Ecoles : La réouverture des classes n’est pas tout à fait effective

Mohamed D. DIAWARA Sidi Y. WAGUE Bamako, 3 sept (AMAP) La reprise des cours dans les différents ordres d’enseignement, annoncée pour mercredi par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a été victime de la paralysie des établissements publics, à cause de l’arrêt de travail qu’observent les syndicats de l’éducation depuis mi-août. Comme on pouvait s’y attendre, avec le boycott de toutes les activités pédagogiques décidé par les syndicats d’enseignants, les élèves, en tout cas ceux des établissements publics n’ont pas repris le chemin de l’école. Les syndicalistes avaient clairement laissé entrevoir, dans tous leurs messages, qu’ils ne reprendront qu’après l’application de l’article 39 de la loi 007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Dans les établissements publics que nos reporters ont visités, rien n’indiquait la reprise des cours. Partout régnait un calme plat. Au niveau du groupe scolaire Mamadou Goundo Simaga à Badalabougou, a Bamako, les classes étaient fermées, les élèves absents. Le coordinateur de cette école, Dramane Dembélé, présent sur les lieux, accepte volontiers de s’entretenir avec nous. Il explique n’avoir aucune information officielle sur la réouverture des classes, mieux, le Centre d’animation pédagogique (CAP) n’a pas convoqué la traditionnelle réunion sur la reprise des cours. Au niveau de l’école fondamentale Moriba Traoré de Niamakoro, même constat ! Le mot d’ordre de boycott des activités pédagogiques était bien suivi. Tout comme au lycée Aminata Ba. Dans ces différents établissements, les enseignants n’ont pas répondu présents. Si le public n’a pas repris les cours, quelques établissements privés ont rouvert. Kalilou Cissé, directeur de l’école fondamentale Maire Mamadou Sidibé, au quartier Mali, et non moins coordinateur des écoles privées du même quartier, a confirmé la reprise des cours dans les écoles privées. On pouvait constater la présence des élèves dans son établissement. « Lors des réunions préparatoires à propos des écoles privées, il y a quelques temps, nous avons rencontré au niveau d’une coordination nationale des écoles privées, le CAP qui a nous rassurés qu’une solution sera trouvée à la revendication des syndicats de l’éducation et que les cours se poursuivront », a-t-il souligné. Selon lui, la reprise était annoncée par le gouvernement pour le 1er septembre et aucun communiqué officiel n’a été fait pour dire que ça été reportée. Il relève que son établissement compte achever le programme scolaire. Il rappelle que les élèves des classes d’examen avaient déjà repris les cours. La réouverture concerne donc les autres classes qui n’ont pas pu terminer les leçons de l’année du fait de la suspension des cours liée à la Covid-19. « Les écoles privées attendent que les CAP reprennent le service pour recevoir les instructions nécessaires », a expliqué le coordinateur des établissements privés du Quartier Mali, avant d’inviter les syndicats de l’éducation à faire des concessions, en acceptant les propositions du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Pour lui, il est important de comprendre que les anciens dignitaires ont mis le pays à genou au point qu’en insistant trop, on risque de compromettre l’avenir de nos enfants. PRIVE CONTRE PUBLIC – Au lycée privé Mamadou Goundo Simaga, quelques élèves étaient présents. Selon N’golo Diarra, censeur de cet établissement secondaire situé au Quartier Mali, seule la Terminale sciences sociales (TSS) suivait les cours. Le directeur des études a souhaité voir toutes les classes reprendre les cours, au plus tard, lundi prochain. « Je pensais que le communiqué pour la reprise allait être largement diffusé à la télévision nationale et sur les radios. Hélas ! Cela n’a pas été le cas », regrette le pédagogue. Il a aussi déploré l’absence de plusieurs enseignants. Pour N’golo Diarra, la reprise vise à sauver l’année. Il propose que le gouvernement fasse composer les élèves du privé qui ont déjà épuisé le programme. Mahamadou Diabaté, élève en TSS au lycée privée Mamadou Goundo Simaga, se réjouit de la reprise des cours. Il espère que les examens se feront à date échue. Le jeune apprenant invite ses camarades à se concentrer sur leur réussite cette année. A l’école Abdoul Karim Camara à Badalabougou, les élèves du premier cycle prenaient des cours. Le directeur de l’établissement, Seydou Fémory Koné, explique être prêt à tout mettre en œuvre pour la reprise totale dans son établissement, au plus tard, lundi prochain. « On va faire peut être deux mois et demi, le temps de faire des propositions de passage en classe supérieure adressées à notre CAP », indique le directeur Koné. Quant au doyen des enseignants de cette même école, Mamadou Coulibaly, il regrette que les écoles publiques n’aient pas repris les cours en même temps que les établissements privés qui sont obligés de payer la location et les salaires de leurs enseignants mais, surtout, de trouver les moyens d’éponger au moins cinq mois d’arriérés de salaires. Elève de la 6è année à l’école Abdoul Karim Camara, Fatoumata Ballo, est contente de retrouver ses camarades de classe. L’adolescente de 10 ans, élégamment mise dans tenue scolaire de couleur marron, est pressée de voir la fin de la grève. Lundi dernier, le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, Kinane Ag Gadéda, avait rencontré les responsables d’institutions d’enseignement supérieur (IES), les universités et directeurs des grandes écoles mais, aussi, des instituts de formation pour les instruire de prendre les dispositions pour une bonne reprise des activités d’enseignement supérieur et de recherche scientifique. Il leur a aussi expliqué qu’un accent particulier doit être mis aussi sur les mesures barrières contre la Covid-19. Les responsables universitaires se sont, en retour, engagés à relever le défi malgré les multiples difficultés. MDD/SYW/MD (AMAP)
Gao : Les fruits et légumes frais sont rares et chers suite à l’embargo de la CEDEAO
Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 3 sept (AMAP) La fermeture de la frontière entre le Mali-Niger, suite à l’embargo de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur notre pays, après le coup d’Etat du 18 août 2020, a affecté la ville de Gao dans son approvisionnement en fruits et légumes frais. Ces produits sont devenus rares ou coûtent très chers dans la Cité des Askia. Mme Traoré Ami est vendeuse des fruit et légumes frais au marché Damien Boiteux de Gao. Selon elle, l’embargo porte préjudice aux vendeuses de condiments. « Avec la fermeture de la frontière du Niger, nous manquons de produits. C’est à partir du Niger que nous (vendeuses de condiments) ravitaillons la ville de Gao en fruits et en légumes (oranges, banane, pomme de terre, igname et oignons) et même les œufs », dit Mme Traoré. « L’acheminement des marchandises du Niger vers Gao prend une journée. Tandis que les marchandises qui viennent de Sikasso (dans le Sud du Mali) et de Bamako, la capitale, peuvent faire une semaine voire deux, à cause de l’état de la route. Même si nos bénéfices sur les produits du Niger sont peu, nous les préférons à ceux de chez nous parce que leur acheminement est rapide », analyse Ami. Mme Traoré Bintou Maiga est, aussi, vendeuse de fruits et légumes que nous avons retrouvée devant son étal sans produits. Elle précise que depuis l’annonce de l’embargo, les marchandises en provenance du Niger n’arrivent plus, ajoutant qu’elle est restée sans activité, au point d’entamer ses économies. La présidente de l’Association des femmes vendeuses de fruits et légumes au marché Damien Boiteux de Gao, Mme Maiga Aminatou Samba, témoigne : « le premier jour de l’embargo a coïncidé avec l’embarquement de nos marchandises composées de fruits et de légumes, au Niger, en direction de Gao. Les marchandises sont restées longtemps à la frontière nigérienne dans les camions avant d’être transférées par pinasses à la frontière malienne ». Tous les produits ont pourri à cause du temps d’attente des camions à la frontière du Niger. Résultats ? Les clients ne trouvent plus de fruits ou de légumes frais de leur choix. Selon notre interlocutrice, un premier embargo handicapait déjà Gao : l’état désastreux des routes de ravitaillement par la Région de Sikasso auquel vient s’ajouter l’embargo de la CEDEAO. « Ce deuxième embargo imposé au Mali ne fragilise pas que notre pays. Il touche aussi les autres pays de la sous région et même l’Occident, parce que des commerçants maliens font la navette entre notre pays et les autres continents », dit Mme Maiga. Le technicien en industrie et mines à la retraite, Mahamane Maiga, pense, pour sa part, que l’embargo de l’organisation sous régionale a enfoncé notre pays sur tous les plans, en particulier sur celui du développement. Issoufa Maiga est chef de la voirie à la municipalité de Gao. Il soutient que la Région de Gao sent l’embargo parce que, selon lui, le prix du carburant a connu une augmentation, en même que le prix des denrées alimentaires et, aussi, à travers la réduction de la circulation des personnes vers le Niger. Le chauffeur Alassane Touré estime que la CEDEAO veut punir la population malienne et non les meneurs du coup d’Etat. Mme Touré Alfadilatou Maiga, agent du gouvernorat de Gao, précise que la ville de Gao ne consomme que des produits en provenance du Niger. Il s’agit de la volaille, de la patate douce, des légumes et des fruits. « Hier, je suis partie au marché à la recherche de poulets de chair. A ma grande surprise, aucun produit en provenance du Niger ne se trouve sur le marché de Gao. Et même si on en trouve, c’est cher. Par exemple, la pomme de terre de Niamey que j’ai l’habitude d’acheter à 500 Fcfa le kilogramme, coûte 1.250 Fcfa et le kilogramme d’oignons, qui se vendait à 200 Fcfa, est cédé à 900 Fcfa pour la même quantité », se plaint Mme Touré. Pour l’agent d’assurance, Harouna, tous les problèmes de la ville de Gao ont pour cause la fermeture de la frontière du Mali avec l’Algérie et le manque de routes avec le Sud du pays. « Sinon, on s’en moque de l’embargo de la CEDEAO ! » lance-t-il, par dépit. Selon lui, la Région de Sikasso peut ravitailler Gao en céréales, fruits, légumes, en grande quantité. L’Algérie peut en faire autant. « Si l’Etat malien règle le problème de la fermeture de la frontière algérienne, les populations de Gao et du Mali auront tous les produits moins chers », pense notre interlocuteur. Le 2ème adjoint au maire de la Commune urbaine de Gao pense que « l’embargo va faire très mal à la population de Gao parce que la ville ne vit que des produits qui viennent de l’extérieur et du Sud de notre pays » « Il n’y a pas de routes qui relient la Région de Gao au Sud. Donc, nos seuls points de ravitaillement en produits de première nécessité restent le Niger et l’Algérie », soutient-il. Pour lui, le Mali ne peut pas échapper aux sanctions de la CEDEAO parce que le Mali fait partie de cette organisation sous régionale, tout comme il est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou encore de l’Union africaine (UA) dont il a signé les Chartes qui condamnent les coups d’Etat. « Pour soulager les souffrances de nos populations, il faut écourter la transition’, tranche-t-il. AT/MD (AMAP)
Quatre morts et des blessés dans des violences entre populations à Diandioumé, près de Nioro du Sahel
Nioro, 2 sept (AMAP) Une foule armée de bâtons et de couteaux a tué quatre personnes et blessé plusieurs autres dont une femme âgée dans un état très grave, mardi, dans le village de Diandioumé situé sur la Route internationale (RI) entre le Mali et la Mauritanie, à une trentaine de km à l’est de Nioro (Ouest). La foule a, également saccagé, entièrement, les maisons des victimes (Mamadou Diarrisso, Youssouf Sissoko, Mamadou Sylla et Mamoudou Sissoko), les accusant d’être de connivence avec la justice pour reporter un procès d’expropriation de terrains cultivables. Ce différent oppose deux des victimes (Youssouf et Mamoudou Sissoko) considérés comme des esclaves du clan de Fadé Sylla et Mamadou Sylla, d’ailleurs en détention préventive à la Brigade de Gendarmerie de Nioro. A la demande procureur, le procès préalablement prévu pour mardi 1er septembre, a été reporté au 6 octobre prochain. Des populations du village, ont mal accueilli cette décision. Certaines, comme l’adjoint à l’imam du village, Youssouf Baradji, se seraient mis à insulter le procureur. Il a été aussitôt interpellé par la Gendarmerie pour insulte puis relâché après. Le report du procès puis l’interpellation de l’imam adjoint ont mis le village en ébullition. Pour les habitants du village, cette interpellation est orchestrée par Mamadou Sylla, en complicité avec le procureur du tribunal de Nioro. Informés, l’adjudant chef major Abou Dramane Dembélé et ses hommes se sont rendus sur les lieux pour les constatations, avant de procéder à des arrestations. Les analyses ont montré des traces de bâtons et de coups de couteaux sur les corps des personnes tuées. Pour l’instant, les corps sont remis aux parents pour inhumation et les enquêtes sont en cours pour mettre la main sur tous les coupables. Depuis plusieurs mois, des conflits liés au traitement de certaines couches sociales, comme esclaves, existent dans le village. Malgré des séances de sensibilisation par des ressortissants de la localité et des ONG et en dépit des interpellations, le phénomène continue. Cette situation, qui a affecté tous les rapports entre les habitants, a divisé les populations du village et des bourgades voisines. MD/MD (AMAP)
Gao : 160 jeunes déployés pour le curage des caniveaux
Gao, 2 sept (AMAP) Le gouvernement du Mali, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a mis en place un projet dénommé « emploi et jeunes pour la paix », pour accompagner 160 jeunes des Régions de Mopti (Centre), Tombouctou, Gao et Kidal (Nord), après la période de la pandémie du Covid-19. Le projet touchera des manœuvres, chefs d’équipes et un superviseur. Munis des pelles, brouettes, gants, de pioches et de râteaux, ils vont curer les caniveaux et ramasser des débris à travers la ville de Gao moyennant 5000 Fcfa par jour et par personne. L’objectif du projet « emploi et jeunes pour la paix », dont la durée est de trois mois, est de lutter contre le chômage des jeunes du cercle de Gao, où la première phase du projet, le curage de caniveaux, a débuté en juillet. La deuxième phase a débuté au mois août et la dernière phase sera exécutée au mois de septembre. Le représentant du Conseil régional de la jeunesse de Gao, Halidou Malick, a indiqué qu’un nombre important des jeunes de Gao est déployé pour curer les caniveaux afin d’éviter d’éventuelles inondations. « C’est une initiative de l’Agence pour la promotion d’emploi (APEJ) avec le concours de ses partenaires. C’est un projet qui permet de lutter contre le chômage des jeunes mais aussi de protéger leur environnement », a-t-il relevé. Le coordinateur régional de l’APEJ à Gao, Douga Diallo, a expliqué que l’exécution du projet a été confiée à sa structure qui a l’expérience des programmes d’urgence comme les approches à Haute intensité des mains d’œuvres (HIMO). Il a ajouté que pour la bonne réussite du projet, le Comité de pilotage de l’APEJ a associé la mairie, le Conseil régional des jeunes, la Direction régionale de l’assainissement et la préfecture de Gao. AT/MD (AMAP)
De fortes pluies attendues du 31 août au 06 septembre (Météo)
Bamako, 2 sept (AMAP) Des quantités importantes de pluies sont attendues, localement, dans toutes les régions du Mali et ainsi que dans le le District de Bamako, la capitale, durant la semaine du 31 août au 06 septembre 2020, a annoncé la cellule communication du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine/Agence Mali-Météo. La répartition des pluies au cours de la semaine se fera comme suite : lundi, il est prévu des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Mardi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Taoudenit, et le District de Bamako. Par contre, des pluies sont prévues mercredi, uniquement, dans les régions de Kayes, Sikasso et Kidal. Les Régions de Koulikoro, Gao, Ménaka, Kidal et le District de Bamako doivent s’attendre à des pluies le jeudi. Quant au vendredi, il est annoncé des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et le District de Bamako seront arrosées le samedi. Enfin, il doit pleuvoir, le dimanche, dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et le District de Bamako. Selon les mêmes prévisions, la période sera caractérisée par un ciel nuageux à couvert localement et un vent dominant de composante sud-ouest dans toutes les régions du pays. Les températures maximales seront comprises entre 24°c et 45°c avec les maximales dans la Région de Taoudenit. Les minimales seront situées entre 17°c et 34°c avec la plus forte moyenne dans les Régions de Kayes et de Koulikoro. OD/MD (AMAP)
Diéma : Les candidats à la migration irrégulière n’attendent plus la fin des travaux agricoles
Par Ouka BA AMAP-Diéma Diéma, 31 août (AMAP) Le phénomène est nouveau à Diéma ! De jeunes candidats à la migration clandestine et irréguliere n’attendent plus la fin des récoltes. Ils déposent délibérément leurs outils agricoles, avant même de finir les différentes phases de désherbage des champs. Ils partent, en catimini, à l’insu de leurs parents. Ces départs vers l’inconnu ne font qu’accentuer l’insuffisance de bras valides dans cette bande sahélienne où l’agriculture et l’élevage demeurent les moteurs de l’économie locale. Selon des constats, le Cercle de Diéma enregistre, chaque année, un plus grand nombre de départ sur les chemins de la migration irrégulière. Près de 90% des jeunes, âgés de 18 à 25 ans, empruntent la route de l’incertitude ou « route de la mort », pour tenter de franchir, à leurs risques et périls, la Mer Méditerranée. Un vieil homme n’en finit pas de pleurer son fils disparu en mer. « Durant le temps qu’il a passé en Libye, explique l’homme du troisième âge, sur un ton nasillard, mon fils m’envoyait régulièrement de l’argent ». Son oncle lui avait trouvé une fille à marier. « Le jour où j’ai appris la mort de ce fils béni, je suis resté deux jours sans pouvoir avaler la moindre nourriture. La mort s’est trompée de cible. C’est moi qu’elle devait emporter à la place de mon fils », se lamente le père inconsolable. La vieille Minétou, raconte que sa dernière communication avec son fils remonte au moment où il a posé le pied sur le bateau. « Je ne suis plus parvenue à le joindre au téléphone. Dès lors, le doute a commencé à m’habiter. Quelques jours après, mon frère qui réside en France, m’a informée de son décès », dit la maman endeuillée. Dans une maison, à Nafadji, le chef de famille cache toujours la mort de son fils. « Si la nouvelle est sue, la mère et la femme du garçon seront anéanties », déclare-t-il. La traversée de la Méditerranéen ne fait plus peur à Wandé, ancien migrant, originaire de Torodo. D’ailleurs, il s’apprête à repartir en Libye. Il explique que son jeune frère a péri lorsque le bateau qui le transportait a chaviré. « De nombreux jeunes de Torodo ont succombé », déclare l’homme, venu renouveler sa carte d’identité à la préfecture de Diéma. Cette fois-ci, il compte passer par Gao, dans le Nord du Mali, pour atteindre l’Algérie, D’après lui, les migrants ont moins de problèmes, sur cette piste, à part, quelques fois, les bandits qui les rançonnent. Par contre, l’itinéraire par la Mauritanie ne prospère plus, avec les mesures imposées par ce pays. PHENOMENE CULTUREL – Dans la plupart des cas, les enfants soninkés s’en sortent. Dès leur bas âge, leurs parents leur apprennent à travailler, à adopter de « bons comportements », pour affronter les dures épreuves qui les attendent dans « les pays des Blancs ». C’est pourquoi, certains soutiennent, qu’il est difficile de voir un migrant soninké fainéant. Pour le départ, ils s’organisent en petits groupes de 3 à 5 pour effectuer le déplacement périlleux. Ils vont en Libye, pour atteindre ensuite l’Italie, la France, les Etats-Unis, etc, en passant par l’Algérie ou la Mauritanie, dans l’espoir de gagner de l’argent et aider leurs parents. Là-bas, ils créent des chaînes de solidarité et entreprennent, souvent, des actions de développement dans leur localité, à travers, notamment la construction d’écoles, de mosquées, la réalisation de forages, l’aménagement de barrages, le paiement des impôts et taxes, etc. Malgré les efforts de sensibilisation contre la migration irrégulière par le ministère des Maliens de l’Extérieur et ses partenaires, notamment l’Union européenne (UE) et l’Agence espagnole pour la coopération internationale et le développement (AECID), le nombre de départ vers les côtes, s’accroit, chaque jour, un peu plus. Dans le Cercle de Diéma, les Communes de Diéma, Diangounté Camara, Lambidou, Fatao, Béma, Madiga Sacko et Diéoura, zones à majorité Soninkés reconnus pour leur grande mobilité, la migration est ancrée dans les habitudes et les coutumes. Elle fait partie de leur quotidien, de leur culture. Les enfants qui restent ont moins de considération dans la société. Rares sont les parents qui acceptent de leur donner leur fille. Par contre, ceux qui parviennent à rentrer en Europe, ont droit à tous les honneurs. Aussi, le rêve de chaque parent, est-il d’avoir un fils à l’extérieur du pays, afin d’acquérir des moyens matériels suffisants et construire des maisons en dur. Dans les localités à prédominance bambara, la migration s’opère de façon tempérée. Généralement, cette communauté privilégie le travail de la terre dont elle tire la majeure partie de ses revenus. A côté, elle pratique d’autres activités lucratives. DRAME HUMAIN – En 2015, le bilan d’un naufrage survenu en Mer méditerranéenne a été macabre, avec 184 victimes dans la Région de Kayes. Parmi ces naufragés, 34 provenaient du Cercle de Diéma, endeuillant plusieurs familles. Une enquête du Comité international de la Croix Rouge (CICR), en partenariat avec le Comité régional de la Croix Rouge malienne de Kayes, dans plusieurs villages de la première Région, a révélé que des dizaines de migrants sont morts en Mer méditerranéenne. Cette mission avait pour objectif de procéder au Rétablissement des liens familiaux (RLF) afin de renforcer le mécanisme de mise en relation des parents avec leurs enfants dont ils sont restés sans nouvelles. La disparition de nombreux migrants a fait, aujourd’hui de nombreuses veuves. Les croyances locales qualifient ces pauvres femmes de porte-malheur. Elles sont stigmatisées, rejetées, souvent, par leurs beaux-parents. Aucun homme ne veut d’elles. «Dans notre société, quand une jeune femme perd son mari, les hommes se méfient d’elle », laisse entendre Sédifo. « Cette femme qui porte la poisse est capable de tuer jusqu’à trois maris. C’est son quatrième époux qui la conduira dans sa tombe », poursuit l’homme, en ôtant de sa bouche, un morceau de cola. En milieu soninké, avant de partir à l’aventure, on oblige le jeune garçon à prendre femme, pour lui faire subir le poids d’une certaine responsabilité vis-à-vis de sa famille et de la société. C’est pour faire en sorte qu’il n’oublie pas son village d’origine, qu’il se souvienne toujours de ses
Mali : Un civil tué et deux autres blessés par des soldats français à Gao (Barkhane)
Bamako, 01 sept (AMAP) Un bus de transport de passagers a essuyé des tirs de la Force Barkhane, mardi, faisant trois blessés dont un grave, a une cinquantaine de kilomètres de Gao, dans le Nord du Mali, a appris l’AMAP de source officielle. Selon un communiqué de l’état l’état-major français, le blessé grave, qui a été transporté à Gao pour y recevoir les soins appropriés par l’Armée française, a succombé à ses blessures. La France confirme « la mort d’un civil malien et deux autres blessés par des militaires français de la force antidjihadiste Barkhane lors d’un incident impliquant un bus ayant refusé de ralentir malgré des sommations », a indiqué la même source. AC/MD (AMAP)
Préparatifs de la concertation nationale : Consultations tous azimuts
Bamako, 01 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a annoncé pour « très prochainement » l’avant-projet des termes de référence pour l’organisation de larges concertations sur la Transition, a appris l’AMAP, lundi, en marge des pré consultations que les militaires ont engagées, au ministère de la Défense et des Anciens combattants, avec la classe politique et l’ensemble des forces vives de la nation. La rencontre, présidée par le 1er vice-président du CNSP, le colonel Malick Diaw, avec une large palette d’acteurs nationaux a permis d’échanger sur l’organisation des assises nationales devant aboutir à un consensus autour de la gestion de la Transition. A la fin de la rencontre, Dr Bocary Tréta de la coalition Ensemble Pour le Mali (EPM) a indiqué que lui et ses camarades étaient venus répondre à l’invitation du CNSP dans le cadre de ce qu’ils ont appelé « une pré-consultation » en vue d’organiser de larges concertations sur la transition. Il s’agit, selon lui, de l’organisation institutionnelle de la Transition, ses organes et sa feuille de route. «Nous avons félicité les membres du Comité pour leur initiative de consulter les forces politiques et sociales de notre pays. Nous avons marqué notre totale adhésion au processus de la Transition politique et civile qu’ils ont annoncé», a déclaré Dr Tréta, ajoutant qu’ils espèrent que les membres du CNSP tiendront parole en ce qu’ils se sont engagés à rendre le processus participatif et d’être « d’égal commerce vis-à-vis de l’ensemble des forces politiques et sociales ». «Nous avons accueilli très favorablement l’annonce faite par eux (les militaires) de rendre disponible très prochainement un avant-projet des termes de référence pour l’organisation de la concertation nationale. Nous avons annoncé que nous leur ferons parvenir, dans les jours à venir, nos propositions dans le sens de contribuer à l’élaboration desdits projets de termes de référence», a signalé le président de l’alliance EPM. Selon lui, la rencontre s’est déroulée dans une parfaite compréhension mutuelle. Ils ont donc encouragé les membres du CNSP à poursuivre dans ce sens, tout en leur donnant l’assurance que l’alliance EPM est disponible et apportera toute sa contribution à l’organisation de la Transition politique et civile qu’ils ont annoncée. Concernant la présidence de la Transition, Dr Bocary Tréta dira que du moment où il y aura une concertation nationale sur la base des termes de référence qui seront communiqués, l’alliance EPM viendra comme toutes les forces politiques et sociales dire ce qu’elle pense. Mais déjà, Dr Tréta a déclaré que les propositions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vont dans le bon sens. « Seulement, elles ont besoin d’être adaptées à la situation réelle de notre pays », a-t-il ajouté. INCLUSIVITE TOTALE – Pr Tiémoko Sangaré, président de l’Alliance pour la démocratie-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) a abondé dans le même sens. Selon lui, au niveau de la coalition EPM, ils ont déjà élaboré le draft d’un document qui sera finalisé et transmis au CNSP. « En même temps, a-t-il dit, quand nous auront le projet de termes de référence, nous allons l’analyser en fonction des différentes positions qu’ils (les militaires) auront déjà énoncées dans leur projet de document ». Pour Pr Tiémoko Sangaré, le plus important c’est que tout soit fait pour d’abord mettre les Maliens ensemble. «Il y a beaucoup de problèmes dans le pays qui ne pourront avoir de solutions que dans l’unité des Maliens. On entend beaucoup de discours mais tout cela c’est du superfétatoire », a-t-il laissé entendre, ajoutant que notre pays a, aujourd’hui, des défis importants à relever et qui doivent amener les uns et autres à accepter de dépasser certaines considérations pour se consacrer à l’essentiel. «De ce point de vue, nous avons dit aux membres du Comité l’importance d’organiser tout ce qui sera fait dans le cadre d’une inclusivité totale pour qu’à l’arrivée, tous les Maliens se sentent concernés par ce qui sera décidé et puissent, ainsi, apporter chacun du sien pour que ce qui est envisagé puisse être réalisé», a insisté le président de l’Adema-Pasj. Pour lui, la rencontre a été positive et ils ont senti la volonté, au niveau du CNSP, d’agir avec l’ensemble des Maliens et de faire face aux urgences de notre pays. C’est donc à ce titre qu’ils ont exprimé leur disponibilité à accompagner cette démarche, à jouer le rôle qui est le leur en tant que force politique dans le cadre de ce qui sera fait. De son côté, le colonel Malick Diaw a rappelé que notre pays traverse une période cruciale. Et, donc, il est important que tous les Maliens, toute la classe politique, tous les regroupements et l’ensemble des forces vives de la nation se réunissent autour d’une table dans un processus de concertation. «Les Maliens vont se réunir et échanger afin de convenir sur quelque chose pour la bonne marche de la transition», a précisé le 1er vice-président du CNSP, ajoutant que le pays a aujourd’hui besoin de tous ses fils. Il a dit que tout se passe bien et que les travaux sont en cours pour trouver un bon projet de Charte, une bonne feuille de route et, ensuite, une bonne architecture pour mettre en place une bonne Transition. Toujours dans le cadre des concertations pour la mise en place de la Transition, les membres du CNSP ont aussi, lundi, rencontré d’autres entités de la nation, notamment l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), les magistrats, le Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME), le Conseil supérieur de la diaspora du Mali (CSDM), le Patronat, les Chambres consulaires et des Ordres, le Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l’Église catholique et l’Église protestante. La longue journée a été bouclée par la synthèse de l’ensemble des rencontres au Quartier général du CNSP à Kati. DD/MD (AMAP)
Transition au Mali : Les concertations nationales prévues les 5 et 6 septembre
Bamako, 01 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) convie les différentes forces vives de la nation aux concertations nationales sur la gestion de la transition au Centre international de conférence de Bamako (CICB) les 5 et 6 septembre prochain, a appris l’AMAP de source officielle. Dans un communiqué, le CNSP indique que « ces rencontres ont pour objet de convenir de la feuille de route de la transition, de définir l’architecture et les organes de la transition, enfin de contribuer à l’élaboration de la Charte de la transition ». Les concertations autour du format de la transition, initialement, prévues, samedi, avaient été reportées, le même jour, “pour des raisons d’ordre organisationnel”. Le CNSP avait invité les différents segments de la société malienne pour échanger sur l’organisation d’une transition apaisée qui prendrait en compte toutes les aspirations du peuple malien. Mais le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) avait décliné l’invitation, regrettant « n’avoir pas été invité à ladite rencontre » OD/MD (AMAP)
Office du Niger : Évaluation de la campagne agricole
Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 31 août (AMAP) Les objectifs de la campagne 2020-2021, issus du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, sont de 896.935 tonnes de riz paddy, 392.423 tonnes de produits maraîchers et 81.796 tonnes de produits de diversification, a appris l’AMAP, lors de la 3è session ordinaire du Comité de suivi du contrat-plan, tenue, vendredi, à Ségou (Centre) Au cours de cette session, les membres du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, ont examiné et adopté le procès-verbal de la 2è session, fait le point d’exécution des recommandations issues de la précédente session et les réalisations faites par les parties durant le 1er semestre 2020, à travers l’examen du rapport de suivi de l’exécution des engagements du contrat-plan 2019-2020. A l’ouverture des travaux, le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a rappelé que la campagne agricole 2019-2020 s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes quant à la fourniture de l’eau aux exploitants agricoles, pendant la saison d’hivernage. « Cependant, a-t-il poursuivi, force est de noter que certaines difficultés majeures ont été rencontrées dans le déroulement normal de ladite campagne ». Abdel Karim Konaté a, entre autres, cité l’insécurité persistante dans les zones d’intervention occasionnant l’arrêt momentané des chantiers, la non mise à disposition des engrais subventionnés, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre engendrant un léger retard dans la mise en valeur, l’envahissement de certains réseaux par les végétaux flottants et les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants. « Malgré toutes ces difficultés, la production végétale de cette campagne affiche des résultats positifs », a assuré le PDG de l’Office du Niger. « En riziculture, a-t-il indiqué, sur une prévision de 873.773, 73 tonnes de riz paddy, 808.102, 49 tonnes ont été obtenues, soit une réalisation de 92, 48% des prévisions de la campagne ». En maraîchage, pour toutes spéculations confondues, 325.386 tonnes ont été produites et 72.854 tonnes en diversification de cultures, pour toutes spéculations confondues. S’exprimant sur la campagne agricole 2020-2021, M. Konaté a indiqué qu’elle a démarré dans un contexte marqué par une intensification des travaux d’entretien permettant ainsi une fourniture correcte de l’eau d’irrigation aux exploitants agricoles. Il a souligné la pertinence de la mise en œuvre de ce contrat-plan quinquennal qui va permettre de renforcer la contribution de l’Office du Niger à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue. Le PDG de l’Office du Niger a, également, précisé que l’atteinte des différents objectifs assignés dans le contrat-plan 2019-2023 dépendra de l’engagement des différents parties signataires dans sa mise en œuvre, la réalisation des aménagements et les réhabilitations prévues, la facilité d’accès aux exploitants agricoles aux moyens de production. S’y ajoutent le respect du calendrier agricole et l’application des techniques améliorées de production. Pour le président du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, , Joël Togo, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, les sessions constituent des moments privilégiés d’échanges entre les parties pour évaluer le niveau de mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de la zone Office du Niger. «A la lecture du dossier soumis à notre appréciation, nous avons noté que le semestre évalué a été essentiellement marqué par les faits suivants : la mobilisation de la dotation budgétaire de l’État a été de 1, 976 milliard de Fcfa sur un montant de 4,750 milliards de Fcfa, soit un taux de 41, 60%. Au 30 juin 2020, le montant recouvré était de 6.441.597.876 de Fcfa, soit un taux de 92,19%. En prenant les paiements des sociétés sucrières, le montant global recouvré a été de 6.672.585.876 Fcfa», a détaillé M. Joël Togo. Pour ce qui est de la réhabilitation, il a indiqué que les procédures de passation du marché des travaux sont en cours, Ce qui conduira à la réhabilitation de 700 ha dans la zone de Kolongo. Le conseiller technique du ministère de l’Economie et des Finances a souligné que les travaux de cadastrage des parcelles aménagées sont en cours sur 3.900 ha de Molodo Nord. «Pour l’immatriculation des terres, le processus est en cours pour le choix d’un prestataire pour la réalisation des travaux d’immatriculation de 18.907 ha dans le système du Macina, 21.000 ha dans le système du Kareri et 6.438 ha dans le système du Kala supérieur soit un total de 46.345 ha», a annoncé le président du comité, avant d’adresser ses vifs remerciements à tous les acteurs qui œuvrent pour le développement harmonieux de la zone Office du Niger. MS/MD (AMAP)

