Mopti : Réunion de crise entre le PM et le commandement militaire

Mopti, 23 février (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, qui a entamé samedi une mission dans la région de Mopti, a eu une réunion de crise avec  le commandement militaire, dans la Venise Malienne, a constaté l’AMAP. Le Chef du Gouvernement et la hiérarchie militaire ont fait le point de la situation militaire et sécuritaire dans la région avant d’évoquer les dispositions urgentes pour endiguer la violence et le terrorisme dans le centre du pays. Dr Boubou Cissé  a saisi l’occasion pour rappeler le message du Président de la République à savoir que  pour ce qui est du soutien de la nation toute entière aux Fama, des dispositions urgentes seront prises pour assurer la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. Le Premier Ministre est revenu sur l’adhésion et le soutien du  Chef de l’Etat à la nouvelle approche basée sur un nouveau concept opérationnel développé par la hiérarchie des Fama, à savoir « une approche bien adaptée au contexte actuel pour faire face aux menaces ». Le commandement militaire a salué cette rencontre avec le chef du gouvernement pour rapprocher la vision politique et militaire dans la gestion de cette crise multidimensionnelle. KM (AMAP)

Tombouctou : Trois militaires maliens tués dans une attaque à Bambaramaoudé, ce dimanche

Tombouctou, 23 février (AMAP) Trois militaires maliens ont été tués, plusieurs autres blessés et d’importants dégâts matériels dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés, ce dimanche, contre le poste de Bambaramaoudé, localité située à une centaine de kilomètres de la ville de Tombouctou, a appris l’AMAP de source sécuritaire. La même source précise que des hommes armés non identifiés ont attaqué dans les environs de 5 heures du matin le poste militaire de Bambaramaoudé, faisant 3 morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Les blessés ont été acheminés à l’Hôpital de Sévaré pour des sons appropriés, selon la même source qui précise que des moyens aériens ont été dépêchés  pour traquer les terroristes et sécuriser la zone. Notre source qui déclare que le poste est sous le contrôle des forces loyalistes, ne  précise pas si du côté des assaillants il y a eu des morts ou des blessés, encore moins la direction prise par les terroristes après leur forfait ou les moyens qu’ils empruntent. KM (AMAP)

Office Riz Mopti : Un budget de plus d’1,5 milliard de FCFA adopté par les administrateurs pour la campagne 2020-2021

Mopti, 22 février (AMAP) Les administrateurs de la 30ème session du Conseil d’administration de l’Office Riz Mopti (ORM), ont adopté vendredi dans la Venise Malienne, un budget de plus de 1,599 milliard F CFA pour la campagne 2020- 2021 contre 1,102 milliard F CFA en 2019 soit un taux d’accroissement de 45,05%, a appris l’AMAP de source officielle. Le directeur général de l’Office, Yaya Amadou Tessougué a déclaré que cette hausse est imputable à l’obtention du financement partiel des travaux d’aménagement de 250 hectares en maîtrise totale de l’eau par le système d’irrigation semi Californienne dans la zone de Sofara commune rurale de Fakala. Pour la campagne 2020-2021, les administrateurs ont été informés des objectifs de production à terme 184 690,6 tonnes dont 140 352 tonnes de riz paddy soit 76% des céréales ; 43 475,8 tonnes de mil/sorgho ; 702 tonnes de maïs et 159 tonnes de fonio. Lassine Dembelé, Secrétaire Général du ministère de l’Agriculture, a déclaré que pour atteindre ces objectifs, des mesures sont envisagées entre autres la recherche de financement pour la mise en œuvre du programme de travaux d’urgence, la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles, à travers le Système de riziculture intensive (SRI). Il a également souligné le placement profond de l’urée (PPU), la diffusion à grande échelle des thèmes techniques d’intensification, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de fertilisation organique et d’un plan de renouvellement des semences, le renforcement de la collaboration avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la mise en œuvre du plan de campagne agricole. La direction de l’ORM, pour renforcer la résilience des producteurs, a mis à disposition de certains casiers 11,4 tonnes de semences de riz sélectionné pour plus de 3 millions de francs CFA, des semences maraichères composées de gombo, pastèque et de concombre pour une valeur de 1 477 000 F et 2 088 plants de moringa estimé à 572 000 F aux planteurs de la zone. DC/KM (AMAP)

Le Premier Ministre est arrivé ce samedi à Mopti

Mopti, 22 février (AMAP) Le Premier Ministre,  Dr Boubou Cissé qui est arrivé ce samedi dans la Venise malienne pour une tournée de deux jours, a été accueilli à l’Aéroport Hambodédjo, par le Gouverneur de région, Général Abdoulaye Cissé, a constaté l’AMAP. Le chef du Gouvernement aura une série d’entretiens avec les autorités administratives, les élus ainsi que les communautés sur plusieurs sujets dont entre autres, la sécurité des personnes et de leurs biens, la paix, la réconciliation, la cohésion sociale, l’éducation, la santé et le développement. Dr Boubou Cissé et les membres de la délégation qui l’accompagnent rendront une visite de courtoisie aux autorités coutumières et religieuses avant de regagner Bamako dimanche. Le Premier ministre est accompagné de plusieurs personnalités parmi lesquelles le ministre de la cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale, Lassine Bouaré. KM (AMAP)

Femme et orpaillage à Kéniéba : Portaits croisés de deux amazones

Reportage d’Ahmadou CISSE   Kéniéba, 21 février (AMAP) L’une est restauratrice, mariée et mère de deux enfants; l’autre orpailleur, veuve qui vit avec ses six enfants. Leur point commun : une détermination à toute épreuve dans un monde de mâles, une volonté de réussir. Deux femmes battantes que tout oppose ! Ou presque. Aoua Sy et Saiba Sissoko sont des amazones aux origine et parcours différents. Nos deux amazones contemporaines ne sont pas des filles d’Ares, fils de Zeus et de Era. Elles n’en sont moins des battantes, d’un courage olympien, refusant de porter la robe de la fatalité de femme au foyer. La première est issue d’une famille aisée, bien connue dans le Tambaoura. Aoua Sy est d’une famille aisée. A Kéniéba, les Sy ont réussi en affaires. Ils sont dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce, l’immobilier pour ne citer que ces quelques activités. Saiba Sissoko est née griotte. Sa mère n’a vécu que de cette tradition qui consiste à assister les nobles et à faire leurs louanges, lors des cérémonies et vivre des récompenses et dons. Loin d’être oisive, elle a perpétué la tradition telle qu’elle lui a été apprise par ses parents. A priori, tout oppose Aoua Sy et Saiba Sissoko. Pour être plus fin, l’une a une peau claire et est ronde, l’autre noire et mince. La première est en couple, l’autre veuve. L’orpaillage traditionnel est, pour le commun des mortels, une activité exclusivement d’hommes. Pour se convaincre du contraire, il suffit de faire un tour dans la Région de Kayes. Chétive, cheveux courts exposés aux quatre vents, Saiba Sissoko est une femme qui ose. Le confort de la profession du statut de griotte, volant d’un mariage à un autre comme un papillon dans la prairie, ou attendant le prix de condiments d’un mari avare… Ce mode vie n’est pas le sien. Depuis sa tendre jeunesse, elle a décidé de descendre dans l’arène pour tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, du haut de ses 46 ans, cette dame s’impose dans le paysage aurifère de sa contrée. « Au temps du général Moussa Traoré, nous alternons les activités d’orpaillage avec les travaux champêtres. De nos jours, les champs sont désertés », raconte Saiba devant son immeuble. LE FLAIR DES AFFAIRES – Awa Sy, le cordon bleu de Kéniéba, a le flair des affaires. Dans sa famille, le business vient avant tout. Même l’école. Déjà en 5ème année fondamentale, la jeune fille déserta les cours primaires. Pour elle, c’est une perte de temps. Dehors, l’argent l’appelle. La tentation est si forte qu’elle n’eut pas la patience de décrocher le Certificat d’études primaires (CEP). L’avenir lui donnera t-elle raison ? Cela se saura. Dans la foulée, ses parents la donnent en mariage à un jeune prétendant. Elle avait à peine 15 ans. Son mari ne vit pas d’un bon œil les nombreux voyages de sa femme dans les pays limitrophes pour son commerce. Plutôt chanceuse. Si la restauratrice a bénéficié d’un désintéressé mais généreux coup de piston de la famille Sy, la griotte, elle, a dû avaler des couleuvres. Très pauvre, elle a perdu, très tôt, son père. Elle a vécu une enfance difficile dans une maison où elle a fini par être chassée comme un mal propre. Adulte, elle n’a pas mille solutions. Il faut se battre. D’accord pour le principe, mais avec quels moyens ? L’enfance perturbée devient la source d’énergie de la griotte qui prend la décision de chercher de l’aide. Il y a une dizaine d’années, une association a fait confiance à Saibo Sissoko en lui accordant un prêt remboursable de 10 millions. Elle a décidé de partir au Sénégal, à Karakina, pour développer ses activités d’orpaillage. Manque de chance, les Sénégalais les ont chassés sans ménagement du site. « A mon retour, j’ai décidé de voler de mes propres ailes chez moi. Je suis griotte mais je refuse de vivre au crochet des nobles. Je me suis donc engagée dans l’aventure de l’or en achetant une parcelle de 5 ha à Dabia », raconte-t-elle. Et toute sa vie changea. Sa parcelle est un don du ciel, un filon. La ruée des chercheurs d’or fera sa fortune. GORGÉE D’OR – En creusant un puits dans ma parcelle, je me suis rendu compte que la terre est gorgée d’or ». Après un long procès, la battante a consolidé sa propriété avec un titre foncier aux frais de 35 millions de Fcfa. « Je paye toutes les taxes en qualité d’exploitante minière. Elle a cherché des partenaires financiers (marchands d’or) et ensemble, nous avons pu encaisser des bénéfices. Mes chiffres d’affaires font plusieurs dizaines millions de Fcfa», explique-t-elle. Sur sa parcelle de 5 ha, la désormais patronne d’un site d’orpaillage dispose de pas moins de 13 équipes de 6 personnes. « Je suis femme. Donc, je ne peux pas résider sur place avec les orpailleurs. Avec les équipes, on a trouvé un consensus. Chaque mois, chaque équipe me verse 10 grammes d’or. Je ne cherche pas à savoir ce qu’elle gagne. Le plus important est de faire en sorte que tous les travailleurs trouvent leur compte ». « En 2016, une de mes équipes m’a fait une découverte de 7 kilogrammes d’or. Le gramme coûtait 10.000 Fcfa », raconte avec fierté l’exploitante qui précise qu’elle n’a reçu que 30 grammes sur les 7 kg d’or. La petite fortune de Saiba est profitable aux autres. Elle dit avoir réalisée trois forages au bénéfice des villages environnants. Elle a placé une partie de ses revenus dans l’immobilier. Aoua Sy, la patronne du restaurant qui fait dos à l’hôtel Falémé a pris le temps d’installer son empire, multiplie les activités. En plus du commerce, elle annexe le restaurant de l’hôtel de son grand frère. Aoua y injecta du capital et donne au restaurant « Falémé » ses lettres de noblesse. Depuis 2006, elle s’est installée en ce lieu stratégique pour vendre de la nourriture à une clientèle diverse: voyageurs affairistes, miniers, orpailleurs … « Je suis native de cette ville. J’ai abandonné l’école lorsque je passais ma 5 ème année à l’école fondamentale. Ma famille fait

Mopti : Lancement de la campagne d’information et de sensibilisation sur le DDR

Mopti, 21 février (AMAP) La cérémonie de lancement de la campagne d’information et de sensibilisation sur le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), couplée à la remise d’attestation au 1er  contingent du volet réinsertion socio-économique, a été présidée jeudi à Soufouroulaye, dans la région de Mopti, par le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, a constaté l’AMAP. Le ministre Bouaré a remercié la mission Onusienne  et le personnel d’encadrement  avant de déclarer que le camp de Soufouroulaye sera renforcé avec la réalisation de 6 nouveaux ateliers bien équipés pour accueillir les autres sessions à venir. « La commission DDR reste ouverte à toute personne qui désire intégrer le processus pour les sessions à venir jusqu’à la pacification de la région » a déclaré le président de la Commission nationale de DDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed. La remise des attestations aux 60 ex-combattants formés dans 13 corps de métiers et un concert géant ont mis fin aux activités de lancement de la campagne d’information et de sensibilisation sur le DDR à Soufouroulaye dans la commune rurale de Sio, cercle de Mopti. La première phase de ce DDR – spécial a concerné 352 ex-combattants dont 17 femmes dans la région de Mopti   et sur les 352 ex-combattants, 292 ont opté pour le choix du métier des armes, les 60 autres se sont inscrits dans la dynamique de la réinsertion socio-économique. Ils ont à cet effet reçu le renforcement de capacités nécessaire et seront doter de kits d’installation d’une valeur numérique de 900.000 F CFA par personne. En rappel, pour le processus engagé en décembre 2018, plus de 8000 détenteurs d’armes et de munitions se sont déjà fait enregistrer pour cette opération spéciale et  les jeunes ayant volontairement déposés les armes seront suivis pendant un temps d’observation et de test de trois mois. La cérémonie s’est déroulée en présence gouverneur de la région, Général Abdoulaye Cissé,  du chef d’antenne DDR de Mopti, Capitaine Alhadji Oumar Dicko, du représentant de la MINUSMA, des élus et des habitants de la Commune rurale de Sio. DC/KM (AMAP)

Kidal échange sur la paix et la cohésion sociale

Kidal, 21 Février (AMAP) La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)  à travers sa division des affaires civiles (DAC) a organisé, des ateliers  sur l’éducation à la culture de la paix et le vivre ensemble, jeudi et vendredi derniers,  à l’intention des jeunes à Aguelock et à Tessalit, dans la région de Kidal, a appris l’AMAP de source proche de la mission onusienne. Les sessions de formation avaient  pour but d’appuyer les jeunes à intégrer des valeurs, des notions, des comportements et des techniques en vue de s’approprier la culture et la démarche dans la gestion des conflits. Les participants composés d’une trentaine de jeunes, ont échangé sur entre autres, la notion de paix et de la culture de la paix,  les outils d’analyse des conflits, les techniques de médiation et de gestion des conflits. Le chargé des Affaires civiles de la MINUSMA, Seid Gna-Guélé  a déclaré que la culture de la paix devrait être de plus en plus considérée comme la pierre angulaire de la vie quotidienne de tous les individus, à la fois en termes de prévention et de réconciliation, en particulier dans le cadre du processus de paix au Mali. « Ces formations visent non seulement à aider les jeunes à maitriser les valeurs et notions relatives à la culture de la paix, mais aussi à développer avec eux des stratégies de promotion de la culture de la paix, en prenant en compte des apports des différents groupes sociaux », a-t-il conclu. KM (AMAP)

San : Le secrétaire général de l’UNTM échange avec ses militants

San, 21 février (AMAP) Le Secrétaire Général du Bureau Exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé,  accompagné de certains membres de son bureau,  est arrivé, mercredi à San, a constaté l’AMAP. Yacouba Katilé a rendu une visite de courtoisie aux autorités administratives locales et aux chefferies traditionnelles avant de  tenir une rencontre à  la préfecture avec les travailleurs locaux des cercles de San et de Tominian, sous la présidence du préfet de Cercle, Amadou Dicko. Le Secrétaire général a abordé les questions de l’augmentation de la valeur du point d’indice, de la diminution de l’impôt sur le traitement des salaires (ITS), du relèvement du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), de l’augmentation de  l’âge  de départ à la retraite, de la révision à la hausse de la grille indiciaire et de l’augmentation substantielle de plus de 100% du taux des allocations familiales. Yacouba Katilé a déclaré que ces différentes revendications étaient basées sur la convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ratifiées par notre pays pour corriger les inégalités et les discriminations entre les travailleurs d’un même pays titulaires du même diplôme et appartenant à la même catégorie. Le Camarade Katilé a enfin abordé d’autres sujets notamment, la relecture des conventions collectives minières et l’extinction du dossier de l’Usine Malienne des Produits Pharmaceutiques (UMPP). Le Secrétaire général a précisé que la convention n° 100 de 1951 de l’OIT impose l’égalité de rémunération des hommes et des femmes pour un travail de valeur égale,  une égalité entre les mains d’œuvres masculines et les mains d’œuvres féminines. «  Il a été constaté dans la fonction publique d’État la disparité entre les grilles indiciaires surtout dans la catégorieA où les travailleurs qui ont les mêmes diplômes et qui sont engagés la même année dans les mêmes services d’État et certains ont une grille salariale fixée à 920 et admis à la retraite à seulement 62 ans, et d’autres, ont une grille salariale  plafonnée à 1200 et vont à la retraite à 65 ans parce qu’ayant un statut dit particulier, avec la seule volonté de l’État et sans aucun support juridique universel. L’injustice avérée et intolérable est qu’ils sont sortis des mêmes écoles  et ont fait les mêmes filières de formation », a souligné Katilé. Les participants ont posé des questions sur  l’uniformisation des grilles salariales des travailleurs conformément à leurs catégories, les rapports  entre l’union nationale des travailleurs et la synergie des Syndicats de l’Éducation Signataires du 15 Octobre 2016 et à la situation des enseignants des écoles communautaires qui ne sont pas toujours intégrés dans la fonction publique des collectivités territoriales. La délégation du Bureau Exécutif de l’UNTM a donné des éclaircissements avant  d’inviter la Synergie et les enseignants communautaires à rejoindre la grande famille, l’UNTM. Le secrétaire général de l’union locale des travailleurs de San,  Soussoro Aly Traoré, a profité de cette rencontre pour présenter aux visiteurs du jour, le rapport moral de son organisation. NC/KM (AMAP)

Vie en zone aurifère : L’envers du décor 

Reportage : Ahmadou CISSE Bamako, 20 février (AMAP) Le soleil se lève sur la grosse bourgade de Kéniéba. Le vent frais du petit matin apporte les premières vagues de poussière de la journée. Les mines ne sont pas loin et la longue journée de travail commence bientôt. Ceux qui y sont employés savent que le retard n’est pas toléré. Comme à l’école des temps anciens, les chefs d’équipe font l’appel, avant de rappeler les objectifs de la journée. Avant le regroupement des miniers, les habitants du quartier de Lafiabougou et ceux du quartier I s’activent, après une courte nuit dans les mains de Morphée. Ils sortent un à un de leurs logements. On dirait que chaque habitant possède une moto. Les habits sont déjà couverts de poussière. Le travail est rude dans les mines. Si le salaire est attractif, il faut bien le mériter. Le temps passe vite. Il faut se hâter à avaler le petit déjeuner. Abdoul Aziz, moniteur d’engins lourds vient d’opter pour le pain à la mayonnaise, avec du café au lait. Dans le quartier, les uns cherchent de quoi réveiller l’estomac, les autres courent rejoindre leur poste de travail. Les bus et mini bus passent et repassent. Des hommes en tenue de chantier grimpent à chaque arrêt. « Mon car est arrivé, je dois y aller. Au revoir monsieur le journaliste » lâche Abdoul qui ferme derrière lui la porte coulissante du bus surmonté d’un gyrophare. Un morceau de tissus jaune flotte au bout d’une tige fixée sur le pare-choc avant du véhicule. Ce jeudi matin de janvier, il fait légèrement frais. Un vent de poussière continue à lessiver les visages. D’autres 4×4 activent les gyrophares. Avant 6 heures du matin, tous doivent être au poste. L’or n’attend pas. Les enjeux sont gros. Les sociétés minières mettent le paquet pour gagner le maximum. C’est la règle du jeu. Karamoko, lui, s’est dirigé tout droit chez un autre vendeur de café au lait. Comme tous les matins, il est au rendez-vous. Même heure, même menu. C’est son rituel. « On a pas le choix » lance le maintenancier avant de s’adresser au tenancier de la cafétéria du bord de la route. En peu de mots, il lance sa commande. Il honore quelques minutes, plus tard, sans ménagement, la miche de pain à la mayonnaise, avant de l’arroser d’un verre de café au lait bien chaud. La journée peut démarrer en toute sérénité avec un ventre en béton. Comme tous les camarades de sa génération, il possède une grosse moto de marque asiatique qu’il a achetée, quelques mois plutôt. Plus qu’un moyen de déplacement, la moto est un signe de réussite sociale et individuelle. Généralement, avec le revenu des premiers grammes d’or écoulés sur le marché noir, c’est la moto et le téléphone portable tactile qu’il faut acheter. Le reste peut bien attendre. Ceux à qui l’or a davantage souri vont jusqu’à l’Apache, une moto de tendance réputée robuste et « bling bling ». Son coût frôle le million. Le jeune homme enfourche sa bécane. Il grimpe l’engin d’un trait. Direction : la broussaille. Nous l’y avons accompagné pour comprendre les techniques d’exploitation des sites d’orpaillage traditionnel. Deux systèmes existent dans notre pays: le dragage fluvial et les puits. Le premier se pratique sur les cours d’eau et le second sur la terre ferme Karamoko est une célébrité locale étonnante. A chaque virage, son nom sonne dans la bouche d’un passant. Kara est en effet d’un commerce agréable. Philosophe, il aime répéter que la vie n’est rien. « An be gnogon bolo », cette phrase usée à l’ivresse dans le milieu juvénile est devenu son leitmotiv. La moto chinoise crache du feu. Kara la poussa à la lisière de ses capacités motrices. Derrières des buissons, se cache l’industrie locale d’extraction d’or. Les moyens sont rudimentaires certes mais leur efficacité ne souffre d’aucun doute. Rudimentaires ? C’est peut-être trop dire. En vérité, les sites orpaillage rivalisent d’ingéniosité pour aller plus vite et plus loin. Tout est pratiquement mécanisé. Ils utilisent des moteurs de type Mercedes pour remonter la boue qui sera traitée par une autre machine pour en extraire le métal jaune. COMME A LA LOTERIE – Karamoko est à la tête d’une petite équipe de jeunes prêts à tout donner pour extraire l’or des entrailles de la terre. Volontiers, il explique comment c’est fait. « Nous sommes très nombreux ici à venir d’ailleurs. Beaucoup d’entre nous sont venus depuis plus d’un mois. Il faut avoir deux éléments essentiels pour travailler: la machine de concassage et les produits chimiques. Certains possèdent des puits. Eux, ce sont les patrons. Ils font travailler des gens et ils sont payés au prorata des gains ». Interrogé sur ses gains, Kara se montre volontairement évasif. « Vous savez, dit-il, c’est Dieu qui donne. On peut gagner des centaines de grammes ou ne rien gagner du tout. C’est une question de chance ». En vérité, notre jeune orpailleur n’est pas à son coup d’essai. Depuis quelques années, il sillonne les sites sans jamais tomber sur un filon. Comme à la loterie, il creuse sans jamais pouvoir améliorer les conditions de vie de sa famille. Sa fiancée l’attend toujours dans son village. Les cérémonies du mariage n’attendent que l’or qu’il n’a pas encore trouvé. « Je continue à tout donner. C’est Dieu qui sait », confie Kara, fataliste. Sur l’utilisation des produits frappés de prohibition partielle (cyanure) ou cannabis (totale), il est également peu bavard. Pourtant, il est quasiment impossible de tirer profit de cette activité sans utiliser le cyanure pour extraire l’or de la boue et le cannabis pour motiver les jeunes à se surpasser. Le service des douanes installé sur la route, à Kita, s’est fait un nom dans la saisie de ces produits interdits. Le cannabis se transporte par paquets de 2 kg chacun. Sur le terrain, le paquet est décomposé en doses vendables à ces nouveaux accros. Quant au cyanure, les convoyeurs le met dans des sacs et bien cachés dans les soutes des bus. Selon un chimiste d’une mine croisé dans le célèbre restaurant d’un des deux hôtels

Orpaillage traditionnel : Péril sur l’environnement

Reportage : Ahmadou CISSE Kéniéba, 19 février (AMAP) A un jet de pierre de la piste d’atterrissage précaire des avions miniers qui font la navette, deux fois, toutes les semaines, il y a un gros site d’orpaillage. Ici, jeunes femmes et hommes travaillent côte à côte. Les uns concassent la pierre, les autres vendent des aliments ou tamisent la terre brute. Une centaine de puits sont alignés sur un filon découvert depuis peu. La grosse bourgade de Kéniéba est à moins d’un kilomètre, à vol d’oiseau. Les questions environnementales liées à l’exploitation de l’or ne préoccupent guère les orpailleurs. De l’or, de l’or et de l’or ! De gros tas de troncs d’arbres sont stockés çà et là. Les arbres sont coupés jusqu’à la racine pour sécuriser les parois de ces puits profonds de plus de 100 mètres pour certains. Les produits chimiques utilisés par les orpailleurs restent dans les eaux boueuses formant un marécage. «Nous payons de l’argent au service des eaux et forêts pour utiliser les troncs d’arbre et pour creuser nos puits», affirme un jeune orpailleur, se présentant comme le chef d’une équipe qui dispose d’une machine à broyer et quelques outils entretenus par un forgeron délocalisé sur le site. «Il fait de bonnes affaires ici. Les pelles, pioches et marteaux sont réparés chez lui», confie Seydou, un ressortissant guinéen. Les critiques les moins acerbes avancent que la rivière Falémé montre des signes de toxicité alarmants. C’est peu dire pour qui a déjà visité certaines zones aurifères dans notre pays. Les sites se sont multipliés à la faveur d’un laxisme dans le contrôle et la gestion des nuisances. Au fond, tous les orpailleurs le diront : les fonctionnaires de l’Etat en charge de l’application de la réglementation entretiennent un échange de bons procédés avec les chercheurs d’or, majoritairement, de pays voisins. «Quand la gendarmerie nous interpelle, nous payons et nous recommençons», chuchote un orpailleur. A la préfecture, on évoque le manque d’effectif et de moyens pour permettre aux forces de l’ordre d’arrêter les dérives aux orpailleurs. Sur le plan de la gestion de l’environnement, le préfet Idrissa Kané ne cache pas son inquiétude. Il sait que les arbres sont illégalement coupés. Il sait, aussi, que les terres sont polluées par les mines. Le chef de l’exécutif local dénonce, à demi mot, la complicité de certaines notabilités qui encouragent la coupe du bois et l’utilisation des produits dangereux pour la santé humaine. Pour l’administrateur, il est impératif que les populations comprennent que l’avenir de tous dépend de notre comportement d’aujourd’hui. Qu’elles sachent que « le fait de couvrir les activités illégales peut rendre riche mais grève l’avenir des jeunes générations ». Le préfet prend l’exemple des opérations ponctuelles de lutte contre le dragage sur les cours d’eau. «Il se trouve que les leaders communautaires, eux-mêmes, avertissent les contrevenants des missions», regrette-t-il. MANQUE DE MOYENS – Pour le capitaine Modibo Sountoura, chef de cantonnement des Eaux et Forêts, il n’y a pas de soucis majeurs. Les premiers ennemis de la forêt, de son point de vue, sont la coupe du bois, l’exploitation du charbon de chauffe et l’incendie. La chasse n’est pas très développée. « Or, poursuit-il, la coupe du bois et la vente de charbon n’intéressent personne dans cette zone où l’on roule sur l’or ». Cette structure de répression est, paradoxalement, dépourvue de moyens. Pas un seul véhicule de patrouille. Une épave de 4×4 est sur cale depuis belle lurette, après de très longues années de bons et loyaux services. Depuis, rien. Les agents des eaux et forêts ne s’alarment pas sur l’état de la faune et de la flore. « Dans la brousse, note le capitaine, on trouve encore beaucoup de singes dont une partie a été délocalisée par les mines, tout comme les phacochères, les antilopes et les hippopotames ». Dans la famille des reptiles, il cite les boas, les varans, les caïmans. Côté oiseaux, il note la présence de pintades sauvages, de perdrix, des outardes et des calaos. La plupart de ces animaux migrent entre le Mali et les pays voisins, comme le Sénégal et la Guinée. Contrairement au gardien de la forêt, le 3è adjoint au maire de la Commune de Kéniéba, Idrissa Bah, tire la sonnette d’alarme. Il explique qu’une bonne partie de la forêt est occupée par des sites d’orpaillage et qu’aucune mesure de préservation de l’environnement n’est respectée. Les arbres sont, quotidiennement, abattus pour la cuisine ou encore pour les besoins de fixation des parois des mines artisanales. «Les produits utilisés sont interdits mais les services de répression n’ont pas les moyens humains nécessaires pour faire appliquer la loi», regrette l’élu local. Du côté des mines régulières, on assure que la situation est sous contrôle. Elles ont des montagnes de déchets, stockées à ciel ouvert. Les mares artificielles d’eaux contaminées sont protégées par des barbelés. Les populations craignent que la nappe souterraine ne soit déjà contaminée. Mais à ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé le niveau de pollution des eaux. Les mines, qui font le défrichement, payent des taxes et compensent les dégâts en reboisant. Donc, rien de vraiment alarmant à ce niveau, selon le chef local des eaux et forêts. AC/MD (AMAP)