Diéma : L’école de Dougoukolo Konaré se meurt
Par Ouka BA Diéma, 19 nov (AMAP) Dougoukolo Konaré, le père de l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, fut le premier directeur de l’école de Diéma, qu’il dirigea de 1935 à 1940. A l’époque, l’école était faite en pailles pour recevoir une minorité d’élèves dont les parents étaient contraints de les y inscrire. A partir de 1951, l’établissement a changé de physionomie avec la construction de six salles de classe en pierres. Bâtie sur une superficie d’un hectare, l’école est située aux abords de la route asphaltée qui mène au quartier Razel, non loin de la mare Lambakoré. Selon Yassa Konté, ancien député, qui a dirigé l’école de Dougoukolo Konaré pendant quatre ans, de 1994 à 1998, sa « construction n’a pas été de tout repos ». « Le transport des pierres, du sable, du gravier et autres matériaux était assuré par des gaillards. C’était une véritable corvée », dit-il, assis dans le vestibule du chef de village. Pour le recrutement des élèves, les carnets de famille permettaient de faire le recensement. Les filles, elles, en étaient épargnées. Chaque année, à l’ouverture des classes, le commandant ordonnait de recenser tous les enfants ayant atteint l’âge d’être scolarisé. « Toutes les familles se pliaient à cette décision. Chaque enfant était soumis à une visite médicale. Si la visite médicale révélait qu’un enfant est inapte, ses parents s’en réjouissaient. Leur souhait était que leur progéniture reste à leurs côtés pour les aider dans les travaux champêtres. L’idée d’école était rejetée par tous dans ce milieu, comme d’ailleurs partout », se souvient Yassa Konté. L’ancien député n’en finit pas de se désoler devant la démolition d’un pan de la véranda de l’école de Dougoukolo Konaré, vers son côté sud. « Quand j’ai été nommé directeur de cet établissement, dit-il, il y avait une véranda commune qui entourait les salles de classe. Cette partie de la véranda, qui a été cassée, empêchait les rayons de soleil de pénétrer dans les salles à une certaine heure de la journée », dit-il. Salihou Soukouna, professeur d’anglais à la retraite et ancien élève de cette école, se souvient des activités intenses de maraîchage qu’on y pratiquait. « La moitié de l’espace du jardin maraîcher était occupée par des arbres fruitiers. Chaque élève s’occupait de l’entretien d’une planche. Le jardin était approvisionné en eau à partir de la mare Lambakoré. Les recettes générées par cette activité étaient versées directement dans la caisse de la coopération de l’école », se remémore notre interlocuteur. Sur le tableau de succession accroché dans le bureau du directeur, il est mentionné que depuis 1935, dix-sept directeurs d’école se sont succédés. Selon l’actuel titulaire, Adama Togola, à partir de 1998, l’école qui était un cycle complet, a été scindée. Le premier cycle A et le premier cycle C. Le second cycle A et le second cycle C. Les six salles de classe de l’école de Dougoukolo Konaré sont devenues vétustes. Le toit conserve les mêmes tôles qui sont rouillées et détachées en plusieurs endroits par les intempéries. Le président du Comité de gestion scolaire de l’école fondamentale premier cycle A de la ville de Diéma, Bougary Konaté, soixante onze ans, est un ancien élève de l’école de Dougoukolo Konaré. « Quand je fréquentais cette école, Dougoukolo Konaré, n’était plus là. Il était parti pour Markala, dans la Région de Ségou, d’après ce que j’ai appris », dit Bougary. « Mon père était un ancien caporal de l’Armée. En 1963, il m’a inscrit à l’école. J’avais déjà dépassé l’âge de la scolarisation. La discipline était de rigueur dans notre école. Les élèves apprenaient sous le fouet que brandissait le maître d’école », a dit M. Konaté. « Le châtiment corporel était de rigueur. Si un élève commettait une faute grave, il était sérieusement corrigé. Et quand son père en était informé, il rudoyait, à son tour, l’enfant, comme si la punition infligée par le maître ne suffisait pas. L’enfant appartenait à toute la société. Tout le monde pouvait contribuer, à sa guise, à son éducation », se souvient-il. Et de regretter que « les choses ne soient plus comme avant : aujourd’hui, personne n’a le droit de porter la main sur un enfant d’autrui, encore moins de l’insulter ». « A mon avis, si nous sommes assaillis par ces nombreux problèmes aujourd’hui, c’est à cause surtout de la mauvaise éducation de nos enfants », dit-il. DE BONNE VOLONTÉS – Une ONG a financé la construction et l’équipement de trois salles de classe, une direction avec magasin et des blocs de latrine. La clôture de l’école et la réalisation du jardin d’enfants, situé à proximité, font partie du lot des réalisations de la même ONG caritative. L’association Kaarta Karalemou Kassoun Kahoo, de Mme Sokona Semega, a récemment procédé, sur fonds propres, à la restauration du sol des trois salles de classe de l’école, à la réfection des tableaux ainsi qu’à la réparation des portes et fenêtres. L’établissement scolaire est confronté à une insuffisance de tables-bancs et compte un effectif pléthorique d’élèves. Les élèves de la première année du premier cycle C, étudient en plein air, en attendant la confection d’un hangar de fortune. Il est temps, pensent certains, de baptiser, officiellement, l’établissement « Ecole Dougoukolo Konaré », en guise de reconnaissance à cet éminent instituteur qui a donné le meilleur de lui-même, souvent dans des conditions difficiles, pour inculquer son savoir aux plus petits. L’école de Dougoukolo Konaré a vu le jour, durant la période coloniale, quand rares étaient les parents qui acceptaient de conduire librement leur progéniture à l’école. Aller à « l’école des Blancs » était un signe de malédiction pour certains qui pensaient que c’était la pire des façons de transformer leurs enfants, d’en faire des « fainéants », des « bons à rien ». Cependant, l’école était une obligation pour tous. Personne ne pouvait y échapper. L’administration coloniale veillait scrupuleusement sur la scolarisation des enfants. Les parents les plus nantis donnaient les noms des enfants de leurs subordonnés, ceux placés sous leur autorité. L’école à leurs yeux n’avait aucun sens, aucune importance. Seul l’apprentissage du Coran, capable de sauver les âmes et le corps des feux de la géhenne, comptait pour nos ancêtres. Certains cachaient leurs enfants ou les faisaient fuir, pour échapper
Tombouctou : « Wakya tein», un habit paré de mille vertus et secrets
Par Moulaye SAYAH Tombouctou, 19 nov (AMAP) Dans la culture vestimentaire de Tombouctou, dans le Nord du Mali, il y a plusieurs habits qui ont des noms d’origine maghrébine, fruit du brassage culturel. Au-delà du vêtement, certains ont de la valeur. Il en est ainsi du « wakya tein» qui est un boubou brodé à la main. Sa confection peut durer plus d’un an. Il n’est pas permis à tout le monde de le broder à la main. Dans le passé, ce sont les marabouts qui faisaient ce travail. Les ateliers de broderie sont connus et répertoriés dans la ville. Dans un temps récent, il y avait sept grands ateliers de broderie à la main. De nos jours, seul un résiste encore à la concurrence des machines à broder modernes. C’est celui d’Oumar Alkoye dans le quartier Djingareyber. Pour enfiler le «wakya tein » il faut vraiment avoir une certaine surface financière et être d’une classe sociale assez élevée, car le coût peut atteindre environ 600 000 de nos francs. Prohibitif ! En plus, pendant tout le temps que prendra la confection de l’habit, celui qui en a fait la commande entretient quotidiennement l’artisan-brodeur commis à la tâche. Comme matériaux, il faut des bandes d’étoffe en cotonnade, du fil, de la soie provenant de Fez (Maroc) et comme outils, une paire de ciseaux, un dé, une aiguille. L’apparition de cet habit dans la ville remonte aux XVème et XVIème siècles, selon Salem Ould Elhaj, un historien chercheur de la ville. Il affirme qu’à cette époque, le travail du boubou était réservé aux professeurs de la célèbre Université de Sankoré de Tombouctou. Il explique que sur ce vêtement, il y a des figures géométriques et des cases qui correspondent aux 99 noms de Dieu, d’où son importance au plan religieux. Mahalmoudou Baba est un tailleur très en vue de la place. Il raconte : « Par le passé, il a été constaté que les gens portaient des bagues et les talismans pour se protéger et à d’autres fins alors que ces objets contiennent des secrets tirés de noms Dieu. Entrer dans les toilettes avec des gris-gris de ce type n’est pas convenable, au regard de la grandeur des noms de Dieu. C’est ainsi que les ulémas, les marabouts et les professeurs de l’époque ont convenu de transposer ces noms de Dieu sur le boubou ». « Là, au moins on est sûr que celui, qui porte cet habit, va l’ôter afin de ne pas s’encombrer dans les toilettes », explique notre interlocuteur. SECRETS ET CROYANCES – Selon lui, le boubou cache beaucoup d’autres secrets. Selon lui, le «wakya tein » protège contre tous les mauvais sorts. « Quelle que soit l’assemblée dans laquelle tu te trouves, tu parais bien aux yeux des gens. Tu es écouté et respecté », soutien Mahalmoudou Baba. Il va plus loin, en soutenant que cet habit, lorsqu’il se trouve dans une maison, un voleur peut tout emporter sauf le boubou. « Quand il y a incendie, il ne brûlera pas. Lorsqu’une embarcation chavire, la valise dans laquelle se trouve le ‘wakya tein’ flottera », poursuit le tailleur, renforçant une croyance populaire. Mahalmoudou me fait comprendre que seul le vrai «wakya tein » a ces pouvoirs. Le boubou aux si vastes vertus existe en modèle pour hommes et celui pour dames également. Un vieux boucher de la place, Hamèye, m’a raconté que dans l’héritage d’une famille, il y avait un «wakya tein ». Tous les héritiers voulaient l’avoir. Il n y a pas eu de consensus, Finalement, c’est une tierce personne, étrangère à la famille mais connaissant la valeur de l’habit, qui a déboursé la somme de 300 000 Fcfa, pour l’acquérir. Ce dernier a dit à ses amis que c’est un cadeau du ciel. Les habitants d’ici s’en souviennent encore. En 1994, un vieux a exposé, au cours d’une soirée culturelle à Tombouctou, en présence du ministre Bakary Traoré « Pionnier » un boubou « Wakya tein » qui avait 100 ans. Des personnalités de l’époque ont proposé jusqu’à 900 000 Fcfa mais le propriétaire a décliné l’offre. Il y a encore des familles de Tombouctou qui en ont dans les maisons, jalousement gardés et qui ne supportent plus les déplacements ou les manipulations. Avec l’avènement des machines à broder et le basin riche, le «waky atein » est dévalué au détriment de pâles copies qui ne coûtent que 125 000 Fcfa. Ils n’ont pas les mêmes valeurs et propriétés que ceux brodés à la main. Compte tenu du coût, beaucoup de Tombouctiens s’habillent avec ces créations contrefaites. Beaucoup de personnes (marabouts, imams, notables, chefs coutumiers, des personnes âgées) que nous avons approchées en savent peu sur l’habit. D’autres répondent, à vos questions, par un sourire sibyllin, comme pour ne pas dévoiler un secret. Ici tout le monde s’accorde à dire que le «wakya tein » n’est pas un boubou ordinaire. Même cousu dans le basin riche, il est porté pendant les grands jours (fêtes religieuses) et jours exceptionnels (mariages baptêmes, réceptions), entre autres. MS (AMAP)
Pastèque : le défi de la conservation
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 18 nov (AMAP) Le long de la Route nationale (RN6), des montagnes de pastèques jonchent les abords du bitume en attendant d’être transportées à Bamako et autres centres urbains du pays. Dans la capitale malienne, on en trouve et on en voit un peu partout. Exposée à même le sol, aux coins de certaines rues, au bord des grandes artères goudronnées et dans les marchés. Dans les rues des quartiers, on rencontre également des pousse-pousse chargés de pastèques que dirigent des revendeurs à longueur de journée pour proposer leurs services aux amateurs. En cette période de l’année (octobre-novembre), la pastèque est, sans doute, la star des marchés maliens notamment Bamako. Fruit frais local bien apprécié des consommateurs pour son goût sucré et ses vertus pour la santé humaine, la pastèque provient des Régions de Kayes 9Ouest), Ségou (Centre) et de Koulikoro (près de Bamako). Il s’agit précisément des zones de Konobougou, Dioïla, Markacoungo, etc. Les abords du Stade du 26 mars, le rond-point de Banankabougou et d’autres sites de la capitale sont les principaux lieux d’approvisionnement des commerçants et revendeurs de ce fruit. Des dizaines de camions, en provenance des zones de production- viennent décharger quotidiennement leurs cargaisons en ces lieux. « Cette année semble être marquée par le volume important des arrivages, » informe Bamoussa Coulibaly, vendeur en gros de pastèque, au marché de Médine communément appelée «Sougouni-koura». « Le commerce de fruit frais est très florissant », selon Moussa Koné. Ce revendeur de pastèque, qui utilise un pousse-pousse pour écouler sa marchandise, dit faire un bénéfice net journalier estimé à 5.000 Fcfa. Profit qui n’est certainement pas étranger à l’affluence et l’enthousiasme constatés sur le terrain. « La vente de pastèque est très bénéfique et attire beaucoup de commerçants et revendeurs », explique Tiékoura Sanogo, grossiste à Kati. «En moins d’une journée, je peux vendre le contenu de tout un camion», se réjouit-il. « Au regard des quantités qui affluent vers Bamako et autres zones du pays, ce produit aurait pu profiter davantage aux Maliens s’il était possible de l’exporter dans certains pays voisins comme la Mauritanie et le Sénégal, visiblement gros consommateurs de ce fruit frais », estime M. Sanogo. Soulignant que le circuit d’exportation de ce produit est encore très peu développé au Mali, Sanogo déplore les tracasseries routières auxquelles sont confrontés les exportateurs. Notre interlocuteur regrette de constater que la filière pastèque, tant importante, par sa contribution, pour les revenus des populations, ne reçoit aucune ou très peu d’attention des autorités, notamment en termes de subvention et d’encadrement pouvant permettre aux acteurs de développer l’activité. Afin, selon lui, d’éviter certains défis qui menacent la survie du secteur. À ce problème, s’ajoutent les difficultés de conservation et de transformation. Les fruits pourrissent parfois dans les champs et au bord de la route, faute de trouver preneurs. Cette situation profite peu aux producteurs. La surabondance de ce produit saisonnier sur le marché fait chuter les prix et entraîne la perte d’une partie des récoltes à cause de la mévente, expliquent des producteurs. Ainsi, ne possédant pas d’unités de conservation et de transformation, ils se voient obligés de céder leur production à vil prix. Makan Diakité est producteur dans la zone de Konobougou. Joint au téléphone, il déplore cette situation. « Les cultivateurs produisent généralement et font rarement des bénéfices », dit-il. Cette situation, à l’en croire, aurait pour cause l’absence de moyens de conservation et d’unités de transformation pour ajouter de la valeur et prolonger la durée de vie des produits.«C’est le handicap majeur pour les producteurs de pastèques», murmure M. Diakité. Il invite les autorités à trouver des solutions à cette situation. AMK (AMAP)
Orpaillage à Kangaba : Les engins lourds entrent dans la danse
Par Sidy DOUMBIA Kangaba, 17 nov (AMAP) Sans l’or, le Mandé dont les griots et écrivains arabes chantent la grandeur, n’aurait peut-être pas existé. Le métal jaune a fait la gloire et la prospérité de tous les empires et royaumes qui se sont succédé sur ce vaste territoire. En la matière, le Cercle de Kangaba, vitrine de cette civilisation authentique, est une zone d’orpaillage par excellence. Pratiquée autrefois par les Malinkés dans cette contrée aurifère, l’extraction traditionnelle de l’or consistant à creuser des puits surdimensionnés avec des outils rudimentaires se faisait en saison sèche. Les bras valides partaient, avec la bénédiction des anciens, chercher de l’or afin de pouvoir subvenir aux besoins de la famille, comme le paiement de l’impôt, de la dot et des trousseaux des jeunes en âge de se marier. Mais, le phénomène a pris de l’ampleur au point de devenir la principale source de revenus pour des centaines de Maliens. La plupart d’entre eux, généralement motivé par le gain facile ou rapide, parcourent des dizaines de kilomètres à la recherche de la pierre précieuse que l’on «ramasserait à la surface de la terre à travers le pays». Il vide les villages de leurs bras valides en plein hivernage malgré les décisions interministérielles l’interdisant en cette période. À cette pratique, est venue s’ajouter l’orpaillage par dragage sur les cours d’eau. Le fait nouveau est l’usage d’engins lourds dans l’orpaillage. À la manière des compagnies minières industrielles, les orpailleurs s’organisent davantage pour louer des engins lourds qui mettent les forêts sens dessus dessous. Les effets aux plans économique et environnemental, ne se sont pas faits attendre. Les dégâts sont certes énormes sur l’environnement, mais les profits pour les villageois sont également colossaux. Une nouvelle tendance qu’il faudrait certainement encadrer. Face à la situation, beaucoup s’interroge : faut-il arrêter l’orpaillage ou l’organiser ? Faut-il intensifier la répression contre ceux qui bravent l’interdiction du dragage sur les cours d’eau comme il est stipulé dans le Code minier de 2019 (entré en vigueur en 2020), mais qui rapporte beaucoup d’argent aux communautés locales ? «Celui qui a vu ces villages hier et aujourd’hui ne peut pas imaginer qu’on puisse demander d’arrêter l’orpaillage. Pour preuve, les incendies qui ravageaient les villages appartiennent désormais au passé, car les toits de toutes les maisons sont en dalle ou en tôle», explique un propriétaire terrien de la Commune rurale de Minidian. S’y ajoute, selon lui, le paiement des intrants et équipements agricoles, des taxes et impôts grâce à l’argent issu de l’orpaillage. Un autre orpailleur qui fait office de «tomboloma», organisation chargée de la sécurité et de la protection des placers, va plus loin. Ce dernier estime que l’orpaillage est, aujourd’hui, le plus gros pourvoyeur d’emplois dans la zone. Les jeunes, diplômés ou non, affluent vers les sites d’orpaillage et y gagnent de quoi subvenir à leurs besoins. « L’arrêt de l’orpaillage équivaut aujourd’hui à ouvrir la porte au grand banditisme à travers le pays », affirme-t-il. DÉGÂTS ÉNORMES- De plus en plus ambitieux «l’appétit venant en mangeant» les villageois s’organisent pour louer des engins lourds qui rapportent gros. Telle est la tendance aujourd’hui sur plusieurs sites d’orpaillage. Les effets néfastes de cette pratique nouvelle sur l’environnement sont incommensurables. Les dégâts causés par les bulldozers sont énormes et sautent à l’œil. Au nombre de ces dégâts, figurent la dégradation des sols et de la végétation à cause de la coupe abusive des arbres, le risque d’empoisonnement des cours d’eau par les produits chimiques et la destruction/disparition des mares, explique le chef du Service local de l’assainissement. Celui-ci ajoute que les énormes fosses creusées par les pelles mécaniques ne sont pas réhabilitées. « Si rien n’est fait au plus vite, c’est l’avenir de plusieurs générations qui s’en trouverait compromis ». A entendre le chef d’antenne du sous bassin du Haut Niger à Kangaba, Opéri Berthé, l’orpaillage par dragage est le drame des cours d’eau au Mali. Selon lui, cette activité est à l’origine de la pollution de l’environnement, la contamination des eaux, la destruction de l’oxygène dissout et la disparition de la faune aquatique et la modification de la topographie des cours d’eau. Depuis 2018, le gouvernement a élaboré un projet de plan d’action pour l’interdiction de l’exploitation de l’or par dragues dans les cours d’eau au Mali. Pour minimiser les dégâts, le 2è adjoint au préfet du Cercle de Kangaba, Allaye Cissé, a récemment signé une décision pour mettre fin à l’utilisation des engins lourds dans l’orpaillage. Chefs traditionnels et responsables des sites d’orpaillage se sont engagés à arrêter l’utilisation des engins lourds, à partir du 15 novembre 2021 comme prévu par la décision du préfet du Cercle de Kangaba. Dans la Commune de Benkadi, la population a dit à la mission de sensibilisation dépêchée par le chef de l’exécutif local que les ressources tirées de l’orpaillage avec les pelles mécaniques et les bennes sont considérables. Elle a également fait savoir que l’arrêt de ces machines provoquera un manque à gagner irremplaçable. La délégation conduite par le préfet s’est montrée intraitable et a prévenu les éventuels récalcitrants des sanctions auxquelles ils s’exposent. SD (AMAP)
Barkhane quitte Tessalit, dans l’extrême Nord du Mali
Bamako, 17 nov (AMAP) La Force française Barkhane a remis officiellement, aux Forces armées maliennes (FAMa) les installations qu’elle occupait à Tessalit., dans l’extrême Nord du Mali, vers la frontière algérienne, ont annoncé, mardi, des sources militaires françaises . «Après celle de Kidal, l’emprise occupée par la force Barkhane à Tessalit a été transférée le 13 novembre aux Forces armées maliennes (FAMa). Les derniers soldats français ont quitté le site le 15 novembre », indique un communiqué de l’État-major des armées françaises publié le même jour. L’opération « dans le cadre de l’adaptation du dispositif militaire français déployé dans la bande sahélo-saharienne », précise le communiqué. « Ce réaménagement a été acté en juillet 2021 par le président français Emmanuel Macron et par ses homologues du G5 Sahel », rappelle l’État-major des armées françaises. Selon lui, le « transfert a été progressif, maîtrisé et étroitement coordonné avec les FAMa et avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dont un contingent de plusieurs centaines de militaires est déployé en permanence à Tessalit ». «Ce transfert s’inscrit dans le cadre du partenariat de combat qui lie les forces françaises et les forces maliennes. Ainsi, les unités maliennes et françaises se sont entraînées ensemble pendant plusieurs semaines pour partager leurs savoir-faire et préparer la pleine prise en compte de l’emprise par une compagnie renforcée des FAMa », poursuit le communiqué de l’Armée française. « Différentes procédures de réassurance ont notamment pu être mises en œuvre», détaille son communiqué, ajoutant que comme à Kidal, cette nouvelle étape dans l’adaptation du dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne « a été conduite dans de très bonnes conditions de dialogue avec les forces partenaires ». MD (AMAP)
Attaque terroriste à Guiré (Nara) : L’Armée neutralise 06 assaillants et perd 07 soldats
Bamako, 15 nov (AMAP) Sept soldats maliens sont morts, dimanche, dans une attaque d’un groupe armé terroriste contre le poste de sécurité de Guiré (Région de Nara), à la proximité de la frontière avec la Mauritanie, selon un dernier bilan communiqué, lundi, par une source securitaire Un communiqué de l’Armée avait d’abord annoncé que les Forces armées maliennes (FAMa) ont « vigoureusement » repoussé, dimanche, aux environs de 14h45, cette attaque et avait fait état d’un « bilan provisoire de 04 morts et 14 blessés de côté FAMa. Et côté assaillants, 06 morts ». Aussitôt, a ajouté la même source, trois blessés ont été sauvés par un hélicoptère des FAMa pour leur prise en charge. Le chef d’état-major général des Armées avait présenté « ses condoléances les plus attristées aux familles et frères d’armes des victimes et souhaite prompt rétablissement aux blessés », indique l’Armée. SS/MD (AMAP)
L’Armée interpelle deux présumés terroristes à Ansongo, dans le Nord du Mali (officiel)
Bamako, 12 nov (AMAP) Les forces armées maliennes (FAMa), ont interpellé, jeudi, deux présumés terroristes, entre 09h30mn et 11h00mn, à la foire hebdomadaire d’Ansongo, indique l’Armée sur son site www.fama.ml. Selon la source militaire, le premier suspect, longtemps, recherché par les services de sécurité, serait un des complices (logistique et informations) des terroristes de l’Etat islamique dans le grand Sahel (EIGS) dans la zone d’Ansongo et Ménaka (Nord). Il a été cité par un autre suspect appréhendé, le 29 octobre 2021 dernier, par les Forces maliennes. «Il serait impliqué dans plusieurs cas d’attaques, braquages et filatures des agents sur le tronçon Gao-Labbezenga via Ansongo», précise l’Armée. Quant au deuxième interpellé, il serait “un pion dans la chaîne de ravitaillement en carburant des combattants terroristes évoluant dans la zone de Hourara (Commune rurale de Ouattagouna, Cercle d’Ansongo)”, explique l’Armée. Il acheminerait du carburant et autres produits divers du Niger à destination de Hourara. “Les deux suspects ont été mis à la disposition de la gendarmerie nationale pour enquête”, confie la source militaire. AT/ MD (AMAP)
Sikasso : Rentrée scolaire effective
Sikasso, 02 nov (AMAP) Les enseignants et les élèves ont répondu présents, lundi, dans les établissements scolaires de, Sikasso (Sud), la capitale du Kénédougou où. Gouverneur de la Région régional, Siné Dembélé, accompagné de ses proches collaborateurs et des responsables du monde scolaire, a sillonné quelques écoles pour constater l’effectivité de la rentrée. La délégation s’est rendue au groupe scolaire Oumar Kéletigui Berthé où une leçon modèle portant sur le changement climatique a été dispensée par un enseignant en présence des visiteurs. Le même exercice au lycée public III et au Lycée technique où les élèves ont exprimé leur impatience de reprendre les cours. La dernière étape de la visite a eu lieu à l’Institut de formation des maitres (IFM) où la leçon modèle a été dispensée par un professeur de psychopédagogie devant les visiteurs. Selon le directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Sikasso, Sinaly Togola, la rentrée scolaire a été plus ou moins effective dans sa circonscription. «Je place la nouvelle année scolaire sous le signe de l’espoir», a-t-il affirmé. Sinaly Togola a regretté la situation sécuritaire dans la région. Ce qui a empêché les élèves des zones de Danderessso et de Nogon Souala d’effectuer leur rentrée scolaire. « A cause de l’insécurité, les élèves de ces localités ont même été obligés de venir passer leurs examens de l’année 2021 dans la ville de Sikasso », a-t-il déploré, soulignant que jusqu’à présent, ce problème n’est pas résolu. Il a rappelé que le thème de la rentrée scolaire, pour cette année, est : «un enfant, une plante». A cet effet, les membres de la délégation ont planté, chacun, un arbre dans chaque école. En termes de problèmes dans sa circonscription, M. Togola a évoqué le difficile respect des mesures barrières contre le Covid-19 à cause des effectifs pléthoriques dans les salles de classes (100, 200 élèves), les multiples mutations des enseignants, le manque d’enseignants et l’insécurité. Il a invité tous les acteurs du secteur de l’éducation à s’unir afin de sauver l’année scolaire dans toutes les localités. MFD (AMAP)
San : Une rentrée sans incident
San, 02 nov (AMAP) Jour de rentrée scolaire. Il est environ 7h 45 dans l’enceinte du groupe scolaire Amitié, lorsque le directeur de cabinet du gouverneur de la Région de San, Karim Coulibaly, arrive sur les lieux pour le démarrage de l’année. On notait la présence des autorités politiques, scolaires et sécuritaires. Il a assisté à la montée des couleurs et à la présentation de la leçon modèle sur le changement climatique dans une classe de 6e année. Le directeur de cabinet et sa délégation ont, ensuite, rallié le lycée public de San pour y constater aussi l’effectivité de la rentrée des classes. Les autorités régionales ont invité élèves et enseignants à se mettre au travail en vue d’obtenir de bons résultats scolaires. Après le lycée public, la délégation a poursuivi sa visite dans d’autres établissements de la ville. Dans toutes les écoles visitées, élèves, enseignants et personnel de l’administration scolaire étaient bien présents. NC (AMAP)
Niono : Des écoles encore occupées par les déplacés
Niono, 02 nov (AMAP) La nouvelle année scolaire a débuté, lundi, à Niono, dans le Centre du Mali où des populations déplacées par l’insécurité occupent certains établissements de la localité, a constate l’AMAP sur place. La 2è adjointe du préfet, Mme Diassana Fatou Daou, à la tête d’une importante délégation comprenant le maire de la Commune urbaine de Niono, le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) et des représentants des Forces de défense et de sécurité, s’est rendue dans une classe de 2è année à Nango du Sahel pour constater l’effectivité de la reprise des cours. La délégation a prodigué de précieux conseils aux élèves dans cet établissement scolaire et d’autres mais leur a, surtout, souhaité une bonne année scolaire 2021-2022. Elle a regretté que des salles de classes soient encore occupées par des déplacés à cause des conflits dans la zone. MS/MD (AMAP)

