Mali : Mise au point du gouvernement sur la suspension des vols commerciaux en provenance des pays touchés par le Coronavirus
Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale qu’à l’issue de la Session extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense Nationale du mardi 17 mars 2020, il a été décidé de la suspension jusqu’à nouvel ordre de tous les vols commerciaux en provenance des pays touchés à l’exception des vols cargos, à compter du jeudi 19 mars 2020. Cette mesure a frappé des centaines de nos compatriotes qui se trouvaient déjà dans des zones internationales de transit dans différents pays à travers le monde, bloqués, sans possibilité de regagner leur pays, le Mali. Eu égard à cette situation et sur proposition du Gouvernement, le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, a instruit qu’exceptionnellement, pour des raisons humanitaires, il soit procédé à la levée temporaire de ladite suspension jusqu’à ce vendredi 20 mars 2020 à 23h 59 mn. Depuis lors, 15 avions ont pu ramener nos compatriotes dans leur pays, qui ont tous subi les contrôles sanitaires adéquats à l’Aéroport International Modibo KEITA-SENOU. Le Gouvernement rassure qu’à ce jour, notre pays n’a pas encore enregistré de cas confirmé positif. Le Gouvernement appelle au calme et rassure la population que l’application des mesures de prévention mises en place au Mali depuis le mois de janvier 2020, par l’esprit d’alerte et d’anticipation du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, se poursuivra et se renforcera davantage. Le moratoire sur l’interdiction des vols commerciaux prend fin ce vendredi à 23h59mns. Le Gouvernement rassure que rien ne sera épargné pour la Santé publique et la quiétude des maliens et maliennes où qu’ils se trouvent au Mali et ailleurs dans le monde . Bamako, le 20 mars 2020 Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement Yaya Sangaré
Conclusions de la mission d’enquête spéciale sur les graves atteintes aux droits de l’homme commises à Ogossagou le 14 février 2020
Bamako, le 18 mars 2020 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le Haut- Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) publient aujourd’hui les conclusions de la mission d’enquête spéciale sur les graves atteintes aux droits de l’homme commises le 14 février 2020 à Ogossagou (commune et cercle de Bankass, région de Mopti). Conformément à son mandat de promotion et protection des droits de l’homme ainsi que de la protection des civils, et aussitôt informée des allégations de graves atteintes aux droits de l’homme ayant eu lieu le 14 février 2020, la MINUSMA a déployé une équipe d’enquête composée de neuf chargé(e)s des droits de l’homme et de quatre experts de police scientifique, dans le but de faire la lumière sur les circonstances de l’attaque, d’identifier les auteurs ainsi que les victimes, et de situer la responsabilité des acteurs impliqués. Sur la base de la méthodologie du HCDH, les chargés des droits de l’homme ont conduit des enquêtes ex situ et in situ, respectivement à Mopti, Bamako, Ogossagou-Peul et Ogossagou-Dogon. L’équipe d’enquête a également rencontré des victimes, des témoins directs et indirects ainsi qu’un présumé auteur en détention, afin de vérifier les allégations reçues et d’établir précisément les faits et les responsabilités. Tout au long de l’enquête, les chargé(e)s des droits de l’homme se sont entretenus avec les autorités administratives, judiciaires et pénitentiaires ainsi que militaires de la région de Mopti. L’équipe d’enquête a également effectué une visite à la Brigade de Recherche de la Gendarmerie à Sévaré où elle a interviewé une personne détenue en lien avec cette attaque. Au total, 117 personnes ont été interrogées dans le cadre de cette enquête. Il sied de souligner qu’entre le 23 mars 2019 (date du premier incident dans le village d’Ogossagou) et le 13 février 2020, jour précédent l’attaque, la Division des droits de l’homme et de la protection (DDHP) de la MINUSMA a documenté au moins 46 incidents attribuables aussi bien à des éléments armés dogons que peuls, qui ont causé dans le seul cercle de Bankass, la mort d’au moins 259 personnes dont 51 enfants et cinq (5) femmes. Au terme de cette mission d’enquête, la MINUSMA est en mesure de conclure que le 14 février 2020 vers 5h du matin, plusieurs dizaines d’individus, dont certains identifiés comme des chasseurs traditionnels, appuyés par des hommes en tenue militaire et des membres présumés de la communauté dogon, ont conduit une attaque vraisemblablement planifiée et ciblant la partie du village d’Ogossagou habitée par les membres de la communauté peule. Les assaillants, munis de fusils automatiques, de fusils traditionnels de chasse et de machettes, ont exécuté au moins 35 personnes toutes membres de la communauté peule, dont une (1) femme, trois (3) garçons, et deux (2) filles, et blessé au moins trois (3) autres. A ce jour, au moins 19 personnes dont cinq (5) enfants sont toujours portées disparues depuis l’attaque. Une femme de plus de 70 ans et une fille de 6 ans en situation d’handicap mental sont décédées dans l’incendie de leur case. Une autre fille d’environ 4 ans a été tuée par balle alors que son père la portait sur son dos pour s’enfuir. Une fille de 13 ans, originaire d’un village dont les habitants s’étaient récemment installés à Ogossagou, a disparu depuis l’attaque. Les corps de 32 victimes, dont celui d’une (1) femme et de deux (2) enfants ont été enterrés dans une fosse commune au Nord du village nommé “Marabout”, les trois (3) autres corps ont été enterrés dans des tombes individuelles. Au moins 136 habitations (légères ou maçonnées) ont été détruites par incendie volontaire ou rendues inhabitables, 32 greniers et hangars de stockage de vivres incendiés ou rendus inutilisables, 24 charrettes, trois (3) bâtiments commerciaux (cuisine, rôtisserie et boutique) détruits, deux (2) enclos à bétail détruits et/ou incendiés et un nombre important de têtes de bétail volées ou tuées. Ces faits susmentionnés constituent des atteintes graves aux droits de l’homme, notamment des privations arbitraires du droit à la vie, des atteintes au droit à l’intégrité physique et morale, et des atteintes au droit à la propriété. Au regard de la loi malienne, ces actes peuvent constituer des crimes prévus et punis par le code pénal malien. Ces graves atteintes aux droits de l’homme pourraient également être qualifiées de crimes contre l’humanité, si jugées par un tribunal compétent, en vertu du droit international pénal, particulièrement l’article 7 du Statut de Rome. « Je suis très préoccupé par l’impunité dont jouissent les auteurs de ces actes similaires à ceux ayant déjà occasionné la mort d’au moins 157 personnes dans le même village en mars 2019 au cours d’une attaque planifiée, organisée et coordonnée. Il devient important de mettre un terme au cycle de violence meurtrière alimenté par l’impunité de ses auteurs », a souligné le Représentant Spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSMA, Monsieur Mahamat Saleh Annadif. Outre le déploiement d’une équipe d’enquêteurs des droits de l’homme, et conformément à son mandat de protection des civils, la MINUSMA a immédiatement déployé un détachement de Casques bleus par voie terrestre après avoir reçu l’alerte d’un risque imminent d’attaque via sa ligne verte, dans le but de prendre des mesures proactives pour protéger les civils. « Bien qu’arrivés aux alentours du village avant l’attaque, les éléments de la Force de la MINUSMA ont été détournés de leur itinéraire vers une autre localité. Ayant rebroussé chemin, les éléments de la Force ne sont arrivés sur les lieux qu’après l’attaque », a regretté le Représentant Spécial Annadif. Dans le cadre de l’appui aux autorités judiciaires, la MINUSMA a apporté un soutien logistique et technique ainsi qu’une expertise scientifique à une équipe de cinq enquêteurs de la Brigade d’Investigation Spécialisée déployée à Ogossagou, les 17 et 18 février 2020. Elle encourage le gouvernement et particulièrement les instances judiciaires nationales à user de leur devoir de diligence afin que les auteurs ne restent pas impunis. La MINUSMA se tient prête à poursuivre son assistance aux autorités maliennes compétentes dans le cadre des enquêtes en cours. Conformément
Communiqué du Gouvernement sur le test négatif au Coronavirus du Ministre de l’administration Territoriale
Le Gouvernement de la République du Mali porte à la connaissance de l’opinion publique nationale que Monsieur Boubacar Alpha Bah, Ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, a été testé négatif au Coronavirus ce dimanche 22 mars 2020. Le gouvernement confirme que le Ministre Boubacar Alpha Bah est effectivement rentré en contact avec Monsieur Simeon SAWADOGO, Ministre Burkinabé en charge de l’administration territoriale, testé positif au Coronavirus. Leur rencontre se situait dans le cadre de la concertation des ministres et gouverneurs de la zone du Liptako Gourma, le 12 mars 2020 à Bamako. Le Gouvernement rassure la population qu’il ne ménagera aucun effort pour tenir informer l’opinion publique sur toute évolution de la situation de la pandémie Coronavirus au Mali. Bamako, le 22 mars 2020 Le Gouvernement Le Ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement Yaya SANGARE
San : Deux personnes grièvement blessées et leur engin sérieusement endommagé dans un accident de la circulation
San, 23 mars (AMAP) Deux personnes ont été grièvement blessées et leur véhicule sérieusement endommagé dans un accident de la circulation samedi entre Toura et Sienso, sur la RN 13, dans le Cercle de San, a appris l’AMAP de sources concordantes. Une voiture Toyota Yaris transportant deux agents de la Subdivision de l’Urbanisme de San, quittant Sourountouna pour se rendre à San, a quitté la route dans les environs de 12 Heures, faisant un tonneau pour se renverser dans les broussailles, blessant grièvement les deux personnes à bord selon les mêmes sources qui précisent que l’engin a été sérieusement endommagé. Les deux blessés ont été acheminés au Centre de santé de référence de San où ils ont reçu la visite du Gouverneur de région, l’Inspecteur Général Biramou Sissoko, en provenance de Tominian pour une mission, déclarent les mêmes sources qui précisent que le Chef de l’exécutif régional à instruit d’évacuer à ses propres frais les agents blessés à l’Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou pour des soins appropriés. L’accident serait dû à l’inobservation des règles de la circulation routière selon nos sources qui précisent que les éléments de la brigade territoriale de la gendarmerie de San étaient sur les lieux pour établir les circonstances exactes du drame. NC/KM (AMAP)
Mopti : Fin de la session de formation des formateurs sur le processus électoral des législatives
Mopti, 22 mars (AMAP) Une session de formation des formateurs sur le processus électoral, organisée par le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, a pris fin samedi à Mopti, sous la présidence du Gouverneur de région, le Général Abdoulaye Cissé, en présence de l’équipe du superviseur national du comité de pilotage a constaté l’AMAP. Cette session qui est une des phases les plus importantes dans la préparation technique de l’élection a regroupé les membres du cabinet du gouverneur et l’ensemble des préfets et sous-préfets de la région. Il s’agissait de préparer les représentants de l’Etat au bon accomplissement de leur mission de formation et de supervision et à la mise à niveau des agents électoraux pour la gestion d’un bureau de vote et la tenue des documents électoraux. Les participants ont échangé sur entre autres, le guide de l’agent électoral élaboré sur la base des dispositions de la loi électorale, notamment le déroulement des opérations de vote, le remplissage des documents électoraux et les sanctions pénales en matière électorale. Le Chef de l’exécutif régional a déclaré que les périodes électorales constituent des moments particuliers dans la vie d’un état mais aussi dans les communautés en raison de leur impact sur la consolidation de la démocratie, la stabilité des institutions et la cohésion sociale qu’elles doivent susciter. « Cette formation permettra de relever avec professionnalisme les différents défis du moment. Le jour du vote les opérations électorales seront suivies par plusieurs acteurs nationaux et internationaux qui ne manqueront pas de porter une appréciation sur votre capacité de maitrise du processus électoral et celle des agents électoraux. Je vous engage à accorder une attention toute particulière à cette formation, à tirer le maximum de profit de l’expérience et l’expertise des formateurs pour lever toutes équivoques sur les points qui vous préoccupent » a conclu le Gouverneur de région. Le superviseur du comité de pilotage, Bayon Simpara a précisé que l’importance du rôle des représentants de l’Etat et des agents électoraux dans la conduite du processus requiert une bonne appropriation de la loi N° 2016-048 du 17 octobre 2016 portant loi électorale et des modifications intervenues en 2018. Le premier tour du scrutin des législatives est prévu pour le 29 mars et le 2éme tour s’il y a lieu le 19 avril 2020. DC/KM (AMAP)
Kadiolo: Le Commissariat met le grappin sur un escroc guinéen
Kadiolo, 21 mars (AMAP) Le Commissaire principal, Yaranga Diarra et ses éléments ont mis le grappin jeudi à Kadiolo, sur un escroc guinéen répondant au nom de Bagoun Camara, âgé de 29 ans et gérant d’une station d’essence à Kankan (Guinée), a appris l’AMAP de source officielle. Le Commissariat du 7ème arrondissement de Bamako avait été saisi par le propriétaire d’une station d’essence à Kankan pour la disparition de son gérant Bagoun Camara avec la somme de 50 millions. Le jeudi 19 mars dans les environs de 19h, le Commissaire principal Yaranga Diarra chargé du commissariat de la ville de Kadiolo a été à son tour saisi par son homologue du 7ème arrondissement dans cette même affaire. Ainsi, toutes les coordonnées et photos de la mise en cause seront alors remises au chef de poste du flux migratoire de Zégoua , le commandant Moussa Macalou qui, suite à un contrôle systématique de tous les occupants des bus de transport, a découvert l’intéressé à bord d’un car de la compagnie Tilemsi Voyage dans les environs de 23 Heures. Reconnu par sa photo, il était parvenu à dissimuler sa vraie identité en se faisant passer pour un certain Papa en prenant son ticket de voyage et interrogé par les hommes du commissaire principal Yaranga, il avoua les faits qui lui sont reprochés avant d’affirmer qu’il se rendait à Abidjan chez un grand frère . En attendant son extradition vers le 7ème arrondissement de Bamako, l’escroc qui a abusé de la confiance de son patron qui l’envoyait pour des opérations de change, médite pour l’instant sur son sort à la police de Kadiolo. NIO/KM (AMAP)
Diéma : Lancement d’un nouveau projet de l’agence espagnole Farmamundi
Diéma, 20 mars (AMAP) L’adjoint du Préfet de cercle, Kabaou Dolo a présidé mercredi à Diéma, le lancement d’un nouveau projet financé par l’agence espagnole Farmamundi pour un montant estimé à plus de 262 millions de francs cfa pour une durée de 24 mois, a constaté l’AMAP. Le projet contribue à l’éradication des discriminations et violences basées sur le genre, exercées à l’égard des populations rurales au Mali et dans le cercle de Diéma, il concerne les communes rurales de Dianguirdé, Diéoura, Fassoudébé et Guédébiné,. Les activités concernent la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures de 4 CSCOM pour l’amélioration des soins obstétriques avec une composante de développement environnemental, l’appui au rétablissement intégral des conséquences physiques et psychologiques de 150 victimes des pratiques traditionnelles néfastes et l’organisation de sessions de formation à l’intention du personnel de la santé et des ASC sur les besoins nutritionnels pendant la grossesse et l’allaitement des femmes. Il s’agira également de la création et de la formation de 22 comités communautaires de surveillance des pratiques traditionnelles néfastes et la réalisation de 44 ateliers de formation en faveur des femmes, des jeunes et des adultes pour la construction des identités et des relations de genre non violentes. Enfin, les activités portent sur la réalisation des séances de sensibilisation pour l’amélioration de la santé nutritionnelle en faveur des femmes enceintes et des mères allaitantes, la tenue des ateliers de formation relatives au processus d’émancipation des femmes et l’expression d’intérêts individuels concernant les initiatives économiques. Le représentant du Chef de l’exécutif a déclaré que le projet permettra d’améliorer davantage les conditions de vie des couches vulnérables que sont les femmes et les enfants. Kabaou Dolo a enfin invité chaque acteur à donner le meilleur de lui-même pour faire de ce projet, qui tient à cœur au Gouvernement et ses partenaires, une réussite totale dans le cercle de Diéma. La représentante de l’agence andalouse espagnole Farmamudi, Mme Sandra GUERA PUIG a précisé que projet FOCAD vise à faciliter l’accès des femmes et des jeunes filles aux services sociaux et économiques de base, notamment la santé, l’éduction, l’alimentation, la propriété foncière et de même pour l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes. La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du conseil de cercle, Seydou Camara, du maire de la commune rurale de Guédébiné, Gagny Yarra, de la coordinatrice de l’ONG IAMANEH Mali, Dolo Oumou Diombelé et du représentant du Centre de santé de référence, Dr Badian Togola. OB/KM (AMAP)
Bourem : 29 soldats tués et plusieurs blessés dans une attaque à Tarkint
Bourem, 20 mars (AMAP) Vingt neuf soldats maliens ont été tués, plusieurs autres blessés, sept véhicules incendiés et des munitions emportées, dans une attaque perpétrée jeudi, par des hommes armés non identifiés à Tarkint, localité située dans le Cercle de Bourem, région de Gao, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés sont arrivés dans les environs de 5 heures, jetant des obus sur le camp, suivis de tirs nourris d’armes lourdes, faisant 29 morts et plusieurs blessés du côté des forces loyalistes qui ont tenu jusqu’à 13 heures. Les blessés au nombre de 12, ont été évacués par les forces Barkhane au Centre de santé de référence (Csréf) de Bourem, selon les mêmes sources qui ne précisent pas s’il y a eu des morts ou des blessés du côté des terroristes mais déclarent qu’un renfort a été déployé pour sécuriser la zone, retrouver et traquer d’éventuels terroristes et leurs complices. AT/KM (AMAP)
Covid-19 : Les chefs religieux et coutumiers invités au respect des mesures préventives
Bamako, 19 mars (AMAP) Les leaders religieux maliens ont été invités, jeudi, lors d’une rencontre avec le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, au respect des consignes et à proposer, le plus tôt possible, des mesures concrètes pour protéger les fidèles dans les lieux de culte qu’il n’est pas, pour le moment, question de fermer. Lors de cette rencontre avec le Premier ministre, les représentants des faitières des organisations religieuses (musulmanes, catholiques et protestantes), ainsi que ceux des familles fondatrices de Bamako et des associations de la société civile ont été largement briefés sur les mesures prises par les autorités, mardi dernier, à l’issue de la session extraordinaire du Conseil supérieur de la défense nationale sur la pandémie du coronavirus. Les religieux se sont félicités de la décision du gouvernement, puisque toutes les confessions tiennent compte du bien-être physique, émotionnel et spirituel des individus et des sociétés. Les participants ont convenu de la mise en place d’une commission pour se pencher sur la question de la fermeture ou non des lieux de culte, afin d’éviter les regroupements de personnes. Les membres de cette commission vont réfléchir avec les experts du ministère de la Santé et des Affaires sociales pour «arriver à des conclusions qui engagent tout le monde», a confié le secrétaire général du Haut conseil islamique du Mali, Mamadou Diamoutani qui assure que les religieux n’hésiteront pas à prendre toutes les décisions qu’il faudra. Le délégué général de l’Église évangélique protestante au Mali Révérend Nouh Infa Yattara a précisé que, «pour le moment, le principe retenu est de laisser les lieux de culte ouverts, mais de les ouvrir intelligemment». « Autrement dit, a-t-il expliqué, ceux qui ne pourraient pas faire respecter la consigne de 50 fidèles, doivent demander conseils aux services techniques de la santé ». Face à cette maladie «démoniaque», le Révérend et ses condisciples entendent s’investir pour «aider les uns et les autres à changer de comportements, afin de sauver leur propre vie et celle des autres. Les leaders religieux et coutumiers, qui se sont engagés à respecter et à faire respecter les mesures préventives, ont fait des bénédictions pour que notre pays soit épargné par ce fléau. ID/MD (AMAP)
Coronavirus : il n’y aura pas de report des élections, a déclaré le Premier ministre
Bamako, 19 mars (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a annoncé, lundi, le maintien des élections législatives du 29 mars 2020,lors d’une conférence de presse exclusivement consacrée à la menace du coronavirus et aux mesures adoptées par le gouvernement pour faire face à la pandémie. Le chef du gouvernement a expliqué que par souci de survie de la nation et de continuité de l’Etat, les élections législatives sont maintenues. «Ces élections vont se tenir qu’il y ait ou pas de cas de maladie à coronavirus dans notre pays », a-t-il martelé, ajoutant que des précautions seront prises pour faire respecter les mesures de distanciation par les électeurs le jour du vote. Le chef du gouvernement était accompagné du ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, du ministre de la Communication, chargé des Relations avec les institutions, Porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré, et de celui des Transports et de la Mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly. C’est dans une salle avec les mesures de distanciation observées et sans micro baladeur que s’est tenue cette rencontre avec la presse. Le ministre Yaya Sangaré, premier à prendre la parole, a indiqué que le continent africain, relativement épargné par le coronavirus, a été contaminé par des voyageurs venus d’Asie et d’Europe. Selon lui, la progression des tests positifs indique une contagion interne dans nos pays. « Sur les 54 pays du continent, a-t-il précisé, 31 sont déjà touchés par cette maladie. Et le nombre de malades est passé de 60 à 464 cas confirmés de la semaine du 13 au 17 mars 2020 ». Pour le Premier ministre, le Mali n’est pas un pays à risque mais vulnérable du fait de la propagation de ce virus à un rythme assez alarmant «autour de nous». Dr Boubou Cissé a rappelé que les pays limitrophes du Mali, à l’exception du Niger, ont connu des cas de Covid-19. Conscient de la vulnérabilité de notre pays, le chef du gouvernement a dit que quels que soient les efforts faits, notre système de santé sera très rapidement saturé si le virus fait son apparition sur notre territoire. C’est pourquoi, Dr Boubou Cissé a indiqué que tous les efforts des autorités en cours sont axés sur la prévention. A cet effet, des cordons ont été créés à l’aéroport de Bamako et dans les autres aéroports du Mali, aux niveaux terrestre et fluvial. Ces dispositifs, selon le Premier ministre, marchent tellement bien que jusqu’à présent, tous les cas suspects ont pu être ciblés et les tests ont été faits. Cependant, il a ajouté que le travail va consister à renforcer ces cordons pour mettre le Mali à l’abri d’une introduction du virus. Au-delà de cette situation, dit-il, le gouvernement est en train de se préparer au pire, en arrêtant des dispositions pour la prise en charge d’éventuels cas. A cet effet, des dispositifs ont été mis en place à l’hôpital du Point G, à l’hôpital de Dermatologie, à l’hôpital du Mali et dans certains Centres de santé de référence. Et le même dispositif qui existe dans les capitales régionales, sera renforcé. Le chef du gouvernement a indiqué qu’à Bamako, il y a une vingtaine de lits pour la prise en charge qui va être étendue à une centaine. Néanmoins, il a beaucoup insisté sur la prévention pour éviter le pire. C’est dans ce cadre que des mesures de précaution ont été prises par le gouvernement en Conseil des ministres. Aussi, l’idée de mettre en place des brigades de vigilance et de sensibilisation a été discutée. Il s’agit de recruter quelques centaines de jeunes qui tourneront dans les marchés et gares routières pour assurer ce rôle de vigilance et de sensibilisation. SURVIE DE LA NATION –Malgré le risque, le Premier ministre a jugé que la vie de la nation doit continuer. Et cela nécessite que certaines activités puissent continuer. « Nous ne pouvons pas interdire que les marchés se tiennent mais nous allons faire en sorte que les comportements des uns et des autres correspondent aux recommandations faites par les experts et les mesures draconiennes proposées par le Conseil supérieur de la défense », a-t-il indiqué. Le Premier ministre a aussi évoqué le plan d’urgence contre le Covid-19 préparé par le ministère en charge de la Santé, et dont le montant est de 6,3 milliards Fcfa. « En plus, a-t-il annoncé, des partenaires techniques et financiers sont prêts à aider notre pays avec environ 17, 5 milliards Fcfa sous forme de prêts et de dons ». Pour sa part, le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine a indiqué que la décision de fermeture des frontières aériennes sauf pour les vols cargo a été prorogée à ce soir (vendredi) à 23H59 pour des raisons humanitaires. Il a tenu à préciser que l’aéroport ne sera pas fermé car il y aura des autorisations au coup par coup pour diverses raisons. Pour les transports terrestres, les corridors ont été pris en charge par l’installation de cordons sanitaires. S’agissant des transports terrestres de voyageurs, le ministre Ly dit avoir rencontré les syndicats pour l’application des mesures préventives dans les gares routières. Et il doit rencontrer les transporteurs urbains et interurbains pour le même exercice. Le ministre de la Santé et des Affaires sociales a, de son côté, indiqué que les temps sont très graves. «Nous sommes en face d’une des plus graves pandémies que nous avons connues», a déclaré Michel Hamala Sidibé qui a conseillé de prendre très au sérieux les mesures préconisées par le gouvernement. Pour combattre une pandémie, il dira qu’il faut le leadership, l’engagement politique à tous les niveaux, toutes choses que nous avons chez nous. Pour faire face à la menace, le ministre Sidibé a promis de mobiliser tous les soignants à la retraite, de lancer une coalition du secteur privé contre cette pandémie. DD/MD (AMAP)

