Coopération militaire : La ministre française des Armées rencontre lundi son homologue malien à Bamako
Bamako, 2 Nov (AMAP) La ministre française des Armées, Mme Florence Parly, en visite de travail au Mali, sera reçue, lundi après-midi, par son homologue malien, le colonel Sadio Camara, dans le cadre de la coopération militaire entre Paris et Bamako, a appris l’AMAP de source officielle. Selon une source au ministère de la Défense et des Anciens combattants, Mme Parly est venue réaffirmer le soutien de la France aux autorités de la Transition dans la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel. Depuis 2013, la France a déclenché l’opération Serval quand le Nord du Mali était occupé par des hordes terroristes, puis Barkhane qui assure la continuité des opérations anti-terroristes sur le sol malien et dans le Sahel, depuis maintenant près de six ans. Malgré tout, le terrorisme a gagné, au fil des ans, le Centre et une partie du Sud du Mali. Le Dialogue national inclusif (DNI), tenu en fin décembre 2019, a recommandé aux autorités de négocier avec les terroristes locaux pour diminuer le nombre de victimes civiles et militaires. Les nouvelles autorités maliennes sont dans cette dynamique. Le Premier ministre, Moctar Ouane, l’a fait savoir au partenaire français lors de la visite à Bamako, de Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, le 26 octobre dernier. Il faut rappeler que la dernière visite de Mme Florence Parly au Mali remonte en novembre 2019, une visite au cours de laquelle elle avait renouvelé la détermination de la France à poursuivre son combat contre le terrorisme aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa). Elle avait, aussi, annoncé le déploiement, dès 2020, d’une unité de forces spéciales européennes, appelée « Takuba », afin d’accompagner les FAMa sur le terrain. Cette force opère déjà en compagnie des troupes françaises, maliennes, nigériennes et burkinabè pour traquer les terroristes dans la zone des trois frontières (Mali-Burkina Faso-Niger). Il y a un mois, le Tchad a annoncé l’envoi d’un contingent dans la même zone pour épauler le G5 Sahel et les soldats français. La visite de la ministre française des Armées, une semaine après celle du chef de la diplomatie française, est une indication claire de l’importance du dossier Mali pour Paris. L’ancienne puissance coloniale fait face à de nombreuses critiques quant à la persistance de l’insécurité au Mali, malgré la présence de soldats français. MK/MD (AMAP)
Sotrama : Le client n’est pas roi
Par Baya TRAORÉ Bamako, 2 Nov (AMAP) Insolence, propos salaces, manque de respect… rien n’est épargné aux passagers par les jeunes apprentis des chauffeurs. Résultat : les prises de bec sont monnaie courante dans ces transports en commun que beaucoup de Bamakois sont obligés d’emprunter, quotidiennement. La vulgarité des apprentis-chauffeurs à l’égard des passagers est connu des usagers des transports en commun. Cette scène illustre bien les rapports entre passagers et apprentis. «Apprenti, ma monnaie parce que je descends au prochain arrêt». Une femme d’un certain âge engage ainsi la conversation sur un ton courtois et sans animosité aucune, après avoir remis un billet neuf de 1.000 Fcfa à l’apprenti-chauffeur. Celui-ci réplique vertement et dans un langage ordurier qu’il n’a pas de monnaie. Il a même le toupet de reprocher à la cliente de lui tendre un billet au lieu d’une pièce de monnaie. «Impertinent, tu dois avoir le même âge que mon fils», revient à la charge la passagère. Le jeune apprenti ne se démonte pas et interpelle de nouveau celle qui lui rappelait le privilège de l’âge. «Je m’en fous puisque je ne suis pas ton rejeton», précise-t-il avec arrogance. Ce genre de prise de bec entre apprentis et passagers des Sotrama constitue le quotidien des transports en commun. On se demande si certains apprentis ont reçu la moindre éducation. Tant leur insolence est crasse. Modibo Doumbia, la quarantaine, est enseignant à l’école Plateau 2 de Hamdallaye. Il accepte de verser son avis dans le débat. «La Sotrama est le moyen de transport le moins cher dans notre pays. à titre d’exemple, mon trajet (Mamaribougou-Hamdallaye) me revient à 175 Fcfa en aller et autant en retour. Il est difficile de s’en passer dans ces conditions à moins d’avoir ses propres moyens de déplacement», explique-t-il. Mais pour autant, il déplore l’impertinence des apprentis et des chauffeurs de Sotrama. Ce grief est partagé par la majorité des usagers de ce moyen de transport. MAUVAISES CONDITIONS – Amara Diarra est ouvrier. Il emprunte les Sotrama depuis plus de 18 ans pour rallier son lieu de travail. Il admet simplement que c’est faute d’avoir la possibilité de prendre un taxi. Je réside à Kalaban et mon lieu de travail se trouve à Bagadadji. Je dépense 500 Fcfa par jour pour faire ce trajet en aller et retour et cela m’aurait coûté en taxi près de 4.000 Fcfa par jour. Ce qui n’est pas accessible à ma petite bourse. Pour cet ouvrier, il est clair qu’emprunter une Sotrama est pénible parce que l’usager est contraint d’accepter de mauvaises conditions de déplacement, notamment se serrer les uns contre les autres comme des sardines. Par ces temps de Covid-19, le risque de contamination est grand. Le danger lié à la crise sanitaire est venu s’ajouter aux invectives des apprentis et des chauffeurs de Sotrama. Ces énergumènes ne ratent pas d’occasion de passer leur nerf sur les usagers. Les clients sont rois partout sauf dans les Sotrama. Le problème de monnaie est très souvent le déclencheur des échanges aigres-doux entre usagers d’une part et chauffeurs et apprentis d’autre part. Chauffeurs et apprentis n’hésitent pas à distribuer des propos salaces aux clients parmi lesquels certains ne s’en laissent pas conter non plus. Aux invectives des premiers répondent les piques bien senties des autres. Pour certains usagers, les agissements peu recommandables des chauffeurs et leurs assistants résultent de la consommation de la drogue. Mariam Diarra, une habituée des Sotrama, estime qu’il faut appeler le chat par son nom. «Ce sont des drogués, des délinquants qui exercent ce métier de nos jours. Ils sont constamment sous l’effet des stupéfiants», croit savoir la bonne dame qui ajoute ne pas comprendre le manque des pièces de 50 Fcfa chez les apprentis qui ne semblent pas faire d’effort pour respecter les clients. CLICHÉS – Djibril Traoré, un apprenti qui officie sur l’axe Banconni-Railda ne partage guère ce constat. Il estime que ce sont des clichés qui pèsent sur les apprentis. «Nous ne sommes pas des drogués comme le pensent beaucoup de passagers mais nous consommons du café noir, conseillé comme étant un tonicardiaque. Nous avons aussi un jargon qui n’est nullement accepté par les usagers encore moins par la société », explique-t-il. Les tarifs des Sotrama sont fixés en fonction des destinations. Ils oscillent entre 150 et 400 Fcfa. Les apprentis estiment que les passagers doivent se prémunir de jetons avant de monter dans les Sotrama. Les passagers soutiennent le contraire. Boubacar Touré, est lui aussi un apprenti-chauffeur sur l’axe Woro cour-Taliko. Il incrimine sans autre forme de procès «la mauvaise foi» des clients. Pour lui, ceux-ci se présentent sciemment avec des billets de 1.000, 2.000, voire 5.000 Fcfa pour un tarif de 150 Fcfa. Selon Alou Touré du syndicat des transporteurs, le comportement regrettable des apprentis et des chauffeurs vis-à-vis des clients s’explique par un manque de syndicat au niveau de tous les arrêts. En présence d’un syndicaliste des transporteurs, aucun apprenti ou chauffeur n’oserait manquer de respect à un passager parce qu’il peut encourir des sanctions. Mohamed Coulibaly, secrétaire général du comité syndical des transporteurs urbains de Boulkassobougou et Djélibougou, assure ne pas faire l’avocat du diable. Mais pour lui, il est clair que certains clients sont aussi assez indélicats. Il révèle que son syndicat couvre près de 300 Sotramas qui desservent l’axe Railda-Boulkassoubougou. Il préfère insister sur l’utilité des Sotramas et le fait qu’ils constituent des lieux de convivialité et de retrouvailles. Dans les moyens de transport en commun, fait-il remarquer, les usagers ont parfois l’occasion de converser sur des sujets d’actualité ou de colporter des rumeurs. Le trajet en Sotrama est aussi un moment de retrouvailles pour certains usagers. Comme c’est le cas de ces deux anciennes lycéennes (Djénéba Diawara et Binta Diallo) qui se sont rencontrées, après s’être perdues de vue durant 11 ans. L’une des dames nous a confié son émotion lorsqu’elle a croisé par hasard sa camarade d’école dans un Sotrama. Les apprentis sont-ils en train de devenir le cauchemar des usagers ? On est en droit de sr poser
Gao : Formation de maçons pour un Projet de réhabilitation du tombeau des Askia
Gao, 2 Nov (AMAP) Plus d’une quinzaine de maîtres maçons et chefs maçons traditionnels de la ville de Gao ont été formés, durant une semaine, sur les techniques de conservation de monument historique, dans le cadre d’un projet de réhabilitation du Tombeau des Askia et de la cour de ce patrimoine culturel bâti en terre L’objectif de la formation dont le thème est la « mise à jour des méthodes, savoirs et savoir-faire technique de la maçonnerie traditionnelle » était de former les maçons sur les techniques de réhabilitation et de restauration du monument historique et de s’inspirer du document illustré contenant les spécifications et dosages essentiels, élaboré dans le cadre du programme de reconstruction du patrimoine culturel bâti des régions du nord (Tombouctou et Gao). Durant la formation, les deux architectes et formateurs, Hamidou Diallo et Abdoulaye Cissé ont développé les bonnes pratiques dans le domaine de la maçonnerie traditionnelle. Il s’agit de la conservation physique des bâtiments, l’amélioration du confort d’usage, la restauration de l’intégrité des composantes du bien, la valorisation des savoirs et du savoir-faire et la promotion des valeurs du bien. Le lancement des travaux était présidé par le conseiller spécial du gouverneur de Gao, Diabri Abdoulaye, en présence du chef de la Mission culturelle de Gao, Mamadou Samaké, et du directeur régional de la Culture, Abdoulaye Bocoum. Le représentant de l’Exécutif régional, Diabri Abdoulaye Maiga, a salué l’initiative de la réhabilitation du tombeau des Askia qui, selon lui, est un symbole de la culture songhoy et un monument historique du Mali, voire mondial, qui est menacé par les intempéries. AT/MD (AMAP)
Présidentielle en Côte-d’Ivoire : Un scrutin perturbé par endroits
Bamako, 31 Oct (AMAP) Le mot d’ordre de boycott et de désobéissance ont fait leur effet sur le vote, samedi, en Côte-d’Ivoire, dans la capitale Abidjan et certaines circonscriptions électorales où des incidents ont été signalés, malgré l’appel des autorités. Dans le quartier de Blockhauss, à Abidjan, des jeunes ont érigé des barrages, près des deux centres de vote. Et d’autres actes, de même nature, tendant à empêcher le vote, ont été posés dans la Commune de Yopougon et à Bonoua (Est), Gboguhé (Centre-Ouest), Bouadikro, Bongouanou, Brobo (près de Bouaké, dans le Centre) et à Daoukro (Centre-Est), fief d’Henri Konan Bédié. Ces actes de sabotage ont été répertoriés, essentiellement, dans des bastions de l’opposition. Au niveau de la Commission électorale indépendante (CEI), le président Ibrahime Kuibiert-Coulibaly a reconnu qu’il y a « des zones qui ont connu des troubles » qu’il a qualifiés de « mineurs ». « Sur 22.381 bureaux de vote, nous avons à peine 30 ou 40 bureaux saccagés. C’est insignifant », a–t-il dit. « Le vote a bel et bien lieu sur toute l’étendue du territoire. Nous avons 10 815 lieux de vote et 22 381 bureaux de vote », a insisté M. Coulibaly. Plus tôt dans la journée, le président Alassane Ouattara avait lancé un appel au calme. « Le vote se déroule bien et les Ivoiriens sont sortis nombreux pour voter », a-t-il notamment déclaré après avoir glissé son bulletin dans l’urne. Au même moment, son opposant Pascal Affi N’Guessan, de son côté, a fait savoir qu’il n’y a pas eu d’élection en Côte-d’Ivoire et a affirmé que les Ivoiriens avaient « boudé, dans leur très large majorité, ce coup d’État institutionnel et constitutionnel ». Depuis la France, l’ancien président du Parlement, allié du régime tombé en disgrâce, Guillaume Soro, a tweeté sur son compte : « Je ne reconnais plus Alassane Ouattara comme président de la République ». L’ancien opposant au président Laurent Gbagbo appelle le peuple à œuvrer au départ d’Alassane Ouattara. Aucun chiffre n’a pour le moment été communiqué sur le taux de participation. Selon le constat fait dans les bureaux de vote, l’affluence n’était pas au rendez-vous, ont constaté plusieurs observateurs. TC/MD (AMAP)
Côte d’Ivoire-Présidentielle 2020: Alassane Ouattara appelle à arrêter le mot d’ordre de désobéissance civile
Abidjan, 31 oct 2020 (AIP) – Le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alassane Ouattara, procédant au vote pour l’élection du président de la République, a appelé samedi 31 octobre 2020, l’opposition à arrêter le mot d’ordre de désobéissance civile parce que la Côte d’Ivoire a besoin de paix. « J’en appelle à ceux qui conduisent les mots d’ordre de désobéissance civile qu’ils arrêtent parce que la Côte d’Ivoire a besoin de paix. Nous souhaitons que tout ça puisse s’arrêter pour qu’après les élections, nous continuons le progrès », a déclaré M. Ouattara, après avoir voté au lycée Sante-Marie de Cocody. Il a dit qu’il compte sur l’ensemble des concitoyens pour appeler à la paix et leur demandé d’aller voter. “C’est un jour important pour la démocratie. Je viens de voter. Je suis heureux de l’avoir fait, et de voir beaucoup de monde ici. Je suis heureux de pouvoir faire rentrer mon pays dans la modernité, dans une consolidation de la démocratie”, a ajouté le président sortant, en lice avec le candidat indépendant, Konan Kouadio Bertin di KKB, après l’appel au boycott des deux autres candidats retenus par le conseil constitutionnel, Henri Konan Bédié (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI). Alassane Ouattara a signifié qu’à l’exception de quelques endroits isolés, une dizaine, les votes se déroulent bien. (AIP)
Mali : Les associations communautaires disponibles pour la stabilisation du pays
Bamako, 30 Oct (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a reçu mercredi, dans l’après-midi, à Koulouba, les responsables des associations Ginna Dogon, Tabital Pulaaku et Ir Ganda, venus lui exprimer leur disponibilité à œuvrer aux côtés de l’Etat pour la stabilisation du Mali et solliciter son accompagnement dans l’accomplissement de leurs missions auprès des populations. La délégation conduite par Younouss Hamèye Dicko, 1er vice-président d’Ir Ganda, était composée d’Abou Sow, président de Tabital Pulaaku, et de Hamidou Ongoïba, 1er vice-président de Ginna Dogon. « Nous lui avons exprimé d’abord toute notre disponibilité à travailler, au quotidien, aux côtés de l’Etat, dans le sens de la stabilisation du pays qui passe par la paix, la concorde et la restauration du vivre ensemble », a confié aux journalistes, le porte-parole de la délégation, Abou Sow, à l’issue de l’audience. Il a ajouté que « c’est pour cette raison, d’ailleurs, que les trois associations ont choisi de venir ensemble car elles auraient pu le faire individuellement, parce qu’elles sont porteuses du même message avec le même contenu ». Il s’agit d’un message de paix, d’amour pour tous les Maliens, les uns envers les autres. « C’est ce que nous étions venus dire au président de la Transition, tout en sollicitant l’appui de l’Etat pour permettre à ces associations de conduire leurs missions sur le terrain parce qu’elles sont, très souvent, sollicitées aussi bien par les services publics que par les populations, à tous les niveaux », a souligné M. Sow qui a signalé qu’il y a beaucoup de déplacés internes sans autres recours que ces associations lorsqu’ils sont confrontés à des problèmes particuliers. « Ces associations conduisent des missions sur le terrain : organisation de rencontres intercommunautaires, règlement de conflits entre villages, et de conflits de toute nature. C’est pour cette raison que nous avons besoin d’être appuyés et soutenus par l’Etat », a-t-il insisté. D’après le président de Tabital Pulaaku, ce sont des associations qui bénéficient d’ancrage profond auprès des populations. « Nous pouvons parler à ces populations dont nous sommes issus. Nous pouvons intervenir entre les populations lorsqu’elles ont des dissonances et des aspérités, nous pouvons contribuer à les réduire et à aplanir les difficultés entre elles », a-t-il laissé entendre, ajoutant que c’est le rôle de leurs associations. Abou Sow se réjouit d’avoir eu une oreille attentive de la part du président de la Transition qui leur a promis que l’Etat, dans toute la mesure du possible et dans le cadre des lois et règlements, fera ce qu’il pourra. L’occasion a été mise à profit pour remettre au chef de l’état, un mémorandum contenant l’ensemble des préoccupations des populations des différents terroirs. Selon le porte-parole de la délégation, ce mémorandum renferme les conclusions et recommandations formulées, depuis longtemps, par les trois associations qui travaillent ensemble d’arrache-pied et en symbiose. « Elles ont formulé ces recommandations sous forme de mémorandum dont une copie avait été remise aux autorités précédentes. Comme celles-ci demeurent toujours d’actualité, nous avons estimé que les autorités actuelles doivent en disposer », a déclaré Abou Sow, tout en précisant que les recommandations et suggestions contenues dans ce document demeurent pertinentes. DD/DD (AMAP)
Mali : Le nouveau Médiateur de la République entre en fonction
Bamako, 30 Oct (AMAP) Le nouveau Médiateur de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé, a prêté serment, vendredi après-midi, devant le président de la Transition, Bah N’Daw, a constaté l’AMAP. Nommé le 13 octobre dernier, en remplacement de Baba Akhib Haïdara dont le mandat est arrivé à terme, le nouveau Médiateur a, officiellement, pris fonction, après avoir prêté serment devant le chef de l’Etat, dans la salle des Banquets du Palais de Koulouba. Après la lecture de son décret de nomination par le secrétaire général de la Présidence, Mme Sanogo Aminata Mallé a prêté le serment suivant : « je jure et promets de remplir mes fonctions de Médiateur de la République avec honnêteté, impartialité, dans le respect des lois de la République et de ne révéler aucun secret que j’aurai obtenu dans l’exercice de mes fonctions ». La prestation de serment a eu lieu en présence du vice-président, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Moctar Ouane. DD/MD (AMAP)
Mali : Patrouille policière d’envergure à Bamako pour chasser l’insécurité
Bamako, 30 Oct (AMAP) Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a initié, depuis jeudi, une patrouille d’envergure, qui s’étalera sur plusieurs jours, dans la capitale malienne, Bamako, et environs. « De jour comme de nuit, plus de 770 éléments motorisés vont passer au peigne fin tous les coins et recoins de Bamako et périphéries afin de dénicher les nids criminogènes qui coupent le sommeil aux paisibles populations », précise un communiqué du ministère publié vendredi. En plus de la police, il y a également la gendarmerie, la garde nationale et la protection civile. Pour la circonstance, les différents directeurs et chef d’état-major concernés supervisent l’opération. Selon le conseiller technique du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile chargé des opérations, le contrôleur général Youssouf Binima, “l’insécurité à Bamako nous interpelle tous”. À cet effet, « le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a réuni toutes les forces en son sein afin de sécuriser la capitale et ses environnants » . Pour lui, “il faut que la peur change de camp et que les populations vaquent à leurs occupations dans la quietude”. Ainsi, il a demandé à la population une plus grande collaboration, en fournissant des renseignements “afin d’aider ces forces dans leur mission régalienne”. SS/MD (AMAP)
Mali : Le vérificateur général remet son rapport 2019 au président de la Transition
Bamako, 30 Oct (AMAP) Le président Bah N’Daw, a averti, vendredi, que « tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls », a appris l’AMAP de source officielle. « Qu’ils le sachent ! », a insisté Bah N’Daw, dans son discours, lors de la cérémonie solennelle de remise, au Chef de l’Etat, du rapport annuel 2019, du Bureau du Vérificateur général, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, indique un texte de la Présidence. Le chef de l’Etat a promis que, dès lundi 1er novembre, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire. « Il n’y a pas d’hésitation possible : c’est soit le Mali, soit la porte ! », a-t-il indiqué. Le Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby, a rappelé, lors de la cérémonie, les 31 missions conduites en 2019. Selon le Vérificateur général, les vérifications de performance, au nombre de huit, ont porté sur des entités en charge de la gouvernance du service public de l’Etat et des collectivités territoriales. Selon le Président N’Daw, la Transition ne pourra pas tout faire. Elle a des domaines de priorités où elle est attendue. « Dès lors, il est hors de question, pour moi, que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali. L’or du Mali brillera aussi pour le Mali. L’or du Mali brillera surtout pour le Mali », a promis le Chef de l’Etat, selon la présidence de la République. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence, notamment, du Vice-président de la Transition, Colonel Assimi Goita et du Premier ministre, Moctar Ouane. AC/MD (AMAP)
Ségou : Le bras de fer continue à la COMATEX
Par Mamadou SY Amap-Ségou Ségou 30 Oct (Oct) Sans rémunération depuis le 3 août, date de la fermeture de l’usine, les 1.300 travailleurs de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX), traversent des moments difficiles. La fermeture de cette usine, inaugurée en 1968 et qui constitue le poumon économique de la Région de Ségou, a brutalement plongé dans le désarroi des milliers de salariés. Pour justifier la fermeture de l’usine, la direction invoque des difficultés financières et le non renouvellement de la subvention et des contrats de performance. À la suite de plusieurs négociations sans suite, le comité syndical de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) de la société, profondément préoccupé par la situation, a décidé de saisir le Tribunal de grande instance de Ségou. Le délibéré de ce procès intenté par les travailleurs sera vidé mercredi prochain. Le syndicat estime que la direction a envoyé les travailleurs au chômage technique, sans tenir compte des normes du Code du travail. Depuis plusieurs semaines, les machines, qui résonnaient dans l’usine, sont totalement réduites au silence et les mauvaises herbes ont poussé dans la cour de la société, attirant des reptiles. Drapé dans un grand boubou, le visage mangé par une barbe de plusieurs jours et un foulard noué, délicatement, autour du cou, Mody Kéita, travailleur à la section filature de l’usine a, à son actif, 26 ans d’expérience. Selon lui, cela fait des années que la direction de la COMATEX tente, par tous les moyens, de fermer l’usine, afin de procéder à des licenciements. Il ajoute que, fort heureusement, cette idée n’a pas pu aboutir parce que le tandem syndicat-travailleurs veillait au grain. Avec cette mise en chômage, les milliers de travailleurs de l’usine peinent à joindre les deux bouts. Beaucoup se sont retrouvés sans ressources, du jour au lendemain. «Nous n’avons aucun sou pour subvenir à nos besoins. Nos réserves de vivres sont épuisées, notamment le mil, le riz. Nous n’avons rien à se mettre sous la dent», s’inquiète Mody Keita. «Nous sommes obligés de quémander auprès de nos familles et ceux qui sont en mesure de nous aider. Certains travaillent en tant que fabricant de briques, d’autres comme maçons, puisatiers, vidangeurs, afin de tenir la baraque », ajoute-t-il, fataliste. Marié et père de 4 enfants, Oumar H. Dembélé travaille à l’usine comme chauffeur depuis 1994. Il gagne moins de 100.000 Fcfa par mois et estime que la fermeture de la société ne fait que plonger les travailleurs dans la précarité et raviver un foyer d’anxiété. « Les Chinois ne peuvent plus, qu’ils laissent la direction de l’usine à d’autres partenaires ! » C’est la phrase que l’on entend, de plus en plus, chez les ouvriers écœurés par la mauvaise gestion. Mais, il serait injuste de jeter la pierre aux dirigeants de l’entreprise. Oumar H. Dembélé déplore également la passivité du gouvernement qui les a abandonnés à leur triste sort. Cet employé de l’usine raconte que dans leur détresse, les travailleurs de la COMATEX n’ont obtenu aucune aide, ni bénéficier des mesures sociales annoncées par l’ancien chef de l’État. S’agissant des informations qui ont circulé sur un éventuel cas de Covid-19 à la COMATEX, Adama Traoré, le délégué du personnel, dit qu’il n’en est rien. En effet, l’agent de sécurité et de gardiennage soupçonné d’être malade de coronavirus, a été testé négatif et Adama Traoré voit, à travers cette affaire, un moyen pour la direction de licencier les travailleurs. Bintou Fatoumata, une employée de l’usine indique que la COMATEX permet à de nombreuses familles de faire face aux charges qui pèsent sur leurs épaules. Elle nourrit le vœu de voir les 1.300 travailleurs reprendre le chemin de l’usine, tout comme Zakaria Coulibaly, un autre employé qui se souvient des années fastes de la COMATEX. «Avant que l’entreprise ne soit privatisée, on produisait des tissus koba, des basins, des tenues militaires… Depuis qu’elle a changé de statut pour devenir une société anonyme (SA), nous ne produisons que des fils à tisser et tissus en pagne », regrette-t-il. Notre interlocuteur évoque les cars de l’entreprise reconnaissables par leur couleur rouge et qui assuraient le transport des ouvriers matin, midi et soir. Ces cars auraient disparu en 2017 du parc auto où il n’y a plus qu’un camion pour le transport des ouvriers. Pour Zakaria Coulibaly, la mauvaise gestion et le non-respect des lois du travail expliquent la situation plus que jamais déplorable dans laquelle se trouve l’entreprise. Abdoulaye Diakité, le secrétaire général du comité syndical de l’UNT martèle, sans ambage,s que la direction a illégalement mis les travailleurs de l’usine en chômage technique au motif que l’entreprise traverse une crise financière. Il affirme que la direction s’est basée sur l’article 35 du nouveau code du travail qui stipule que « lorsque, pour des raisons d’ordre économique, commandées par des nécessités de l’entreprise ou résultant d’événements imprévisibles présentant le caractère de force majeure, l’employeur décide de mettre en chômage temporaire tout ou partie de son personnel, l’inspecteur du travail doit, au préalable, en être informé ». Selon Abdoulaye Diakité, en temps normal, les travailleurs de la COMATEX partent en congé annuel à partir du mois d’août. Cette fois, à cause du cas suspect de coronavirus, les congés ont débuté le 1er juin pour finir le 30 juin. « A la fin de ce mois, la direction a affiché une seconde notification de suspension de travail. Ensuite, elle a publié un autre avis concernant la mise en chômage technique des travailleurs à partir du 3 août », a-t-il expliqué. Abdoulaye Diakité a soutenu que ni les textes, ni le code du travail n’ont été respectés. Et d’ajouter que la direction s’est contentée juste de placarder une affiche à la porte pour annoncer la fermeture de l’entreprise, sans en informer, préalablement, le comité syndical. De sa privatisation en 1994 à aujourd’hui, la COMATEX bénéficie d’une subvention, en plus des contrats de performance, mise en place en 2009 par l’ex-président Amadou Toumani Touré, une mesure incitative qui vise à soutenir les entreprises industrielles. Ayant pris fin au mois de mai, les deux contrats n’ont pas pu être renouvelés comme d’habitude. Ce qui a provoqué

