Bamako : Grève de certains boulangers
Bamako, 1er fév (AMAP) Certaines boulangeries et pâtisseries de Bamako, la capitale malienne, ont entamé, lundi, une grève de 48 heures pour protester contre la hausse du prix de la farine de blé qui est passé de 17.000 à 20.000 Fcfa. Cependant, la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) se désolidarise de ce mouvement qu’il considère comme «sauvage». Devant la boulangerie «Djon Gourba», à Bamako Coura, un quartier de la capitale, l’ambiance était morose lundi matin. Les portes et les guichets de vente étaient fermés. Les tables des boulangers vides, les caisses de transport de pain posées à l’écart. Les motocyclettes des livreurs étaient au parking. Trois d’entre eux étaient assis devant la boulangerie. C’est clair et net : pas de travail ce jour. Le regard dans le vide, Seydou Diallo, en compagnie d’autres collègues, se tourne le pouce. « Je suis revendeur ambulant de pain. Depuis 5 heures du matin, nous sommes devant la boulangerie, mais il n’y a pas grand-chose. Nous n’allons sûrement pas travailler aujourd’hui », lance le sexagénaire, affirmant avoir appris la nouvelle de la grève tard dans la nuit. Les clients de la boulangerie ont été obligés de rebrousser chemin, en apprenant qu’il n’y avait pas de pain. Même constat à la boulangerie «Nassiroulaye» à Hamdallaye. À l’intérieur de la fabrique, les étagères sont vides, les machines et fours à l’arrêt. Un groupe d’ouvriers était présent mais certains dormaient. «Vous voyez, on ne travaille pas aujourd’hui ! Les employés qui travaillent à la vente ne sont même pas venus. Depuis hier, après la réunion, le patron nous a informés de la grève de deux jours», explique Ousmane Diallo, un ouvrier rencontré sur place. «On nous a expliqué que le débrayage est dû à la cherté du prix de la farine. J’espère qu’on va vite trouver une solution, sinon cette cessation de travail ne nous arrange nullement», poursuit le jeune employé de la boulangerie, l’air inquiet. Plus loin se trouve la boulangerie «Ba Djelika». À l’image des précédentes boulangeries, ici les rideaux sont baissés et les clients repartent les mains vides, visiblement frustrés de n’avoir pas pu se procurer du pain chaud. Là également, un groupe d’employés est installé autour du thé. Daouda Camara, boulanger en chef, explique que son équipe a arrêté le travail, conformément au mot d’ordre de grève de 48 heures décrété par le syndicat. «Nous avons constaté, depuis plus de deux semaines, une augmentation du prix du sac de farine, passant de 17.000 Fcfa à 20.000 voire 20.500 Fcfa en certains endroits. Cette hausse ne nous arrange pas. Pour éviter une augmentation du prix du pain, nous avons préféré observer une grève», souligne le boulanger. Il indique que le syndicat a demandé à l’Etat une subvention de la farine pour éviter une augmentation du prix de la baguette de pain. Dans le même quartier, une tout autre ambiance règne dans une autre boulangerie-pâtisserie. Celle-ci n’observe pas visiblement la grève. L’odeur du pain et des viennoiseries embaume l’air. Un rang interminable de clients à l’entrée. On se bouscule pour se procurer du pain, devenu précieux. En l’absence de leur patron, les employés des lieux n’ont pas souhaité s’exprimer sur la grève. Dehors, un client très content, vient d’acheter deux miches de pain. «Je ne savais qu’il y avait une grève des boulangers. Je l’ai appris quand j’ai voulu acheter un sandwich », lance-t-il. « Je consomme du pain chaque jour, heureusement, j’ai pu m’en procurer. J’espère qu’une solution sera bientôt trouvée au problème», ajoute-t-il. Joint au téléphone, le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, est formel : «Notre syndicat n’a pas appelé à la grève ce lundi. Depuis 2011, nous avons convenu avec le gouvernement que lorsque le prix du sac reste entre 18. 000 et 22.500 Fcfa, le prix du pain est fixé à 300 Fcfa pour la baguette de 300 g et 150 Fcfa pour la baguette de 150 g», explique le leader syndical. Selon Ibrahim Cissé, secrétaire général adjoint du Syndicat patronal des boulangers, aussi membre de la Fédération, aucune grève n’a été décrétée. Mais les boulangeries observent un arrêt de la livraison du pain aux revendeurs pour 48 heures, selon lui. « Cette décision, explique-t-il, est due à l’augmentation du prix du sac de farine, qui est vendu entre 19.000 et 20.000 Fcfa depuis décembre. Pour lui, les consommateurs peuvent s’approvisionner directement auprès des boulangeries ouvertes au prix de 300 Fcfa la baguette de 300 g et de 150 Fcfa celle de 150 g ». Il ajoute que les boulangeries qui ont fermé, l’ont fait parce qu’ils ne peuvent pas travailler dans les conditions actuelles, c’est-à-dire livrer le pain aux revendeurs au prix de 270 Fcfa la baguette de 300 g. La semaine dernière, un communiqué de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC) a assuré que le département en charge du commerce avait entamé des discussions avec les acteurs de la chaine d’approvisionnement du Mali afin de parvenir à des prix consensuels. « Car, le prix fournisseur du sac de farine avait aussi augmenté durant la semaine », révèle la DGCCC qui indique que cette hausse est consécutive à l’envolée du prix du blé sur le marché international. Pour éviter que ce renchérissement du prix de la farine ne se répercute sur celui du pain, des concertations avec les partenaires du cadre de concertation de la filière blé/farine/pain ont été organisées, rappelle le communiqué. Ces négociations devraient permettre de parvenir à un prix consensuel du sac de farine, conformément au protocole signé entre le gouvernement et le cadre de concertation de la filière. MT/MD (AMAP)
Diéma : La vie du monde interlope du quartier Razel
Par Ouka BA Diéma, 01 fév (AMAP) Le quartier Razel, zone commerciale de la ville de Diéma, doit son nom à l’entreprise de BTP qui a effectué les travaux du tronçon Diéma-Sandaré, sur la route de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Le quartier est situé à l’intersection des routes Bamako-Diéma-Nouakchott et Diéma-Kayes-Dakar. A l’absence de taxis et de transports en commun, du genre Sotrama, ce sont des mototaxis qui assurent, quotidiennement, la liaison entre le Razel et les quartiers à l’intérieur de la ville, distant de plus d’un kilomètre. Dans cette partie nord de la ville, il existe des boutiques, des magasins, des logements sociaux, des stations-services, le Centre de santé de référence (CSRéf), des bars, des restaurants, des compagnies de transport, des pharmacies privées, la nouvelle gare routière, le marché à bétail, la centrale hydro-électrique, ainsi que plusieurs autres services. C’est là que se trouve le site du futur aéroport. Malgré la situation sanitaire qui prévaut actuellement au Mali, l’ambiance au Razel reste festive. De jour comme de nuit, des gens déambulent, certains, sans destinations précises. Avec la réalisation de différents corridors de transport, on peut affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, que le Cercle de Diéma est un important centre pour le désenclavement. La route, selon les spécialistes, est cruciale pour le développement, car elle permet de renforcer les échanges commerciaux, d’attirer des investisseurs et, surtout, de favoriser le brassage des populations. Comme le soutient Hady Coulibaly, géographe. Pour lui, « Sans route, aucun développement digne de ce nom n’est envisageable. « Si certains disent : sans eau, pas de vie. Moi, je dirais plutôt, sans route, pas de vie », renchérit l’homme. Plusieurs gros porteurs, en provenance de Dakar, passent la nuit à Diéma avant de rallier Bamako avec leurs cargaisons de marchandises. On dénombre des dizaines de gros porteurs qui obstruent la voie, rendant difficile la circulation. En se rendant dans son champ, sur sa bicyclette, Bouné Keita peine souvent à se frayer un chemin entre des véhicules stationnés dans le désordre. Au Razel, tout coûte cher. Un article à 500 Fcfa en ville, ici, fait le double du prix. « C’est à prendre ou à laisser », s’emporte Mariétou, répondant à un client qui l’a traitée de « téfé » (personne qui cherche à réaliser de grande marges sur ses marchandises). La pomme cannelle importée du Maroc, n’est pas à la portée de tous, de même que les légumes. Selon certains, cette cherté s’explique par le coût du fret que certains commerçants répercutent, selon leurs humeurs, sur le prix de leurs marchandises. Le prix est ainsi à la tête du client. Surtout si celui-ci est un étranger, il hérite d’un prix exorbitant. Au Razel, chacun trouve son compte, Commerçants, entremetteurs, transporteurs, soudeurs, vulcanisateurs, mécaniciens, réparateurs de motos, marchands de bétail, gargotières, vendeurs de café, de thé, vendeuses de « dégué », vendeurs de viande grillée, petits cireurs, tenanciers de débits de boissons, locatrices de chambres de passe, etc. Les mendiants, aussi, gagnent leur pitance. Deux d’entre eux en sont venus aux mains, un jour, pour un billet de banque qu’un généreux passager leur a jeté, en montant dans le bus. Leurs petits camarades ont accouru. Chacun voulait s’accaparer du billet. Ils se tiraillaient. Il a fallu que le donateur les départage. Les malades mentaux ne meurent pas de faim au Razel. Ha ! Tout sauf ça. Ils trouvent de quoi se régaler avec des restes d’aliments qu’ils ramassent ou reçoivent de personnes de bonne volonté. Souleymane Cissé, dit Haoussa numéro 1, qui tient une dibiterie au Razel, exerce son métier depuis 2003. Ce père de 8 enfants se plaint de la cherté des moutons qu’il abat quotidiennement. Il parcourt des kilomètres pour se rendre à la foire hebdomadaire de Fassoudébé pour acheter ses moutons. A l’en croire, il s’acquitte régulièrement de ses taxes d’abattage. Peu de clients se dirigent vers la dibiterie de Bourama Diarra. Des fois, il est désœuvré, « Chacun a sa chance », se résigne-t-il. Il préfère abattre des brebis, car, d’après lui, elles ont plus de chair et coûtent moins chères. « Aujourd’hui, je n’ai rien trouvé à égorger », regrette-t-il, devant son thé sur un fourneau qu’il surveille. Yacouba Sanogo, conducteur de mototaxi égrène quelques difficultés de son métier. Premièrement, la cherté de la vignette. Pour un engin de 2m de long, il faut une vignette de 47 500 Fcfa. La vignette de celui d’une longueur de 1m 70 cm, fait 32 000 Fcfa. Deuxièmement, le prix de la course. Pour faire déplacer spécialement une mototaxi, de la ville au Razel, et inversement, on prenait 1.000 Fcfa avec les clients. Actuellement, beaucoup n’acceptent plus ce tarif », dit-il, en prenant place sur son engin amorti. Lorsque les travaux de la nouvelle gare routière seront terminés, Yacouba Sanogo et ses collaborateurs espèrent obtenir une place pour le stationnement de leurs engins. Cet autre conducteur, Oumar Konaté, se plaint de la multiplicité des motos taxis, qui amenuise ses recettes journalières. « Sinon, dit-il avec insistance, je pourrais gagner plus que ces maigres sous que j’ai en ce moment ». Karamoko Coulibaly, routier, explique qu’à cause de l’état calamiteux de la route, entre Kayes et Dièma, beaucoup de conducteurs préfèrent passer la nuit ici pour se reposer et reprendre des forces. Sur ces mots, l’homme reprend son long et pénible trajet. Une tasse de café, sans pain, chez Adama Traoré, coûte 200 Fcfa. Sa « cafétéria » lui rapportait une recette assez correcte. Mais, avec la pandémie du coronavirus, ses clients se font rares. Makan Dicko, propriétaire de dépôt de boissons au Razel, se frotte les mains. Il peut vendre par jour 80.000 à 100.000 Fcfa. Beaucoup de gens y viennent passer commande. La boisson en canette de 12 unités coûte 7.000 Fcfa, alors que la douzaine en bouteille est vendue à 2.000 Fcfa. Le restaurant de Bavieux Koumaré est bondé de clients. Lorsque les passagers des différents bus débarquent, c’est l’affluence. Ces cinq employés sont débordés. A ce rythme, il compte augmenter le nombre de serveurs. Seydina Diop est routier. Il dit éviter d’acheter de la viande grillée des rôtisseries (Dibissogo), en cours de voyage, « pour ne pas, explique-t-il, avoir des problèmes
Développement du capital humain : Un nouveau programme conjoint Mali-Nations unies
Bamako, 1er fév (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a lancé vendredi, le programme conjoint gouvernement-Nations unies doté d’un budget de 2,172 millions de dollars (soit environ 1,194 milliard de Fcfa), intitulé : « Financer le développement du capital humain au Mali ». Il durera 24 mois, à compter de juillet 2020, pour une enveloppe financière estimée à. Ce montant est composé de 963.000 dollars (environ 529,6 millions de Fcfa) destinés au Secrétariat du fonds commun des Objectifs de développement (ODD) et de 1,209 million de dollars (environ 665 million de Fcfa) destinés aux agences directement impliquées dans sa mise en œuvre, notamment l’Unicef et le PNUD. Ce programme, qui contribuera à renforcer les moyens techniques, humains et financiers en faveur des secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, est un dispositif interinstitutionnel centralisé destiné à soutenir une approche intégrée d’aide à l’élaboration des politiques et financements stratégiques. Il sert ainsi de passerelle entre les acteurs qui agissent pour contribuer, de manière substantielle et efficace, à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le coordonnateur du projet, Mahamadou Zibo Maïga, a expliqué qu’il s’agit d’un programme préparé par les équipes conjointes du gouvernement du Mali avec celles des Nations unies. M. Maïga a souligné l’importance du projet en matière de développement socioéconomique, « car il doit focaliser ses priorités sur les questions essentielles de l’éducation, de la santé et de la protection sociale ». « Le principe, c’est de faire en sorte que l’espace fiscal pour financer ces secteurs du capital humain puisse être élargi au niveau de la gestion des finances publiques en permettant au gouvernement de collecter davantage de recettes fiscales pour alimenter le budget et faire face aux défis qui sont liés au financement des secteurs du capital humain », a-t-il expliqué. « Une opportunité immense est ainsi offerte à l’équipe pays des Nations unies de renforcer son engagement dans ce domaine, s’est réjouie la représente résidente des Nations unies au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe. Afin, selon elle, d’apporter des changements concrets et pratiques en se concertant avec le gouvernement sur quelques actions spécifiques pour relever les défis de financement du capital humain à travers l’élaboration d’un cadre de financement intégré. « L’objectif est de permettre, à terme, une plus grande disponibilité et une meilleure utilisation des ressources nationales pour accélérer la réalisation des ODD dans les secteurs critiques du développement humain pour les populations les plus vulnérables du Mali », a souligné Mme Gasarabwe. BIEN-ÊTRE – Elle a réaffirmé l’engagement des Nations unies à demeurer mobilisées aux côtés du Mali pour soutenir les efforts entrepris e a révélé que ce lancement se tient au moment où le Système des Nations unies (SNU) travaille sur un programme d’actions pour accompagner le gouvernement de Transition dans l’exécution de sa feuille de route. Prenant la parole à son tour, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a confirmé que le développement du capital humain constitue un impératif majeur pour le Mali. « Nous devons nous doter de moyens techniques, humains et financiers en faveur des secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale dont les indicateurs sont peu reluisants, ces dernières années, du fait des effets conjugués des crises multiples qui affectent nos laborieuses populations », a expliqué le Premier ministre. C’est pourquoi, le gouvernement du Mali se réjouit du lancement de ce programme, selon M. Ouane. Pour lui, le programme, qui vise à accélérer la mise en œuvre des ODD, d’une part, « s’inscrit en droite ligne du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) et du Programme d’action du gouvernement de Transition qui accorde un ordre de priorité élevé, notamment à la promotion de la bonne gouvernance, à la refonte du système éducatif et à l’adoption d’un pacte de stabilité sociale, d’autre part, Aux Partenaires techniques et financiers, notamment les donateurs du fonds commun ODD, il leur a réaffirmé la ferme volonté du gouvernement de tenir ses engagements. Moctar Ouane a rappelé quelques actions majeures contenues dans le programme et qui sont, selon lui, d’une importance particulière pour son équipe. Il s’agit notamment de celles visant à soutenir la mise en œuvre des recommandations de « l’Open Budget Survey » pour améliorer le score global de transparence du Mali et de la coordination des partenaires pour enregistrer toute l’aide extérieure dans le budget. Moctar Ouane a ajouté que le gouvernement reste attentif au plaidoyer de la Coordonnatrice résidente en faveur d’autres ressources additionnelles en vue du financement de programmes innovants pour l’accélération de la réalisation des ODD. ADS/MD (AMAP)
Quelque 22 nouveaux cas de Covid-19 enregistrés dimanche au Mali
Bamako, 31 Janv (AMAP) Les services de santé ont enregistré, dimanche, au Mali, 22 nouveaux cas de Covid-19, sur 1.273 échantillons prélevés, indique le ministère de la Santé et du Développement social. Le communiqué quotidien du département en charge de la Santé, indique qu’au même moment, on note 08 patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures. Le ministère précise que les cas positifs du jour proviennent des Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako) et celle Tombouctou (Nord). Mais aussi, dans les Communes IV, V et Vl dans la capitale, Bamako. Au total, le Mali compte 8.091 cas confirmés de Covid-19 sur lesquels 5.945 patients ont recouvré la santé. On déplore 330 décès. AT/MD (AMAP)
Le Mali 129e dans le classement 2020 de Transparency international
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Mali occupe le 129è rang sur 180 pays, dans le classement 2020 de Transparency international, contre la 130è place au classement de 2019, indique le rapport de l’ONG internationale de lutte contre la corruption publié le 28 janvier dernier. Dans le classement des pays africains, dont les efforts de lutte contre la corruption ont été évalués, en 2020, le Mali vient à la 29ème place sur les 54 candidats. Les quatre premiers champions de la lutte contre la corruption en Afrique sont les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et le Rwanda. Le Sénégal est 8ème, le Burkina Faso 14e et la Côte d’Ivoire 20e . A travers l’Indice de perception de la corruption (l’IPC), l’ONG Transparency international classe 180 pays et territoires, en fonction du niveau de corruption dans le secteur public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires. L’Indice utilise une échelle de zéro à 100 dans laquelle zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu. Selon Transparency international, les données de 2020 montrent qu’en dépit de certains progrès, la plupart des pays ne parviennent toujours pas à lutter efficacement contre la corruption. Le Mali marque un score de 30 sur l’IPC. Les pays en tête du classement mondial de l’IPC, ceux qui ont un niveau de corruption très faible, ont un score de 88. Il s’agit du Danemark et la Nouvelle-Zélande suivis par la Finlande, Singapour, la Suède et la Suisse, avec un score de 85 chacun. Les pays en bas du classement sont le Soudan du Sud et la Somalie, suivis par la Syrie, le Yémen et le Venezuela. MDD/MD (AMAP)
Mali: Tendance baissière de la Covid-19 avec six cas et un décès samedi
Bamako, 31 Janv (AMAP) La courbe de contamination au coronavirus connaît une baisse remarquable depuis quelques jours, au Mali où les services de santé ont enregistré, samedi, six nouveaux cas sur 455 échantillons testés et un décès, selon le ministère de la Santé et du Développement social Le communiqué quotidien du département en charge de la Santé, indique qu’au même moment, on note 38 patients guéris au cours des dernières 24 heures. Les malades du jour sont identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest) et celle de Koulikoro, près de Bamako) ainsi que dans les Communes lll, lV, V et Vl du District de la capitale malienne.Ces nouvelles données portent le nombre de cas positifs, au Mali, à 8.069, sur lesquels 5.937 patients sont guéris de la maladie contre 330 décès. AT/MD (AMAP)
Mali : Le Conseil national de transition adopte un accord de financement en faveur de l’Energie
Bamako, 31 Janv (AMAP) Le Conseil national de transition (CNT) a adopté, samedi, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement entre le gouvernement et l’Association internationale de développement (IDA) relatif au programme de financement de la politique de développement du commerce régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest-Mali. Par cet accord, l’IDA accorde au gouvernement malien un financement d’un montant de dix-huit milliards cent quatre millions quatre cent treize mille deux cent (18.104.413 200) Fcfa. Le financement est assorti d’un don de 16,5 milliards de Fcfa. Les membres du Conseil national de transition présents et par procurations, en séance plénière, dans la salle Djéli Baba Sissoko, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), ont accordé, à 101 voix pour, zéro contre et zéro abstention, leur quitus au gouvernement en faveur de ce financement destiné à assurer aux populations la fourniture de l’énergie. L’adoption de cet accord est intervenue après la demande de la Commission du développement rural, de l’environnement, de l’assainissement, de l’eau et de l’énergie et des explications détaillées fournies par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. Aux termes de leurs discussions, les membres du CNT ont, ainsi, adopté le projet de loi ratifiant l’accord de financement entre le gouvernement malien et l’IDA, le guichet du Groupe de la Banque mondiale pour les pays à faible revenu. Ce projet de loi, initié par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été adopté par le Conseil des ministres le 21 janvier dernier. Le projet vise le remboursement du marché régional de l’électricité au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En effet, dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes de paiement de factures d’électricité, en tant qu’importateur, ou de non fourniture de la puissance électrique, une directive de la CEDEAO a été créée et est relative à la sécurisation des échanges transfrontaliers d’électricité. Pour la mise en œuvre de cette directive, la Banque mondiale a proposé deux instruments : la mise en place d’un programme d’aide budgétaire régional d’un montant de 300 millions de dollars et la création d’un Fonds renouvelable de soutien aux liquidités (FRSL) axé sur le commerce de l’électricité dans la région, afin de renforcer la liquidité des acteurs. Le remboursement de ce prêt va s’étaler sur une période de trente-deux ans, après un délai de grâce de six ans. OD/MD (AMAP)
Koro : L’économie locale asphyxiée par l’arrêt du trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso
Koro, 31 Janv (AMAP) Il y a plus d’une année que le trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso, sur la Route nationale (RN15) est interrompu pour causes d’insécurité et de sabotage des ouvrages de part et d’autres de la frontière. Cet interruption du trafic sur cette voie, communément appelée « La route du poisson » ou encore « la route Liptako-Gourma » à partir de la frontière du Burkina Faso, a eu un impact négativement le quotidien des populations du Cercle de Koro et de toute la Région de Mopti (Centre). Cet axe routier était la principale voie de ravitaillement de toute la Région de Mopti et une grande partie des Régions de Ségou et Gao. De nombreuses activités économiques s’étaient développées autour de cet axe routier. Les conséquences de l’arrêt du trafic sur l’axe Mali-Burkina Faso, à partir de la RN15 sont perceptibles à tous les niveaux : les denrées de première nécessité se font rares sur le marché de Koro, les prix de plusieurs articles ont connu des augmentations vertigineuses, de nombreux jeunes, qui menaient de petites activités liées au trafic sur cet axe, sont au chômage, les agents des services des Douanes et de transit sont au chômage technique, les transporteurs et les commerçants broient du noir. Sur le plan économique, c’est un manque à gagner pour l’Etat. En temps normal, cette route faisait rentrer, annuellement, près de 200 millions de francs Cfa au Trésor public, selon le chef de bureau des douanes de Koro, l’inspecteur Mory Koita. Malheureusement, depuis janvier 2020, il n’y a plus de perception au niveau du bureau des douanes de Koro car le trafic est totalement à l’arrêt. A coté des services des douanes, les agences de transit ont, aussi, du mal à joindre les deux bouts. Pour Assimi Dama, chef d’antenne d’une société de transit à Koro, la fermeture de cette route est un désastre économique pour le Cercle de Koro mais, aussi, pour toute la Région. Selon lui, c’était inimaginable que cette route puisse être fermée pendant plus d’une année. Tous les échanges avec les pays voisins, à partir de la RN15, sont bloqués, Ce qui a eu des répercussions sur le coût du transport et, par ricochet, le prix des denrées de première nécessité. Avant l’arrêt de la circulation sur cette route, le transport de personne entre Koro (Mali) et Ouahigouya (Burkina Faso) était de 2.000 Fcfa pour 97 km. De nos jours, il est de 20.000 Fcfa pour plus de 500 km, en faisant le détour par Bénena. L’arrêt du trafic a contraint une compagnie à affecter certains de ces agents à d’autres bureaux opérationnels à travers le pays. Sékou Sawadogo, habitant de Koro nous a expliqué que cela fait plus d’une année qu’il n’a pas pu rendre visite à ses parents qui sont à seulement 45 km de Koro, dans le village de Thiou, au Burkina Faso. Il n’est pas seul dans cette situation. De Nombreux habitants de Koro, originaires du Burkina Faso, sont séparés de leur famille, du fait de l’arrêt du trafic routier entre les deux pays, à partir de Koro. A ceux-ci, s’ajoutent les commerçants qui souffrent le martyre dans cette situation. Le président de la Chambre local de commerce de Koro nous a expliqué que de nombreux commerçants ont vu leur chiffre d’affaires chuter, suite à l’arrêt du trafic avec le Burkina Faso. Le coût du transport a augmenté et les prix des produits ont surenchéri. Or, malheureusement les populations qui n’arrivent pas à exercer leurs activités économiques traditionnelles (Agriculture et Elevage), à cause de l’insécurité depuis plus de quatre ans, vivent dans la précarité. Le pouvoir d’achat des populations a beaucoup baissé et elles ne sont pas à mesure de se procurer certaines denrées surtout de suivre la courbe ascendante des prix. Le président de la Chambre local de commerce de Koro a lancé un appel de détresse aux autorités du Mali, « pour une reprise dans, un bref délai du trafic routier sur le tronçon Koro-Burkina Faso ». Le cercle de Koro ploie sous le poids des conséquences de plus de quatre ans de conflits communautaires et d’attaques djihadistes. L’arrêt du trafic sur la RN15 constitue un véritable danger qui pourrait plonger toute la zone dans une situation humanitaire catastrophique. Comme pour rappeler le danger permanent qui guette les populations de cette zone, un véhicule mini bus, en provenance de Bankass, a heurté un Engin Explosif Improvisé (EEI) mardi dernier, vers 9heures, au niveau du pont Parou, dans la Commune rurale de Bara Sara, sur la RN15, selon une source locale. Le bilan est de quatre morts et trois rescapés parmi lesquels deux femmes, selon notre source qui précise que les malfaiteurs ont placé la mine au beau milieu du pont. Une équipe de l’Escadron de la gendarmerie de Bandiagara s’est rendue sur les lieux afin de ratisser la zone et de faire évacuer, à Bandiagara, les corps et les rescapés. Ici, on mesure l’impérieuse nécessité pour tous les acteurs de conjuguer leurs efforts afin de trouver une solution urgente à cette situation. De l’avis de plusieurs habitants, la solution devra être bipartite entre le Mali et le Burkina Faso car, l’insécurité et le sabotage des infrastructures routières persistent dans les deux pays. Certains avancent la solution des escortes militaires, pour sécuriser les personnes et leurs biens, depuis Ouahigouya (Burkina Faso) jusqu’à Mopti (Mali), à court terme. Cela, afin de rassurer les usagers et les commerçants à emprunter, de nouveau, cet axe. D’autres pensent qu’il faut installer des bases militaires, de part et d’autre de la frontière, à long terme et s’organiser nettoyer la bande frontalière à travers une présence de l’Etat. En attendant une solution durable, pour leur survie, les populations s’approvisionnent en denrées de première nécessité, au compte-goutte, avec des tricycles qui empruntent des pistes rurales semées de dangers. Il est important de signaler que tous les autres bureaux des Douanes et de transit de la zone parviennent à travailler, malgré l’insécurité, sauf ceux de Koro. Cela depuis plus
Tronçon Bamako-Sikasso : Business des thérapeutes dans les bus
Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 Janv (AMAP) Aux fausses allures de psychologues, des thérapeutes gagnent de l’argent, en vendant leurs produits de médecine traditionnelle dans des bus de transport inter urbain, entre Bamako et Bougouni, sur le tronçon Bamako-Sikasso. Pour avoir raté notre convoi d’une mission officielle à Sikasso, le 27 janvier dernier, nous avons été contraint d’emprunter un bus d’une compagnie de transport inter urbain. La réalité dans ce bus est stupéfiante !!! Notamment pour celui dont c’est la première fois de se rendre dans une localité, sur ce tronçon, à bord d’un véhicule de transport collectif. Une fois à l’auto gare, on nous fait savoir qu’il fallait attendre le bus de 14 heures. Nous sommes arrivés aux environs de 11h30, croyant obtenir une place dans le véhicule de midi. Nous avons réussi à s’infiltrer dans le bus de 12 heures puisque, il nous fallait impérativement arriver à Sikasso, avant la nuit, ne connaissant pas la ville et ayant appris d’un responsable de la compagnie de cars qu’il faut six heures de route pour être à destination. Dans le bus, deux minutes plus tard, deux hommes, en uniforme, se tiennent debout dans le bus. Subitement, ils s’engagent dans un jeu d’humour. Pour attirer l’attention des passagers. Ensuite, l’un des deux se présente comme étant un certain Amadou Maïga, avant de se lancer dans un commentaire de ses produits. « Je suis Dr. Amadou Maïga, domicilié à Magnambougou, qui vous parle. Le médicament que nous vous proposons s’appelle Sabu Gnuma, en gélules », annonce-t-il de go. Amadou Maïga commence par un jeu de questions aux passagers sur une mauvaise pratique dont 95% des pratiquants seraient des femmes. Il promet de donner une poudre magique à la personne qui donnera la bonne réponse. Deux passagers se lèvent pour dire que c’est la sorcellerie. Exact. Ainsi, après leur avoir offert le produit, comme prévu, Maïga s’est mis à « révéler et démystifier les secrets de la sorcellerie » tout en vantant les propriétés de ses produits, selon lui, « efficaces » contre le mauvais sort et plusieurs maladies courantes dans notre pays. « Au-delà des produits contre la sorcellerie et le mauvais sort, nous avons des médicaments contre des maladies de l’estomac, les hémorroïdes, les coulées blanches de l’homme, l’impuissance sexuelle, la stérilité des femmes, les difficultés urinaires, les saignées provenant du sexe qui font mal, la fièvre, les infections oculaires », énumère-t-il. Et de lancer, sur un ton convainquant, comme pour interpeller un auditeur précis : « Ne cache pas ton mal, car j’ai le médicament contre plusieurs maladies ». Séduits, plusieurs passagers se sont rués sur ces produits. Le sachet est vendu à 1.000 Fcfa. Nos deux « vendeurs de miracles» descendent au poste de Sénou, à la sortie de Bamako. Quelques minutes après, un autre thérapeute monte dans le bus, pour prendre le relais. Lui, se fait passer pour un Traoré et commence par s’attaquer aux Diarra, qu’il dit être ses cousins à plaisanterie, selon la multiséculaire coutume d’ici. Il n’en oublie pas de faire la promotion de ses produits. Entre temps, nous avons somnolé. Tout d’un coup, un jeune homme, assis à côté, nous réveille pour goûter une poudre du vendeur censé guérir de l’ulcère. Quelques usagers ont vite fait provision de ces médicaments « à base de plantes », soutient le vendeur. Notre tradipraticien ambulant descend, à son tour, à Ouélessébougou, près de 80 km de Bamako. Arrivée au village de Sido, un autre s’invite dans le bus. Il s’appellerait N’Tjiba Koné. Il ne présente aux passagers qu’un seul produit en poudre de couleur noire qu’il appelle ‘’Furudimi Fura’’ (Contre les maux de ventre). Cependant, il explique que ce seul produit soigne plusieurs maladies connues et inconnues !!! « Que celui qui veut acheter achète, celui qui ne veut pas ne l’achète pas… », lance N’Tjiba Koné pour avoir l’attention de la clientèle. Selon certains passagers, il est un doyen du métier. « Il le fait depuis plus de 10 ans. Sa potion est mystique », nous dit un passager. Témoignage que semble confirmer la ruée des passagers sur son produit. Les sachets sont cédés à 500 et 1000 Fcfa. « Cette poudre est exceptionnelle. Elle soigne l’ulcère, les hémorroïdes, le diabète, les kystes, fibromes, pertes blanche, l’asthme, les infections urinaire, la fièvre typhoïde, le paludisme, la tension, les insuffisances ou faiblesses sexuelles, entre autres », criait le « thérapeute » avant de disparaitre du bus, à Bougouni. Aux dires de plusieurs passagers, ces pratiques sont courantes dans les bus de transport inter urbain sur le tronçon Bamako-Sikasso. Ces produits, supposés à base d’arbres provenant de la nature, sont-ils certifiés sans conséquence sur la santé humaine ? Un autre grand débat. En tout cas, certains voyageurs reconnaissent leurs effets positifs. OD/MD (AMAP)
Crise cotonnière au Mali : Le ministre en charge de l’Agriculture à la recherche d’un dénouement heureux
Bamako, 30 Janv (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud, a appelé les producteurs de coton des Régions de Sikasso et Koutiala, les 27 et 28 janvier dernier, à faire des propositions concrètes pour régler définitivement la crise qui secoue le secteur, a constaté l’AMAP. Dans le cadre des assises nationales sur le coton, le ministre Mohamed Ould Mahmoud, à la tête d’une forte délégation d’acteurs du coton, a effectué une mission de supervision des ateliers régionaux des assises sur le coton, dans les filiales Sud et Nord-Est de la Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT), à Sikasso et Koutiala. Mohamed Ould Mahmoud a demandé aux paysans de travailler, pour relever, ensemble, le défi et, surtout, de dépasser les petites incompréhensions. « Nous allons travailler, main dans la main, pour que les choses soient transparentes, claires, que nous fixions les prix ensemble, que nous décidions, ensemble. Mais, le plus important est le produit du coton », a-t-il promis. Le ministre a, aussi, instruit les producteurs à faire de meilleures propositions « pour résoudre, une bonne fois pour toute », la crise cotonnière. Selon lui, il y va de l’intérêt de tous les acteurs du coton. « Nous n’allons pas accepter que la CMDT tombe dans les défaillances qui sont liées à de petites questions de détail pendant que nous avons beaucoup plus intérêt à être ensemble, à avoir plus de cohésion, à voir et regarder l’avenir, en faisant des propositions qui peuvent mieux apporter à l’Economie du Mali, au bien-être du monde rural et, même, à nos familles à Koutiala, à Sikasso ou ailleurs », a-t-il déclaré. Le président de la Confédération des producteurs de coton de Koutiala, N’Fa Coulibaly, a abondé dans le même sens. Selon lui, c’est la troisième fois, en moins deux mois, qu’un ministre vient chez eux pour parler du coton. Il a invité les paysans à s’engager réellement pour trouver une solution définitive à la crise cotonnière qui n’arrange aucunement les acteurs du secteur. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a présenté et confié le nouveau PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, aux producteurs de coton. Les assises sur le coton ont été officiellement lancées le 18 janvier dernier. Elles doivent contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre compétitive, rentable, stable et durable. OD/MD (AMAP)

