L’ONU retire le cannabis des drogues et stupéfiants les plus dangereux

Bamako, 05 Déc (AMAP) Une commission de l’ONU, a voté, jeudi, 03 décembre 2020, le déclassement du cannabis à usage médical de la liste des drogues les plus dangereuses du monde dont l’héroïne, annonce le média américain The New York Times. Cette décision pourrait, selon la commission, permettre de faire considérablement avancer la recherche sur l’usage médical de la marijuana. Initié par la Commission des stupéfiants des Nations Unies, ce vote a été proposé à 53 États-membres, qui ont dû considérer une série de recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de reclasser le cannabis et ses dérivés. L’attention s’est particulièrement portée sur l’une des propositions qui suggérait de retirer le cannabis du quatrième tableau de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, dans lequel figurent les drogues les plus dangereuses et les plus addictives au monde. Selon les experts, « l’approbation de cette recommandation n’aura pas d’implications immédiates qui mèneraient à un relâchement des contrôles internationaux ». Chaque gouvernement aura, toujours, « sa propre législation qui lui permettra de classifier le cannabis comme il l’entend ». Toutefois, beaucoup de pays s’inspirent des conventions internationales pour établir leurs lois. Le fait que l’ONU reconnaisse le cannabis comme une drogue moins dangereuse que d’autres est donc une victoire symbolique pour les personnes militant en faveur d’une évolution des politiques anti-drogues. De leur côté, les personnes qui travaillent pour l’industrie du cannabis thérapeutique espèrent que ce vote permettra aux équipes de recherche d’analyser les bienfaits médicaux de cette drogue et d’avancer dans l’usage du cannabis thérapeutique. TC/MD (AMAP)  

Mali : La séance inaugurale du Conseil national de transition s’ouvre ce samedi matin à Bamako

Bamako, 05 Déc (AMAP) La séance inaugurale du Conseil national de transition (CNT) s’ouvre ce samedi matin dans la salle des banquets du Centre international de conférences de Bamako (CICB), indique un communiqué du secrétaire général de l’Assemblée nationale, publié vendredi. L’ordre du jour de la session porte sur l’élection du président du CNT et la mise en place de la commission ad hoc en vue de l’élaboration du Règlement intérieur de l’organe législatif de la transition, ajoute le communiqué. Le document informe, également, les nouveaux parlementaires qu’une liste d’enregistrement sera ouverte, le même jour, à partir de 07h 30mn au CICB, en prélude à la séance inaugurale. Dernière institution dans l’architecture de la Transition, le CNT est attendu sur plusieurs questions de la vie de la nation notamment, la relecture de la loi électorale, la révision constitutionnelle et la relecture de l’Accord pour paix et la réconciliation nationale La liste des membres a été publiée, par décret, le jeudi 3 décembre 2020. AT/MD (AMAP)

La Mission des Nations unies augmente ses capacités au Mali avec 300 soldats britanniques (Communiqué)

Bamako, 05 Déc (AMAP) Quelques 300 soldats britanniques sont arrivés au Mali pour renforcer la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), annonce un communiqué de la mission onusienne reçu vendredi par l’AMAP. Le ministre de la Défense britannique, Ben Wallace, a déclaré, en cette occasion, que son pays, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, « démontre, par ce déploiement, son ferme engagement envers le maintien de la paix et, en protégeant les communautés locales, l’importance qu’il attache à améliorer la sécurité au Sahel ». Cette force tactique britannique, principalement issue du régiment de cavalerie des Light Dragoons ainsi que du régiment d’infanterie du Royal Anglian Régiment et épaulée par des spécialistes issus de l’ensemble des Forces armées britanniques., selon la MINUSMA, « fournira des moyens de reconnaissance hautement spécialisés ». Elle « effectuera des patrouilles afin de recueillir du renseignement et coopérera avec les populations locales pour aider l’ONU à répondre aux menaces émanant de l’extrémisme violent et à une gouvernance faible », indique la même source. Le communiqué de la mission onusienne, qui annonce leur déploiement au Sahel, précise que la MINUSMA est composée de plus de 14.000 casques bleus originaires de 56 pays différent. « La mission des Nations Unies au Mali s’emploie à soutenir les efforts de maintien de la paix, à encourager la réforme du secteur de la sécurité, à protéger les civils et à promouvoir les droits de l’homme », rappelle la MINUSMA. AC/MD (AMAP)  

Produis grossissants : Attention au retour de flamme

Par Baya TRAORE Bamako, 04 Déc (AMAP) Ambiance d’un marché de Bamako. Soleil ardent, marchands et clientes qui se faufilent entre les étals garnis de toutes sortes de produits pour l’éclat de la beauté féminine. «Bobaraba», «vitago», «dynewell», «magamaba» sont des médicaments « esthétiques » qui raffermiraient certaines parties du corps de la femme. Des femmes utilisent ces médicaments pour avoir des rondeurs à des fins de séduction. Chaque jour, l’étal d’Abdou est assailli par une meute d’élégantes jeunes filles et femmes mariées. Le vendeur est heureux et ses propos le prouvent. « Les femmes utilisent ces produits pour séduire leurs époux ou leurs copains. Dès qu’elles les utilisent, elles se sentent plus femme », dit le commerçant. Vendus sous forme de crème, de sirop ou de comprimé, ces produits transforment la morphologie de la femme (poitrine et fesse) en les rendant généreuses. C’est pourquoi, sans coup férir, les femmes les raflent. » Ces médicaments produiraient des effets « magiques » qui subjuguent les partenaires. Les produits s’écoulent rapidement. L’unité coûte entre 1.000 et 4.000 Fcfa. Sur chaque boîte, s’affiche l’image d’une femme ronde. Certaines femmes se cachent pour les acheter et les glissent dans leurs sacs. D’autres les emballent dans un sachet noir pour être sûres de ne pas se faire remarquer par les voisines. Pour arborer leurs courbes, les Maliennes n’ont pas toutes recours à la chirurgie esthétique et aux injections de graisse. Fatou Diallo est convaincue que « Bobaraba » ou grosse fesse fait le bonheur des épouses. Moins cher et plus accessible, ce produit ne coûte que 1.000 Fcfa et il se présente sous forme de crème de différentes couleurs qu’elle applique sur les seins, les fesses, les hanches. « Et ça fonctionne bien», dit-elle. Cette épouse, aujourd’hui bien dans sa peau, précise qu’elle se méfie d’utiliser des sirops et des comprimés. La plupart de ces produits proviennent de la Côte d’Ivoire et du Ghana, selon la commerçante Maïmouna Diarra. « Les produits les plus vendus sont «bobaraba émergent» et «bobaraba sirop», car leurs effets sont immédiats », ajoute-t-elle. Malheureusement, ces produits sont néfastes pour la santé Ancienne utilisatrice de ces produits, Kadiatou Doumbia, est âgée aujourd’hui de 40 ans. Elle est venue faire des courses au grand marché. Elle nous a fait cet aveu : « J’ai une fois utilisé ces produits, quand j’étais plus jeune. Mais, à ma grande surprise mes fesses n’ont pas augmenté de volume. Ce qui était mon désir. Je me suis retrouvée avec le visage gonflé. Depuis, je déconseille à toutes les femmes l’utilisation de ces produits. Toute personne doit rester naturelle ». A quelques mètres d’elle, Oumou Sow, accompagnée de son amie. Elle réagit après le récit de la quadragénaire. « Les femmes qui utilisent ces produits ne sont pas mûres et jouent avec leur santé. Avant d’utiliser un produit, elles doivent, au moins, prendre l’avis d’un médecin. Et si elles veulent faire grossir certaines parties de leurs corps, il y’a la chirurgie esthétique », explique Oumou Sow. La restauratrice Fatoumata Traoré de Bamako Coura Bolibana avoue avoir fait un usage démesuré des produits qui font grossir. Elle avait opté pour cette solution pour arracher son époux des griffes d’une maîtresse audacieuse et sauver son couple. « J’étais en train de perdre mon conjoint. Il fallait faire quelque chose pour le garder. C’est ainsi qu’on m’a conseillée de chercher des produits qui peuvent me rendre plus belle », raconte-t-elle. « Cela a marché même si je ressens des brûlures sur le corps », indique notre interlocutrice. Elle commence à souffrir des conséquences de ces produits. Depuis cinq ans, elle attend d’avoir un bébé. Sa dernière maternité remonte à plus de 7 ans. Fatoumata continue de souffrir et ne veut plus revivre cette expérience. La frustration de la restauratrice est énorme, car elle se soigne, en ce moment, des brûlures à l’hôpital. BT/MD

Mali : Les médias ont leur partition à jouer dans la Transition (Premier ministre)

Bamako, 04 Déc (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane a souligné, jeudi, le rôle éminent et indispensable des journalistes dans le jeu démocratique et la réussite de la période transitoire au Mali. Le chef du gouvernement, qui s’exprimait au cours d’un déjeuner, a, surtout, voulu signifier l’intérêt qu’accordent les autorités de la Transition à la presse dont le rôle sera prépondérant dans la réussite de cette période transitoire. M. Ouane a donné des informations sur la démarche du gouvernement qui mène actuellement de front la lutte contre la Covid-19 et la gestion du front social. Mais le quatrième pouvoir, qui était représenté dans toute sa diversité, a souhaité en savoir davantage sur la mise en place du Conseil national de la Transition, les raisons de l’annulation de l’adresse du président de la Transition à la Nation en début de semaine ou encore la forte présence des militaires au sein de l’appareil d’État. Durant cette Transition, le Premier ministre ambitionne d’instaurer un cadre de dialogue et de collaboration régulier avec les médias. Ce déjeuner pourrait, donc, marquer un nouveau départ dans les rapports, souvent tendus, entre le monde de la presse et l’Exécutif. Il espère des hommes de presse, « faiseurs d’opinions », plus de professionnalisme dans le traitement de l’information. D’où l’impératif d’agir contre les fake news ou fausses informations qui, selon Moctar Ouane, « menacent toutes les démocraties du monde et minent les rapports entre les gouvernants et les gouvernés ». Il a estimé que les Maliens ont besoin du savoir-faire et du professionnalisme des journalistes pour ne pas succomber aux sirènes de la simplification, dans laquelle certains veulent nous entraîner. Rappelant les objectifs assignés à son gouvernement, Moctar Ouane a mis l’accent sur la refondation des politiques publiques et les reformes à concrétiser. Il s’agit, en somme, de prendre des mesures promptes et conséquentes pour des réponses durables aux attentes, en privilégiant le dialogue et la concertation. La stratégie qui sera déployée à cet effet est détaillée dans un Programme d’actions gouvernemental (PAG), peaufiné sur la base des contributions faites par tous les départements. Ce programme, construit autour de six axes et 23 objectifs fixés dans la feuille de route, sera soumis au Conseil national de la Transition. SÉCURITÉ ET GOUVERNANCE –  M. Ouane a dévoilé les grandes lignes de sa mission à la tête du gouvernement. En effet, les axes et les objectifs ont été déclinés en 275 actions et 291 indicateurs. Les axes 1 et 2, consacrés respectivement au renforcement de la sécurité et de la gouvernance, représentent près de ¾ des actions. «Ce qui démontre l’importance qu’accordent les autorités de la Transition à ces deux piliers qui sont les préalables à l’avènement d’un Mali pacifié », a souligné le Premier ministre qui a assuré que le Programme d’actions gouvernementales (PAG) fera l’objet d’un suivi régulier et d’une évaluation semestrielle prévue pendant la première quinzaine qui suit le semestre écoulé. Ce qui facilitera la prise en charge des priorités du moment et de renforcer le mécanisme de suivi-évaluation. L’élaboration de ce programme est, pour le chef du gouvernement, la preuve que son équipe est à pied d’œuvre pour donner du sens à cette Transition. Et de marteler que le « temps de la réflexion, de la concertation et de la recherche du consensus, n’est pas du temps perdu ». Ensuite, le chef du gouvernement s’est appesanti sur deux préoccupations majeures de l’heure. Le front social sur lequel le gouvernement a initié des négociations avec les acteurs sociaux pour trouver un terrain d’entente. L’enjeu pour le gouvernement est « d’éviter de bloquer la marche de tout le pays », selon M. Ouane qui a assuré que les autorités ne se déroberaient pas à leurs responsabilités. Certes, elles ne pourront pas tout faire, mais elles s’emploieront « à faire tout ce qui est possible et soutenable pour un pays comme le nôtre, écartelé entre une crise sanitaire, sécuritaire et humanitaire ». Déjà, le gouvernement travaille à l’organisation d’une conférence sociale qui se tiendra au premier trimestre 2021. Et sur la propagation de la Covid-19, Moctar Ouane a indiqué que la menace est prise au sérieux par le gouvernement. Raison pour laquelle, un Conseil supérieur de la défense s’est tenu pour réajuster la riposte. Les mesures prises ont trait au renforcement de l’application des gestes barrières et l’intensification de la sensibilisation. Concernant l’annulation de l’adresse du président mardi dernier, le Premier ministre a expliqué que cette option avait été envisagée suite au report du Conseil supérieur de la défense. Dès que les conditions ont permis la tenue de cette réunion, il a été décidé de surseoir au discours présidentiel au profit d’un Conseil de défense élargi à tous les membres du gouvernement. Pour cette rencontre avec les médias, le chef du gouvernement était entouré des ministres en charge de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré, de la Fonction publique, porte-parole du gouvernement, Me Harouna Mamadou Toureh, de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby. ID/MD (AMAP)

Liste des membres du Conseil National de la Transition (CNT)

Décret n°2020-0239/PT-RM du 03 décembre 2020  fixant la liste nominative des membres du Conseil national de la Transition 01 Abdallahi MOUH AMEDOUN ALANSARI 02 Zaicha ABOOULAYE 03 Attay AG ABDALLAII 04 Moussa AG ACHARATOUMANE o5 Alhassane AG AHMED MOUSSA 06 Mohamed AG ALI MATTA HEL 07 Badjan AG HAMATOU 08 Assarid AG IMBARKAOUANE 09 Mohamed AG INTALLA 1O Abdoul Madjid Dit Nasser AG MOHAMED ANSARY 11 Mohamed Ousmane AG MOHAMEDOUNE 12 AkliIkan AG SOULEYMANE 13 Amadou ALY 14 Diadje BA 15 Seydou BADINI 16 Hadji BARRY 17 Haley CISSE 18 M’Bouye CISSE 19 Nana Aicha CISSE 20 Alassane Amadou CISSE 21 Boubacar Amadou COULIBALY 22 Niamey Soumare COULIBALY 23 Gabriel COULIBALY 24 Youssouf Z COULIBALY 25 Nouhoum DABITAO 26 Abdoul Karim DAOU 27 Souleymane DE 28  Mamadou Sory DEMBELE 29 Ladji DEMBELE 30 Fatoumata DEMBELE 31 Aliou DEMBELE 32 Souleymane DEMUELE 33 Sory Kaba DlAKITE 34 Saran Keita DIAKITE 35 Amadou DlALLO 36 Bouhacar N.DIALLO 37 Hawa MACALOU 38 Adama DIARRA 39 Djénébou DIARRA 40 Oumarou DIARRA 41 Racky Talla DIARRA 42 Manmathia DIARRA 43 Kassoum Moussa DIARRA 44 Aminata DIARRA 45 Djibril DIARRA 46 Mohamed Lamine DIARRA 47 Oumar Z DIARRA 48 Adama Ben DIARRA 49 Kadidiatou DIA RRA BARRY 50 Mariam DIARRA SAVANE 51 Mamadou DIARRASSOUBA 52 Ramata DIAOURE 53 Malick DIAW 54 Seinabou DIAWARA 55 Hatouma GAKOU DJIKINE 56 Issa Kaou DJlM 57 Dina DOLO 58 Salif  DOUMBIA 59 Sambou Diadié FOFANA 60 Amina Fatima Ibrahima FOFANA 61 Aboubacar Sidick FOMBA 62 Adama FOMBA 63 Abdoulaye GAKOU 64 Mamadou HAWA GASSAMA 65 Hamadoun Amion GUINDO 66 Kadidiatou HAIDARA 67 Minkoro KANE 68 Amadou KEITA 69 Bilal KEITA 70 Kassim KEITA 71 Salif KEITA 72 Moulaye KEITA 73 Fatoumata Namory KEITA 74 Modibo KEITA 75 Dramane Monzon KONARE 76 Magma Gabriel KONATE 77 Aboubacar Sidiki KONE 78 Mariam KONE KONE 79 Dramane Aliou KONE 80 Aly KONE 81 Mama KONFOUROU 82 Ousmane KORNIO 83 Abidine KOUMARE 84 Haameye Foune MAHALMADANE 85 Amadou MAIGA 86 Moctar MARIKO 87 Badra Aliou NANACASSE 88 Karamoko NIARE 89 Adama NIARE 90 Fousseynou OUATTARA 91 Mohamed OULD SIDI MOHAMED 92 Abrahman OULD YOUBA 93 Moustapha SANGARE 94 Kadidja SANGARE 95 Aminata SANGARE 96 Tenin Kadidja SANOGO 97 Oumou SANOGO 98 Sitan SANTARA MARE 99 Nouhoum SARR 100 Housseini SAYE 101 Boubacar SIDIBE 102 Mohamed SIDIBE 103 Hassane SIDIBE 104 Fatoumata CISSE SIDIBE 105 Fatoumata dite Tenin SIMPARA 106 Sidi SOUMAORO 107 Boubacar SOW 108 Haoua dite Nani SY 109 Issaka TEMBELY 110 Kousse THERA 111 Lassine TOUNKARA 112 Aliou TOUNKARA 113 Fatoumata Aliou TOURE 114 Younoussa TOURE 115 Massaran TOURE 116 Hamadou Diadié TOURE 117 Mamadou TOURE 118 Hamidou TRAORE 119 Habibatou Nayouma TRAORE 120 Sekou TRAORE 121 Aicha WAFI    

Lignes à haute tension :  La mort au-dessus des têtes

Par Oumar SANKARE Bamako, 03 Déc (AMAP) Sur son lit d’hôpital, à Gabriel Touré, l’adolescente Fatoumata Témé avale difficilement une gorgée de bouillie que lui donne sa petite cousine âgée de 5 ans. Pendant ce temps, sa mère était aux toilettes. Sa fillette peine à trouver l’équilibre nécessaire pour boire. Âgée de 13 ans, elle se retrouve, aujourd’hui, avec les quatre membres amputés à la suite d’un accident qui aurait pu lui coûter la vie. On s’en souvient. Le 17 juillet dernier, Fatoumata Témé a reçu une décharge électrique foudroyante, provoquée par une ligne à haute tension suspendue non loin du toit d’une maison où elle travaillait comme domestique. « Avec une barre de fer, j’ai voulu décrocher un habit de la ligne haute tension. Puis, plus rien. Je me suis réveillée à la maison », marmonne la domestique. « Quand Fatoumata est arrivée ici, ses membres étaient déjà raides, Elle avait déjà passé quelques jours à la maison avant de venir à l’hôpital. Faute de soins appropriés à domicile, ses membres étaient déjà infectés. Après consultation de spécialistes, ici, au Mali, en France et aux Etats-Unis, la seule alternative pour sauver sa vie, c’était l’amputation des quatre membres », confesse Adam Telly, responsable du service social du CHU Gabriel Touré. Après son hospitalisation, elle aura toujours besoin d’un accompagnement approprié, surtout moral, pour réapprendre à vivre, selon son infirmière Anne Yéyé. Qui ajoute que le seul rêve de la fillette est de pouvoir retourner à l’école. La mésaventure de Fatoumata n’est malheureusement pas un cas isolé. D’autres accidents similaires ont été enregistrés à Bamako auparavant. Et la cause serait une urbanisation galopante, anarchique et incontrôlée. « Le taux d’urbanisation annuel du Mali, qui est de 4,9% par an, dépasse de loin le taux de croissance démographique global qui s’établit à 2,9% par an. Actuellement urbanisé à 41%, le pays devrait franchir la barre de 48% d’ici 2030 », analyse un rapport de la Banque mondiale intitulé : « Bamako : Un moteur de croissance et de prestation de services. Analyse du secteur urbain ». LE PIRE – À Tiébani, un quartier périphérique de la capitale, les chantiers poussent comme des champignons. Des lignes à haute tension sur plusieurs kilomètres, surplombent certaines maisons déjà habitées ou en cours de construction. Mohamed Barry dit avoir déménagé dans le quartier, il y a quatre mois. « Je suis surpris de voir des familles entières résider si près des lignes haute tension. Quand je fais la marche, le petit soir, et que je vois des enfants et des groupes de jeunes sous les lignes, je ne peux m’empêcher d’imaginer le pire», s’inquiète-t-il. Il y a moins d’un mois, un poteau électrique a provoqué un incendie vite maîtrisé. Seule désagrément :  une dizaine de maisons sont restées dans le noir. « Je n’ose pas imaginer les dégâts que pourraient provoquer les lignes à haute tension », renchérit Mohamed Barry. A quelques encablures de là, se trouve un garage de mécanique automobile, en dessous de la ligne haute tension. Siriki Diarra, un apprenti mécanicien, affirme être conscient du danger. Mais n’ayant pas d’autres choix, il est obligé de’ travailler là, faute de trouver un emploi ailleurs. Une opinion partagée par ses collègues. Au moins, cinq garages automobiles sont alignés. Plus loin, un petit jardin maraîcher appartenant à Assa Doumbia. La quinquagénaire, aussi, se dit consciente du danger mais n’a pas d’autre alternative pour survivre. « A deux reprises, j’ai dû abandonner mes cultures. Les propriétaires ont repris leur terrain. Ici, au moins le terrain n’appartient à personne. J’espère qu’on ne viendra pas me faire déguerpir un jour », dit-elle. Non loin de là, la ligne à haute tension passe au-dessus d’une maison. Un groupe de jeunes discute à côté. « Nous connaissons les risques encourus. Il nous arrive d’en parler avec le chef de famille, un pharmacien. Il dit disposer d’une autorisation de construire », répond le groupe. RÈGLEMENTATION – Le directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, Almaimoune Ag Almoustaphe, est formel : « La marge latérale à observer le long des lignes à haute tension est de 25 à 50 mètres suivant l’intensité, conformément au décret n° 113 du 09 mars 2005 fixant les règles spécifiques applicables en matière d’urbanisme », précise Almaimoune Ag Almoustaphe. Selon lui, outre les risques de graves dangers d’électrocution et d’incendie auxquels s’exposent ceux qui vivent près des lignes à haute tension, « il est démontré qu’une longue exposition aux ondes électromagnétiques est cancérigène ». Autre lieu, autre scène. Nous sommes à Sirakoro, dans la Commune rurale de Kalaban-coro. Une station-service est construite sous une ligne à haute tension. Interpellés, des pompistes, plus occupés à servir leurs clients qu’à se soucier d’électrocution, soutiennent qu’ils ne font que leur boulot. « C’est ça ou le chômage », acquiescent d’un signe de tête, d’autres. Il est 16 h. Un groupe de jeunes s’affairent sur un terrain vague. Ils se préparent à jouer un match de football sous la ligne à haute tension. Leila Camara, une étudiante en colère peste contre les imprudents : « Cela m’énerve tellement de les voir jouer ici, sans se préoccuper des risques encourus ». Tout au long de la route, sur plusieurs kilomètres, lavages auto-motos, kiosques, boutiques, fleuristes, restauratrices et autres abris sont installés sous les lignes à haute tension. Quitteront-ils les lieux pour leur propre vie ? Ils soutiennent qu’à moins d’être expulsés, ils sont à demeure. Ils disent ne pas se plaindre et les activités marchent. En outre, Boubacar Coulibaly, gérant d’un lavage-auto, affirme avoir une autorisation de s’installer et s’acquitte régulièrement de ses taxes. Pour Ahmed Kanté, enseignant à la retraite, tout ceci est de la faute des autorités. « Tout le monde voit ce qui se passe ici à Sirakoro. De hauts responsables nationaux vivent ici : gouverneurs, ministres, directeurs de grandes institutions, chacun passe son chemin. Certains riverains ont interpellé la mairie. En vain », se plaint le retraité. Les conséquences sont pourtant réelles et connues de tout le monde. En la

Mali : Un important lot de stupéfiants et de médicaments incinérés

Bamako, 03 Déc (AMAP) La Commission de destruction des produits pharmaceutiques et des stupéfiants a procédé, mercredi, dans la Commune de Dio, dans le Cercle de Kati, près de Bamako, à l’incinération d’un important lot de stupéfiants estimé à un peu plus de 1,92 milliard de Fcfa et de produits pharmaceutiques d’une valeur de plus de 2,508 milliards de Fcfa. Le lot est composé de 958 kg de chanvre indien, soit 479 briques et de 1.275 cartons de produits pharmaceutiques. «Tout ce qui n’est pas du domaine médical n’est pas autorisé à entrer et ne doit pas entrer dans notre pays. Nous pensons que cet évènement est à salue, tout comme les efforts des collaborateurs », a dit le directeur général de la Pharmacie et du médicament, Dr Yaya Coulibaly qui avait à ses côtés le directeur du renseignement et des enquêtes douanières, Ahmadou Sanogo. « Aujourd’hui, le médicament est un secteur que tout le monde veut intégrer même ceux qui ne sont des professionnels du domaine », a soutenu Dr Coulibaly. Il a, aussi, apprécié les efforts des services des douanes qui se battent nuit et jour pour saisir des médicaments impropres à la consommation. Et d’expliquer que les professionnels doivent apporter un coup de main à la lutte contre ce phénomène. Et les populations, aider les services de douanes et tous les autres services en charge de la lutte contre les faux médicaments et autres stupéfiants. Enfin, Dr Yaya Coulibaly a remercié les services des douanes pour la collaboration constante avec la Direction de la pharmacie et des médicaments dans le cadre de la destruction des produits impropres à la consommation et des stupéfiants. Quant au directeur du renseignement et des enquêtes douanières, il a indiqué que la loi prévoit l’incinération des produits prohibés. Selon M. Sanogo, cette activité offre l’occasion de faire passer un message à ceux qui ont décidé de violer la réglementation pour des intérêts personnels. Pour lui, ces contrebandiers trouveront en face d’eux des agents engagés à protéger la population, la santé animale et l’environnement. Ahmadou Sanogo explique que ces produits ont été saisis au cours des missions de patrouille sur le terrain, aux postes de contrôle et, surtout, grâce aux renseignements. Il a ajouté que ces substances interdites étaient dissimulées à bord de véhicules spécifiquement aménagés pour ça. Ces saisies ont été opérées par la direction du renseignement et des enquêtes douanières et la nouvelle direction régionale des douanes de Koutiala. FC/MD (AMAP)

Cérémonies des djinns : Toutes en transe !!!!

Par Baya TRAORE Bamako 03 Déc (AMAP) La scène ne relève pas d’une anecdote mais plutôt d’un phénomène, «le spectacle des djinns», qui a su franchir les âges, prend, aujourd’hui, des proportions burlesques au Mali. Le rituel d’invocation des êtres invisibles est une pratique ancienne mais, de nos jours, il a pris le chemin du dévoiement. Ses adeptes cherchent à se faire prédire l’avenir. Mais les comportements inavouables ne sont jamais loin. Il est environ 13h20, ce week-end, à Dialakorodji où se tient, au pied d’une colline, un spectacle ahurissant. Une cohorte de femmes chante en chœur et esquisse des pas de danse pour invoquer les djinns, ces êtres surnaturels qui auraient le pouvoir de régler, d’un coup de baguette magique, les problèmes des humains. En tout cas, c’est ce qu’on fait croire aux inconditionnels de la pratique. Quelques minutes plus tard, deux femmes, drapées dans des ensembles en bogolan avec des gris-gris sur tout le corps, entrent brusquement en transe avant de se laisser choir. L’une d’entre elles se prénomme Yaye et serait hantée par le «djinn bamanankè». Son acolyte Maïmouna, elle aussi serait possédée par le «djinn massasolomana». De temps en temps, les deux femmes possédées se relèvent et font le tour du cercle de leurs comparses, la démarche altière et la bouche remplie de bave, marmonnant des formules incantatoires. Parfois, elles se jettent dans la foule avec une certaine agressivité. La scène dure des heures. L’assistance scotchée sur place semble s’en délecter. Tout au long du rituel, les adeptes de la pratique (hommes et femmes) affluent. Certains débarquent de luxueuses voitures. Ceux qui ont des scrupules à être reconnus dissimulent leur visage. Au fur et à mesure qu’on s’achemine vers le crépuscule, les deux femmes, étonnamment, reprennent leurs esprits, dans un semblant de sérénité ! Et les choristes du jour arrêtent leur chant. On installe les deux dames « habitées par des djinns » dans une chambre. Le grand silence qui règne traduirait l’apparition des djinns qu’elles ont invoqués. Place maintenant aux consultations. Par petits groupes, quelques fois individuellement, mais par ordre d’arrivée, les adeptes cherchent à se faire lire l’avenir. Tous déposent auprès d’un assistant, posté à la porte de la chambre, un billet de 500 Fcfa comme frais de consultation. Ils sont aussi tenus de payer un lot de trois médicaments traditionnels à 150 Fcfa à offrir aux djinns afin qu’ils soient plus coopératifs. Selon Yaye, affectueusement appelée par ses adeptes «bamanankè ka Yaye», initiatrice du spectacle qui se passe tous les mercredis et les samedis, l’objectif est de porter assistance aux personnes qui en font la demande. «A travers ce rituel, je soigne les personnes qui me sollicitent. Je leur donne des solutions aux multiples préoccupations et soucis qui les assaillent. Parce que ces personnes, de différentes couches sociales, nous soumettent leurs problèmes à régler. A vrai dire, j’en règle énormément. Ceux qui sont satisfaits nous donnent des enveloppes et des présents», explique la «djinètigui» ou l’hôte des djinns. DÉMON – Fanta Touré et Rokia Traoré assistent, depuis des lustres, à ce spectacle. La première assure qu’elle a toujours trouvé les solutions à ses difficultés auprès de ces femmes possédées par le djinn. Elle pense devoir aux djinns la réponse positive à son désir de maternité : elle a aujourd’hui un garçon, après 15 ans de vie en couple. Difficile de la convaincre du contraire. Elle était encore venue consulter, cette fois-ci, pour mettre fin à des petits désaccords avec son époux et trouver l’harmonie dans son couple. Quant à Rokia, elle explique être hantée par le démon qui l’empêcherait de suivre des cours en classe et de s’épanouir. La jeune scolaire reconnaît avoir vécu un enfer parce qu’elle pouvait s’évanouir à tout moment et partout. Maintenant, elle se porterait de mieux en mieux, grâce à la médication de Yaye. Selon elle, il n’y a plus aucun doute, elle est plus tranquille maintenant et a retrouvé l’envie d’apprendre à l’école. Autre lieu, même scène.  Ce jeudi soir, à Samè Kokono, sur la route de Kati. A une heure indue de la nuit, des initiatrices du spectacle, toutes habillées de boubous blancs, assortis de petits foulards rouges, avec des cauris nattés sur la tête apparaissent au milieu de la scène. Sur des airs entonnés en chœur, des femmes s’évanouissent. Elles sont aussitôt transportées dans une chambre. Kadiatou, l’une d’elles, serait possédée par le «djinn batoukouné». Elle se roule plusieurs fois par terre, avant d’escalader un pan de mur l’air hébété et un sourire béat. Quelques minutes après, elle retrouve ses esprits et accepte de nous dire pourquoi elle se comporte ainsi. Pour toute réponse, elle incrimine «le djinn Batoukouné». A en croire la jeune dame, les personnes hantées par les djinns ont toujours un comportement d’enfant. BRUTALES ET AGRESSIVES– Sur ces entrefaites, une autre jeune dame, du nom de Oumou. entre également en transe. Elle a le «djinn n’komoni», chevillé au corps. Elle se blesse après des chutes consécutives sur un sol rocailleux. Elle ne se souvient de rien mais admet que chaque fois qu’elle entre en transe, elle ressent de la fatigue et tout son corps lui fait mal. Selon elle, si on est possédé par le «djinn n’komoni», à chaque crise, cet être surnaturel te fait faire des choses brutales et agressives parce que ce djinn est très violent. Maria aussi est habitée par le «djinn Maïmouna Haïdara». Après sa chute, le public s’est précipité pour la couvrir avec des foulards. Elle se relève et se dirige directement vers un homme dans l’assistance et lui conseille de faire des sacrifices mais, surtout, de se laver avec certaines décoctions pour voir résolus ses problèmes d’obtention de documents de voyage. Le quidam a confirmé avoir, effectivement, des problèmes de cette nature et jubile, déjà, à l’idée de trouver la solution à son souci. Après que Maria a retrouvé sa lucidité, elel nous a fait comprendre pourquoi elle a été couverte de foulards. Simplement parce que le «djinn Maïmouna Haïdara» aime la religion musulmane qui exige que la femme se

Mali: 75 nouveaux cas de Covid-19 mercredi

Bamako, 03 Déc (AMAP) Les agents de santé ont enregistré, mercredi, 75 nouveaux cas de Covid-19 sur 1408 échantillons prélevés au niveau national, annonce un communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Selon la même source, 22 personnes sont guéries du virus. Un décès est déploré au cours des dernières heures. Les infections du jour ont été identifiées dans les Régions de Koulikoro, pres de la capitale, Sikasso (Sud), Ségou et Mopti (Centre) ainsi que dans cinq des six communes du District de Bamako. À ce jour, la situation épidémiologique cumulée affiche 4.837 pour 3.263 guéris contre 102 décès dont 59 survenus en dehors des centres de prise en charge. Et 1.580 personnes-contact font l’objet d’un suivi quotidian, indiquent les serves de santé AT/MD (AMAP)