Crise du carburant à Koutiala : Le Comité régional de veille et de gestion des crises et catastrophes

Koutiala, 21 oct (AMAP) Les membres du Comité régional de veille et de gestion des crises et catastrophes de Koutiala se sont réunis, lundi, et ont recommandé de garantir aux pétroliers possédant une licence d’importation de carburants la sécurité par les Forces de défense et de sécurité (FDS) afin de mettre du carburant à la disposition des populations de la Région, a constaté l’AMAP sur place. Au terme de cette rencontre dont l’ordre du jour portait: échanges sur l’approvisionnement de la région de Koutiala en produits de première nécessité et la gestion de la crise des hydrocarbures (approvisionnement et stock), le Comité a recommandé à la Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC) et à la police une mission, aujourd’hui mardi, pour  jauger les stations-service. La séance présidée par le conseiller aux Affaires financières du gouvernorat de Koutiala a débuté à 9 heures précises a eu lieu la rencontre des membres du comité régional de veille et de gestion des crises et catastrophes dans la salle de conférence du Gouvernorat de Koutiala. Cette rencontre avait pour objectif de faire la situation de l’approvisionnement et du stock de carburants à Koutiala. Le dernier point du stock a été donné par la DRCC. Le dispositif a consisté à faire le tour des marchés de la ville pour constater qu’il n’y a, pour le moment, pas de rupture en produits de première nécessité et que les prix sont stables. La ville a réceptionné, la semaine dernière, six citernes, (cinq en essence et une en gasoil). Le maire chargé de l’éducation et de la santé a confirmé qu’il n’y a plus de carburant à cette date.  « D’ailleurs, pour l’approvisionnement normal de Koutiala, il nous faut 15 citernes par mois », a-t-il dit. IB/MD (AMAP)  

San : Campagne spéciale de vaccination contre la peste des petits ruminants

San, 21 oct (AMAP) La campagne spéciale de vaccination 2025-2026 contre la peste de petits ruminants et la formation des vaccinateurs sur le marquage des petits ruminants et sur le système de collecte des données à l’aide de l’outil Kbo Toul Box a démarré, lundi, à San (Centre) Cette campagne de vaccination qui va durer trois mois et dont la prévision porte sur 587 560 têtes à travers la région, a pour objectif, selon le représentant de la direction nationale des services vétérinaires, Dr Boudiala Cissoko, « de booster le taux de couverture vaccinale des petits ruminants et de freiner l’évolution de leur peste. » Outre le conseiller aux Affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de San, Seydou Bagayoko, qui a présidé la cérémonie, et le représentant de la direction nationale des services vétérinaires, le lancement a enregistré la présence des autorités administratives locales, des élus communaux, du représentant de l’Association des municipalités du Mali, Etaient aussi présents la directrice régionale des services vétérinaires de San, Mme Elisabeth Dembélé, du directeur régional des productions et des industries animales, Modibo Camara, et du représentant du Conseil régional de l’agriculture, Moctar Traoré dit Benké. Après le lancement des activités de la campagne, aujourd’hui mardi, 21 octobre 2025, sera consacré à la formation des vaccinateurs. NC/MD (AMAP)

Youwarou : Le Comité de crise fait le bilan de l’épidémie de diphtérie après les opérations de ratissage dans l’aire de santé de Kormou

Youwarou, 18 oct (AMAP) Le Comité de crise de Youwarou (Centre) a annoncé, samedi, qu’au total, 14 399 enfants de 0 à 15 ans ont été vaccinés sur les 12 774 enfants prévus soit un taux de couverture vaccinale de 112, 72 %, après les opérations de ratissage de l’épidémie de diphtérie déclarée au début d’octobre, dans l’aire de santé de Kormou de la Commune rurale de Dongo. Lors de sa réunion, dans la salle du Cercle de Youwarou, sous la présidence du représentant du préfet, Abdramane Coulibaly, le médecin-chef du Centre de santé de référence (CSRéf), Karim Zerbo, a informé les membres du comité qu’à la date du 18 octobre, 203 malades dont 15 décès ont été recensés au cours de cette campagne de riposte et de ratissage dans le District sanitaire de Youwarou. Dr Zerbo a conseillé à la population du Cercle plus de vigilance « car la maladie rôde encore dans des zones proches de Youwarou, comme le Cercle de Ténenkou. La maladie est aussi repérée à Douentza, à Niono et à San. Tous les Directeurs techniques de centres de santé (DTC) du District sanitaire de Youwarou sont en alerte. L’ONG International Rescue Committee (IRC) renforce les stratégies mobiles de vaccination de routine dans les différentes aires de santé du District sanitaire. Cette réunion a noté la présence de Alpha Mahamoudou Touré de la direction régionale de la santé (DRS) de Mopti travaillant au compte de l’UNICEF et Mohamed Sissoko de la Direction régionale du service du Développement social et de l’Economie solidaire (DRSDSES) de Mopti travaillant également au compte de l’UNICEF) dans le cadre de la supervision de la riposte contre l’épidémie de diphtérie dans la commune de Dongo. SC/MD (AMAP)  

Le ministre des Mines, en visite de travail sur les sites de la Société lithium du Mali SA de Goulamina et des mines de lithium de Bougouni (Sud)

Bougouni, 17 oct (AMAP) Le ministre des mines, le Pr Amadou Keïta, a effectué, jeudi, une visite de travail et de suivi des travaux sur les sites miniers de la société lithium du Mali SA de Goulamina (LMSA) et de la Société les mines de lithium de Bougouni (LMLB-SA), deux grandes compagnies minières de lithium du Mali dans la Région de Bougouni (Sud) Le ministre Keita, accompagné du gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Wélé et d’une forte délégation, a été accueilli par le Directeur général de LMSA, Seydou Séméga et à la Société les mines de lithium de Bougouni SA (LMLB SA Ainsi après l’inauguration de la société lithium du Mali SA de Goulamina, le dimanche 15 décembre 2024 par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita, cette visite est un suivi des engagements. Le chef du département des Mines est venu s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de la mine, de la production à l’exportation, et s’imprégner des difficultés rencontrées ainsi que les bonnes perspectives économiques pour le Mali. Des échanges, de près de trois heures, ont permis des explications, des éclairages et des éclaircissements sur les grands axes de cette mission ministérielle avec la participation des membres des délégations nationale et régionale. Les responsables techniques de la mine ont procédé à une présentation du mode de fonctionnement quantitatif et qualitatif de la mine, du produit brut au produit fini dont l’exportation a déjà démarré. Ils ont également passé en revue les mesures de sécurité individuelle et collective au sein de la mine pour amoindrir les risques d’accident de travail. La délégation ministérielle s’est, ensuite, rendue sur le site de la société LMLB SA). Ici les échanges ont porté sur les points saillants des préparatifs dans le cadre de l’inauguration de la mine, dans les tous prochains mois, par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita. Le ministre a fait le point de la feuille de route établi, avec les responsables de mine, lors de sa dernière visite de travail, le jeudi 31 juillet 2025 dernier, en présence du gouverneur de la Région de Bougouni. Le Pr Keita a instruit aux responsables de la mine « de tout mettre en œuvre afin que l’inauguration ait lieu, en respectant tous les aspects techniques et organisationnels avec une participation effective des communautés. » L’objectif de cette mission, pour son second volet sur le site des mines de lithium de Bougouni SA, a-t-il rappelé, est de profiler le calendrier de l’inauguration afin que le ministre fasse un compte rendu fidèle de la cérémonie d’inauguration au président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita. Le gouverneur de la Région de Bougouni a, aussi, rappelé aux responsables des mines de lithium de Bougouni SA (LMLB SA) que toutes les dispositions seront prises au niveau régional comme cela l’a été lors de l’inauguration de la Société Lithium Mali SA de Goulamina LMSA. Le général de Brigade Ousmane Wélé était accompagné de son conseiller aux Affaires économiques et financières, Arouna Dembelé, de son conseiller à la Sécurité, le colonel Bassirou Diarra, du préfet du Cercle de Bougouni, Hamadoun Tamboura, de plusieurs Directeurs régionaux et des Forces de défense et de sécurité. La délégation a été accueillie sur le site des mines de lithium de Bougouni SA (LMLB SA) par les responsables techniques de la mine, le maire de la Commune urbaine de Bougouni, Karim Sangaré, les responsables administratifs et politiques locaux. BHT/MD (AMAP)

Macina : Rencontre du Comité de crises et de catastrophes

Macina, 16 oct (AMAP) Le Comité de crises et de catastrophes de Macina (Centre) s’est réuni, jeudi, sous la présidence du préfet Albaraka Ag Amarizac, dans la salle de conférence du cercle, en présence des forces de défense et de sécurité, les faitières de la Société civile, les chefs de service technique et d’autres invités, a constaté l’AMAP sur place. Les participants ont discuté du risque d’inondation des villages de Touara et Konkonkourou  (à 15km à l’Est de Macina) ainsi que du quartier de Nemabougou, à Macina. Le préfet, en tant que président du Comité de crises, a informé l’assistance que Touara, Konkonkourou et Nemabougou, tous à côté du fleuve Niger, risquent une inondation en cette période de mi-octobre pendant laquelle, dans le temps, la décrue commençait. Cette montée des eaux proviendrait des lâchées d’eau des barrages de Sélingué et de Manantali. « Les eaux entourent, ainsi, le Centre de santé communautaire (CSCOM (de Touara car l’établissement est construit dans un bas-fond », a indiqué le médecin-chef. Selon lui, il n’y a pas eu d’études appropriées pour l’emplacement du centre de santé qui vit toujours la même situation, en période hivernale. Parmi les solutions retenues, le maire a fait envoyer des sacs vides à Touara pour faire une digue de sécurité. La moto pompe de la Protection civile doit être réparée et les habitants de Nemabougou ont déjà fait face aux problèmes. A la lumière des échanges, il s’est avéré qu’il y a eu plus de peur que de mal, même si la vigilance est de rigueur. Le Cercle de Macina mise sur la faisabilité des études du Projet de restauration des terres dégradées (PRTD) qui prend en charge la sécurisation des berges du fleuve Niger à Macina et Kolongotomo. Dans les divers, la crise de carburant a refait surface, en cette période de récolte mais un début de solution est en cours avec les opérateurs du carburant. La question de la suspension des salaires de certains fonctionnaires connaît, aussi, un début de solution car certains, après vérification, ont déjà perçu leur salaire sur la base de pièces justificatives. Enfin, le Comité de crises et de catastrophes en appelle à la  résilience des populations fa à ces « crises multiformes et passagères. » DG/MD (AMAP)

Macina : Le préfet discute avec les opérateurs de la crise du carburant  

Macina, 17 oct (AMAP) Le préfet de Macina, lieutenant-colonel Albaraka Ag Amarizac a rencontré, jeudi, les opérateurs stations-service à Macina les vendeurs afin d’assurer la disponibilité du carburant et de prendre les dispositions pour le ravitaillement des populations « J’ai été approché par la Société civile pour m’impliquer auprès de vous et voir ce qui est possible pour atténuer la crise de carburant », a dit le préfet à ses interlocuteurs présents dans son bureau, en présence de la Société civile et du coordinateur des Forces armées maliennes (FAMa). En réponse, les vendeurs de carburants ont tous annoncé que les réserves sont basses. Un seul a indiqué que son chef lui a recommandé « de garder un peu de carburant pour les cas d’urgence. » Tous affirment qu’ils sont en quête de carburant à Ségou, Bamako, Tombouctou ou ailleurs. Le chef de village intérimaire et le maire les a invités « à prendre des décisions utiles afin de sauver cette campagne agricole car toutes les machines fonctionnent avec du gaz-oil A l’issue des échanges un consensus a été trouvé de mettre en place un comité chargé de vérifier les réserves de carburant disponible dans chaque station. Et de rechercher les petits revendeurs qui font de la spéculation sur le prix du litre. Enfin, les dispositions pour le ravitaillement doivent prises dans les plus brefs délais et la sécurisation des camions citernes assurée par les FAMa. DG/MD (AMAP)  

Crise énergétique à Tominian (Centre)

Tominian, 17 oct (AMAP) Une crise énergétique a plongé, depuis trois jours, le Cercle de Tominian dans le noir et la soif, laissant les populations de la ville sans courant ni eau courante et affectant gravement, ainsi, le quotidien des ménages, les structures sanitaires, les établissements scolaires tout comme l’activité économique. Le Comité local de crise, sous l’impulsion du préfet intérimaire, Kalifala Coulibaly, s’est réuni, dans la salle de réunion du Cercle, en vue de faire face à cette situation. Les échanges, en présence du 1er adjoint au maire de la Commune rurale de Tominian, Esdras Keïta, des représentants de services techniques, d’Organisations de la société civile, d’ONG locales, ainsi que de la jeunesse, ont permis de faire l’état des lieux précis. Il ressort que la pénurie de carburant a entraîné, de facto, l’arrêt du système de pompage d’eau dans plusieurs quartiers. Au terme des discussions, les participants ont convenu d’adresser un rapport circonstancié aux autorités de tutelle, tout en appelant à la mobilisation des ressortissants du Cercle de Tominian, afin de contribuer à une réponse rapide et solidaire à cette crise. « La situation est difficile mais, nous ne resterons pas les bras croisés. Nous devons compter sur nos propres forces, tout en interpellant nos partenaires techniques et financiers », a souligné Kalifala Coulibaly, préfet intérimaire. Une prochaine rencontre est prévue, dans les jours à venir, afin d’évaluer les progrès réalisés et ajuster les actions en fonction de l’évolution de la situation. En attendant, les populations appellent à une intervention rapide pour rétablir l’accès à ces services sociaux de base indispensables à la vie. ST/MD (AMAP)

Tombouctou accueille avec ferveur le Premier ministre Abdoulaye Maiga

Tombouctou, 16 oct (AMAP) C’est dans une ferveur populaire que les populations de Tombouctou (Nord) et de Kabara ont accueilli le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maiga, arrivé, ce jeudi matin, pour faire démarrer certains chantiers d’intérêt public ayant une importance capitale pour la ville et toute la région, a constaté l’AMAP sur place. Le président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Tombouctou, Yéhia Tandina, a au nom des populations adressé des remerciements au président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, au Premier ministre et les membres du gouvernement qui l’accompagnent « pour ces actions qui améliorons le quotidien de la Région. » Avant de procéder à la pose de la première pierre du vestibule des autorités et légitimités traditionnelles, le chef du gouvernement a exprimé ses remerciements aux populations pour cette grande mobilisation. Selon lui, les constructions, dans toutes les régions, s’inscrivent dans la vision du gouvernement de la Transition « conformément aux orientations et instructions du président de la Transition. » « Elles visent à revaloriser le rôle et le statut des autorités et légitimités traditionnelles dans la gouvernance locale, reconnaitre le rôle éminent des autorités et légitimités traditionnelle dans le maintien de la cohésion sociale et la médiation communautaires. » Dans ce cadre, le gouvernement a engagé des actions fortes. Il s’agit de la consécration des autorités et légitimités traditionnelles traduisant la volonté nationale de leur conférer une place institutionnelle « en tant que pilier de notre identité et gardien de nos mœurs. » Cette orientation a été consolidée par l’adoption de la loi N°2024-034 du 24 décembre 2024 relative aux différentes catégories d’autorités et de légitimités traditionnelle, à leurs rôles ainsi qu’aux modalités de leurs interventions. « Cette loi marque une étape décisive dans la formalisation de leurs statuts et la reconnaissance de leurs contributions à la stabilité et la paix sociale »,. C’est après ces propos que le Premier ministre a procédé à la pose de la première du vestibule à Tombouctou. Il a, ensuite, visité le chantier de rénovation et d’extension de l’hôpital dont le coût des travaux s’élève à trois milliards six cent millions de francs CFA pour une durée d’exécution de 24 mois. L’équipement coûtera un milliard de francs CFA. Les travaux qui ont démarrés sont à 20% d’exécution. Du chantier de l’hôpital, la délégation s’est rendue à Kabara pour le lancement du Projet de mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou. Ce projet financé par le gouvernement malien et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) coûtera huit milliard de francs CFA. Il vise à améliorer la sécurité alimentaire dans la région. Pour la représentante de la BOAD, ces équipements et installations doivent être utilisés de façon efficiente pour le bonheur des exploitants. Elle a, aussi insisté sur la formation et le suivi des exploitants. Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, au nom du Premier ministre, a remercié les différentes coopératives pour la grande mobilisation qui « prouve à suffisance l’adhésion des communautés au projet salvateur. » Ce projet multisectoriel cadre parfaitement avec les orientations de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) avec un accent particulier sur la création d’emplois, la transformation structurelle de l’économie, la croissance et la promotion de la femme. Selo le ministre, à travers ce projet, il s’agit de renforcer et mettre en place une plateforme d’innovation par rapport aux filières riz, ognons, charlotte, pomme de terre bâti sur une approche multi-acteurs pour répondre aux exigences du marché. Le 1er ministre a rendu une visite de courtoisie aux notabilités. Il s’est, ensuite, rendu au camp Cheick Sidi Bekkaye de Tombouctou. Avant de rencontrer les forces vives de Tombouctou dans la salle de conférence de la Chambre régionale du commerce et d’industrie. MS/MD (AMAP)

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maiga, est arrivé à Tombouctou (Nord)

Bamako, 16 oct (AMAP) Le Premier ministre malien, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le général de Division Abdoulaye Maiga est arrivé ce jeudi matin 16 octobre 2025 à Tombouctou, dans le Nord du pays, annonce le même jour le Centre d’information du gouvernement du Mali (CIGMA). A son arrivée dans la cité des 333 Saints, le chef du Gouvernement a été accueilli par les autorités administratives et communales. Il « procédera au lancement des travaux de rénovation et d’extension de l’hôpital de Tombouctou, la pose de la première pierre du vestibule des autorités et légitimités traditionnelles, le lancement du Projet de mise valeur des plaines rizicoles de Tombouctou », indique la même source. Le général de Division Abdoulaye Maiga, accompagné par le ministre de l’Agriculture et celui de la Santé et du Développement social, « aura un cadre d’échanges avec les forces vives de Tombouctou sur la vie de la Nation et les préoccupations régionales. » MD (AMAP)

À Sougoubougou : Au rythme des travaux champêtres collectifs

Par Moussa M. DEMBELE Envoyé spécial Bamako, 15 oct (AMAP) Le trajet Bamako-Zantiguila prend plus d’une heure. Les bus, assurant la liaison entre la capitale et Ségou (Centre) ou d’autres localités dans cette partie centrale et septentrionale du Mali, ne respectent pas toujours le code de la route. Dépassements dans les virages, notamment au niveau de la forêt classée de Zantiguila, vitesse extrême… sont fréquents, Ce jeudi 21 août, ce n’est pas une odyssée matinale mais, un court voyage. En cette saison d’hivernage, la nature est splendide. La chaleur moins accablante. Le soleil plus doux quand notre équipe de reportage s’est rendue à Sougoubougou, un hameau situé du village de Korokoro, Commune de Zan Coulibaly, Cercle de Fana. Les fortes pluies enregistrées début août ont rendu les pistes difficilement praticables. À moins de 200 mètres, nous rencontrons un groupe de jeunes cultivateurs dans un champ de sorgho. Cette année, les céréales se portent bien. Le seul champ de coton visible dans les environs progresse lentement. Ils sont au total 19 gaillards engagés et motivés. L’ambiance est conviviale, empreinte de joie et d’esprit d’équipe. Depuis 6 heures du matin, ils travaillent dans le champ de Balla Coulibaly. Âgés de 16 à 29 ans, les jeunes sont dirigés par Moussa Coulibaly, le plus âgé. Ce travail collectif, transmis de génération en génération, vise à s’entraider pendant l’hivernage. La prestation coûte 10 000 Fcfa par jour.  La recette des travaux est destinée à financer les festivités du 22 septembre qui marquent aussi la fin des travaux champêtres. C’est ainsi que les ressortissants de Sougoubougou commémorent l’indépendance. La solidarité pour une célébration grandiose du 22 septembre, fête de l’indépendance du Mali ! En début d’hivernage, la liste des travaux est établie, afin de tirer au sort les bénéficiaires qui recevront le groupe dans leur exploitation, l’une après l’autre. Cette année, ce sont 14 familles, qui figurent sur la liste. Ce jeudi marque la septième intervention pour une recette (à mi-chemin) de 70 000 Fcfa. C’est le propriétaire du champ, qui offre les deux repas de la journée (petit-déjeuner et déjeuner des travailleurs). Vêtu d’un pantalon coupé au genou et d’un t-shirt marron, Moussa Coulibaly, chef du groupe,  âgé de 29 ans, explique les règles du jeu. « Depuis 6 heures, nous sommes ici. Celui qui ne respecte pas cet horaire est sanctionné. Il doit offrir des bonbons au groupe », dit-il, la daba sur l’épaule, avant d’ordonner à son équipe d’aller prendre le petit-déjeuner. M. Coulibaly ajoute qu’ils ont hérité ce travail de leurs aînés. « Aujourd’hui, c’est notre tour de respecter la tradition. Nous travaillons pour 10 000 Fcfa par jour, pour les ressortissants du village. Ceux qui sont d’ailleurs, qui nous sollicitent, doivent payer entre 40 000 et 50 000 Fcfa par jour », affirme-t-il. Le village compte deux groupes de jeunes : ceux de 16 à 30 ans, et ceux de moins de 16 ans. La nuit du 22 septembre, chaque clan célèbre à sa manière. Trois jours de festivités et de partage. Tongasse Coulibaly, membre du groupe, âgé de plus de 20 ans, explique que l’initiative vise à s’entraider pendant l’hivernage mais, aussi, à renforcer la cohésion et la paix entre les jeunes dans le village. Il précise que derrière cette idée, il y a la célébration de l’indépendance du Mali, « une date inoubliable pour tout Malien. » N’tchi Coulibaly, 25 ans, souligne l’importance de leurs interventions pendant l’hivernage. « À chaque passage chez quelqu’un, nous finissons par cultiver ses champs. Le paiement est symbolique. Ce qui compte, c’est le travail », précise-t-il. Après les travaux collectifs, c’est tout le village qui est mobilisé pour célébrer le 22 septembre. « Et le jour de la fête, c’est la joie totale dans tout le village. Dans l’avenir, nous espérons qu’une ONG pourra nous soutenir dans d’autres projets », dit-il, insistant sur l’union de leur groupe. Au départ, c’était des activités collectives organisées entre les membres du petit groupe de maisons. Une compétition entre les jeunes, était organisée dans le but de prouver leur bravoure dans les champs. Chaque génération formait un groupe. L’objectif était de développer le village et unir ses ressortissants. « Nous avons toujours voulu organiser des fêtes à la fin de nos travaux champêtres. Avant, ce n’était pas le 22 septembre mais, plutôt, la fête de nos instruments de musique traditionnels. Tout le monde se retrouvait à la place du village pour célébrer la fin de l’hivernage », a rappelé, Djamako Coulibaly, chef du hameau de Sougoubougou, âgé plus de 80 ans. Aux premiers jours de l’indépendance, le 22 septembre était célébré dans les chefs-lieux. C’était une grande rencontre culturelle pour commémorer cette date historique. Chaque village montrait son savoir-faire. « Nous fêtions le 22 septembre à Fana. C’était sur l’invitation du commandant. Chaque village apportait ses instruments de musique. Des concours de danse, de course de vélos, des matchs de football étaient organisés. C’est un rendez-vous exceptionnel entre tous les habitants du cercle », se souvient Djamako Coulibaly. Au fil du temps, la célébration a pris une autre forme. Plus de rencontre au chef-lieu d’arrondissement. Chaque localité célèbre en sa manière. Si d’autres font des cotisations, la population de Sougoubougou a opté pour des travaux champêtres collectifs. « Ce sont les jeunes qui ont eu l’idée de mettre en place cette activité collective.  À la fin des travaux, c’est la fête du 22 septembre. Et je trouve que l’initiative est bonne parce qu’elle permet de renforcer les liens sociaux », se réjouit Zan Coulibaly, 60 ans révolus. Aujourd’hui, beaucoup estiment que l’idée mérite un soutien pour sa pérennisation. Demba Coulibaly, âgé de 46 ans, constate qu’avec son époque, il y a une différence, non seulement au niveau du travail mais, aussi, dans la célébration d’hier et aujourd’hui. « L’idée de cohésion demeure toujours, sinon des jeunes d’aujourd’hui fournissent peu d’efforts dans les champs. Même pour la célébration, ils n’impliquent pas assez les personnes âgées comme nous le faisions », conclut-t-il. MMD/MD (AMAP)