Colonel Sadio Camara : « L’engagement patriotique de l’armée n’a jamais faibli »

Réalisé par Massa SIDIBE Bamako, 26 Janv (AMAP) La commémoration du 20 janvier 1961, les actions des Forces armées maliennes en 2020, la présence des forces étrangères sont, entre autres, sujets abordés dans cette interview par le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Colonel Sadio Camara. Il revient, également, sur les allégations d’exactions et de violations des droits humains par les Forces armées maliennes. L’Essor : Le 20 janvier est une occasion renouvelée pour les autorités et les populations du Mali de témoigner leur reconnaissance et exprimer leur soutien et leur confiance aux Forces armées maliennes. Que vous inspirent toutes ces marques de reconnaissance ? Colonel Sadio Camara : Dis-moi de quelle armée tu disposes, je te dirai quelle nation tu bâtiras, dit-on. De sa création à nos jours, l’Armée du Mali a été et continue d’être une force de défense du territoire et de protection des citoyens. En 60 ans d’existence, elle s’est affirmée comme un creuset de notre identité nationale par la diversité de la provenance des hommes et femmes qui servent en son sein. Elle a été de tous les combats pour le développement du pays. Il me plait de souligner que contrairement au concept classique d’une armée, l’Armée nationale ne constitue pas une force en marge de la société. Elle est totalement intégrée au corps social, parce que formée d’hommes et de femmes issus du peuple et proches du peuple. Au-delà de sa mission spécifique, elle a consacré et continue de consacrer tous ses efforts au développement socioéconomique du pays, apportant aux populations un appui et un réconfort à travers les actions civilo-militaires. Les manifestations de soutien dont vous parlez, de toutes les composantes de la République et de l’ensemble des populations maliennes à l’Armée nationale, sont donc la traduction la plus éloquente de la confiance et de la reconnaissance de la nation. Il est important de le souligner, ce soutien des populations est un facteur de motivation et de renfort moral des troupes et de la hiérarchie militaire. Je m’en réjouis et j’appelle tous les Maliens à maintenir et renforcer leur soutien aux FAMa jusqu’à la victoire finale. L’Essor : Quel bilan succinct faites-vous des actions des FAMa en 2020 ? Colonel Sadio Camara : Pour les FAMa, 2020 a été une année opérationnelle particulièrement dense, parce que la crise sécuritaire a persisté, marquée par des attaques terroristes qui ont durement frappé plusieurs localités et communautés de notre pays. Face à cette situation difficile et complexe, les FAMa sont restées engagées et déterminées à poursuivre le combat contre ces forces du mal, en maintenant un niveau d’engagement élevé sur le théâtre des opérations, en planifiant et en exécutant avec succès plusieurs opérations. Je me réjouis et le dis avec une légitime fierté, que ce soit dans l’urgence ou au cours d’opérations planifiées, la compétence, l’engagement patriotique et la réactivité de l’armée n’ont pas faibli face à la récurrence et à la traitrise des attaques Le Mali est un pays très vaste et vous pouvez comprendre que l’armée ne peut pas être partout et en même temps. Nous avons compris que pour protéger les populations, il fallait adopter une posture dynamique. C’est pourquoi, nous avons lancé la stratégie de l’endiguement dont la première phase est la saturation. Il s’agit, pour l’armée, de déployer suffisamment de forces de façon progressive, dans les zones affectées par l’insécurité afin de détruire les groupes armés terroristes, leurs camps d’entraînement, leurs dépôts logistiques, de les chasser des zones qu’ils occupent pour y installer les forces de sécurité et faire face à l’insécurité résiduelle. À titre de rappel, retenez que de nombreuses opérations militaires ont été exécutées pour pacifier et stabiliser le pays. Il s’agit, entre autres : des opérations Horonya, Danaya et Tama menées dans le cadre de la sécurisation de la ville de Gao et ses environs ainsi que la sécurisation des travaux de construction de la route Gao-Bourem ; des opérations Sira, Dongo et Tachamamte qui sont menées dans le cadre de la sécurisation de la ville de Tombouctou et environs ainsi que pour sécuriser les travaux de construction de la route Léré-Niafunké. Sans oublier les opérations Dambé et Soutoura pour sécuriser la frontière Mali-Côte d’Ivoire en coopération avec les forces ivoiriennes et l’opération Seno qui prend en charge la frontière Mali-Burkina Faso et les cercles de Tominian, Koro et Bankass. Plusieurs autres opérations ont été menées avec les forces partenaires de Barkhane, de la Minusma et des pays voisins. Des opérations militaires conjointes transfrontalières communément appelées OMCT sont menées dans le cadre du G5-Sahel. L’Essor : Comment se présentent les Forces armées maliennes aujourd’hui ? Colonel Sadio Camara : Les FAMa viennent de loin. Vous vous rappelez sans doute, que notre pays a connu en 2012 la plus grave crise de son histoire. Sans m’étendre sur les causes et les conséquences de cette crise qui était à la fois politique, institutionnelle, sécuritaire et sociale, je dirais qu’elle a fortement ébranlé notre outil de défense. Suite à ces dramatiques et douloureux évènements de 2012, notre pays a engagé un vaste chantier de reconstruction de notre armée qui vise à donner au Mali les moyens et les capacités d’assurer sa propre défense et sa propre sécurité. La réalisation de ce vaste et ambitieux chantier de reconstruction de notre armée, on peut le deviner facilement, prendra du temps et nécessitera des sacrifices humains, matériels et financiers énormes. La Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) adoptée à cet effet a contribué fortement à moderniser et à adapter notre outil de défense au contexte nouveau de promotion de la sécurité, à créer les conditions les meilleures du plein épanouissement des FAMa, à renforcer ses capacités opérationnelles et à améliorer la cohésion et la discipline au sein des Forces armées et de sécurité. Elle a aussi contribué au réarmement moral des troupes, à la réorganisation de la chaîne de commandement, à la mise en condition opérationnelle des troupes, au renforcement des effectifs, à l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires

Mali : Visite de plusieurs ministres à Kidal (Nord)

Bamako, Janv (AMAP) Six ministres maliens se sont rendus, lundi à Kidal, dans le Nord du Mali, où l’Etat central est absent et qui est toujours aux mains de l’ex-rébellion touarègue, pour parler développement et retour de l’État. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Mossa Ag Attaher, issu de cette rébellion, fait partie de la délégation ainsi que ses collègues de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Modibo Koné, de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Santé et du Développement Social, Mme Fanta Siby, des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, M. Lamine Seydou Traoré et du Secrétaire général du ministre de l’Education national, M. Khanane Ag Gadega. C’est la première visite à Kidal d’une délégation ministérielle malienne depuis le coup d’État du 18 août dernier. La localité est le fief de l’ex-rébellion touarègue depuis plus de huit ans, malgré la signature d’un accord de paix dont l’application est lente sur le terrain. Un accueil chaleureux a été réservé aux officiels, selon le site de RFI, ajoutant que la délégation ministérielle a procédé à la pose de la première pierre de la Maison des jeunes de Kidal. Un huis clos entre les ex rebelles touarègues et les représentants du gouvernement. Des participants à cette réunion ont confié à RFI que les deux parties ont notamment parlé du retour accéléré de l’Etat sur place et de réconciliation. Avant de quitter Kidal, la délégation a rendu visite à un détachement de l’armée nationale reconstituée, qui est stationnée dans un camp militaire, la ville étant toujours sous le contrôle des ex-rebelles touarègues. MD (AMAP)

Mali: Nouvelle baisse des contaminations avec 12 cas de Covid-19 et un décès lundi

Bamako, 25 Janv (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, lundi, 12 nouveaux cas de Covid-19, sur un total de 356 échantillons testés et avec un décès, annonce le communiqué quotidien du ministère de la Santé et du Développement social. On note 14 malades guéris du virus, au cours des dernières 24 heures, selon le communiqué qui ajoute que les personnes infectées de lundi sont identifiées à travers plusieurs Communes du District de Bamako, la capitale. À l’intérieur du pays, seule la deuxième Région administrative, Koulikoro (près de Bamako) enregistre un cas confirmé, précisément à Kalabancoro, dans le Cercle de Kati, précise le ministère en charge de la Santé. À ce jour, la situation cumulée au Mali est de 7.995 cas positifs, sur lesquels 5.731 patients guéris contre 324 décès dont plus de 250 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)

Mali : Le président Bah N’Daw en visite de travail en France mardi

Bamako, 25 Janv (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, effectuera une visite de travail, mardi, en France à l’invitation du président français, Emmanuel Macron, annonce un communiqué de la présidence ce lundi. Cette visite du chef l’État malien en France « a pour objet l’examen de la coopération entre les deux pays et des « échanges sur le Sommet du G5 Sahel prévu à Ndjamena au Tchad en février prochain », précise la même source. Ce voyage du président de la Transition en France est son premier déplacement hors du continent, depuis sa prise de fonction, le 25 septembre dernier. MT/MD (AMAP)

Rentrée scolaire 2020-2021 : des élèves à l’assaut des salles de classe !

Par Oumar DIAKITE Bamako, 25 Janv (AMAP) De gros bouchons dans la circulation bamakoise, des élèves et lycéens, dans les rues, en route pour les établissements scolaires, des parents d’élèves accompagnant les plus petits à l’entrée des écoles…Ce matin du lundi 25 janvier 2021 a été marqué par la reprise des cours pour l’année 2020-2021 dans la capitale malienne, après le report du 5 janvier 2021 pour cause de coronavirus. Une ruée vers les classes qui illustre l’espoir des élèves et de leurs parents pour, enfin, reprendre les cours en présentiel. Déjà, de 07h à 08h00, l’atmosphère de la ville a changé par rapport à celle des autres jours quand les élèves étaient en congé forcé pour raison de Covid-19. Sur le Boulevard de l’Indépendance, des jeunes, sac d’écolier au dos, sur des motos, souvent, à deux. D’autres à pied, en petits groupe, se dirigeant vers leur école. Certains parents déposent leurs enfants en voiture. Bonjour les embouteillages. Un petit tour de certains établissements, comme au complexe scolaire ‘’Les Ecrivains’’. Très tôt, avant 07h. Des nourrissons, des enfants et des jeunes arrivent accompagnés par les parents. Des policiers assurent la sécurité de l’établissement. Une dame répondant, Fanta Coulibaly, monitrice de son état, nous a signifié qu’elle n’a pas de temps, car l’heure de rentrée est fixée à 07h00. Toutefois, elle s’est dit « très contente de reprendre contact avec les enfants » avec qui elle est très familière depuis quelques temps. Au lycée Askia, Amadou Kéita est prêt pour la reprise des cours. Il est parmi ses collègues assis en groupe, sur un mirador, dans la cour du lycée, tous biens habillés. « J’ai pris mes effets scolaires depuis le vendredi dernier. Je n’attends que l’arrivée des professeurs », nous a confié celui qui se présente comme un candidat au prochain baccalauréat, Série TSCO. De son côté, le directeur coordinateur du Groupe scolaire Mamadou Konaté, Abdrahamane Diallo, a assuré que tout se passe très bien « comme toute le monde l’avait souhaité ». « Au sein du groupe scolaire Mamadou Konaté, on a pris des dispositions en amont : le nettoyage des salles, de la cour. Nous sommes fin prêts pour la reprise des cours ce jour, 25 janvier 2021 », a précisé M. Diallo. Le directeur coordinateur a indiqué que l’école Mamadou Konaté A a reçu la visite du ministre de l’Education nationale « qui a suivi une leçon modèle sur la Covid-19 », signalant que les élèves ont massivement répondu à l’appel, dans une atmosphère bonne et sereine. « Par rapport aux dispositifs sanitaires, explique Abdrahamane Diallo, les autorités nous ont instruits de procéder à la distribution de masques pour tous les élèves et des kits de lavage des mains ». « Tout démarre bien », s’est-il réjoui. Par contre, il a souligné qu’il est difficile de gérer la distanciation compte tenu de l’effectif très élevé dans les classes. « Ce qui est sûr, la consigne est donnée aux maîtres de veiller à ce que les enfants portent obligatoirement les masques en classe. Pour le moment, nous n’avons pas d’autres solutions », dit M. Diallo, ajoutant qu’autrement, il faudra « autant de salles et autant de tableaux pour faire respecter la distanciation ». Au groupe scolaire de Darsalam, des kits de lavage des mains sont disponibles et les élèves et enseignants présents, en nombre, portent le masque. Magassa cherche à inscrire son enfant au lycée du Centre islamique d’Hamdallaye. Le garçon doit aller en 10è, pour cette année scolaire. Le père ne parvenait pas le faire admettre dans cet établissement. « Depuis quand l’inscription d’un nouveau lycéen est fixé à 3.000 Fcfa au Mali!», s’exclame-t-il. Il nous a explique qu’on lui a demandé de payer 3.000 Fcfa dont 500 Fcfa pour les effets scolaires. Notre interlocuteur, pressé de regagner son lieu de travail, a dit qu’il reviendra demander des explications au proviseur du lycée. OD/MD (AMAP)

Une attaque contre des gendarmes fait un mort et deux blessés à un check-point à Goundam

Goundam, 25 Janv (AMAP) Une attaque contre le check-point de la sortie de Goundam vers Tombouctou, dans le Nord du Mali, a fait, lundi vers 13h 35 mn, un mort et deux blessés parmi les gendarmes en poste. Un pick-up, surmonté d’une arme, est sorti du quartier Alkara et a foncé sur les gendarmes. Des individus non-identifiés à bord du véhicule ont visé le poste de contrôle par des tirs nourris. Un premier bilan avait fait état de trois blessés dont un grièvement, le gendarme Oumar Abba. Tous ont été conduits au Centre de santé de référence (CSRéf) de Goundam où le blessé le plus atteint a finalement rendu l’âme. Les villageois, pendant ce temps, se sont terrés devant la violence des tirs. Depuis l’enlèvement du maire de la Commune rurale de Doukouria, une certaine tension demeure dans la zone. Les ravisseurs de l’édile réclameraient une rançon contre sa libération. C’est en absence de réaction à leur demande que les bandits armés maintiendraient leur pression, en multipliant les attaques.

Mali: Une trentaine de terroristes neutralisés par les FAMa et Barkhane  à Boulkessi et Mondoro (Centre)

Bamako, 23 Janv (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) déployées respectivement au poste G5 Sahel de Boulkessi et au poste FAMa de Mondoro, dans le Centre du Mali, ont tué, dimanche, une  trentaine de terroristes et récupéré une quarantaine de motos et d’importants matériels militaires, en riposte a une double attaque terroriste, annonce le chef d’État major général des armées, dans un communiqué. Du côté des FAMa, on déplore six militaires décédés et 18 blessés  (04 morts 12 blessés survenus à Boulkessi, et 02 morts et 06 blessés à Mondoro). « L’armée malienne déplore, aussi, la perte d’un véhicule et une mitrailleuse », ajoute le communiqué. Les FAMa ont fait l’objet d’attaques complexes et simultanées de groupes armés terroristes non identifiés, aux environs de 3h30mn. Cependant, «grâce à la promptitude des réactions et une coordination efficace entre les FAMa et la force française Barkhane, les assaillants ont été mis en déroute », indique le communiqué. Le chef d’état-major général des armées salue la mémoire des six martyrs FAMa tombés armes à la main et morts pour le Mali. « Il prie pour le repos de leurs âmes,  adresse ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et à leurs frères d’armes », indique le document. Il assure « les familles des martyrs, du soutien total et la reconnaissance entière de la nation et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». « Il salue également l’engagement résolu de forces partenaires à combattre les ennemis de la paix aux côtés des FAMa et les remercie pour leur soutien indéfectible ». AT/MD (AMAP)

Mali: 28 nouveaux cas de Covid-19 avec 02 décès samedi

Bamako, 23 Janv (AMAP) Au Mali, deux nouveaux patients sont décédés, samedi, de la Covid-19 et 28 nouvelles contaminations ont été enregistrées par les services de santé, sur la base de 1.298 échantillons testés, indique le ministère de la Santé et du Développement social. Les médecins ont déclaré 22 malades guéris du virus depuis vendredi, selon le communiqué qui précise que les cas du jour ont été identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), Ségou (Centre) et Gao (Nord). Mais aussi, dans le District de Bamako à travers plusieurs Communes de la capitale. Ces données portent le nombre total de cas positifs, au Mali, à 7.965, sur lesquels 5.705 patients guéris. On déplore 323 décès à ce jour. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : Les dirigeants de la CEDEAO saluent les progrès réalisés

Bamako, 23 Janv (AMAP) La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a salué, samedi, les progrès réalisés par la Transition au Mali et encouragé les autorités maliennes à poursuivre dans cette direction, en développant davantage l’inclusivité. Le Premier ministre, Moctar Ouane, au terme du sommet tenu a huis clos, a confié à la presse, qu’après l’examen du rapport du Médiateur de la CEDEAO, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, sur la situation au Mali, le président de la Transition, Bah N’Daw a fait le point des progrès réalisés dans la mise en œuvre des actions prévues par la Charte de la Transition : la mise en place des organes, le fonctionnement du gouvernement… « A cet égard, a indiqué Moctar Ouane, nous avons eu l’occasion de faire part à la Conférence, des progrès réalisés ». Selon le chef du gouvernement du Mali, la Conférence en a pris bonne note et a salué les progrès réalisés par le Mali dans la conduite de la Transition. Les autorités de la Transition ont reçu les encouragements des chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace communautaire à poursuivre leurs efforts « en développant davantage l’inclusivité ». « Après l’installation du Conseil national de Transition (CNT), l’inclusivité, sur laquelle travaillent déjà les autorités, sera renforcée », a assuré le chef du gouvernement. « Ce qui permettra de faciliter la mise en œuvre des réformes qui ont été voulues par les Maliens. A cet égard, nous travaillerons sur la base du développement du dialogue politique avec l’ensemble des acteurs concernés », a-t-il promis. La Conférence a mis en exergue la nécessité du travail dans le cadre d’un chronogramme. A ce propos, le Premier ministre a évoqué l’existence de divers mécanismes à l’interne qui seront développés en vue de parvenir à l’examen des différentes questions. Les annonces de la CEDEAO ont été faites, à la fin des travaux de la 58è session ordinaire de sa Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement tenue par visioconférence et à laquelle le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part de Koulouba, en présence du Premier ministre, Moctar Ouane, et de certains membres du gouvernement. Outre des points importants pour le développement de la sous-région, cette conférence avait, à son ordre du jour, l’examen des progrès dans la mise en œuvre des engagements pris par le Mali pour la conduite de la transition. Elle intervient quelques jours après la fin d’une mission du Médiateur Goodluck Jonathan. MS/MD (AMAP)  

« Nomades » de Flem : L’amour du Mali comme source d’inspiration

Par Moussa BOLLY Bamako, 23 Janv (AMAP) Ça y est ! Le rappeur français Flem (Olivier de son vrai nom) et son compère Vieux Farka Touré sont de retour sur des routes «Nomades» (album) pour célébrer l’amitié et manifester leur impuissance face à la détresse croissante d’un Mali qui a du mal à voir le bout du tunnel de la terreur terroriste et des drames des conflits intercommunautaires. Fruit d’une amitié à toute épreuve, le nouvel album du rappeur français est entièrement composé par Vieux Farka Touré et interprété en duo avec Aminata Doumbia dite Amy D. Produit entre Bamako et Paris, cet opus est très séduisant avec ses chants mandingues, ses textes poétiquement engagés et des mélodies qui font un fascinant clin d’œil au terroir touareg. «Nomades», l’album de Flem (Olivier), composé par Vieux Farka Touré accompagné de la chanteuse Amy D, est disponible depuis le 18 septembre 2020 sur toutes les plateformes de streaming. Il célèbre une amitié de dix ans. Une décennie franchit au rythme des performances artistiques partagées, des festivals de Paris à Tombouctou. Une amitié à l’épreuve même de l’insécurité qui règne dans le nord du Mali où le jeune rappeur aime pourtant aller se ressourcer. Au lendemain d’un concert à Niafunké, le rappeur engagé et d’autres Occidentaux sont évacués vers Bamako par le fleuve Niger, échappant de peu à une attaque armée de l’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Cet événement, selon Vieux et Flem, a renforcé les liens humains et inspiré leur connivence artistique au point de se lancer dans un nouveau projet encore plus militant et conscient : Nomades ! Un opus de six titres (Le bonheur c’est les autres, Mali, Nomades, Conscience, BK Night et Amour) bien accueilli par les mélomanes et la critique. Né à Boulogne-Billancourt, Flem navigue depuis toujours entre différents courants musicaux. à 18 ans, il fait le trajet Bamako-Tombouctou en bus. Un voyage à l’allure d’une vraie aventure dans le Sahara qu’il considère comme «un déclic» dans sa carrière. En 2009, il revint au Mali où il rencontre Boureima dit Vieux Farka Touré (fils du légendaire bluesman Ali Farka Touré) et la harpiste Katell Boisneau. Vieux l’invite sur scène lors de son concert au «Festival du Désert» à Essakane (Tombouctou). Et c’est de là qu’est née la solide amitié qui lie les deux artistes. Ainsi, après des enregistrements à Paris, Flem est revenu dans notre pays en 2012 pour finaliser les arrangements de son 1er album, et participer à un concert de Vieux à Niafunké. Le Nord du Mali était déjà en zone rouge et interdit aux Français par l’ambassade de France. Mais, rien ne pouvait dissuader le jeune rappeur à faire ce voyage. RICHESSE FASCINANTE – «Passeport», le premier opus de Flem est un mélange de world music, avec des rythmiques hip-hop et électro, produit par le pianiste et DJ Mattias Mimoun. Un concert exceptionnel à la Boule Noire avec Vieux Farka Touré dévoile le projet au public en 2015. Après quelques prestations en France, au Maroc et au Mali à l’invitation de l’Institut français pour la rentrée littéraire à Bamako en 2017, Flem reprend le chemin du studio. La mixtape «Avec Le Cœur» (ALC), sortira en 2018. Cet opus 100% rap, plus tendu et impulsif, révèle une autre facette de l’artiste. En juin 2019, Flem participe au festival Paris New-York Heritage en partenariat avec la mairie de Paris et donne un avant-goût de «Nomades» au Centre Barbara-Fleury Goutte d’Or. «Un flow fluide, une musique instinctive, des thèmes conscients. Inspirés par des artistes contemporains comme Oxmo Puccino ou Abd Al Malik, mais également du patrimoine de la chanson comme Brassens et Brel, Flem affirme sa signature avec l’union entre des textes de rap engagés et des sonorités traditionnelles d’Afrique de l’Ouest», commente un critique fasciné par la richesse de l’album. «École de la vie et du voyage, sagesse de la route…», selon de nombreux chroniqueurs culturels, le rap de Flem est profondément marqué par ses voyages récurrents au Mali. Et, commente un confrère, «étant natif de Boulogne Billancourt, il n’avait pas vraiment le choix. Soit il puisait son inspiration dans ses voyages, dans la poussière du désert, sur les goudrons de Bamako, dans l’ombre mortifère du jihadisme qui plane aussi sur le Mali, soit… il allait retrouver son compatriote Booba dans des successions de clash sans têtes ni queues» ! Le talent engagé a préféré, sur «Nomades», laisser ses textes et ses mots le guider sur les routes du Mali. Celles qui l’y ont mené, comme «celles qui conduisent aujourd’hui encore des milliers de personnes sur les routes de l’exil, mais aussi celles que les ancêtres de Vieux Farka Touré ou de Amy Doumbia ont pu emprunter en leurs temps». Des routes et des pistes qui, hélas, laissent passer de moins en moins de nomades à cause du terrorisme et des trafics de tous genres. «Quoi qu’il se passe par la suite, j’aurais été au bout de mon idée, j’aurais conserver ma liberté et commencer à toucher certains de mes objectifs», avait déclaré Flem sur sa page Facebook le jour de la sortie de son œuvre, le 18 septembre 2020. Et d’ajouter, «j’espère que vous aurez plaisir à écouter et à vivre ce projet comme on a eu plaisir à le composer et à le créer. Je veux croire qu’on aura le bonheur de partager tous ça ensemble» ! Et naturellement qu’il a remercié «tous ceux sans qui ce projet n’aurait pas vu le jour, particulièrement à mon grand frère de son et de cœur, Vieux Farka Touré, et sa famille…» ! «Nomades» Composé par Vieux Farka Touré Écrit et interprété par Flem et Amy D Claviers : Mattias Mimoun Guitare : Vieux Farka Touré Basse : Valess Assouan Batterie : Madou Koné