Dossier mouton de Tabaski: Les superstitions liées au bélier de sacrifice
Bamako, 07 juin (AMAP) La fête de Tabaski sera célébrée dans notre pays ce samedi 9 juillet. Ce sera la fête du mouton. Tous les croyants musulmans qui en ont les moyens se feront un devoir d’immoler un bélier. Celui-ci est entouré de nombreuses croyances populaires qui n’ont, pratiquement, rien à voir avec l’essence-même du dogme islamique malgré le syncrétisme avec quelques prières musulmanes. Nos amis et parents sénégalais sont réputés pour un certain penchant pour ces croyances aux allures païennes. Nous vous livrons un échantillon de ces histoires aussi drôles que rocambolesques pour chatouiller le sens de l’humour de nos lecteurs. Cela dit, il n’est pas à écarter que certains lecteurs pourraient être tentés de trouver là une source d’inspiration et se donner à cœur-joie à ces pratiques. Simple précision, nous dégageons toute responsabilité face à l’adhésion à certaines de ces pratiques mystiques sans fondement religieux ni même scientifique ! Nous devons ces extraits à PressAfrik, une agence de presse sénégalaise qui jouit d’une grande réputation. Nous avons retenu sept petites histoires que nous espérons, vous amuseront. USAGE SECONDAIRE DE LA CORDE SERVANT À ATTACHER LE MOUTON AVANT SON IMMOLATION De la même manière qu’elle aide à attacher le mouton et à le sécuriser, la corde est utilisée contre les maris infidèles qui délaissent le lit conjugal. Pour les célibataires, il n’y a pas plus efficace. Si vous voulez vous marier (homme et femme), prenez la corde avec laquelle on a attaché le mouton avant de l’immoler. Pour ce faire, il faut immoler le mouton le jour de la Tabaski. Puis, on fait sept nœuds en récitant sept Fatiha pour chaque nœud, soit 49 Fatiha. Ensuite, on prononce ses vœux, en l’occurrence celui de se marier. Enfin, on termine par une autre prière, trois Salatoul Fatiha. Si votre mari vous trompe aussi, procédez de la même manière. S’agissant des maris avares, attachez la corde au pied du lit. Certains marabouts et charlatans utilisent cette corde pour créer, dit-on, la discorde entre deux personnes ou dans un groupe. LES CORNES DU MOUTON SONT AUSSI TRÈS RÉPUTÉES POUR LEUR POUVOIR PSEUDO MAGIQUE Elles sont surtout utilisées pour avoir le pouvoir de neutraliser les vols. Il se dit que si on les met dans une boutique, tout voleur qui s’aventurera par-là s’endormira sur place, jusqu’à ce que le propriétaire vienne le surprendre. Pour avoir une protection contre les voleurs, il faut mettre le nid d’un oiseau de la famille des passereaux dans la corne du mouton de Tabaski et fermer celle-ci avec un morceau de savon ayant servi à laver une dépouille mortelle. Puis fermer la corne en récitant douze fois «Ayatoul koursiyou». Ainsi, votre boutique serait protégée contre les voleurs ; mieux, beaucoup de clients accourront vers votre lieu de vente. LA LANGUE Elle est utilisée contre le mauvais œil et la mauvaise langue (ou thiatt en wolof), pour l’entente dans une famille, si vous voulez que vos enfants réussissent et deviennent «quelqu’un» ou si vous voulez bénéficier des réussites de vos enfants. LA PEAU Souvent utilisée comme natte de prière, la peau du mouton cache d’autres secrets. En effet, nos ancêtres l’utilisaient pour aider un jeune couple à s’épanouir dans leur mariage et à faire qu’il reste soudé. Il vous suffit de l’étaler au sol. Placer sur la peau en guise de natte, les pattes du mouton, deux noix de cola (une blanche et une rouge). Enterrez le tout dans un endroit secret connu de vous seul. Vous pouvez la déterrer si vous voulez qu’elle soit mis fin à cette relation. Utilisez le même procédé si vous déménagez dans une nouvelle maison. Vous serez protégé contre les mauvais esprits hantant les lieux et les personnes mal intentionnées. En cas de contentieux sur la maison, les ennemis se tairont. Le chef de famille ainsi que les membres de la famille seront respectés. Elle est surtout utilisée pour faire du mal ou jeter un mauvais sort à quelqu’un. Les marabouts des lutteurs utilisent cette partie du mouton pour paralyser leur adversaire. Utilisée avec certains versets du Coran, elle peut rendre inaperçu ou «invisible» quelqu’un. Les bouchers ne la laissent jamais intact. Ils la détruisent toujours. LA BILE La bile est comme de l’acier contre les billets de banque : on l’utilise pour ceux qui ont des problèmes d’argent. Il y a beaucoup de personnes (salariés, ouvriers, commerçants, par exemple) qui n’arrivent pas à garder leur argent en poche. Il trouve toujours un prétexte pour le dépenser en quelques jours pour des choses inutiles. Il suffit d’écrire deux fois Fatiya et placer le résultat dans de l’eau, puis mélanger avec la bile ; enfin se nettoyer les mains avec le résultat. LE FOIE Le foie est utilisé pour les hommes ayant des problèmes urologiques comme la varicocèle, l’éjaculation précoce et l’augmentation du pénis. LES TESTICULES Les testicules sont très efficaces pour faire du mal (rendre l’homme impuissant sexuellement «en wolof, takk xala). Les charlatans les utilisent pour paralyser l’homme sexuellement. Ce dernier deviendra faible sexuellement ou éjaculera précocement. Histoires recueillies par Rokiatou TRAORÉ
Dossier mouton de Tabaski : Le pourquoi de la hausse des prix
Par N’Famoro KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Le «Chaba Terrain» à Lafiabougou, Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, est transformé momentanément en aire de vente de moutons. Ce marché grouille de monde, de jour comme de nuit, en cette veille de fête de Tabaski. Les vendeurs rivalisent d’adresse pour attirer les acheteurs. Ce 1er juillet, l’ambiance était morose mais le temps clément à cause de la pluie abondante de la veille qui avait arrosé la ville. À l’entrée du site, des vendeuses de fourrage bloquent le passage. Des feuilles d’arbres fraîches et d’arachide séchées sont étalées par terre. Les bêlements des bêtes sont assourdissants. Difficile d’accéder à l’aire de vente. Notre équipe de reportage a dû se frayer un chemin pour accéder à cette cour. Les visiteurs qui arrivent soupèsent du regard les troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres disséminés. Devant un troupeau de moutons, Abdoulaye Coulibaly discute avec un client du prix d’un bélier. Sans accord sur le prix, le potentiel acheteur prend congé du commerçant et se dirige vers un autre vendeur. À la question de savoir pourquoi le client s’est retiré, Abdoulaye Coulibaly explique que le marché de cette année est différent de celui des années précédentes, à cause du prix élevé de l’aliment bétail. Malgré cela, le quadragénaire se réjouit d’avoir vendu quelques têtes depuis son arrivée du village de Tatla, dans la Région de Ségou (Centre). Il ne précise pas le nombre exact de moutons vendus. Abdoulaye Coulibaly indique que le prix de ses animaux varie entre 60 000 et 150 000 Fcfa. À quelques mètres sous un petit hangar, Amadi N’Diaye est allongé et observe ses bêtes. Le regard sérieux, le natif de Banamba admet la morosité du marché. Contrairement au précédent interlocuteur, N’Diaye trouve que le marché est trop lent. En réponse aux clients qui leur font porter le chapeau de la cherté des bêtes, il justifie ce désagrément par plusieurs raisons. Notre interlocuteur explique que le sac de tourteau qui était vendu à 5 000 Fcfa, est aujourd’hui cédé à 17 500 Fcfa. Le son de maïs est vendu à 15 000 Fcfa le sac. L’année dernière, il était cédé à 2 500 Fcfa. N’Diaye dénonce les effets néfastes de l’homme sur la forêt rendant difficile l’alimentation des animaux. «Nous n’avons plus de pâturage à cause des feux de brousse. Nous sommes obligés d’acheter cette nourriture pour assurer la survie de nos ovins. Nous pouvons dépenser 500 000 Fcfa dans leur alimentation, sans compter le transport de notre village à Bamako», déplore-t-il. ATTAQUES RÉPÉTÉES – Selon Abdoulaye N’Diaye, le transport d’un mouton qui coûtait 500 Fcfa s’élève aujourd’hui à 3 000 Fcfa. À ces difficultés, il ajoute les tracasseries de certains agents des postes de contrôle qui exigent le paiement de 5 000 Fcfa au passage. Ces facteurs sont à l’origine de la hausse des prix. Cet habitué du marché du mouton de Tabaski compte 15 ans d’expérience dans cette activité. Abdoulaye vend cette année ses béliers entre 75 000 Fcfa et 300 000 Fcfa. Nous arrivons vers 11 heures, au «garbal» de Lafiabougou kôda, toujours en Commune IV du District de Bamako. Il est très animé. Les clients se promènent troupeau à troupeau, à la recherche du mouton de leur choix. Le vendeur Salif Belem est un natif du Cercle de Koro, dans la Région de Bandiagara (Centre). Il réside à Bamako depuis quelques années. Des propriétaires, de son village, lui envoient des animaux. L’homme au visage serein, qui s’apprêtait déjà pour la prière du vendredi, raconte son calvaire : «Nous sommes confrontés aux difficultés de transfert des animaux vers le Sud du pays. Les attaques sont régulièrement perpétrées par les terroristes contre les véhicules transportant les forains». Le vendeur Salif Belem, triste, raconte que les bandits confisquent les animaux et les biens. Et, souvent, il y a même mort d’hommes. À cause de la hausse du prix du carburant, les bêtes sont transportées à 4 000 Fcfa par tête. Par ailleurs, Salif Belem est nostalgique du marché fructueux des années passées. Il se souvient qu’autrefois, un client pouvait acheter 15 à 20 têtes en une seule fois. «Mais, cette année, nous avons du mal à avoir trois achats par jour», révèle le marchand de moutons, reconnaissant que les prix du bétail ont augmenté. «Tous les béliers qu’on pouvait acheter à 75 000 et 100 000 Fcfa sont aujourd’hui cédés à 125 000 voire 150 000 Fcfa», confie Salif. Il invite les clients à comprendre les motifs qui ont conduit à cette situation. Bourama Keïta habite Sébénicoro, Commune IV du District de Bamako. Il a déjà acheté deux béliers à Djicoroni-Para, respectivement, à 80 000 et 110 000 Fcfa. Il est heureux en déclarant : «J’ai eu mon choix et je n’ai pas de regret». Il est content d’avoir accompli son devoir de père de famille. NK/MD (AMAP)
Nioro : Lancement officiel du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle
Nioro, 6 juillet (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a procédé mardi à Nioro au lancement officiel du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour la période de 2022 (PNRà en donnant le départ de 3 camions chargés de vivres, destinés aux communes bénéficiaires de la Région de Nioro, a constaté l’AMAP. L’opération qui s’inscrit dans le cadre du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire porte sur 34.147 tonnes de produits alimentaires. Le geste symbolique du chef de l’État consacrait l’autorisation officielle de la distribution gratuite de 34.147 tonnes de céréales au profit de 1.191.772 personnes à travers l’ensemble du pays. L’opération a coûté plus de 17 milliards de Fcfa, dont 8,6 milliards de Fcfa mobilisés par le budget national et un peu plus de 8,6 milliards de Fcfa au titre d’indemnisation d’assurance risque saisonnière souscrite par l’État malien auprès de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, a révélé le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Aly, précisant que le besoin global est estimé à 64.000 tonnes. Le don est destiné aux Maliens qui auront besoin d’une assistance alimentaire et nutritionnelle entre juin et septembre. Cette période, comprise entre le début de la saison nouvelle et les prochaines récoltes, est considérée comme la période de soudure au cours de laquelle plus de 1,2 million de personnes seront en insécurité alimentaire très sévère et auront donc besoin d’une assistance alimentaire. L’évaluation définitive de la situation alimentaire et nutritionnelle par le Système d’alerte précoce du Cadre harmonisé, estime le gap à 30.000 tonnes. « Son financement qui est estimé à plus de 18 milliards de Fcfa, doit être recherché pour soulager la souffrance de nos compatriotes en détresse alimentaire et nutritionnelle », a indiqué le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire. Redouwane Ag Mohamed Aly a par ailleurs déclaré qu’en plus les dons en vivres, plus de 6.700 tonnes d’aliment bétail seront distribuées gratuitement ou vendues à prix modéré. Pour la Région de Nioro, 2.452 tonnes de céréales seront distribuées à 90.817 personnes, contre 500 tonnes d’aliments bétail qui seront offertes aux éleveurs de la région. Les capacités de résilience à l’insécurité alimentaire de cette circonscription administrative méritent d’être renforcées. Pour ce faire, a assuré indiqué le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, il est prévu la réhabilitation de points d’eau et la clôture de jardins potagers pour permettre aux femmes et aux jeunes de mieux produire notamment des produits agricoles et maraichers. A cela il est à ajouter la réhabilitation de quatre points d’eau, de huit points d’eau pastoraux… Toutefois, il est envisagé, en rapport avec le ministère de l’Économie et des Finances, la reconstitution du stock national de sécurité et de prévention d’État afin d’atteindre un niveau optimum respectivement de 35.000 et 25.000 tonnes. Le but est de disposer, « en tout temps, d’un stock suffisant », a- t-il précisé. À l’échelle nationale, près de 3 millions de personnes ont besoin d’appui dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la restauration des actifs productifs. Ils doivent également bénéficier d’activités génératrices de revenus afin de renforcer leurs capacités en moyen d’existence. Le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire a saisi l’occasion pour saluer la disponibilité des partenaires techniques et financiers qui ont toujours été aux côtés de notre pays dans le cadre du soutien à la lutte contre l’insécurité alimentaire. Il a également salué les États qui sont dans la dynamique d’appuyer le dispositif de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au cœurs du dispositif du CSA dans le cadre de leur soutien technique et financier, le chef de file des partenaires techniques et financiers a apprécié les progrès enregistrés sur le plan nutritionnel, notamment la réduction de la malnutrition aigüe dont la prévalence est passée de 13,3% en 2014 à 10% en 2021. Quant au retard de croissance des enfants de moins de 5 ans, s’est réjoui Bart Ouvry, la prévalence est passée de 28% en 2014 à 21% en 2021. Le diplomate européen a saisi l’opportunité pour rappeler qu’une aide alimentaire a été apportée, de janvier à mai 2022, à plus de 800.000 personnes, y compris près de 100.000 déplacés internes, ce qui représente, selon lui, 48% de la cible estimée à environ 1,8 millions de personnes. CMT/KM (AMAP)
Septentrion malien : Le trafic de carburant et autres produits de première nécessité en plein essor
Tombouctou, 5 juillet (AMAP) D’importantes quantités de carburant transitent nuitamment par Goundam (Nord) en direction du sud du Mali tous les jours, ce qui suscite beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion locale, a appris l’AMAP de source locale. Selon cette même source, avant on avait coutume de voir des citernes de carburant qui arrivent à Goundam pour des livraisons à certaines entités, notamment l’Energie du Mali (EDM SA), la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les Forces armées maliennes (FAMa). Aujourd’hui, nous assistons à un trafic intense de carburant dans des fûts chargés dans des camions, ou des véhicules tout terrain couverts de bâches ou à ciel ouvert, traversant la ville de Goundam pour le Sud et l’Ouest. Ces dizaines de camions et de véhicules 4×4 chargés de fûts de gaz-oil ou d’essence viennent d’e l’Algérie voisine malgré le contrôle strict des autorités des frontières menant dans les Régions de Gao et de Tombouctou (Nord). A partir de Tombouctou, des camions assurent le relais. Ceux venus de l’intérieur du pays, de retour, chargent les nombreux fûts de carburant à destination d’autres horizons. Aujourd’hui, ils sont nombreux les citoyens à s’interroger sur les destinations de ces cargaisons de carburant. D’autres pensent que ce trafic devait contribuer à atténuer la crise et éviter la flambée des prix de carburant mais hélas le litre d’essence a atteint les 1 000 Fcfa en ce mois de juin alors qu’il se vendait à 650 Fcfa. Par ailleurs, du côté de la Mauritanie il est constaté le mouvement de nombreux camions chargés de marchandises, de produits de premières nécessité, en direction de Tombouctou. Ces marchandises sont aussitôt transférées dans d’autres camions et petits véhicules pour de nouvelles destinations au lieu d’être vendues sur le marché local en vue de contribuer à la stabilisation des prix et atténuer à la souffrance des populations. Cette situation constitue une grande perte pour l’économie u Mali, de l’avis de nombreux observateurs qui pensent que cela ne profite qu’à une poignée d’individus. AT/KM (AMAP)
Levée des sanctions de la CEDEAO : Soulagement au Mali
Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 04 juil (AMAP) Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, réunis, dimanche, Accra au Ghana, ont levé les sanctions économiques et financières imposées au Mali, depuis le 9 janvier 2022 . «Sage décision», se réjouissent nombre de nos concitoyens sur les réseaux sociaux. Les Maliens n’en espéraient pas moins de cet énième sommet qui s’est tenu après que les autorités de la Transition ont donné suffisamment de gages : publication du chronogramme des réformes politiques et institutionnelles et celui des élections, adoption d’une nouvelle loi électorale, mise en place de l’équipe en charge de l’adoption d’une nouvelle constitution… Ces actes ont certainement orienté la décision des dirigeants ouest-africains, qui ne demandaient plus que des «éléments complémentaires» concernant les chronogrammes proposés. Ce sommet est intervenu, aussi, alors que les autorités de la Transition ont convaincu de leur intention de faire participer les acteurs politiques et de la société civile aux actions visant à conduire le pays vers l’ordre constitutionnel normal. L’inclusivité et la recherche du consensus ont été érigées en principes. La classe politique et la société civile, dont une partie s’offusquait de l’absence de concertation, sont désormais au parfum de ce qui est envisagé en matière de réformes (politiques et institutionnelles) et d’élections. Le succès de la réunion de relance du Cadre de concertation national augure une réelle implication des uns et des autres pour la réussite des différents processus. NORMALISATION – L’issue du sommet de dimanche marque le début de la normalisation de nos rapports avec cette organisation qui aura tout tenté pour faire plier les autorités de la Transition. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a fait de nombreux aller-retour à Bamako – son dernier séjour remonte aux 23 et 24 juin derniers – pour trouver un compromis. Les chefs d’Etat ont plusieurs fois évoqué le sujet et préconisé des solutions qui ne rencontraient pas l’adhésion des autorités maliennes et d’une bonne frange de nos concitoyens. Agacés, ils avaient, lors du sommet du sommet du 9 janvier 2022, imposé des sanctions économiques et financières au Mali. Ces sanctions avaient été maintenues à l’issue des sommets du 25 mars et du 4 juin. La reconduction des sanctions à l’issue du sommet du 4 juin dernier fut une véritable douche froide pour les Maliens. L’entrée en scène du président togolais, Faure Gnassingbé, à la demande du Mali pour jouer les médiateurs, avait fait naître un certain espoir sur les rives du Djoliba. De nombreux observateurs avaient tablé sur une levée des sanctions. Patatras ! Les dirigeants ouest-africains ont jugé bon de repousser l’échéance à un mois plus tard, le temps d’obtenir plus de gages de la part de nos autorités. Le rendez-vous manqué du 4 juin n’a pas empêché les autorités maliennes de continuer à travailler à convaincre de leur bonne foi. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a mené un travail diplomatique efficace pour faire comprendre à nos partenaires étrangers que l’intention des autorités maliennes n’est nullement d’isoler le pays. De con côté, le président Faure Gnassingbé a poursuivi aussi son effort pour soutenir le dialogue avec la CEDEAO et l’ensemble de la communauté internationale. Son «action discrète et efficace» a été saluée, il y a un mois, par le chef de la diplomatie malienne. RESILIENCE – La levée des sanctions intervient alors que notre économie et celles de nos voisins immédiats ont beaucoup souffert de l’interruption des relations économiques, financières et commerciales. Notre économie a plié mais n’a pas rompu. Le pays a affiché une résilience étonnante. L’Etat a continué à assurer son rôle régalien même si les restrictions budgétaires ont affecté les activités de nombreux services publics. Le pays n’a pas souffert de pénuries de produits de grande consommation dont les prix ont tout de même pris l’ascenseur. Pourtant peu d’observateurs donnaient plus de trois mois pour voir notre économie totalement sur les rotules du fait de ces sanctions que les autorités maliennes ont qualifiées d’« illégales, illégitimes et inhumaines ». Il reste à appliquer des mesures idoines pour faire redémarrer des pans entiers de l’activité économique atteints par le marasme créé par l’embargo. Ceci est un impératif pour les autorités car les citoyens attendent une baisse des prix de certains produits de grande consommation. Les opérateurs économiques s’attendent à des facilités pour leur permettre de relancer leurs affaires. Beaucoup ont subi des pertes sèches du fait du blocage de leurs cargaisons de produits importés dans les ports de Dakar et d’Abidjan. La levée des sanctions est une très bonne nouvelle pour cette catégorie d’hommes d’affaires. ID/MD (AMAP)
26è édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) : La réception des dossiers commence ce vendredi
Bamako, 1er juin (AMAP) La réception des dossiers pour la 26è session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) début ce, vendredi 1er juillet jusqu’au 30 septembre prochain au bureau du Médiateur de la République, a annoncé, jeudi, a Médiatrice, Mme Sanogo Aminata Mallé, au cours d’une rencontre avec la presse dans le cadre du lancement des activités de cette session, au siège de l’institution. Les citoyens peuvent, aussi, déposer leurs interpellations auprès des délégations territoriales du Médiateur de la République dans les capitales régionales et dans les ambassades du Mali à l’étranger. Institué par le décret n°96-159/P-RM du 31 mai 1996, modifié, le forum annuel dénommé «Espace d’interpellation démocratique » offre un cadre d’échanges dynamiques au cours duquel, les ministres sont interpellés par des citoyens sur des questions qui relèvent de la bonne gouvernance, en matière de droits et libertés publiques. Dans son intervention, Mme Sanogo a rappelé les dispositions de l’article 16 du règlement intérieur relatives à la préparation des sessions de l’EID. Selon cet article, «six mois avant la tenue de la session de l’EID, le Médiateur de la République informe le public par les moyens de communication appropriés, sur les objectifs et les modalités de participation aux travaux de ladite session ». Elle a, ensuite, souligné que l’organisation de l’EID a été confiée au service du Médiateur de la République depuis 2012. En tant que forum annuel, l’EID a pour objet d’informer les opinions publiques nationales et internationales, sur l’état des droits de l’Homme, de contribuer de manière pédagogique à la réalisation d’une culture démocratique nationale. Mais aussi, impulser de façon significative la politique de promotion et de protection des droits et libertés des citoyens. Pour sa part, le Secrétaire permanent de l’EID, Amadou Diallo, a présenté la situation des interpellations de la 25è session. Il ressort du document qu’au total, la commission préparatoire a statué et délibéré sur 280 dossiers d’interpellations reçus qui ont été classés en trois catégories. Sur ce nombre, 206 interpellations ont été retenues soit 73,57%, avec 178 dossiers traités sur lesquels, 53 ont été retenus pour lecture et 153 pour suite à donner. Ce qui fait un taux global de réalisation de 86,40%. M. Diallo a indiqué que l’ensemble des recommandations du jury d’honneur de la 25è session ont fait l’objet d’un relevé qui a été transmis à tous les départements ministériels concernés afin qu’ils puissent donner des suites. Le Médiateur de la République est un recours pour le citoyen et un conseil pour l’administration. Ainsi, il entend demeurer une institution crédible de consolidation de l’Etat de droit afin de promouvoir la transparence, l’équité, la bonne gouvernance et la satisfaction des usagers du service public. AT/MD (AMAP)
Stratégie nationale du secteur de la sécurité : Une approche participative autour du plan d’actions
Bamako, 1er juin (AMAP) Le Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité (CRSS), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a organisé, jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) un atelier national sur le thème : «Appropriation de la stratégie de la réforme du secteur de la sécurité et son plan d’actions 2022-2024.» Les participants à la session étaient composés de représentants de l’Etat, de la justice, des forces armées, des services para militaires, des collectivités territoriales, des organisations féminines et de jeunes, des associations traditionnelles, des universitaires et des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de brigade Daoud Aly Mohammedine, en présence du Commissaire à la réforme du secteur de la sécurité, le général de division Abdoulaye Coulibaly. L’objectif visé à travers cet atelier est de promouvoir l’appropriation nationale du processus de la réforme du secteur de la sécurité, en mettant en relief les éléments nécessaires pour une collaboration optimale entre les parties prenantes des services de défense, de sécurité et de justice. Il s’agit également de clarifier les activités de résilience des populations face à l’insécurité. Le décret n°2022-0208/PT-RM du 4 avril 2022, portant sur la stratégie de la réforme du secteur de la sécurité a été adopté par le gouvernement de la Transition en vue de mettre en œuvre la vision politique et les priorités en la matière. C’est pourquoi, le ministre Mohammedine a dit que « cette règlementation constitue désormais un cadre de référence pour notre pays ». « Cette réforme vise à rendre plus efficaces et responsables la prestation, le contrôle et la gestion des services de sécurité, a expliqué Daoud Aly Mohammedine avant d’ajouter qu’elle consiste à améliorer à la fois la sécurité de l’Etat et la sécurité humaine. Le chef du département de la Sécurité a, également, fait savoir que l’environnement institutionnel de la RSS a été consolidé par le lancement, au niveau régional, des comités consultatifs de sécurité. Toute chose qui porte sur la mise en place d’un dispositif sécuritaire innovant axé sur l’approche participative, afin de susciter l’adhésion et l’accompagnement des différents acteurs. La représentante des partenaires techniques et financiers, Mme Maïmouna Ouédraogo, a indiqué que la coopération avec le Mali a pour but de surmonter les défis sécuritaires. Pour elle, ce soutien se traduit en matière de gouvernance du secteur de la sécurité, de réalisation d’infrastructures de sécurité, de formation et de l’établissement des relations de confiance entre les parties prenantes de la sécurité. Les échanges des participants porteront, entre autres, sur l’interaction entre sécurité-développement, justice-sécurité et genre-sécurité. Ils procéderont, aussi, à l’analyse diagnostique du domaine de la sécurité, sa vision, son schéma de communication et ses mécanismes de mobilisation des ressources. NK/MD (AMAP)
Ségou : Mouton de Tabaski attend clients, désespérément
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 1er juil (AMAP) Le Mali, à l’instar de la communauté musulmane, s’apprête à fêter l’Aïd el-Kébir, l’une des plus importantes fête de l’islam. La présence de vendeurs ambulants de bétail dans les rues, fait sentir déjà l’atmosphère de fête dans la capitale des balanzans, Ségou. Certains vendeurs ont, simplement, assiégé les alentours de la route l’An 2000, attendant en vain des preneurs. A Ségou, les différents marchés à bétail que nous avons sillonnés, sont approvisionnés même si les clients se font toujours attendre, d’après plusieurs vendeurs. En cette matinée peu ensoleillée, Oumar Diallo se promène dans les environs de l’hôpital Nianancoro Fomba avec une dizaine de béliers. Quelques bêtes récalcitrantes ne lui facilitent pas la tâche sur cette voie fréquentée par les charretiers. Notre véhicule de reportage se gare non loin du troupeau. Le quadragénaire se précipite vers nous, laissant le soin à son fils de surveiller ses bêtes. «Approchez, j’ai de gros béliers. Venez apprécier vous-mêmes. Celui-là, je le cède à 200 000 Fcfa mais on peut marchander. Si vous trouvez ce prix cher, il y en a également pour 160 000 Fcfa. Le dernier prix, c’est 125 000 Fcfa », dit-il en essayant de nous convaincre. Nous jugeons ses prix élevés. Le vendeur estime que le mouton, cette année, est plus abordable que l’année dernière : « L’année dernière, en cette période, il fallait débourser plus pour trouver des béliers du même gabarit. Nous ne cherchons pas beaucoup de bénéfice cette année, vu la situation qui prévaut dans le pays », assure-t-il. Un quinquagénaire de passage se joint à notre conversation. Il se renseigne sur les prix et n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Les moutons sont chers dans la ville de Ségou. Il faut aller dans les villages voisins pour acheter sa bête. C’est là-bas que ces vendeurs s’approvisionnent pour nous revendre plus chers. Chaque année, je vais au marché de Konodimini pour acheter mon mouton de sacrifice », explique cet enseignant. Plus loin, Abdoulaye Konta, un vendeur de bétail a élu domicile aux alentours de la voie l’An 2000. Une manière d’attirer les usagers de cette voie principale. Il est occupé au téléphone. « Je t’envoies tout de suite les images. S’ils te conviennent ,dès demain je les envoies par le premier car à destination de Bamako », assure-t-il à un client de la capitale, au bout du fil. A peine, a-t-il décroché qu’il se dirige vers nous. « Vous avez besoin de bélier ? Faites votre choix. On tombera d’accord sur le prix. Je cède mes bêtes entre 72 500 Fcfa et 252 500 Fcfa », nous informe-t-il. Konta fait ce commerce avec son grand frère depuis plus de 20 ans. « Nous achetons notre bétail lors des marchés hebdomadaires des villages environnants, notamment Niono, Dougabougou, Séribala, Boussain, Gara, Ntona, Konodimini », explique-t-il. Il juge que les prix ne sont pas trop élevés cette année. Mais se plaint de la rareté des clients. « Par jour, nous vendons une ou deux bêtes. Beaucoup de clients se limitent à se renseigner sur les prix. Mais l’espoir est permis. D’ici à la fin de la semaine, nous espérons faire beaucoup de ventes », dit-il. Oumar Traoré, vendeur de bétails au marché à bétail de Médine, lui aussi, espère que la semaine prochaine, les ventes s’accéléreront. Se désolant de l’absence de clients, il soutient : « Souvent, on peut passer une journée sans vendre la moindre tête. Même hier ça a été mon cas ». Cela est-il dû à la cherté des prix ? Pour lui, les prix ne sont pas élevés. Il explique que beaucoup de clients attendent la dernière minute pour acheter leur mouton de sacrifice. Egalement, avec la situation qui prévaut dans le pays, beaucoup n’ont pas d’argent. Ici, au marché à bétail de Médine, les prix oscillent entre 65 000 et 125 000 Fcfa. Quelques rares béliers qui ont de l’embonpoint coûtent entre 300 000 et 350 000 Fcfa. A côté de l’échangeur, se dresse le grand marché à bétail de Ségou. Le site compte plus d’une soixantaine de vendeurs. Samedi dernier, notre équipe de reportage y a fait un tour. Mamadou Tangara, un client se promenait d’un vendeur à un autre, pour se faire une idée des prix. Pendant que des vendeurs essaient de le convaincre à l’achat. « Vraiment, je trouve que les prix sont élevés. Les vendeurs parlent de 75 000 Fcfa mais je pense que pour avoir un bon bélier il faut débourser à partir de 125 000 Fcfa », nous a-t-il indiqué. Aguibou Dagnon, un vendeur met en avant quelques difficultés auxquelles les vendeurs font face cette année, notamment le coût élevé de l’aliment bétail, l’insécurité, la hausse du prix du carburant : « Nous partons dans les différents marchés hebdomadaires à Fangasso, Dougabougou, Fatiéna, Gara pour acheter nos animaux. Les frais de transport d’une tête coûtait entre 250 et 500 Fcfa. Aujourd’hui, c’est entre 1 000 Fcfa et 1 500 Fcfa », dit notre interlocuteur. Il ajoute acheter le sac de 50kgs de tourteau à 175 000 Fcfa et le son à 8 000 Fcfa ». « Egalement, on a dû renoncer a nous rendre en certains endroits, à cause de l’insécurité. Or, on trouvait le bétail moins chers sur ces sites là », détaille-t-il. Et de souligner que nonobstant ces difficultés, les prix à leur niveau oscillent entre 75 000 Fcfa et 300 000 Fcfa. « Le marché est bien approvisionné, comme vous pouvez le constater. Les bêtes sont bien nourries. Mais, pour le moment il n’y a pas de vente. Les clients se font rares», déplore-t-il. Lui et ses collègues misent sur la semaine de la fête pour écouler plus de bêtes. ADS/MD (AMAP)
Campagne agricole à Sikasso (Sud) : L’équation de l’engrais chimique subventionné
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 30 juin (AMAP) L’hivernage a commencé à s’installer à Sikasso, dans la cCité verte du Kénédougou. La campagne agricole a débuté au mois de mai et prendra fin en octobre. Quant à l’installation des cultures, elle a également démarré au mois de mai. Cependant, les producteurs ne réunissent pas tous les facteurs de production au nombre desquels l’engrais subventionné. Les paysans sont attachés aux engrais minéraux pour leurs effets fertilisants évidents. Mais il se trouve que ces derniers ne sont pas disponibles en quantité suffisante. L’alternative des engrais organiques ne les enchante pas beaucoup. En effet, les producteurs se plaignent de l’insuffisance de la quantité d’engrais chimiques subventionnée. Comme le dit la sagesse rurale, « l’hivernage une fois amorcé n’attend pas ». Certains paysans sont contraints de recourir aux engrais organiques pour fertiliser leurs parcelles. Mais cette « solution palliative » selon eux, n’est pas aussi rapide et efficace que les effets des engrais chimiques. «Hier (Ndlr, mercredi dernier) tout près, j’ai été obligé d’acheter 4 sacs d’engrais chimiques (urée) pour une somme de 152.000 Fcfa, soit 38.000 Fcfa le sac à cause de l’insuffisance d’engrais subventionnés. Je ne suis même pas sûr que cela suffira pour mon champ», se désole Hamidou Ballo, cultivateur au village de Bamadougou. Il a ajouté que lors de la campagne précédente, il avait également utilisé de l’engrais organique dans son champ de maïs pour près de 100.000 Fcfa. «Je n’ai même pas pu récolter 1 hectare de maïs. C’était vraiment décevant. On ne sait plus que faire pour enrichir nos sols en vue d’un bon rendement de nos champs», se plaint Ballo. Mamadou Sanogo de Danderesso se voit obligé de se rabattre sur l’engrais organique. «J’ai tout récemment commandé une benne d’engrais organique pour mon champ de 5 hectares », a-t-il dit. Comme alternative, Mamadou Sanogo envisage de mélanger les graines de coton aux matières fécales. Ce qui, selon sa propre conviction, ferait de l’engrais de bonne qualité. Le chef de la division conseil et vulgarisation agricole de la direction régionale de l’agriculture (DRA), Aboubacar Traoré, conseille l’utilisation des matières fécales dans les champs. « Ces dernières, selon lui, ne doivent pas avoir d’impacts négatifs sur les cultures vivrières car les plantes absorbent les éléments nutritifs tels que le calcium, le potassium, le magnésium et le phosphore ». Il invite les producteurs à privilégier les cultures intensives, d’une part et, d’autre part, à s’adapter à l’utilisation des engrais organiques, notamment le compostage dans les champs. Djibril Mariko et Chaka Konaté sont tous fournisseurs d’engrais au grand marché de Sikasso. Ils évoluent dans le domaine depuis plus de 30 à 40 ans. Ils confirment que la présente campagne a débuté avec des difficultés d’accès à l’engrais chimique. «Cette année, mes fournisseurs sont en train d’approvisionner la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Cette situation a affecté mes commandes», explique Chaka Konaté. Toutefois, a-t-il souligné, il ne vend pas les engrais subventionnés. «J’ai arrêté la vente des engrais subventionnés depuis 2017, car l’Etat tardait trop à payer mon argent», raconte-t-il. Siriman Théra est l’un des clients fidèles de Chaka Koné. Il était venu acheter deux sacs d’urée. «L’accès à l’engrais chimique subventionné est très difficile cette année. Chaque fois que je me rends à la DRA, on me fait faire des aller et retour», se plaint-il. Nous avons approché la direction régionale de l’agriculture pour en savoir davantage sur la disponibilité des engrais subventionnés. Le chef du bureau statistique et suivi évaluation de la DRA, Moussa Dembélé a expliqué que l’Etat a mis à la disposition de la Région de Sikasso (Cercles de Sikasso et de Kadiolo) 16.456 tonnes d’engrais subventionnés. Sur cette quantité, le Cercle de Sikasso dispose de 1.139 tonnes d’engrais chimiques, 11.200 tonnes d’engrais organiques, 8 tonnes de bio stimulant et 16 tonnes de semences pour le maïs hybride. Cette prévision ne représente que 11% des besoins exprimés par la région. « 90% des engrais subventionnés pour la Région de Sikasso sont constitués d’engrais organiques industriels et les 10% l’engrais minéral », précise Moussa Dembélé. Rappelons que le prix subventionné de l’engrais minéral est de 12.500 Fcfa le sac de 50 kg. Le prix du complexe céréales non subventionné varie entre 31.000 et 37.750 Fcfa. Selon le chef Secteur Agriculture de la DRA, Bréhima Keita, l’affluence au niveau de la distribution de l’engrais est très timide. «Du début des opérations de distribution (le 8 juin dernier) à aujourd’hui, nous n’avons enregistré que 600 producteurs», raconte-t-il. Toutefois, a fait remarquer le technicien, les producteurs ne sont guère enthousiastes à se procurer de l’engrais organique disponible dans nos magasins. Ils assurent toujours qu’ils en ont déjà et tournent le dos. Ils préfèrent nettement les engrais chimiques aux organiques. Or, il se trouve que la quantité d’engrais organiques subventionnés est supérieure à celle de l’engrais chimique. Par ailleurs, la distribution de l’engrais chimique subventionné n’a pas démarré car beaucoup de fournisseurs ne se sont pas encore engagés dans le processus de subvention. « L’insuffisance de la quantité de l’engrais minéral subventionné est due à sa cherté sur le marché international », argumente le technicien. Mais d’ores et déjà, l’hivernage presse et les producteurs sont bien obligés de faire face aux besoins de fertilisation de leurs parcelles. A défaut d’engrais chimiques subventionnés en grande quantité, la seule alternative qui s’offre, dans l’immédiat, est l’engrais organique pour satisfaire les besoins de leurs plantes. MFD/MD (AMAP)
Des données mesurables et réalistes, indispensables à une meilleure gouvernance de la migration (Ministre malien)
Bamako, 30 juin (AMAP) « Il est impossible d’avoir une meilleure gouvernance des migrations sans des données mesurables et réalistes », a déclaré, mardi dernier, le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene, qui a présidé l’ouverture, à Bamako, des travaux de l’atelier de présentation des conclusions de deux études de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies sur la migration. En présence de la représentante de la CEA des Nations unies sur la migration, Sarah Boukri et de nombreux autres invités, le ministre Ag Ilyene a révélé, que « dans le nouveau plan d’actions de la Politique nationale de migration (PONAM), un focus important a été mis sur la question des données migratoires », ajoutant qu’en absence de données fiables, la planification devient difficile, voire hasardeuse. Cette rencontre de trois jours était destinée à présenter les conclusions des deux études relatives aux statistiques nationales migratoires et à la reconnaissance des compétences des migrants au Mali, a été suivie des ateliers de renforcement de capacités des acteurs pour mieux outiller les praticiens sur la migration. Parlant des deux études, le ministre malien a indiqué qu’elles s’inscrivent respectivement dans la mise en œuvre de l’objectif 1 du pacte mondial pour les migrations, intitulé «Collecter et utiliser des données précises et ventilées qui serviront à l’élaboration de politiques fondées sur la connaissance des faits». Et l’objectif 18, intitulé «Investir dans le perfectionnement des compétences et faciliter la reconnaissance mutuelle des aptitudes, qualifications et compétences» « L’adoption du document du Pacte mondial pour les migrations sûres, ordonnées et régulières en décembre 2018 à Marrakech au Maroc par la conférence intergouvernementale des Nations unies constitue une avancée significative dans la recherche de solutions durables au niveau mondial face aux défis migratoires de plus en plus croissants et multiformes », a rappelé le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine. Selon Alhamdou Ag Ilyene, le Mali salue cette adoption et s’est pleinement engagé dans sa mise en œuvre à travers l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action national en cohérence avec les axes stratégiques de la PONAM. « Cette initiative de la CEA, a-t-il souligné, réconforte notre pays dans son engagement pour la mise en œuvre du Pacte de façon spécifique et plus globale pour une meilleure gouvernance des migrations ». . De son côté, la représentante de la CEA des Nations unies a mis l’accent sur le nombre de migrants internationaux dans le monde qui est estimé à 281 millions en 2020, soit 3,6 % de la population mondiale dont 36 millions d’Africains. Ce qui fait dire à Sarah Boukri que sur ce dernier chiffre, 80% se déplacent à l’intérieur du continent. Ce qui nous amène au fait avéré qu’il n’y a que 7 millions de personnes qui quittent l’Afrique pour le reste du monde dont 1,5% de manière irrégulière. Elle a fait noter que le Mali est un pays de départ et devient, de plus en plus, un espace de transit et de destination. De 1987-1998, il y a eu une diminution relative des taux de migration et une augmentation de l’arrivée de populations étrangères au Mali. MK/MD (AMAP)

