Bamako : Le gaz butane se raréfie
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 01 sept (AMAP) Le gaz butane est devenu rare sur le marché à Bamako en raison de la suspension temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar et le non paiement de la subvention de l’État aux distributeurs. «Depuis quelques jours, je n’ai plus de gaz à revendre», confie un commerçant installé au marché «Dibidani», dans la capitale malienne. Las, il montre des bonbonnes de gaz vides entassées devant sa boutique. Selon le président des distributeurs de gaz butane, Cheick Hamalla Bocoum, la situation est due à deux facteurs : l’arrêt temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar occasionné par l’accident d’un gros camion malien à Kaolack et le non paiement de la subvention de l’État. M. Bocoum s’empresse d’ajouter que malgré la réouverture de la frontière avec le Sénégal, il n’y aura pas suffisamment de gaz sur le marché à cause des impayés. Motif ? « Les importateurs n’ont pas assez d’argent pour s’approvisionner », argumente leur président, ajoutant que c’est ce qui fait qu’on commence à sentir le manque de gaz sur le marché. «Le gouvernement n’a pas payé les subventions depuis 2020. Les arriérés de 2021 aussi n’ont pas été payés. Le cumul de la dette se chiffre à environ 8 milliards de Fcfa», explique Cheick Hamalla Bocoum. Il invite le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour payer les subventions allouées au gaz. «Il (Ndrl, le gouvernement) doit mettre en place un fonds pour le gaz qui va permettre aux importateurs d’apporter suffisamment de gaz sur le marché», suggère-t-il. Le président du Groupement des professionnels de gaz domestique abonde dans le même sens. Oudiary Diawara confirme que les professionnels du secteur sont confrontés à un problème de non paiement de la contribution que l’État accorde au secteur pour amoindrir le coût pour les ménages. «Ça fait un an et demi que l’État ne nous paye pas les factures. Depuis janvier 2020 jusqu’en 2021, nos factures de subvention ne sont pas payées. Aujourd’hui, le fournisseur exige de payer en espèces sonnantes et trébuchantes. Les opérateurs sont fatigués», s’indigne Oudiary Diawara. Estimant que les 5 milliards de Fcfa de subvention que le gouvernement accorde, par an, au secteur du gaz est insuffisant, il interpelle les autorités de la Transition quant aux conséquences de cette situation sur l’environnement. En la matière, l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER) est chargée de promouvoir l’utilisation du gaz butane auprès des consommateurs. Outre la fourniture d’électricité en milieu rural, sa mission consiste à sensibiliser les Maliens à aller vers la consommation du gaz butane. Le but étant de préserver l’environnement, en réduisant l’usage abusif du charbon de bois. Interface entre le ministère de l’Économie et des Finances et les acteurs du secteur gazier, l’AMADER est également chargée du traitement des dossiers des factures de remboursement des subventions dues aux opérateurs gaziers dans le cadre de la convention qui les lie à l’État. Joint au téléphone un responsable de l’AMADER, qui a requis l’anonymat, assure que l’État est à pied d’œuvre pour payer les factures des opérateurs de gaz. «L’État est en train de faire de son mieux. Des avancées ont été faites dans ce sens», a-t-il dit. AG/MD (AMAP)
Tombouctou : Remise de forages aux populations de certaines communes de la région
Tombouctou, 1er août (AMAP) Une forte délégation de la présidence conduite par le Colonel Touré Assamba Diallo a inauguré mardi à Tombouctou, six forages équipés en compagnie du directeur de cabinet du gouverneur de région, Issaka Bathily, a constaté l’AMAP. Ces dons de portée inestimable financés sur le fonds de souveraineté du chef de l’État viennent soulager la souffrance des habitants du secteur de Barizh, du camp militaire, de ceux d’Ifazouane (village de Tin-Tellout, commune Alafia), d’Ata et de Niafunké. Le manque crucial d’eau dans ces zones a engendré beaucoup de difficultés et de problèmes dans ces lieux. Ces installations sont la concrétisation des idées chères au président de la Transition, le Colonel Assimi Goita qui a promis de dépenser les 2/3 du fonds de souveraineté dans les infrastructures de base au bénéfice des populations ou qu’elles trouvent (fractions, villages, ville etc..). La cheffe de la délégation présidence a transmis les salutations fraternelles et chaleureuses du président de la Transition. Le Colonel Assamba a invité chacun dans son domaine à une utilisation judicieuse de cet équipement collectif qui n’est que le début d’un vaste programme présidentiel d’exécution de travaux dans les domaines socio-sanitaires engagé par le Colonel Assimi Goïta, Président de la Transition. Le maire de la Commune urbaine de Tombouctou, Aboubacrine Cissé a salué ces gestes qui seront d’un apport inestimable pour les populations, confrontées au problème d’eau. Le représentant des bénéficiaires, Hammadoun Abbassadji a encore en mémoire les difficultés que les populations ont endurées par le passé avant de remercier, au nom des bénéficiaires le président Assimi Goita pour ces gestes généreux de solidarité et d’humanisme. Il promet que ses installations seront bien entretenues et seront utilisées à bon escient. C’est après ces propos que la délégation a ouvert la vanne pour faire jaillir l’eau. D’une cérémonie à une autre, de Barizh, la délégation a mis cap sur Ifazouane puis le camp pour l’inauguration et la remise de leur forage. Partout, les bénéficiaires sont sortis massivement tambours battants pour accueillir la délégation, manifester leur joie pour la fin du calvaire et témoigner de toute la gratitude au président Goita. Ce mercredi, la délégation mettra se rendra à Niafunké pour un exercice du même genre. Pour rappel, le 16 juin dernier, le gouverneur de région et le président des autorités intérimaires ont financé aussi 4 forages équipés pour les populations de la banlieue de la ville de Tombouctou. MS/KM (AMAP)
Art : Le Marionnettiste Yaya Coulibaly Reçoit le trophée de la Résistance
Par Youssouf Doumbia On savait le célèbre marionnettiste, Yaya Coulibaly, talentueux, travailleur et compétitif à l’échelle africaine, voire planétaire. Sa consécration par Creative Africa, un réseau d’artistes qui travaille sur la coopération culturelle et la production de projets artistiques variés, internationaux et transdisciplinaires lors d’un festival, organisé à Abidjan du 10 au 17 août dernier, atteste tout le bien qu’on pense de cet artiste. Il a présenté, vendredi dernier, «Le trophée de la Résistance» qu’il a reçu lors de ce rendez-vous culturel au ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo. Le ministre en charge de l’Artisanat s’est dit particulièrement fier de notre compatriote qui, selon lui,«rend un immense service à la culture et au Mali en général». Pour lui, Yaya Coulibaly magnifie la culture malienne à travers le monde. Il s’agit aussi d’un instant important d’évolution de la culture malienne quand un réseau africain comme Creative Africa décerne ce genre de trophée à un compatriote. Andogoly Guindo a encouragé l’artiste à préparer la relève, notamment l’initiation et la formation d’autres. Ceux-ci prendront le relais de ce travail de valorisation de la culture malienne. Après la plus haute marche du podium occupée par le marionnettiste, les deuxième et troisième prix sont respectivement revenus à la Camerounaise Were were Liking, initiatrice du Villa Kiyi d’Abidjan et au Rwandais, Natty Dread, batteur de Bob Marley. Ces trois grands artistes ont été sacrés par une cinquantaine d’artistes et d’experts de la culture. A l’unanimité, le jury a reconnu le travail d’appropriation et de valorisation de la culture africaine, effectué depuis plus de 20 ans par ces références. Il fallait donc leur attribuer un trophée pour récompenser leur travail au plan africain etinternational dans leurs domaines respectifs. Ces artistesportent le combat de la promotion de l’art et de la culture africaine depuis des lustres. Les principaux objectifs de Creative Africa sont : la création d’une vaste chaîne liant tous les acteurs du monde artistique et culturel. L’émancipation des frontières géographiques entre les partenaires du réseau et la formation d’une base de données de documentation descriptive et critique des différents champs artistiques africains. Yaya Coulibaly est à la fois marionnettiste, auteur, metteur en scène, conteur, danseur, chanteur et sculpteur. Avec sa troupe «Sogolon», il a fait le tour du monde plusieurs fois pour des expositions et des représentations sur scène. Il s’est notamment produit dans le réseau des centres culturels français dans le continent africain. Ces interminables périples à travers le monde commencèrent en réalité en Inde en 1990. L’artiste bourlinguera ensuite un peu partout en Afrique, en Amérique et en Europe. Les répétitions de Yaya Coulibaly et de sa troupe à Magnambougou représentent de véritables spectacles gratuits parce que très souvent femmes, enfants et adultes prennent d’assaut les lieux pour écouter les chants, les contes, la musique et regarder aussi les danses des masques et marionnettes. Ses spectacles puisent leurs matières dans les salles d’exposition et magasins de Yaya Coulibaly. Il a créé cette troupe en 1980, en hommage à la femme buffle, la mère de l’empereur Soundjata Keïta dans l’épopée mandingue. Youssouf DOUMBIA
San : Lancement de la campagne régionale de reboisement
San, 30 août (AMAP) Le Gouverneur de région, le Colonel Ousmane Sangaré, a présidé samedi, la cérémonie de lancement de la campagne régionale de reboisement dans le village de Bogossoni, à une dizaine de km de la ville de San, sous le thème « qui plante un arbre, n’a pas vécu inutile », a constaté l’AMAP C’était en présence de son directeur de cabinet, Karim Coulibaly, du préfet de cercle par intérim, Abraham Kassogué, du maire de la commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra, du Directeur régional des Eaux et Forêt de Ségou et de San , le Colonel Major, Bocar Cissé, du directeur régional de la Police de San , le Contrôleur Général Sidy Coulibaly, du donateur des plants, Amadou Berthé dit Benké et de plusieurs autres personnalités. Le Chef de l’exécutif régional a adressé ses chaleureuses salutations au Président de la Transition, le Colonel Assimi Goita qui a donné le ton en plantant le premier pied d’anacardium dans la forêt classée de Koulouba. Le Gouverneur a aussi encouragé et félicité l’équipe qui a été constituée pour les travaux de piquetage et de trouaison. Il a tenu à adresser ses vifs remerciements au donateur qui a procédé à la la mise à disposition de 500 plants et aux populations de Bogossoni avant de les exhorter à l’entretien des arbres et à la protection des sites des plantations avant de rappeler les objectifs de la campagne régionale qui est de contribuer à la lutte contre la désertification, à la conservation de la biodiversité, à l’atténuation des effets néfastes des changements climatiques, à l’augmentation du taux de couverture végétale et à la réduction de la pauvreté. Il a souligné que la présente campagne vise également à sensibiliser l’opinion régionale sur la nécessité de cultiver la notion du reboisement et d’aider au changement de comportement quant à l’exploitation irrationnelle des ressources forestières. Il a exhorté à cet effet toutes les collectivités de son ressort territorial à la réalisation d’un bosquet au niveau de leurs structures socio-collectives. La maire de la commune urbaine de San, Mme Félicité a, pour sa part, exprimé toute sa satisfaction quant à l’organisation de cette campagne de reboisement. Elle a, par ailleurs, invité les hommes et les femmes de sa commune, à riposter contre les effets néfastes des changements climatiques. Le Directeur Régional des Eaux et Forêt de Ségou et San, le Colonel Major Bocar Cissé a saisi l’occasion pour préciser que toutes les communes de la région sont concernées par cette campagne de reboisement. Cette 1ère journée de lancement a concerné la plantation de 600 jeunes plants dont 500 offerts par Amadou Berthé dit Benké et les 100 autres sont l’apport de la mairie de la commune urbaine de San. Deux localités sont concernées par ce reboisement. Il s’agit de Bogossoni et de Lafiabougou. Après le coup d’envoi du gouverneur de la région qui a planté le premier pied d’arbre, ce fut le tour des autres membres des délégations régionale, locale et communale de planter eux-aussi leurs pieds d’arbres. NC/KM (AMAP)
Mali-Sénégal : Reprise du trafic routier Dakar-Bamako
Bamako, 25 aout (AMAP) Les ministres des Transports et des Infrastructures du Mali et du Sénégal ont convenu de s’engager à garantir la libre circulation des personnes, des biens et services entre les deux pays, après la suspension du trafic routier sur le corridor Dakar– Bamako, depuis le 18 août courant, annonce un communiqué conjoint rendu public mardi. Cette décision est intervenue lors d’une rencontre « qui fait suite à l’interruption du trafic inter-Etats entre Dakar et Bamako consécutive à l’accident de la circulation routière survenu le 15 août 2021 à Kaolack, avec un bilan de 4 morts et deux blessés, ainsi qu’aux graves incidents subséquents », ajoute le communiqué. Les deux ministres indiquent que cette initiative « s’inscrit dans le cadre de la volonté commune du Mali et du Sénégal, de renforcer les relations de bon voisinage et de coopération en matière de transport et de transit routiers ». Au cours de la rencontre, les deux parties ont salué l’implication «déterminante» des leaders religieux, des autorités coutumières, des professionnels du transport et des habitants de Kaolack pour l’appel à la retenue et au retour à la sérénité » Les deux délégations ont convenu de respecter les dispositions réglementaires édictées par les instances communautaires : Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le secteur des transports routiers. Elles ont mis en avant « les acquis » entre le Mali et le Sénégal. Les deux parties ont, en outre, recommandé la construction et la mise en service des aires de repos et de stationnement sur le corridor Dakar – Bamako mais aussi l’amélioration de la fluidité du trafic. Une délégation ministérielle des deux pays s’est rendue, lundi, auprès des familles des victimes de l’accident routier dont l’une des familles est d’origine malienne. Ils ont remis des enveloppes symboliques aux représentants des parents des victimes. On rappelé que le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (SYNACOR) avait annoncé, le 18 août courant, avoir suspendu le trafic routier entre les deux pays, suite à cet accident mortel du 15 du même mois, provoquant des tensions entre conducteurs routiers des deux pays. À Kaolack, l’arrivée de camions chargés est désormais possible, mais une fois à l’entrée de la ville ils seront escortés par la police. SS/MD (AMAP)
Douentza : 15 soldats maliens tués, 10 blessés et 2 véhicules militaires emportés
Bamako, 20 août (AMAP) Quinze (15) soldats maliens ont été tués, 10 autres blessés et 2 véhicules militaires emportés jeudi, dans l’attaque d’un convoi des forces loyalistes qui a sauté sur une mine entre Nokara et Boni, dans le cercle de Douentza, région de Mopti, a appris l’AMAP de sources concordantes. Un convoi des Forces armées maliennes est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés nourrie de tirs d’armes automatiques, vers 12H45, entre Nokara et Boni, faisant 15 mort, 10 blessés du côté des Fama et 2 véhicules militaires emportés. « Des dispositions ont été prises pour l’évacuation des blessés sur Boni », rassure l’Armée, dans un communiqué. Nos sources ne précisent pas l’identité des assaillants, leur motivation, les moyens de transport qu’ils utilisent encore moins la direction prise après leur forfait. Elles déclarent cependant, que des éléments des forces loyalistes ont été déployés sur les lieux pour ratisser afin de traquer d’éventuels terroristes, retrouver leurs complices et sécuriser les personnes e leurs biens dans ces localités, exposées aux attaques terroristes. KM (AMAP)
Bankass : Six blessés dans un accident de la circulation
Bankass, 18 août (AMAP) Six personnes ont été blessés mardi, dans un accident de la circulation aux environs de Ouo, entre Bandiagara et Bankass, a appris l’AMAP de source officielle. Selon notre source, un car de la Compagnie Dafina transport a percuté un camion de 10 tonnes, dégageant beaucoup de fumée avant de se renverser, vers 11H 30, au niveau de ganni cote avant d’arriver à Ouo, entre Bankass et Bandiagara. Selon le convoyeur du véhicule Adama Yirango, blessé, admis au CSREF de Bankass, le car de Dafina Transport a percuté un camion 10 tonnes qui dégageait assez de fumée pour se renverser mais aucune perte en vie humaine, mais avec 6 blessés constatés dont une femme. Notre source précise que tous les blessés ont été évacués au Centre de santé de référence (Csréf) de Bankass pour des soins appropriés. AKG/KM (AMAP)
Koutiala : D’importants dégâts matériels dans l’attaque du poste de contrôle (PK11) par des hommes armés
Koutiala, 17 août (AMAP) Des hommes armés non identifiés ont attaqué mardi, le poste de contrôle PK 11, dans la direction de Sikasso, sans perte en vie humaine, ni blessés mais avec d’importants dégâts matériels, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes armés non identifiés sur des motos, sont arrivés dans les environs de 3H du matin, tirant sur les éléments, sans faire de victime avant d’emporter et de brûler des engins à deux roues appartenant aux agents de garde et le poste de contrôle. Le gouverneur de région, Général Abdoulaye Cissé, à la tête d’une délégation comprenant des élus et des responsables de la sécurité s’est rendu ce matin sur les lieux de l’attaque pour constater les dégâts et prodiguer des conseils aux agents du poste. Notre source ne précise pas l’identité des assaillants, leurs motivations encore moins la direction qu’ils ont prise après leur forfait. Pour rappel, le poste de contrôle de N’goutjuna a subi deux autres attaques par le passé. ID/KM (AMAP)
18 août 2020-18 août 2021 : Il y a un an, démissionnait le président Ibrahim Boubacar Keïta
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 17 août (AMAP) L’année 2020 n’aura pas été de tout repos pour l’ancien chef de l’Etat malien et son gouvernement. Pendant plusieurs mois, les écoles étaient fermées pour cause de grève des enseignants. La crise de la Covid-19 est venue s’ajouter à cette crise, conduisant les autorités à prendre certaines mesures dont le couvre-feu, contesté par une partie de nos compatriotes. Entre-temps, des voix se sont élevées pour dénoncer la mauvaise gouvernance, l’insécurité grandissante, le détournement des fonds destinés à la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM), l’achat d’équipements militaires, etc. Dans ce contexte, l’ancien président du Haut conseil islamique, l’imam Mahmoud Dicko a été convoqué au Tribunal de la Commune IV de Bamako, pour «affaire le concernant». La raison, selon son porte-parole, Issa Kaou N’Djim, est que le leader religieux a, au cours d’un meeting, dénoncé « la corruption, l’affaire des avions cloués au sol, des blindés en carton, la mauvaise gouvernance…». Face à la mobilisation de ses partisans devant le tribunal, l’audition de l’imam a été reportée. La foule, en colère, s’est transportée à la mosquée où officie le leader religieux à Badalabougou. Un meeting a été organisé au Palais de la culture pour appeler à un plus grand rassemblement quelques jours plus tard. Les propos tenus par l’imam Dicko avaient, en son temps, fait réagir les présidents des institutions de la République qui, dans un communiqué, ont dénoncé la «diffusion sur les médias et les réseaux sociaux des propos insurrectionnels, subversifs et séditieux tenus par l’imam Mahmoud Dicko et la coordination se réclamant de ses idéaux contre les autorités légitimement établies par le peuple malien». Ils ont condamné ces agissements et engagé le gouvernement à « mettre fin à l’impunité par une application rigoureuse des dispositions pénales, pour la préservation de l’ordre public et de l’état de droit». Pendant ce temps, la situation se crispait davantage sur le plan politique avec la prorogation des mandats des membres du Haut conseil des collectivités, des conseillers communaux et des députés à deux reprises sur un avis favorable de la Cour constitutionnelle. Ce qui, de l’avis général, s’est fait en violation de la Constitution et des conventions internationales en matière de démocratie et de gouvernance. A cela s’est ajoutée l’insécurité grandissante avec son cortège de morts civils et militaires qui ont exacerbé le mécontentement général. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la proclamation des résultats définitifs des élections législatives de mars-avril 2020 par la Cour constitutionnelle. La contestation sociale a atteint son point culminant après que la Cour a rendu son arrêt. DOS AU MUR – C’est dans ce contexte qu’à l’appel du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), d’Espoir Mali Koura (EMK) et de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS), des milliers de personnes se sont retrouvées le 5 juin 2020 à la Place de l’Indépendance pour un meeting. La manifestation annoncée comme pacifique s’est achevée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Djicoroni-Para, un quartier de Bamako. Les manifestants ont « exigé » la démission du chef de l’état « le même jour avant 18 heures». A l’expiration de l’ultimatum, certains se sont dirigés vers la résidence du président Keïta à Sébénicoro pour «exiger sa démission». Les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Après cette manifestation, les contestataires ont décidé de maintenir la pression. Suite au succès retentissant de ce rassemblement, les différentes entités politiques et de la société civile ayant pris part se sont constituées en Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). La Cour constitutionnelle était dans leur viseur suite à son arrêt controversé sur les résultats définitifs des législatives. De même, ils réclamaient la démission du chef de l’Etat pour mettre en place une transition. Sous la pression, quatre membres de la Cour constitutionnelle ont rendu le tablier. Leur démission a été précédée par le décès d’un des leurs. Le 11 juin 2020, le gouvernement a démissionné et le chef de l’Etat a renouvelé sa confiance au Dr Boubou Cissé comme Premier ministre, qui a mis en place une équipe restreinte de six ministres, en attendant la suite du dialogue avec les contestataires. Quelques jours après, pour tenter de calmer la tension sociale, au cours d’une rencontre avec les forces vives de la Nation au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le président de la République a annoncé « l’application immédiate de l’article 39 ». Une autre mesure qu’il a prise est l’abrogation du décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et son remembrement par le décret n° 2020-0342/P-RM du 7 juillet 2020. Mais rien n’y fit. Les manifestations se sont poursuivies et les contestataires du régime ont continué à durcir le ton, ne réclamant désormais plus que la démission pure et simple du chef de l’Etat. MÉDIATION – Face à cette situation, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a offert sa médiation. Une première délégation ministérielle a rencontré les « protagonistes » à la mi-juin 2020 à Bamako, avant de faire des propositions parmi lesquelles, la reconstitution de la Cour constitutionnelle. Cette proposition a été réitérée par la mission conduite par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne et ensuite par cinq chefs d’Etat de l’Organisation sous régionale qui ont fait le déplacement à Bamako le 23 juillet 2020. Il s’agit de l’ancien président du Niger, Issoufou Mahamadou, d’Alassane Ouattara de la Côte-d’Ivoire, Macky Sall du Sénégal, Muhammadu Buhari du Nigeria et Nana Akufo-Addo du Ghana. Après leur visite au Mali, les présidents ouest-africains ont tenu un sommet extraordinaire, le lundi 27 juillet 2020, par visioconférence au cours de laquelle ils ont indiqué que la Cour constitutionnelle devait être recomposée rapidement, tout en proposant également la «démission immédiate» des 31 députés dont l’élection est contestée parmi lesquels, le président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné. Entre-temps, le M5-RFP a proposé un mémorandum
Ségou : Le Premier ministre entame ce vendredi une visite de travail en 4ème région
Ségou, 13 août (AMAP) Le Premier ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga effectue du 13 au 15 août, une visite de travail dans la 4è région administrative du pays, a appris l’AMAP de source officielle. Notre source précise que la visite du Chef de l’exécutif s’inscrit dans le cadre des tournées que le Premier Ministre a entamées depuis un certain temps. Après Sikasso, Bougouni et Koutiala, c’est au tour de Ségou d’accueillir le Premier ministre. Au cours de son séjour dans la Région de Ségou, Dr Choguel Kokalla Maïga échangera avec les acteurs du monde rural de l’Office du Niger sur plusieurs sujets dont l’évolution de la campagne agricole. Au cours de son séjour, le PM rencontrera les autorités religieuses et traditionnelles avant d’avoir des échanges avec les cadres de la région. MS/KM (AMAP)

