Mali : Soixante nouveaux cas de Covid-19 et un décès vendredi
Bamako, 19 mars (AMAP) Les services de santé ont enregistré, vendredi, soixante-treize nouvelles personnes atteintes de la Covid-19, sur un total de 1.273 échantillons testés et un décès, indique un communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs, les médecins ont déclaré une trentaine de malades guéris du virus au cours des dernières 24 heures. Le communiqué précise que les infections du jour ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest) et Koulikoro (près de Bamako), ainsi que dans les six Communes du District de Bamako. À ce jour, la situation cumulée, au Mali, est de 9.191 cas positifs de Covid-19, sur lesquels 6.603 patients sont guéris et 367 décédés. AT/MD (AMAP)
Mali : Les Obsèques d’Adam Thiam prévues dimanche à Bamako (Présidence)
Bamako, 19 mars (AMAP) Les obsèques du directeur de la Cellule de communication de la Présidence de la République, Adam Thiam, décédé dans la nuit du jeudi au vendredi, des suites d’une courte maladie, auront lieu, dimanche à 10 heures au Centre Islamique de Hamdallaye, indique un tweet de la Présidence de la République, vendredi. Connu et respecté pour la qualité de sa plume, Adam Thiam a été l’une des figures importantes des médias au Mali et même à l’international. Il a servi au quotidien privé « Le Républicain », dès les premières heures de la démocratie au Mali en 1991, et a continué toujours d’écrire, jusqu’à sa nomination, en novembre 2019, à la tête de la communication présidentielle à Koulouba, par l’ancien chef d’État, Ibrahim Boubacar Keïta. Natif de Bamako, Adam Thiam a été un grand nom de la presse malienne avec un parcours académique remarquable. Après avoir étudié les Sciences humaines à Dakar, au Sénégal (1978), il a poursuivi son cursus au London School of Hygiene and Tropical Medecine où il a obtenu un Certificat d’auditeur, option sécurité alimentaire en 1984. Ce parchemin l’a conduit à la célèbre Université américaine de Harvard où il a décroché un diplôme en communication pour le développement, en 1995. Ancien conseiller à la communication et porte-parole de la Commission de l’Union Africaine (2003-2005), Adam a été communicant pour plusieurs organisations nationales et internationales. Durant sa riche carrière de journaliste et communicant, celui qui a été collaborateur du président, pendant la Transition de 2012, a, aussi, été consultant pour de nombreuses organisations dont la Banque mondiale, le Programme des=Nations unies pour le développement (PNUD) et Oxfam. Dès l’annonce de son décès, les messages d’hommage se multiplient sur les réseaux sociaux. Confrères, collaborateurs et proches s’inclinent devant la mémoire d’une des meilleures plumes de la presse nationale. AT/MD (AMAP)
Fake news sur les réseaux sociaux : La cote d’alerte
Par Mohamed TOURÉ Bamako, 19 mars (AMAP) L’ancien Premier ministre malien, Ousmane Issoufi Maïga, l’ancien défenseur de le’quipe nationalke de football « Les Aigles », Adama Coulibaly, la cantatrice Mah Kouyaté N°1… la liste est longue comme un bras, des personnalités publiques maliennes qui partagent désormais un point commun. Toutes ont vu, ces derniers mois, les annonces de leur fausse mort devenir virales sur les réseaux sociaux. Ces informations mensongères circulent à la vitesse de la lumière sur Facebook ou encore WhatsApp et sont largement propagées par les internautes qui ne semblent pas mesurer les conséquences du partage des informations. De l’anecdotique fausse rumeur relayée via les plateformes, aux réelles tentatives de manipulation de l’opinion, la palette du phénomène est large dans notre pays. Ainsi, le 16 décembre 2020, une nécrologie erronée annonçant le décès de « Police », l’ancien « roc » de la défense centrale de l’équipe nationale de football, faisait le buzz sur Facebook. « Triste : le vrai policier s’est éteint », titrait notamment un article largement partagé par plusieurs pages sur le réseau social sans vérifications. Les réactions spontanées de proches ou de personnes ayant pris le temps de faire des vérifications ont démenti la fausse nouvelle. La fréquence de leur succession pourrait relever d’une coïncidence, mais la récurrence des fausses informations met en lumière un problème réel dans l’espace médiatique au Mali. Celui des « fake news » (fausses nouvelles en anglais). Il devient si criard qu’il urge de le « circonscrire », de l’aveu de plusieurs acteurs nationaux du secteur des médias que nous avons approchés. « La notion de fake news, l’acceptation qu’il faut en avoir actuellement, c’est une fausse information qui, dans 90% des cas, est donnée de manière délibérée et englobe aussi un but précis », explique Gaoussou Drabo, journaliste et ancien ministre de la Communication du Mali. Il attire l’attention sur les subtilités lexicales, afin de mieux cerner le problème des fausses informations et précise l’importance de la nuance entre les fake news et les informations non avérées que peut donner un journaliste sans intention de nuire. « Ce n’est pas une fausse information donnée de bonne foi. Un journaliste peut donner une fausse information pour s’être trompé de bonne foi », relève l’ancien directeur de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP). La notion de fake news recouvre tout ce qui a une charge négative et qui peut nuire à l’honorabilité d’une personne, aussi bien à l’ordre public qu’à la sérénité sociale. Ces informations, savamment distillées, peuvent avoir des conséquences désastreuses. Dans le sillage de la pandémie de la Covid-19, nombreuses sont les publications sur de faux remèdes. Des mesures prétendument efficaces contre le virus ont aussi inondé les réseaux sociaux. UN PROBLÈME GLOBAL – « Les fausses informations sont publiées dans le monde entier et le Mali ne suit que la dynamique globale », estime Gaoussou Drabo. « Il n’y a pas une explication spécifique à la récurrence des fake news au Mali. Ce qui se passe au Mali est la réplique exacte de ce qui se passe dans les autres pays du monde », tranche-t-il. Néanmoins, il existe certains facteurs pouvant expliquer l’explosion effrénée des informations douteuses, voire fabriquées, sur les réseaux. « La facilité d’utiliser les nouvelles technologies, à mettre dans l’espace public, aussi bien des images, des photos que des propos, fait que tout le monde s’intitule porteur d’une opinion ou porteur d’une information », souligne l’ancien ministre. La libération de la parole publique apportée par les réseaux sociaux se révèle un terreau fertile à la prolifération de certaines fake news. C’est également l’avis de Salif Diarrah, journaliste, directeur de publication de Maliactu.net et chargé de cours de web-journalisme à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC). «Tout le monde se croit journaliste de nos jours parce que quiconque a les outils pour partager l’info le fait. Alors que tout le monde n’est pas habilité à informer», explique-t-il. Les réseaux sociaux participent donc à banaliser la pratique du journalisme. «Le journalisme ne se résume pas seulement à donner l’information », indique Salif Diarrah. Le travail journalistique englobe tout un processus, dont la collecte, la vérification, c’est-à-dire, un traitement de l’information avant sa diffusion». Les fabricants des fausses informations se basent, aussi, sur les sensibilités et fantasmes du public comme l’attrait de certains pour les théories du complot. «Les fake news sont souvent plus rapides que la bonne information parce qu’il y a souvent du sensationnel et de l’extraordinaire derrière. La tentation de partager est plus grande chez les internautes quand ils tombent sur ce type de nouvelle», analyse Salif Diarrah. Dans ce domaine, l’inspiration est poussée toujours plus loin. Les motivations et les stratégies ne manquent pas pour monter des histoires de toutes pièces. Selon Lassina Niangaly, journaliste au site Lejalon.com, «les fake news les plus fréquentes au Mali sont les images (photos ou vidéos) sorties de leur contexte réel ou les fausses déclarations pour porter atteinte à la crédibilité des personnalités ou pour annoncer leur décès». Quid des motivations ? Elles ne manquent pas pour fabriquer les fausses nouvelles. Certaines personnes «diffusent de fausses nouvelles pour avoir plus de partages ou pour faire la publicité de certains produits sur les réseaux», avance Modibo Fofana, président de l’Association des professionnels de médias en ligne (Appel-Mali). Il révèle l’existence «de groupes spécialisés dans la diffusion de fausses nouvelles avec comme motivation de manipuler l’opinion publique par rapport à certains sujets». Les fake news sont, ainsi, de redoutables armes de combat dans l’arène politique. «Lorsqu’il y a une concurrence politique, par exemple, il peut y avoir un recours délibéré aux fake news pour dévaloriser un adversaire, le mettre dans une position embarrassante ou pour lui créer une mauvaise réputation. Là, la fake news est utilisé de manière délibérée comme arme dans le domaine de la politique, de l’économie et du social», explicite Gaoussou Drabo. A ce niveau, la désinformation peut atteindre des proportions dépassant largement l’anecdotique info fantaisiste. Une forme de fausses informations qui seraient orchestrées
Visite du Premier ministre à Mopti (Centre) : crise, lancement de chantiers et inauguration d’infrastructures au programme
Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Mopti, 19 mars (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, est arrivé jeudi à Mopti, dans le Centre du Mali, pour une visite de trois jours dont le programme est consacré à la gestion de la crise que connaît le pays, le lancement de chantiers et l’inauguration d’infrastructures. Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mohamed Salia Touré, Porte-parole du gouvernement, qui fait partie de la mission, a indiqué à la presse que, conformément au premier axe du Plan d’action du gouvernement portant sur le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, le Premier ministre et toute son équipe ont affiché une volonté forte d’aller au contact des populations. L’objectif étant d’abord de leur signifier la présence de l’État à leurs côtés et recueillir leurs attentes, les difficultés et défis auxquels elles sont confrontées au quotidien. Selon le Porte-parole du gouvernement, c’est dans ce cadre qu’il y a quelques semaines, Moctar Ouane s’est rendu à Kayes (Ouest) pour l’inauguration du pont de cette ville. « À Mopti, a précisé le porte-parole, le Premier ministre est à la tête d’une délégation de douze ministres pour cette visite de trois jours ». « D’autres régions suivront, » a annoncé Mohamed Salia Touré. NOUVELLE APPROCHE – Lors de son séjour à Mopti « le chef du gouvernement présidera la réunion du Cadre politique de gestion de la crise au Centre », a indiqué le Porte-parole du gouvernement. Toute chose, qui selon lui, répond à une approche nouvelle : celle d’aller au contact des populations, des acteurs locaux pour échanger avec eux sur cette crise et les impliquer dans la recherche de solutions. Il estime que les solutions viendront de là car il ne faut pas toujours rester à Bamako, imaginer des solutions et les faire descendre sur le terrain. « Mais, il s’agit plutôt de venir au contact des populations qui souffrent de cette crise, échanger avec elles, identifier les acteurs et voir comment les valoriser et les impliquer dans la recherche de solutions », a dit M. Touré. À cet effet, le Porte-parole du gouvernement a ajouté que le Premier ministre se rendra à Konna, Sofara et Bandiagara (Centre). D’après lui, le deuxième temps fort de cette visite va consister à lancer les travaux de la route 2×2 voies de Sevaré à Mopti. Le ministre Touré rappelle que la route est un facteur d’intégration entre les communautés et d’intégration économique. Et c’est aussi un facteur de renforcement de la sécurité qui est une attente forte des populations de la Venise malienne. Dans un troisième temps fort, M. Ouane va inaugurer l’unité d’hémodialyse de l’hôpital Sominé Dolo. Mais en plus de ces activités, Mohamed Salia Touré a fait savoir que le Premier ministre et sa délégation rencontreront, également, des victimes des violences communautaires. En plus, il a annoncé que chaque ministère sectoriel, qui accompagne le Premier ministre, a prévu des activités dans son domaine. Au cours de sa visite à Mopti, le Premier ministre va visiter les sites des déplacés internes au camp officiel de Sokoura et y remettra des dons alimentaires. Aussi, il va remettre des équipements aux femmes de la Région et va partager un repas de corps avec les militaires. RESPECT DES TRADITIONS – Le chef du gouvernement se rendra à Konna où il visitera le port de pêche et les réalisations des projets PSDG. Avant de regagner Bamako, Moctar Ouane va rencontrera les cadres, les élus et la société civile de la Région de Mopti. Le premier acte posé par Moctar Ouane, en 5è région, après son accueil par le gouverneur de la Région de Mopti, le colonel-major Abass Dembélé, a été de se rendre au camp Hamadoun Bocary Barry dit Balobo de Sevaré où il s’est incliné, pieusement, devant la stèle dédiée aux militaires maliens et étrangers morts pour le Mali. Cette visite du Premier ministre intervient au lendemain de l’attaque survenue sur l’axe Lélehoye-Téssit (Nord) contre une unité de relève des Forces armées maliennes (FAMa). Cette attaque a couté la vie à 33 éléments et fait 14 blessés. Après Sévaré, Moctar Ouane s’est rendu à Mopti où, dans la pure tradition malienne, il est allé directement rendre une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la Venise malienne. Il a, en effet, été reçu par Baba Touré, chef de village de Mopti et Abdoulaye Bouma Konaké, imam de la Grande mosquée de la ville. DD (AMAP)
Covid-19 au Mali: Hausse des nouvelles contaminations avec 52 cas et un décès jeudi
Bamako, 19 mars (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, jeudi, une cinquantaine de nouveaux malades du coronavirus, sur la base 1.115 échantillons testés et un décès, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. On note 18 patients guéris depuis mercredi, selon la même source. Le communiqué précise que les nouvelles contaminations ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de la capitale), celles de Sikasso (Sud) et Mopti (Centre). Mais aussi, à travers plusieurs quartiers des six Communes du District de Bamako, la capitale malienne. Ces nouvelles données portent le nombre de cas positifs à la Covid-19, au Mali, à 9.118, 6574 patients guéris contre 366 décès. AT/MD (AMAP)
Embuscade de Tessit (Nord): Le ministre de la Défense et des Anciens combattants s’incline devant la tombe des soldats tués
Gao, 18 mars (AMAP) Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, accompagné d’une forte délégation, est venu s’incliner, jeudi, à Tessit devant la tombe de 31 soldats maliens morts dans une embuscade, lundi après-midi, contre une relève d’un poste de sécurité, à 55 km au Sud-Ouest d’Ansongo, dans la Région de Gao (Nord). Après le cimetière, le ministre Sadio Camara a participé à l’inhumation de deux soldats blessés et qui ont succombé à leurs blessures. La cérémonie funèbre a enregistré la présence du gouverneur de la région de Gao, le général de brigade, Moussa Traoré, du chef d’état-major général des armées, le général de brigade, Oumar Diarra, le chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel major Félix Diallo, le commandant de la 3ème Région militaire de Kati, Boubacar Yassanry Sanogo et le commandant du 32ème Régiment d’infanterie motorisé, Abdoulaye Gakou. Le colonel Camara, s’est, ensuite, rendu à l’hopital militaire de campagne de Gao, où il a remis des Médailles de blessés de guerre à quatorze soldats admis pour des soins, après l’attaque. Le dernier bilan de cette attaque meurtrière fait état de trente-trois militaires tués et quatorze blessés, selon une source militaire. Trois véhicules des Forces armées maliennes (FAMa) ont, également, été détruits tandis que côté ennemi, vingt corps ont été retrouvés sur le terrain, précise la hiérarchie militaire. “L’embuscade a été tendue par une centaine d’hommes à bord de pick-up et sur des motos et l’accrochage a eu lieu à 20 km de Tessit sur l’axe Lellehoxe-Tessit”, ajoute un communiqué de l’état-major général des armées. «Une compagnie a été envoyée dans la zone pour le ratissage. Les blessés ont été évacués par la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA”. Deux hélicoptères de la force Barkhane étaient sur zone pour appuyer les Forces armées maliennes», indique le communiqué. AT/MD (AMAP)
Mali : Amadou Sanogo, l’artiste qui revivifie les traditions par la peinture
Par Moussa BOLLY Bamako, 18 mars (AMAP) Le public a découvert ou a redécouvert cet artiste-peintre atypique à l’occasion de «Ségou’Art 2021» (format créatif du Festival sur le Niger) que la Cité des Balanzans a abrité du 4 au 7 février 2021. A cette occasion, en partenariat avec BamakoArtGallery (BAG), le jeune talent était au cœur d’une exposition exceptionnelle avec l’illustre Cheick Diallo, le père du design malien. Les deux artistes ont travaillé de concert sur une même œuvre. Une première dans l’histoire de la BAG. Une collaboration qui a confirmé Amadou Sanogo comme « l’un des artistes peintres maliens les plus influents » dans le monde. Questionner la société, l’humanité ! C’est la philosophie qui se dégage des œuvres d’Amadou Sanogo. Des œuvres teintées de l’impact de la technique traditionnelle du bogolan qui influence sa démarche artistique. Diplômé des arts plastiques de l’Institut national des arts (INA) de Bamako en 2003, Amadou s’est fait une place au soleil à travers les ateliers de formation. Une expérience qui, reconnaît-il, lui a permis de « rencontrer le monde », chez-lui, avant de sortir pour aller vers le reste du monde. Comme artiste, son inspiration se nourrit beaucoup de son éducation communautaire. « Ma base de réflexion est surtout axée sur les questionnements sur l’homme au sein de la société et son devoir envers celle-ci », déclare-t-il dans un document de présentation réalisé par BamakoArtGallery (BAG) à l’occasion de «Ségou’Art 2021». Et de poursuivre, « le bogolan a eu un impact sur ma façon de travailler et surtout ma façon de voir les choses. C’est l’une de mes premières expériences artistiques. C’est un art que j’ai parfaitement maîtrisé un moment. Et comme c’était du bogolan traditionnel, on ne m’a pas appris à tricher avec les techniques et les matières ». Aujourd’hui, a déploré l’artiste, « il y a beaucoup de tricherie avec le bogolan, surtout que l’effort n’est pas récompensé. Naturellement, tout est traditionnel dans le bogolan. Traditionnellement, le blanc ne s’obtient pas par exemple avec l’eau de Javel comme on le voit aujourd’hui ». Toujours est-il que « les techniques du bogolan m’ont beaucoup facilité la peinture ». Cette expérience artistique lui a permis de maîtriser et de raffermir les techniques de la peinture et à imposer son style. AU PRIX DE L’OBSTINATION – Né à Ségou (Centre), le 1er juillet 1977, Amadou Sanogo a poussé l’obstination jusqu’à se forger un destin autre que celui tracé par ses parents. « Après le Certificat d’études primaires (CEP), ma famille a voulu que j’étudie la comptabilité, mais au bout de deux ans, j’ai choisi de passer le concours de l’Institut national des arts (INA). Cela a été mal perçu, car dans ma famille et, cela d’autant plus que pour mes parents, un noble comme moi n’avait pas le droit de pratiquer l’art destiné aux hommes de caste. Il n’y a que ma mère qui me soutenait, en m’envoyant en secret de la nourriture pendant mes études », a-t-il confié à la presse, lors d’un de ses nombreux entretiens avec la presse française. Très tôt fasciné par le dessin, Amadou Sanogo a été initié au bogolan (technique de teinture végétale et motifs d’argile sur coton) par son professeur à l’école fondamentale. Il a, par la suite, découvert la gouache, l’aquarelle, puis l’acrylique qu’il a choisi depuis 2005. Jusqu’en 2012, il a bénéficié du mécénat de Séiba Kéita, propriétaire d’un café fréquenté de la capitale. «Il me disait : je veux que tu peignes sans souci financier », se souvient l’artiste. En 2011, il est repéré par le célèbre galériste d’art contemporain africain, le Français André Magnin. « Il y a eu un énorme changement dans ma vie grâce à lui. Il veut garder tout ce que je produis pour les montrer dans les grandes rencontres… Désormais, je vis à 100 % de la peinture et je peux faire vivre ma famille », assure l’atypique peintre heureux de vivre de son talent. PROVERBES BAMBARA – « Humaniste et libre-penseur », comme l’écrit un critique à son propos, Amadou Sanogo se nourrit de la tradition qu’il utilise comme source de connaissances, de sagesse et d’inspiration. C’est ainsi qu’il a récemment fait une exposition (La Criée, Centre d’Art Contemporain à Rennes, France) avec des tableaux inspirés des proverbes bambara que l’artiste considère comme « essentiels à la compréhension de la culture malienne dans toute sa diversité ». Ses œuvres drainent du monde dans ses expos à l’Institut français du Mali (IFM-Bamako) à l’Alliance franco-malienne de Mopti, à Paris, Rennes, Bordeaux, Londres, Bruxelles, Marrakech, Ouagadougou avec des thèmes atypiques comme «De Paroles en paraboles, on se sert», «Les points de l’individu», «L’homme du présent», «Le Reflet», «Le trait»… L’an dernier (2020), ses toiles de grand format (une quinzaine) inspirées de proverbes du Mali avaient fait sensation en Europe, en France notamment, avec des animaux ou des silhouettes humaines qui se découpent sur des aplats de couleurs tendres ou vives, et racontent la politique, la vie en société, et la vie artistique. « Chacune de ses acryliques fait référence à un proverbe bambara… Le personnage, par sa posture, et certains détails comme les mains gantées, synonymes de violence, évoquent un adage : il est difficile de se battre contre soi-même ou la malédiction pousse la volaille à se transformer en vendeur de couteau », commente un critique d’art. « Je suis né à Ségou, la capitale du royaume bambara où les proverbes n’ont plus de secrets. On vit et on dort avec. Lorsque je suis arrivé à Bamako pour étudier à l’Institut national des arts (INA), j’ai mesuré l’ampleur de la richesse de ces proverbes et j’ai choisi de travailler sur ce thème. », dit Amadou. Cette quête d’originalité qu’il ne trouve plus de nos jours dans le bogolan, cette volonté de créer l’inséparable passerelle entre ses œuvres et les traditions de son terroir est au cœur de sa vision de l’art. «Je me pose beaucoup de questions sur les paroles bambara, le système de fermeture social malien et même international qui sont
Vaccination contre la Covd-19 au Mali : Le ministère en quête d’accompagnement
Bamako, 18 mars (AMAP) La vaccination anti-Covid-19 a été, mardi dernier, au centre de deux réunions techniques présidées par la ministre de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby, avec les scientifiques et des tradi-praticiens, qui admis l’urgence d’une synergie d’actions pour circonscrire la Covid-19. La ministre en charge de la Santé a expliqué qu’un comité national a été mis en place pour assurer la sensibilisation en faveur de la vaccination. Et de souligner la nécessité d’une implication des thérapeutes traditionnels avec des essais cliniques. «C’est pourquoi, mon département est en train de multiplier les réunions pour accélérer les choses», a-t-elle déclaré. Il est bon de savoir ce que les tradi-praticiens peuvent apporter dans la lutte contre le coronavirus. À cet effet, Pr Rokia Sanogo, spécialiste de la médecine traditionnelle, a indiqué que sa discipline produit des médicaments qui peuvent renforcer le système immunitaire ou soigner certains symptômes. FN (AMAP)
Vaccin Covid-19: Entre assurance et doute
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 18 mars (AMAP) Pour la section immunisation de la direction générale de la santé, l’antigène AstraZeneca a plus d’effets bénéfiques que de conséquences néfastes. Mais le Haut représentant du président de la Transition dans la lutte contre la Covid-19 requiert de surseoir à la vaccination et demande l’acquisition d’autres types de vaccin. Les statistiques macabres liées à la pandémie du coronavirus à l’échelle planétaire rappellent, surtout, à tous (développés et en développement) la nécessité et l’urgence de contrôler le fléau, à défaut de pouvoir l’éradiquer rapidement et de ne laisser aucun pays en rase campagne dans la vaccination qui demeure une stratégie essentielle de prévention. Malheureusement, il y a, aujourd’hui, un ralentissement de la vaccination dans bien des pays (du fait de la défiance vis-à-vis du vaccin AstraZeneca) et notre pays n’échappe pas à cette situation. Des rumeurs persistantes circulent autour de la qualité des doses de ce vaccin que le Mali a reçu le 5 mars dernier. Quelle est la position de nos autorités sanitaires par rapport aux réserves formulées contre le vaccin AstraZeneca ? Le chef de la section immunisation au niveau de la direction générale de la santé, Dr Ibrahima Diarra, soutient que jusque-là, il n’y a pas de preuve scientifique que ce vaccin doit être mis en cause. Pourtant, ceux, qui suivent l’actualité internationale, savent qu’au moins, une dizaine de pays du Nord ont suspendu l’administration de ce vaccin, en attendant d’avoir le feu vert de l’Agence européenne du médicament (AEM) parce que des effets secondaires, notamment des caillots de sang auraient été constatés chez certaines personnes ayant reçu des doses d’AstraZeneca. Pour le patron de la section immunisation, il n’y a pas de liens établis entre ces effets secondaires et le vaccin. Il assure que le lot reçu par notre pays n’est pas incriminé. Dr Ibrahima Diarra invite la population à ne retenir que les effets bénéfiques mais surtout à éviter de tirer des conclusions hâtives. Mais le spécialiste se veut, on ne peut plus, clair. Il rappelle qu’il n’y a pas de risque zéro concernant un médicament ou un vaccin. «Jusqu’à preuve du contraire, nous faisons confiance à ce vaccin», insiste-t-il. Et d’ajouter que les organismes ne sont pas pareils et que certains tolèrent mieux le médicament ou le vaccin que d’autres. Pour rassurer nos compatriotes, Dr Diarra cite volontiers l’exemple de l’Inde où les hospitalisations liées à la Covid-19 ont baissé grâce à la vaccination. Mais le spécialiste ne précise pas si c’est le même type de vaccin (AstraZeneca), fabriqué par un laboratoire britannique en collaboration avec une firme pharmaceutique suédoise, que l’Inde utilise. Pour lui, il est clair que le vaccin a administré la preuve de son efficacité parce que des doses ont été inoculées à plus de 400 millions de personnes dans le monde. Le chef de la section immunisation dit comprendre le vent de panique qui souffle par rapport à la très prochaine campagne de vaccination. Il précise que le même type de vaccin a été donné à bien d’autres pays africains, voire d’ailleurs. La suspension de la vaccination dans certains pays est une réalité. Mais, Dr Diarra relativise parce que, pour lui, il s’agit de suspension et non d’arrêt. C’est la raison pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que l’AEM tiennent des réunions pour clarifier la situation. Il rappelle aussi que notre pays ne fait pas cavalier seul mais s’inscrit en droite ligne des indications scientifiques. «Nous dépendons des scientifiques et nous nous conformerons à leurs décisions», souligne-t-il. Pour que la population accepte ce vaccin, le département de la Santé et du Développement social va accélérer la sensibilisation. Des activités prévues dans ce sens ont déjà commencé. Un Comité national de coordination de la campagne a été créé. Cet organe a tenu une réunion élargie au Comité scientifique qui oriente les décisions des pouvoirs publics. Le Comité national de coordination multiplie les rencontres avec le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), la cohorte des pharmaciens mais aussi les infirmiers et les sages-femmes. «Nous sommes en train de faire une large sensibilisation autour de ce vaccin. Nous avons déjà approché les autorités coutumières et religieuses, la société civile et les communicateurs traditionnels», conclut Dr Diarra. Mais le conseiller spécial avec rang de ministre et haut représentant du chef de l’État pour la lutte contre la Covid-19, Dr Ibrahim Traoré, ne partage pas l’optimisme du Dr Diarra. Il met en avant, notamment, le principe de précaution à observer par rapport au vaccin AstraZeneca. Il demande de surseoir à son utilisation et requiert l’acquisition d’autres types de vaccin. Dr Ibrahim Traoré annonce, dans un communiqué, que la présidence est sur le point de se procurer trois millions de doses du vaccin russe (Spoutnik) et du vaccin chinois (Sinovacc) dans le cadre du Programme présidentiel d’urgences sanitaires. Pour lui, l’avis du Comité scientifique est plus que nécessaire et urgent. FN (AMAP)
Barouéli : Rencontre sur les travaux de lotissement de la commune
Barouéli, 18 mars (AMAP) Les membres de la Commission de suivi du schéma d’aménagement et d’urbanisme du Cercle de Barouéli ont rencontré mardi les propriétaires des champs autour de la purge afin de faciliter les travaux de lotissement de la Commune, a constaté l’AMAP. Cette réunion dont le seul point à son ordre du jour était la purge fait suite à des concertations devant contribuer à la levée des écueils qui peuvent paralyser le bon déroulement des travaux de lotissement. La purge est une forme d’indemnisation consignée dans le droit coutumier qui vise à compenser les propriétaires de parcelles pour la cession de leur bien à des fins d’utilité publique. A l’entame des interventions, certains propriétaires, malgré les informations relatives à la légalité attestée par les plus hautes autorités du projet de lotissement, sont revenus à la charge demandant à la commission de leur trouver d’autres champs après le lotissement sous prétexte que Barouéli est un village essentiellement d’agriculteurs. Les propositions faites de part et d’autres seront consignées dans le procès-verbal. Ce principe prévoit deux parcelles par hectare, soit une parcelle sur un demi – hectare. La première phase portera sur 35 hectares en raison de 15 parcelles par hectare, soit au total 503 parcelles. Les échanges ont, par ailleurs, touché à la gestion des arbres plantés dans les champs. Ces arbres feront l’objet d’une évaluation conformément à l’arrêté N° 2014 -1979/MDR-SG du 23 juillet 2014 portant fixation des tarifs de compensation des végétaux, produits végétaux et plantes sur pieds et parcelles de culture sur l’étendue du territoire national. JC/KM (AMAP)

