Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique

Bankass : Dix personnes tuées et des habitations incendiées à Kourkanda

Bankass, 12 mars (AMAP) Dix personnes ont été tuées et des habitations incendiées par des hommes armés non identifiés, lundi, à Kourkanda, localité située dans le Cercle de Bankass, Région de Mopti (Centre), vers la frontière avec le Burkina Faso, a appris l’AMAP mercredi de sources concordantes. Les mêmes sources déclarent que les assaillants, à motos, ont attaqué le village vers 19H 30 e, faisant 10 morts avant de mettre le feu aux  habitations et disparaître dans la nature. Nos sources ne précisent pas s’il y a des blessés, ni la direction prise par les assaillants après leur forfait, encore moins leur motivation ou encore le déploiement des forces de défense dans la zone pour retrouver les terroristes et protéger les populations. Le Centre du Mali est devenu, depuis 2015, le théâtre de  grandes violences ayant fait plusieurs victimes civiles et militaires et de nombreux dégâts matériels avec l’apparition d’un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur Amadou Koufa qui a  rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda. KM (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 11 mars 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 11 mars 2020 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et procédé à des nominations. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté : des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, signé à Bamako, le 29 octobre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali, la Banque Africaine de Développement et le Fonds Africain de Développement, relatif au Projet d’Aménagement de la route Transsaharienne (RTS-phase 2-Section Bourem-Kidal). Des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, signé à Bamako, le 29 octobre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds Africain de Développement, en vue du financement du Projet d’Aménagement de la route Transsaharienne (RTS-Phase 2-Section Bourem-Kidal). Par le premier Accord, la Banque Africaine de Développement et le Fonds Africain de Développement accordent au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 23 millions 140 mille Unités de Compte, soit 18 milliards 257 millions 112 mille 9 cents francs CFA environ. Par le second Accord, le Fonds Africain de Développement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 8 millions 460 mille Unités de Compte, soit 6 milliards 674 millions 813 mille 100 francs CFA environ. Les prêts sont destinés au financement de la construction de la route Transsaharienne au Mali. La réalisation de cette route facilitera la circulation des personnes et de leurs biens. Des projets de texte relatifs à la ratification de la Convention financière, signée à Bamako, le 27 novembre 2019, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société CASSA DEPOSITI E PRESTITI S.p.A, pour le financement de la Brigade verte pour l’emploi : « Projet d’Aménagement de 3 000 ha dans les Régions de Kayes et de Nioro du Sahel ». Dans le cadre de la réalisation de ce projet, la Société CASSA DEPOSITI E PRESTITI S.p.A met à la disposition du Gouvernement de la République du Mali, un montant maximum de 9 millions d’Euros, soit 5 milliards 903 millions 613 mille francs CFA. Le projet contribuera à la sécurité alimentaire, au renforcement de la résilience dans les zones affectées par la désertification et à la gestion durable des ressources naturelles. Il permettra également de procurer des revenus aux jeunes, aux familles démunies et aux migrants de retour. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION Sur le rapport du ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du Schéma local d’Aménagement du Territoire 2019-2038 du Cercle de Kadiolo, Région de Sikasso. La mise en œuvre du schéma approuvé permettra entre autres : de réduire les disparités géographiques et socioéconomiques entre les Communes du Cercle ; de favoriser l’émergence de zones économiques axées sur des pôles de développement agro-sylvo-pastoraux ; de promouvoir la gestion concertée de l’espace territorial du Cercle à travers la répartition équitable des infrastructures et équipements sociaux de base ; de valoriser les potentialités naturelles, socioéconomiques et culturelles existantes du Cercle ; d’améliorer le cadre de vie à travers des investissements créateurs d’emplois et de richesses. L’approbation du Schéma local d’Aménagement du territoire du Cercle de Kadiolo s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Gouvernance Locale Démocratique. AU TITRE DU MINISTERE DU DIALOGUE SOCIAL, DU TRAVAIL ET DE LA FONCTION PUBLIQUE Sur le rapport du ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le taux mensuel de l’indemnité de résidence allouée au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Education préscolaire et spéciale. L’adoption du présent projet de décret s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Procès-verbal de conciliation, signé le 18 mai 2019, entre le Gouvernement et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. L’octroi de cette indemnité s’inscrit dans le cadre de l’apaisement du climat social. AU TITRE DU MINISTERE DES DOMAINES ET DES AFFAIRES FONCIERES Sur le rapport du ministre des Domaines et des Affaires foncières, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi domaniale et foncière. La gestion domaniale et foncière au Mali connait de nombreuses difficultés dont : la multiplicité des acteurs et des titres de propriété ; l’occupation anarchique du domaine public ; l’insuffisance de la publicité lors de la procédure d’immatriculation ; les difficultés d’application de certaines décisions de justice. Le projet de loi adopté apporte un certain nombre d’innovations entre autres : la possibilité donnée au ministre chargé des Domaines d’annuler à tout moment, toute attribution faite dans le domaine public sans déclassement préalable ; la suppression de la concession rurale comme mode d’attribution des terrains du domaine privé immobilier de l’Etat ; la limitation de la cession directe aux parcelles à usage d’habitation ; la constatation des droits coutumiers conformément aux dispositions de la loi sur le foncier agricole ; l’insertion d’un titre dédié au cadastre ; la création du Guichet unique du foncier ; l’amélioration de la publicité foncière et son adaptation aux réalités socioculturelles ; le recours à l’action récursoire contre les agents fautifs ; la primauté accordée à la première immatriculation régulière en cas de double immatriculation d’un même immeuble ; la reconnaissance de la validité des titres précaires donnés par l’Administration avant l’adoption de la présente loi, ce, jusqu’à leur transformation en titre foncier ; la fixation d’un délai de dix (10) ans pour la transformation des titres provisoires en titres fonciers en milieu urbain.

Les gouverneurs des régions frontalières du Liptako-Gourma discutent stabilisation de l’espace commun

Bamako, 11 mars (AMAP)  La deuxième rencontre des gouverneurs des régions de la zone des trois frontières (Mali- Burkina- Niger) se tient, du 10 au 12 mars, à Bamako, sous le thème de  «La stabilisation de la Région du Liptako-Gourma»m avec comme objectif de formaliser ce cadre de concertation. La rencontre est organisée par le secrétariat exécutif de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG), avec le soutien du Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) et le Groupe danois de déminage (DDG). La cérémonie d’ouverture des travaux a présidée hier par le chef de cabinet du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Haminy Belco Maiga, en présence du secrétaire exécutif par intérim de l’ALG, Oua Seydou. Dans son allocution, celui-ci a indiqué que grâce au partenariat entre l’ALG et le système des Nations unies, ainsi que d’autres partenaires, plusieurs opportunités s’offrent désormais à son institution, pour une meilleure implication des autorités administratives frontalières et des élus locaux. Ce, a poursuivi Oua Seydou, « pour faire face aux menaces transnationales multiformes, aux défis humanitaires et ceux liés au développement qui se posent avec acuité dans l’espace du Liptako-Gourma, encore appelé la zone des trois frontières ». Dans son discours d’ouverture, le chef de cabinet du ministre en charge de l’Administration territoriale, Haminy Belco Maiga, a souligné que de multiples initiatives de stabilisation sont en cours dans chacun des États membres de l’espace ALG. « Malgré tout, a-t-il-tempéré, les solutions aux problèmes de cette zone doivent être aussi trouvées dans une dynamique de coopération transfrontalière à tous les niveaux où cela est possible ». «D’où l’attention toute particulière que les autorités politiques des trois États membres de notre organisation sous régionale accordent à votre initiative de créer un cadre de concertation transfrontalier formel et pérenne», a déclaré le chef de cabinet. Le représentant du PNUD, Jo Scheuer, a souligné que selon les chiffres officiels, en 2019, environ 90% des fatalités au Mali ont eu lieu dans les régions du Liptako-Gourma (Mopti, Gao, Tombouctou et Ménaka). D’autres chiffres aussi alarmants, publiés en janvier dernier, a ajouté M. Scheuer, indiquent « que plus de 1.200 écoles sont fermées au Mali dont la grande partie se trouve dans la Région de Mopti ». Et le diplomate onusien de rappeler que la détérioration de la situation dans cette zone a fait l’objet de discussions au niveau des chefs d’États à Pau, en France. Au nom du Conseil danois pour les réfugiés, Malek Akchour, a salué l’initiative de cet espace qui constitue, selon lui, un outil formidable pour l’accompagnement des dynamiques transfrontalières en matière de sécurité et de développement. Mercredi s’ouvre, à Bamako, la réunion des ministres en charge de l’Administration territoriale des pays membres de l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako- Gourma. AT/MD (AMAP)

Yorosso : Réunion du cadre de concertation sur les préparatifs des législatives

Yorosso, 11 mars (AMAP) Le préfet de cercle, Agaly Ag Inamoud Yattara a présidé mardi à Yorosso, la réunion du cadre de concertation entre l’administration et les acteurs politiques sur les préparatifs des élections législatives dont le 1er tour est prévue le 29 mars, a constaté l’AMAP. C’était en présence des sous préfets de Yorosso, Koury, Mahou et Boura , du président de la Commission Electorale Locale, Yaya Goïta,  des maires, des responsables des partis politiques et des représentants de la société civile. L’objectif de la rencontre était de mettre tous les acteurs au même niveau d’information au début du processus afin de réussir des élections crédibles transparentes et acceptées de tous. Les échanges ont porté sur entre autres,  le chronogramme des élections, la création et la composition de la commission de centralisation des résultats, la désignation de deux assesseurs par bureau de vote  dont un de la majorité parlementaire et un  de l’opposition,  les imprimés pour le parrainage des candidats. Pour ces législatives du 29 mars 2020, le cercle de Yorosso compte 99 287  électeurs qui voteront dans 256 bureaux. AYG/KM (AMAP)

Banamba : Démarrage du retrait des cartes d’électeur dans le Cercle

Banamba, 11 mars (AMAP) Les opérations de retrait des cartes d’électeur ont démarré dans les neuf communes rurales du Cercle de Banamba, avec une affluence de la population dans certaines localités, a constaté le préfet Sékou Touré. M. Touré, qui s’est rendu à la mairie de la Commune rurale de Banamba, en compagnie du sous-préfet central, Yassi Diaby, était venu s’enquérir des conditions du déroulement des opérations auprès de la commission mise en place à cet effet. Après s’être rassuré sur la bonne tenue des opérations, le préfet a retiré sa carte d’électeur. Au premier jour, sur un total 91.424 cartes d’électeur, 6961 ont été retirées. Il reste 84.463 soit 7.61%. Selon la commission distribution, le retrait des cartes est individuel. Ce qui pose problème pour certaines personnes dont la mobilité est difficile. AT/MD (AMAP)

La ville de Koro accueille de nombreux déplacés du Cercle de Bankass

Koro, 11 mars (AMAP) Depuis presqu’une semaine, de nombreuses populations déplacées du Cercle de Bankass arrivent dans le cercle de Koro (Centre), a constaté l’AMAP sur place. Après la deuxième attaque d’Ogossagou, dans le Cercle de Bankass, les violences contre les villages se sont intensifiées dans le cercle, obligeant les populations à fuir vers Koro. Les populations originaires du cercle de Koro, installées depuis fort longtemps dans le Cercle de Bankass, sont en train de rejoindre en masse Koro. Elles  viennent grossir le rang des déplacés dans la ville et dans les villages environnants.  En véhicules, charrettes ou en tricycles, ces populations déplacées arrivent dans des conditions très pénibles et manquent de tout. Elles sont recensées par le service du développement social et de l’économie solidaire qui leur apporte un soutien multiforme pour leur permettre de s’installer. A.G, père de famille, nous dit qu’il a quitté son village de Wéla, dans l’arrondissement de Baye, Cercle de Bankass, à environ soixante kilomètres de Koro, avec ses quatre enfants et sa femme sans rien pu emporter. « Des hommes  armés sont venus et ont ouvert le feu sur le village, sans défense. Chacun a cherché à sauver sa vie et celle des siens. J’ai pu sortir avec ma famille. Nous avons parcouru plus de 15 kilomètres à pied, avant d’emprunter des tricycles pour rejoindre Koro. Les assaillants ont brulé tout le village et emporté le bétail. J’ai appris que sept personnes ont été tuées », raconte-t-il. A.G est originaire de la commune de Madougou, dans le cercle de Koro et précisément du village de Naye Dogon, mais il ne connaît pas grand-chose de son village d’origine. Toute sa vie, il a vécu à Wéla. Avec l’attaque de son village, c’est la vie de sa famille qui a basculé. Comme lui, de nombreuses populations déplacées dans le Cercle de Koro ne savent plus où aller. MD (AMAP)

Mopti : L’administration reste engagée et déterminée à tout mettre en œuvre pour la réussite de tout le processus électoral (Gouverneur de région)

Mopti, 10 mars (AMAP) Le Gouverneur de région, le Général Abdoulaye Cissé a déclaré lundi à Mopti que l’administration reste engagée et déterminée à tout mettre en œuvre pour le bon déroulement et la réussite de tout le processus électoral de 2020, a appris l’AMAP de source officielle. Le chef de l’exécutif régional a, au cours de la visite du ministre de la Sécurité, précisé que la convocation du collège électoral est intervenue dans un contexte sécuritaire marqué dans la région par une insécurité plus grandissante alimenté par  la présence des groupes armés terroristes et la tension intercommunautaire entretenue par ces groupes,. Selon le Gouverneur,  cette insécurité se manifeste par des attaques des postes de sécurité militaires, des villages et des hameaux, la pose d’engins explosifs improvisés, les restrictions des libertés publiques et individuelles notamment la liberté de circulation et la destruction d’infrastructures sociales de base. « Cette situation a gagné d’intensité après le retrait des postes de sécurité militaires de certaines localités stratégiques comme Dioungani, Diankabou, Yoro, Dialloubé, Sendégué, Ouo, Toguéré-Coumbé, Baye, Diallassagou et Sokoura » selon le Gouverneur qui a déclaré que tous ces faits constituent des défis à relever pour un bon déroulement et la réussite des élections. DC/KM (AMAP)

Mopti : Le ministre de la Sécurité échange avec les différents acteurs sur la sécurisation des législatives

Mopti, 10 mars (AMAP) Le ministre de la Sécurité et de Protection civile, le Général Salif Traoré, en mission en 5ème région,  a échangé lundi à Mopti, avec l’administration, les acteurs politiques, les forces de sécurité et la MINUSMA sur la sécurisation des élections législatives dont le 1er tour est prévue pour le 29 mars prochain, a constaté l’AMAP. Les échanges ont porté sur entre autres, la sécurisation du processus électoral notamment les lieux et les environnants des bureaux de vote, la protection des personnes et la sécurisation des mouvements des candidats et des électeurs distants de leur centre de vote au regard des menaces de représailles déjà proférées par les terroristes. « Nous sommes là aujourd’hui pour vous rassurer davantage que l’Etat et les partenaires mettront tout en œuvre pour assurer la sécurité des populations avant, pendant et après les élections. Notre souci est qu’il y ait la paix et l’accalmie dans le centre du pays » a-t-il déclaré. Le ministre a enfin précisé  que l’objectif stratégique politique à court terme est l’élection et à long terme maintenir et renforcer les acquis du déploiement des forces qui se fera avec bonne intelligence avant d’inviter la société civile, les acteurs politiques à s’engager dans la dynamique de la complémentarité pour faire vivre la démocratie en renforçant la résilience. La région de Mopti compte 3.272 bureaux de vote pour 1.033.198 électeurs et sur les 78 déclarations de candidatures, 75 listes ont été validées par la Cour constitutionnelle. Le ministre était accompagné des membres de son cabinet, des directeurs généraux de la Police, de la Gendarmerie, de la Garde Nationale et de la Protection civile. DC/KM (AMAP)

Tombouctou: Deux gardes chargés de la sécurisation de la BMS tués par des hommes armés

Tombouctou, 9 mars (AMAP) Deux gardes chargés de la sécurisation de la Banque Malienne de Solidarité (BMS) ont été tués dimanche par des hommes armés non identifiés, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Nos sources précisent que trois hommes armés non identifiés, arrivés dans les environs de 19H30, à bord d’une Toyota bâchée de couleur blanche, ont tiré sur les gardes chargés de la sécurisation de banque, faisant 3 morts avant d’emporter leurs motos. Les forces de défense et la protection civile qui ont entendu des coups de feu, se sont immédiatement rendues sur les lieux sans retrouver d’éventuels assaillants ou leurs complices selon nos sources qui précisent que des individus ont été interpellés dans le secteur Nord –est de la ville, la nuit du crime. Les obsèques des deux gardes se sont déroulées ce lundi à Tombouctou en présence du  gouverneur  de région, Koïna Ag Ahmadou, du commandant de zone, des responsables  de la légion de la gendarmerie,  de la garde, de la police, de la protection civile, de la maison d’arrêt, des banques et des représentants de la société civile, déclarent nos sources qui précisent que tous les établissement financiers de la ville sont restés fermés aujourd’hui. MS/KM (AMAP)