Bandiagara (Centre): Des attaques d’individus armés font cinq morts et 13 blessés
Bandiagara, 19 fév (AMAP) Une attaque d’hommes armés non identifiés contre un car de transport en commun, a fait, jeudi, cinq morts et treize blessés, sur la Route nationale (RN15), aux environs du village de Tillé (Centre), a appris l’AMAP de source locale. L’attaque, vers 7 heures, le matin, contre ce véhicule, en provenance de Bamako pour Koro (Centre), est intervenue au même moment où une position du groupe d’autodéfense Dan Nan Ambassagou a été la cible de tirs, selon notre source. Le bilan de ces deux attaques fait état de trois morts et huit blessés dont trois graves et un véhicule calciné. Dans l’après midi vers 13 heures, sur le même tronçon, un véhicule de transport, venant de Mopti (Centre), a été attaqué au niveau du pont Parou par des hommes armés non identifiés. Le bilan est de deux morts et cinq blessés dont deux graves. Dans les deux cas, une équipe mixte de la gendarmerie et de la police, dirigée par le chef d’escadron, le capitaine Sékou Kariba Konaté, s’est rendue sur les lieux pour porter secours aux blessés. Ceux-ci ont été tous transportés au Centre de santé de référence (CSRéf) de Bandiagara et les cas graves référés à l’hôpital Sominé Dolo de Sevaré. Les populations de cette zone, victimes à plusieurs reprises de violences, invitent le gouvernement à sécuriser leur vie et leurs biens. OG/MD (AMAP)
Mali : La campagne agricole 2021-2022 se prépare
Bamako, 18 fév (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud, a visité, mardi, des services techniques pour s’imprégner de leurs conditions de fonctionnement et leurs difficultés, dans le cadre de la préparation de la campagne 2021-2022. Au Centre d’apprentissage agricole de Samanko (CAA), le ministre a visité les installations pédagogiques et le périmètre maraicher. Après avoir présenté sa structure, le directeur du CAA, Yaya Coulibaly, a déploré les effectifs pléthoriques dans les classes et l’insuffisance de matériels pédagogiques et de la connexion Internet. Mohamed Ould Mahmoud a, ensuite mis le cap sur l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (Icrisat), où il a suivi une présentation sur les activités de cette structure qui fait de la recherche agricole pour le développement, en faveur des zones en Asie et en Afrique subsaharienne. A ce titre, l’Institut aide les populations à surmonter la pauvreté, la faim, la malnutrition et la dégradation de l’environnement, grâce à une agriculture meilleure et plus résiliente. L’Icrisat mène des activités de recherche pour mettre au point des technologies améliorées en vue d’accroître la productivité agricole du sorgho, du mil et de l’arachide. Son directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Ramadjita Tabo, a sollicité l’appui financier du gouvernement malien pour la réalisation de ces projets. «Ma présence témoigne la solidarité du gouvernement avec l’Icrisat, pour les efforts que vous fournissez en termes de recherche et son applicabilité, sa pertinence et la valeur ajoutée de cette recherche au niveau national, sous régional et mondial», a dit le ministre Mohamed Ould Mahmoud. Au périmètre maraîcher de Samanko, le ministre a été témoin des difficultés auxquelles sont confrontées les sociétés coopératives des exploitants des parcelles aménagées. «Le bras du fleuve qui reçoit la station de pompage est au dessus du niveau du lit du fleuve. A partir de janvier déjà, il est difficile d’avoir de l’eau. Les producteurs ont pu développer des techniques de résilience pour pouvoir maintenir l’activité», a souligné leur porte-parole. «Nous avons un cahier de charges avec ces maraîchers. Nous allons forcement leur apporter de l’eau», a promis le ministre Mohamed Ould Mahmoud, en réponse aux doléances exprimées par ses interlocuteurs. A la Société d’assemblage de tracteurs S.A (Mali-Tracteurs, ndlr), fruit de la coopération entre le Mali et l’Inde à travers le partenariat stratégique Angélique international Ltd, la délégation ministérielle a été reçue par le directeur général, Anil Kumar Bansal, et son personnel. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a visité les installations de cette usine qui produit 8 à 12 tracteurs par jour et dont la mission est de piloter la mécanisation agricole au Mali et fournir des agroéquipements à des prix abordables. Au Centre d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (CEEMA), dernière étape, la délégation ministérielle a visité l’atelier de prototype pour la fabrication des outils agricoles, des infrastructures pour la formation et de stockage. AG/MD (AMAP)
Bankass : Trois villageois tués par des hommes armés à Bagourou et à Yabatalou dans la commune de Kani Bonzon
Bankass, 18 février (AMAP) Trois villageois ont trouvé la mort, mercredi, dans une attaque simultanée d’hommes armés non identifiés dans les localités de Bagourou et de Yabatalou, dans la Commune de Kani Bonzon, Cercle de Bankass, Région de Mopti, (Centre ), a appris l’AMAP de source locale. Des individus non identifiés lourdement armés, sur plusieurs motos, ont attaqué ,vers 17 H, Bagourou où deux personnes ont trouvé la mort et Yabatalou où une personne a perdu la vie. Selon notre source, les assaillants, en se retirant, ont incendié les greniers et emporté le bétail des deux localités de la Commune de Kani Bonzon. Notre source précise que le maire principal de la commune a informé les autorités régionales pour l’envoi d’un détachement des forces armées afin de sécuriser ces zones. La même source soutient que ces attaques de la commune sont liées au refus de Kani Bonzon de signer un accord de paix, contrairement aux 8 autres communes sur les 12 du Cercle qui ont déjà signé un accord de paix dans la commune de Diallassagou. AKG/KM (AMAP)
Bientôt des dispositions contre la fraude et la fuite de sujets d’examen au Mali
Bamako, 17 fév (AMAP) Le Centre national des examens et Concours de l’éducation (CNCE) à pris une disposition contre la fraude et les fuites des sujets qui entachent les examens scolaires et gangrène l’Education au Mali depuis plus d’une dizaine d’années, selon un communiqué repris, mercredi, par les réseaux sociaux. « Je vous demande d’organiser des rencontres au niveau des établissements d’enseignement secondaire technique et professionnel et des Centres d’animation pédagogique (CAP) qui feront l’objet d’une synthèse au niveau des Académies d’enseignement (AE), sous forme de propositions de solutions contre la fraude et la fuite des sujets qui peuvent être physiques ou numériques », a dit le directeur du CNCE, Mohamed Maïga, cité par le communiqué. A l’endroit des directeurs d’AE et les secrétaires généraux des différents Syndicats de l’éducation, M. Maiga a ajouté que les participants, qui mèneront ces activités, doivent rendre compte au CNCE « au plus tard le 26 février prochain ». La raison de cette initiative, selon le Pr Maïga, est de lutter contre ces pratiques et d’être en phase avec l’harmonisation du Baccalauréat dans la zone Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans quelques années. MD/MD (AMAP)
Soutien des Etats-Unis aux efforts du G5 Sahel (Secrétaire d’État, Antony Blinken)
Bamako, 18 fév (AMAP) Les États-Unis ont pris part au sommet du G5 Sahel à N’djaména, à travers le secrétaire d’État, Antony Blinken, qui, dans une vidéo, a réitéré l’appui de son pays aux objectifs de la Coalition internationale pour le Sahel dans la lutte contre l’extrémisme violent. « Nous appuyons les objectifs de la Coalition internationale pour le Sahel visant à coordonner le soutien international apporté à la région, qu’il s’agisse de renforcer sa capacité à lutter contre le terrorisme ou de soutenir le développement économique », a déclaré M. Blinken qui a, également, souligné le soutien de Washington pour la réussite de la Transition au Mali « Le G5 Sahel fait un travail essentiel pour apporter la sécurité, la stabilité et la bonne gouvernance à votre région. Les États-Unis s’engagent à être un partenaire solide à vos côtés », a ajouté le secrétaire d’État américain, exprimant la préoccupation des États-Unis d’Amérique (USA) par la montée de l’extrémisme violent, les problèmes de gouvernance et les problèmes humanitaires dans la région. Alors que Daech et les groupes affiliés à Al-Qaeda cherchent à étendre leur influence à travers l’Afrique, il a assuré que les États-Unis continueront de collaborer étroitement avec leurs partenaires africains. « Nous nous appuierons sur les initiatives existantes en Afrique de l’Ouest et partagerons les enseignements tirés de la lutte mondiale contre l’extrémisme violent. Nous félicitons la Mauritanie pour avoir rejoint le Tchad et le Niger en tant que membres sahéliens de la Coalition mondiale contre Daech », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, pour qui, le travail tactique de lutte contre le terrorisme est essentiel. « Au-delà de la réponse en matière de sécurité, la voie vers une stabilité durable passe par la fourniture de services et d’opportunités économiques, la protection de l’état de droit et la participation des communautés aux décisions qui les concernent », a dit le secrétaire d’État. Il s’est félicite des avancées réalisées par le G5 Sahel, en collaboration avec ses partenaires internationaux, pour mieux prévenir les violations des droits de l’Homme et protéger les civils. M. Blinken a dit que le Mali reste un élément central de la stabilité future du Sahel. « Et pour cela, les États-Unis s’engagent à apporter leur soutien aux actions menées par l’Afrique pour assurer une transition de 18 mois dirigée par des civils, qui aboutira à des élections libres et équitables et au retour d’un gouvernement élu ». «Nous demandons instamment au gouvernement de transition du Mali de mener à bien un processus inclusif et transparent pour ces élections. Nous nous félicitons, également, de leur engagement à répondre aux griefs sous-jacents du peuple malien, notamment en matière de sécurité, de gouvernance, de droits de l’Homme, de renouvellement du contrat social, de réforme électorale et de mise en œuvre de l’Accord d’Alger », a-t-il indiqué. DD/MD (AMAP)
Prévention contre Ebola : Vigilance à la frontière du Mali avec la Guinée
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 18 fév (AMAP) La ministre de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby, est allée, mercredi, jauger le dispositif de surveillance de contrôle des voyageurs suspects, à Kourémalé, à la frontière avec la Guinée, où a ressurgi une épidémie d’Ebola, et donner les directives pour prévenir les risques de contamination dans la logique du «Mieux vaut prévenir que guérir». Il s’agit, pour les autorités sanitaires maliennes de mettre en application cet axiome, depuis la résurgence de la maladie à virus Ebola chez nos voisins guinéens. Après une réunion stratégique avec les acteurs de la lutte contre les épidémies et les partenaires, ce déplacement de la ministre en charge de la Santé, à la frontière avec la Guinée, est destiné a préparer déjà la riposte à une éventuelle contamination. Il était environ 15 heures, lorsque Dr Fanta Siby accompagnée d’une forte délégation et du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Jean Pierre Baptiste, est arrivée au cordon sanitaire de la localité, au poste de la douane. C’est à partir d’un bureau que le médecin chef, Dr Dramane Ouattara, et son équipe de techniciens, procèdent au contrôle. Les équipes travaillent par brigade de 8h à 18h. Elles sont dotées de thermoflash (appareils destinés à prendre la température), de gel et de gants. À l’extérieur, il y a aussi 6 kits de lavage des mains au savon. Le médecin chef a expliqué que les agents contrôlent les passagers de nombreux véhicules par jour. Tous sont soumis aux exigences du dispositif : le lavage des mains au savon, avant d’être enregistré au poste. On procède, aussi, à une prise de la température. Le nom, la provenance et le numéro de téléphone sont enregistrés dans un registre pour la traçabilité d’éventuels malades ou de leurs cas contacts. Pour faire ce travail, l’équipe n’est pas dans de bonnes conditions. Au regard de la situation, la ministre de la Santé et du Développement social a promis de construire un centre digne de ce nom. Elle a, aussi, insisté sur la motivation des agents et du comité de veille au sein de la communauté. Pour Dr Siby, des efforts sont faits pour circonscrire les risques de contamination. “Notre pays est prêt pour la riposte”, selon elle. A titre d’exemple, le comité de veille a été activé à Kourémalé et a même commencé la sensibilisation. La directrice régionale de Koulikoro, Dr Najim Oura Diallo, et le médecin chef de Kangaba, Dr Moussa Maïga, ont confirmé leur engagement à être à l’avant-garde de ce combat mais, aussi, leur volonté à mettre en application les directives des autorités compétentes. À ce propos, la directrice régionale a expliqué que sa région a malheureusement beaucoup de portes d’entrée sur la frontière avec la Guinée, y compris Kourémalé qui reste le principal poste frontière. Pour la ministre, il était nécessaire, 24 heures après la réunion d’urgence de venir voir la frontière pour, non seulement, apprécier les dispositions prises mais aussi s’enquérir des conditions de travail des agents. Et de rappeler que le Mali a su bien gérer l’épidémie d’Ebola en 2014. Pour la première responsable du département en charge de la Santé, l’heure n’est pas à l’inquiétude. «Il y a un personnel dévoué sur place malgré les difficiles conditions de travail. En somme, beaucoup de choses ont été faites, mais d’autres aussi restent à améliorer». Fanta Siby a, également, promis d’améliorer les conditions. Cependant, elle a exhorté les agents à renforcer davantage la surveillance. Et au-delà du cordon, elle a demandé à la communauté de réactiver les comités de veille qui existent. «Bravo !», c’est l’appréciation du représentant de l’OMS à l’endroit du Mali, pour sa réactivité. « Beaucoup d’activités ont été menées, à moins de 48 heures. Le plan de riposte a été mis a niveau en un laps de temps», a-t-il dit. Pour Jean Pierre Baptiste, notre pays est en mesure de diagnostiquer les cas. Pour lui, tout cela montre qu’il y a une certaine réactivité et que cela va dans le sens des actions préconisées par l’OMS. Il a, aussi, déclaré qu’en cas d’épidémie, le Mali a la capacité de faire face même si beaucoup de choses restent à faire. Il a remercié les agents de santé pour leur “dévouement”. FN (AMAP)
Mali : Grève de 24 heures des transporteurs à Bamako
Bamako, 18 fév (AMAP) Le Syndicat national des transporteurs routiers urbain, interurbains internationaux (Syntrui-Mali) a observé, mercredi, un arrêt de travail de 24 heures sur toute l’étendue du territoire, pour protester contre l’entrée en vigueur, au Mali, du paiement du péage par passage, initialement prévue pour mardi 17 février, mais reportée au 1er mars prochain. Cette grève des routiers a paralysé certaines parties de la ville de Bamako, la capitale. Les transports en commun ont été fortement perturbés. Les Sotrama (minibus de transport en commun) et les taxis étaient absents, par endroits, dans la circulation qui a retrouvé, le temps d’une journée, toute sa fluidité. De la route de l’aéroport, en passant par Quartier-Mali, aucun véhicule Sotrama n’était visible. Au niveau du Centre international de conférences de Bamako (CICB), trois e es minibus sont garés mais vides. A travers la ville, des usagers désemparés sont attroupés aux feux tricolores, des stations-service ou au bord de différentes voies, à la recherche de moto-taxi. Issou Bengaly, conducteur de moto-taxi est sollicité. «Je suis débordé. Souvent, je suis obligé de laisser certains clients qui m’appellent», confie-t-il. La place communément appelée «Voxida», en Commune III, habituellement prise d’assaut par les Sotrama, est complètement déserte. Même constat à la compagnie de transport «Folona», à la gare routière de Faladiè. Les guichets sont fermés, le vendeur de billet somnole. Venu déposer un courrier à destination de Bougouni (Sud), un jeune homme est surpris d’apprendre l’arrêt total des activités pour raison de grève. Si au niveau de ces endroits, l’arrêt de travail est observé, tel n’est pas le cas derrière l’Assemblée nationale à Bagadadji, où stationnent de nombreux Sotrama de la rive gauche. Ici, l’ambiance était habituelle. Les Sotrama circulent comme d’ordinaire. Aux environs de 11h, quelques rares taxis et Sotrama remplis de passagers sont dans la circulation, un peu partout à travers la ville. Interrogé, le responsable syndical du parking, derrière l’Assemblée nationale, Boubacar Traoré estime qu’ « à partir du moment où le gouvernement a accepté de reporter l’application de la décision du paiement du péage par passage, l’arrêt des véhicules n’a plus de sens ». Le vice-président du Syntrui-Mali, Chiaka Diakité, estime, pour sa part, que le mot d’ordre d’arrêt de travail a été observé sur toute l’étendue du territoire national. L’objectif de cette suspension de travail est de faire lever complètement la décision du ministre des Transports et des Infrastructures concernant le péage par passage. «Nous avons l’habitude de payer le péage, maintenant, le gouvernement veut qu’on le paye à chaque passage, à l’aller et au retour. C’est ça le problème», explique M. Diakité. Le montant payé par véhicule va augmenter. «Des véhicules vont devoir payer jusqu’à 30.000 Fcfa par jour. Or, la décision nous a été parachutée. Nous avions prévu 72h d’arrêt de travail, mais nous allons nous limiter à 24h par respect pour le président du Conseil national de Transition, Malick Diaw», affirme-t-il. Il a, par ailleurs, précisé que l’observation d’une grève, comme l’adhésion à un syndicat, est libre et volontaire. «Nous avons indiqué à nos hommes de terrain de ne pas empêcher les gens qui ne veulent pas observer le mot d’ordre de circuler», indique Chiaka Diakité. « Toutefois, le report de la date d’entrée en vigueur n’a aucun sens pour nous. Nous sommes tout simplement contre l’application de cette décision», conclut notre interlocuteur. Makan SISSOKO
A N’djaména, le président Bah N’Daw rend hommage aux soldats tchadiens tombés pour le Mali
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’djaména, 17 fév (AMAP) La capitale tchadienne, N’djaména, s’est réveillée, mercredi matin, sous une brume qui enveloppait toute la ville. Il faisait assez frais et la visibilité est bonne. Le cortège du président de la Transition, Bah N’Daw, a quitté la villa d’un grand hôtel de la place qui a réalisé des annexes de haut standing pour héberger les délégations des hôtes de marque. Il est escorté vers le cimetière. Sur tout le parcours, les agents de sécurité ont formé un jalonnement pour tenir à l’écart tous les usagers de la circulation (véhicules, engins à deux, tricycles et piétons), Normal, le convoi, précédé de motards et de véhicule de police toutes sirènes hurlantes, roule à vive allure. Il en sera de même sur le trajet menant à l’aéroport international Hassan Djamouss, jusqu’au pavillon présidentiel. Avant de s’envoler pour le Mali, le chef de l’État a tenu à rendre un hommage appuyé aux soldats tchadiens tombés au champ d’honneur dans les contreforts de l’Adrar des Ifoghas, dans la Région de Kidal, dans le Nord du Mali. À son arrivée au cimetière, où reposent les corps d’une trentaine de soldats tchadiens tués au Mali, le commandant de la troupe lui a présenté le déroulé de la cérémonie qui consiste à passer en revue la haie d’honneur, suivi du dépôt de la gerbe de fleurs, au pied du monument des soldats tchadiens tombés au Mali, la sonnerie aux morts et le recueillement sur les tombes. Le cimetière qui leur est dédié est bien entretenu. Les tombes des soldats sont badigeonnées de couleur blanche. Cette couleur symbolise la pureté de l’âme des défunts. DETTE DE SANG – Le chef de l’État a été accueilli par une haie d’honneur composée exclusivement d’officiers supérieurs de tous les corps de l’Armée nationale tchadienne (des généraux, en passant par les colonels et lieutenant-colonels), la fanfare de l’état-major général des Armées. Ensuite, le président Bah N’Daw s’est recueilli sur les tombes, avant de se prêter au cérémonial du dépôt de la gerbe de fleurs. La sonnerie aux morts a retenti mettant fin à ce moment de recueillement, à la fois solennelle et symbolique. Le chef de l’État malien a exprimé, avec une vive émotion, son respect et a remercié le président tchadien, le maréchal Idriss Deby Itno, l’Armée nationale tchadienne pour leurs contributions inestimables. “À ces soldats tchadiens qui reposent dans ce carré des Martyrs, la Nation malienne leur est éternellement reconnaissante”, a déclaré le président Bah N’Daw. Ce cimetière pourrait devenir un lieu où les Maliens résidents ou de passage peuvent se recueillir sur les tombes des soldats tchadiens, afin de leur rendre hommage pour leur sacrifice suprême et pour la dette de sang du Mali envers ce peuple réputé de guerriers dans l’âme. Le maréchal Idriss Deby Itno en a donné, en maintes reprises, la preuve. Il n’a pas hésité à voler au secours du Mali attaqué par des hordes djihadistes et terroristes. Il a revêtu sa tenue militaire pour accompagner, personnellement, le premier contingent militaire tchadien jusqu’à la frontière avec le Niger. Avant de quitter ses troupes, il leur a livré ce message: « On ne poursuit pas le lion en suivant ses traces, il faut le chercher et l’affronter frontalement. Allez, vous n’allez pas revenir tous vivants, mais, terrassez ce lion! » Des dizaines de vaillants et intrépides soldats ont laissé leur vie dans le sable de l’Adrar des Ifoghas. L’engagement tchadien aux côtés du Mali ne s’est jamais démenti. Le maréchal Idriss Deby Itno a pris la décision d’envoyer 1.200 soldats tchadiens pour renforcer les troupes du G5 Sahel, aussitôt la conférence de N’Djaména close.
Au Tchad, le président Bah N’daw a exhorté nos compatriotes au respect des lois du pays d’accueil
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’djaména, 17 fév (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a rencontré, mardi après-midi, à N’djaména, la communauté malienne vivant au Tchad dans l’enceinte de l’ambassade du Mali au Tchad qu’il a exhortée a respecter les lois de leur pays d’accueil. Au cours de cette rencontre, tenue après les travaux de la Coalition pour le Sahel, Bah N’Daw s’est réjoui de l’entente entre nos compatriotes et les a vivement exhortés “au respect strict des règles et des lois du pays hôte”. « Restez toujours à l’écoute de votre ambassadeur qui, comme vous l’avez vous-mêmes attesté, saura vous donner les conseils nécessaires pour rendre votre séjour moins pénible”, a dit le président de la Transition. “Et surtout, j’insiste la-dessus, respectez les lois de ce pays, ne transgressez pas les règles ! », a dit le président Bah N’Daw, avant de rassurer nos compatriotes de sa disponibilité et celle de son gouvernement à promouvoir la paix et la stabilité du Mali. Auparavant, l’ambassadeur Sadio Gassama et le porte-parole de la communauté malienne vivant au Tchad, Alou Traoré, ont remercié les autorités tchadiennes pour l’hospitalité dont jouissent les Maliens installés dans ce pays. Tous les deux ont assuré qu’il règne une communion entre nos compatriotes. M. Traoré, technicien en dessin bâtiment, installé au Tchad depuis 2004, a indiqué que la chancellerie ne ménage pas ses efforts pour rendre le séjour de nos compatriotes “le plus agréable possible et fait de sorte que chacun se sente chez soi comme des Maliens en terre natale”. L’ambassade du Mali au Tchad a été créée en septembre 2017. L’ambassadeur Sadio Gassama a signalé que c’est la première fois que la chancellerie reçoit une visite de haut rang en la personne du président de la Transition. Il lui a souhaité la bienvenue ainsi qu’aux membres de sa délégation. Les relations entre les deux pays sont d’ordre historique et socio-culturel. “Elles sont à l’image de celles entre les deux chefs d’État qui entretiennent des relations privilégiés d’amitié et de fraternité comme l’atteste la coopération de part et d’autre”, a dit l’ambassadeur du Mali. C’est grâce “à cette coopération agissante: que notre pays a ouvert sa représentation diplomatique à N’djaména. Plusieurs accords de coopération existent entre nos deux pays, notamment dans le domaine socio-économique et sécuritaire. Ces accords permettront, dans les jours à venir, d’instaurer une véritable coopération. Il s’agit, a rappelé l’ambassadeur Gassama, “de l’accord relatif au service aérien entre les deux pays, celui sur la protection et la promotion réciproques des investissements, l’accord cadre de coopération, celui portant création de la Grande commission mixte de coopération et, enfin, celui relatif à la coopération culturelle, scientifique et technique”. L’organisation de la Grande commission mixte “permettra de donner un contenu plus concret à ces différents axes de coopération et de maintenir le dialogue politique entre les deux pays, en vue d’échanges permanents réciproques”. Avant de rencontrer les Maliens du Tchad, Bah N’Daw a accordé des audiences à la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la Rwandaise Louise Mushikiwabo et au président directeur général de la Banque arabe pour le développement économique de l’Afrique (BADEA), le Mauritanien Sidi Ould Taha. À sa sortie d’audience, Mme Mushikiwabo a déclaré avoir eu, avec le chef de l’État malien, “des échanges sur la situation actuelle, sur l’avancée de la Transition et les difficultés rencontrées”. “Je lui ai réaffirmé l’engagement de la Francophonie à appuyer le Mali. J’ai bénéficié, à l’occasion, du soutien des chefs d’État des pays africains lors de ma candidature au poste de secrétaire générale de l’organisation. Il est un devoir pour moi de venir réitérer non seulement mes remerciements mais, aussi, de confirmer toute la disponibilité de l’organisation à appuyer le Mali”, a dit Louise Mushikiwabo. Elle a ajouté avoir informé le chef de l’État qu’une délégation de l’OIF arrivera, dès la semaine prochaine, à Bamako pour rencontrer les autorités administratives et politiques “afin de préciser les actions que l’OIF peut soutenir, notamment pendant la Transition”. Elle a souligné que le Mali est, pour la Francophonie, “un pays très important un pays dont la stabilité affecte ses voisins et d’autres de la sous-région”. Il y a, quelques mois, la secrétaire générale de l’OIF, lors de son passage à Bamako, a rencontré le président de la Transition. Le Président directeur général de la BADEA, Sidi Ould Taha, a passé en revue tous les projets financés par son institution au Mali et, aussi, recueilli les attentes et initiatives du président et du gouvernement maliens que la BADEA pourrait financer. Cette institution multilatérale et un instrument de la coopération économique entre le monde arabe et l’Afrique. “Elle est opérationnelle depuis 1975 et intervient dans plusieurs domaines de coopération, en particulier les infrastructures routières, l’électrification rurale et, plus récemment, dans la riposte contre la Covid-19, a détaillé”, son Pdg.
Lutte contre le terrorisme : La France maintient son dispositif
Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 17 fév (AMAP) Les priorités opérationnelles définies à Pau ont permis d’obtenir des résultats probants et de «sauver, une deuxième fois, le Sahel », selon le président français qui entend maintenir cette dynamique. Ainsi, Emmanuel Macron a annoncé, hier lors d’une conférence de presse, que la France ne réduirait pas “dans l’immédiat” ses effectifs militaires au Sahel. Il a motivé ce choix en expliquant qu’il «serait paradoxal d’affaiblir notre dispositif au moment où nous disposons d’un alignement politique et militaire favorable à la réalisation de nos objectifs». Barkhane est donc maintenue dans son format actuel, alors qu’il envisageait il y a encore quelques semaines d’amorcer un retrait dès ce début d’année en rappelant les 600 soldats envoyés en renfort au Sahel il y a un an. Ce schéma est, pour le moment, écarté par le président français qui a estimé que «retirer massivement les hommes (…) serait une erreur ». Mais, a insisté le président français, «des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat ». Par ailleurs, “la mobilisation internationale en faveur du Sahel n’a au fond jamais été aussi puissante”, a déclaré Emmanuel Macron en remerciant les pays européens participant au nouveau groupement de forces spéciales Takuba, “qui acceptent ainsi de mutualiser le risque du sacrifice ultime que prennent nos soldats”. La France compte sur cette force pour réduire sa voilure au Sahel. Notre objectif, a révélé Macron, «c’est d’arriver à 2.000 hommes sur Takuba, avec un pilier français autour de 500 hommes, dans la durée, et une coopération avec les armées de la région, avec plusieurs emprises mais à chaque fois en appui, avec des militaires qui seraient là dans la durée aux côtés des militaires sahéliens, ce qui est une logique différente de celle des Opex ». Soulignant l’importance du travail abattu depuis le Sommet de Pau, le président français a affirmé que “nous avons réussi à obtenir de véritables résultats dans la zone des trois frontières” et le principal groupe visé, l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS), “a perdu son emprise et subit de nombreuses pertes”. En dépit des succès tactiques, il a estimé que les organisations affiliées à Al-Qaïda, le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et la katiba Macina, “dont la plus haute hiérarchie continue à nourrir un agenda terroriste”, constituent toujours une menace au Sahel’’. Il a promis une “action renforcée” pour “essayer d’aller décapiter ces organisations”. Emmanuel Macron a également salué la décision annoncée par le président tchadien, Idriss Déby Itno, d’envoyer 1.200 soldats dans cette zone des trois frontières. Une décision forte qui viendra conforter la force du G5 Sahel.

