Réintégration des migrants : La success story d’un rescapé de la Méditerranée

Par Mohamed TOURE Bamako, 15 oct (AMAP) Yeli Diallo a échappé à la noyade en mer en tentant de rallier les côtes italiennes à bord d’une embarcation. Échaudé par cette mésaventure, le jeune homme est retourné au bercail pour se lancer dans le maraîchage, une activité qui lui réussit Yeli Diallo est plus que jamais déterminé à réaliser ses nombreux projets. À 35 ans, il a le sourire pudique qui ne quitte plus ses lèvres. Mince, la barbe en bataille, l’homme confie s’être forgé une résilience face aux vicissitudes de la vie. En 2018, Yeli ne jurait que par l’Europe. Peu lui importait les risques. Marié, face aux difficultés de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, le jeune homme s’engage alors sur le chemin de la migration clandestine. Parti pour l’Algérie par la route, le jeune homme traverse les villes de Gao et Kidal (Nord), en bravant le danger, entre les mains des passeurs et des groupes armés. La traversée du désert le conduit en Libye, via l’Algérie. Malgré ses compétences en mécanique, c’était impossible pour lui de travailler en Libye. Trop risqué à cause des hommes armés ayant la gâchette facile. «C’est difficile de travailler avec des gens armés qui sont capables de te tuer au moindre malentendu. Le rapport de collaboration est presqu’impossible», argumente-t-il. Grâce à la débrouillardise, Yeli arrive à réunir un peu d’argent pour réaliser son rêve. Mettre les pieds en Europe. Le jeune homme se lance, un vendredi, nuitamment, dans une embarcation de fortune. À bord, plus de 120 personnes déterminées à rejoindre l’Italie en traversant la Méditerranée. «Nous avons passé deux jours en mer sans retrouver notre chemin. Le deuxième jour, au soir, il y avait de la neige. La visibilité était réduite, pendant qu’un hélicoptère italien nous cherchait», se souvient Yeli. Une soixantaine de personnes, dont Yeli tombent à l’eau suite à un mouvement de panique. Selon le rescapé, 54 ne survivent pas et meurent dans les profondeurs de la Méditerranée. Ses réflexes de nageur et son instinct de survie le sauvent de la noyade. « Mais l’épisode, confie-t-il, le marque à jamais ». « Pendant ces genres de moment, les gens sont sans pitié. Par exemple, ceux qui s’évanouissaient étaient jetés à l’eau pour avoir plus d’espace sur la petite embarcation », témoigne le jeune qui a encore du mal à mettre des mots sur cette mésaventure. PRISONS À CIEL OUVERT – Le récit de Yeli donne un aperçu glaçant de la route migratoire par la mer Méditerranée. Tristement reconnue comme la plus meurtrière au monde, elle a coûté la vie, entre juin 2019 et fin 2020, à plus de 2.600 candidats à la migration, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les tentatives de traversée de la Méditerranée se terminent souvent par des échecs. Plus de 10.000 migrants ont été interceptés et envoyés dans des centres de détention par les autorités libyennes, rien qu’entre janvier et juin 2021, signale encore l’OIM. Pour le cas de Yeli Diallo, avec d’autres rescapés, il a été recueilli à Tripoli par la police libyenne. Le jeune vivra l’expérience des centres de détention. Dans ces prisons à ciel ouvert, il fut témoin de plusieurs actes de violation des droits de l’Homme ou de violences notamment contre des femmes. Les violences dans ces centres libyens sont régulièrement répertoriées par des organismes dont le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains (HCR). Dans un rapport publié en mai 2021, l’organisme onusien dénonçait l’inaction de l’Union européenne (UE) et de la Libye face à la tragédie que vivent les migrants comme Yeli qui empruntent le chemin de la Méditerranée. En mars 2021, le Conseil de l’Europe dénonçait le «manque de volonté des États» d’établir des politiques de protection des migrants. SIGNE DU DESTIN – Après l’échec de la traversée, Yeli est pris en charge par l’OIM. Il est rapatrié à Bamako avec d’autres compatriotes. « Ils ont reçu, chacun, 55.000 Fcfa afin de retourner chez eux », explique-t-il. Le retour de Yeli à la maison était aussi difficile à cause des pesanteurs sociales. Les petits emplois qu’il multiplie sont de nouveau insuffisants pour assurer les dépenses de la famille. Reprendre la route de l’émigration lui a effleuré l’esprit. «Je voulais gagner un peu d’argent pour partir à Gao. De là, j’allais me débrouiller pour entrer en Algérie, en comptant sur un ami qui allait m’aider», détaille-t-il ainsi son nouveau plan de voyage. «Je n’avais rien à perdre et presque plus le goût à la vie. Je n’avais plus peur de mourir vu que j’avais vu des atrocités en Libye. Beaucoup de gens ont été tués devant moi», confie-t-il. Au moment où Yeli commence à désespérer, il reçoit un signe du destin. «J’ai reçu un appel des gens de l’OIM qui m’ont parlé d’un programme d’aide pour les migrants de retour», dit-il. Ce programme mis en œuvre par l’OIM, en partenariat avec l’UE, aide certains migrants de retour à travers  la réintégration dans plusieurs domaines professionnels, tels que l’artisanat, la maçonnerie ou le secteur agricole. Yeli trouvera sa voie dans le maraîchage, domaine qu’il connait bien. Il avoue s’être attendu au début à une aide financière, qu’il aurait pu utiliser pour retourner en Algérie. Finalement, il accepte de suivre plusieurs formations avant de commencer ses activités. «Les formations m’ont été utiles pour changer ma vision de certaines choses. Les formateurs nous disaient que nous allions rencontrer les mêmes difficultés chez nous comme à l’étranger», explique Yeli qui reçoit du matériel pour commencer son activité de maraîchage dans son village. «Je me suis décidé à travailler pour honorer la confiance placée en moi. Six à neuf mois plus tard, j’avais déjà la clôture de mon jardin avec un grillage», raconte-t-il fièrement. RÉINTEGRATION RÉUSSIE – Yeli fait partie des quelques exemples qui prouvent que la réintégration après une expérience de migration est possible. À quelques encablures du nouveau pont de Kayes, à Danfagabougou, le jeune homme arpente chaque jour les pistes étroites, où son jardin d’un demi hectare est niché. Plusieurs

L’Armée malienne dément des allégations d’exécutions sommaires

Bamako, 14 octobre (AMAP) Le chef d’état-major général des Armées dément les « allégations visant à incriminer les Forces armées maliennes (FAMa) dans les exécutions sommaires dont les images ont inondé la toile en ce début de semaine ». Dans un communiqué publié, mercredi, le chef d’état-major général des Armées maliennes signale que « les réseaux sociaux ont fait état, ces derniers jours, de scènes de tortures et de corps en état de décomposition issus d’exécutions sommaires commises par les Forces armées maliennes ». A ce sujet, la hiérarchie militaire précise qu’en ce qui « concerne les scènes de tortures, les faits ont été renseignés et les auteurs formellement identifiés. Des sanctions disciplinaires sont déjà infligées aux auteurs qui ont été mis à la disposition de la Gendarmerie nationale pour des poursuites judiciaires ». Le chef d’état-major général des armées annonce aussi que 22 présumés terroristes ont été interpellés et mis à la disposition de la Gendarmerie nationale à des fins d’enquêtes. Invitant les populations au calme, le chef d’état-major général des armées promet que « toute la lumière sera faite sur ces incidents » et appelle « les Maliens à rester soudés derrière les FAMa en ces périodes extrêmement difficiles que traverse notre pays ». SS/MD (AMAP)  

Attaques terroristes à Niono (Centre) : Les populations attendent une riposte vigoureuse de l’armée

Bamako, 13 oct (AMAP) Depuis le début de la semaine, nos compatriotes, à travers les réseaux sociaux, ne cessent d’interpeller les autorités afin de renforcer la sécurité à Niono, une zone agro-pastorale par excellence dans la Région de Ségou, dans le Centre du Mali. En effet, le Cercle abrite six zones de production sur les sept que compte l’Office du Niger. Depuis un certain temps, les populations de la localité sont victimes de tueries, d’enlèvements de personnes et de bétail de la part de groupes armés que d’aucuns appellent djihadistes. Ces criminels brûlent aussi les récoltes dans le but d’installer la famine. Cette situation insoutenable a provoqué le déplacement massif des populations terrorisées. Les exactions des terroristes ne faiblissent pas dans la zone. Pas plus tard que la semaine écoulée, ils ont empêché les paysans de Siby, dans la Commune rurale de Marico de faire la récolte. Ces hommes hors la loi ont eu des accrochages avec les chasseurs traditionnels Dozos présents sur place qui leur auraient infligé de lourdes pertes. Deux jours plus tard, ces mêmes groupes terroristes sont revenus avec des renforts. L’opération de vendetta s’est soldée par la mort d’une vingtaine de Dozos. Les blessés ont été évacués au Centre de santé de référence de Niono et à l’hôpital de Ségou. Tandis que 4 personnes sont portées disparues. Dans leur furie, les terroristes ont brûlé des habitations. Dans la même semaine, 3 gerbiers, 2 batteuses, un motoculteur et des engins à deux roues ont été brûlés par les groupes armés terroristes à Bolibana (B6) et à Boye Boye (ND8) dans la Commune rurale de Toridagako. À Dogofry, un homme a été tué à Banamba (Ko1). La réplique des Dozos ne s’est pas faite attendre. Dimanche dernier, jour de foire de Niono, des forains venant des villages environnants ont été contraints de rebrousser chemin. Ces drames surviennent au moment où un peu partout dans la localité, les champs de riz sont à maturité. Malheureusement, de nombreux exploitants agricoles sont empêchés de faire les récoltes. Sous la pression des envahisseurs, des villages ont signé des pactes de non agression. Ce qui leur permet de vaquer librement à leurs occupations et récupérer leur bétail enlevé par les terroristes. Ces accords sont mal vus par les Dozos qui, à leur tour, imposent à ces villages de payer des amendes. Le malaise est aujourd’hui général dans le Cercle de Niono. Les habitants envahissent la préfecture chaque jour pour demander une intervention musclée de l’Armée. Les populations n’ont qu’un seul souhait : une intervention vigoureuse des Forces de défense et de sécurité, afin de les débarrasser des groupes armés terroristes. AMAP  

Tombouctou : Un soldat français mort accidentellement dans une opération de maintenance

Bamako, 13 octobre (AMAP) Le maréchal de logis Adrien Quélin, âgé de 29 ans,  mécanicien au sein du groupement tactique désert Roc noir de la force Barkhane, est mort accidentellement mardi à Tombouctou, alors qu’il effectuait une opération de maintenance sur un camion, a appris l’AMAP de l’AFP. Le communiqué de l’état-major des armées françaises précise que le soldat « a été grièvement blessé par la bascule de la cabine de ce camion alors qu’il travaillait sur le moteur de ce véhicule », avant de succomber à ses blessures. L’état-major précise dans le même communiqué qu’une « enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’accident ». « Le chef d’état-major des armées, le général d’armée Thierry Burkhard, s’incline avec une profonde tristesse devant la mémoire de ce militaire mort en opération », relève un communiqué du ministère français de la Défense. Enfin, le chef d’état-major des armées a ajouté que toutes ses « pensées accompagnent la famille, les proches et les frères d’armes du maréchal des logis Adrien Quélin ». Pour rappel, les soldats français sont engagés depuis 2013 aux côtés des militaires maliens dans la lutte contre le terrorisme. KM (Source AFP)

Début du retrait des forces françaises de Kidal, dans le Nord du Mali (Ambassade de France)

Bamako, 12 oct (AMAP) Les forces françaises ont débuté leur retrait du camp de Kidal (Nord) dans le cadre de l’adaptation de leur dispositif militaire dans la bande sahélo-saharienne (BSS), décidée en juillet 2021 par le président Emmanuel Macron, indique une source diplomatique. Dans un communiqué publié mardi, l’ambassade de France à Bamako annonce que la remise de « l’emprise française de Kidal à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a débuté, en étroite coordination avec les forces armées maliennes (FAMa) ». « L’emprise se situe au sein du camp de la MINUSMA à Kidal, ville où les forces armées maliennes disposent, dans un autre camp qui a été rénové par la MINUSMA, d’un bataillon d’infanterie motorisée (le 72e RIM) issu de l’armée reconstituée », précise la même source. Selon le communiqué, 1300 militaires de la MINUSMA et plus de 400 soldats maliens sont déployés à Kidal où ils assurent des missions de protection et de sécurisation. « Un convoi logistique a quitté Kidal ce matin (Ndlr, mardi). Un détachement de la Force Barkhane, reste sur place. Il est notamment chargé de conduire les dernières formalités administratives et logistiques avant le transfert définitif de l’emprise dans les prochaines semaines », indique le communiqué. Ce détachement « sera en mesure de faciliter des missions de réassurance et d’appui au profit des partenaires, et travaillera donc en étroite coordination avec la MINUSMA et les FAMa ». Selon le communiqué, cette première étape dans l’adaptation du dispositif militaire français dans la BSS « se déroule dans de très bonnes conditions de dialogue et de coordination avec nos partenaires de la MINUSMA et des FAMa ». MD (AMAP)

Diéma : Histoires d’enfants au destin de mendiants

Par Ouka BA Diéma, 12 oct (AMAP) A Diéma et environs, chacun a une histoire d’enfant mendiant à raconter. A longueur de journée, ces enfants, de 7 à 12 ans, au plus, déambulent dans les rues, pour satisfaire les exigences de leur maître. Recevant par-ci une poignée de céréales, par-là des pièces de monnaie ou des restes de repas. On les croise à tout bout de champ, aussi bien en ville, au quartier Razel,  qu’aux confins des villages voisins. Chaque vendredi, des mendiants arrivent en nombre dans le village de Fangouné Bambara, situé à 5 km de Diéma. « Ils s’installent dans des vestibules. En période de fraîcheur, ils n’ont pas de couvertures, ils passent toutes les nuits à grelotter », raconte Dakolo Coulibaly, gérant d’une banque de céréale. Un conseiller du chef du village de Diéma, Fousseiny Sissoko, relate : « On m’a appelé pour me dire qu’un mendiant venant de Gourel, à Nioro du Sahel, a passé la nuit à la belle étoile au quartier Razel. Je suis allé le voir et j’ai donné l’information à travers les réseaux sociaux. Quand son père a appris la nouvelle, il est venu chercher son enfant ». « Un jour, quand je quittais Mountan Kagoro sur ma moto. J’ai croisé un enfant âgé d’environ huit ans, tout seul en pleine brousse. Quand je l’ai l’interrogé, il m’a dit qu’il était en compagnie de son maître. Ils partaient à Diangounté Camara, mais ce dernier s’est débarrassé de lui, prétextant un besoin de se soulager dans la broussaille », dit Fousseiny Sissoko. L’enfant épuisé par la longue marche, suait à grosses gouttes. « J’ai été obligé d’écourter mon trajet  pour le conduire chez le chef de village de Diangounté Camara qui a mené des investigations pour retrouver ses parents », ajoute notre interlocuteur. Et d’ajouter que la plupart des enfants mendiants ne bénéficient pas de soins s’ils tombent malades. « L’an passé, j’ai personnellement assuré la prise en charge de près de dix enfants », affirme-t-il. La présidente de l’Association des femmes rurales, Lallia Borthole, pour sa part, nous dit que chaque jour, de nombreux  mendiants viennent dans sa maison. On leur donne à manger. « Ils ne sont pas disciplinés. Ils se bagarrent souvent pour un  morceau de viande », fait-elle remarquer. MALTRAITANCE – « Un jour, poursuit Mme Borthole, l’un d’eux était malade, et s’était allongé par terre. On a envoyé quelqu’un pour informer son maître. Au lieu de le conduire directement au centre de santé, le maître s’est dirigé vers la maison ». La présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), Mme Mariam Soucko, dit avoir été témoin, un jour, d’une scène horrible. « Un maître coranique a battu au sang son élève, parce qu’il aurait refusé d’apprendre le Coran et veut rentrer chez lui, contre la volonté de ses parents. L’enfant avait des traces de fouet, un peu partout, sur son corps. J’ai plaidé afin que le maitre laisse partir le garçon qui n’arrêtait pas de se lamenter », raconte Mme Soucko. Certains maîtres coraniques, mettent en garde leurs élèves de ne pas rentrer bredouilles, allant jusqu’à fixer un montant d’argent que chacun doit apporter, à la fin de la journée. Ces élèves coraniques, à force d’errer dans les rues, finissent par en adopter les comportements avec leur corollaire de vols, de banditisme, d’escroquerie, etc. M’Bouillé Diarra est animateur-radio. « Un jour, dit-il, on a conduit vers nous un mendiant égaré. A force de l’interroger, l’enfant a fini par dire que son maître lui demande d’apporter, chaque jour, une somme de 500 Fcfa ». Le garçon avait obtenu le montant exigé, mais un autre plus grand que lui, lui a retiré 250 Fcfa. « J’ai compléter la somme et conduit le petit chez son maître ». Salif Sangaré dit Broda, du Syndicat des transporteurs, accuse ces enfants de cheminer avec des délinquants du quartier Razel. « Pas plus tard qu’il y a cinq jours, on a pris en flagrant délit un enfant mendiant qui s’asseyait toujours près d’une station-service. Il disposait d’un trousseau de clés passe-partout avec lesquelles il faisait ses opérations. Chaque fois, le garçon profitait de l’absence du gérant pour ouvrir son coffre et soutirer de l’argent », raconte-il. Abdoulaye Touré, conseiller pédagogique, explique qu’un mendiant âgé d’environ quinze ans, était poursuivi par un homme. L’enfant avait volé un téléphone. « J’ai cherché et trouvé son maître pour lui remettre son élève afin de lui épargner la bastonnade que lui promettait la victime en colère », dit-il. La Brigade territoriale de gendarmerie mène, souvent, des opérations de recherche d’enfants sans domicile fixe. « Il s’agit, indique le commandant de brigade, Abdoulaye Dissa, de leur éviter de tomber dans la délinquance ». IRRESPONSABILITE – C’est une fuite de responsabilités non seulement de la part des maîtres coraniques, mais surtout des parents qui leur confient la garde de leur progéniture. Une fois que le père remet son enfant à un maître coranique, tout l’entretien de l’élève revient généralement au religieux qui a droit de vie et de mort sur son protégé. « On voit souvent des personnes nanties envoyer leurs enfants chez des maîtres coraniques dans le but de leur apprendre la pénitence. Lorsque j’étais petit, j’ai beaucoup souffert avec mon maître. Mes compagnons et moi mangeons, souvent, du son de mil que la femme du maître préparait pour nous », se souvient Mohamed Dicko, vendeur de pastèque. « Pour apprendre la parole de Dieu et avoir la baraka, il faut stoïquement souffrir », croit-il. Mme Aminata Cissé du Service du développement social et de l’économie solidaire raconte le cas d’un enfant malade, retrouvé couché à même le sol au quartier Razel. « Le garcon y était resté pendant deux jours sans assistance. Ses petits camarades avaient informé leur maître qui ne s’était pas présenté. On l’a conduit au centre de soins », dit Mme Cissé. Quand, enfin, son maître est venu, il ne se souvenait plus du nom de son élève. C’est un homme qui lui aurait confié le gamin originaire de Djénné. Le même maître confesse qu’il ne connait pas de nom tous ses élèves. Il dit ne pas avoir d’argent pour soigner l’enfant, mais lorsqu’on a menacé de le traduire devant la justice,

Le ministre Diop représente le Mali à la rencontre Italie-Afrique à Rome

Bamako, 11 oct (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. a présenté des opportunités d’affaires qu’offre le Mali aux investisseurs italiens et européens lors de la 5è édition de la semaine des Affaires Italie-Afrique, baptisée “Italia-Africa Business Week”, qui s’est tenue samedi dernier à Rome, indique un communiqué du Bureau de l’Information et de la Presse du département. Le ministre Diop qui a pris la parole, à cette occasion, a présenté notamment « l’accès au marché régional de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le potentiel lié à la production cotonnière du Mali et à sa volonté de transformer la production nationale sur place ». Italia-Africa Business Week est une initiative de la Diaspora africaine en Italie. Elle a pour objectif de favoriser de nouveaux partenariats entre l’Italie et l’Afrique. Le thème de l’édition de cette année est : “Reconstruire mieux ensemble». Entrepreneurs et autres hommes d’affaires italiens et africains se proposent d’analyser les approches communes pour mieux reconstruire ensemble après la pandémie du coronavirus. M. Diop a, aussi exposé d’autres opportunités d’investissement dont la filière bétail et la possibilité d’investissement dans les abattoirs modernes et les cuirs et peaux. Il a présenté les potentiels minier et agro-pastoral « de même que le cadre réglementaire attrayant dans lequel d’éventuels investisseurs pourront évoluer ». Le ministre Diop a également plaide la cause de la jeunesse africaine et pour combattre ensemble les stéréotypes sur l’Afrique dans les médias occidentaux. Enfin, il a insisté sur la volonté des autorités politiques de diversifier les partenaires du Mali d’où qu’ils viennent et a exprimé le souhait que l’Italie, qui vient d’ouvrir une ambassade au Mali, puisse saisir ces différentes occasions.. Avant de quitter la capitale italienne, le ministre Diop a rencontré le personnel de l’ambassade du Mali à Rome avec à sa tête l’ambassadeur Ali Coulibaly et en présence du directeur Europe du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Sékou Gaoussou Cissé. Au cours des échanges, les collaborateurs ont saisi l’occasion pour évoquer les efforts qu’ils fournissent pour représenter le Mali et répondre aux sollicitations des Maliens dans la vaste juridiction diplomatique de Rome. Ils ont aussi soulevé les difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail et écouté les réponses du chef du département qui a invité ses collaborateurs à plus d’implication, d’engagement sur le terrain en vue d’accompagner plus efficacement le processus de Transition. Le ministre a, également, rencontré la communauté malienne vivant à Rome avec qui il a résumé la situation au Mali, fait part de la volonté des autorités de la Transition de diversifier les partenaires et expliqué les efforts consentis en vue de respecter les engagements pris vis-à-vis du peuple malien. MD (AMAP)

Saisie de plus d’un kilo d’héroïne à l’aéroport de Bamako, au Mali

Bamako, 10 oct (AMAP) La Cellule aéroportuaire anti trafics (CAAT) a saisi, mercredi, aux environs de 16h, quelque 1,554 kg d’héroïne dissimulé dans deux pièces de rechange, indique la direction de l’Office central des stupéfiants (OCS dans un communiqué publié vendredi. Le produit bien conditionné était sur le point d’être expédié en Chypre précise la même source qui ajoute que la CAAT avait été informée par la douane française de la saisie de 555 grammes de méthamphétamine à l’aéroport de Roissy, le 27 Septembre 2021, à destination de la Nouvelle Zélande. Et d’ajouter que ce partage de renseignement entre les deux services visait à approfondir l’enquête et à démanteler le réseau parce que le colis saisi avait quitté le Mali. « À partir de ces informations, relève le communiqué, les enquêteurs de l’OCS ont mis en place une surveillance permanente autour des activités du suspect ». « C’est ainsi que le 06 octobre 2021, alors qu’il était sur le point d’expédier un autre colis, le délinquant a été interpellé par les éléments de la CAAT au siège de Bolloré à Hamdallaye ACI ». Il transportait huit sachets bien emballés et cachés dans chaque bloc. Les sachets emballés contenaient une substance blanchâtre dont l’analyse avec le tester a confirmé la présence d’héroïne. « Les 16 sachets avec emballage ont donné un poids total de 1kg554 g pour une valeur de 37.500.000 Fcfa », précise le communiqué. Selon le suspect, le produit provient du Nigeria et devrait transiter par le Mali avec pour destination finale Chypre. SS/MD (AMAP)  

Barkhane annonce avoir tué un chef terroriste à Hombori (Centre du Mali)

Bamako, 10 oct (AMAP) La Force Barkhane annonce avoir neutralisé, jeudi, Oumar Mobo Modhi désigné comme un influent élément du groupe terroriste, Ansarul Islam, spécialisé dans la pose d’engins explosifs improvisés (EEI) dans la zone de Douentza, dans le Centre du Mali. Dans un communiqué publié vendredi, la force antiterroriste française explique que dans le cadre d’une mission de renseignement et d’appui, Barkhane a conduit une opération d’opportunité contre des éléments du groupe armé terroriste Ansarul Islam, spécialisés dans la pose d’EEI. Cette mission visait à assurer la liberté de circulation sur la Route nationale (RN) 16 “entre Gao et Hombori au profit des forces maliennes et des unités françaises déployées dans le Gourma”, précise Barkhane. Selon la force française, Oumarou Mobo Modhi a été « neutralisé » lors d’une opération « en coordination » avec les Forces armées maliennes (FAMa) et d’autres partenaires. Oumarou Mobo Modhi «était un chef de groupe important au sein d’Ansarul Islam. Directement subordonné à Jafar Dicko, émir du groupe, il opérait dans la région de la RN16 (route nationale 16) entre Gossi et Gao et y supervisait en particulier la pose d’EEI », rappelle l’Armée française. Ce « chef de groupe respecté » pouvait « de manière ponctuelle prendre le commandement d’une centaine d’hommes pour mener des attaques d’envergure », poursuit le communiqué. SS/MD (AMAP)

Brouille entre Paris et Bamako : Solidarité de l’Algérie avec le Mali

Bamako, 07 oct (AMAP) le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, s’est montré, mardi, solidaire du Mali dans sa brouille diplomatique avec la France. «Nos partenaires étrangers ont besoin de décoloniser leur propre histoire, de se libérer de certains comportements, attitudes et visions qui sont intrinsèquement liés à la logique incohérente portée par la prétendue mission civilisatrice de l’Occident…», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra qui a indiqué avoir exprimée « de vive voix » cette solidarité envers le Mali, lors de ses entretiens avec les autorités de la Transition. Le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, a dépêché à Bamako, son ministre des Affaires étrangères, auprès du président de la Transition malienne, le colonel Assimi Goita, et du Premier ministre, Choguel Kokalla Maiga, « pour témoigner de la solidarité agissante de l’Algérie au peuple et au gouvernement » en cette période de tension qui prévaut entre Paris et Bamako. Le chef de la diplomatie algérienne a été reçu en audience le même jour par le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga. À l’issue de la rencontre, Ramtane Lamamra a situé sa visite dans le cadre de la densité de la relation stratégique entre les deux pays. « Notre agenda stratégique est varié et traduit les ambitions partagées des peuples malien et algérien de travailler ensemble résolument. Surtout à prendre en charge solidairement les défis auxquels les deux peuples, le peuple africain en général, sont confrontés », a-t-il soutenu. Sur la «tension actuelle» entre Paris et Bamako, l’Algérie s’est montrée un très grand défenseur du Mali demandant à la France de se «libérer de certaines attitudes». Selon M. Lamamra, « nos partenaires étrangers ont besoin de décoloniser leur propre histoire, de se libérer de certains comportements, attitudes et visions qui sont intrinsèquement liés à la logique incohérente portée par la prétendue mission civilisatrice de l’Occident». « Laquelle mission, a-t-il poursuivi, a été la couverture idéologique utilisée pour essayer de faire passer le crime contre l’Humanité. C’est-à-dire, la colonisation de tant de peuples africains ». Et de qualifier de «faillite mémorielle» les propos tenus récemment sur le Mali et l’Algérie. Selon Ramtane Lamamra, cette «faillite mémorielle» est « malheureusement intergénérationnelle chez un certain nombre d’acteurs de la vie politique française, parfois au niveau le plus élevé ». Aussi, le ministre algérien des Affaires étrangères a-t-il déclaré que cette «faillite mémorielle», qui pousse les relations de la France officielle avec certains de nos pays « dans des situations de crise malencontreuse, devrait pouvoir s’assainir par un respect mutuel inconditionnel ». « Et, également, par un respect de notre souveraineté, de notre indépendance de décision et acceptation de partenariat sur une base de stricte égalité ». Parce que, selon le chef de la diplomatie algérienne, il y a une logique de donner et de recevoir dans les relations avec le partenaire français. «Il n’y a pas que de cadeau, pas de fronde à sens unique. Ce sont des intérêts stratégiques, économiques bien compris qui ne peuvent durer, être promus, se consolider et subir l’épreuve de la durée que dans le respect mutuel et dans l’équilibre des intérêts», a soutenu l’hôte de Bamako. Il a rappelé que « l’Afrique est non seulement le berceau de l’Humanité mais, également, le tombeau du colonialisme et du racisme. Pour le ministre algérien, il est « très normal » que son pays se tienne aux côtés du Mali. «Le destin de l’Algérie et celui du Mali sont étroitement liés… et la solution à nos problèmes est entre nos mains», a-t-il insisté.   « Les Algériens lisent dans leur livre d’histoire la contribution inestimable qu’a apportée le Mali à travers la décision souveraine du président Modibo Kéita, en 1960, au lendemain de l’indépendance, d’ouvrir la frontière commune à l’Armée de libération nationale algérienne. Cela, afin que celle-ci puisse ouvrir un front contre le «colonialisme», a-t-il rappelé. OD/MD (AMAP)