Algérie : Arrestation d’un terroriste libéré lors de la libération de Soumaila Cissé et Sophie Pétronin

Bamako, 29 Oct (AMAP) Mustapha Derrar, un des terroristes échangés contre la libération de quatre otages détenus par les groupes djihadistes au Mali, dont Soumaila Cissé et Sophie Pétronin, a été appréhendé sur le territoire algérien, a annoncé, mercredi, un communiqué du ministère algérien de la Défense. « Les services de sécurité relevant du ministère de la Défense nationale ont appréhendé, hier 27 octobre 2020 à Tlemcen en 2e Région militaire, le terroriste dénommé Mustapha Derrar », a indiqué le communiqué. Selon le ministre algérien de la Défense, Mustapha Derrar avait rallié les groupes terroristes en 2012 avant d’être libéré au début de ce mois d’octobre au Mali. MT/MD (AMAP)

Mali : Les auteurs des attentats de La Terrasse et du Radisson condamnés à la peine de mort

Bamako 28 Oct (AMAP) Les auteurs des attentats de l’hôtel Radisson Blu et du restaurant-bar La Terrasse de Bamako, en 2015, ont été condamnés à la peine de mort et à 10 millions de francs CFA d’amende, mercredi, par la Cour d’Assises de Bamako. Le mauritanien, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 » et son complice, Sadou Chaka dit « Oussama », ont comparu, depuis lundi, dans un procès sous haute sécurité, avec plusieurs filtres de contrôle. L’accusé principal, Fawaz, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusations se rapportant au terrorisme, a, sans ambages, reconnu les faits qui lui sont reprochés. L’homme a affirmé avoir agi pour venger les caricatures du prophète Mohamed publiées par le journal satirique francais, Charlie Hebdo. «Nous sommes des djihadistes et non des terroristes, nous faisons le djihad. Cela fait partie de notre religion », a-t-il dit, avant de s’en prendre, également, à la France. Celui, qui se faisait appeler le lieutenant de Belmoktar a expliqué avec forces détails les faits. A la barre, Ibrahim 10 n’a exprimé aucun regret de ses actes. Son compagnon, Sadou Chaka, accusé de complicité et qui a acheminé les armes à Bamako a, pour sa part, déclaré qu’il était au service de Fawaz. « On me demande d’aller déposer ou d’accompagner des gens, j’exécute et c’est tout », a-t-il. Le ministère public, dans son réquisitoire, a demandé la peine de mort. « Ils doivent être fusillés », a-t-il ajouté. Face aux culpabilités établies de leurs clients, les avocats de la défense ont plaidé pour un allègement de peine pour circonstances atténuantes. Après six heures de débats contradictoires, le verdict est finalement tombé : la Cour a suivi le parquet dans ses réquisitions, en condamnant les accusés à la peine capitale et au paiement de 10 millions de francs CFA d’amende chacun. Quant au troisième prévenu Abdoulbaki Abdramane Maiga alias « Abou Mahamdoune » absent au procès, il a été jugé par contumace à la même peine. Pour rappel, Fawaz était accusé d’avoir perpétré des attentats contre le restaurant la Terrasse de Bamako, en mars 2015, tuant 5 personnes dont un Français, un Belge et trois Maliens et aussi l’attentat de l’hôtel Radisson, le 20 novembre de la même année, qui a fait une vingtaine de morts dont 14 étrangers. S’y ajoutent l’attentat contre l’hôtel Byblos à Sévaré, qui avait fait 13 morts, en août 2015, et celui de l’hôtel Nord-sud de Bamako, en mars 2016 qui n’avait pas fait de victime. Ces attaques ont été commis avec le soutien logistique de Sadou Chaka et de Abdoulbaki Abdramane Maiga. TC/MD (AMAP)

Vente de ciment au Mali : Prix variés et concurrence déloyale

Par Fadi CISSE Bamako, 28 Oct (AMAP) Le marché du ciment, matériau essentiel dans les bâtiments et les travaux publics, est loin d’être réglementé. Importateurs et revendeurs appliquent les prix comme bon leur semble. Toutes les astuces sont bonnes pour écouler la marchandise et faire le maximum de profits. Le ciment est un produit très prisé au Mali, un pays constamment en chantier. Ce produit est utilisé dans la construction des bâtiments, des briques, des dalles, du béton et dans d’autres travaux. Dans notre pays, le marché du ciment a enregistré une croissance de 5% en 2019, la production atteignant près de trois millions de tonnes. De nos jours, la forte augmentation de la production locale est devenue une réalité. En effet, de 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51%. Face à la croissance de la production locale, les trois cimenteries sénégalaises (Ciments du Sahel, Soccocim et Dangote), principaux fournisseurs du marché de notre pays, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13% : de 1.900.000 tonnes en 2018 à 1.660.000 tonnes en 2019. À l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41% contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gagontéry, dans le cercle de Bafoulabé (région de Kayes) et à Dio, dans le cercle de Kati (région de Koulikoro). À la quincaillerie Zoulka’ada, sise à Sébénicoro en Commune IV du District, le commerçant Ayouba Traoré nous a expliqué que le ciment local est livré au grossiste au prix de 87.000 Fcfa la tonne et contre 90.000 Fcfa pour les détaillants. Le sac coûte 4.500 Fcfa l’unité. Ce chef de famille affirme vendre uniquement du ciment “Made in Mali” (fabriqué au Mali) de qualité CIMAF qui est le plus sollicité sur le marché par les constructeurs. Ce commerçant a ajouté qu’il y a six mois de cela, le prix du ciment en détail était fixé à 125.000 Fcfa la tonne contre 100.000 Fcfa pour la vente en gros dont l’unité était vendue à 5.500 Fcfa. Par ailleurs, interrogé sur la cherté du ciment malien comparé aux marchés des pays voisins, Ayouba Traoré a simplement dit ignorer la raison de cette situation. Notre équipe de reportage s’est rendue à la quincaillerie de Modibo Keita qui s’impose aussi connue comme un spécialiste dans la vente du ciment en provenance du Sénégal et du ciment local. Pour lui, le prix des différentes qualités de ciment varient souvent. « Ce qu’on produit chez nous coûte plus cher mais il arrive aussi des moments où le ciment importé est plus cher. En tant que revendeur, il nous est difficile d’expliquer cela mais, on arrive à vendre les deux qualités. C’est l’essentiel mais, je pense que la cherté du prix se situe au niveau de nos usines », a dit Modibo Keita, le propriétaire de la boutique de ciment. D’après lui, le ciment sénégalais s’écoule souvent plus que le nôtre, pour sa qualité car, certaines personnes disent que le ciment sénégalais contient plus de colle que le nôtre. « Il y a une différence de 2.500 Fcfa entre les deux qualités de ciment. Le prix de la tonne du ciment malien est de 87.500 et 90.000 Fcfa pour le ciment sénégalais. Chez lui, le sac de ciment malien coûte 4.425 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour le sac de ciment en provenance du Sénégal. Pour lui, tout dépend de l’efficacité de la stratégie de la vente et les prix ne sont pas standards, chacun vendant ses produits à sa guise. Modibo Diakité, un revendeur de ciment, nous raconte son expérience en ces termes : « Il nous arrive des fois d’acheter le ciment du Sénégal à un prix inférieur à celui du Mali. Pour le Mali, il faut débourser 87.500 pour avoir le ciment CIMAF alors que celui du Sénégal nous revient à 86.000 Fcfa. Si on y ajoute les frais de déchargement du camion qui s’élèvent à 500 Fcfa, nous se retrouverons avec une somme de 86.500 Fcfa. Nous avons du mal à expliquer cette hausse de prix », dira-t-il aussi. Selon Modibo Diakité, souvent le ciment malien baisse jusqu’à hauteur de 85.000 Fcfa si c’est la marque Diamond. Par contre, il assure que pour le ciment sénégalais, le prix varie entre 86.500 et 87.500 Fcfa. Par contre, notre interlocuteur soutient qu’il cède le sac de ciment du Sénégal à 4.750 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour celui du Mali, sans pour autant expliquer clairement cette différence. « En temps de crise, s’il y a une rupture de stock, les deux différentes qualités de ciment seront livrées au même prix allant de 95.000 à 100.000 Fcfa. A son avis, il n’y a pas de prix fixe et chaque commerçant évalue sa marchandise en fonction de sa provenance. Les deux qualités de ciments, surtout la qualité CMM provenant de chez nous, sont achetées par les clients maliens pour sa proximité avec celle du ciment sénégalais dont le prix est de 87.500 Fcfa pour la vente en gros. « Je me ravitaille surtout à la quincaillerie Zoulca’ada et Bon prix car, ils vendent moins chers que plusieurs autres fournisseurs », déclare ce père de trois enfants qui explique avoir trois qualités de ciment malien (CIMAF, CMM, DIAMOND) et trois qualités sénégalaises (DIANGOTE, SAHEL, SOCCOCIM). Parmi toutes ces marques, ce commerçant estime que le CIMAF, tout comme le ciment SAHEL, est convoité par les Maliens, même quand le prix de la tonne grimpe. Par contre, chez Lassana Camara, propriétaire de la quincaillerie Bon prix, le prix d’une tonne du ciment malien s’élève à 79.500 Fcfa sans marchandage car, il trouve que chez lui, la marchandise est beaucoup moins chère que pour beaucoup d’autres. Précisons que ce chef de famille, qui exerce ce métier depuis 5 à 6 ans, ne vend que du ciment local. S’agissant du marché, cet opérateur économique estime qu’il ne peut rien dire sur

Lutte contre l’extrémisme violent dans le Liptako-Gourma : Les acteurs en conclave à Bamako, au Mali

Bamako 28 Oct (AMAP) Un atelier pour poser le diagnostic commun des multiples risques, vulnérabilités, défis, enjeux et interactions dans la Région du Liptako-Gourma a débuté, lundi, à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EPM-ABB) à Bamako, au Mali, et a pris fin mercredi. Le séminaire, dont le thème est : « Initiatives de transformation des conflits et la lutte contre l’extrémisme violent : expériences et bonnes pratiques des femmes et des jeunes dans le Liptako-Gourma», vise aussi à créer un espace de partage d’expériences transfrontalières dans le cadre de la lutte contre la criminalité, le terrorisme et l’extrémisme violent mais, aussi, à favoriser la synergie d’actions et le réseautage entre les différents acteurs, intervenant dans la Région La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Bintou Founè Samaké, en présence de son collègue des Affaires religieuses et du Culte, Dr Mahamadou Koné, de l’ambassadeur du Japon au Mali, Daisuke Kuroki et du directeur général de l’EMP-ABB, le général Mody Beréthé. Le projet, financé par le Japon, à hauteur de 131,5 millions de Fcfa, vise à créer un espace de partage d’expériences, tirées des différentes initiatives locales entreprises par les femmes et les jeunes dans le Liptako-Gourma pour la recherche de la stabilité. Le directeur général de l’EMP-ABB a indiqué que la Région frontalière du Liptako-Gourma, couvrant des parties du Niger, du Mali et du Burkina Faso fait face, depuis 2012, à un climat d’insécurité et de violence permanente et continue. « Il s’agit notamment de deux régions au Niger (Tillabéry et Dosso), de quatre régions au Mali (Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) et de huit autres au Burkina Faso (Ouagadougou, Tenkodo, Manga, Kaya, Fada-N’Gourma, Ziniaré, Ouahigouya et Dori)», a-t-il précisé. Le général Béréthé a aussi souligné que la jeunesse de ces pays est touchée par le chômage, l’insuffisance de perspectives, la porosité des frontières, la fragilisation des liens entre les autorités locales et les populations. Mais aussi par les vulnérabilités socioéconomiques qui sont parmi les éléments constituant le lit de la criminalité, de l’extrémisme violent et du terrorisme. La ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille a dit qu’aujourd’hui, la Région frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger est minée par un climat d’insécurité et de violence, depuis 2012. Selon Bintou Founè Samaké, la fragilité de cet espace puise ses racines dans un terreau de vulnérabilités socioéconomiques. « Dans ce contexte, dira-t-elle, les femmes et les jeunes ont un rôle prépondérant à jouer pour le retour de la paix et de la cohésion sociale ». Pour la ministre en charge de la Promotion de la Femme, l’apport et le potentiel de ceux-ci dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les trois pays est mal connu et peu documenté. Pourtant leur rôle est déterminant au triple plan : local, national et international. C’est au regard de ce constat, en termes de non visibilité de leurs actions dans ces zones de conflit que l’EMP-ABB a voulu attirer l‘attention des décideurs et des partenaires techniques et financiers sur le travail abattu dans l’ombre par les femmes et les jeunes à travers cet atelier. Quant au ministre des Affaires religieuses et du Culte, il a rappelé que le gouvernement a élaboré et adopté en 2018 la Politique nationale de la prévention et de la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme au Mali. A en croire Dr Mahamadou Koné, cette politique s’articule autour de cinq axes principaux, à savoir : la prévention, la protection, la poursuite, la réponse et la cohésion sociale. Pour sa part, l’ambassadeur du Japon dira que le projet vise à développer un cadre de partage des meilleures pratiques et expériences entre les acteurs de la sécurité et coordonner les mécanismes, actions et initiatives de stabilisation. Daisuke Kuroki a confirmé l’engagement de son pays à contribuer à une paix durable dans les zones en conflit, dont le Liptako-Gourma. AD/MD (AMAP)  

Négociation avec les terroristes : La France isolée ?

Par Issa DEMBELE Bamako 28 Oct (AMAP) Faut-il négocier ou non avec les terroristes ? La question a refait surface à l’occasion de la récente visite du ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, au Mali. Paris et Bamako ne sont pas sur la même longueur d’ondes sur le sujet. L’ancienne puissance coloniale s’en tient exclusivement à la mise en œuvre de l’Accord pour ramener la paix. Les Maliens, las d’une crise interminable, veulent bien dialoguer avec certains chefs terroristes. S’étalant au grand jour, cette divergence, qui n’était qu’un secret de polichinelle, a quelque peu froissé les enthousiasmes suscités par l’arrivée du chef de la diplomatie française. Nombre de Maliens ne s’expliquent pas la posture de l’ancienne puissance coloniale qui devrait pourtant se rendre à l’évidence : malgré les actions militaires, aucune amélioration substantielle de la situation ne semble se concrétiser du point de vue de la sécurité. Un constat qui a d’ailleurs amené nombre d’analystes à préconiser un changement de cap via l’instauration d’un dialogue avec les groupes terroristes, tout particulièrement avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa. L’instauration d’un tel dialogue permettra, au moins, d’assurer aux populations une baisse des actions terroristes et ouvrir la voie aux convois humanitaires à destination des zones où les hommes de ces deux chefs terroristes sont actifs. Nul doute que les populations dans la Région de Mopti sont aujourd’hui preneuses d’un cessez-le-feu, même précaire. Et dans les rangs des forces armées, on applaudirait pour moins que ça. Car le décompte des victimes est devenu lassant dans les états-majors. Un tel dialogue avait été proposé, naguère, par les rédacteurs d’un rapport de l’International Crisis Group (ICG). Ce rapport a eu un fort impact, tant dans le monde de la recherche qu’auprès des décideurs politiques. Pour le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport rendu public le 28 mai dernier, négocier est une nécessité pour l’Etat malien. «Il n’y a pas d’autres alternatives crédibles et il devient urgent de sortir de l’impasse », soutient le chercheur. Mieux, les appels à engager des négociations avec les groupes terroristes ont émané des milieux où on s’y attendait le moins. Dans une tribune parue dans le quotidien suisse  « Le Temps », le commissaire de l’Union africaine à la paix, Smaïl Chergui, soutient qu’il convient désormais « d’explorer la voie du dialogue avec les extrémistes » en faisant le parallèle avec l’Afghanistan. Quelques jours plus tard, dans une interview au journal « Le Monde », le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appuyé clairement cette approche. « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur», a analysé Antonio Guterres, citant aussi l’exemple afghan. A l’échelle nationale, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, avait publiquement reconnu « la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre sans issue rapide en vue». Lui aussi avait cité les modèles algérien et afghan. Il sera conforté dans son analyse par les conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) lors duquel, les participants ont jugé utile d’engager des pourparlers avec les « terroristes maliens». Il est important que la France souscrive à cette démarche. Paris aurait une voix beaucoup plus audible si les actions militaires avaient un tant soit peu réduit l’ampleur des activités des terroristes. Malgré l’action de Barkhane et des militaires des pays sahéliens, les groupes terroristes continuent d’étendre leur emprise sur le territoire malien. Un temps, l’ampleur des attaques et leur caractère meurtrier avait même provoqué une levée de bouclier contre la présence militaire française sur notre sol. Ceux qui voulaient pousser les soldats français hors de nos frontières soutenaient que leur présence n’avait pas de sens du moment où elle ne nous évitait pas de subir les assauts meurtriers des terroristes. Si cette position semblait extrémiste, il est vrai que l’attitude des militaires français ne manquait pas de susciter des interrogations. Les soldats maliens isolés subissaient des assauts massifs des terroristes et les combats duraient des heures. Mais Barkhane ne volait pas au secours des soldats submergés par l’ennemi. Aussi, Paris feint d’ignorer l’existence de passerelles entre certains groupes signataires et les groupes terroristes. Les experts indépendants des Nations unies ont même révélé récemment les identités de ceux qui pêchent en eau trouble. Confirmant ainsi les accusations portées par le président nigérien à l’encontre des maîtres de Kidal, d’où seraient « planifiées des attaques terroristes contre les forces nigériennes ». On ne perd rien en essayant la voie du dialogue avec ceux qui veulent bien faire la paix. ID (AMAP)

Mali : Jean Yves Le Drian entame une visite de deux jours à Bamako

Bamako, 25 Oct (AMAP) Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, qui était annoncé, samedi, est arrivé, dimanche après-midi, à Bamako, pour une visite de deux jours. A son arrivée, M. Le Drian a été accueilli par son homologue malien, Zeïni Moulaye Haidara, et par l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer. Il s’est entretenu avec son homologue malien aux premières heures de sa visite. Lors de cette visite de 24 h, le chef de la diplomatie française fera le point sur les récentes avancées positives dans le processus de transition au Mali devant aboutir à la tenue d’élections crédibles et au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Il sera, également, questions de la poursuite des engagements pris au sommet de Pau, de soutien en matière de développement et de combat commun contre le terrorisme en mettant en œuvre la stratégie de Pau. Le ministre français signera avec la partie malienne plusieurs conventions de l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de plus de 140 millions d’euros, dans le domaine des infrastructures et de l’eau, de la politique sociale et de l’autonomisation des femmes. Lundi, dans la matinée, Jean Yves Le Drian aura un tête à tête avec le Premier ministre Moctar Ouane à la Primature où il prendra part, également, à une cérémonie de signature de plusieurs conventions. Puis suivra un point de presse animé conjointement par les deux personnalités. Le ministre français sera, ensuite, reçu en audience par le président Bah N’Daw et le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avant de s’envoler pour Brazzaville, au Congo. TC/MD (AMAP)

Infrastructures au Burkina Faso : Fiches techniques des ponts de Boromo et de la Sirba

Bamako, 25 Oct (AMAP) Le pont de la Sirba a été inauguré le 25 septembre 2018. Plus long pont réalisé au Burkina Faso depuis l’accession du pays à l’indépendance, avec 309 mètres, il a été construit en neuf mois, conformément au délai contractuel. Il soulage les usagers et les riverains de la Route national (RN18) et profite à toute l’Economie de la province de la Gnagna et, plus largement, à la Région de l’Est, qui dispose d’un vaste potentiel touristique, halieutique, cynégétique et agro-pastoral. Il a été réalisé par un groupement d’entreprises pour un montant de 2,040 milliards de Fcfa, sur le budget de l’État. Le 28 septembre 2018, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a inauguré le pont mixte de Boromo sur le fleuve Mouhoun. L’ouvrage est situé sur la Route nationale (RN1) qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Mali et à la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso. Long de 106,2 mètres, il est constitué d’un tablier en béton armé reposant sur une charpente métallique de 180 tonnes, ce qui en fait le premier pont mixte acier-béton réalisé au Burkina Faso. Son financement par les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkian Faso est estimé à 6,5 milliards de Fcfa. MD (AMAP)  

Burkina Faso : En dépit des vents contraires

Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako, 25 Oct (AMAP) Il n’y a pas que la distance qui rapproche le Burkina Faso et le Mali (moins d’une heure trente minutes par avion), ni la longue frontière de plus de 1000 km qui les séparent ou, plus précisément, réunit leurs populations, de part et d’autre. Il y a, fondamentalement, l’adversité que ces deux pays ont en commun : un défi de développement, plus souvent, contrarié par la nature et, aujourd’hui, fortement chahuté par une crise sécuritaire. Pour ce qui est du Burkina Faso, la résilience, doublée d’une forte volonté, au service du développement, rencontre des bourrasques de vents contraires qui, malgré leur force, ne sont pas parvenues à remettre en cause les actions et leurs résultats Ici, la promotion de la consommation des produits locaux reste une priorité pour le gouvernement. Cette option, mise en œuvre à travers le mot d’ordre du « Consommons burkinabè », se concrétise par la volonté du gouvernement qui a pris des mesures pour susciter la consommation des produits locaux, au sein de l’Administration publique. Une circulaire du 13 janvier 2017 du Chef du gouvernement, a instruit “les structures publiques à consommer, prioritairement, les produits locaux dans le cadre de la commande publique”. Un arrêté du 31 janvier 2017, qui porte achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques, dans le cadre de leur approvisionnement, exige la priorisation des produits locaux dans la commande publique. Il a été révisé le 10 février 2020 pour élargir la liste des produits de 10 à 26. “Nos pays, comme on le sait, sont riches en ressources naturelles et regorgent d’énormes potentialités pour la production agricole. Malheureusement, ces ressources sont peu transformées. Et même transformées, ils sont peu consommés par rapport aux produits exotiques et importés”, constate le ministre burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. “Fort heureusement, nos gouvernements actuels, conscients de cette situation et de ses enjeux, ne tarissent pas d’initiatives. D’où l’institution de ce « mois du consommer local dans l’espace de l’Union monétaire et économique ouest africaine (UEMOA)», s’est réjoui M. Kaboré, s’exprimant lors de la célébration du “consommons local”, dans le cadre du mois dédié à cette initiative, dans l’espace UEMOA, le 15 octobre 2020, à Ouagadougou. Au Burkina Faso, dans le but de disposer, à l’horizon 2023, d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroît sa contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale, le pays s’est dote, en avril 2019, d’une Stratégie nationale d’industrialisation. Dans cette même dynamique, un nouveau Code des investissements a été adopté en octobre 2018, pour promouvoir la transformation des matières premières du pays. De 2017 à 2020, c’est au moins 425.590.783.224 Fcfa qui ont été injectés dans l’achat des produits locaux par les structures publiques burkinabè. Les retombées de ces achats pour les Petites et moyennes entreprises (PME) ne se traduisent pas seulement en chiffres d’affaires, mais ce sont également des emplois qui sont créés. A titre d’exemple, le gouvernement burkinabè, à travers le Plan national de développement économique et gocial (PNDES), s’est donné comme cible, d’atteindre un taux de transformation des produits agricoles de 25%, en 2020. “Toutefois, il sied de reconnaitre que la consommation par nous-mêmes de notre production locale reste un défi à relever. Pourtant, la dynamique de la transformation structurelle et le contexte d’instabilité du marché international nous invitent à faire de la consommation de cette production locale une priorité”, a plaidé M. Kaboré. En fait, les actions de développement au Burkina Faso sont suivies par le bien-nommé Bureau de suivi du programme présidentielle (BSPP), comme un aiguillon de l’Administration publique, « le moteur de l’action de développement, tout comme le capital humain qui sont autant de facteurs de développement de l’Economie pour créer des emplois », ainsi que le résume le directeur du BSPP, Dr Mathias Somé. Comme pour, encore une fois, tester la résilience du pays, les tout débuts du mandat du président actuel, Roch Marc Christian Kaboré, ont été mis à rude épreuve par l’irruption inattendue du terrorisme, avec une première attaque d’envergure sur la capitale, Ouagadougou. Au début des cinq dernières années, il faut aussi noter, outre l’insécurité, l’équilibre instable d’un budget plombe par les « engagements du gouvernement de transition » et dont a hérité le pouvoir démocratiquement élu, relève Dr Somé du BSPP. Si on ajoute au cocktail quasi-explosif le réveil du front social avec les revendications syndicales devenues plus impatientes et pressentes, avec l’insurrection qui a mis fin au pouvoir ancien, les couleurs des difficultés étaient annoncées. Cinq ans après, Dr Somé énumère les résultats : un accès plus large aux soins de sante avec la gratuité des soins aux femmes en grossesse et aux enfants de moins de cinq ans, l’assurance maladie, des infrastructures, moins de classes sous paillotes et plus de salles en dur. « En somme, 85% de réussite dans tous les domaines », assure-t-il. Si on note que le BSPP avait tablé sur 626 engagements dont il a fallu tirer 147 engagements traceurs qui ont conduit aux réalisations à impacts, dans une approche de « delivery », il est aisé de comprendre que les 6 domaines (Santé, Eau, Energie, Agriculture, Nutrition, Infrastructures) soit retenus comme ayant le plus atteint les populations, dans la vraie vie, au quotidien. Il s’est agi, pour le BSPP, dans sa vision, de faire face à l’insécurité, qui a causé le déplacement de près du million de personnes et la fermeture des services sociaux de base, en œuvrant pour le retour des populations et de l’Administration, la cohésion sociale en péril, la réconciliation nationale, avec en toile de fonds la création des conditions du développement national. « Ce qui ne va pas sans le renforcement de l’Etat et de l’Administration publique, à travers une réforme constitutionnelle, pour plus d’accessibilité des populations aux services publics et sociaux de base », selon Dr Mathias Somé. Le but ultime est, ainsi, un changement des mentalités afin de sortir « d’une Administration de procédures pour celle de résultats ». Le très politique Simon Compaoré, Président du non moins parti présidentiel, Mouvement du peuple pour

Niono : Le village de Farabougou assiégé depuis plus d’une semaine par des groupes terroristes

Niono, 19 octobre (AMAP) Le village de Faraougou, dans le Cercle de Niono est assiégé depuis plus d’une semaine par des éléments des groupes terroristes armés, a appris l’AMAP de source locale. Il est impossible pour les habitants de sortir de leur logis pour se rendre dans leur champ ou se déplacer pour d’autres localités dans le but de se ravitailler en produits de première nécessité selon notre source qui précise que cette situation a conduit à une pénurie de denrées de première nécessité et de médicaments Les autorités locales ne restent pas les bras croisés selon notre source qui déclare que le jeudi dernier, un convoi de l’armée, chargé de provisions, n’a pas pu atteindre le village à cause du mauvais état de la route. Notre source déclare que le déchargement avait été fait dans un magasin à quelques kilomètres de Farabougou et que le lendemain, les FAMa sont revenus récupérer ces vivres et médicaments. Présentement, les provisions sont stockées à Diabaly, a confié à l’AMAP le maire de la Commune rurale de Dogofry. Selon la même source, des actions de médiation sont en cours entre les communautés pour un dénouement heureux et la même approche de pourparlers est privilégiée par les populations d’autres localités qui ont vu des milliers de leurs bêtes emportées par ces individus armés. Les ravisseurs exigent pour la remise du bétail que chacun des villages donne l’assurance qu’il n’héberge pas de chasseur selon notre source que le village de Farabougou doit ses malheurs à sa réputation de localité abritant des guerriers intrépides. Situé à la lisière de la forêt du Wagadou, Farabougou a toujours résisté farouchement aux razzias, très fréquentes dans la zone avant la pacification imposée par la colonisation. MS/KM (AMAP)

Conseil national du patronat du Mali : La bataille judiciaire a déjà commencé

Par Babba B, COULIBALY Bamako, 18 Oct (AMAP) Diadié dit Amadou Sankaré se déclare nouveau président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). De son côté, Mamadou Sinsy Coulibaly, candidat à sa propre succession, se dit réélu. La justice va trancher entre les deux camps. Ainsi, le CNPM va, progressivement et sûrement, dans une impasse qui fragilisera davantage nos opérateurs économiques dont les caisses sont mises à rude épreuve par les effets de la Covid-19 et la crise sociopolitique que vit le Mali. En effet, après l’imbroglio illustré par la tenue de deux assemblées générales électives, organisées le 26 septembre dernier par le Comité statutaire, à la demande de la liste dirigée par Diadié dit Amadou Sankaré, et le 8 octobre par le secrétariat général de la structure à la demande du bureau sortant, dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly, et candidat à sa propre succession, le CNPM est déjà au cœur d’une bataille judiciaire. En témoigne la teneur d’un communiqué de presse publié, lundi 12 octobre 2020, par celui qui se présente sur Twitter : «président du CNPM Diadié dit Amadou Sankaré». Cet avis d’information dont nous avons reçu une copie, est on ne peut plus clair : «Suite à une décision de justice, Diadié dit Amadou Sankaré, élu président du Conseil national du patronat du Mali à l’issue de l’assemblée générale ordinaire du samedi 26 septembre 2020, a été installé dans ses fonctions, ce lundi 12 octobre 2020 dans les locaux du patronat sis à l’ACI 2000 pour un mandat de cinq ans à compter de ce jour». Cette ordonnance délivrée par un tribunal aurait, ainsi, validé l’élection de Diadié dit Amadou Sangaré en l’autorisant à occuper les lieux. Et pour y tenir sa cérémonie d’intronisation à la tête du Patronat malien. Cela sous la protection des forces de sécurité. Si cette décision judicaire est fêtée comme une victoire par le bureau dirigé par Diadié dit Amadou Sankaré, elle sonne le début d’une bataille judicaire, entre les deux camps. Contacté, lundi après-midi, un membre influent du nouveau bureau de Mamadou Sinsy Coulibaly avait confirmé que son camp s’emploie pour la levée rapide et irrévocable de cette ordonnance. «La tendance Diadié a amené une ordonnance délivrée par le président du Tribunal de la Commune IV. Nous aussi, nous avons envoyé nos avocats. Nous sommes en train de les attendre. Il faut la levée de cette ordonnance. Et dans ce cas de litige, il y aura un procès», indique notre interlocuteur. Ce dernier confirme que le camp de Diadié occupait les lieux pour le moment, mais pas pour longtemps. «Nous avons commis trois avocats, qui sont à pied d’œuvre pour obtenir la levée de l’ordonnance délivrée à Diadié. Après la levée de l’ordonnance, c’est nous qui allons occuper les lieux en attendant que le procès ait lieu», commentait notre source, visiblement confiante. En attendant, c’est Diadié dit Amadou Sankaré et son bureau qui occupent le siège du CNPM depuis le lundi dernier, jour de son investiture. À l’occasion, il a prononcé une allocution solennelle au ton rassembleur. «Désormais, les élections sont derrière nous. Les élections sont l’expression de l’exercice démocratique au sein d’une organisation, il ne saurait donc y avoir ni gagnant, ni perdant et que le CNPM doit être désormais un», a déclaré Diadié dit Amadou Sankaré. Il n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage «au président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly» qui a, selon lui, su maintenir le flambeau au cours des cinq dernières années. Il a appelé ensuite à l’union : «Plus que jamais le secteur privé malien a besoin de s’unir dans toute sa diversité en vue de créer une force commune capable de mieux porter sa voix sur les chantiers clés». La réaction du bureau dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly ne se fera pas, sans doute, attendre. En attendant, l’évidence est que le secteur privé malien est plus que jamais divisé. Et il faudra plus que du temps pour recouvrer l’harmonie qui régnait dans les milieux d’affaires maliens. À titre de rappel, les hostilités entre les deux listes de candidatures ont commencé le samedi 26 septembre 2020. Ce jour-là devrait se tenir l’assemblée générale élective de renouvellement du bureau du Patronat qui comprend 20 membres et du Comité statutaire (7 membres). Élection à laquelle la liste du président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly était candidate pour un autre mandat de cinq ans, contre celle du PDG du Groupe SAER Diadié dit Amadou Sankaré. Avant le jour du scrutin, un avis du secrétaire général du Patronat, «notifié par voie d’huissier» aux deux têtes de listes, le report de l’élection prévue pour le samedi 26 septembre dernier. Pourquoi ce report ? «Quand j’ai reçu les deux listes de candidatures déposées le même jour, j’ai constaté des noms qui revenaient sur les deux listes. J’ai adressé une correspondance aux deux têtes de liste pour attirer leur attention sur la situation. J’ai transmis la liste de Coulou à Diadié et vice-versa. Les personnes concernées ont alors commencé à écrire aux têtes de liste de les retirer de leur liste au profit de l’une ou de l’autre. Une personne a demandé à être retirée des deux listes si les candidats n’arrivaient pas à s’entendre. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où les deux listes étaient incomplètes (c’est-à-dire aucune liste n’avait obtenu 20 personnes nécessaires pour la composition du bureau», expliquait le secrétaire général, rencontré à son bureau au siège du Patronat. Rappelons que l’article 11 du statut du CNPM stipule : «le bureau est composé de 20 membres. Le bureau comprend un président et les vice-présidents élus par l’assemblée générale…» Face à cette situation, «j’ai fait un avis de report, et convoqué une réunion de bureau pour le mardi 29 septembre», rappelait Modibo Tolo. Qui ajoutait que l’avis de report a été envoyé par voie d’huissier aux deux candidats et aux délégués. Le bureau du CNPM devait statuer ce mardi-là et dicter la conduite à tenir, précisait-il, ajoutant que seul le président du CNPM peut convoquer l’assemblée générale élective. Cependant, la liste de candidatures