Gao : Funérailles des 30 soldats tombés à Tabankort

Gao, 20 novembre (AMAP) L’oraison funèbre des 30 soldats tués, le 18 novembre 2019 à Tabankort, dans la région de Ménaka, après un accrochage entre une patrouille des Forces armées maliennes (FAMa) et des présumes terroristes, a eu lieu, mercredi, dans la cour de la Direction régionale de la protection civile de Gao, a constaté l’AMAP. C’étaient en présence du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général Dahirou Dembélé et du gouverneur de la Région de Gao, le général de brigade, Sidiki Samaké, du chef d’Etat-major de la Garde nationale, le général Ouhaoun Koné, du commandant de la zone de défense N°1 de Gao, le colonel, Seydou N. Koné. On notait aussi la présence des épouses des disparus, des parents et des proches. Le commandant du 13è régiment Mix Gao, le lieutenant colonel Abdoulkarim Keita dit Bouné, en rendant un dernier hommage « aux vaillants militaires que le terrorisme, dans sa lâcheté absurde, a fauchés, le lundi 18 novembre 2019, à Tabankort, dans la région de Ménaka, a dit : « Parmi les devoirs inhérents à ma charge, il n’en est pas plus pénible que celui qui m’incombe aujourd’hui. Les militaires maliens remplissent, jour et nuit, de nombreuses missions sur l’ensemble du territoire, en général et le théâtre des opérations, en particulier ». Le lieutenant colonel Keita a témoigné que « ces militaires, officiers, sous officiers et  militaires de rang, essentiellement, de l’Armée de terre et de la Garde nationale, ont tous servi dans les localités de Gao, Ménaka et Bourem ». « Et ils sont, tous, partis en servant la patrie jusqu’au sacrifice ultime. Pour l’honneur de votre mémoire et l’honneur du Mali, nous nous engageons à lutter contre les forces du mal. Dormez en paix. Amen ». Les victimes reposent, désormais, au cimetière de Bangoundié II. L’accrochage, qui a fait, aussi, plusieurs blessés, a eu lieu dans le cadre d’une opération bilatérale pour traquer les terroristes à la frontière Mali-Niger. C’est dans l’exécution de ces missions qu’un détachement malien a été engagé pour travailler avec le Niger, avec l’appui de partenaires comme la force Barkhane et la force du G5 Sahel, pour lutter contre les groupes terroristes qui agissent le long de la frontière commune. Désignés pour rentrer dans la composition de l’opération bipartite baptisée « Tongo-Tongo », les détachements ont été mis la disposition du PCIAT-Est par les secteurs 1 et 2. AT/MD (AMAP)

Mopti : Formation des hommes de médias sur la stratégie globale du cadre politique de gestion de la crise au centre

Mopti, 20 novembre (AMAP) Un atelier de formation des hommes de médias et des communicateurs traditionnels sur la stratégie globale du cadre politique de gestion de la crise au centre, a démarré mardi à Mopti,  sous la présidence du directeur de cabinet du gouverneur, Kantara Diawara, a constaté l’AMAP. Organisée par le secrétariat permanent du Cadre Politique de Gestion de la Crise du Centre en partenariat avec la Division des Affaires Politiques de la MINUSMA, la rencontre avait pour objectif de renforcer les capacités d’une cinquantaine d’hommes de médias venus de l’ensemble de la région de Mopti et du District de Bamako, pour une meilleure gestion de l’information en cette période de crise. Les participants vont échanger sur entre autres, les genres journalistiques, l’organisation et l’animation d’une émission publique, l’éthique et la déontologie, le traitement de l’information et la responsabilité du Journaliste en période de crise. Le représentant de l’exécutif régional, Kantara Diawara s’est réjoui que le Secrétaire Permanent du Cadre Politique de Gestion de la Crise du Centre ait pris la juste mesure de venir partager, ici même à Mopti, avec les médias de proximité, cette stratégie globale axée sur la gouvernance, la sécurité, le développement et la communication. Kantara Diawara a saisi l’occasion pour rappeler aux hommes de médias, les règles professionnelles d’éthique et de déontologie du traitement de l’information en cette période de crise que traverse notre pays, depuis 2012. Dr Moussa Touré,  expert chargé de la gouvernance au secrétariat permanent, a déclaré que sa structure a la ferme volonté d’établir un partenariat fécond et dynamique  avec le comité régional et les différents acteurs des médias et les communicateurs traditionnels. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des représentants de la Minusma, Solange Usher et de l’URTEL, Oumar Diabaté. DC/KM (AMAP)

Le gouverneur Abdoulaye Cissé, en tournée dans la Région de Mopti, rassure les populations

Mopti, 19 novembre (AMAP) Le gouverneur de la Région de Mopti, le général de brigade Abdoulaye Cissé, à la tête d’une forte délégation, a effectué, la semaine dernière, dans les Cercles de Bandiagara, Bankass et Koro, une visite de terrain dont un des objectifs essentiels était de renforcer la présence des autorités aux côtés des communautés du Centre du Mali éprouvé par les violences. Pour la circonstance, il était accompagné du président du Conseil régional, Macky Cissé, du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général de brigade Kéba Sangaré, commandant du théâtre des opérations du Centre et de nombreuses autres personnalités. Dans ces localités éprouvées par les conflits communautaires exacerbés par des actions terroristes, le gouverneur Cissé est allé à l’écoute des populations à la base, échanger avec elles sur les préoccupations locales, nationales et, surtout, passer les messages de paix et de réconciliation qui sont aujourd’hui les priorités des plus hautes autorités du pays. A Bandiagara, capitale du Nagabanou, première étape de cette visite, la délégation a rencontré les notabilités et les élus sous l’arbre à palabre du palais Aguibou Tall. Au cours de la rencontre, le coordinateur des chefs de quartiers, Ousmane Ganabé. a égrené le chapelet de difficultés avec au centre l’insécurité. Selon M. Ganabé, le problème de sécurisation de Bandiagara, qui est la porte d’entrée du pays dogon, a été posé à plusieurs reprises devant les autorités. Le maire de la Commune de Doucombo a, quant à lui, présenté la situation de sa collectivité où plus de 155 ménages dont 1031 personnes des villages de Déguembéré, Tilé Kanda et Goulo sont déplacées à Bandiagara. Selon l’élu local, l’hivernage a été pauvre en pluie et en emblavure, ajoutant que ceux qui ont pu cultiver n’arrivent pas à récolter par peur des attaques d’individus armés. Après la visite du site des déplacés hébergés dans les logements sociaux, le gouverneur a présidé la cérémonie de remise de kits scolaires aux enfants démunis de Bandiagara. La délégation a, ensuite, mis le cap sur Koro où elle s’est rendue dans le village de Bih, à la frontière avec le Burkina Faso, pour constater les dégâts causés par les terroristes sur le pont, qui ont occasionné la perturbation du trafic sur ce corridor appelé « route du poisson ». Elle a, ensuite, rencontré les autorités administratives et politiques ainsi que les forces vives de Koro. Les échanges ont été dominés par la situation sécuritaire et la destruction du pont de Bih qui asphyxie l’économie du cercle. Sur ce point, le gouverneur a assuré que toutes les dispositions seront prises pour réparer le pont, dans un bref délai, afin que le trafic reprenne sur ce troncon. Selon le général de brigade Abdoulaye Cissé, au regard de l’importance de ce corridor sur le plan économique pour la région, il n’y a pas de raison que les travaux trainent. « C’est pourquoi une section des Forces armées maliennes (FAMa) a été déployée pour sécuriser les lieux, depuis plus d’une semaine », a-t-il indiqué, sous les ovations de l’assistance. A Bankass, la délégation a mené le même exercice de l’écoute des populations. Là également, Abdoulaye Cissé, a promis que la sécurité sera renforcée à Bandiagara et que la région va faire don de 2 tonnes de mil et la même quantité en riz aux déplacés de Doucombo. Sur le plan sécuritaire, estimant que l’Etat seul ne peut pas tout régler, le gouverneur a invité les sages de Bandiagara à s’investir auprès des populations pour qu’elles acceptent l’installation de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), contestée dans la ville. Quant au général de brigade Kéba Sangaré, il a souligné que la diminution des effectifs au niveau d’une base n’est nullement un abandon des populations. Mais plutôt une tactique pour le maillage de zone dans un combat asymétrique que mène l’ennemi. « Nous sommes en offensive, il faut aller trouver l’ennemi partout où il est, cela nécessite beaucoup d’hommes à la fois. Les avions que vous voyez, tous les jours, au dessus de vos têtes, c’est l’armée qui est là », a-t-il martelé.  Il est, aussi, revenu sur la nécessaire collaboration des populations, en fournissant des informations fiables à l’Armée. Le général Kéba Sangaré indiques aux populations que les fausses alertes dérangent le dispositif d’intervention. « Sur instruction du chef d’état-major général des Armées, nous sommes présents auprès de vous et pour vous », a-t-il dit, avant d’ajouter que les FAMa continueront à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens « jusqu’à l’ultime sacrifice ». DC/MD (AMAP)

Mopti : Renforcement des capacités des femmes élues de la région

Mopti, 19 novembre (AMAP) Un atelier de renforcement des capacités des femmes élues et femmes leaders de la région a pris fin le 16 novembre dernier à Mopti, sous la présidence du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Boubacar Alpha Bah, a constaté l’AMAP. Il a été organisé par l’Association pour la Promotion de la Décentralisation et la  Gouvernance au Mali (APDGM), la Direction Générale des Collectivités Territoriales et la Décentralisation, le Royaume de Suède et la MINUSMA. Cette session de formation qui a enregistré la participation d’environ 500 acteurs du développement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du « projet Promotion de l’engagement citoyen et de la participation des femmes au développement local des femmes conseillères » La rencontre a pour entre autres objectifs, d’améliorer les connaissances des femmes sur les concepts de décentralisation et de développement local, de favoriser l’implication des femmes dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et d’accroitre leur efficacité dans la gouvernance locale. Les participants ont échangé sur le cadre législatif et règlementaire, les attributions et fonctionnement des organes délibérants et exécutifs des collectivités, la maitrise d’ouvrage du développement local, les outils de planification, les modes de gestion des infrastructures et équipements, la gouvernance locale, le contrôle de légalité et la coopération entre les collectivités. Le nombre des femmes élues à Mopti est de 441 soit plus de 10% de l’effectif des femmes élues local. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de région, le général de brigade Abdoulaye Cissé, du maire de la Commune urbaine, Issa Kanssaye, de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies, Joanna Adanson, de la présidente de l’APDGM, Mme Maïga Mariam Cissé et du Directeur des Collectivités Territoriale, Abdramane Cissé. DC/KM (AMAP)

Kayes : Grève observée par le Comité AEEM de l’Institut de formation des maîtres

Kayes, 19 novembre (AMAP)  Le comité AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) de l’Institut de Formation des Maîtres (IFM TC) de Kayes a entamé  une grève mardi pour réclamer le paiement de la bourse du mois d’octobre et leur trousseau au titre de l’année scolaire 2019-2020, a constaté l’AMAP. Les manifestants réclament également   la réhabilitation et l’équipement des  salles de classes avec des commodités (électricité, adduction d’eau), l’approvisionnement des infirmeries en médicaments et l’institution d’une permanence pendant les heures de cours. Ils réclament enfin la dotation de la salle informatique en papier, la gratuité de la photocopie et la sécurisation des personnes et de leurs biens. La coordination demande aux autorités de lui accorder 0,75% du budget alloué à l’éducation afin qu’elle puisse mener des activités dans le cadre de la vie scolaire. Elle souhaite être impliquée dans la gestion des questions scolaires. Des sources proches des organisateurs précisent que le mouvement sera poursuivi jusqu’à la satisfaction des revendications et le bureau régional de coordination de l’AEEM a indiqué qu’elle a entrepris d’autres actions pour que, selon cette structure, tous les filles et fils de la région puissent avoir une égalité de chance à l’école, indique les mêmes sources. Le Collectif des syndicats de l’IFM TC avait observé les 14 et 15 novembre 2019 une grève générale pour exiger le paiement sans délai des heures supplémentaires d’encadrement des élève-maîtres de l’année scolaire 2017-2018, tout en se disant disposé au dialogue. BMS/KM (AMAP)

Onze organisations de la société civile de la Région de Koulikoro financées par HIBUSCUS pour plus de 52 millions de Fcfa

Koulikoro, 19 novembre (AMAP) Onze organisations de la société civile de niveau 1 de la Région de Koulikoro ont signé, vendredi dernier, un protocole d’accord de subventions, pour un montant global de 52.998.040 Fcfa, du Programme harmonisation des initiatives aux bénéfices de la société civile d’utilité sociale (HIBISCUS) au Mali. « Cette cérémonie marque le début des phases opérationnelles d’appui aux OSC, à travers l’attribution des subventions pour des actions de formation, de renforcement des capacités et d’équipements en lien avec la décentralisation et le genre », a précisé le représentant du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sory Coumaré. Selon lui, c’est au terme d’un long et rigoureux processus d’analyse de 385 demandes reçues au niveau national que le Comité national de validation et de sélection a retenu les 107 meilleures propositions pour une enveloppe de 499.000.000 frs cfa. « Aussi, a-t-il souligné, 24 ONG et faitières ont été sélectionnées pour assurer les formations et accompagnements techniques individualisés de ces OSC de base bénéficiaires ». Le chargé du programme de l’Union européenne (UE), Allaye Dicko, a félicité les  OSC bénéficiaires pour la qualité des dossiers montés. « J’espère que cette qualité va se ressentir dans la mise en œuvre des actions et qu’à l’issue de la formation, qui va suivre cette cérémonie, les bénéficiaires sortiront très outillés pour une gestion efficace des subventions », a-t-il souhaité. Au nom des bénéficiaires, la présidente de l’Assistance, développement communautaire associatif (ADCOMA), Mme Maïga Donki Diabaté,  a promis qu’ils vont s’investir pour mériter la confiance placée en eux. « Aujourd’hui, plus que jamais, le rôle des OSC est capital dans le processus de consolidation du développement, de la cohésion sociale et de la démocratie au Mali », a-t-elle déclaré. Pour jouer pleinement ce rôle tant attendu, les OSC ont besoin de renforcement de leurs capacités organisationnelles et opérationnelles. C’est dans ce sens que l’Etat malien et sa partenaire l’UE, au titre du 11è Fonds européen de développement (FED), ont initié le programme HIBISCUS pour appuyer les OSC maliennes, à tous les niveaux et dans toutes les régions. En clôturant les travaux le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Sofiana Maïga, qui a présidé l’événement, après avoir « remercié l’Etat et l’UE pour cette initiative heureuse », a exhorté les OSC de la région à participer davantage aux futurs appels à projets du programme afin que la 2è région puisse bénéficier d’autres subventions. « J’exhorte, également, les OSC de base bénéficiaires de la subvention du programme HIBISCUS, au titre de l’Appel à manifestation d’intérêt (l’AMI-2) et les trois ONG et coordinations sélectionnées, pour leur formation et accompagnement, à une mise en œuvre efficace  et efficiente des actions, afin d’atteindre les résultats attendus », a-t-il dit. L’événement s’est déroulé en présence, également, ddu coordinateur et régisseur du programme HIBISCUS, Samba Tembely, du représentant du maire, des responsables de la Coordination régionale (CR) des ONG, du point focal du programme, Youssouf Fomba, et des OSC bénéficiaires. AM/MD (AMAP)

Familles déplacées à Bamako : De quoi demain sera fait ?

Reportage de Maïmouna SOW Bamako, 18 novembre (AMAP) Un formidable élan de solidarité s’était manifesté en faveur de ces personnes démunies. Mais il n’a pas tenu la distance et la précarité est de retour dans les sites d’accueil. « Non, pas par-là», « Par ici, votre moto peut passer, mais continuez à rouler en première », « Faites plutôt le grand détour, cela vaut mieux ». Conseils, instructions, mises en garde contradictoires fusent de toutes parts alors que nous tentons, désespérément, de trouver un chemin praticable pour accéder au camp de déplacés, situé derrière le marché des moutons (Garbal) de Faladié. L’exercice consiste à affronter un environnement qui vous incite à rebrousser chemin. Il faut éviter les flaques d’eau saumâtre, longer les ornières remplies d’une boue gluante, ignorer la puanteur qui imprègne les lieux et se protéger des myriades de mouches. Au bout d’un moment, nous nous résignons à l’inévitable. Qu’importe les précautions que nous prenons, nous mettons le pied là où il ne faut pas. Comment des êtres humains peuvent-ils s’accommoder d’un cadre de vie si incommode ? Lorsque nous posons la question à Sata Djibo, une dame qui a fui Koro avec toute sa famille, notre interlocutrice soupire longuement. Chaque jour, elle et les siens affrontent la faim, la soif, le manque d’espace pour dormir. « Aujourd’hui, indique-t-elle, je n’ai rien mis sur le feu. Par chance, une dame est venue nous apporter à manger. Sinon il y a des jours où nous devons nous contenter d’un seul repas. Et quel repas ! Cette situation est surtout pénible pour les enfants ». Comme pour confirmer ses dires, le bébé que Sata allaite se met à pleurer. De toute évidence, le peu qu’il a pu tirer du sein de sa mère ne lui a pas suffi. En outre, il tremble de froid dans le vieux t-shirt qui l’enveloppe. Assise à côté de lui, sa petite sœur, de quatre ans environs, essaie de le calmer, en lui caressant la tête et en lui murmurant des mots de consolation. Elle aussi, tout comme le bébé et la mère, est pauvrement habillée et doit être transpercée par le vent frais qui balaie la zone, en ce début du mois de septembre. L’orage avorté a laissé derrière lui une température exceptionnellement basse. EAUX STAGNANTES – Sata nous indique qu’ils sont huit à partager la modeste hutte devant laquelle elle est assise : son mari, leurs quatre jeunes enfants, leur fils aîné, l’épouse de ce dernier et elle-même. Une voisine, accompagnée de sa belle-fille, visiblement, enceinte, se joint à notre conversation pour raconter ses malheurs et, aussi, pour profiter de la chaleur que dégage un fourneau à moitié rempli de braises. La nouvelle venue nous indique du doigt son abris, non loin de là. Elle explique que la porte de sa « chambre » fait face à un enclos de vaches. Outre les nuisances causées par la proximité du troupeau, elle, son époux et leurs cinq enfants endurent les mêmes désagréments que la famille de Sata. C’est-à-dire les moustiques, les eaux stagnantes et les odeurs pestilentielles. « Lorsqu’il pleut, ajoute la dame, notre situation empire. Notre toit est percé et pour éviter de nous retrouver entièrement mouillés, nous passons la nuit debout », témoigne-t-elle. Pourtant, ces déplacés ne se satisfont guère de cette situation qui les oblige à dépendre de la solidarité. « Le plus dur pour moi, nous confie Sata, c’est de rester là à ne rien faire alors que j’ai des enfants à charge. Pourtant je suis valide et je suis habituée à travailler. Si je pouvais avoir un crédit de 2000 Fcfa, je pourrais me lancer dans une activité. Mais où trouver cet argent ? » Le même refus de renoncer, nous le percevons chez Awa et Djénéba, deux jeunes filles qui, dans leurs t-shirts, frissonnent sous la morsure du vent frais. Elles entretiennent, laborieusement, un feu avec les débris de branches ramassés çà et là. Sur le foyer improvisé est posée une vieille boîte de lait en poudre, grand modèle, qui sert de marmite. Le tandem, qui nous accueille cordialement, préfère éviter tout commentaire sur la situation du camp et nous renvoie à l’imam Ali Guindo que les filles désignent comme leur « représentant ». Il est vrai que ce dernier a toute légitimité pour remplir cette fonction. Installé à Faladié, depuis de nombreuses années, il essaie, tant bien que mal, d’organiser l’accueil des déplacés, depuis le début de la crise dans la Région de Mopti. Handicapé par le poids de l’âge, il a délégué à Amidou Djibo le soin de gérer la plupart des problèmes quotidiens. Lorsqu’on interroge ce dernier sur ses principales préoccupations, sa réponse est lapidaire : le camp manque de tout. Pas d’eau, pas d’électricité, pas de latrines, pas d’écoles. Mais pour Djibo, la priorité ce sont les problèmes d’eau et de nourriture. « Nos réserves en céréales sont épuisées et un bidon d’eau coûte 100 Fcfa. Il est, donc, hors de portée pour qui doit se contenter d’un repas par jour. Les vendeurs nous disent que l’accès est difficile et il faut bien qu’ils aient une compensation pour leurs efforts », détaille-t-il. FLUX ININTERROMPU– Djibo nous apprend que la situation des déplacés est moins pénible dans d’autres camps comme à Yirimadio, Sabalibougou, Ouelessébougou ou Sénou, par exemple. C’est pourquoi on y dirige les nouveaux arrivants. « Mais, souligne-t-il, la situation va évoluer dans le mauvais sens. Car chaque mardi, c’est un flot de nouveaux déplacés qui arrive en provenance, généralement, de Bankass, Koro, Bandiagara et Douentza ». Le vieux Ali Guindo s’inquiète de ce flux ininterrompu, car celui-ci est le baromètre d’une situation sécuritaire qui ne s’améliore pas. « Je préfère, toutefois, que les gens quittent les lieux en attendant que les choses se stabilisent », admet-il. Cette année, j’étais à La Mecque et le jour d’Arafat, on m’a annoncé la mort de mon fils par balle. Alors que ce jeune homme se préparait à se marier ». Quid de la solidarité dont bénéficiaient les déplacés, il y a quelques mois ? Elle ne s’est pas estompée, mais l’élan initial a perdu de son ampleur. Fort heureusement, il reste toujours des

Le Programme de développement sanitaire et social (2019-2023) de Diéma restitué aux acteurs

Diéma, 18 novembre (AMAP) Un atelier de restitution du Programme de développement sanitaire et social (PDSS) 2019-2023, et de validation de  la carte sanitaire révisée du District sanitaire, tenu mercredi dernier, à la  préfecture de Diéma, ont recommandé de respecter les normes de création des structures de santé, de superviser les centres de santé secondaires pour s’assurer de la qualité et de l’efficacité des soins offerts, a constaté l’AMAP. Au terme de leurs travaux, ils ont, également, ajoute qu’il faut créer une  aire de santé à Ballabougou dans l’aire de santé de Dioumara et sensibiliser les populations pour une adhésion effective à la nouvelle carte sanitaire. Devant plusieurs acteurs, à la cérémonie d’ouverture, le 1er adjoint au préfet Kabaou Dolo,  a souligné « l’impérieuse nécessité de la tenue de cet atelier de restitution, combien important à (ses) yeux », et qui permettra de  mieux édifier les acteurs concernés sur les grandes orientations du PDSS de la santé, du développement social, de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille dans le Cercle de Diéma. Compte tenu de la richesse et de la pertinence des thématiques évoquées, le 1er adjoint au préfet a invité les participants à suivre avec intérêt  les travaux, pour  garantir  au District sanitaire de Diéma, une couverture sanitaire et social plus adéquate. Cette carte sanitaire révisée prend en compte la création de neuf nouvelles aires de santé dans le District sanitaire de Diéma, à savoir Sagabara-Moriba, Kana, Koundougoula, Tassara,  Sobougou, Fadou, Kaniara, Bahamabougou et Sebabougou. Ce PDSS de la santé, du développement social, de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, prévoit dans les cinq années à venir, la réalisation de plusieurs activités pour l’amélioration des conditions de vie des populations du Cercle de Diéma. Ont pris part à cet atelier, le président du Conseil de cercle, les sous-préfets, les maires, les directeurs techniques des centres (DTC),  les présidents des Associations de santé communautaire (ASACO), les représentants des ONG et partenaires au développement, la Coordination des association et organisations féminines (CAFO), le Comité des femmes utilisatrices des services de santé (CFU),  les medias et le Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE). OB/MD (AMAP)

Diéma : Discussion sur les Groupes de soutien aux activités de nutrition

Diéma, 18 novembre (AMAP) Une rencontre de coordination et de concertation des activités communautaires des Groupes de soutien aux activités de nutrition (GSAN), s’est tenue, jeudi, dans la salle de conférence de la préfecture de Diéma, sous la présidence du préfet Abou Diarra, représenté par son 1er adjoint Kabaou Dolo. Initiée par le Centre de santé de référence (CSRef), avec la contribution de l’UNICEF, cette rencontre avait pour but de  renforcer le suivi des activités communautaires, à travers des rencontres périodiques, afin de contribuer à l’amélioration des indicateurs clés nutrition/santé. Les travaux ont fait le point sur les activités des GSAN par aire de santé, en termes de démonstrations culinaires, de visites à domicile, de dépistage, d’orientation et de prise en charge. Les insuffisances et les difficultés rencontrées par les GSAN dans la mise en œuvre de leurs activités ont été identifiées. A la lumière des échanges, des recommandations ont été faites pour assurer le financement continu de la supervision des GSAN, doter les  GSAN en matériels et supports de gestion, renforcer la compétence des GSAN dans le remplissage des supports lors des supervisions, assurer le suivi mensuel des GSAN, assurer la transmission régulière au niveau du CSRef des rapports mensuels, dynamiser les GSAN non fonctionnels et renforcer la recherche active des cas d’abandon de malnutrition. A la clôture des travaux, le 1er adjoint au préfet, Kabaou Dolo, a invité les maires à soutenir les GSAN qui font, désormais, partie de leurs instruments de travail pour combattre. jusque dans son dernier retranchement, la malnutrition  dans le Cercle de Diéma. Il a demandé, surtout, de faire le suivi correct des recommandations issues de cette rencontre dont dépend, selon lui, la survie des GSAN dans le Cercle de Diéma. OB/MD (AMAP)   

Diéma : Le hanneton ? Connais pas…

Reportage de Ouka Ba Diéma, 18 novembre (AMAP) Le hanneton ! Je ne connais pas. Telle pourrait être la réponsedes enfants d’aujourd’hui, dans les villes comme dans les campagnes du Mali. Le hanneton est un insecte aux couleurs parfois variées, avec des antennes courtes frangées à leur extrémité. La larve du hanneton est différente  de l’adulte et ne mange pas la même chose. Lorsqu’il est sous forme de larve, il s’attaque aux racines des plantes. Au stade adulte, il se nourrit de jeunes feuilles et de  bourgeons.  Le cycle de vie du hanneton à l’état larvaire se prolonge pendant trois ans. C’est au cours des périodes hivernales et deux mues successives que la femelle s’enfonce dans le sol pour pondre des œufs. Une fois devenu adulte, le hanneton a une durée de vie qui ne dépasse guère un mois. Depuis une vingtaine d’années, cet insecte, si  convoité par les enfants d’une autre époque, est tombé dans les oubliettes. Aucun enfant ne lui accorde encore de l’importance, à supposer qu’il sache de quoi il s’agit. Or à l’époque, les enfants les attrapaient, quotidiennement, au vol, sur les plantes, les arbres, partout où ils étaient reclus. Ces petits êtres volatiles constituaient pour les garnements de véritables trésors. Certains petits malins en tiraient profit, financièrement parlant. Ils partaient chercher  les hannetons les plus beaux, les plus merveilleux, de part leurs couleurs et leur gabarit. Ils les vendaient à leurs petits camarades. Ce qu’a fait Solo qui en a tiré des bénéfices appréciables… Il pratiquait une sorte d’embouche avec sa colonie de hannetons. Il mettait un peu de coton dans des boîtes d’allumette vides,  plaçait dans chacune, une femelle, refermait et, au bout de deux jours, elles pondaient des œufs. Solo vendait les hannetons  avec leurs œufs, et ne manquait jamais de casse-croutes pour l’école. D’autres préféraient  griller leurs moissons et les croquer, simultanément, comme des noix de kola. Devant ce récit, les enfants d’aujourd’hui feraient, certainement, un beurk !!! de dégoût. Madoua, rentré du Maouloud, en était friand. Aujourd’hui, il n’ose plus porter à la bouche  la chair du hanneton. Il explique que lui, Madoua, pouvait bouffer par jour une dizaine de hannetons grillés, trempés dans d’huile. « L’enfance est une maladie ! », s’exclame-t-il, en faisant un mouvement, de gauche à droite, de la tête. Le hanneton était utilisé également comme cerf-volant. On attachait un fil solide à une de ses pattes et on le laissait voler comme un hélicoptère. « Le spectacle était  passionnant », déclare ce sexagénaire, quelque peu nostalgique. Kantara, ce natif de Béma, se souvient du conseil que lui a prodigué son père. « Mon vieux me disait, rapporte-t-il,  le jour où tu vois deux hannetons s’accoupler, n’essaie pas de les déranger, car s’ils se  séparent par ta faute, tu seras frappé de stérilité ». Samba s’indigne. « S’il est vrai que les hannetons sont nuisibles, qu’ils contribuent  à la destruction du couvert végétal, pourquoi ne pas les traquer comme on le fait avec certains nuisibles ? », s ;’interroge-t-il. «Les hannetons ne sortent pas en grand nombre. Ils n’ont pas les mêmes comportements que les déprédateurs », renchérit le compagnon de Samba, qui semblait impatient.  Sagaïré,  le Maure, déclare que pour voir  les hannetons, actuellement, il faut dépasser de parcourir plusieurs kilomètres, après les habitations de la ville. « Ils se sont éloignés, poursuit-il, à cause  des pieds de neems, qui envahissent nos villes et villages et qu’ils détestent’, estime-t-il. OB/MD (AMAP)