Lutte contre le terrorisme : Un soutien bienvenu pour la police du G5 Sahel
Bamako, 02 Déc (AMAP) La première réunion du comité de pilotage du Projet de soutien à la composante police de la Force conjointe du G5 Sahel au Mali, financé par l’Union européenne (UE) à hauteur de 2,2 milliards de Fcfa environ, s’est tenue vendredi à Bamako. « Le projet Civipol est en parfaite cohérence avec les priorités gouvernementales, a soutenu le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mohamed Sidda Dicko, dans son discours d’ouverture de ce comité de pilotage. Selon M. Dicko, « les efforts du gouvernement doivent être renforcés pour assurer une meilleure protection des citoyens et de leurs biens ». L’objectif global du projet que l’UE a initié, face à l’étendue et le développement de la menace terroriste au Mali, est de renforcer le pôle judiciaire et la Brigade d’investigations spécialisée, ainsi que l’ensemble de la chaîne pénale du Mali. Le projet s’étend sur une durée de 18 mois à compter du 1er janvier 2020. Il est mis en œuvre par l’opérateur Civipol, Toutefois, le Garde des Sceaux, a souligné que la lutte contre le terrorisme ne saurait être gagnée sans une réelle solidarité internationale, permettant la mobilisation des ressources financières et les moyens d’actions adéquats. « Ce, en vue de rendre efficaces les opérations sur le terrain », a insisté le ministre Dicko. « Les capacités très limitées de nos États, pris individuellement, ne laissent guère le choix que d’aller vers une mutualisation des moyens, dans un élan de solidarité permettant de faire face aux défis liés à la paix, la sécurité et à la stabilité auxquelles aspirent nos populations », e encore dit le chef du département de la Justice. Saluant l’opportunité du projet, Mohamed Sidda Dicko s’est réjoui des résultats satisfaisants déjà réalisés depuis son démarrage, malgré le contexte difficile de la Covid-19 et la crise sociopolitique au Mali. Il a exprimé ensuite son optimisme par rapport aux actions futures du projet. L’ambassadeur de l’UE, Bart Ouvry, a rappelé que le Mali est confronté à une des périodes les plus sombres de son histoire car, presque chaque jour, des Maliens sont victimes d’actes terroristes. A ce propos, M. Ouvry a soutenu que le terrorisme n’est pas une fatalité. « La lutte que nous engageons est un travail de longue haleine qui nécessite la mobilisation des moyens mais, également, beaucoup d’énergie et de volonté politique», a-t-il expliqué. La présentation du projet par son premier responsable Jean Pierre Torrano, l’approbation du mandat du comité de pilotage et la validation du rapport d’activités par les participants ont été des moments forts de la cérémonie, en présence de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que les représentants de plusieurs forces partenaires du Mali. AT/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil supérieur de la défense nationale sur la COVID-19
Le Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN) s’est réuni mardi 1er décembre 2020 au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Bah N’Daw, Président de la transition et Chef de l’État. Ce conseil a été élargi à tous les membres du gouvernement. Le Vice-président a également pris part à la réunion. L’ordre du jour du Conseil a porté exclusivement sur l’examen de l’évolution de la pandémie de la Covid-19 au Mali. Le Conseil a entendu une communication du ministre de la santé basée sur les informations fournies par le Comité scientifique Covid-19. Ces informations ont révélé la situation préoccupante liée à la propagation de la maladie dans notre pays. À cet égard, et en vue de rompre la chaine de transmission de la maladie, le Conseil a décidé de : Renforcer l’application des mesures de prévention dans les espaces publics et les lieux de regroupement à travers le lavage des mains au savon et/ou l’utilisation du gel hydro alcoolique, le port obligatoire de masque, le respect de la distanciation physique et l’encouragement de la rotation des équipes de travail des services, du télétravail ainsi que des cours en ligne. Renforcer la surveillance épidémiologique par le dépistage de masse dans les lieux de regroupement (formations socio-sanitaires, écoles, universités, lieux de spectacles et de sport, lieux de culte, marchés, gares routières….), l’identification, le dépistage systématique et le suivi de toutes les personnes-contact, le dépistage des voyageurs entrant au Mali sans certificat de PCR COVID-19 négatif par des tests rapides validés par l’Institut national de santé publique (INSP) au niveau des cordons sanitaires des frontières terrestres. Renforcer la communication et la mobilisation sociale face à la seconde vague de la pandémie de Covid-19 au Mali à travers la sensibilisation sur l’existence et la gravité de la maladie ainsi que ses conséquences socio-économiques. Améliorer la qualité de la prise en charge des cas de Covid-19 à travers le renforcement en capacité de ressources humaines, la disponibilité des intrants (médicaments, Oxygène, équipements de prise en charge des cas et de comorbidités), le renforcement de la communication pour le changement de comportement à l’égard des personnes atteintes de la COVID-19 suivies à domicile et de leurs familles. Assurer la disponibilité des tests de diagnostic de laboratoire et des consommables nécessaires pour les tests. Assurer le financement des activités de prévention et de riposte. Dans le but de garantir l’application effective de ses mesures, le Conseil exhorte les populations à s’impliquer davantage aux côtés du gouvernement, et ce dans un esprit de civisme et de responsabilité. Les mesures ainsi édictées feront l’objet d’une évaluation périodique pour permettre leur adaptation à l’évolution de la situation.
Bamako : Braquage d’un bureau de transfert d’argent aux 1008 logements
Bamako 1er Déc (AMAP) Quatre individus armés, circulant à moto, ont attaqué, mardi, le bureau de transfert d’argent Western union de la Banque de développement du Mali (BDM), de la Cité 1008 logements de Yirimadio, annonce un communiqué de la direction générale de l’institution bancaire. Les malfrats, qui son arrivés dans les locaux, aux environs de 11 heures, n’ont pu emporter que « quelques liquidités disponibles tout en saccageant le bureau », sans faire de victime, selon la même source. Les bandits ont brutalisé le garde en faction ainsi que l’opératrice du jour. La BDM rassure que « tous les moyens sont mis en œuvre pour retrouver les assaillants et sécuriser davantage l’ensemble du réseau de la banque ». MD (AMAP)
Moto-taxi : La nouvelle vogue gagne Sikasso
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 1er Déc (AMAP) « Pour moi, l’arrivée des mototaxis a apporté un confort total. Je fais toutes mes courses facilement. Sans ce moyen de locomotion, j’allais marcher du quartier Bougoula-ville à Lafiabougou, sur une quinzaine de kilomètres, car il n’y a pas d’autres moyens de déplacement sur cette voie», lance une fidèle cliente des mototaxis à Sikasso. Les propos de cette cliente illustrent, ainsi, la nouvelle ère du transport urbain sikassois, avec l’arrivée de ces engins. Il est 11 heures à Sikasso. Sous un arbre, à l’intersection du boulevard de l’Union africaine (UA) et de la Route nationale (RN7), de grosses motos de couleurs jaunes, attirent l’attention des passants. «Où voulez-vous partir, madame ? Venez, nous allons partir…», demandent les conducteurs aux clients. Leurs cheveux, blousons, gants et cache-nez… sont couverts de poussière. Quand ils ne conduisent pas un client, les conducteurs discutent des comportements de clients, des frais de déplacement, de la distance entre les quartiers, des disputes avec les policiers et d’autres transporteurs. Adama Dembélé est le chef d’équipe des conducteurs de mototaxis. Il revendique 9 mois d’activités au compte de sa société à Sikasso. «Les jours de fête, de baptême et de mariage, nos motos sont très sollicitées par les femmes», affirme-t-il, souriant. « Durant ces rassemblements, poursuit-il, je peux gagner entre 5000 et 6000 Fcfa en une journée ». Se prononçant sur la tarification des mototaxis, M. Dembélé explique que de l’intersection du boulevard de l’UA à la route de Koutiala, il faut payer 200 Fcfa. Le même prix est retenu pour se rendre à Wayerma. «Nous demandons 300 Fcfa pour Hamdallaye et 500 Fcfa à 700 Fcfa pour Mamassoni, Sanoubougou et Sirakoro», détaille-t-il. Cependant, tout n’est pas rose dans ce métier. Malgré l’engouement de la population pour les mototaxis, notre interlocuteur précise que son activité rencontre des difficultés. Il s’agit, entre autres, de la mésentente persistante avec les conducteurs de transport en commun, notamment les « dourouni » et les taxis. Il pointe, aussi, la propension de certaines clientes à ne pas payer les tarifs convenus, en prétextant qu’elles sont veuves ou qu’elles sont pauvres. «On dirait que la mototaxi est venue uniquement pour me soulager. Je prépare les repas lors des cérémonies. Pour ce faire, je sors tôt et rentre tard. C’est avec les mototaxis que je fais mes courses», témoigne Mamou Traoré, une cliente régulière. Elle choisi ce moyen de transport car, selon elle, les conducteurs vous déposent jusqu’à la destination finale sans rechigner. «L’autre jour, la mototaxi a transportées mon amie et moi au quartier Sanoubougou II à 750 Fcfa. Si c’était le taxi, nous allions payer près de 2000 Fcfa», témoigne-t-elle, souhaitant l’expansion des lignes aux points d’arrêt, dans chaque quartier de la ville. Le coordinateur du projet de mototaxi, Yacouba Diarra, explique que cela s’inscrit dans le cadre de la collaboration avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). En outre, il souhaite avoir l’appui des autorités régionales afin de pouvoir contribuer à réduire le taux de chômage des jeunes. Par ailleurs, le coordinateur souhaite bénéficier d’une exonération des impôts. Au commissariat du 1er arrondissement de Sikasso, le responsable en charge de la voie publique, le major Aliou Sidi Diallo, déplore le fait que, de façon générale, les Sikassois ne maîtrisent pas le Code de la route et, surtout, les conducteurs des mototaxis. « Ces derniers, relève-t-il, ne bénéficient pas de formation en circulation routière ». De plus, le major Diallo appelle les conducteurs de mototaxis à ne pas en faire un moyen de transport inter urbain. «En plus des déplacements urbains, très souvent ces conducteurs transportent les clients de Sikasso à Zégoua, de Sikasso à Niéna», déplore le policier qui pointe, aussi, certaines mauvaises pratiques des conducteurs comme l’excès de vitesse, la surcharge, le support à trois, le non-respect des feux de signalisation et même le dépassement dangereux. Le major Aliou Sidi Diallo invite les conducteurs de mototaxis à passer le permis de conduire. S’adressant aux autorités régionales et au promoteur, il conseille d’organiser des séries de formation à l’intention des conducteurs afin de minimiser les cas d’accidents. MFD/MD (AMAP)
Groupe de suivi et de soutien à la Transition au Mali : Réunion inaugurale à Bamako
Bamako, 1er Déc (AMAP) Le Groupe de suivi et de soutien à la Transition au Mali (GST-Mali) mis en place par les partenaires du Mali, afin d’inscrire leurs actions dans un cadre commun, a tenu sa réunion inaugurale, lundi, à Bamako, sous la présidence du Premier ministre Moctar Ouane Créé par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA lors de sa rencontre du 9 octobre 2020 sur l’examen de la situation de notre pays, ce groupe, co-présidé par l’Union africaine (UA), les Nations unies et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), va accompagner et soutenir le Mali, qui fait face à des défis multiformes, dans la mise en œuvre de la Charte de la transition et de sa feuille de route. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, a indiqué que les évènements socio-politiques qui ont fortement secoué notre pays cette année attestent à suffisance de la fragilité de notre système de gouvernance qu’il convient de reformer, voire refonder. Pour le commissaire à la Paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, le Mali est, une nouvelle fois, « au rendez-vous de l’histoire et de l’épreuve ». Mais « il ne sera pas seul dans la conduite de sa transition et la prise en charge de ses défis sécuritaires et socio-économiques, a-t-il assuré. « Il est de notre devoir de lui apporter notre soutien et notre accompagnement dans cet important processus conformément aux valeurs portées par la Charte de la transition et celles du respect de la souveraineté, de l’intégrité et de l’indépendance du Mali et ses institutions», a soutenu M, Chergui, Il a ajouté que le groupe se veut un geste de solidarité et d’accompagnement de la Transition pour un aboutissement serein et l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres et transparentes dans le délai de 18 mois. ACCÉLÉRER LA CADENCE – La ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchway, représentant la CEDEAO, a abondé dans le même sens, assurant que l’appui de l’organisation sous régionale ne fera pas défaut au mali. Pour sa part, le chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilité au Mali (MiNUSMA), Mahamat Saleh Annadif, il a estimé que ce groupe exprime bien l’action concertée des organisations internationales et de toute la communauté internationale pour la stabilité du Mali. M. Annadif a rappelé que l’année 2020 a été marquée, au Mali, par plusieurs turbulences et incertitudes politiques et sécuritaires accentuées par les défis sanitaires de la pandémie de la Covid-19. « Malgré ce moment difficile, a-t-il souligné, il ne faut pas perdre de vue que le processus de transition offre une fenêtre d’opportunités pour rebâtir un Mali nouveau moins vulnérable à ces crises ». «Ces 18 mois dont malheureusement deux viennent déjà de s’écouler doivent aboutir à des reformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives tel qu’énoncé dans la Charte de la transition et par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali», a insisté le chef de la MINUSMA, ajoutant que «le retard dans la mise en place du Conseil national de transition interpelle les acteurs maliens». En procédant à l’ouverture des travaux, le Premier ministre a souligné que ce groupe est perçu par le gouvernement comme l’expression de la solidarité continue et du soutien constant des pays du voisinage, de la communauté africaine et internationale envers notre pays. Pour Moctar Ouane, la tenue de cette réunion revêt une importance capitale en ce qu’elle est destinée à mobiliser les partenaires bilatéraux et multilatéraux au plan africain et mondial afin d’aider le Mali dans un cadre régional et international particulièrement difficile. Le chef du gouvernement a assuré que la Transition s’attèle, déjà, à traduire en résultats concrets, les missions essentielles définies dans la Charte et la feuille de route. Lesquelles viennent d’être déclinées « en programme d’actions, assorti d’un chronogramme d’exécution. Ce programme qui sera la boussole du gouvernement », a-t-il dit. Moctar Ouane a promis que le programme d’actions gouvernemental sera engagé dans l’ordre, la cohérence et l’efficacité. «Nous allons accélérer la cadence et contrairement aux apparences, il n’y a pas de statut quo. Nous avons travaillé et cela se fera sentir dans les jours à venir», a assuré le chef du gouvernement. DD/MD (AMAP)
Route Banconi-Dialakorodji-Safo Nossombougou : Le ministre Dabo ordonne la relance rapide des travaux
Bamako, 1er Déc (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a ordonné la relance des travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo- Nossombougou, longue de 57,845 km, qui accusent un retard énorme à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine. A ce jour, le taux de réalisation est estimé à 56% pour un délai consommé de 90%, a constaté, samedi, Makan Fily Dabo qui venait s’enquérir de l’état d’avancement du chantier,, accompagné du directeur national des routes, Abdoulaye Daou, et des techniciens du ministère des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Ce retard s’explique par la libération tardive et non encore totale des emprises des travaux, selon les responsables de l’entreprise. Certaines emprises sont encore occupées par les conduites d’eau de la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP S.A), les lignes électriques de la Société nationale d’énergie (EDM) et des propriétés privées. Toute chose qui empêcherait l’entreprise d’évoluer conformément à son planning, notamment dans la section urbaine de Banconi et Dialakorodji. Cette situation semble préoccuper les populations bénéficiaires de l’infrastructure. Elles ont, par la voix du maire de la Commune de Dialakorodji, Oumar Guindo, jugé réconfortant la visite du ministre. Avant de plaider pour la reprise et l’accélération des travaux pour le bien être des populations. Leur cri du cœur a été entendu, surtout que les raisons évoquées pour justifier le retard ne sauraient expliquer le retard accusé. «L’emprise qui reste occupée est moins de 5 km», a souligné le chef du département des Transports et des Infrastructures. M. Dabo a, au regard de cette réalité, instruit l’entreprise à effectuer immédiatement les travaux sur l’ensemble des emprises déjà libérées. Il a réitéré la détermination de l’Etat à terminer ce chantier dans un délai raisonnable et rassurer les habitants dont les biens ont été impactés par les travaux. «Nous rassurons les populations des zones d’influence du projet que les travaux vont être réalisés dans de très bonnes conditions. C’est pourquoi nous avons fait passer, la semaine dernière, un avenant en Conseil des ministres pour proroger le délai dans le but de permettre à l’entreprise de réaliser les travaux conformément au nouveau délai fixé par le gouvernement», a annoncé le chef du département. Parlant des désagréments causés, le ministre Dabo a rappelé que la décision de démolition des biens qui sont dans l’emprise a été prise par le gouvernement parce que les travaux ont été déclarés d’utilité publique. « C’est ainsi que toutes ces propriétés situées dans l’emprise des travaux ont été identifiées et vont être détruites, a-t-il insisté, précisant que leurs propriétaires seront indemnisés conformément aux textes en vigueur. En réponse aux exigences du ministre, les responsables de Cogeb international se sont engagés à accélérer la cadence des travaux. La route en chantier va du croisement avec la Route nationale (RN27), à partir de Banconi station Shell, au croisement avec la RN3 (Nossombougou). Les travaux sont exécutés par l’entreprise Cogeb international pour un délai d’exécution de 15 mois hors saison des pluies. Ils ont démarré le 20 avril 2017 pour un coût de réalisation évaluée à 27.729.986.552 de Fcfa, financé entièrement sur budget national. Cette route qui aura une emprise minimale de 30 m, sera réalisée en 2×2 voies sur 10 km dans la section urbaine de Banconi à Safo et en 1×2 voies sur 47 km de Safo à Nossombougou. L’objectif du projet est de relier la Route nationale (RN3) Bamako-Kati-Kolokani-Diéma-Nioro» à la RN27 Bamako-Koulikoro, en passant par les localités de Banconi, Dialakorodji, Safo, Dabani, Nossombougou, etc. La finalité est de faire basculer une grande partie du trafic en contournant le centre ville d’une part, et relier les routes nationales RN7 Bamako-Bougouni-Sikasso, RN6 Bamako-Fana-Ségou, RN27 Bamako-Koulikoro-Banamba et RN3 Bamako-Kati-Kolokani-Djidiéni, en passant par le 3è pont, d’autre part. Il s’agira d’éviter aux gros porteurs d’emprunter la route de Samé, de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville de Bamako et d’améliorer la qualité du cadre de vie des populations. BBC/MD (AMAP)
Dégradation des routes : Le ministre des Transports et des Infrastructures invite les chauffeurs de gros porteurs au civisme
Bamako, 30 Nov (AMAP) Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, a invité, lundi, inviter les chauffeurs de gros porteurs et autres moyens de transport à adopter un comportement citoyen pour préserver les routes. Le chef du département, qui a visité les travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou très en retard, à cause de l’occupation de l’emprise du projet en zone urbaine, a, au passage sa délégation, constaté un gros porteur en panne, garé sur la chaussée. «Nous avons toujours dénoncé ces pratiques. A peine les routes sont terminées, ils commencent à les détruire. Ils font fi des milliards investis pour la réalisation d’une route», a déploré le ministre Dabo. Il a expliqué au conducteur que l’huile est l’un des pires ennemis de la route. Le chef du département en charge des Transports et des Infrastructures a saisi l’occasion pour exhorter les conducteurs de gros porteurs et autres usagers à un comportement citoyen sur la route. « Cela, pour éviter de contribuer à la destruction, prématurément, de nos routes ». Comme les eaux de ruissellement, les gros porteurs contribuent à la dégradation prématurée des voies, à cause de l’incivilité de certains conducteurs routiers. Outre la surcharge, ils stationnent leurs engins, en panne, au beau milieu de la route, versant au passage de l’huile du moteur sur le bitume. Une pratique «nuisible» et «intolérable» que le ministre des Transports et des Infrastructures a dénoncé lors de sa visite. BBC/MD (AMAP)
Artisanat : La poterie résiste bien à la crise
Par Amadou SOW Bamako, 30 Nov (AMAP) La crise sécuritaire au Mali, en 2012, a porté un coup rude à l’artisanat, s’accordent à admettre les observateurs. Les artisans, dont le savoir-faire constitue une fierté nationale, vivent des jours difficiles du fait de l’absence de touristes. Or ceux-ci représentent une proportion importante de leur clientèle. Les artisans assistent, impuissants, à une baisse de leurs revenus et prient pour la relance des activités. Le secteur a besoin de retrouver un second souffle même si la situation n’est pas aussi désespérée qu’on pourrait le croire. Parce que le sous-secteur de la poterie arrive à se tirer d’affaire. Les potières et les femmes, qui vivent du commerce des objets en terre cuite, arrivent à joindre les deux bouts, malgré le contexte économique difficile. Les potiers continuent d’être présents dans notre quotidien à travers leurs productions qui ornent nos salles de conférences, salons de thé, bureaux, voire l’intérieur de nos maisons et autres édifices publics. Nonobstant la crise sécuritaire, les lieux de vente d’objets en terre cuite pour la décoration sont légion dans les rues de Bamako, les marchés, sur les abords des grandes artères et au niveau des ronds-points de la ville. Cette activité semble survivre à la crise. Et les jeunes s’intéressent, de plus en plus, à la poterie qui devient pourvoyeuse d’emplois par ce qu’elle apporte économiquement. Daouda Keïta, archéologue et directeur du Musée national, explique que la poterie a existé au Soudan (Mali d’avant l’indépendance), depuis le néolithique. Maïni Camara, originaire de Siby, est vendeuse d’objets en terre cuite, notamment des jarres au marché de N’Tabacoro. Pour elle, la poterie est la plus noble activité qui puisse exister mais aussi l’une des plus anciennes. Dans le temps, elle était réservée, au Mali, aux seules femmes de la caste des forgerons. «C’est une pratique très ancienne qui a laissé ses marques dans toutes les familles maliennes», explique la quinquagénaire. Comme pour apporter la preuve de l’utilité de la poterie, la vendeuse indique que jusque dans un passé récent, tous les ustensiles de cuisine étaient en terre cuite ou en bois dans nos campagnes. «Je m’approvisionne, chaque semaine, auprès des potiers et j’arrive à écouler très rapidement. Mais, il y a un énorme risque lié au transport de ces objets. Lorsqu’ils se cassent, les pertes peuvent être considérables», explique Maïni Camara, avant de rappeler qu’elle évolue dans ce commerce depuis plus de 20 ans et emploie même deux personnes : un jeune garçon et sa propre fille. Elle arrive donc à joindre les deux bouts et à subvenir aux besoins de sa fille. Tout comme elle, bien d’autres femmes exercent ce commerce et s’en sortent assez bien. L’Association des femmes pour la promotion des produits artisanaux a créé en 2008 un centre de poterie à Darsalam sur financement de partenaires espagnols. La présidente de l’Association, Mme Assitan Traoré, souligne que son centre a toujours fonctionné à plein régime même pendant l’hivernage où l’approvisionnement en matière première devient un peu délicat. « Nous utilisons de l’argile qui nous provient des rives du fleuve Djoliba aux environs de Kabala. Le chargement d’une benne de 7 m 3 est cédé à 120.000 Fcfa et pendant l’hivernage, les choses se compliquent, explique la potière. Après notre installation, nous avons commencé à produire des objets avec une finition exceptionnelle parce que nous disposons d’un outillage moderne. Malgré les années de crise on a continué à produire des pots de fleurs, des canaris et autres objets de décoration », témoigne la responsable de l’association qui évoque aussi des difficultés liées au transport des objets, notamment leur acheminement sur les sites de vente. A ce niveau, explique-t-elle, on peut enregistrer des pertes importantes. La quinquagénaire, Mme Awa Keïta, indique avoir 25 ans de vécu dans la poterie. Installée la capitale à quelques encablures du rond-point de Daoudabougou, elle explique vivre de son commerce d’objets en terre cuite. «Nos objets proviennent majoritairement de Kalabougou, dans la Région de Ségou, précisément d’un centre de conception et de fabrication des produits argileux. «Nous faisons l’expression des besoins et la commande est livrée dans les meilleurs délais. Je travaille avec ma progéniture (deux garçons). Ce que nous gagnons leur permet de vivre décemment», dit Awa. Nos compatriotes apprécient les objets décoratifs en argile. De plus en plus, ces objets sont faits avec des designs attractifs. La délicatesse du transport de ces objets en terre cuite influe sur les prix parfois fixés en fonction des pertes enregistrées pour compenser. Ce qui explique que certains objets sont hors de portée de la bourse du Malien moyen. La décoratrice Oumou Diallo relève qu’avant, les objets fabriqués en terre cuite étaient généralement utilisés dans les villages et dans certaines familles conservatrices. Mais avec les améliorations apportées dans la conception et la réalisation, il y a eu un regain d’intérêt pour ces œuvres d’art en terre cuite. La production locale n’a rien à envier à celle d’autres pays. Quant à Mariama Sanogo, secrétaire dans une banque de la place, elle explique être venue acheter un pot pour décorer la salle de réunion de son lieu de travail. Pour elle, il est difficile de vivre aujourd’hui sans ces objets qui font partie de nos us et coutumes. Les gens se servent des encensoirs (Woussoulan daga) pour bien parfumer leur maison. Ces dernières décennies, la poterie a connu une ère nouvelle avec une touche de modernisation. Les œuvres en terre cuite sont plus stylées et diversifiées. Nos potiers n’entendent pas rater le train du progrès. Ils ont modernisé leurs productions (jarres, écumoires, vases d’ornement et encensoirs). Ces objets sont pratiquement devenus indispensables pour la femme malienne. Il est aussi fréquent dans notre société de mettre ces objets dans le trousseau de mariage. AS (AMAP)
Organisation de la coopération islamique (OCI) : Le Tchadien Hissein Brahim Taha, nouveau secrétaire général
Bamako, 28 Nov (AMAP) Le nouveau secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) est le Tchadien Hissein Brahim Taha qui remplace le Saoudien Youssef Ahmad Al-Othaimeen, rapporte, samedi, l’Union des agences de presse de l’OCI (UNA-OCI) . Cette élection est intervenue lors de la 47ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE) des Etats membres de l’OCI dont les travaux ont été ouverts, vendredi, à Niamey, par le président nigérien, Issoufou Mahamadou. Le nouveau secrétaire général de l’OCI, qui prendra fonction le 17 novembre 2021, à la fin du mandat de son prédécesseur, a prêté serment samedi dans la capitale nigérienne, devant la 47ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI. M. Taha, 69 ans, qui était en lice avec le candidat du Bénin, après le retrait de celui du Nigeria, dirigera l’OCI pendant cinq ans. Les travaux de cette session dont le thème est « Défis sécuritaires et humanitaires auxquels sont confrontés les pays du Sahel, membres de l’OCI » se sont poursuivis, samedi, sous la présidence du ministre nigérien des Affaires étrangères de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Nigériens de l’étranger, Kalla Ankourao. Les participants, après avoir élu, a huis clos, le nouveau secrétaire général de l’OCI, ont procédé à l’adoption des projets de résolutions et à la proclamation d’une « Déclaration de Niamey ». A l’ouverture des travaux, le chef de l’Etat nigérien avait rappelé une préoccupation du Niger pour la transformation du bureau de l’OCI, à Niamey, en bureau régional. Plusieurs discours ont été prononcés dont celui de la présidence de la 46ème session du CMAE, les Emirats Arabes Unis (EAU), qui a ensuite passé le flambeau au Niger, par la voie du ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’intégration africaine et des Nigériens de l’étranger, Kalla Ankourao. La Présidence du 14ème sommet islamique, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan, a prononcé un discours suivi de ceeux du groupe africain par le Sénégal, des groupes arabe par la Tunisie et asiatique, par la Turquie. Depuis la création de l’OCI en 1969, le Niger a abrité deux conférences des ministres des Affaires étrangères, en 1982 et cette année 2020. Un nigérien, Dr Hamid Algabid, a servi pendant deux mandats comme secrétaire général de l’OCI, rappelle-t-on. La séance de clôture a été suivie d’une conférence de presse conjointe du secrétaire général sortant de l’OCI et du ministre nigérien M. Ankourao. HA/MD (UNA, AMAP)
Moussa John Kalapo : Le photographe qui traque les imperfections de la société
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 28 Nov (AMAP) Pantalon jeans et jacket noir en cuir, bonnet Cabral sur la tête, barbe et moustache fournies, Moussa John Kalapo porte en bandoulière un appareil photo. « Ah ! Ce bonnet permet aux étrangers, qui ne me connaissent pas, de savoir d’où je viens », lâche-t-il, sourire en coin. L’homme ne se sépare jamais de son bonnet, en hommage au héros de l’indépendance bissau-guinéenne, Amilcar Cabral. Ce bonnet Cabral est devenu, en quelque sorte, le béret du Che Guevara de l’Afrique de l’Ouest, reflétant l’image du héros indépendantiste. Né il y a 37 ans, à Bamako, Moussa John Kalapo fréquente l’école Alexis Makosso de Pointe Noire, au Congo Brazzaville, où avaient émigré ses parents. La famille revient, plus tard, à Bamako, pour permettre au garçon de passer son Diplôme d’études fondamentales (DEF), en 2000, à l’école Marie Diarra II, à Hamdallaye (Bamako). Moussa John Kalapo entre au lycée Prosper Kamara, puis rejoint l’Institut de formation professionnelle (IFP) de Sikasso pour une formation en comptabilité. A sa sortie de l’école de formation, il travaille, pendant quelques mois. Très vite, il comprend que la comptabilité ne lui convient pas. Il s’inscrit au Centre de formation en photographie (CFP) de Bamako où il suit une formation en photographie conceptuelle-créative et d’art. Après plusieurs années d’activité, il obtient une bourse de la Tierney Family Foundation Awards-Tierney Fellowship en 2015, pour poursuivre une formation en photographie documentaire et résidence de création dans l’une des prestigieuses écoles d’art photographique, Market Photo Workshop (MPW), à Johannesburg, en Afrique du Sud. Moussa John Kalapo, expose, actuellement, au Musée des Tapisseries dans le cadre du Festival photo d’Ex 2020 intitulé « Regards croisés ». Un événement annuel, qui se tient à Aix-en-Provence, dans le Sud de la France. Il a été sélectionné, avec quatre autres photographes africains, qui doivent croiser leurs œuvres avec celles de cinq photographes français sur la situation de l’humanité. Il y montre sa série documentaire sur les chambres dénommées : « Empreintes de mes rêves ». Il explique qu’il se démarque de la culture de l’esthétique en dévoilant sans artifices des conditions de vie assez communes et franchement indigentes de sa société, à travers la prise de vues de chambres à coucher. A l’indigence matérielle, s’ajoute la prolifération des traces de sentiments et d’états d’âme laissés sur les couches, au petit matin. Au-delà des réalités crues de vétusté, de désordre ou de saleté, John Kalapo nous exhorte à considérer les chambres et les lits comme les décharges des poids du conscient. L’objectif de son appareil capte notre vie quotidienne, dépourvue des artifices. Il révèle ainsi une réalité moins reluisante. A Nîmes, une autre ville de France, le photographe fait la restitution d’une résidence de création effectuée en février dernier. Pour NegPos Galerie, le photographe malien avait travaillé sur le thème : Ceux qui n’ont pas de toit, et qui vivent dans un « Autre monde », les sans domicile fixe (SDF). La résidence ayant coïncidé avec le confinement, il a donc intitulé son travail : « les oubliés du confinement ». Pour lui, la mesure, qui consistait à demander aux gens de rester chez eux, n’était pas juste. « Car, s’interroge-t-il, comment faire lorsque le chez-soi n’existe pas, que l’on vit dans la rue ? » Les rues se sont vidées, il n’y a plus de passants, faire la manche relève de l’impossible. « Ils ont été oubliés dans cette crise sanitaire. Ils sont livrés à eux-mêmes dans les rues urbaines désertées et subsistent encore des personnes, comme les sans-abris, qui n’ont d’autres choix que d’y rester », dit le photographe. Pour faire ce travail, John a dû se faire passer, souvent, pour un SDF, car c’était compliqué avec les règles très strictes. « Après mon travail, je rentrais dormir dans mon appartement », témoigne-t-il. Pour lui, la photo consiste à transmettre une vision. Un photographe doit avoir le réflexe de s’arrêter et d’observer. « Et se demander pourquoi les choses sont toujours vues d’une certaine manière alors qu’elles peuvent être racontées d’une autre façon. » Il divise son œuvre photographique en trois catégories : le travail commercial conceptuel, l’éditorial (pour des magazines et des reportages) et les projets d’inspiration personnelle. Elles partent tous d’histoires de personnes, de groupes, d’événements, et se consacrent aux sujets humains et sociaux. Il a effectué des reportages photo pour plusieurs ONG et entreprises privées au Mali, en Afrique et en Europe. De grandes agences de presse le sollicitent également. Il a, aussi, participé à des ateliers photos et des expositions collectives au Mali, Afrique et en France. Le projet « Archives photographiques du Mali », qui a officiellement démarré en octobre 2015, consiste à numériser les négatifs de grands photographes maliens disposant d’importants fonds photographiques comme Malick Sidibé, Abdrahamane Sakaly, Adama Kouyaté, Tijane Sitou, Félix Diallo et Mamadou Cissé. Une activité suspendue pour le moment. Moussa Kalapo, recruté sur test, était l’un des deux assistants techniques chargés de la numérisation aux côtés des représentants des familles des photographes sélectionnés. Pour lui, « ce travail est d’autant plus important qu’il permet de préserver le patrimoine photographique que les familles ne peuvent pas toujours bien gérer et qui peut, soit disparaître, soit se retrouver à l’étranger, comme ce fut le cas du fonds photographique de Seydou Keita. Or, ces images font partie de l’histoire du Mali et doivent être conservées pour la postérité ». En 2016, à la suite d’un appel à candidatures, Moussa a été retenu à la « Quinzaine de la photographie du Bénin », sur le thème « L’esclavage moderne». à Cotonou, il a remporté le deuxième prix appelé « Prix de l’Innovation ». Sa série intitulée « Le travail domestique des enfants » a séduit le jury par la beauté des images et sa force narrative. En mars 2017, Moussa Kalapo a participé à une résidence de quinze jours à Rabat au Maroc, avec trois autres photographes du Sénégal, de la Tunisie et du pays organisateur, sur le thème « Rabat, l’Afrique en capitale ». Il a présenté à cette occasion une série dénommée « Présences ». Les images ont été exposées dans la Galerie Bab Rouah, du 28 mars au 23 avril 2017.

