CAN 2025 : Maroc-Mali, le choc sous haute tension

Envoyé spécial Ladji M. DIABY Rabat, 26 déc (AMAP) Le complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat s’apprête à vibrer, ce vendredi, lors d’un match capital, pour le compte de la 2ème journée du groupe A, entre le Mali et le Maroc qui se retrouvent pour un duel. Le contexte de cette rencontre est clair entre un pays hôte, qui veut valider son ticket pour les huitièmes de finale et des Aigles, qui sont dos au mur. Le ciel de Rabat promet d’être électrique. Le Maroc arrive en confiance après avoir disposé des Comores (2-0). Pour le Mali, en revanche, le nul concédé face à la Zambie (1-1), à Casablanca, laisse un goût amer. Aujourd’hui, les Aigles n’ont plus de calculs à faire. Face à l’ogre marocain, ils sont en mission « survie. » ​L’histoire, elle, pèse lourdement sur les épaules maliennes. Les deux nations se retrouvent en phase finale pour la première fois depuis la douloureuse demi-finale de 2004 en Tunisie, où les Lions de l’Atlas avaient surclassé les Aigles (4-0). Sur 21 confrontations historiques, le bilan penche en faveur du Maroc avec 10 victoires contre 6 pour le Mali. En matches officiels, les statistiques sont tout aussi rudes : 6 revers pour seulement 2 succès des Aigles. Mais les records sont faits pour être brisés, et les Aigles comptent bien inverser la tendance. ​Dans le camp malien, la détermination est palpable. Les joueurs sont conscients du défi immense qui les attend face à une équipe soutenue par tout un peuple. « C’est une finale avant la lettre. Nous ne visons que les trois points. Nous savons que ce ne sera pas facile avec la ferveur marocaine contre nous, mais nous ferons tout pour gagner », assène l’arrière droit des Aigles Woyo Coulibaly. Pour le gardien Djigui Diarra. Ce match « est la clé de notre survie dans cette CAN. Il faut gagner, c’est tout ». De son côté, Aliou Dieng affiche son optimisme. « On connaît cette équipe, elle a de la qualité. Nous avons du pain sur la planche. Nous demandons les bénédictions du peuple malien », déclare le milieu de terrain. ​Pour le sélectionneur national. Tom Saintfiet, l’enjeu sera de museler le milieu créatif marocain tout en exploitant la vitesse de ses attaquants. Avec le retour annoncé des cadres, notamment Yves Bissouma, le Mali espère retrouver cette solidité qui lui a manqué en fin de match face à la Zambie. De son côté, Walid Regragui sait qu’une victoire, ce soir, lui offrirait un billet serein pour les huitièmes de finale. Au complexe Prince Moulay Abdellah, entre la pression du public et l’obligation de résultat, les Aigles devront déployer leurs ailes plus haut que jamais pour ne pas voir leurs ambitions africaines s’assombrir. L’autre match du groupe mettra aux prises la Zambie et les Comores (17h30) au complexe Mohammed V à Casablanca. LMD/MD (AMAP)

CAN 2025 : Maroc-Mali, Tom Saintfiet et ses hommes en mode « commando »

Envoyé spécial Seïbou S. KAMISSOKO Rabat, 25 déc (AMAP) Le sélectionneur national du Mali, Tom Saintfiet, s’est présenté face à la presse avec un discours mêlant pragmatisme et ambition guerrière, à la veille d’un duel qui s’annonce électrique contre le pays hôte, le Maroc. Entre l’obligation de résultat et le retour espéré du capitaine Yves Bissouma, le technicien belge prépare un coup tactique. ​​Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat sera, ce vendredi, le théâtre d’une confrontation capitale pour l’avenir du Mali dans cette CAN 2025. Après un nul frustrant contre la Zambie (1-1), les Aigles n’ont plus droit à l’erreur. Tom Saintfiet, lucide sur la situation comptable, n’a pas usé de langue de bois : « Nous nous sommes créés un problème… Demain, nous ne devons pas perdre. » ​En qualifiant le résultat précédent de « problème », Tom Saintfiet place ses joueurs devant leurs responsabilités. Cette autocritique publique semble être une stratégie délibérée pour piquer l’orgueil des cadres. Face à un Maroc porté par son public, le sélectionneur sait que la survie des Aigles passera par une discipline de fer. Son message est double : assurer au minimum le point du nul pour rester en vie, tout en gardant l’ambition de faire chuter le Lion de l’Atlas sur ses terres. ​​Après avoir manqué d’impact lors de la première journée, la titularisation probable du milieu de terrain de Tottenham, Yves Bissouma, change radicalement la donne. Son retour offre à au sélectionneur une meilleure transition entre la défense et l’attaque, ainsi qu’un leadership naturel pour calmer les ardeurs marocaines. Sa présence sera également une menace constante sur les coups de pied arrêtés, cruciaux dans ce genre de sommets fermés. ​L’autre motif de satisfaction réside dans la condition physique du groupe. « Il n’y a pas de blessé », a martelé le coach. Dans un tournoi où l’enchaînement des matches pèse lourdement sur les organismes, disposer de l’intégralité de son effectif pour affronter l’ogre marocain est un luxe non négligeable. Cela donne à Tom Saintfiet la profondeur de banc nécessaire pour ajuster ses plans face à l’armada de Walid Regragui. ​​Face au Maroc, la clé résidera dans la capacité des Aigles à museler les ailes adverses. Tom Saintfiet a laissé entendre que son équipe mettrait « tout en œuvre » pour s’imposer. Tactiquement, cela pourrait se traduire par un bloc médian compact, visant à aspirer les Marocains pour mieux les punir en contre-attaque grâce à la pointe de vitesse des attaquants maliens. ​Le verdict du terrain est attendu ce vendredi à 20h GMT. Si le discours de Tom Saintfiet a séduit les observateurs, il doit maintenant se traduire par des actes. Le Mali joue son destin, et avec un groupe au complet et un capitaine affamé, l’exploit à Casablanca semble, plus que jamais, à portée de crampons. SS/MD (AMAP)

Dioila : La communauté chrétienne célèbre la fête de la Nativité

Dioila, 25 déc (AMAP) Les différents lieux de culte chrétien de Dioila ont été pris d’assaut par les fidèles, ce jeudi, aux environs de 9 heures du matin pour célébrer Noêl, journée marquant l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ, a constaté l’AMAP sur place. Le 25 décembre de chaque année, la naissance de l’enfant conçu par le Saint Esprit de la vierge Marie, dans le petit village de Nazareth, est célébré par les chrétiens du monde entier, afin de saluer l’arrivée du sauveur, selon les saintes écritures bibliques. Les chrétiens du Banico, dans leurs différentes églises ont cantonné des louanges à la gloire du Christ. Les prêches ont essentiellement porté sur l’histoire de Jésus, l’annonce de son arrivée et les raisons de sa présence sur terre.  Aux côtés des fidèles chrétiens de Dioila, l’imam central de Dioila, Elhadj Moustapha Sangaré, le président du Haut conseil islamique, Elhadj Malick Dembele, le directeur régional des Affaires religieuse set du culte, Adama Koné et une délégation de la jeunesse Amandine de Dioila. Tous étaient venus magnifier cette journée aux côtés de leurs frères chrétiens, dans un esprit et une ambiance de bonne cohabitation, de vivre-ensemble dans un Mali soudé et tolérant.   Le directeur régional des affaires religieuses et du culte a, au nom du gouverneur et des autorités, salué « la résilience de la communautaire chrétienne face à la crise que traverse le Mali » et a invité à mettre la Patrie au coeur de leurs différentes prières. Une étape importante de la journée a été la prière collectivite en faveur de la stabilisation du Mali au cours de laquelle, femmes, hommes, jeunes, tous dans une incantation inédite ont sollicité le Seigneur Jésus-Christ afin qu’Il apporte la paix aux peuples de la Confédération des États du Sahel (AES). La dernière phase de prière a été consacrée à la consolidation de l’AES. La dégustation de repas et les visites dans les familles se sont déroulées dans la soirée du jeudi. DF/MD (AMAP)  

Centre de santé de référence de Niafunké : Une centrale solaire pour l’autonomie en électricité

Niafunké, 24 déc (AMAP) Le Centre de santé de référence (CSRéf) de Niafunké (Nord) est doté d’une centrale solaire d’un coût de plus de 210 millions de Fcfa et destinée à rendre totalement autonome l’établissement de santé, qui a été inaugurée mercredi, a constaté l’AMAP sur place. L’installation dispose d’une capacité de stockage de 210 Kva fournis par 166 panneaux de 550 Watt chacun, 14 batteries lithium de 15 Kva chacune et un groupe électrogène de 88Kva. Elle assurera, désormais, la fourniture en électricité à 100% et 24/24 de toutes les unités du CSREF. Cette transition énergétique permet de réduire considérablement les coûts liés au carburant et à l’entretien du générateur et palier aux coupures intempestives d’électricité que connait le Centre, affectant considérablement son bon fonctionnement. Conformément à la vision des autorités du Mali, elle contribuera à la protection de l’environnement grâce à la diminution des émissions de gaz à effet de serre, tout en garantissant la continuité des soins vitaux dans les différents services du CSRéf et les Centres de santé communautaire (CSOM) qui réfèrent des patients à Niafunké. Entièrement financé par l’ONG Médecins Sans Frontière (MSF) qui, depuis 2021, en parfaite collaboration avec les autorités sanitaires locales, soutient les populations de Niafunké affectées par la crise multiforme que vit le pays. A cet investissement inauguré aujourd’hui s’ajoute la prise en charge gratuite des soins pour les enfants de 0 á 14 ans dans une pédiatrie construite et équipée depuis plus de 2 ans. La construction et l’équipement d’une radiologie déjà fonctionnelle qui soulage les populations auparavant obligées de se rendre á Tombouctou ou à Mopti pour la radiographie. La réfection et modernisation de la maternité avec plusieurs salles d’accouchements est en cours. La construction de 2 blocs opératoires dont les travaux ont atteint plus de 60% est en chantier afin de pourvoir aux interventions de chirurgie en médecine générale non complexe. « Moderniser le CSRéf de Niafunké afin qu’elle aspire être un hôpital, avec la construction et l’équipement d’une buanderie et d’une zone de traitement de déchets sont déjà opérationnelles, MSF a amélioré nos conditions de travail », s’est réjoui le médecin-chef du district sanitaire, Dr Mamadou Konaté. « En posant cet acte, MSF apporte non seulement des soins de qualité à des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants mais, aussi, nourrit l’espoir et la lumière à toute la population de Niafunké et environs », a dit le préfet Modibo Kane Togo dans son discours inaugural, avant d’insister sur la gestion durable de tous ces investissements. Il a exhorté Fédération locale des associations de santé communautaire (FLASCO), Association de santé communautaire (ASACO), agents de santé, « chacun étant un maillon essentiel » à œuvrer pour l’atteinte des objectifs du ministère chargé de santé : « La santé pour tous et partout au Mali. » Il a aussi rassuré les agents et les populations qu’en sa qualité de représentant de l’Etat à Niafunké, il  « restera vigilant pour la sauvegarde de ces investissements au bénéfice des populations. » Il a chargé les chefs coutumiers et traditionnels de la sensibilisation des populations « pour un respect strict des règles et consignes édictées pour un bon fonctionnement du district sanitaire et les CSCOM. » Une foule nombreuse constituée de notables, agents de santé, légitimités coutumiers et traditionnelle, coutumières, religieuses, autorités administratives et politique, représentants des unités des forces de défense et de sécurité, simple curieux ont pris part á la cérémonie. SAM/MD (AMAP)  

Ségou : La rareté des clients met en péril le tissage traditionnel

Par Aminata PONA  Ségou, 24 déc (AMAP) Les gestes techniques millimétrés, les outils finement utilisés, les artisans de Ség continuent de faire vivre l’art traditionnel malgré la chute drastique de leur vente. Ces passionnés de la fibre et du fil créent au quotidien des œuvres d’exception mêlant savoir-faire ancestral et créativité contemporaine. Cependant, les défis, il n’en manque pas qui ont pour noms : pertes de clients, cherté des matières premières et désintérêt pour les tissus traditionnels. Immersion dans un secteur jadis florissant. Acteur majeur de la préservation et de la valorisation des tissus traditionnels, le Centre Ndomo de Ségou est une entreprise évoluant dans l’entreprenariat social. On y retrouve des artisans indépendants. Ils assurent ensemble la production de tissus. Boubacar Doumbia, son fondateur souligne qu’avant la crise sécuritaire, son établissement accueillait des touristes étrangers. « Durant la saison touristique, d’octobre à février, le travail ne manquait pas et les commandes affluaient.  Chaque artisan gagnait une part de marché. Aujourd’hui, les touristes ne viennent plus et les Bamakois sont aussi rares à cause de l’insécurité et de la pénurie du carburant », explique-t-il. Soulignant que désormais, les artisans envoient leurs produits en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Suède, en France, aux États-Unis, au Japon et en Espagne. Boubacar Doumbia trouve que cette période de vaches maigres est temporaire. Il appelle ses collègues à la patience, les exhorte au travail malgré les conditions difficiles. Almoustapha Soumaré, un artisan, du haut de ses plus de 30 ans d’expérience dans le textile, ne cache pas que le Centre N’Domo traverse actuellement de grandes difficultés dues à la crise que traverse le Mali. La rareté des touristes a considérablement réduit les ventes. « Nos commandes étaient si nombreuses que les artisans du centre avaient parfois du mal à les exécuter », se souvient-il. Il explique que le centre dispose de 25 travailleurs repartis en deux équipes de travail. L’une chargée de la décoration (tapis, tableaux, sous assiettes, couvre-lits et nappes) et l’autre dédiée au trempage. Cependant, l’engouement pour le bazin et d’autres tissus contemporains entraîne une marginalisation des tenues traditionnelles. Pour couronner le tout, le manque de ressources financières freine l’achat de matériels indispensables au fonctionnement du centre. Pour la décoration des tissus, les artisans du Centre N’Domo emploient certaines plantes notamment le N’galama ou Bégou N’gnomo et chaque dessin à une signification spécifique. « On compte 19 symboles, que nos grands-mères utilisaient pour donner des conseils aux mariées afin de maintenir la paix dans les familles. La mère donnait à sa fille un bogolan comme cadeau de mariage pour lui assurer un foyer heureux », révèle Almoustapha Soumaré Il dit que les artisans du centre participent, chaque année, à des foires internationales au Sénégal et au Burkina Faso pour promouvoir et vendre leurs produits. Amadou Diarra, artisan au village artisanal confectionne divers tissus pour ses clients. En plus de sa propre production, il intervient, couramment, pour aider ses collègues confrontés à des fils emmêlés ou à des machines défectueuses. « Certains fils à tisser coûtent cher. Lorsqu’ils se mélangent, il faut tout reprendre », a-t-il déploré. Amadou Diarra vend le mètre de tissu entre 2 000 et 4 000 Fcfa, selon le motif et la longueur. Il souligne que les touristes ne viennent désormais plus à Ségou, à l’occasion du Festival sur le Niger, ils passent leurs commandes en ligne et les colis leur sont envoyés. Difficile, dans ce cas, de sortir la tête de l’eau par les temps qui courent. Pour Yacouba Diarra, tisserand au village artisanal de Ségou, le marché n’est plus comme avant et cette situation a un impact financier considérable sur les artisans. Quant à Awa Coulibaly, artisane, elle est persuadée qu’« une plus grande valorisation de leurs créations à travers la publicité et la vente en ligne permettrait aux acteurs du secteur de vivre de leur art. » Elle évolue dans le domaine depuis sa tendre enfance et est capable de réaliser 10 à 15 mètres de tissus par jour. Awa explique que le métier demande l’apport de chaque partie du corps : les bras et les pieds qui sont constamment en mouvement. Toutefois, elle se réjouit de l’arrivée de visiteurs sénégalais et burkinabè dans leurs ateliers. « Quand ils viennent, on gagne beaucoup. Mais une fois qu’ils sont partis, tout redevient comme avant », affirme-t-elle. Déplorant la cherté des fils à tisser dont le prix varie entre 3 500 Fcfa et 4 500 Fcfa le paquet. Cependant, elle assure pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. AP/ADS/MD (AMAP)  

Biennale artistique et culturelle Tombouctou : Comment intégrer le marché de l’art

Tombouctou, 25 déc (AMAP) Le Consortium Fonds africain pour la culture (ACF) / Fonds Maaya a organisé, mercredi, une table ronde au village artisanal de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, en marge de l’évènement, qui a réuni plusieurs acteurs culturels autour de la problématique de l’accès au marché pour les industries culturelles et créatives. La cérémonie officielle était présidée par le Chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Dr Salia Malé. À ses côtés figuraient le président du Réseau Kya, Djibril Guissé, la responsable de la communication du Consortium, Mme Gabdo Ouattara, ainsi que Salah Touré, Conseiller national de Transition. Plusieurs acteurs culturels ont également pris part à la rencontre. Les travaux ont été coanimés par le critique d’art Chab Touré, le président de la Fédération du Mali, Adama Traoré, et le directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger, Maki Garba. Les échanges ont porté sur les enjeux de la professionnalisation du secteur culturel, en lien avec les normes nationales et internationales. La formation des artistes a été identifiée comme un facteur déterminant pour l’accès au marché de l’art et le développement durable des industries culturelles. À l’issue des discussions, quatre piliers majeurs pour la promotion du secteur ont été dégagés : la structuration, le financement, la diffusion et la promotion, ainsi que la création et la découverte d’espaces culturels. Il a également été relevé que l’accès au marché repose sur la qualité des productions et le respect des exigences du secteur. Les débats ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la structuration du secteur culturel, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en place d’une structure unique et la création d’un fonds d’urgence au profit des artistes. La question du droit d’auteur a également été abordée au cours des échanges. AC/MD (AMAP)  

Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Ménaka et Kidal défendent la paix et la réconciliation

Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar DIOP Tombouctou, le 25 déc (AMAP) « Dans une atmosphère de fête, les troupes de Ménaka et Kidal ont présenté mardi dernier leurs disciplines devant le jury », rapportent nos envoyés spéciaux. Les disciplines en compétition étaient l’ensemble instrumental, le solo de chant, la pièce de théâtre et la danse traditionnelle. Auparavant, les orchestres régionaux de Tombouctou et Douentza avaient déjà concouru dans la salle Ali Farka Touré. Quelques heures plus tard, les festivaliers se sont retrouvés au terrain municipal de Tombouctou pour assister aux prestations des deux régions. C’est Ménaka, la dixième région administrative du Mali, qui a ouvert la soirée avec son ensemble instrumental intitulé « La cohésion sociale et le vivre-ensemble ». Cette composition lance un appel vibrant pour que la paix reprenne sa place dans chaque région, afin de restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble qui ont toujours caractérisé le Mali. Elle a été suivie de la pièce de théâtre « Le silence des cimetières », qui dénonce la mauvaise gouvernance et les conditions de vie difficiles des enseignants. Elle évoque également le rôle des politiques et de l’Armée dans la reconstruction du pays.La danse traditionnelle « Ekanzam » a ensuite traité la culture comme facteur de paix et de cohésion sociale. À travers les pas de danse, les artistes expliquent que la paix et la cohésion sociale tirent leurs racines de la valorisation et de la préservation du patrimoine culturel. Le passage de Ménaka s’est achevé avec le solo de chant « La refondation du Mali en relation avec l’Alliance des États du Sahel ». Cette chanson met en lumière les sacrifices consentis par les Forces armées maliennes dans la refondation de l’État et plaide pour la paix et la réconciliation au sein des pays de l’AES. La troupe de Kidal a ensuite pris le relais. Elle a débuté par son ensemble instrumental consacré à la réconciliation, fondée sur nos valeurs culturelles et démocratiques. À travers cette création, Kidal lance un appel à tous les frères et sœurs à se donner la main pour retrouver le vivre-ensemble dans une paix durable. Le solo de chant, intitulé « Alhafiat » (qui signifie « la paix »), désigne un état de calme et de tranquillité, l’absence de troubles. Il célèbre la paix comme un idéal social et politique. La pièce de théâtre « Le chant du Tendé » se déroule dans une région récemment sortie d’un conflit armé. Elle retrace le parcours d’un village meurtri par la guerre et montre qu’à travers l’art, la musique et la danse, il est possible de guérir les blessures et d’avancer vers la réconciliation. Le Tendé est un instrument fédérateur utilisé chez les Touaregs et par la communauté Songhoy. La soirée s’est clôturée avec la danse traditionnelle « Cehim », une danse du terroir exécutée par les femmes à l’occasion des fêtes religieuses (Ramadan, Tabaski, Maouloud), des mariages et des baptêmes. Enfin, les troupes de Taoudéni et Koulikoro sont programmées ce mercredi 24 décembre au stade municipal de Tombouctou. AS/OS/MD  

Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Les troupes de Nara et Sikasso séduisent le public

Envoyés speciaux Amadou SOW Oumar DIOP Tombouctou, 22 déc (AMAP Les Régions de Nara et Sikasso ont respecté la tradition en présentant, chacune, quatre disciplines devant le jury. C’était devant le gouverneur de Nara,  le Général de brigade  Amara Doumbia et de celui de Sikasso, Mme Kanté Marie claire Dembélé ainsi que plusieurs autres chefs exécutifs régionaux. A 19 heures déjà, le terrain était  pris en asseau par la population malgré le froid. Le premier passage a été marqué par la troupe de Nara a débuté avec son ensemble instrumental. Intitulé : « Dow ka di ma mi na ». C’est une composition musicale qui parle de l’ingratitude et de malhonnête des individus qui se servent des citoyens pour se hisser au sommet. Il s’agit également d’attirer l’attention sur le comportement indigne de certaines autorités administratives et des légitimités traditionnelles, à l’égard des citoyens. Il a été suivi de la pièce de théâtre qui parle d’un conflit de génération. C’est l’histoire d’une jeune dame, versée dans la prostitution après avoir refusée plusieurs demandes de mariage au profit de la recherche d’un emploi à la fonction publique. La pièce dénonce le népotisme et la corruption au niveau de la fonction publique et réclame justice.  Dans le dernier tableau, c’est une sollicitation des autorités pour réserver une carrière publique ou prive à des excellents. Contrairement aux autres régions, Nara a monté plusieurs tableaux qui peut attirer l’attention du jury. Ensuite vient le solo de chant en Soninké, titré, donnons-nous les mains. A travers son solo, la troupe lancé un appel de rassemblement, de cohésion et d’une paix durable entre les maliens et les peuples des pays de l’Alliance des États du sahel.  Ainsi, la danse traditionnelle s’installe avec son titre ‘’Jidin mu’’, une cérémonie organisée lors du mariage des jeunes filles. C’est la danse des mères, lorsque les mariées sont d’une même famille, la cérémonie se déroule en un premier temps dans la cour familiale, puis se termine sur une place publique en présence des membres de la famille. Si elles sont des familles différentes, après leur honneur, elles se retrouvent sur la place publique pour célébrer le mariage. La région de Sikasso monte sur scène après pour présenter ses disciplines. « La grande retrouvaille Culturelle », est le titre de son solo de chant. C’est une chanson incitatrice lors de lla fête traditionnelle. Elle permet aux communautés des différentes contrées de se retrouver, de communier, de sympathiser et partager autour de ce qui les unis à savoir notre la Culture dans sa diversité. C’est aussi un message d’avertissement à tous ceux qui ambitionnent de s’en prendre au patrimoine culturel. Et  d’inviter la communauté à sauvegarder et défendre nos valeurs. La danse Traditionnelle appelée le Kôri, est une danse de Ganadougou. Elle a une valeur protectrice du village à travers l’accomplissement des rituels. Elle exhorte la jeunesse à embrasser la bravoure, la résilience, l’endurance et le courage, face à toutes les épreuves qui jalonnent leur chemin.  C’est un mouvement qui a la valeur d’une école, l’initiation se fait entre 10 et 15 ans, durant une période de  3 mois dans les bois sacrés. Les cérémonies d’initiation se font chaque sept (7) ans. La Pièce de théâtre intitulé « le Kokélé », une présentation qui parle de la paix et la réconciliation autour des valeurs endogènes et du respect des symboles de l’État. La pièce acclame le retour aux valeurs traditionnelles et sociétales. L’accent est mis sur le Djeliba, artisan infatigable de la paix et de la cohésion sociale au niveau de la société. Des relations comme « Sinakunya, Balimaya, Nimogoninya, Siguiniogonya », sont aussi évoquées dans la pièce comme facteur de paix et d’insister  sur la sécurisation du pays.  L’Ensemble Instrumental, titré les germes de l’espoir, invite à la résilience.  C’est une chanson qui fait référence aux racines d’un arbre abattu et qui continue de résister à travers ses racines. Cette pièce s’inspire de nos valeurs pour consolider l’union sacrée et une lueur d’espoir pour la communauté. L’après-midi avait été meublé par les orchestres de Nioro et  Gao dans la salle Ali Farka Touré. Les troupes de Ménaka et Kidal  sont attendues ce mardi dans la soirée  pour leurs prestations. AS/OD/MD (AMAP)

Ouélessébougou : Réunion d’information et de sensibilisation sur la loi domaniale et foncière

Ouélessébougou, 22 déc (AMAP) Une rencontre d’information, de sensibilisation et d’échange sur la loi domaniale et foncière, qui s’inscrit dans le cadre de la transition entre l’ancien texte et le nouveau, s’est tenue, lundi, dans la salle de réunion du Centre féminin de formation et d’appui au développement rural (CFADR) de Ouélessébougou. L’objectif est d’informer et de sensibiliser l’ensemble des parties prenantes, en particulier les autorités locales en charge de l’application des textes et les citoyens, sur les dispositions, les changements et les implications pratiques de la nouvelle loi domaniale et foncière. L’événement a réuni les représentants de la Direction nationale de l’urbanisme et l’habitat, les autorités administratives, judiciaires et communales, ainsi que les acteurs locaux concernés par les questions foncières . Le préfet Moussa A. Sagara, après son mot de bienvenue, a dit que cette réunion est une initiative des autorités nationales, à travers le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, pour vulgariser le contenu des nouveaux textes qui régissent, désormais, le monde foncier sur toute l’étendue du territoire national. Il a invité l’assistance à plus d’assiduité, compte tenu du l’importance de l’ordre du jour. Pour Charles Diarra, Chargé du contentieux à la Direction nationale de l’Urbanisme et l’habitat, « la question foncière, de nos jours, est transversale et occupe un pourcentage important dans les affaires pendantes devant les tribunaux. » « Une situation qui demande l’implication commune de tous les acteurs locaux », a-t-il déclaré. Selon lui, il s’agit de garantir une compréhension commune et uniforme du nouveau cadre juridique pour en faciliter la mise en œuvre effective sur le terrain. Dans son exposé, il a noté quelques facteurs qui expliquent des litiges fonciers, notamment, la croissance démographique, le non-respect des textes en vigueur, les facteurs liés aux comportements des personnes. Il a expliqué les innovations, présenté les nouvelles règles, procédures et concepts introduits par la réforme en vigueur depuis l’année 2021, en clarifiant les ruptures et les continuités avec l’ancien système. S’agissant des documents de propriété foncière, M. Diarra a insisté sur le titre foncier comme étant le seul document autorisant, la propriété d’une terre ou habitation, reconnu par la nouvelle loi domaniale. En réactions aux dispositions de la nouvelle loi, plusieurs intervenants ont demandé les procédures du changement des anciens documents en conformité avec le nouveau texte. La présence des représentants de la Direction nationale de l’Urbanisme et l’Habitat, des autorités administratives, judiciaires et des autorités communales a donné à cette réunion un caractère opérationnel et d’aborder les questions techniques, légales et de gouvernance locale, assurant ainsi une approche coordonnée pour une transition réussie. AC/MD (AMAP)

Biennale artistique et culturelle de Tombouctou :  Kayes et Bougouni à l’épreuve

Envoyés spéciaux Amadou SOW Youssouf DOUMBIA Oumar DIOP (Photos) Tombouctou, 22 déc (AMAP) Après deux nuits de compétitions, les troupes de Kayes et Bougouni étaient devant le jury, dimanche, au terrain municipal de Tombouctou. C’est la troupe de Kayes qui a ouvert la soirée avec son Ensemble instrumental sur le thème de la paix. C’est un appel pour un Mali reconcilié et uni autour d’un intérêt commun. Elle est suivie de la pièce de théâtre, intitulée, « La recherche de la pitance. » A travers cette présentation, la Région de Kayes dénonce l’incivisme, l’arrêt du train et la malhonnêteté de certaines personnes. C’est le récit d’une société en perte de références au profit de la recherche du pain quotidien. La pièce alerte sur le non-paiement des taxes et les pratiques frauduleuses comme la vente des armes et des matériels volés.  Son solo, chanté en langue Khassonké est un « Hommage aux pupilles de la Nation. » C’est l’histoire d’une jeune femme mariée, qui a perdu son mari, à peine quelques années de leur union au cours d’une violente bataille contre les terroristes. Cette composition musicale évoque le devenir d’un petit garçon  du jeune couple. Ainsi, la perte brutale de l’époux a déstabilisé la femme qui a reçu le choc, très dur à supporter. Elle sera conseillée par une autre femme, sage. Et, enfin, la chanson rend hommage aux autorités nationales pour leur soutien aux pupilles de la Nation et salue les efforts des mères des pupilles pour leur rôle après la disparation de leurs époux. Ainsi, plusieurs spectateurs estiment que le solo de chant Kayes peut bien influencer le jury et se classer parmi les meilleurs de la Biennale de Tombouctou. Il a été suivi de la danse traditionnelle, intitulée « le Worso », une danse traditionnelle du milieu soninké composée de trois rythmes à savoir le Worso, le Tinguinta et le « Lemunu Légué »] Le « Worso » est une danse traditionnelle populaire qui met en scène quelques hommes de castes. Le « Tinguinta » est populaire et exécuté par tout le monde y compris les nobles et les hommes de castes.  Le « Lemunu Légué » est une danse des jeunes. Ce rythme est populaire et ouvert à tout le monde (jeunes, adultes, nobles, hommes de caste, captifs). La deuxième prestation de la soirée a été la troupe de Bougouni qui a débuté avec son solo de chant intitulé : « Le cri de l’oiseau orphelin. » Ce Solo de chant chanté en douceur rappelle la mort et pourquoi faut-il en avoir peur ? Il rend hommage aux présidents indépendantistes des pays de la Confédération des États du Sahel et les invite à s’unir davantage pour bâtir un Sahel fort et uni. La danse traditionnelle monte en deuxième position, titrée ;« Fiileni » ou la calebasse. C ’est une danse originaire du Wassoulou et execuée exclusivement par les jeunes filles, caractérisée par le maniement de la calebasse comme instrument de rythme et de grâce. C’est également une forme d’expression culturelle qui affirme l’identité culturelle de la jeune fille du Wassoulou. Elle symbolise la maturité et la solidarité féminine, et tient une place particulière dans le patrimoine culturel de Wassoulou. La pièce du théâtre intitulée « Socle de la vie de notre village », met en évidence les bases d’une société, notamment les éléments indispensables pour la survie d’un village. Elle a été suivie de l’ensemble instrumental qui porte sur la paix et la cohésion sociale. Avant cette soirée, les orchestres de Dioila et Mopti ont presté devant le jury dans la salle Ali Farka Touré. Le programme de lundi prévoit le passage des Régions de Nara et Sikasso. AS/YD/MD (AMAP)