Mine d’or de Sadiola : Visite du ministre malien des Mines et son homologue d’Ethiopie

Envoyé spécial Babba B. COULIBALY Bamako, 22 fév (AMAP) «Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui souhaite que la mine recrute plus de travailleurs nationaux. M. Traoré intervenait, mardi, à la Société d’exploitation des mines d’Or de Sadiola (Semos S.A) où il a accompagné la ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole d’Ethiopie, Mme Semegne Wube, venue visiter cette mine reprise en décembre 2020 par la société «Allied Gold» qui opère également en Ethiopie. « J’ose espérer que c’est juste en tant que nouveau repreneur que ces gens sont envoyés pour s’assurer que les travailleurs locaux, qui étaient là dans le temps, ont une maitrise parfaite de la situation. Si ce n’est pas le cas, en tant qu’actionnaire (l’Etat est propriétaire de 20% des actions), nous verrons avec eux comment mettre en place un pacte d’actionnaires qui régule tout cela», a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Le ministre Traoré a apprécié l’état de mise en œuvre des innovations induites par le Code minier de 2019 et s’est imprégnédu rythme d’implantation du nouvel acquéreur de la mine de Sadiola. Situé à 80 km de Kayes, la mine de Sadiola opère à ciel ouvert. La première étape de la visite a concerné la carrière principale. Elle contient 4 millions de m3 d’eau de pluie et souterraine. Leur pompage pourrait durer deux ans. La partie la plus profonde mesure 270 m en dessous du niveau zéro de la mer. Elle sera exploitée durant 12 ans pour atteindre une profondeur de 500 m depuis la surface de la terre. Selon Amadou Diarra, géologue à la mine de Sadiola qui guidait la visite, cette mine était en abandon depuis plus de 10 ans. Les raisons de cet arrêt étaient d’ordre économique et technique. «Les minerais à exploiter contiennent du sulfuré dont l’exploitation demande une technique spécifique de traitement. « La carrière sera rouverte, creusée, excavée pour accéder à l’or. Les études d’exploration réalisées ont montré qu’elle contient près 4 millions d’onces d’or. Pour atteindre le minerai, un autre projet a été mis en place. Il est en train de voir le jour», a expliqué le géologue. En attendant, les efforts étaient concentrés sur le traitement du minerai oxydé, «très facile à traiter et moins couteux en termes d’investissement», a précisé le spécialiste. «Nous avons maintenant atteint le sulfuré. Son traitement exige des techniques appropriées inexistantes à l’usine de Sadiola. Il fallait faire un autre projet pour construire une nouvelle usine pour pouvoir exploiter le minerai et l’acheminer à l’usine», a détaillé le géologue, interrogé sur le site. Ce préalable réalisé, la production reprendra. Car il était nécessaire de reprendre l’activité minière, a confirmé le directeur général de la Société d’exploitation de Semos-SA. André Straydom a rêvélé qu’il est prévu la production de 130.000 onces (environ 3,7 tonnes d’or) au titre de 2021. «Avec la construction de la nouvelle usine de traitement des minerais sulfurés, il est possible de produire plus de 300.000 onces (plus 8,5 tonnes d’or) par an», a ajouté l’administrateur général. La ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole de l’Ethiopie a dévoilé ses attentes au terme de ce périple. «Il n’y a pas de mines industrielles en Ethiopie. La production est artisanale. En plus du partage d’expériences, cette visite a consisté à faire en sorte qu’Allied Gold, qui est en phase d’exploration en Ethiopie, puisse arriver à construire une mine industrielle profitable à notre pays», a expliqué Mme Semegne Wube. La seconde phase de la visite a conduit la délégation ministérielle à l’usine de traitement des minerais où les hôtes ont visité la salle de contrôle. Avant de regagner Bamako, la mission a rendu une visite de courtoisie aux autorités traditionnelles de Sadiola. BBC/MD (AMAP)

Le colonel Assimi Goïta rencontre les troupes dans les Régions de Ménaka et Gao (Nord)

Gao, 22 fév (AMAP) Le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a sollicité, dimanche, à Ménaka, dans le Nord-Est du Mali, l’accompagnement des populations pour “les Forces de défense et de sécurité qui font un travail remarquable sur le terrain”, indique la Direction des relations publiques des Armées (DIRPA). Pour le vice-président de la Transition, qui s’est rendu à Ménaka, après Nara, Banamba (Ouest), Mondoro, Boulkessi (Centre), la question de sécurité n’est pas seulement un engagement des forces de sécurité mais de tous les Maliens. Le colonel Goita était compagné du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Modibo Koné, du chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra, de l’ambassadeur de France au Mali Joël Meyer et du commandant de la Force Barkhane, le général Marc Conruyt . Un des temps forts de cette visite a été la rencontre avec les notabilités de la ville qui ont témoigné en faveur des Forces armées maliennes (FAMa) pour le dévouement de la troupe dans le maintien de la stabilité de la région. «Nous sommes maintenant psychologiquement guerris», a déclaré un notable pour saluer la visite du vice-président qui, selon lui, arrive à point nommé. Quant au gouverneur de la Région, Mohamed Maiga, il a salué les efforts de sécurisation des FAMa à travers l’opération ‘Ménaka sans arme’ qui “a permis aux populations de retrouver leur tranquillité”. «Nous dormons tranquillement depuis quatre mois grâce à cette opération », a confié une femme lors des échanges entre le vice-président et les représentants des populations, au gouvernorat de Menaka. Toutefois, le gouverneur a soulevé quelques doléances qui ont été notées par le colonel Assimi Goïta. Tout en saluant la visite du vice-président à Ménaka, les habitants de la Région ont souhaité la mise en place de projets à impact rapide, en vue de faciliter la résilience locale. Cette visite a permis au vice-président de noter les appréciations des populations et des forces partenaires du leadership du coordinateurs des FAMa à Ménaka. La troupe a exprimé sa confiance au vice-président de la Transition, en accompagnant sa délégation par des cris de joie. Dimanche, le vice-président de la Transition et sa délégation ont rencontré à Gao (Nord) les autorités coutumières et les chefs militaires de la zone de défense N°1. S’adressant aux chefs coutumiers, le colonel Assimi Goïta leur a demandé leur soutien en faveur des Forces de défense et de sécurité dans leurs missions régaliennes. Le colonel Goïta a aussi eu une séance de discussion avec le gouverneur de Région, le général de brigade Moussa Traoré, sur la sécurisation des élections à venir. Après les échanges avec les officiers et les hommes du rang, le vice-président a indiqué que l’état d’esprit des hommes sur le théâtre des opérations est très bon. Il a beaucoup insisté sur la cohésion entre les forces de défense et de sécurité et la discipline envers la hiérarchie. Le colonel Assimi Goïta a partagé un repas de corps avec l’ensemble des troupes. Ménaka est l’épicentre des hostilités qui secouent la zone dite des trois frontières. C’est pourquoi, la région abrite les Unités légères de recherche et d’intervention (ULRI) ainsi que les forces spéciales Takouba. La mutualisation des moyens de ces forces, dans la Région de Ménaka, semble donner des résultats en termes de pertes infligées aux groupes armés terroristes qui pullulent dans le secteur. AT/MD (AMAP)

Mali : Le Conseil national de transition approuve à la majorité le plan d’action du gouvernement

Bamako, 22 fév (AMAP) Les membres du Conseil national de transition (CNT) ont adopté à 100 voix pour, 4 contre et 3 abstentions le plan d’action de la feuille de route du gouvernement de Transition, après une journée marathon de 6 heures de débats,. Après la présentation du Plan d’action du gouvernement, vendredi dernier, le Premier ministre, Moctar Ouane, s’est de nouveau retrouvé, lundi, devant le CNT pour répondre aux préoccupations des conseillers. Le Premier ministre a répondu en deux phases aux multiples questions des parlementaires. Au deuxième passage, M. Ouane a répondu aux préoccupations des Conseillers. Les membres du CNT sont revenus à la charge, notamment sur des questions relatives à la justice, la cherté de la vie et les différentes infractions routières ainsi que le racket, notamment sur les tronçons Gao-Sevaré, Bougouni-Manankoroni-Côte d’Ivoire. « Le désarmement des milices se fera avec les communautés. Nous travaillons au retour des forces de défense et de sécurité dans les localités concernées », a précisé le chef du gouvernement, répondant à une question relative au désarmement des différentes milices. «Toutes les régions du Nord et du Centre sont concernées par le processus de Désarmement-Démobilisation- Réinsertion (DDR). Aucune région ne sera exclue », a assuré le Premier ministre, en réponse à une question d’un membre du CNT. Par ailleurs, le Premier ministre a rassuré les Conseillers sur la diligence des dossiers au niveau de la justice. “Ils seront traités conformément au respect de l’état de droit”, a promis Moctar Ouane qui a ajouté : « il n’y aura pas d’impunité ». Sur la question de la relecture de l’Accord d’Alger, le chef du gouvernement a martelé qu’elle est une recommandation du Dialogue national inclusif et des concertations nationales. Répondant à une question relative à la durée de la Transition, Moctar Ouane a assuré que la Transition respectera les délais impartis. « Nous respectons totalement chevillés au programme », a indiqué le chef du gouvernement devant les membres du CNT. MT/MD (AMAP)

Covid-19 au Mali: 07 nouveaux cas lundi

Bamako, 22 fév (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, lundi, 07 nouveaux cas de Covid-19, sur plus de 900 échantillons testés, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Au même moment, on note cinq patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures, ajoute le texte du département qui précise, également, que les nouveaux malades de ce début semaine, ont été dépistés dans la seule Région de Koulikoro 9Pres de la capitale) pour ce qui concerne l’intérieur du pays. Et à travers plusieurs quartiers des Communes l, ll, V et VI du District de Bamako, la capitale malienne. Avec ces nouveaux chiffres, le tableau récapitulatif de la situation cumulée au Mali affiche 8.306 cas positifs de Covid-19, et 6.303 patients guéris contre 348 décédés. AT/MD (AMAP)

Mali : Le plan d’action du gouvernement soumis au Conseil national de la Transition

Bamako, 22 fév (AMAP) Le Premier ministre malien, Moctar Ouane est, de nouveau, devant le Conseil national de Transition, lundi, pour répondre aux préoccupations et recueillir les suggestions des membres du Conseil national de la Transition (CNT) qui fait office de parlement pendant la période transitoire. Moctar Ouane a présenté le plan d’action de la feuille de route de la Transition, vendredi dernier. Plusieurs membres du CNT se sont succédé au pupitre, depuis le début des débats cette matinée. Les membres du CNT interrogent le chef du gouvernement et lui font des suggestions sur les différents axes du plan d’action de la feuille de route du gouvernement de Transition. Pour la première phase de la session dédiée aux commentaires des conseillers, une large palette de questions est abordée sur divers sujets. La problématique de la carte Nina pour les Maliens établis l’étranger, la question de l’Education, les problèmes du secteur de la santé, l’application de l’Accord de paix signé à Alger et à Bamako sont, entre autres, sujets qui reviennent dans les questions posées au Premier ministre par les membres du CNT. Les différentes interventions des conseillers ressemblent, dans une certaine mesure, à des plaidoiries suivant les sensibilités des intervenants. Aboubacar Sidick Fomba est revenu, entre autres, sur l’application de l’accord d’Alger, la démolition des occupations illicites de la zone aéroportuaire et les reformes du système de santé. L’artiste Salif Keita a posé des questions sur la situation des enfants de la rue, la sécurité des personnes souffrant d’albinisme en période d’élections. Adama Fomba des syndicats de l’éducation, a évoqué le moratoire que le gouvernement entend proposer aux partenaires sociaux de l’éducation et les réformes du système de l’éducation. Dramane Alou Koné des faitières de la presse, a pose, de son côté, des questions relatives à l’aide à la presse, la loi sur l’accès à l’information pour les journalistes et la dépénalisation des délits de presse. Les débats en cours se poursuivent encore dans l’après-midi. Ils seront suivis par la réaction du chef du gouvernement aux différentes questions des conseillers du CNT. MT/MD (AMAP)

Office du Niger : Dégrèvement spécial pour les producteurs affectés par la crise sécuritaire

Ségou, 22 fév (AMAP) Le président directeur général de l’Office du Niger (ON), Abdel Karim Konaté, a informé des exploitants agricoles qu’un dégrèvement spécial sera fait pour soulager les producteurs affectés par la dégradation de la situation sécuritaire. Lors d’une rencontre avec les responsables ces zones, jeudi dernier, à Niono (Centre), M. Konaté a informé les producteurs des zones de Kouroumari, N’Débougou, Molodo et Niono, qui n’ont pas pu procéder à la récolte de leur parcelle en raison de la crise sécuritaire, de l’annulation du paiement de la redevance eau de la précédente campagne agricole, d’un montant de 300 millions de Fcfa. Cette annulation, un manque à gagner pour l’Office du Niger qui doit ajourner certains travaux d’entretien, vise, surtout, à permettre aux producteurs de surmonter cette difficile période. L’article 27 du décret portant organisation de la gérance des terres affectées à l’Office du Niger indique que : « lorsque les récoltes s’avèrent insuffisantes pour des circonstances échappant à la responsabilité de l’exploitant, celui-ci peut solliciter et bénéficier d’un dégrèvement partiel ou total, dont le taux est fonction de l’importance des dégâts subis par ses cultures. Le dégrèvement est accordé par le président directeur général de l’Office du Niger, sur proposition du Comité paritaire ». Selon le directeur de l’appui au monde rural, Bamoye Keita, cette disposition permet d’exempter du paiement de la redevance tout producteur, dont les récoltes ont été affectées. Le premier dégrèvement normal, qui a eu lieu pour cause d’inondations, de sécheresses et de maladies du riz, a concerné 3.221 hectares. Par ailleurs, l’insécurité grandissante dans les zones de N’Débougou, Kouroumari, Molodo et Niono a empêché certains producteurs de procéder à la récolte et d’autres de réaliser le battage de riz. « C’est pourquoi, l’Office du Niger a décidé de faire un dégrèvement spécial qui porte sur 2.040 hectares afin de soulager 2.025 familles. C’est une première au niveau de l’Office du Niger », a indiqué le directeur de l’appui au monde rural. L’ON ambitionne de faire de la culture de contre-saison à grande échelle. Pour ce faire, Bamoye Keïta a dit que l’entité a approché la direction nationale de l’hydraulique qui a favorablement répondu à sa demande. Elle compte accompagner l’Office du Niger pour favoriser la disponibilité de l’eau pendant la contre-saison. L’exonération du paiement de la redevance eau suscite beaucoup d’espoir. Pour le délégué général de l’Office du Niger, Abdoulaye Daou, cette annulation est une bouffée d’oxygène pour les agriculteurs qui n’ont pas pu effectuer la moisson du riz du fait des récoltes incendiées. Le représentant du chef de village de Farabougou, Abdoul Karim Coulibaly, a salué ce geste exceptionnel de l’ON. Cependant, il a sollicité le renforcement de la sécurité pour permettre aux producteurs de travailler en toute quiétude. Le Pdg de l’Office du Niger a affirmé qu’il s’agissait pour sa structure de concrétiser une recommandation forte du forum de la paix qui s’est tenu au mois de novembre 2020 à Niono. À cette rencontre, il a été demandé à toutes les structures, dans la mesure du possible, de tout mettre en œuvre pour soulager les exploitants agricoles durement frappés par l’insécurité. « Nous avons fait un premier dégrèvement, mais compte tenu de la persistance de l’insécurité, il fallait faire un second dégrèvement qu’on a appelé dans notre jargon, le dégrèvement spécial. Il s’agit de venir en aide aux exploitants qui ont été sérieusement atteints par les conséquences de l’insécurité en les exonérant du paiement de la redevance eau », a précisé Abdel Karim Konaté. Le Pdg de l’Office du Niger a assuré que des investigations sont en cours pour recenser les zones sinistrées. Le département de tutelle accorde une plus grande priorité au développement du secteur agricole et à l’amélioration de la sécurité alimentaire. C’est pourquoi, il est aussi à pied d’œuvre pour soutenir les producteurs. Abdel Karim Konaté les a félicités, avant de les encourager « à toujours positiver malgré les multiples contraintes qu’ils rencontrent ». MS/MD (AMAP)  

Musique traditionnelle : Comme si l’histoire du ‘Gnioko’ ou ‘Gnogo’ nous était contée

Par Moussa OUERE Bla, 22 fév (AMAP) Au Mali, le ‘Gnioko’ ou ‘Gnogo’ pour d’autres, est un ensemble de trois instruments de musique traditionnelle et culturelle en milieu Minianka. Cependant, pour plus d’harmonie musicale, on peut y associer d’autres instruments, lors des cérémonies, pour un peu moderniser. Présent dans le Cercle de Bla (Centre), depuis plus de 70 ans, l’ensemble instrumental est basé à Diaramana, situé à 45 km du chef-lieu de cercle, d’où son nom de ‘Diaramana Gnioko’. Il y a beaucoup d’instruments de musique traditionnelle dans le Cercle de Bla, mais le plus sollicité est le ‘Gnioko’. Cet orchestre musical de Diaramana a parcouru le Mali pour se produire lors des fêtes nationales, traditionnelles et culturelles. Gworo Sogoba, connu sous le nom de « Golo Face », cultivateur domicilié à Diaramana, est âgé de quarante-quatre ans, marié à deux épouses et père de neuf enfants. Il est, aujourd’hui, le chef de cet orchestre traditionnel. « Bien avant le ‘Gnioko’, dans le cercle de Bla, précisément à Diaramana, c’était le ‘Gwouaga’ et d’autres instruments de musique, en milieu Minianka, comme le ‘bolon’, ‘kounguéré’ et le ‘baradeni’. Ces instruments étaient utilisés pour accompagner l’effort des cultivateurs au champ », nous explique Gworo Sogoba. « On dit, ici chez nous, que le ‘Gwouaga’ est le père du ‘Gnioko’. En ces moments, des ‘Tons’ de cultivateurs (groupements d’hommes ou de femmes) s’organisaient, pendant l’hivernage, pour cultiver, à tour de rôle, soit leur propre champ soit des parcelles d’autrui, pour avoir de l’argent, afin de subvenir à leurs besoins personnels ou financer les activités du Ton », poursuit notre interlocuteur. Après les récoltes, la fête traditionnelle de ‘Gwouaga’ était organisée à Diaramana, chaque année. A l’arrivée du ‘Gnioko’, les gens ont plus apprécié celui-ci que le ‘Gwouaga’. « Quand nos vieilles personnes faisaient leur tournée, de village en village, lors des fêtes traditionnelles, c’est dans le village de Woula, Cercle de Koutiala (Sud) qu’ils ont vu le ‘Gnioko’. A leur retour à Diaramana, ils ont tenu une réunion afin de créer cet ensemble d’instruments de musique chez nous aussi », raconte Sogoba. Ainsi, le forgeron Batra de Diaramana a été envoyé à Woula pour voir le modèle de ‘Gnioko’ afin de reproduire ce qu’il aurait vu. Il est allé chercher l’arbre qui correspond à la moule du ‘Gnioko’. « Une fois monté, le ‘Gnioko’ animait quelques fêtes traditionnelles locales comme le ‘Nougoli’, le ‘Diassadjeni’ et le ‘Nampou’. En dehors de Diaramana, les gens nous invitent dans toutes les localités du Cercle de Bla et, maintenant, hors du cercle et même hors de la Région de Ségou (Centre) », dit Golo Face. Et, à travers le pays, l’ensemble joue dans beaucoup de bourgades lors des fêtes nationales, traditionnelles et culturelles ainsi que des festivals. « Nous sommes sollicités pour des cérémonies sociales telles que mariages, baptêmes ou inaugurations », nous dit Gworo Sogoba. Quand un batteur de ‘Gnioko’ est atteint par l’âge ou après son décès, il est remplacé par un initié auprès des anciens qui exprime la volonté d’intégrer le groupe musical. « Quand Bla a été érigé en Cercle, accompagné d’une autre personne, nous avons représenté le cercle à la Biennale en 1984. C’est en cette occasion que j’ai reçu, des mains du Président, feu Moussa Traoré, pour la première fois, une attestation. Lors des cérémonies du Cinquantenaire de l’indépendance du Mali, à Sikasso, j’ai eu ma première Médaille qui m’a été remise par feu Amadou Toumani Touré, chef de l’Etat. », se souvient avec fierté l’artiste. Pour faire monter l’ambiance lors de grandes cérémonies, dans le Cercle de Bla, on fait appel à l’ensemble instrumental ‘Gnioko’ de Diaramana. Comme le dit le chef d’orchestre, le chanteur de ‘Gnioko’ ne fait d’éloges des gens, Il chante des compositions traditionnelles locales et nationales. Des chansons qui encouragent, poussent au labeur, appellent à la paix, soulagent et conseillent les gens. Gworo Sogoba est connu à travers la Région de Ségou et même à Bamako, la capitale, pour son talent de comédien dans des pièces de théâtre et de danseur. Il a joué dans plusieurs pièces lors des Biennales, des Semaines culturelles locales et régionales de Ségou. En milieu Minianka, beaucoup de cultures et de traditions sont toujours respectées et gardées. Il en est ainsi du ‘Gnioko’, le plus emblématique de la société Minianka et le plus sollicité lors des cérémonies culturelles et traditionnelles, contrairement au balafon qui est un peu plus partagé par d’autres cultures. Dans le temps, les générations de Minianka se formaient, dès le bas âge (après la circoncision) auprès des sages pour ne pas oublier ou perdre les valeurs de sa société (la culture, les traditions et coutumes, les totems et interdits etc.) Mais avec l’arrivée de nouvelles religions (musulmane et chrétienne) cette à tendance à disparaître MO/MD (AMAP)  

Légère hausse des infections au Covid-19 avec 23 cas et 03 décès vendredi

Bamako, 20 fév (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, vendredi, quelque vingt trois nouveaux cas positifs, sur la base de 1.171 échantillons testés, et trois 03 décès, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Les contaminations à la Covid-19 connaissent une légère hausse, ce début de week-end, après plus d’une semaine de baisse soutenue. Toutefois, on note quatre patients guéris depuis jeudi, selon le communiqué. Les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de la capitale), Mopti (Centre), Tombouctou et Gao (Nord), constituent les foyers de contamination du jour, ainsi que plusieurs Communes du District de Bamako. Avec ces nouveaux chiffres, le Mali compte à ce jour 8.283 cas positifs de Covid-19 et 6.266 patients guéris contre zéro 347 décès dont 279 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)

Le Premier ministre malien présente le plan d’action de son gouvernement devant le CNT

Bamako, 19 fév (AMAP) Le Premier ministre malien, Moctar Ouane, a présenté, vendredi après-midi, le Plan d’action de son gouvernement devant le Conseil national de Transition (CNT), parlement de la période transitoire, a constaté l’AMAP. « Je viens traduire les hautes orientations données au gouvernement par le président de la Transition, conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte et de la feuille de route de la Transition », a déclaré Moctar Ouane qui a précisé que ce plan d’action comporte six axes déclinés en vingt-trois objectifs adossés à deux cents soixante-quinze actions à évaluer à travers deux cents quatre-vingt-onze indicateurs. Le premier axe porte sur le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, le second sur la promotion de la bonne gouvernance, le troisième sur la refonte du système éducatif, le quatrième concerne les réformes politiques et institutionnelles tandis que le cinquième porte sur l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et le sixième sur l’organisation des élections générales. Le chef du gouvernement a indiqué que sa présence devant le CNT entre dans le cadre du renouveau de la gouvernance qui impose une obligation de planification de l’action publique ainsi que le double devoir de transparence dans la gestion des affaires de la Cité et de la redevabilité. En application de l’article 88 du règlement intérieur du CNT, après l’audition du chef du gouvernement, la séance est suspendue pour 48 heures. Ainsi, les débats proprement dits sur le document auront lieu, lundi prochain, avant de passer au vote des membres du Conseil national de Transition. DD/MD (AMAP)

Tontines des femmes : Sur un air de nouvelles solidarités urbaines

Par Baya TRAORE Bamako, 19 fév (AMAP) Les Maliennes ont l’imagination fertile. Dans le contexte difficile que traverse le Mali, à cause de la Covid-19 et de la crise sécuritaire, les ingénieuses épouses arrivent à aider les époux à faire bouillir la marmite. Ces femmes ont mis sur pied une chaîne hebdomadaire solidarité, à travers des tontines dans leur domaine d’activité. L’originalité dans cette solidarité résout ainsi, chaque jour, des petits problèmes dans les ‘Ténèni’, au ‘Taratani’, ‘Arabani’, ‘Alamoussani’, ‘Dioumani’, au ‘Sibiribi’ au « Karini », du nom en bambara de chaque jour de la semaine qui devient le label du maillon de solidarité. A Bamako, particulièrement, rares sont les femmes qui n’adhèrent pas à ces tontines dans les quartiers, les marchés et les services publics. La contribution journalière à la cagnotte des centaines de tontines varie entre 200 et 1.200 Fcfa. Les membres se retrouvent, au moins, une fois par semaine pour verser la somme convenue. Les tontines aident à économiser de l’argent pour des réalisations. Au-delà du côté financier, les réunions sont des occasions de détente et d’information sur les mariages, les baptêmes et les décès. Nous sommes dans une famille du quartier Samé, quartier non nanti de Bamako. Les membres de la tontine ici sont des amies. Elles sont assises les unes à côte des autres. Elles sont habillées en uniforme : une tenue cousue dans le même tissu Wax. Les foulards de plusieurs conceptions sont bien attachés. Les discussions vont bon train au sein de petits groupes. Un peu à l’écart, une bonne volonté se charge de faire bouillir du thé ou du bissap (oseille rouge). Une secrétaire de séance circule, au milieu du cercle, munie d’un cahier et d’un stylo. Elle dresse la liste des adhérentes présentes. Elle encaisse l’argent et met une croix devant le nom de celle qui vient de s’acquitter du montant de sa cotisation. Cette scène se déroule un ‘arabani’ (mercredi). La responsable de cette tontine est Mme Diallo Coumba Diallo. Elle nous révèle que son association accueille 73 femmes mariées résidant à Samé. « L’objectif de notre ‘arabani’ est de se réunir entre femmes, une fois par semaine, pour échanger, discuter et gérer ensemble des évènements sociaux », a-t-elle déclaré. « Tous les mercredis, chaque adhérente paie 1.200 Fcfa. Il est prélevé 200 Fcfa qui sont versés dans notre caisse. Le montant total de la collecte des 1000 Fcfa, qui reste, s’élève à 73 000 Fcfa. Cette somme est partagée entre deux personnes après un tirage au sort », a expliqué notre interlocutrice. A la fin de chaque tour de tontine, le dépôt dans la caisse est utilisé pour acheter des chaises et des bâches utilisées lors des cérémonies sociales. Quand un membre de la tontine organise un évènement social, mariage, baptême ou décès, les chaises et les bâches sont gratuitement mises à sa disposition. Une personne retenue après le tirage au sort, dont le besoin d’argent n’est pas pressant, peut céder la main à une autre adhérente dans une situation plus difficile. Selon Mme Koumaré Assétou Ballo, la tontine de Samé, lui a permis de payer les frais d’école de ses enfants. Et elle rappelle les circonstances : «  Je suis vendeuse de condiments au marché de Samé. Mon mari est maçon. J’ai reçu l’argent de « arabani » pour inscrire mes enfants à l’école. Mon mari est malade, depuis quelques mois. Il ne peut plus travailler. Raison pour laquelle j’ai utilisé l’argent pour l’éducation de nos enfants » Mme Keita Adiaratou Doumbia est fonctionnaire. Elle est, aussi. un membre de la tontine de Samé. A l’issue du tirage effectué en notre présence, elle a été retenue pour recevoir le montant de ce ‘arabani’. Son projet ? « Je vais utiliser cet argent pour le mariage de ma nièce. Je suis la marraine (demba diala tigui)’, a-t-elle revelé. « Cette tontine permet de se regrouper entre femmes. Je vous jure que j’attends impatiemment les réunions des ‘arabani’ pour me détendre et me divertir », ajoute Mme Keita. Un autre quartier, une autre manière de faire. Nous sommes à la réunion du ‘dioumani’ (vendredi) du Banconi, quartier populeux de Bamako. Une adhérente, Mme Touré Korotoumou Lah, retrace le parcours de son association : « Nous avons commencé le ‘dioumani’, il y a plus de six ans. Nous nous regroupons, tous les vendredi soirs, à partir de 16h. Chacune verse la somme de 325 Fcfa. Cette somme est gardée dans la caisse pendant un an. A la fin de l’année, la cagnotte est ouverte en présence de nous toutes. Le montant collecté est partagé entre les membres, après déduction des frais d’organisation de notre fête solennelle animée par un groupe artistique renommé ». La Covid 19 a ralenti les regroupements de personnes à Bamako, notamment les membres de la tontine ‘taratani’ (mardi) de Djélibougo dont Mariétou Togola est la présidente. « Depuis le début de la pandémie, la tontine ne se réunit plus. Tous les mardis, chacune trouve le moyen de me faire parvenir son argent. Auparavant, tous les mardi soirs, les femmes se regroupaient chez moi. Chacune me versait la somme de 700 Fcfa’, a-t-elle expliqué. Sur cette somme, le total du prélèvement de 500 Fcfa est partagé entre les membres. Les 200 Fcfa restants sont versés dans la caisse qui sert de « banque ». « L’argent des gagnantes aux tirages au sort, qui ne sont pas dans le besoin, est gardé dans notre banque. Ce fonds est mis à la disposition de tous les membres qui veulent emprunter de l’argent. Tout prêt est remboursé avec un intérêt de 5%. Ce samedi, il est 11h, au marché de Ouolofobougou-Bolibana. La dame Fatoumata Diawara passe d’un étal à un autre. Elle reçoit 200 Fcfa de chaque vendeuse, du lundi au samedi. Pour le compte de sa tontine, ‘sibirini’ (samedi), elle reçoit 1200 Fcfa de chaque adhérente. L’objectif est de consolider les relations entre plusieurs vendeuses exerçant dans le marché. La caissière souligne les difficultés que rencontrent les vendeuses sur les marchés. En effet, les marchandises coûtent cher. Les tontines aident toujours à renouveler les fonds de commerce en cas de perte. Les plus