Gouvernement : Missions, attributions et organisation

Par Massa SIDIBE Bamako, 29 sept (AMAP) Classé au rang de deuxième institution de la République, dans la Constitution du 25 février 1992, le gouvernement est dirigé par un Premier ministre soutenu par un cabinet. La nomination dimanche de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, comme Premier ministre de la Transition vient donner un visage complet à l’exécutif devant conduire les destinées du Mali, pendant les 18 prochains mois. Aussi, la Charte de la transition énonce-t-elle que le gouvernement que dirigera ce diplomate chevronné sera constitué de 25 membres au plus. Les membres de ce gouvernement ne sont pas éligibles aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées à la fin de la Transition. Les six axes retenus dans la feuille de route de la transition à l’issue des travaux de la concertation nationale de septembre donnent une idée claire de ce qui est attendu de l’équipe gouvernementale qui s’installe. De fait, l’essentiel des attentes des Maliens se résume au rétablissement et au renforcement de la défense et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, à la promotion de la bonne gouvernance, à la refondation du système éducatif. Sans oublier les réformes politiques et institutionnelles, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et l’organisation des élections générales. Avant que ne soit dévoilée la liste du nouvel attelage, les lignes ci-dessous détaillent les attributions du gouvernement, telles que prévues par la Constitution du 25 février 1992. Selon cette Constitution, le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et dispose de l’administration et de la Force armée. L’article 54 de la Constitution énonce que le gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 78 et 79. LE PREMIER MINISTRE Le Premier ministre est le chef du gouvernement, à ce titre, il dirige et coordonne l’action gouvernementale. Il assure l’exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l’article 46, il exerce le pouvoir réglementaire. Il est responsable de l’exécution de la politique de défense nationale. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres. Le Premier ministre supplée, le cas échéant, le président de la République à la présidence du Conseil et du Comité prévu à l’article 44 de la Constitution. Aussi, il le supplée pour la présidence du Conseil des ministres, en vertu d’une délégation expresse et pour un ordre du jour déterminé. Les actes du Premier ministre sont contresignés, le cas échéant, par les ministres chargés de leur exécution. Avant d’entrer en fonction, le Premier ministre et les ministres doivent remettre au président de la Cour suprême la déclaration écrite de leurs biens. Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle. Précision de taille : l’article 58 de la Constitution dispose que les fonctions de membres du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à l’échelle nationale ou locale, de tout emploi public ou de toute activité professionnelle et lucrative. Une loi organique fixe les conditions dans lesquelles il est pourvu au remplacement des titulaires de tel mandat, fonctions ou emplois. Le remplacement des membres du Parlement appelés au gouvernement a lieu conformément aux dispositions de l’article 63. LE CABINET DU PREMIER MINISTRE Le décret n° 2020-0102/PM-RM du 20 février 2020 fixant l’organisation du cabinet du Premier ministre apporte davantage de précisions. Selon ce texte, le cabinet du Premier ministre comprend le directeur de cabinet, le directeur de cabinet adjoint, le chef de cabinet, le chef de cabinet adjoint, des conseillers techniques, des chargés de mission, des chargés du protocole. Il y a aussi l’aide de camp du Premier ministre, le secrétaire particulier du Premier ministre, le chargé du parc automobile, le médecin personnel du Premier ministre, des attachés de cabinet, l’intendant. En outre, le cabinet comprend le bureau opérationnel de suivi ainsi que le service du courrier et de la documentation. Le cabinet est chargé d’assister le Premier ministre dans l’exercice de ses fonctions de direction et de coordination de l’action gouvernementale, d’exécution des lois et d’exécution de la politique de défense nationale. à ce titre, il est chargé de suivre les relations du Premier ministre avec les institutions de la République et les autorités indépendantes ; de suivre l’exécution des instructions du président de la République et du Premier ministre par les membres du gouvernement ; de suivre la mise en œuvre de la Déclaration de politique générale du Premier ministre par les membres du gouvernement. Le cabinet doit aussi préparer les arbitrages et décisions du Premier ministre et suivre les relations du Premier ministre avec la classe politique, la société civile, les confessions religieuses et les partenaires… Il est mis à la disposition du Premier ministre tous autres services nécessaires à l’exercice de ses fonctions. Il peut également, en cas de besoin, créer par décret des services propres. LE DIRECTEUR DE CABINET La coordination, le contrôle et le suivi des activités du cabinet et des services du Premier ministre sont assurés par le directeur de cabinet, sauf disposition légale contraire. Les membres du cabinet sont nommés par décret du Premier ministre. Ce n’est pas tout : le décret sus mentionné précise que sous l’autorité du Premier ministre, le directeur de cabinet est notamment chargé d’assurer le suivi de la gestion administrative et financière des services du Premier ministre ; d’assurer le suivi des activités des services du Premier ministre ; d’élaborer le programme et le rapport annuel d’activités du cabinet. Le directeur de cabinet a rang, prérogatives et avantages de ministre. Il est choisi parmi les fonctionnaires civils de la catégorie A, les magistrats et les officiers généraux des Forces armées et de sécurité dans les grades les plus élevés ou ayant au moins dix années de service dans leurs corps respectifs. Le directeur de cabinet adjoint assiste le directeur de cabinet dans l’exercice de ses attributions et le remplace en cas d’absence ou d’empêchement. Il est choisi parmi les fonctionnaires de la catégorie A, les magistrats et les officiers supérieurs des Forces armées et de sécurité dans les

Mali : Le président de la Transition reçoit le Premier ministre pour échanger sur les dossiers prioritaires

Bamako, 28 sept (AMAP) Le nouveau Premier ministre, Moctar Ouane, a été reçu, lundi, en audience à la Villa des Hôtes, par le President de la Transition, bah N’Daw, qui avait à ses côtés le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Cette première rencontre entre les trois personnalités, depuis la désignation et l’installation des autorités de la Transition, est une prise de contact pour échanger sur les actions prioritaires de la transition. A sa sortie d’audience, le nouveau chef de l’Exécutif a expliqué que l’entrevue a consisté en un échange général d’informations en vue d’une prise en charge efficiente des questions prioritaires, de manière à avancer très vite dans la Transition. Parlant des priorités, Moctar Ouane a fait allusion à celles consignées dans la feuille de route de la Transition. D’abord, il s’agit, pour lui, de faire face à l’impératif sécuritaire, avec comme finalité, la restauration de la paix et de la sécurité au Mali. Le nouveau Premier ministre devra, aussi, s’atteler à traduire en actes concrets les réformes auxquelles aspirent les Maliennes et les Maliens. Lors des échanges, les deux personnalités ont essayé de «voir dans quelle mesure, ces réformes peuvent être engagées le plus rapidement possible mais, aussi, le plus efficacement possible. « Il s’agit des réformes institutionnelles portant sur la Constitution, le Code électoral et sur l’organisation des élections», a détaillé le locataire de la Primature qui ne perd pas de vue l’impératif social. « Une question qui «touche à fond les Maliennes et les Maliens», a-t-il souligné. Moctar Ouane va proposer, dans les prochains jours, une équipe gouvernementale au président de la Transition, le colonel-major à la retraite Bah N’Daw. « Dès que les ministres seront nommés, a-t-il estimé, la déclinaison de la feuille de route ira assez vite ». ID/MD (AMAP)  

Le président Bah N’Daw rend visite à Dioncounda Traoré

Bamako, 28 Sept (AMAP) Le président de la transition, Bah N’Daw a rendu, lundi, en fin de matinée, une visite de courtoisie au Pr Dioncounda Traoré qui, aussi, a dirigé la transition entre 2012 et 2013, après le coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré. Cette visite de Bah N’Daw est sa première sortie officielle en tant que chef de l’Etat depuis son investiture, vendredi dernier. Le président de la Transition s’est rendu dans les bureaux de Dioncounda Traoré, à Hamdallaye ACI 2000. Rien n’a filtré de cette rencontre car aucune des deux hautes personnalités n’a voulu s’exprimer. Au moment du coup d’Etat du 22 mars 2012 contre le président Amadou Toumani Touré, le Pr Dionconda Traoré dirigeait l’Assemblée nationale. Il avait été investi président par intérim au terme d’un accord négocié entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) dirigé par le capitaine Amadou Aya Sanogo. Dioncounda Traoré était arrivé aux affaires à un moment où les 2/3 du territoire national étaient occupés par les terroristes et leurs alliés sécessionnistes. Lui et son gouvernement, dirigé par le Premier ministre Django Sissoko, ont réussi à organiser les élections de 2013 jugées crédibles. Le président N’Daw prend lui aussi les rênes de l’Etat à un moment où les défis sont énormes sur tous les plans. La finalité de cette transition est le retour à une situation normale avec l’élection d’un président de la République. Dans son discours d’investiture vendredi dernier, il a indiqué que ses priorités ont été validées et consignées dans la Charte de la Transition qui constitue son bréviaire. Les missions de la Transition sont le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, la promotion de la bonne gouvernance, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale, le lancement du chantier des réformes politiques et institutionnelles et l’organisation des élections générales. DD/MD (AMAP)    

Prise de contact du Premier ministre Moctar Ouane avec le cabinet et les services rattachés

Bamako, 28 sept (AMAP) Le Premier ministre de la Transition, Moctar Ouane, a reçu ses collaborateur, lundi, pour sa première journée de travail, moins de 24 h après sa nomination, indique une source officielle. Selon un texte de la Cellule de communication et relations publiques de la Primature (CCRP), “le tout nouveau Premier ministre a salué la grande qualité, la diversité ainsi que les compétences des hommes et des femmes qui, au quotidien, accompagnent le Premier ministre”. Ouane a dit compter sur “l’engagement franc et total” de ses collaborateurs à ses côtés “pour mener à bien la lourde tâche de redresser le pays, en synergie avec tous les autres segments de l’Etat et en conformité avec les règles et les principes qui prevalent”. Il s’est dit heureux de l’accueil chaleureux et convivial qui lui a été réservé. Et a souhaité consolider l’état d’esprit qu’il a trouvé sur place, “fondé sur l’esprit de famille, la solidarité et le don de soi”. Détermination et conviction ont été les maîtres-mots qui sont constamment revenus dans le propos du Premier ministre. “Deux attitudes indispensables pour réussir une mission qui ne sera pas de tout repos”, selon lui. Après un tour de table de presentation des participants à cette séance de prise de contact, la cérémonie s’est achevée sur une note d’espoir et une prière collective pour la paix et la stabilité au Mali. MD (AMAP)    

Mali: Le Bureau du vérificateur général découvre près de 900 millions de FCFA d’irrégularités financières à l’Ageroute

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 28 Sept (AMAP) Le Bureau du vérificateur général (BVG) a décelé des irrégularités financières d’un montant total de 895.512.029 Fcfa dans l’exécution des Fonds d’entretien routier par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute). L’audit mené, à cet effet, a concerné les dépenses de fonctionnement et d’entretien routier financé sur budget national au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er octobre). En effet, l’Ageroute a, durant cette période, signé avec la direction nationale des routes, sur le Fonds d’entretien routier, 16 conventions de maîtrise d’ouvrage déléguée et trois avenants pour un montant total de 93.451.594.614 Fcfa. Les ressources destinées à l’entretien routier sont mises à sa disposition par l’Autorité routière. Les travaux d’entretien routier exécutés par délégation de maîtrise d’ouvrage à l’Ageroute ne sont possibles qu’à travers des conventions signées avec le maître d’ouvrage, le ministre chargé des routes. Au regard de l’importance des sommes mises à disposition, le BVG a, conformément à sa mission, initié une mission pour s’assurer de la bonne utilisation des dépenses exécutées sur le Fonds d’entretien routier par l’Ageroute. Au terme de ces travaux d’audit, les vérificateurs ont décelé des irrégularités financières s’élevant à 895.512.029 Fcfa. Les faits détaillés ont été dénoncés et transmis par le Vérificateur général au président de la section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III chargé du pôle économique et financier. Ils se rapportent à la passation irrégulière de marchés pour un montant de 868.108.970 Fcfa et au paiement d’avantages indus au délégué du contrôle financier pour une somme de 16.300.000 Fcfa. Les anomalies financières constatées ont, également, trait à un contrat de marché irrégulièrement enregistré de 1.948.750 Fcfa et au non reversement au profit de l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS) de la redevance de régulation pour un montant de 325.000 Fcfa. Il a, aussi, été constaté la non retenue de l’impôt sur le revenu foncier, de la taxe foncière et de l’impôt sur les bénéfices. Les vérifications ont été menées, conformément au guide d’audit du secteur public approuvé par l’arrêté n°10-1251/MEF-SG du 11 mai 2010 du ministre chargé des Finances et au manuel de vérification financière du BVG, tous deux inspirés des normes Isa (normes internationales d’audit). Pour y arriver, les vérificateurs ont, comme approche méthodologique, privilégié l’analyse des textes législatifs et réglementaires sur la création et les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Ageroute et des entrevues avec des membres du personnel de la structure. Ils ont, aussi, recoupé des informations et examiné des pièces justificatives des dépenses. « Le principe du contradictoire a été observé », assure le BVG. En la matière, les résultats préliminaires des travaux ont été discutés avec les principaux responsables concernés. La séance de restitution a eu lieu le 1er avril 2020 dans les locaux de l’Ageroute. Le BVG dit avoir transmis le rapport provisoire à l’Ageroute par lettre n°Conf 0220/2020/BVG du 28 mai 2020 pour recueillir ses observations. « Les réponses écrites de l’Ageroute sont parvenues le 09 juillet 2020 par lettre n°1039/MIE/Ageroute », ajoute le BVG. La faiblesse des ressources et l’inadaptation des procédures de mise en place des moyens ont été diagnostiquées comme l’un des handicaps majeurs à l’entretien régulier de nos routes. La création de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier répond à ce besoin. Plus de quinze ans après sa création et malgré des ressources, de plus en plus importantes, investies dans l’entretien routier, l’Ageroute peine à satisfaire les usagers de la route. CMT/MD (AMAP)  

Transition au Mali: Un bon départ

Par Issa DEMBELE Bamako, 28 Sept (AMAP) Le président et le vice-président ont été installés dans leurs fonctions, vendredi, au cours d’une cérémonie solennelle ayant mobilisé de nombreuses personnalités nationales et étrangères. Après avoir prêté serment devant la Cour suprême, le président Bah N’Daw a affiché ses ambitions pour remettre le pays sur la voie de l’ordre constitutionnel normal. Le président Bah N’Daw a pris les rênes de l’État pour aider la patrie à surmonter les graves épreuves du moment. Poignants et rassurants, ces premiers mots sont à la dimension de l’espérance collective et cadrent, parfaitement, avec les échéances qui l’attendent : organisation d’élections crédibles, pacification du pays, lutte contre l’impunité et la Covid-19… À l’heure du bilan, la pertinence de son choix s’appréciera surtout à l’aune de la crédibilité qu’il aura imprimée aux processus électoraux. Le président Bah N’Daw prouve qu’il en a conscience quand il assure que sa plus «grande satisfaction» sera de passer le témoin à un président «élu proprement et indiscutablement». Autrement, le Mali s’exposerait à d’autres grabuges. Nul besoin de rappeler, en effet, que cet officier supérieur à la retraite doit son arrivée impromptue à la tête de l’État à une action militaire, elle-même survenue à la suite de la dégradation du climat sociopolitique suite aux dernières élections législatives. Cette crise a étalé les tares de nos processus électoraux, la vulnérabilité de notre démocratie. Le président Bah N’Daw veut donc revoir toute la procédure afin que le Mali dispose de bons textes, de bonnes pratiques… «Je combattrai sans concession les scrutins aux coûts astronomiques, la fraude électorale, l’achat de voix, l’incursion de l’administration dans le processus électoral, la perversion des résultats par les Cours d’arbitrage», s’est-il engagé. Le cap est ainsi fixé pour qu’in fine, le peuple malien ne soit plus jamais «privé de ses choix». Encore qu’il faille un environnement favorable à l’organisation des élections pour réussir le passage à l’ordre constitutionnel. Les dernières joutes ont été impossibles dans plusieurs circonscriptions. Et depuis 2013, nombre de nos compatriotes vivent dans des pays voisins, chassés de leurs terroirs par l’insécurité. Sans compter les milliers de victimes civiles et militaires de l’insécurité devenue ambiante. D’où l’urgence de pacifier le pays. Sa remise sur pied passera par la guerre contre les forces terroristes qui continuent d’étendre leurs tentacules. Le péril impose plus de réactivité, plus que les «demi-victoires». Ainsi, le nouveau chef suprême des armées est formel : « Nous devons gagner totalement et durablement la guerre. » Il faudra, à cet effet, véritablement renforcer l’outil de défense. Plus concrètement, le président Bah N’Daw veut bâtir une armée aguerrie, « matériellement soutenue et moralement prête ». Il faudra mobiliser les moyens qu’il faut et bien les gérer. Voilà pourquoi il a promis que pas un centime ne devra disparaitre, sans laisser de trace. Il en a pris le serment : « Les moyens de l’Armée iront désormais totalement à l’Armée et seulement à l’armée. Chaque centime investi pour la défense et la sécurité de ce pays surveillé et évalué.» Une mise en garde nécessaire, au moment où des soupçons de corruption entachent les marchés d’achat d’armements. POT-DE-VIN SYSTÉMIQUE – Dans cette guerre qui n’a rien de classique, Bah N’Daw n’exclut pas de composer avec la Force française et la Mission onusienne qui ne sont là que « pour assister le Mali dans sa guerre de libération ». À juste titre, il a eu une pensée pieuse pour les soldats de ces forces amies, tombés au champ d’honneur. Leurs appuis sont toujours précieux, en ces moments où il y a pratiquement un groupe terroriste derrière chaque dune de sable du Nord et du Gourma. Sans oublier le jeu parfois ambigu et trouble de certains groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Alors qu’il entame un nouveau départ, le Mali doit en finir avec un mal à l’origine de ses difficultés économiques, sociales et même sécuritaires : la corruption. Elle est courante et le pot-de-vin est devenu si systémique que les citoyens s’y sont habitués. La lutte sera implacable contre ce fléau, à travers une gestion rigoureuse de nos maigres ressources. Promesse du président Bah N’Daw qui a été très ferme, n’hésitant pas à parler d’impunité zéro. Elle sera la norme. Mais au-delà des mots, les Maliens attendent surtout des actes. Pragmatique, le nouveau chef de l’État promet que « tous les dossiers d’enquêtes réalisés par nos structures de vérifications seront transférés au juge, au besoin ». « Il peut déjà compter sur l’engagement de la justice », a assuré le procureur de la Cour suprême. Autre chantier, et non des moindres, est la mise en application des conclusions du Dialogue national inclusif. (DNI). Le président Bah N’Daw y met un point d’honneur. Et dès les semaines à venir, les Maliens découvriront le comité qui sera commis à la tâche. Aussi, la transition s’attellera à l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation qui « ne sera révisé que d’accord parties ». Et les efforts seront, également, maintenus en matière de gestion de la pandémie Covid-19, à travers la promotion des mesures barrières. « À aucun moment, nous ne devons baisser la garde », a exhorté le président de la Transition. Dix-huit mois pour exécuter ces tâches paraissent, pour certains, surréalistes. Pourtant, le président Bah N’Daw croit y arriver, pourvu que l’ensemble national rame dans le même sens. Et que les propres enfants de la mère patrie arrêtent de lui asséner des coups. En effet, selon lui, «le Mali est ébranlé, piétiné, humilié par ses propres enfants, par nous-mêmes ». Alors pour le remettre sur pied, chaque main sera utile. Au-dedans, comme au-dehors, les Maliens doivent se mobiliser pour une transition stable et réussie, dans les conditions et les délais. Aux côtés du président de la transition, le chef du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, jouera le rôle de vice-président. Il jouera sa partition certainement dans le domaine de la défense et de la sécurité. Nul doute que sa présence sera d’un bon apport pour le président de la Transition, eu égard au rôle joué par le

Éditorial: Soulagement

Par Bréhima TOURE Bamako, 28 Sept (AMAP) Ouf ! Le Mali retrouve enfin le chemin de la normalité. Le soulagement de nombre de nos compatriotes n’était pas feint lorsque le président de la transition a prêté serment, vendredi dernier. Un sentiment de satisfaction, mêlé au doute raisonnable, s’est fait jour, à l’écoute du discours d’investiture de celui qui présidera aux destinées de notre pays durant les 18 prochains mois. La première intervention officielle du président Bah N’Daw fut le reflet de l’image de rigueur et de droiture qu’il renvoie dans l’opinion. Gestion vertueuse, lutte contre l’impunité, renforcement des capacités de l’armée, affirmation de l’autorité de l’État, élections transparentes… difficile d’en dire plus sur les préoccupations de l’heure dans notre pays. Et le ton, un brin martial, préfigure un leadership affirmé. À présent, place aux actes car il y a loin entre le projet et sa réalisation, entre le désir et sa satisfaction. Comme on reconnait le maçon au pied du mur, le souhait des Maliens est de voir un véritable leader aux commandes. La gestion vertueuse que le colonel-major à la retraite a annoncée exige des dirigeants de se poser constamment en exemples. Notre sagesse populaire exprime joliment cette exigence de droiture des leaders avec un adage fort imagé : «les pintades fixent la nuque de celle qui ouvre la voie». Quant à la lutte contre l’impunité, le nouveau président l’a évoquée avec un sens de la formule qui laisse penser qu’il en a bien appréhendé la complexité. Le président Bah N’Daw semble avoir intégré que la croisade contre la corruption n’est pas une entreprise gagnée d’avance. Voilà pourquoi il s’est engagé pour «zéro impunité», tout en se gardant de promettre «zéro corruption». En revanche, concernant la gestion des deniers de l’Armée, il s’est libéré de toute forme de réserve, s’engageant résolument sur un terrain qui ne lui est pas étranger. Le militaire à la retraite veut enfiler l’uniforme pour conduire la troupe, sabre au clair, à l’assaut de la citadelle de la gabegie au sein de la Grande muette. En déclarant la guerre contre l’incurie, il a dénoncé, tout haut un phénomène jusque-là évoqué sous forme de murmures dans les rangs de l’Armée et dont les civils n’osent parler qu’après s’être assurés qu’un haut gradé ne traine pas dans les parages. Tout le monde en convient : une armée minée par des suspicions entre la troupe et le commandement et émasculée par la livraison de la camelote comme matériel de guerre, ne saurait «gagner totalement et durablement» une guerre. Le président Bah N’Daw s’est affiché aussi en homme profondément pénétré des vertus de la démocratie. Plutôt rassurant son engagement à renforcer les fondements de notre démocratie, en veillant scrupuleusement à un jeu électoral débarrassé des scories des «coûts astronomiques, de la fraude, de l’achat de voix, de l’incursion de l’administration dans le processus électoral, de la perversion des résultats par les cours d’arbitrage». Le nouveau président est bien conscient qu’il a fort à faire pour remettre le Mali sur les rails de l’ordre constitutionnel normal et l’orienter vers l’horizon d’une démocratie apaisée. Il sait la tâche herculéenne, tant et si bien qu’il est prêt au sacrifice suprême pour la réaliser. Réflexe militaire ! Les qualités martiales, il en aura certainement besoin pour la réussite de sa mission. Le président Bah N’Daw devra faire preuve, non seulement d’autorité, mais aussi de tact pour asseoir une gouvernance éthique, un équilibre des pouvoirs, un pacte social assis sur la volonté commune des acteurs sociopolitiques. La gouvernance éthique renvoie au rôle d’exemple de probité des dirigeants et aussi à l’exigence d’impartialité entre les compétiteurs électoraux. L’équilibre des pouvoirs fait obligation à l’exécutif d’accepter de faire de la place aux contre-pouvoirs. Quant au pacte social, il exige de trouver un modus vivendi contre le corporatisme exacerbé, à l’origine des grèves incessantes. Le dénouement de la grève des enseignants ne manquera pas d’ouvrir un cycle de surenchères dans les revendications catégorielles. Une perspective grosse de remous sociaux. Les écueils ne manqueront pas sur le chemin du pouvoir intérimaire. Le premier porte sur la situation inédite de la désignation d’un vice-président. Les deux personnalités auront très peu de bonnes pratiques à tirer de l’expérience institutionnelle malienne. Il leur faudra en inventer et aussi en importer d’ailleurs tout en les acclimatant. Une parfaite entente, une complicité, une estime mutuelle et des champs de compétence bien balisés, permettent d’éviter de faire naitre un soupçon de bicéphalisme pouvant nuire à la réalisation des gros chantiers. Aussi, les dirigeants de la transition auront dans les oreilles les chants fort tentants des sirènes du populisme et du chauvinisme à la petite semaine. Les déclarations du président Bah N’Daw donnent l’assurance qu’il sera sourd à ces tentations. En témoignent l’annonce de la judiciarisation des dossiers de la lutte contre la corruption et le respect des engagements internationaux du Mali. De quoi mettre dans l’inconfort les tenants de la vaine querelle contre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Le président Bah N’Daw tente de conforter aussi une partie de nos compatriotes, en chassant de leur esprit le sentiment de marginalisation instrumentalisé par les milieux séparatistes. Son invite à chaque citoyen d’apporter sa pierre à l’édifice national sonne comme une exhortation à sortir des postures de singularisation. TOURÉ  

Mali: Moctar Ouane, un diplomate de carrière à la tête du gouvernement de la Transition

Bamako, 27 sept (AMAP) Moctar Ouane, un diplomate de carrière, a été nommé par le président de la Transition, Bah N’Daw, dimanche, pour conduire le gouvernement de la Transition. Le nouveau Premier ministre est un habitué du travail gouvernemental puisqu’il fut ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du 2 mai 2004 au 9 avril 2009. Il a derrière lui une longue carrière de diplomate. Intégré à la Fonction publique en 1982, Moctar Ouane devient de 1986 à 1988, conseiller diplomatique du Premier ministre, puis chef de cabinet du ministre secrétaire général de la présidence de la République, puis conseiller diplomatique du président de la République (1990-1991). Pendant cette période, il était chargé de travaux dirigés à l’Ecole nationale d’Administration (ENA) de Bamako. Entre 1991 et 1992, il est conseiller diplomatique du chef de l’Etat, président du Comité transitoire pour le salut du peuple (CTSP). Après un passage à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris (1992-1993), M. Ouane est nommé conseiller politique du ministre des Affaires étrangères. De 1995 à 2002, il est ambassadeur, représentant permanent du Mali aux Nations unies. Il a occupé, aussi, le poste de directeur de la coopération internationale. Moctar Ouane est né le 11 octobre 1955 à Bidi, dans le Cercle de Bandiagara, dans la Région de Mopti (Centre). Il termine ses études primaires à Kayes où il est titulaire du Diplôme d’études fondamentales (DEF) en juin 1973. Après les études secondaires au lycée Askia Mohamed, il s’inscrit à l’université de Dakar, où il obtient une licence en droit public et une maîtrise en relations internationales. Ce cursus est complété par un brevet de l’Ecole nationale d’administration de Paris, en France. Jusqu’à sa nomination, il était conseiller chargé des Affaires de paix et de sécurité auprès du président de la Commission de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) à Ouagadougou, au Burkina Faso. MD (AMAP)

Diéma : Les acteurs sensibilisent sur l’insécurité

Diéma, 27 sept (AMAP) Des journées d’information et de sensibilisation sur  l’insécurité, organisées du 20 au 25 août 2020, dans cinq arrondissements de Diéma, ont recommandé de dénoncer  aux autorités compétentes, la présence de tout individu ou tout engin suspect, circulant dans leurs localités, a constaté l’AMAP sur place. Ces journées, dans le cadre d’une mission conduite par le préfet de Diéma, Abou Diarra, a Diangounté Camara, Lakamané, Dioumara-Koussata, Béma et Diéma, ont aussi recommandé de « dynamiser les brigades de jeunes pour renforcer les mesures de surveillance et de protection », tout comme  « éviter d’héberger des étrangers dans les lieux de culte, mosquées et églises ». Ces rencontres ont permis de partager avec l’ensemble des acteurs clés de quinze communes, les mécanismes à développer et la conduite à tenir face à l’insécurité qui sévit, depuis un certain temps, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, en général et, en particulier, dans le Cercle de Diéma. Dans chaque arrondissement, la rencontre a regroupé les responsables administratifs, les notabilités et leaders religieux, la société civile et les corporations de chasseurs, d’éleveurs, les ONG et partenaires, pour discuter de la problématique de l’insécurité. Elle a recueilli les avis et suggestions  afin d’endiguer le fléau qui sème la terreur et la psychose au sein des populations, les empêchant, souvent, de vaquer correctement à leurs occupations. Les conférenciers, le 2e adjoint au préfet, Bakary Dioman Diakité et le secrétaire général du Conseil de Cercle, Seydou Camara, ont projeté, à tour de rôle, une vue d’ensemble des différentes crises institutionnelles, politiques et sécuritaires au Mali, de 2012 à nos jours, et qui s’intensifient malgré les moyens déployés par l’Etat et ses partenaires. M. Camara, a loué les nombreuses interventions des forces étrangères de Barkhane, de la Mission intégrée multidimensionnelles des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et du G5 Sahel dans la lutte contre les djihadistes. « Malgré tout, le mal s’est propagé et a fini par gangréner le Centre du Mali, à travers des conflits intercommunautaires meurtriers ]et des attaques récurrentes », a dit le co-conférencier. Dans la Région de Kayes, le Cercle de Diéma a été la porte d’entrée des djihadistes. « Entre janvier  et février 2020, ajoute Seydou Camara,  la ville de Diéma a été la cible de deux attaques terroristes perpétrées contre le poste de péage et la Brigade territoriale (BT), qui ont fait des morts et des dégâts matériels importants ». A la question de savoir si les chasseurs pourraient disposer d’armes de guerre pour la défense des populations, des réponses claires et précises sur l’interdiction de cette pratique, conformément aux textes et lois en vigueur en matière de port d’arme, ont été apportées. Au cours de ces discussions élargies, un accent particulier a été mis sur l’information, qui, selon du préfet Abou Diarra, « demeure la seule arme efficace contre le djihadisme et le banditisme ». Le chef de peloton de la Garde nationale, major Noumoukou Traoré, du commandant de la Brigade territoriale de gendarmerie, major Abdoulaye Dissa, sont intervenus, à plusieurs reprises, pour apporter des éclaircissements par rapport aux comportements à adopter en période d’insécurité. OB/MD (AMAP)

Discours d’investiture du président de la transition

Son Excellence Umaro Sissoco Embalo, Président de la République de Guinée-Bissau, Son Excellence Goodluck Jonathan, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria et médiateur de la CEDEAO, Son Excellence le Professeur Dioncounda Traoré, Président de la Transition malienne de 2012-2013 Madame la Ministre des Affaires étrangères du Ghana, pays qui assure la Présidence de la CEDEAO, Monsieur le Représentant de la MINUSMA, Monsieur le Représentant de MISAHEL, Son Excellence Pierre Buyoya, ancien Président de la République du Burundi, Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO, Anciens Premiers ministres et anciens ministres, Chefs d’institutions en fonction et anciens, Gouverneurs, maires et Conseillers municipaux, Autorités Politiques, morales, religieuses et coutumières, Ambassadeurs et représentants des organismes de coopération, Compatriotes de l’Intérieur et de l’Extérieur, Représentants de la Société civile et de syndicats, En vos rangs, grades et qualités, Tout protocole observé, Qu’il vous plaise qu’avant toute chose, je rende grâce à Allah de nous avoir permis de voir ce jour, de faire en sorte que nous nous rencontrions pour le Mali, pour la grandeur du Mali, pour le confort du Mali ! Puissent ceux d’entre nous qui jouissent d’une bonne santé, continuer à bien se porter ! Puissent celles et ceux d’entre nous qui souffrent de maladie recouvrer la santé ! Puisse l’âme des êtres chers qui nous ont quittés, reposer en paix ! Ayons une pensée pieuse pour les soldats du Mali et des forces amies, tombés sur le champ d’honneur, FAMAs, Barkhane, Minusma qui ne sont là que pour assister le Mali dans sa guerre de libération. Ayons également une pensée pieuse pour tous les morts civils tombés lors de cette guerre et lors des récentes manifestations politiques ! Pour tous ces morts, je vous prie d’observer, avec moi, une minute de silence. Je voudrais ensuite saluer le Conseil National de Salut Public pour son esprit patriotique, son sens du discernement et sa capacité d’écoute. L’investiture de son Président le Colonel Assimi Goita en tant que vice- président de la Transition en porte témoignage. L’action du CNSP du 18août, tout le monde en convient, est la conséquence de la très grave crise sociopolitique qui a paralysé la vie de la nation des mois durant. Au collège qui a porté son choix sur ma modeste personne pour présider cette transition, j’exprime toute ma gratitude. Je suis honoré par son geste et je voudrais lui dire ici que je me battrai de toutes mes forces pour mériter sa confiance. Que l’on me permette également de souhaiter la bienvenue au Président de la Guinée-Bissau, Umaru Sissoco Embalo, en terre africaine du Mali ! Président Embalo, vous êtes chez vous, chez vos frères et chez vos sœurs. Acceptez l’assurance de notre profonde sympathie et de toute notre gratitude pour votre présence ô combien significative parmi nous, en ce moment et en ce lieu ! Ma gratitude va également et bien entendu à la CEDEAO pour sa constante sollicitude envers notre pays et pour les sages conseils que le médiateur Son Excellence Goodlcuk Jonathan n’a cessé de prodiguer à ses frères maliens depuis juin. Il est des nôtres désormais. Je salue sa présence et je voudrais l’assurer de la détermination des Maliens à conduire une transition stable, apaisée et réussie, dans les conditions et l es délais convenus. Plaise à Dieu ! Professeur Dioncounda Traoré, cher aîné, merci de venir rehausser de votre présence l’éclat de cette cérémonie. Que vous soyez à nos côtés ne nous surprend guère car tout ce qui concerne le Mali vous mobilise ! Votre expérience, votre endurance, votre foi en le Mali nous guideront. Mes chers compatriotes, Il me plait, solennellement, de dire à haute et intelligible voix, que je serai toujours disponible pour servir le Mali. Servir le Mali est un privilège et cela doit être un honneur pour chacune de nous, pour chacun de nous. Malgré les poids des ans, malgré le confort de la retraite, je ne pouvais me soustraire à l’appel du devoir. Je ne pouvais hésiter un seul instant à sortir de mon champ pour venir, moi aussi comme beaucoup d’autres avant moi, à la rescousse de ce pays. Le Mali m’a tout donné. Je suis heureux d’être son esclave soumis, prêt à tout pour qu’il renoue avec la pleine légalité constitutionnelle, avec des autorités élues, des représentants légitimes. Je n’ai pas d’autre mission. Je n’ai pas d’autre prétention. Il s’agit pour moi et il doit s’agir pour chacune et chacun, d’apporter sa petite contribution, sa petite pierre à la consolidation de l’édifice national. Car la maison commune est ébranlée, affaiblie, humiliée. Elle tremble dans ses fondements depuis au moins une décennie. Oui, il ne faut pas avoir peur des mots : le Mali est ébranlé, piétiné, humilié. Ebranlé, Affaibli, humilié par ses propres enfants, par nous-mêmes, par personne d’autre que nous-mêmes. Et nous ne pouvons continuer, de manière incantatoire, à garder la tête dans le sable et à répéter sans chercher à empêcher le naufrage, à nous convaincre que le navire pourrait tanguer mais qu’il ne chavirerait jamais. Il peut chavirer et il chavirera si nous continuons à le faire tanguer. Alors, si nous voulons survivre en tant qu’Etat, en tant que nation, nous devrons, sans perdre plus de temps, nous remobiliser. Il faut qu’au cours de cette transition, nous nous donnions la main, que nous réfléchissions profondément ensemble pour reconstruire notre démocratie, laquelle avait été jadis, une vitrine admirée. Nous devons tirer toutes les leçons de notre vécu immédiat, de notre histoire récente. Nous devons pouvoir identifier quelles ont été et quelles sont encore les forces et les faiblesses de notre parcours, quelles sont les opportunités que nous devons tirer de la transition en cours et quelles sont les menaces qu’il nous incombe d’enrayer. Chers compatriotes, Chers partenaires du Mali, Une transition ne saurait tout faire. Elle doit se donner des priorités. Les nôtres ont été débattues, validées et consignées dans la Charte nationale de la Transition issue des journées de concertation des 10, 11 et 12 septembre dernier. C’est cette charte qui