60 ans d’indépendance du Mali: Les célébrations à travers le pays
Bamako, 23 sept (AMAP) De Kayes 9Ouest) à Gao (Nord), en passant par Koulikoro (pres de Bamako), Macina et Mopti (Centre), les Maliens ont fêté, le mardi 22 septembre 2020, le 60e anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, a constaté l’AMAP. Le trait commun de la célébration du 22 septembre 2020 demeure le défilé militaire dans toutes les capitales régionales, présidé soit par l’autorité militaire ou administrative. A Gao, après la revue des troupes, le directeur de cabinet du gouverneur de Gao, Cheick Fanta Mady Bouaré, a salué la montée en puissance des forces de défense et de sécurité du Mali, avec la collaboration des forces partenaires. A Mopti, l’évènement a été placé sous le signe d’un nouveau départ, d’une nouvelle opportunité pour le Mali dans la cohésion sociale. Lors des festivités sur la Place d’armes, le gouverneur, le Général Abdoulaye Cissé, dira qu’une fête d’indépendance renvoie toujours à un devoir de mémoire et est « l’occasion de jeter les bases pour transcender les nombreux défis ». La particularité à Macina a été la veillée nocturne au rythme des tam-tams dans toute la ville, dans la nuit du 21 au 22 septembre 2020. La célébration de l’accession à l’indépendance a, aussi, été marquée dans cette localité par une course de pirogues dont les trois premiers ont été récompensés. A la place de l’indépendance de Koulikoro, le gouverneur, le général Débérékoua Souara, a saisi l’occasion pour inviter les partis politiques à s’impliquer dans la révision des listes électorales, à partir du 1er octobre prochain. Il a, aussi, indiqué que les prévisions de la campagne agricole sont estimées à 1 million de tonnes dans sa région soit 15% de la production nationale. La fête de l’Indépendance a été placée sous le signe du souvenir à Kayes. Elle a eu lieu au camp Mamadou Lamine Dramé. Le gouverneur de la Région, l’inspecteur général de police Mahamadou Zoumana Sidibé, a demandé aux populations plus de patriotisme et de civisme dans un pays qui traverse, actuellement, « une période particulièrement difficile de son existence ». AT/BMS/AM/AOKK/DC/OD/MD (AMAP)
Mali : Nouveau départ, nouvelle opportunité
Par Massa SIDIBE Bamako, 23 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) aura réussi l’exercice de son premier discours à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance du Mali. Le colonel Assimi Goïta a posé le diagnostic sur l’état du pays et dévoilé les remèdes que le pouvoir intérimaire entend utiliser pour guérir ce grand malade qu’est devenu le Mali. Par devoir de mémoire, le colonel Assimi Goïta a, de prime abord, rappelé les sacrifices consentis par le premier président du Mali, Modibo Kéita, et ses compagnons, ainsi que les idéaux dont ils étaient porteurs. Très rapidement, le discours a glissé sur les questions brûlantes de l’heure avec en tête la situation sécuritaire du pays. Il a assuré que nos forces de défense et de sécurité se battent avec bravoure malgré la complexité et la nature non conventionnelle de la guerre asymétrique. « Je voudrais vous faire la promesse que nous gagnerons la guerre qui nous a été imposée », s’est engagé le président du CNSP qui n’ignore pas que cette victoire passe par le renforcement de la mobilisation, de la formation et de la mise dans les conditions matérielles et morales de nos forces de défense et de sécurité. « Les mois à venir doivent être des mois de résultats et d’engagement décisifs pour que le Mali recouvre rapidement toute sa sécurité sur tout son territoire », a ajouté celui qui vient d’être désigné vice-président de la Transition. Le colonel Assimi Goïta a, également, évoqué l’épineuse situation de l’école parmi les « urgences du moment ». Il a insisté sur la nécessité de l’amélioration substantielle de la condition enseignante. A ce propos, l’application de l’article 39, grâce à l’accord obtenu, récemment, entre les syndicats concernés et le CNSP, constitue une avancée significative. Le président du CNSP est en phase avec l’opinion dont l’idéal de changement et le désir de rompre avec des pratiques peu orthodoxes sont manifestes. A preuve, il a indiqué qu’il est impérieux de veiller à ce que les élections, mécanisme essentiel du jeu démocratique, se tiennent désormais dans la transparence et sans parti pris de l’administration. Concrètement, le colonel Goïta a recommandé que les listes électorales soient fiables sans doublons et que les scrutins se tiennent avec une enveloppe financière raisonnable. L’officier supérieur n’a pas manqué de montrer du doigt d’autres maux qui plombent le développement du pays : la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité, le favoritisme… A ce propos, le colonel Goïta s’est dit convaincu que « la Justice jouera pleinement sa partition dans la reconstruction du Mali nouveau ». « Je vous donne l’assurance, chers compatriotes, qu’à la faveur des réformes majeures envisagées, l’immunité ne sera plus un obstacle juridique aux poursuites judiciaires en matière de délinquance financière et économique », a martelé le président du CNSP. Concernant l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le colonel Assimi Goïta souscrit pleinement à sa « mise en œuvre intelligente et efficiente en vue de créer les conditions optimales d’une paix durable ». De même, il a annoncé la mise en œuvre des conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) « avec toute la diligence requise ». Le président du CNSP compte sur le soutien de nos partenaires étrangers. A cet effet, il a remercié la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la communauté internationale pour l’intérêt qu’elles portent à la résolution de la crise multidimensionnelle que vit le Mali. MS/MD (AMAP)
Dépôt de gerbe de fleurs : Le colonel Assimi Goïta exhorte à l’union sacrée
Bamako, 23 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a déposé, lundi, une gerbe de fleurs au monument de l’indépendance, à l‘occasion de la célébration de la soixantième anniversaire de l’indépendance du Mali (22 septembre 1960- 22 septembre 2020), respectant une tradition solidement ancrée. Outre des membres du CNSP, du chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra et l’ambassadeur du Maroc au Mali, Hassan Naciri, beaucoup de nos compatriotes avaient également fait le déplacement pour être témoins de l’évènement. Pour la circonstance, un impressionnant dispositif de sécurité quadrillait les lieux. C’est précisément à 8 heures 55 minutes que le véhicule blindé transportant le chef du CNSP s’est immobilisé sur la place. À sa descente, il a été accueilli par les membres du CNSP, la hiérarchie militaire ainsi que les autorités administratives et politiques du District de Bamako. Ensuite, celui qui est fraîchement désigné comme vice-président de la Transition, a fait le salut au drapeau national, avant la sonnerie aux morts. Le colonel Assimi Goïta a, ensuite, déposé la couronne de fleurs au pied du Monument de l’indépendance. Le président du CNSP, s’adressant à la presse, a indiqué que « ce geste, dont la portée symbolique est immense, est un témoignage de reconnaissance envers les pères fondateurs de l’indépendance du Mali, à savoir le président Modibo Keïta et ses compagnons ». Assimi Goïta a souhaité que cette action de dépôt de gerbe de fleurs soit pérennisée dans notre pays. «C’est un sentiment de fierté et de gloire envers toutes les personnes qui, de près et de loin, se sont sacrifiées pour l’indépendance du Mali», a-t-il dit, avant d’inviter le peuple malien à l’union sacrée. Il a demandé à nos compatriotes de soutenir les forces de défense et de sécurité qui déploient des efforts, nuit et jour, pour ramener la sécurité et la paix au Mali. « Les mêmes efforts de soutien et d’accompagnement des Maliens doivent aller vers des forces partenaires telles que Barkhane, Minusma et Takuba », a ajouté Assimi Goïta. BD/MD (AMAP)
60è anniversaire de l’indépendance du Mali : Commémoration dans la sobriété
Par Issa DEMBELE Bamako, 23 sept (AMAP) Malgré le contexte particulier, les autorités maliennes ont tenu à marquer le caractère historique de la célébration de l’anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale. Les festivités, tout en gardant leur solennité, n’avaient pas l’éclat habituel. Soixante ans après son indépendance, le Mali apparaît plus fragilisé que jamais par l’instabilité institutionnelle, le terrorisme, le communautarisme mortifère qui décime les populations de certaines régions… Le défi sécuritaire est si complexe qu’il ne pourrait être relevé que dans un sursaut national, avec l’appui des forces étrangères partenaires. D’où cet appel du président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) : «Je demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité dans les efforts qu’elles déploient pour ramener la paix et la sécurité au Mali (…) de soutenir également les partenaires ». Le colonel Assimi Goïta s’exprimait ainsi au terme du défilé militaire qu’il a présidé, mardi, sur la Place d’armes du 34è Bataillon du Génie militaire. Plusieurs personnalités y ont assisté, notamment des anciens Premier ministres et ministres, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de pays accrédités dans notre pays. À son arrivée, le président du CNSP a d’abord passé en revue les troupes appelées à défiler, sur les notes de la fanfare du génie militaire. Ensuite, des sections de corps militaires et paramilitaires ont paradé devant des officiels et d’une foule d’anonymes. Cette année, l’évènement était empreinte d’une certaine sobriété. Les effectifs ont été considérablement réduits : deux sections au maximum par corps. Et aucun véhicule motorisé. À la fin du défilé, le colonel Assimi Goïta a rendu hommage aux pères de l’indépendance, tout en rappelant qu’il incombe à tous les Maliens de tenir le flambeau afin de léguer un Mali stable et prospère aux générations futures. Il a magnifié le courage des forces de défense et de sécurité qui œuvrent, au quotidien, pour assurer la sécurité des personnes et du territoire national. Ainsi, a-t-il appelé à l’union sacrée autour du Mali et de ses forces armées et de sécurité, qui ont besoin du soutien de l’ensemble du peuple. Il a réclamé le même soutien pour les partenaires, tels que «Barkhane, la Force Takuba, la Minusma et la Force conjointe du G5 Sahel». Le désormais vice-président du Mali a, par ailleurs, rappelé que le CNSP a toujours placé l’intérêt supérieur du Mali au-dessus de tout. Raison pour laquelle, il s’est soumis aux principes de la CEDEAO, en désignant un civil pour diriger la transition. «Je pense que dans les jours à venir la CEDEAO va lever les sanctions pour le bonheur de la population malienne», a-t-il espéré. Après avoir été membre de la Fédération de l’Afrique occidentale française (AOF) jusqu’en 1958 et fait partie d’une éphémère fédération avec le Sénégal, le Mali, jadis connu sous le nom de Soudan français, a proclamé son indépendance le 22 septembre 1960. Soixante ans après, la question de l’indépendance est toujours d’actualité. Le pays est confronté à des problèmes d’ordre sécuritaire qui ont conduit à la présence de forces étrangères sur son territoire. Ce qui fait dire à Issiaka Sacko, venu assister au défilé, que «le pays s’est détourné de ses promesses et n’est indépendant que sur le papier». Un autre compatriote pointe un doigt accusateur vers les politiques. Pour lui, « en 1991, l’avènement de la démocratie avait installé l’espoir d’un changement. Déjà alors, le Mali souffrait d’un sous-développement endémique. Pourtant, depuis trente ans, le pourrissement s’accentue ». «La corruption s’est institutionnalisée», selon un sous-officier sous couvert de l’anonymat. Aussi alarmant que terrible, ce constat ne devrait pourtant pas décourager les Maliens qui veulent préparer une alternative positive. Les jeunes regardent l’avenir avec espérance. Mardi, ils étaient nombreux à acclamer les forces de défense et de sécurité. «Tous ces problèmes sécuritaires ne seront, bientôt, que de mauvais souvenirs», nous a confié le jeune Mohamed Sidibé. Pour son camarade de classe, Adama, «la stabilité, la justice et l’État de droit doivent reprendre corps au Mali». Et le nouveau départ amorcé depuis le 18 août dernier est, de son avis, l’opportunité ultime. ID/MD (AMAP)
Désignation du président de la Transition : L’objection du M5-RFP
Bamako, 23 sept (AMAP) Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), par la voix de Choguel Kokalla Maïga, le président de son Comité stratégique, a indiqué, lundi, à Bamako, n’avoir pas pris part aux travaux du Collège de désignation du président de la Transition. Réagissant à l’annonce du choix du colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, comme président de la Transition, M. Maiga a expliqué que le M5-RFP a été saisi par écrit par le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) pour lui demander de désigner deux représentants au collège. « En retour, le M5-RFP a adressé un courrier au Comité militaire pour lui demander un certain nombre d’informations en l’occurrence, la composition du collège, la qualité de ceux qui y participent, la clé de répartition, les critères de désignation du président et du vice-président », a-t-il dit,. Choguel Kokalla Maïga a, aussi, ajouté que le M5-RFP a demandé au CNSP de lui communiquer la version finale consolidée issue des travaux ayant réuni ses experts et ceux du CNSP. « Mais le CNSP n’a jamais donné suite », a-t-il indiqué, précisant que l’autorité morale du M5-RFP, Mahmoud Dicko, a été invitée par le Comité comme personne ressource pour siéger au collège. De leur côté, les autorités religieuses (chrétiennes et musulmanes) ont adressé une lettre commune au CNSP, suite à l’invitation qui leur a été adressée de prendre part au collège de désignation. Dans cette missive, les Eglises chrétiennes expliquent qu’elles s’abstiennent de faire partie du collège, au regard de leur mission, mais que leur accompagnement par des prières et des bénédictions, est acquis. Quant au Haut conseil islamique du Mali (HCIM), il a désigné Thierno Hady Oumar Thiam et Mamadou Diamoutani pour le représenter aux travaux du Collège de désignation. La double investiture du président de la Transition, Bah N’Daw, et du vice-president de laTransitiop, le Colenel Assimi Goita, est prévue vendredi. DD/MD (AMAP)
Bah N’Daw, président de la Transition : Un homme de droiture
Bamako, 23 sept (AMAP) Depuis le lundi dernier, conformément aux recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Maliens connaissent celui qui va diriger la Transition. Il s’agit du colonel-major à la retraite, Bah N’Daw. Un homme pragmatique, qui a derrière lui une brillante carrière au sein de l’institution militaire. Celui qui va présider aux destinées de notre pays durant les 18 mois à venir est un militaire à la retraite. Il avait remplacé, en 2014, Soumeylou Boubèye Maïga au ministère de la Défense et des Anciens combattants dans le gouvernement dirigé par Moussa Mara. Ce remaniement était intervenu quelques jours après le revers subi par les Forces armées maliennes à Kidal face aux mouvements armés irrédentistes. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou (Centre), celui qui a été désigné pour diriger la transition a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’Air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il fut incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée le 1er juin 1973. L’année d’après, il était désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-URSS. En mars 1976, le jeune militaire Bah N’Daw intègrera la toute nouvelle Armée de l’Air. Titulaire d’un brevet d’étude militaire supérieur en France, il est aussi breveté de l’Ecole de guerre en 1994. Bah N’Daw est issu de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ex-Union des Républiques socialistes et soviétiques (Ex-URSS) où, il a suivi plusieurs stages. Autres faits marquants de sa riche carrière au sein de l’institution militaire : aide de camp de l’ancien président Moussa Traoré, chef d’état-major de l’Armée de l’Air, chef d’état-major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef du cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’équipement des armées, chargé de mission au ministère de la Défense et des Anciens combattants. Bah N’Daw a, aussi, été le directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). Officier de l’Ordre national, il a été décoré des médailles du mérite militaire et du mérite national. Le nouveau président est connu pour être un homme pragmatique est polyglotte. Il parle français, russe, anglais et bamanan. Depuis la démission de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août dernier, nos compatriotes retenaient leur souffle pour connaitre le profil de la personne qui doit diriger la transition, vu la situation difficile dans laquelle se trouve le Mali. Certains optaient pour une transition dirigée par un militaire, d’autres voulaient un technocrate aux compétences et la bonne moralité avérées. Les débats de rue se sont transportés dans les salles du Centre international de conférences de Bamako (CICB) les 10, 11 et 12 septembre où, s’est tenue la Concertation nationale sur la transition. A l’issue de ces assises nationales, une Feuille de route et une Charte de la Transition ont été adoptées par les participants. Un mini-sommet de la CEDEAO s’est tenu à Accra au Ghana, au début du mois, sur la situation politique dans notre pays. Une délégation du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec à sa tête son président, le colonel Assimi Goïta, y a pris part. Les résolutions des assises nationales sur la transition y ont été exposées. A l’issue de ce mini-sommet, les chefs d’Etat de la Cedeao sont restés sur leur position. S’ils ont accédé à une transition de 18 mois, ils ont exigé que celle-ci soit dirigée par un président et un Premier ministre civils. Ils ont donné un ultimatum au CNSP pour mettre en œuvre ces recommandations et en ont conditionné la levée des sanctions contre notre pays. Dès son retour au pays, le CNSP s’est attelé à la mise en place d’un collège de désignation du président et du vice-président de la transition. Ce collège a donc choisi comme président de la transition, le colonel-major à la retraite Bah N’Daw et comme vice-président, le colonel Assimi Goïta. DD/MD (AMAP)
Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger
Par Ahmadou CISSE Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont. La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe. La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité
Commémoration du 22 septembre : Le colonel Assimi Goïta demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité.
Bamako, 22 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a appelé, mardi, le peuple malien à un soutien aux forces de défense et de sécurité. « Je demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité dans les efforts qu’elles déploient pour ramener la paix et la sécurité au Mali (…) de soutenir, également, les partenaires », a déclaré le colonel Goïta. Il s’exprimait au terme du défilé militaire qu’il a présidé sur la Place d’armes du 34è Bataillon du génie militaire, dans le cadre de la commémoration du 22 septembre, date anniversaire de l’Indépendance du Mali. “Le défi sécuritaire est si complexe qu’il ne pourrait être relevé que dans un sursaut national, appuyé par les forces étrangères partenaires”, a ajouté le président du CNSP. Plusieurs personnalités ont assisté à cette ceremonie, notamment des anciens Premiers ministres et ministres, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de pays accrédités au Mali. Cette année, l’évènement a été différent du traditionnel rendez-vous républicain. Les effectifs ont été considérablement réduits : deux sections au maximum par corps. Et aucun véhicule motorisé n’était présent. A la fin du défilé, le colonel Assimi Goïta a rendu hommage aux pères de l’Indépendance, tout en rappelant qu’ “il incombe à tous les Maliens de tenir le flambeau afin de léguer un Mali stable et prospère aux générations futures”. ID/MD (AMAP)
Ségou : Les vendeuses de pastèques se frottent les mains
Par Abdoulaye TALL AMAP-Ségou Ségou, 22 sept (AMAP) A la faveur de l’hivernage, période propice aux fruits et légumes, la pastèque, depuis quelques mois, inonde les étals, trottoirs et marchés de Ségou, la capitale des Balanzans. De forme sphérique, comme un ballon de rugby, et de couleur verte, elle s’invite à l’entrée des repas comme au dessert. La pastèque a longtemps conquis les papilles des plus gourmands. Bien appréciée, elle s’est taillée une place au soleil, en raison de ses multiples vertus. Chaque jour, une poignée de femmes arpentent la ville de Ségou, à bord de charrettes tirées par des ânes, incroyablement chargées de pastèques destinées au marché. Certaines vendeuses de fruits prennent d’assaut les trottoirs qui constituent des endroits stratégiques pour mieux vendre leurs produits et en tirer des bénéfices. Ces braves femmes, qui vendent ce précieux fruit, ne se plaignent pas. Elles parviennent à nourrir leur famille, avec le revenu tiré de la vente de pastèques. Leur commerce attire, au quotidien, de fidèles clients qui viennent de divers horizons. Tous les matins, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, Fatoumata Traoré étale ses pastèques en bordure de route, à proximité de l’espace culturel Meru Ba. Assise sur une chaise, à l’ombre d’un grand parasol, la jeune vendeuse excelle dans le commerce de fruits depuis 15 ans. Grace à sa force de persuasion, Fatoumata Traoré s’est bâtie une bonne notoriété. Elle a, aussi, su fidéliser sa clientèle. Elle ravitaille constamment certains vendeurs ambulants et commerçants de Ségou qui prennent, en moyenne, une trentaine de pastèques à crédit. Fatoumata Traoré affirme que grâce à ce commerce, elle arrive à subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Comme contrainte, elle souligne que souvent, il lui arrive de se retrouver avec des pastèques pourries sur les bras. Certaines sont endommagées à cause du mauvais état de routes et d’autres finissent leur parcours dans les décharges publiques, avant d’être englouties par les ruminants. Plus loin, nous avons rencontré Oumou Diallo. Cette vendeuse avait les yeux rivés sur ses pastèques, soigneusement alignées les unes à côté des autres. Ses gros fruits sucrés et juteux viennent pour la plupart de Niono, de Pogo, de Monimpé et de Tona. A en croire cette commerçante, le marché est florissant et tout le monde en raffole. Le rouge éclatant de la pastèque et son goût exquis laisse rarement indifférents les consommateurs. «Le prix oscille entre 500 Fcfa et 2.000 Fcfa. Nous recevons chaque jour des clients qui aiment bien nos pastèques», déclare Oumou Diallo, qui arrive à générer un bénéfice de 4.000 voire 14.000 Fcfa, par jour. Atou évolue, également, dans le commerce de fruits depuis 6 ans. Elle gagne sa vie « dignement ». Ses pastèques se vendent comme des petits pains. Malgré le nombre important de vendeuses installées sur le bord de la route, Atou parvient à tirer son épingle du jeu dans la vente de ce fruit saisonnier. Ses fournisseurs viennent, pour la plupart, de Niono. Comme nos précédentes interlocutrices, elle se frotte, également, les mains en cette période. «Par jour, je peux vendre une dizaine de pastèques. Grace à la vente de ce fruit, je participe aux dépenses de la famille», confie la vendeuse, sourire aux lèvres. Aussi appelée melon d’eau, la pastèque est une véritable fontaine de vitamines A, B6 et C. Selon les spécialistes, ce n’est pas tout, ce fruit savoureux favorise la bonne santé des dents, aide à prévenir les dommages cellulaires et permet de prévenir la déshydratation. La pastèque permettrait d’améliorer la capacité des cellules de la peau, tout en la mettant à l’abri des rayons ultraviolets. Sa pulpe rouge rafraîchit et purifie l’organisme. En outre, elle serait une alliée précieuse contre les monstrueuses courbatures et crampes musculaires. AT/MD (AMAP)
Passeports diplomatiques et de service : Plus de 100 sur 300 restitués
Bamako, 22 sept (AMAP) Plus de cent passeports diplomatiques et de service ont été restitués après le communiqué, vendredi dernier, du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, invitant tous les détenteurs de ces documents de voyage, qui ont cessé les fonctions pour lesquelles ils leur avaient été délivrés, à les restituer à la Direction générale du protocole de la République, lundi 21 septembre 2020. «La restitution est effective depuis ce matin. Aux environs de 15h, nous étions à 118 passeports restitués dont 95 diplomatiques et 23 de service. L’enregistrement continue sans difficulté avec les restituteurs », a déclaré le chef du département des privilèges et immunités diplomatiques, Mahamadou Bakoroba Dramé. Selon le communiqué, diffusé à la télévision nationale, les personnes visées sont celles qui ont quitté les fonctions pour lesquelles ils ont eu droit au passeport. M. Dramé a invité tous les détenteurs, qui sont dans cette situation, à restituer les passeports en leur possession, conformément à la règlementation en vigueur. Par ailleurs, notre interlocuteur a indiqué que si le passeport n’est pas restitué, l’autorité de délivrance, en occurrence le ministre en charge des Affaires étrangères, a la possibilité d’annuler le document. « Depuis ce matin, nous avons ouvert une liste sur la base d’un récépissé de restitution qui est remis aux restituteurs», a indiqué un conseiller des Affaires étrangères, ajoutant que son département a élaboré un tableau qui retrace le nom et la qualité des restituteurs, ainsi que la date de restitution. AT/MD (AMAP)

