Cernage: Une solution pour la survie des arbres de karité

Par Maïmouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) L’exploitation de karité passera du stade de survie au niveau d’opulence dans un avenir proche grâce à la technique du cernage. Elle consiste à tailler le tour du tronc l’arbre à 10 cm du sol, et à couper le gui du haut de karité avant qu’il ne fleurisse. Les agriculteurs de certaines zones sont décidés à renverser la tendance. Ainsi, 500 pieds d’arbres ont fait l’objet de cernage dans le village de Diorila. La même quantité est cernée à Kandian, localité située dans la Commune de Dialakoroba. Sétou Doumbia est l’une des épouses de la famille Doumbia. Elle est la seule femme du village de Diorila à suivre une formation de cernage. Depuis lors, elle a mis cette technique en œuvre sur tous les karités de la forêt et ceux qui ont poussé dans le champ familial. Mais elle a pris soin d’ajouter sa marque. Dans les différents villages de la commune, Sétou est heureuse de partager son savoir. Mariée et mère de 5 enfants, cette mince dame de 40 ans jouit de l’estime de la population. Ce matin, elle nous accueille, dans sa cour, souriante et entourée de ses voisins. Elle exprime sa satisfaction et sa reconnaissance aux formateurs. « Moi, je suis fière d’être la voix de l’espoir dans ma communauté. Depuis quelques mois, nous avons commencé à pratiquer la technique du cernage, après un jour de formation. Aujourd’hui, tous les arbres de karité concernés ont fleuri comme jamais. C’est notre première fois de pratiquer cette méthode. Le résultat est spectaculaire », dit-elle. La transformation du karité est une activité pénible. Le rendement est faible. Surtout pour les femmes qui n’ont pas d’autres sources de revenu et qui doivent vivre de leur production. Notre interlocutrice travaille en collaboration avec quatre autres épouses de la maison. Cette union fait augmenter leur profit tiré de cette activité pour assurer la popote. D’après les explications de Sétou, le village produit deux qualités de beurre. La première est préparée avec les fruits frais ramassés dans les champs et dans la forêt, pendant la saison pluvieuse. Les fruits sont consommés et la noix séchée. Les écales seront conservées dans un environnement sain. L’étape de la production débute après la saison. Les intempéries ne détérioreront pas le produit, surtout que la première qualité est fabriquée avec cet extrait. La seconde qualité n’a pas besoin d’autant de soin. Les noix sont ramassées dans la forêt, après la saison des pluies. Ils sont séchés, pilés et subissent la procédure de transformation en beurre qui sera vendue sur nos marchés. Sétou précise que l’exploitation du karité s’étend sur toute l’année. La collecte et la production couvrent la saison des pluies. La vente est organisée après l’hivernage. Le travail dure toute la semaine pour un mince profit. Néanmoins, les villageoises se frottent les mains, après la vente d’une partie de leur récolte d’amandes à la coopérative Sinsibéré de Safi Bougoula. Cette organisation dont elles sont membres achète à chacune de ses adhérentes 30 kg des meilleures amandes, à 150 Fcfa le kg. Notre interlocutrice garde jalousement son lot d’amandes dans un sac en plastique. Ce trésor est déposé dans un coin de la case qui sert de magasin. Les graines rapportent 4.500 Fcfa de profit. En milieu rural, la richesse se mesure en terme de têtes de moutons, de chèvres, de vaches ou même de poulets. Sétou rêve d’entrer dans ce cercle. Mais c’est difficile d’économiser sur un bénéfice de moins de 5000 Fcfa par an. Les poules pourraient se multiplier. Elles pourraient assurer l’avenir des enfants. « Mais, je ne désespère pas. La technique du cernage fait fleurir le karité dans des proportions inimaginables. Nous oublierons vite ces années de souffrance », espère-t-elle. Le cernage suscite l’espoir dans la Commune de Dialakoroba. « Aujourd’hui plus de 500 pieds d’arbre ont été traités », affirme Setou. La population de cette Commune a vite fait d’adopter la technique. Dans cette communauté dont les membres sont près du seuil pauvreté, cette innovation dans l’histoire de l’exploitation de karité est la bienvenue. Les hommes comme les femmes attendent, avec beaucoup d’espoir une bonne récolte dans les mois à venir. Les villageois de Kandian ne disent pas le contraire. Kiatou Komakara est actrice de protection de l’environnement de la Commune et membre de la coopérative Sinsibéré. Elle a été formée à la technique de cernage des arbres de karité. Cette mère et les siennes ont accepté de nous conduire en forêt pour constater l’état prometteur des arbres. Leur commentaire est sans appel : « vous avez vu comment ils fleurissent, même ceux qui ne donnaient pas de fruits, des années durant, ne font pas exception. Nous n’avons jamais été aussi rassurées dans l’exploitation de karité », assure la paysanne avec un large sourire aux lèvres. Cette cinquantenaire n’a jamais exercé d’autres métiers que cultiver son champ et produire le beurre de karité. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir adopté cette innovante technique de soin des arbres. Le karité donne des fruits une année sur deux. Certains peuvent rester deux ou quatre ans, sans donner de fruit. Ce rythme, constituait une menace pour la survie des arbres de karité dans l’avenir. La situation inquiétaitles exploitants du secteur. Les trois communes voisines (Sanankoroba, Dialakoroba et Safi Bougoula) ont conjugué leurs efforts pour interdire la coupe de bois, la vente du charbon afin de préserver la nature. Le village de Kandian ne vit que de l’exploitation de karité et la culture de l’arachide. L’organisation non gouvernementale (ONG) « Mali Folkecenter » est l’organisatrice de la formation de cernage. Cette ONG a pour mission de protéger l’environnement. En collaboration avec la population, « Mali Folkecenter » œuvre pour la protection de la forêt et lutte contre la déforestation. Aujourd’hui les populations de la Commune de Dialakoroba Sanakoroba et Safi Bougoula fondent beaucoup d’espoir pour l’avenir du karité dans ces zones. MS/MD (AMAP)  

Ténenkou (Centre): Lutte contre la cherté de la vie et pour le recadrage des évènements sociaux

Ténenkou, 13 sept (AMAP) Localité enclavée et située en zone inondée de la Région de Mopti (Centre), est, de l’avis de tous ses habitants, une ville extrêmement chère, comparée aux revenus très faibles de la grande majorité de la population. Ici le taux de chômage est très important. Les principales activités sont l’agriculture, l’élevage et le commerce. Presque qu’un habitant sur deux dépend d’un parent qui est, soit à Bamako, ou dans les pays voisins. Malgré cette situation, le coût de la vie à Ténenkou est très élevé. Zone agro-pastorale par excellence, le prix du kilogramme de viande ou de poisson est de 2000 Fcfa, le petit bol de lait à 200 Fcfa, une charrette du bois de chauffe à 20.000 Fcfa ou  25000 Fcfa, le charbon de bois à 4000 ou 5000 Fcfa, souvent. Autres difficultés auxquelles sont confrontées les populations à Ténenkou, ce sont les évènements sociaux tels que les baptêmes, les mariages ou les décès. Malgré la conjoncture économique mais aussi la  crise sécuritaire que vit le Cercle depuis 2012, les baptêmes et les mariages sont célébrés en grande pompe. Que l’on soit nanti ou pauvre, chacun célèbre son baptême ou son mariage de façon excessive avec comme conséquences des dépenses somptuaires, des endettements. Aujourd’hui quand vous avez de tels événements, au lieu de se réjouir, vous avez du souci à vous faire, face au casse-tête qui se présente à vous. Par exemple, pour un baptême, il faut avoir, tout naturellement, le mouton, puis le petit déjeuner aux invités et nos invités, selon votre bourse, du haricot ou de la viande, ensuite le déjeuner. Pour les mariages, les premières dépenses commencent par les uniformes des femmes, ensuite les dépenses directes liées au mariage et, enfin, vient la plus grosse difficulté : les contributions que les uns et autres apportent au marié. En réalité, ce sont des contributions volontaires qui sont appelées « aides aux mariés ». Ces aides sont, dans la pratique, des crédits accordés aux mariés qui devront rembourser par tous les moyens, quand leurs créanciers auront des événements similaires. De nos jours ces aides ont atteint des niveaux stratosphériques. Le phénomène est plus présent chez les femmes. Ces contributions vont de 25.000 Fcfa jusqu’à 300.000 ou 400.000 Fcfa. Face à cette dérive, qui pousse les uns et autres à user de tous les moyens pour arriver à leurs fins, les populations s’organisent pour recadrer les baptêmes, les mariages et même les décès. Ce sont les ressortissants de la ville de Ténenkou basés à l’extérieur, principaux pourvoyeurs de fonds de la ville, qui sont a l’origine de cette initiative et ont saisis les autorités traditionnelles de la ville pour mettre fin à cette pratique. Des discussions, sous l’égide du chef de village de Ténenkou, avec d’autres notabilités ont démarré pour trouver une issue à ces problèmes. Une commission a été créée. Elle est composée de trois sous-commissions : une chargée du marché, une autre chargée des évènements sociaux et, enfin, une chargée du vol de bétails qui est aussi récurrent dans la ville. Pour l’instant, seule la sous-commission chargée des évènements sociaux a commencé ses travaux. Désormais, les baptêmes et les mariages devraient être célébrés dans la plus grande sobriété. Plus de petit déjeuner ou de déjeuner lors d’un baptême. Une fois que le nom de l’enfant est prononcé, tous les invités sont priés de se retirer. Pour les mariages, les uniformes et les contributions sous forme de crédit sont également prohibés. Tout contrevenant s’expose à des sanctions. Ces mesures sont bien appréciées par les populations même si beaucoup reconnaissent aussi que les baptêmes et les mariages n’auront plus la saveur habituelle. Tous espèrent qu’elles vont être respectées par tous et qu’elles dureront dans le temps, afin de permettre aux uns et aux autres de se sortir dignement de situations parfois très difficiles. AMAP  

Mali : Une merveille de la nature qui s’appelle gombo frais

Par Maimouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) Sept femmes maraîchères, sœurs, belles sœurs, filles, belles-filles. Elles sont d’une même famille. Elles n’ont pas que le sang et les liens du mariage en commun. Elles sont unies par un grand amour de la terre. Elles tirent leur subsistance, depuis plus de cinq ans, de la culture du gombo sur une parcelle de 2,5 hectares, à Sirakoro, dans la périphérie de Bamako, la capitale malienne. Ce quartier compte de nombreuses parcelles inoccupées. Le jardin des sept maraîchères est situé à 300m de la route bitumée. En cette période d’hivernage, la culture du gombo  constitue une source de revenus pour ces femmes et d’autres du Mali, dans le cadre de l’agriculture de proximité, une opportunité économique pour des millions de femmes en Afrique. Cet après-midi de mardi, c’est l’heure de la récolte pour nos maraichères. Après de pénibles efforts pendant des semaines de travaux champêtres, le moment de réconfort. Trois grands paniers de gombo frais sont prêts. Ils seront acheminés sur le marché. Cet effort requiert une pause qu’elles observent en compagnie de leurs enfants, sous un grand arbre, au bord du champ. Les bambins jouent à la course poursuite. Les mères plaisantent entre elles. Une jeune maman est couchée à même le sol sur un bout de pagne et allaite son bébé. Tout le monde attend le repas. « En temps normal, ces paniers nous apportent 35.000 Fcfa. Mais le prix a chuté cette année. L’offre dépasse la demande parce que les gombos de Sikasso et de Bougouni et ceux de Bamako sont récoltés en même temps », rapporte Mme Camara Fatoumata Traoré. Les années passées, les grossistes venaient jusqu’à elles pour s’approvisionner. Cette année, ce sont les détaillants qui sont au rendez-vous. Les femmes du quartier sont leurs premières clientes. Elles se procurent du gombo frais auprès d’elles, avant d’aller faire le marché. Après la détente, le travail reprend jusqu’au coucher du soleil pour remplir d’autres paniers. Pour arriver à ce résultat, les productrices, dès la tombée des premières pluies, prennent d’assaut le champ. Elles partagent les 2,5 hectares en 7 parts égales.  Les courageuses maraichères cultivent, en plus du gombo, le haricot, l’arachide et du maïs pour la consommation familiale. Selon Mme Camara, elles ont choisi le gombo parce qu’il s’écoule vite et est rentable. Les tiges se reproduisent après chaque pluie. La récolte a lieu tous les trois jours. Compte tenu de sa courte taille, la culture du gombo ne permet pas de faire le nid des bandits. Les plants ne dépassent pas plus d’un mètre. Au moment où beaucoup de citadines se détournent des travaux champêtres, les sept amies natives de Bamako, expriment leur vocation pour le maraichage. « Nous vivons de la culture de gombo frais», soutient Fatoumata, un large sourire sur les lèvres. Leurs parents faisaient ce travail. Elles ont appris les ficelles du métier auprès d’eux. Aussi loin qu’elles remontent dans leur mémoire, les sept maraîchères ne se souviennent pas avoir acheté des céréales. Aujourd’hui, les terres des parents ont été vendues entraînant leur inactivité. « Notre groupe, ajoute Fatoumata, est reconnaissant envers le propriétaire de ce lot. Nous le connaissons bien. Il a eu confiance en nous. Il nous a confié sa terre sans rien nous demander en échange ». « Depuis cinq ans, nous tirons de ces parcelles de quoi couvrir toutes nos dépenses. Nous avons même une caisse que nous alimentons avec les recettes, pour parer aux situations d’urgences », indique-t-elle Il est fréquent, dans ce secteur, de voir des femmes cultiver le gombo dans une partie de la cour de leur maison. Aminata est l’une d’elles. Alors que les autres se dirigent vers le marché, pour vendre leur produit, elle fait le porte-à-porte pour liquider sa récolte. Muni d’un grand seau de gombo et d’un couteau, elle vend le tas à 50 Fcfa. En réalité, la jeune dame n’a pas de mesure arrêtée, elle les distribue selon ses affinités. Une vieille achète pour 200 Fcfa et se sert elle-même, à volonté, sous le regard amical d’Aminata qui ne l’arrête pas. Amitié oblige. C’est pourquoi, la vendeuse ne sait pas si elle fait des profits ou des pertes « moi, quand on achète, j’augmente selon le lien à la personne. Peu importe si je gagne, l’essentiel c’est de vendre ». Bougounida est une partie du marché de Ouolofobougou où les sacs de gombo sont déchargés en nombre. Il est 8 heures, Awa Sacko, grossiste, est assise entre les paniers de citrons et discute avec ses voisines commerçantes. En fait, elle a déjà fini la principale tâche de la journée. Elle quitte chaque jour sa maison, tôt le matin, pour venir distribuer le sac de gombo frais à ses clients. Elle affirme : « A mon arrivée, je trouve beaucoup de gens ici ». Tous les marchands de Bamako s’y retrouvent, même ceux de Kati. On décharge, les gombos, les goyaves, les citrons, tous les fruits et légumes selon les saisons». Awa explique qu’elle et d’autres commerçants ont des partenariats avec les cultivateurs de la Région de Sikasso (Sud). Les cultivateurs leur envoient leurs récoltes pour être vendues en gros. Notre interlocutrice vend tous les jours des gombos à raison de 10.000 Fcfa, le sac. « Un prix qui varie selon le marché », dit-elle. Elle fait un bénéfice de 500 Fcfa sur chaque sac. « A partir de 7 heures, tous les poids lourds quittent le marché et laissent la place aux détaillants de différents légumes », déclare-t-elle. La sauce au gombo est une sauce très appréciée des Maliens. C’est pourquoi il se trouve dans tous les paniers en ce moment. Fifi vient de faire le marché avec dans son seau à condiment le fameux produit. Elle indique : « Je veux préparer la soupe «kandja» avec de l’huile de palme », avant d’ajouter qu’il y a deux jours, elle en ai fait avec la pâte d’arachide. « Cette sauce est très prisée par les membres de ma famille. La sauce au gombo coûte moins cher, nécessite peu condiment, et on la réussit facilement. ». Au même moment, Oumou, la quarantaine, nous dépasse

Mali: Le M5-RFP dénonce la confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (Déclaration)

Bamako, 13 sept (AMAP) Le Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), a dénoncé, samedi, la volonté de confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et a rejeté les conclusions issues des trois jours de travaux de la concertation nationale. Dans une déclaration lue par le président de son Comité stratégique, Dr Choguel Kokala Maiga, tard dans la nuit, le M5-RFP, le M5-RFP, tout en condamnant les intimidations, dénonce « la volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP ». Il soutient que le “document final lu lors de la cérémonie de clôture n’est pas conforme aux délibérations issues des travaux des différents groupes sur plusieurs points”. Il s’agit, entre autres, de “la reconnaissance du rôle du M5-RFP et des martyrs dans la lutte du peuple malien pour le changement, le choix majoritaire d’une transition dirigée par une personnalité civile et celui d’un Premier ministre civil”. Il a, aussi, incriminé, les rajouts à la Charte “qui n’ont jamais été soumis à débats notamment sur les prérogatives du Vice-président de la transition, la composition et le mode de sélection des membres du collège de désignation du président de la transition. Mais aussi, sur l’acte fixant la clé de répartition entre les composantes du Conseil national de Transition”. AT/MD (AMAP)

Mali : Vers une Transition de 18 mois (Charte)

Bamako, 12 sept (AMAP) Les participants à la concertation nationale sur la transition au Mali dont les travaux ont pris fin, samedi après-midi, à Bamako, ont fixé la durée de la Transition à 18 mois, à compter de la date d’investiture du président de Transition, en validant la Feuille de route et la Charte de la transition par acclamation, a constaté l’AMAP. Sur la Charte de la transition, les organes suivants ont été retenus : le président de la Transition, chef de l’Etat, le vice-président, le gouvernement de Transition composé de 25 ministres au plus, le Conseil national de transition qui est l’organe législatif composé de 121 membres issus des Forces de défense et de sécurité et de l’ensemble des forces vives de la nation. En attendant, comme indiqué dans la Charte, le président et le vice-président seront désignés par un collège mis en place par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui a mené les manifestations contre l’ancien régime, s’oppose à cette partie de la Charte, estimant que le document final présenté ne correspond pas à la réalité des débats de ces trois jours. Il a dénonce, dès lors, « une dénaturation des propositions et une tentative de confiscation de la Transition par les militaires » Dans la Feuille de route de la Transition, les participants ont retenu six axes : le rétablissement et le renforcement de la défense et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance, la refondation du système éducatif, les réformes politiques et institutionnelles, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et l’organisation d’élections générales. Cette concertation nationale de trois jours, qui a réuni plus de 500 participants, avait comme objectif de réunir les forces vives de la Nation pour convenir des modalités pratiques de la Transition. Spécifiquement, il s’agissait de définir les grands axes de la feuille de route et d‘élaborer la Charte de la transition, à savoir définir les organes, les attributions, le mode de désignation et la durée de la Transition. Lors de la cérémonie de clôture, le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, a rappelé que depuis l’avènement de la démocratie multipartite, notre pays a connu des difficultés de divers ordres entravant le fonctionnement de l’Etat. « A cet effet, a-t-il ajouté, les journées de concertations étaient l’occasion pour les forces vives de la nation de discuter des préoccupations du moment et de l’avenir ». « Ce qui nous attend à présent est tout aussi ardu, c’est-à-dire mettre en œuvre les résolutions issues de ces assises », a déclaré le président du CNSP qui a pris l’engagement que le Comité ne fera aucun pas économie de ses efforts dans la mise en œuvre de l’ensemble de ces résolutions dans l’intérêt exclusif du peuple malien. « Les résultats auxquels vous êtes parvenus m’autorisent à espérer l’avènement d’un Mali nouveau, démocratique, laïc», a conclu le colonel Goïta. DD/MS/MD (AMAP)  

Une campagne agricole très prometteuse à Yélimané (Ouest)

Yélimané, 12 sept (AMAP) Une campagne agricole prolifique est attendue à Yélimané, avec la très bonne pluviométrie de cette année, selon les constats des services techniques de l’agriculture et des agriculteurs. Ils font ressortir des taux de réalisation très satisfaisants de la campagne agricole 2020-202, avec des hauteurs de pluies suffisantes au 11septembre. Les spéculations adoptées cette année sont surtout le mil, le sorgho, le maïs, le riz, le niébé, l’arachide. Le développement de toutes ces spéculations est normal. Les quantités réalisées par hectare sont de 20 pour le mil, 23.929 pour le sorgho, 127 pour le maïs, 5 pour le riz, 6.939 pour le niébé et 7.645 pour l’arachide. Le Cercle Yélimané a enregistré une quantité suffisante de pluies et même exceptionnelle, soit 492,5 mm depuis le début de l’hivernage. Toutefois, 1.087 ha de culture ont été perdus à cause des inondations survenues entre le 16 et le 17 juillet. Selon Siaka Coulibaly, chargé de suivi-évaluation au service local de l’agriculture, « la campagne donne des espoirs surtout si les pluies continent jusqu’en fin septembre ». « L’abondance de pluies a favorisé le bon développement des pâturages ce qui est salutaire pour Yélimané qui est une zone d’agriculture par excellence », selon Mamady Traoré, un agriculteur de Yélimané. AS/MD (AMAP)  

Mali : Le profil du futur président de la Transition fait débat

Bamako, 12 sept (AMAP) La question du futur président de la Transition au Mali, qui, dans le document présenté aux participants, devrait être choisi par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a fait l’objet de discussions, au deuxième de la concertation national, a constaté l’AMAP, Cette option ne fait pas l’unanimité au sein des participants du groupe en charge de la question du choix du président de la Transition. Pour Issiaka Kobori de la Confédération syndicale des travailleurs (CNSP), le CNSP doit désigner le président en concertation avec le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Quand certains ont proposé un civil, d’autres optent un militaire. Fousseyni Sanogo de la jeunesse M5-RFP a plaidé pour un président et un Premier ministre civils. Pour Nouhoum Togo, Conseiller et porte parole du Chef de file de l’opposition politique malienne , Soumaila Cissé il faut un civil ou un militaire à la retraite ayant la capacité de galvaniser les Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre le terrorisme et obtenir la confiance des partenaires. Tel n’est pas l’avis de Mme Bagayoko Mariam Coulibaly, présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) de Kati. Pour elle, seul un militaire à la tête de la Transition pourra mettre fin aux morts quotidiens chez les militaires dont un grand nombre vient de Kati. Plusieurs intervenants ont souhaité un militaire à la vice-présidence de la Transition. A propos du Conseil national de transition, organe législatif, au lieu de 51 membres prévus par le projet de Charte, les participants ont proposé 100 membres. DD/MD (AMAP)    

Mali : Huit morts dans différentes attaques terroristes dans le Sud

Yorosso, 12 sept (AMAP) Deux agents des Eaux et forêts ont été enlevés puis exécutés, jeudi, dans la forêt, par huit individus armés non identifiés, entre Boura et Yorosso, dans la Région de Koutiala (Sud), a appris l’AMAP) d’une source locale proche du service des Eaux et Forêts. Leurs corps sans vie ont été découverts l’après midi, à 10 km de Boura par des renforts dépêchés sur les lieux. Une ambulance a sauté sur un Engin explosif improvisé (EEI), le matin, dans la même zone, lorsqu’elle évacuait une femme malade au Centre de santé de référence (CSRéf) de Yorosso. Les sept personnes à bord ont, toutes, perdu la vie sauf le chauffeur qui a été grièvement blessé et évacué à Koutiala. Parmi les victimes une élève infirmière et la femme malade. Les corps qui ont pu être récupéré sont admis au CSRéf de Yorosso. Les agents auraient été tués, après épuisement de leurs munitions suite à des échanges de tirs avec leurs assaillants, ajoute la source. Cette zone, située à mi-chemin entre la partie Centre et Sud du pays, est devenue un repaire pour les groupes armés terroristes. Mais, ce mode opératoire est le premier du genre dans le cercle de Yorosso. Depuis le début de l’année, des attaques meurtrières récurrentes y ont fait plusieurs victimes dans les rangs des forces de défense et de sécurité ainsi que parmi la population civile. En dépit de la multiplication des efforts des Forces armées maliennes (FAMa). AT/AYG/MD (AMAP)  

Crise scolaire : Les cours reprennent lundi, selon une source officielle

Bamako, 11 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a signé à Kati un accord avec la Synergie des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016 sur l’application, en novembre, de l’article 39 de la loi n°007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale, a appris l’AMAP de source officielle. Après plusieurs pourparlers, les deux parties se sont, enfin, entendues sur 10 mois de rappel en novembre, 6 mois de 2019 en décembre prochain et 6 mois en mars 2021, ajoute la même source Les syndicats, qui avaient proposé l’alignement au mois de septembre 2020, avaient accepté de le décaler en octobre 2020. Mais le CNSP voulait toujours que l’alignement soit effectué en novembre 2020. Selon cette source, en contrepartie, la reprise effective des cours dans les écoles de l’enseignement secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale est prévue à partir du lundi 14 septembre 2020 sur toute l’étendue du territoire national. Le 2ème vice-président du CNSP, le colonel Sadio Camara, a présidé la rencontre d’aujourd’hui. Le CNSP et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 s’etaient retrouvés, jeudi, pour la 4è fois consécutive, afin de trouver un accord sur l’application de l’article 39 de la loi n°007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Le colonel Sadio Camara, appuyé par les techniciens du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et du ministère du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, a discuté pendant quatre heures avec les syndicats, en présence des conciliateurs. A l’issue de la rencontre, le porte-parole des syndicats de l’éducation, Adama Fomba, a confié à la presse que lors des précédentes rencontres avec le CNSP, la date de l’alignement constituait «le point de blocage des négociations Les syndicats de l’Education conditionnaient la reprise des cours et la tenue des examens de fin d’année « à l’application immédiate, complète et pleine de l’article 39 » OD/MD (AMAP)

Gestion de la transition : Débats houleux au second jour de la concertation nationale

Bamako, 11 sept (AMAP) Au second jour de la concertation nationale sur la transition, les débats ont été houleux dans les cinq groupes de travail mis en place pour cette occasion. La journée a été consacrée aux propositions sur la charte de la transition. Ces réflexions portent sur un document de huit pages, élaboré par les experts commis à cette tâche par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP). De nombreuses propositions ont été faites au niveau du groupe 1 pour améliorer le document. L’ancien ministre Zahaby Ould Sidi Mohamed a proposé de citer les organes de la transition et d’uniformiser le mode de désignation pour le président et le vice-président. L’article 10 dit que le Conseil national de la transition est l’organe législatif. Et qu’il est composé de 51 membres répartis entre les représentants du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), des forces de défense et de sécurité, des partis et regroupements politiques, des organisations de la société civile de l’intérieur et de la diaspora, des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Alors qu’au niveau de l’article 13, il est dit que cet organe sera composé de 25 membres répartis entre les entités cités plus haut. Le président du Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) a proposé que le président de la transition soit un civil. Pour Niankoro Yeah Samaké, il faut respecter les engagements pris par notre pays qui est membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Selon lui, cette organisation dit que le président et le Premier ministre doivent être des civils et il faut s’y plier. Concernant la durée de la transition, il propose 12 mois. Le gouverneur de Taoudeni, Abderrhamane Ould Meydou n’est pas de cet avis. Pour lui, les Maliens ont leurs propres problèmes et ce n’est pas la CEDEAO qui viendra les gérer à leur place. Il pense qu’il faut donner le temps aux Maliens de les gérer. Il a rappelé que depuis les années 90-91, notre pays tourne en rond. Et ce sont les mêmes personnes qui dirigent ce pays. C’est pourquoi, il propose que même si c’est un sergent de l’armée qui a les capacités, il faut lui confier les destinées du pays. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a fait plusieurs observations. La première porte sur le rapport entre la charte de la transition et la Constitution. Selon lui, le document viole la Constitution. A cet effet, il dira qu’il faut « suspendre la Constitution soit s’y conformer ». En plus, le président du parti Yèlèma pense qu’il y a trop d’institutions dont une transition n’a pas besoin. Il a proposé deux institutions: le Conseil national de la transition dirigé par un chef d’Etat civil qui n’aura pas le titre de président de la République et un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil également. Cheick Tidiane Sangho du Conseil national de la jeunesse (CNJ) abondera dans le même sens. Il a dénoncé plusieurs parties de la charte qui violent la Constitution. Il sera interrompu dans ses propositions par les jeunes du M5-RFP. N’eut été l’intervention des militaires, la tension allait aboutir à un affrontement entre jeunes du M5-RFP et du CNJ. Dans le groupe 2, Seydou Diakité a demandé qu’il y ait une enquête sérieuse de moralité pour tous ceux qui vont gérer la transition depuis le président. Modibo Doumbia propose de ne pas limiter l’âge pour le poste de président de la République afin d’éviter des problèmes dans l’avenir. DD/OD/MD (AMAP)