement religieux à Omar Sankara, 41 ans, originaire de Ouagadougou, et à Idrissa Sawadogo, 53 ans, originaire de Bokin Song-Naba. Les mesures, applicables sur l’ensemble du territoire national, ont été confiées à la Direction générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles (DGARCT). Les autorités reprochent aux deux prédicateurs des propos jugés susceptibles de compromettre la cohésion sociale et le vivre-ensemble pacifique. Concernant Omar Sankara, l’interdiction est prononcée « jusqu’à nouvel ordre » en raison de « propos radicaux capables de compromettre la cohésion sociale et la coexistence pacifique », selon les documents officiels consultés. Par ailleurs, le gouvernement a suspendu pour trois mois renouvelables l’association « Tabernacle des fils du Royaume du Saint-Esprit », reconnue officiellement depuis mai 2020. L’organisation est notamment accusée de ne pas avoir procédé au renouvellement de ses organes dirigeants. Les autorités évoquent également des faits présumés de dépravation morale et de blanchiment d’argent, sans fournir davantage de précisions à ce stade. Ces décisions seront notifiées au Premier ministre, au ministère chargé de la Sécurité, aux gouverneurs de régions ainsi qu’au Front des associations islamiques du Burkina (FAIB), selon les documents officiels. OS/KM (AMAP)

Education : Les élèves des zones rurales face aux épreuves des longues distances

Bougouni, 25 juin (AMAP) Tout au long de la Route nationale 8 (RN8), une ambiance de marché anime, ce debut du mois de juin, le village de Madina Kouroulamini, situé à une vingtaine de Km de la ville de Bougouni, a constaté l’AMAP. Des vendeuses exposent des seaux remplis de mangues. Aux environs de 13 heures, elles attendent l’arrivée des cars et d’autres voyageurs pour présenter leurs marchandises. En ce moment, Drissa Koné, jambe gauche bancale, pousse un vélo au pneu crevé en compagnie de son frère cadet Youssouf. Ces deux élèves du fondamental I, âgés respectivement de 15 à 14 ans, rentrent à Sadiè, leur village situé à environ 3 km de Madina Kouroulamini où ils viennent chaque jour étudier. Ce déplacement d’un village à un autre pour des raisons d’études touchent un nombre important d’enfants dans les zones rurales. Une véritable épreuve Drissa Koné précise que son frère et lui font, à pied, environ une heure de temps sur la route pour arriver à la maison. Depuis que son vélo est en panne, dit-il, celui de leur mère est à leur disposition pour parcourir le trajet. L’adolescent souhaite devenir médecin. Il affirme être déterminé à travailler, malgré les 4 redoublements qu’il a fait depuis son inscription à l’école. Youssouf Koné fait la 4è année où il a été 6è de sa classe. Il veut être militaire. Depuis la première année, il se rend à l’école fondamentale de Madina Kouroulamini à pied. «On quitte la maison vers 6 heures pour être à l’heure. On parcourt parfois le trajet à la course. Notre maman prépare le petit déjeuner la nuit et le matin, elle le réchauffe avant de nous servir», explique-t-il. L’adolescent témoigne que, l’un de ses frères a été cogné cette année par un motocycliste. Après son rétablissement, dit-il, la victime a repris la route de l’école. Habitant également à Sadiè, Bintou Samaké, 17 ans, fait la 9è année à Madina Kouroulamini. «On est matinal. On vient à vélo sauf s’il est en panne. On transporte les plus petits», raconte l’élève qui suivait des cours de mathématiques. Arrivés au village, pendant les périodes de composition, ses camarades prennent le déjeuner et parfois le bain chez une amie résidant à Madina. Quand elle traverse le cycle menstruel, dit-elle, son hôte lui prête ses vêtements après l’hygiène. Quant à Rokia Bagayogo, élève en 6è année, est native de Koka dans le cercle de Bougouni où elle a fait les trois premières classes du fondamental I. Admise en 4è années, ses parents l’ont inscrite à l’école fondamentale de Faradielé située à près de 5 km de chez elle. Depuis 6 heures, elle entame le trajet à vélo qui est en mauvais état. Adama Koné témoigne avoir été victime d’un accident en venant à l’école. Pour sa part, Lassine Traoré, habitant de Faradiélébougou, dit rencontrer des véhicules qui roulent à grande allure. «On est obligé d’abandonner la voie pour emprunter des pistes dans la forêt. «Des bons samaritains nous transportent quand nos vélos sont gâtés. Certains les amènent chez le réparateur», se réjouit-il. Plat avarié Le village de N’Gonzana enregistre un grand nombre d’élèves inscrits à l’école de Faradié lé. Situé à environ 20 km de la ville de Bougouni, ses habitations en banco sont plongées dans le calme. Sous un arbre en face de la RN8, Minata Samaké, une habitante, reçoit notre équipe de reportage. Celle qui a 49 ans ne cache pas sa préoccupation face à ce déplacement des enfants. Ce sentiment s’est accru depuis que des élèves de leur village ont été victimes d’un accident en partance à l’école. L’une d’entre elles ne s’est toujours pas rétablie, signale la quadragénaire. Par ailleurs, elle se réjouit de la présence d’une cantine scolaire dans l’établissement qui accueille ses enfants. «Avant la mise en disposition de ce service d’alimentation, on préparait à manger pour les tout-petits afin qu’ils apportent le plat avec eux. Dans la plupart des cas, le repas devenait avarier avant midi», raconte la cultivatrice qui souhaite au moins l’ouverture des classes de 1ère et 2è années dans son village. Madane Samaké, cultivateur à N’Gonzana, est père de 6 enfants dont 4 filles qui étudient à Faradiélé. Il avoue que les deux autres qui ont atteint l’âge de la scolarisation n’ont pas été inscrits parce qu’ils ne peuvent pas marcher une longue distance et sont plus exposés aux dangers de la route. Le sexagénaire informe que son village envisage d’acheter une moto tricycle pour transporter les élèves vers leur établissement. En outre, il remercie l’Etat qui a offert des vélos à certains de leurs enfants. L’école fondamentale de Faradielé compte 274 élèves dont 120 venus des villages voisins. Raison pour laquelle, justifie le directeur, Cheick Oumar Donogo, le ministère de l’Education nationale a doté en 2025, l’établissement d’une cantine scolaire suite à leur demande. C’est la deuxième cantine dans la Commune de Faradiélé. Le pédagogue loue les avantages de ce service. Depuis sa mise en place, explique-t-il, les élèves ne retournent plus dans leurs villages respectifs à midi pour prendre le déjeuner ou venir avec leurs plats. Il affirme que grâce à cette prise en charge alimentaire le taux de scolarisation est passé de 33 en 2025 à une cinquantaine d’élèves cette année. Le taux de réinsertion connait également une hausse. Cependant, Cheick Oumar Danogo attire l’attention sur les conséquences du déplacement des enfants vers d’autres villages pour les études. Il cite la scolarisation tardive des élèves conduisant à une inscription à l’âge de 8 voire 9 ans. L’enseignant généraliste témoigne que certains élèves peuvent parcourir 12 km pour arriver à l’école. Cette épreuve n’est pas sans danger pour les filles. Beaucoup d’entre elles, préfèrent garder le silence sur les coups encaissés. A l’école fondamentale de Madina, le directeur du fondamentale II, Adama Fodé Doumbia, se souvient d’un cas de violence qu’une de ses élèves a subie. Elle venait d’un village situé à 3 km de l’école. Selon le maitre d’anglais, au cours du trajet, elle était régulièrement harcelée par