L’Armée malienne neutralise quatre terroristes entre Rharous et Gossi, dans le Nord (Communiqué)
Bamako, 04 déc (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont tué quatre assaillants, vendredi, lors d’une attaque de Groupes armées terroristes contre une mission opérationnelle militaire sur l’axe Rharouss-Gossi (Nord), annonce un communiqué de l’Armée. « Les FAMa ont énergiquement réagi avec un bilan, côté assaillants de quatre morts, de nombreuses traces de sang aperçues sur le terrain et plusieurs matériels militaires récupérés », indique le communiqué qui dénombre « quatre blessés légers » dans les rangs des forces armées nationales. “La mission était conduite par le commandant du Théâtre Est de l’opération Maliko et menait des opérations de ratissage et de fouilles de refuges terroristes”, poursuit la même source. Cette même mission a été attaquée, le 1er décembre dernier, rappelle la source militaire. Cette précédente attaque “n’avait pas fait de victimes au sein des FAMa qui avaient appréhendé un assaillant et récupéré du matériel militaire et électrique”, conclut le communiqué. MT/MD (AMAP)
Les Assises nationales de la refondation au Mali débutent le 11 décembre prochain (officiel)
Bamako, 04 déc (AMAP) Les Assises nationales de la refondation (ANR) se tiendront du 11 au 30 décembre 2021, a appris l’AMAP, vendredi, de source officielle Le président de la Commission nationale d’organisation, Mamadou Hachim Koumaré, a demandé, cette semaine, dans une correspondance, au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, la désignation des points focaux et des coordinations régionales des ANR. Les termes de référence des assises stipulent que « les autorités administratives, locales, régionales et celles du District de Bamako, les chefs des services subrégionaux, régionaux et nationaux ainsi que les responsables des missions diplomatiques et consulaires du Mali à l’extérieur, assureront la facilitation et l’encadrement logistique des travaux ». Mamadou Hachim Koumaré a sollicité du ministre Maïga de prendre les dispositions nécessaires au niveau des gouverneurs, préfets et sous-préfets pour la désignation des points focaux dans chaque commune, cercle et région ainsi que les coordinations régionales représentant la commission nationale d’organisation. « Le point focal doit être choisi parmi les notabilités du lieu, notamment civil, militaire à la retraite ou autres pouvant fédérer toutes les sensibilités », a indiqué M. Koumaré. Le point focal doit jouir « du respect et de la considération de la population et être suffisamment instruit pour comprendre et expliquer aux délégués locaux, l’esprit et le bien-fondé des assises nationales ». Pour ce qui concerne la coordination régionale, elle comprend le point focal régional, un comptable, un responsable d’organisation matérielle, un secrétaire et un informaticien. « Le point focal régional est le président de la coordination régionale. Les quatre autres membres devront être choisis parmi le personnel du gouvernorat et/ou du chef-lieu de cercle », précise la lettre. Le document ajoute que les travaux seront dirigés par deux présidents assistés de deux rapporteurs choisis par les délégués. BD/MD (AMAP)
Montée en puissance des FAMa : Une centaine de terroristes neutralisés en novembre (DIRPA)
Par Aboubacar TRAORÉ Bamako, 03 déc (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa), avec l’appui de leurs partenaires, ont neutralisé, au cours du mois de novembre, une centaine de terroristes dans plusieurs localités du pays, suite à plusieurs frappes aériennes de l’aviation malienne, en coordination avec les forces terrestres, notamment dans les théâtres Est, Centre et Sud de l’opération Maliko. Toutefois, dans le cadre d’une évaluation générale de la situation sécuritaire du pays, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), à la faveur de sa traditionnelle rencontre mensuelle avec les hommes de médias tenue, jeudi ,dans ses locaux, indique avoir constaté que les Groupes armés terroristes (GAT) conservent toujours leur capacité de nuisance sur le terrain. « Les efforts des ennemis de la paix ont consisté à exercer des pressions sur les populations en zone Office du Niger où ils parviennent à créer un climat délétère, rendant difficiles les travaux champêtres et toute entreprise humaine », a dit, au cours de cette conférence de presse, le directeur de la DIRPA, le colonel Souleymane Dembélé qui avait comme invité principal, le chef d’état-major de l’Armée de l’air (CEM-AA), le colonel Alou Boï Diarra. Durant le mois écoulé,. « Pour contenir cette situation, les FAMa sont restées à pied d’œuvre auprès des populations dans les zones de défense sur le théâtre des opérations en consacrant d’importants efforts pour la fluidité des axes logistiques majeures. Et, en sécurisant les travaux champêtres ». Le mois de novembre a été marqué par une accalmie des attaques terroristes contre les FAMa. Cependant, on a assisté à la recrudescence des attaques et des pressions contre les populations civiles, en les empêchant de se livrer normalement à leurs occupations, et en les obligeant à signer des pactes de paix et de non agression. On a assisté aussi à des incendies de récoltes surtout dans le secteur de Niono. La rencontre a aussi enregistré la présence de plusieurs responsables militaires ainsi que des représentants des forces partenaires présentes sur le sol malien. L’exercice, désormais ancré dans les activités de la DIRPA, vise à partager les « bonnes informations qui viennent de l’armée avec les hommes de médias, en mettant en exergue les activités que les militaires mènent sur le terrain en terme d’opérations ». Dans son exposé, le directeur de la DIRPA a, d’abord, fait le point de la situation sécuritaire du mois écoulé, des activités menées au niveau du ministère de la Défense et des Anciens combattants, ainsi qu’au niveau de l’état-major général. Le colonel Souleymane Dembélé a souligné que le théâtre de l’opération Maliko a été marqué par la présence des GAT dans les localités du Centre, notamment les secteurs de Niono, Diabali, Dogofry …, dans l’Ouest du pays, notamment vers Nara, Guiré. Toutefois, selon le patron de la DIRPA, des actions dynamiques sont en cours à travers les Frago (c’est-à-dire ordre de mouvement) Tièssiri, Kélétigui, en vue de détruire les sanctuaires et neutraliser les groupes terroristes. La période a été aussi marquée par la pose d’Engins explosifs improvisés (EEI), des actions de sabotages des installations des lignes téléphoniques, d’enlèvements… En tant qu’invité spécial, le CEM-AA a procédé à la présentation de l’armée de l’air en mettant l’accent sur les missions, ses attributions et sa collaboration avec les autres composantes de notre outil de défense, notamment les forces terrestres. Parlant des missions essentielles de sa structure, le CEM-AA a cité, entre autres, la préservation de l’intégrité de l’espace aérien national, la contribution à la défense opérationnelle du territoire, la recherche et le sauvetage des aéronefs en détresse, la participation aux évacuations sanitaires et au secours médical des populations surtout en cas de catastrophes. S’y ajoute la participation au développement socioéconomique du pays notamment à travers le désenclavement du territoire. Le colonel Alou Boï Diarra a saisi l’occasion pour saluer les efforts remarquables déployés par les autorités pour le renforcement des capacités opérationnelles de l’outil de défense pour lui permettre d’assumer ses missions régaliennes de stabilisation du pays et de sécurisation des populations et de leurs biens. Notamment la consolidation du vecteur aérien avec l’acquisition récente de quatre hélicoptères de type Mi-171 avec les partenaires russes. L’armée de l’air en tant que composante entière au sein des forces armées maliennes a été créée le 6 février 1976 et sous sa dénomination actuelle. AT (AMAP)
Accidents de la circulation à Bamako : Au moins une personne tuée tous les trois jours
Bamako, 1er déc (AMAP) Au moins une personne est tuée tous les trois jours sur les routes de la capitale malienne, Bamako, révèle la direction de la régulation de la circulation et des transports urbains (DRCTU), dans son rapport 2020. Selon ces statistiques sur les accidents dans le District de Bamako, qui font froid dans le dos, la ville a enregistré, la même année, 2.653 accidents corporels sur les voies publiques. Même si on observe une réduction des cas d’accident, la route continue de faire des victimes dans au Mali. Les chiffres de Bamako représentent 973 cas de moins qu’en 2019. Le nombre total d’accidents et celui des blessés ont connu une baisse de 26,83%. Dans le document, on note cependant une augmentation de la gravité de 77,08% en 2020 contre 48,31% en 2019. Il ressort des propos du maire du District de Bamako, Adama Sangaré, cité dans le rapport, que les chiffres des accidents corporels en 2020 sont en baisse de 26,83% et 20 vies ont été épargnées par rapport à l’année précédente. Ces accidents sont dus à la forte croissance démographique, à l’urbanisation galopante et l’accroissement de la motorisation en ville. S’y ajoutent le mauvais comportement dans la circulation, le vieillissement du parc automobile, la désuétude de réseau routier et le manque de qualité des services d’urgence dans les établissements hospitaliers. Sur la même période, 3.445 collisions ont eu lieu (tous types d’engins confondus). Les mois de janvier et février passés ont été les plus accidentogènes avec, respectivement, 267 et 276 cas. Ces accidents surviennent, le plus souvent, dans l’après-midi entre 12 h à 18 h. Le document indique que les engins à deux roues constituent la principale source des accidents routiers avec 1.750 cas, soit 50,79% des chocs. Une centaine de conducteurs de deux roues sont tombés tout seul. À l’origine de ces accidents dramatiques de la circulation, on retrouve le non respect d’aucune règle élémentaire de sécurité, l’imprudence, un problème de comportement lors de la conduite impliquant en majorité les jeunes de 26 à 35 ans. Selon le rapport de la DRCTU, les hommes sont les plus concernés par les accidents de la route. S’exposant à des risques en enfreignant facilement les règles, 2.939 hommes ont été victimes contre 397 femmes, plus souvent victimes en tant que passagères ou piétonnes. Pour pallier les problèmes liés à l’insécurité routière, de façon pragmatique, des actions sont envisageables comme la multiplication de la sensibilisation, de la communication sur les risques d’accidents mortels sur nos routes. La protection des plus vulnérables par l’amélioration de la sécurité des piétons sur les voies urbaines, la lutte contre les infractions graves, la sécurisation des infrastructures et l’application du Code de la route sont autant de mesures de prévention envisagées par la mairie du District de Bamako et ses partenaires pour réduire la gravité et les dégâts. Cela afin de garantir la sécurité de nos concitoyens sur les voies publiques. TC/MD (AMAP)
ATPC : Une solution durable aux problèmes de santé publique
Bamako, 29 novembre (AMAP) L’assainissement total par les communautés (ATPC) est sans nul doute une solution aux problèmes de santé publique dans notre pays, si l’on sait que l’insalubrité est source de plusieurs maladies. Ayant fait ce constat, l’UNICEF et des partenaires notamment la direction nationale de contre les pollutions et nuisances (DNACPN) et l’Association malienne pour le développement rural (AMPDR)sont intervenu dans de nombreuses localités de la région de Koulikoro pour expérimenter l’ATP notamment à Sountiani, dans la commune de Tenindougou, cercle de Doïla. Cette localité, déclenchée a réussi l’ATP, une action que bien d’autres villages souhaiteraient expérimenter. Dans cette localité qui a réussi la visite des d’une délégation composée des membres de l’UNICEF, de la DNACPN, de l’AMPDR, de l’ORTM et de l’AMAP, du 17 au 24 octobre 202, dans le cadre de la journée mondiale des Toilettes. Cette visite a permis de constater que dans ce village les latrines, les puisards les fosses d’ordures sont bien construits et le suivi ne fait l’ombre d’aucun doute. Le Chef de village de cette localité, Nèguèson Konaté, le Directeur Technique communautaire, Ibrahima Daou et le président du Comité de suivi eau, Hygiène et assainissement, Kef Konaté sont unanimes que l’ATPC a permis de réduire considérablement le nombre de maladies liées au paludisme et aux infections respiratoires, entre autres. Ils ont par ailleurs montré toute leur satisfaction suite au 1er prix décerné au village sur une soixantaine par rapport à l’ATP. Le village de Sountiani est certifié et dans cette localité c’est désormais la fin de la défection à l’air libre (FDAL) et le lavage des mains est devenu une réalité tant bien chez les enfants que chez les adultes et les personnes âgées. Au niveau du village, la présidente des femmes, Oumou Coulibaly et Mohamed Coulibaly, élève de la 5ème année pour leur part, se réjouissent également de l’impact positif de l’utilisation des toilettes et du lavage des mains qui ont eu des impacts positifs sur la vie des communautés. MM. Chaka Goïta de la DNACPN, Fassoun Doumbia, le maire, Ibrahim Doumbia de l’ONG AMPDR et Kalifa Keïta, responsable Wash à l’UNICEF ont salué cette expérience ainsi que l’engagement des communautés pour leur propre bien être avant de renouveler leur engagement dans l’accompagnement des populations, une de leurs missions essentielles. Pour rappel, l’AMPDR intervient sur l’ATPC dans 65 localités de Sikasso et 110 localités de la région de Koulikoro dont 50 à Kolokani et 60 à Doïla. KM (AMAP)
Bandiagara : Une attaque fait quatre morts et des dégâts matériels importants
Bandiagara, 26 nov (AMAP) Un groupe d’hommes armés a ouvert le feu sur des civils au niveau du gouvernorat de Bandiagara (Centre), dans la nuit du mercredi à jeudi, faisant quatre morts et des dégâts matériels importants. Selon nos informations, les assaillants se sont introduits dans la ville par le côté ouest, aux environs de 21h et ont ouvert le feu. Ils ont, ensuite, brûlé plusieurs boutiques, un bus de transport et trois motos avant de disparaître dans la nature. Dans la journée de jeudi, le calme était revenu dans cette ville plusieurs fois endeuillée par des attaques terroristes. Le colonel Oumar Traoré, commandant du secteur des Forces armées maliennes (FAMa) comptant plusieurs hommes a rassuré la population qui n’a dormi que d’un œil pendant la nuit de cette attaque meurtrière. AMAP
Le gouvernement examine les avant-projets de textes de création de trois universités
Bamako, 26 nov (AMAP) Un Conseil de cabinet autour du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a examiné, jeudi, à la Primature, les textes de création des universités de Sikasso (Sud), Tombouctou et Gao (Nord), a appris l’AMAP. Cette réunion du Conseil de cabinet, qui a étudié d’autres dossiers, n’a arrêté aucun calendrier pour la création effective de ces établissements universitaires. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Keïta, a seulement indiqué que les trois universités «vont se créer sur le long terme». Les projets examinés entrent dans une stratégie globale de création d’institutions nationales supérieures sur l’ensemble du territoire malien. Cette dynamique d’extension de la couverture universitaire vise à « permettre à tous les enfants du Mali de pouvoir accéder à un enseignement universitaire de qualité», a confié le ministre Amadou Keïta. Lors des échanges, les ministres ont fait des observations qui permettront d’améliorer ces projets pour les soumettre de nouveau au gouvernement, en vue de leur adoption par le Conseil des ministres. Les observations faites ont trait au coût qui sera alors réexaminé de plus près et à la question de la spécialisation en fonction des potentiels que recèlent les différentes régions. À cet égard, le ministre Keïta a indiqué que la préoccupation est de faire en sorte que le Mali ait des pôles universitaires spécialisés qui répondent aux préoccupations en matière de développement du pays. ID/MD (AMAP)
Zones minières de Kayes (Ouest) : L’or ne brille pas pour tous
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 25 nov (AMAP) Depuis plus de quatre décennies, l’or est considéré comme la principale ressource économique du Mali. Les populations des zones minières de la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, ne pas sont satisfaites des retombées de l’exploitation des mines d’or dans leurs villages et villes. Dans cette partie du pays, qui peine à voir le bout du tunnel, le métal jaune ne profite pas à tout le monde. En dépit de la présence de cinq grandes compagnies minières sur son territoire, le cercle de Kéniéba est la parfaite illustration de cette situation. Car, cette localité, dont les populations souhaitent l’érection en région afin de sortir du gouffre, est toujours à la traîne en matière de développement. Pourtant, en septembre 2019, l’Etat a adopté un nouveau Code minier qui accorde une place de choix aux préoccupations des populations riveraines des mines, en termes de réalisation d’infrastructures et de création d’emplois. Ce code prévoit, en son article 83, un Fonds minier de développement local qui s’impose à tous les détenteurs de titres miniers (grandes et petites mines). Quelques 75% de ce Fonds doivent être investis dans les secteurs prioritaires : développement des infrastructures de désenclavement (aménagement et construction de routes ou de pistes rurales, ponts et types), développement d’infrastructures et d’équipements de base, construction ou renforcement d’adductions d’eau, amélioration des services sociaux de base, construction ou renforcement de Centres de santé et d’établissements scolaires, promotion de l’emploi. Par ailleurs, il est également prévu la création d’un cadre de concertation entre miniers, collectivités et populations riveraines pour explorer les pistes de collaboration. « Le Mali a orienté sa politique vers une nouvelle vision à travers le nouveau code minier selon lequel, l’activité minière doit s’inscrire dans un projet de développement durable sur le plan social, économique et environnemental, notamment dans les communautés et régions abritant les sites d’exploitation », fait remarquer le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré. Cependant, déplore le colonel Soumaré, « dans la Région de Kayes, les populations locales semblent ne pas être satisfaites des retombées de cette présence massive de mines d’or dans leur milieu ». Les incompréhensions auxquelles des solutions doivent être trouvées sont essentiellement liées au processus de recrutement dans les sociétés minières, notamment à Sadiola (cercle de Kayes), à leur participation au développement local et à la promotion des opérateurs économiques locaux. « Les citoyens des communes lésées du Cercle de Kéniéba doivent réclamer leur dû, en interpellant les décideurs (élus) sur la gestion des ressources allouées aux collectivités locales. Les communes doivent bénéficier des retombées des conventions qui lient l’Etat aux compagnies minières. Et les communes riveraines des mines ont droit à 75% sur les dividendes », précise Abdoulaye Coulibaly, président du Conseil régional des organisations de la société civile de Kayes. GESTION LOCALE EN QUESTION – Il soutient que les entreprises minières honorent leurs engagements parce que les patentes reviennent aux collectivités et sont distribuées à trois niveaux (commune, cercle, région), la commune se taillant la part du lion. « Le complexe Loulo-Goungoto tient une conférence chaque année. Ce complexe dit qu’il a un fonds de développement au niveau de la collectivité commune et au niveau de la collectivité cercle. De ce fait, le Conseil de Cercle bénéficie des retombées de ces patentes et cette collectivité œuvre pour le développement du cercle qui compte 12 communes au total. S’il y a des communes qui sont défavorisées, je pense que le Conseil de Cercle doit faire face à ces cas et la solidarité territoriale doit prévaloir dans ces communes qui sont liées par l’histoire et la géographie », souligne M. Coulibaly. Certaines communes (Kéniéba et Sitakily) récupèrent plus d’un milliard, alors que les budgets d’autres n’atteignent même pas 6 millions de Fcfa. Ces dernières se contentent de petites patentes des commerçants et ont de la peine à payer leurs employés, notamment les enseignants. « En tant que société civile, nous devons agir comme des sentinelles. Nous allons contrôler le moindre centime de nos collectivités. Nous avons quatre mines dans notre commune. Mais, l’or ne brille pas pour nous et pour tout le Mali. C’est l’extérieur qui en profite beaucoup. Je vais me battre jusqu’au bout pour que ma commune, Kéniéba, et tout le Mali puissent s’en sortir », déclare Seydou Sow, 3è vice-président du Conseil local de la Société civile de Kéniéba. ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX – « Tous les projets ont fait l’objet d’études d’impact environnemental. En matière d’environnement, on ne peut pas cerner tous les aspects d’où la mise en place d’un système de gestion environnemental », soutient le consultant de la SEMOS-SA, Samballa Diakité à Kayes. Le directeur de l’environnement de la SEMOS, Amadou Macalou, et son collègue de la communication, Modibo Kéïta, annoncent que la mine réserve 50% de ses emplois à la commune rurale de Sadiola et appui les communautés locales dans la réalisation de leurs projets d’hydraulique villageoise, santé, éducation, électrification, protection de l’environnement (lutte contre l’usage abusif des produits toxiques dont le cyanure), préservation des héritages culturels et touristiques. « Grâce à la SEMOS, l’hôpital Fousseyni Daou de Kayes a pu se doter d’un scanner de 900 millions de Fcfa », ont-ils dit. « Toutes les compagnies minières disposent d’un département de développement communautaire qui sert d’interface entre la mine et les villages environnants. Dans certains cas, le travail de ce département est appréciable. Parfois, leurs programmes et domaines qui sont généralement ciblés, ne correspondent pas à la réalité du village », souligne Bambo Kéïta, expert en environnement à Kéniéba. « Les compagnies minières construisent des écoles dans certains hameaux de culture où l’effectif atteint à peine 10 à 15 élèves. Alors que le village voisin, qui compte plus de 50 élèves, ne possède même pas d’école. Parfois, les sociétés laissent les villageois s’exprimer sans les accompagner dans leurs initiatives », dit-il pour illustrer ses propos. Selon lui, la mine n’intervient que dans un rayon de 10 à 15 km. De ce fait, les localités dans ce rayon sont prioritaires, en termes d’assistance. « C’est pourquoi, il y a toujours des tensions dans leurs zones
La consommation de stupéfiants se banalise à Sikasso, dans le Sud du Mali
Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 22 nov (AMAP) A Sikasso, tout comme dans des zones frontalières, le trafic et la consommation de stupéfiants ont tendance à se banaliser. Que ce soit dans la ville ou dans les localités de la région, les jeunes de 14 à 20 ans s’adonnent à la drogue. Conséquences : des cas de troubles psychiatriques et de « désocialisation », en un laps de temps. Selon les différents acteurs du secteur que notre équipe de reportage a approchés, la situation est alarmante. « Youssouf Togo, la vingtaine, réside au quartier Mamassoni. Ce jeune garçon a abandonné l’école en 8ème année quand il a commencé à consommer des stupéfiants », témoigne la vieille Babintou, voisine de la famille Togo. On l’a conduit deux fois chez les spécialistes de santé mentale car il avait perdu la raison. « A chaque fois qu’il est guéri et qu’il revient à la maison, il replonge, les mauvaises fréquentations aidant. Puis, on le ramène encore au centre de santé », dit-elle. Le cas du jumeau Lassine Koné est encore pire. Résidant à Wayerma II, un quartier de Sikasso, Lassine est dépendant des stupéfiants. Il passe toute la journée à trainer en ville. Il n’arrête pas lancer des propos incohérents aux passants. La situation financière de sa famille fait qu’elle n’arrive pas à procurer les soins adéquats au jeune homme. Hamidou Diarra, avant sa mauvaise rencontre avec les stupéfiants, a été brillant dans les classes inférieures. Il vit les affres de la dépendance aux drogues. Selon ses anciens camarades de classe, c’est à l’université, à Bamako, qu’il n’a pas pu échapper à la tentation. La consommation du jeune Hamidou s’accroissait. En fin ce compte, il a abandonné ses études. Aujourd’hui, il est retourné à Sikasso. Régulièrement, ses parents le conduisent chez les spécialistes de santé mentale. Par finir, Hamidou Diarra s’est complètement métamorphosé. Il est devenu taciturne. SAISIES EN BAISSE – « De novembre 2020 à août 2021, l’Office centrale des stupéfiants (OCS) de Sikasso a saisi plus d’une tonne de cannabis ou chanvre indien, dix comprimés de diazépam, plus de 277 grammes de produits pharmaceutiques contrefaits et 133 comprimés de tramadol » révèle le commandant de l’Antenne régionale de l’OCS, Moumini Bengaly, qui estime que les saisies des stupéfiants est en régression dans la région. Par contre, au cours des années 2018 et 2019, l’OCS a, respectivement, incinéré plus de 4,5 tonnes de chanvre indien, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 6 500 comprimés de tramadol. En 2019, la structure a incinéré 7,8 grammes de cocaïne, 12 grammes de crack, 1 gramme de off, plus de 245 kg de cannabis, 389 boules de cannabis, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 300 comprimés de tramadol. « Sikasso est une zone carrefour, car c’est le point de rencontre des Burkinabés, des Ivoiriens et des Guinéens. C’est cela qui explique l’entrée des stupéfiants », explique-t-il. Selon lui, de tous les pays limitrophes, le Burkina Faso est celui d’où arrive au Mali la plus grande quantité de stupéfiant. « Presque chaque jour, les stupéfiants nous proviennent du Burkina Faso », insiste-t-il. Dans le hit parade des types de stupéfiants consommés à Sikasso, M. Bengaly a cité le tramadol car celui-ci est facile à cacher et il n’a pas d’odeur, suit le cannabis. Par ailleurs, le chef d’escadron estime que la mauvaise fréquentation, la solitude et le stress sont des raisons qui poussent les jeunes à la consommation de stupéfiants. La drogue ne concerne pas que la ville. Les stupéfiants sont consommés dans les cercles et même dans les villages de la région. A cet effet, Moumini Bengaly a affirmé que sa structure a tout récemment saisi, à travers la douane et les Forces armées maliennes (FAMa) de Sikasso, 115 briques de cannabis à Yorosso et plus de 30 sacs de cent kilo du même type de drogue à Tièrè. Se prononçant sur les techniques de dissimilation des stupéfiants, M. Bengaly explique que les dealers et les consommateurs ont mille et une astuces pour cacher la drogue. Ils la dissimulent dans les pneus de voiture, le volant, le tableau de bord et les feux rouges des véhicules. D’autres se servent de poupées, de boîtes de sardine, de mannequins (en plastique) ou de marionnettes. Certains se servent des corps de personnes décédées et de faux cercueils. Les boucles d’oreilles et les seins (par voie chirurgicale) sont fortement utilisés par les femmes. En termes de stratégies pour contrer le trafic et la consommation dans la région, le chef de l’OCS de Sikasso affirme que ses services reçoivent des informations, en temps réel, sur les consommateurs de stupéfiants dans les cercles et les villages de la région. « Au cours de l’année 2020, nous avons effectué cinquante voyages et interpellé soixante-neuf dealers dont trois ressortissants nigérians, trois Burkinabés, trois Guinéens et soixante Maliens », a annoncé M. Bengaly. « De novembre 2020 à ce jour, nous avons effectué seize voyages et interpellés dix-neuf individus dont un Burkinabé, un Ivoirien, un Nigérian et quinze Maliens ». TROUBLES MENTAUX – Le médecin colonel Nayara Sanou est un praticien en santé mentale à Sikasso. Du haut de son expérience de quarante-deux ans, le spécialiste affirme que le phénomène prend de l’ampleur dans la région. Le Dr Sanou révèle qu’il existe bien des liens entre la santé mentale et la consommation de stupéfiants. A cet effet, il a indiqué nombre de ses patients consomment du cannabis afin d’oublier leurs soucis ou encore accéder à un « confort ». « Or, poursuit-il, cette drogue contient du tétrahydrocannabinol qui crée le trouble de comportement chez la personne ». « Le consommateur se croit à l’aise. Il a l’insomnie. Il ne craint rien et il donne libre cours à ses actes » dont les injures et l’agressivité, nous explique Dr Sanou. Selon lui, le chômage, les mauvaises fréquentations expliquent, en partie, la consommation de drogue. S’exprimant sur ses patients qui consommaient des stupéfiants, à leur arrivée dans son cabinet de soins psychiatriques, le spécialiste en santé mentale a affirmé que sur dix à quinze consultations, en une semaine, il peut avoir deux toxicomanes ou consommateurs
Diéma : L’école de Dougoukolo Konaré se meurt
Par Ouka BA Diéma, 19 nov (AMAP) Dougoukolo Konaré, le père de l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, fut le premier directeur de l’école de Diéma, qu’il dirigea de 1935 à 1940. A l’époque, l’école était faite en pailles pour recevoir une minorité d’élèves dont les parents étaient contraints de les y inscrire. A partir de 1951, l’établissement a changé de physionomie avec la construction de six salles de classe en pierres. Bâtie sur une superficie d’un hectare, l’école est située aux abords de la route asphaltée qui mène au quartier Razel, non loin de la mare Lambakoré. Selon Yassa Konté, ancien député, qui a dirigé l’école de Dougoukolo Konaré pendant quatre ans, de 1994 à 1998, sa « construction n’a pas été de tout repos ». « Le transport des pierres, du sable, du gravier et autres matériaux était assuré par des gaillards. C’était une véritable corvée », dit-il, assis dans le vestibule du chef de village. Pour le recrutement des élèves, les carnets de famille permettaient de faire le recensement. Les filles, elles, en étaient épargnées. Chaque année, à l’ouverture des classes, le commandant ordonnait de recenser tous les enfants ayant atteint l’âge d’être scolarisé. « Toutes les familles se pliaient à cette décision. Chaque enfant était soumis à une visite médicale. Si la visite médicale révélait qu’un enfant est inapte, ses parents s’en réjouissaient. Leur souhait était que leur progéniture reste à leurs côtés pour les aider dans les travaux champêtres. L’idée d’école était rejetée par tous dans ce milieu, comme d’ailleurs partout », se souvient Yassa Konté. L’ancien député n’en finit pas de se désoler devant la démolition d’un pan de la véranda de l’école de Dougoukolo Konaré, vers son côté sud. « Quand j’ai été nommé directeur de cet établissement, dit-il, il y avait une véranda commune qui entourait les salles de classe. Cette partie de la véranda, qui a été cassée, empêchait les rayons de soleil de pénétrer dans les salles à une certaine heure de la journée », dit-il. Salihou Soukouna, professeur d’anglais à la retraite et ancien élève de cette école, se souvient des activités intenses de maraîchage qu’on y pratiquait. « La moitié de l’espace du jardin maraîcher était occupée par des arbres fruitiers. Chaque élève s’occupait de l’entretien d’une planche. Le jardin était approvisionné en eau à partir de la mare Lambakoré. Les recettes générées par cette activité étaient versées directement dans la caisse de la coopération de l’école », se remémore notre interlocuteur. Sur le tableau de succession accroché dans le bureau du directeur, il est mentionné que depuis 1935, dix-sept directeurs d’école se sont succédés. Selon l’actuel titulaire, Adama Togola, à partir de 1998, l’école qui était un cycle complet, a été scindée. Le premier cycle A et le premier cycle C. Le second cycle A et le second cycle C. Les six salles de classe de l’école de Dougoukolo Konaré sont devenues vétustes. Le toit conserve les mêmes tôles qui sont rouillées et détachées en plusieurs endroits par les intempéries. Le président du Comité de gestion scolaire de l’école fondamentale premier cycle A de la ville de Diéma, Bougary Konaté, soixante onze ans, est un ancien élève de l’école de Dougoukolo Konaré. « Quand je fréquentais cette école, Dougoukolo Konaré, n’était plus là. Il était parti pour Markala, dans la Région de Ségou, d’après ce que j’ai appris », dit Bougary. « Mon père était un ancien caporal de l’Armée. En 1963, il m’a inscrit à l’école. J’avais déjà dépassé l’âge de la scolarisation. La discipline était de rigueur dans notre école. Les élèves apprenaient sous le fouet que brandissait le maître d’école », a dit M. Konaté. « Le châtiment corporel était de rigueur. Si un élève commettait une faute grave, il était sérieusement corrigé. Et quand son père en était informé, il rudoyait, à son tour, l’enfant, comme si la punition infligée par le maître ne suffisait pas. L’enfant appartenait à toute la société. Tout le monde pouvait contribuer, à sa guise, à son éducation », se souvient-il. Et de regretter que « les choses ne soient plus comme avant : aujourd’hui, personne n’a le droit de porter la main sur un enfant d’autrui, encore moins de l’insulter ». « A mon avis, si nous sommes assaillis par ces nombreux problèmes aujourd’hui, c’est à cause surtout de la mauvaise éducation de nos enfants », dit-il. DE BONNE VOLONTÉS – Une ONG a financé la construction et l’équipement de trois salles de classe, une direction avec magasin et des blocs de latrine. La clôture de l’école et la réalisation du jardin d’enfants, situé à proximité, font partie du lot des réalisations de la même ONG caritative. L’association Kaarta Karalemou Kassoun Kahoo, de Mme Sokona Semega, a récemment procédé, sur fonds propres, à la restauration du sol des trois salles de classe de l’école, à la réfection des tableaux ainsi qu’à la réparation des portes et fenêtres. L’établissement scolaire est confronté à une insuffisance de tables-bancs et compte un effectif pléthorique d’élèves. Les élèves de la première année du premier cycle C, étudient en plein air, en attendant la confection d’un hangar de fortune. Il est temps, pensent certains, de baptiser, officiellement, l’établissement « Ecole Dougoukolo Konaré », en guise de reconnaissance à cet éminent instituteur qui a donné le meilleur de lui-même, souvent dans des conditions difficiles, pour inculquer son savoir aux plus petits. L’école de Dougoukolo Konaré a vu le jour, durant la période coloniale, quand rares étaient les parents qui acceptaient de conduire librement leur progéniture à l’école. Aller à « l’école des Blancs » était un signe de malédiction pour certains qui pensaient que c’était la pire des façons de transformer leurs enfants, d’en faire des « fainéants », des « bons à rien ». Cependant, l’école était une obligation pour tous. Personne ne pouvait y échapper. L’administration coloniale veillait scrupuleusement sur la scolarisation des enfants. Les parents les plus nantis donnaient les noms des enfants de leurs subordonnés, ceux placés sous leur autorité. L’école à leurs yeux n’avait aucun sens, aucune importance. Seul l’apprentissage du Coran, capable de sauver les âmes et le corps des feux de la géhenne, comptait pour nos ancêtres. Certains cachaient leurs enfants ou les faisaient fuir, pour échapper

