Ecole militaire interarmes (EMIA) : Les 68 officiers de la 44è promotion prêts à servir
Envoyés spéciaux Bembablin DOUMBIA Habib KOUYATE Bamako, 18 juil (AMAP) La 44è promotion de l’Ecole militaire interarmes (EMIA), qui compte 68 officiers dont 56 nationaux et 12 étrangers, est sortie vendredi dernier, lors d’une cérémonie à la place d’armes du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, près de Bamako. Sur les 56 officiers maliens, 8 sont des personnels féminins. Au terme de deux années d’intense formation, ces stagiaires ont acquis les savoirs de base nécessaires et indispensables pour servir dans les forces armées et de sécurité, comme leaders de contact. Ils ont, également, atteint un niveau opérationnel «satisfaisant» pour se hisser à hauteur de mission afin de commander une section d’infanterie motorisée en temps de paix, de conflit ou de crise. La 44è promotion de l’EMIA porte le nom de « l’équipage du Super Tucano TZ04C ». Il s’agit du commandant Moussa Maïga et du lieutenant Mamadou Boubacar Traoré décédés suite au crash de l’avion de chasse Super Tucano TZ04C, survenu le 07 avril 2020 à Sévaré (Centre). Alors qu’ils revenaient d’une mission commandée dans la zone de Tombouctou (Nord). Selon le commandant de l’EMIA, le colonel Joachim Famagan Cissoko, en choisissant comme parrains les membres de l’équipage du Super Tucano TZ04C, le président de la Transition « vient, une fois de plus, d’illustrer son engagement à galvaniser les troupes pour le sacrifice ultime ». NOUVELLE POSTURE – Le major de la 44è promotion de la prestigieuse école est le Malien. le sous-lieutenant Alhousseini Maïga, avec une moyenne de 17,22/20. La cérémonie a été marquée par la remise des sabres et des épaulettes aux stagiaires. Ces derniers ont, également, prêté serment devant le drapeau national et le chef suprême des Armées, notamment de servir la patrie avec loyauté, dévouement et honneur. Pour le chef d’état-major général des Armées, le général de division Oumar Diarra, l’évolution de la situation socio-politique et sécuritaire exige des Forces armées maliennes (FAMa) « d’adopter une nouvelle posture qui leur permettra de couvrir l’ensemble du territoire national et de sécuriser les différentes élections à venir ». « C’est dans cet esprit que j’ai décidé de fixer un cap renouvelé aux armées et services tout en réaffirmant, avec force, les principes qui garantissent leur efficacité», a déclaré le général Diarra. Ajoutant que les états-majors et directions de services ont reçu un nouveau contrat opérationnel pour parvenir à ce résultat. L’officier général a, en outre, réitéré l’engagement des forces armées et de sécurité à poursuivre les efforts en cours afin d’apporter la paix et la sécurité au peuple malien. Mais aussi à tous «ceux qui vivent parmi nous sur l’ensemble du territoire national, même au prix de leurs vies s’il le faut» Au terme de la cérémonie, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a, devant la presse, félicité les stagiaires pour avoir accompli cette formation initiale dont l’objectif principal est « de les préparer à l’exercice du commandement, conformément à la réalité du terrain ». D’après le colonel Assimi Goïta, aujourd’hui, le terrain est dominé par les opérations offensives terrestres et aériennes contre les groupes terroristes. « Donc, a-t-il poursuivi, ces officiers fraichement sortis de l’école auront l’opportunité de mettre en pratique leurs savoir-faire tactique et technique pour la réussite de leur mission ». Aussi, le chef de l’Etat a-t-il invité les stagiaires « à rester fidèles à leur serment d’officier. Mais, aussi, d’être à l’écoute des conseils des «aînés» et d’avoir le souci constant des «subordonnés» qui seront désormais le fer de lance de toutes les opérations qu’ils auront à mener sur le théâtre des opérations. Le chef suprême des Armées a, également, rendu un vibrant hommage aux deux parrains de la promotion. Avant de demander aux promus de défendre toutes les valeurs qui ont marqué la vie de ces derniers, notamment la loyauté, le dévouement et le sacrifice suprême. En souvenir de la bravoure et du professionnalisme des deux aviateurs militaires disparus, un Super Tucano a survolé la place d’armes de l’Emia de Koulikoro pendant la cérémonie de sortie. L’évènement a été présidé par le président de la Transition, chef suprême des Armées, le colonel Assailli Goïta, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition, le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. On notait également la présence de la hiérarchie militaire, des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, des parents et proches des officiers stagiaires. BD/MD (AMAP)
Macina : Rencontre d’informations sur la vie de la nation
Macina le 15 Juillet (AMAP) Le Préfet de Cercle Albaraka Ag Amarizag a présidé jeudi à Macina une importante rencontre d’information sur l’état de la Nation, a constaté l’AMAP. C’était en présence des chefs de village, des conseillers, des représentants des Jeunes, des femmes, des leaders religieux et coutumiers, de la société civile et les chasseurs. Le chef de l’exécutif local dans ses propos liminaires a abordé la levée de l’embargo injustement imposée au Mali, l’ouverture des frontières, les dispositions prises sur la mise en marche des réformes institutionnelles (Loi électorale, l’élaboration de la nouvelle constitution, les élections générales). Il a également donné des informations sur les attributions, les rôles et responsabilités des chefs de villages, le retour de la paix, le vivre ensemble et la cohésion sociale. Tous ces sujets ont été l’objet d’échanges entre les participants afin qu’ils comprennent davantage ces questions qui constituent de nos jours des préoccupations majeurs dans notre pays. Compte tenu de la situation de crise multidimensionnelle que vit notre pays depuis une décennie, le Préfet a invité la population à collaborer avec nos Forces de Défense et de Sécurité en fournissant des renseignements fiables à temps réel, sur toute personne suspecte. Il a également invité les populations à la vigilance, à la prudence et à la sérénité compte tenu du contexte dans lequel nous vivons, caractérisé fondamentalement par l’insécurité. La rencontre a pris fin par des prières et des bénédictions de l’Iman Lassane Kalapo afin que notre pays retrouve la paix, la quiétude et la cohésion sociale. AOK/KM (AMAP)
Pêche collective dans le Mandé : Un grand rituel
Par N’Famoro KEITA Bamako, 14 juin (AMAP) Au Mandé, dans une zone située à cheval entre le Mali et la Guinée, la pêche collective est un rendez-vous immanquable. Elle mobilise toutes les tranches d’âge avec des outils de pêche modernes et rudimentaires. Certains pêcheurs sont munis de paniers (soussou) en manding, de harpons (massaka). D’autres se contentent simplement d’utiliser de vieux sacs de céréale vides, des baignoires voire des bidons. Tous y viennent dans l’espoir de réaliser une bonne pêche. Au Mandé, tous les villages riverains du fleuve Niger (ou presque) disposent d’un ou de plusieurs mares destinées à la pêche collective. À l’occasion, le village hôte invite les voisins à prendre part à ce rituel. Les invitations sont envoyées une semaine avant le grand jour déterminé en fonction des mares et des considérations locales. La pêche collective qui est profondément ancrée dans les pratiques est un vecteur de paix et de cohésion sociale entre les communautés. Elle est perçue comme ce facteur de renforcement de la paix et de la cohésion sociale entre les communautés. Cet événement mobilise toutes les tranches d’âge. GRANDE MOBILISATION – Nous sommes un lundi du mois d’avril. La Commune de Nouga (dans le Cercle de Kangaba), à environ 4 km du territoire guinéen, lance sa saison de pêche collective. Tôt le matin, les pêcheurs préparent les filets et autres pièges à jeter dans les eaux de la mare, située à près de 3km du village. Ils arrivent, en grand nombre, à pied, dans des charrettes à traction animale, mais aussi sur des motos et des vélos. Les sentiers menant à la mare grouillent de monde. C’est la grande mobilisation autour de cette activité de pêche. Tous sont prêts et attendent le coup d’envoi de ce rituel, parce que tant que les autorités coutumières ne donnent pas le top départ, personne n’a le droit de pêcher dans la mare. En attendant, les pêcheurs amassés autour de la mare, affutent leurs outils. Quelques instants après, le clap de départ est donné. On entend des cris de joie : «an ka ta», on y va, en français. Sur ces entrefaites, on aperçoit une personne se dirigeant avec son filet au milieu de l’eau, c’est le libérateur du jour. Il plonge son filet dans l’eau, et tout d’un coup la mare est envahie par de nombreux pécheurs. Chacun y va de sa «science» de la pêche pour avoir une bonne collecte. Dans un brouhaha général, on se bouscule et s’invective parfois. Certains lancent des «i bô n’a jô kônô», prosaïquement retire toi de mon périmètre. À ce stade, la panique s’empare de la faune aquatique qui s’y trouve, car au-delà du poisson, il y a d’autres espèces qui y vivent. GROS SILURE – Quand un gros poisson est pris dans les mailles d’un filet, dans un piège, on s’extasie. Mme Hawa Magassouba, la trentenaire, trébuche dans l’eau et aperçoit un gros silure dans les mailles de son filet de pêche. Elle appelle à l’aide pour ne pas perdre cette grosse prise. Avec l’aide d’autres pêcheurs, elle arrive facilement à extirper le poisson des mailles de son filet. Elle se réjouit de sa moisson et explique avoir l’intention de préparer un repas copieux pour son époux avec ce gros silure. Daouda Keïta est aussi heureux de sa collecte du jour. «Cette moisson va permettre au moins d’améliorer un petit temps l’ordinaire», explique-t-il à qui veut l’entendre, avec une pointe de bonne humeur. Par contre, Adama Keïta avait toutes les raisons d’être triste avec une collecte désastreuse. Il prend les choses avec philosophie et explique que ce n’est pas forcement à toutes occasions qu’on réalise une bonne pêche. D’autres pêchent avec des harpons. Ceux-ci collectent généralement les plus gros poissons tandis que d’autres se retrouvent avec du menu fretin. Après quelques heures de pêche, la fatigue se fera sentir chez beaucoup de pêcheurs. Ils retournent heureux pour la plupart avec des collectes intéressantes. La pêche collective au Mandé est un événement périodique qui se tient, en général, au mois d’avril et peut s’étendre jusqu’au mois de juin. NK/MD (AMAP) Legde : L’événement mobilise toutes les tranches d’âges avec des outils de pêche modernes et rudimentaires Djenné : RESTAURER LA COHÉSION ENTRE ÉLEVEURS ET AGRICULTEURS Pour restaurer la cohésion sociale entre les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs du Cercle de Djenné au centre du Mali, un projet intégré de gestion du pastoralisme y a été lancé en septembre 2021. Son objectif est de contribuer de façon significative à la stabilité de cette zone par la construction d’infrastructures pastorales et l’aménagement de parcours pastoraux au profit de près de 36 000 ménages. La Minusma a investi près de 495 millions de Fcfa grâce à une contribution du Royaume-uni au Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité. La zone ciblée comprend plusieurs communes du Cercle de Djenné. Elles ont été identifiées de manière participative et inclusive, avec le consentement des autorités et des communautés locales. Parmi les activités spécifiques du projet, figurent la cartographie, la démarcation et la réhabilitation de 225 kilomètres de pistes et d’infrastructures pastorales, la construction de trois forages, la distribution de 700 kilogrammes de semences fourragères, la régénération d’un espace pastoral de 70 hectares, la production de cartes pastorales et l’établissement de mécanismes de gestion de pistes pastorales et des infrastructures. Le projet prévoit également une série de séances publiques et de campagnes radiophoniques d’information sur le fonctionnement des Commissions foncières (CoFo) et la résolution des conflits. En 2021, à travers un projet séparé, la MINUSMA avait facilité l’établissement et la revitalisation des CoFo dans les 12 communes et 145 villages du Cercle de Djenné. Trois axes principaux de chemins de transhumance, appelés localement « bourtol », avaient été identifiés, et depuis le début du projet, 75 km de pistes pastorales ont été délimités, le forage de trois puits pastoraux a commencé et des campagnes de sensibilisation ont été menées dans 10 villages. Dans ces localités, des comités de gestion des projets ont également été mis en place. Ils ont facilité les discussions
Trafic ferroviaire : Le train-test arrive, dans la joie à Kita
Par Mohamed Fabrice Kita, 14 juin (AMAP) Une immense foule a pris d’assaut la gare ferroviaire de Kita ce 13 juillet. Ces hommes et femmes, adultes, adolescents et enfants, en une marée humaine diverse, variée et bigarrée, se sont rassemblés sur le site pour voir de leurs « propres yeux » leur train de voyageurs Bamako-Kayes, de nouveau sur les rails ! Un évènement que nul Kitois ne voulait et ne pouvait manquer, pour rien au monde. La ligne de chemin de fer était à l’arrêt depuis plusieurs années. A 14h30 minutes, le « cheval de fer » est arrivé à Badinko, pour s’immobiliser net à 15h30 minutes, à la gare transrail de Kita où l’attendaient la population aussi nombreuse que joyeuse. A l’escale de Badinko où les autorités régionales ont effectué le déplacement pour le premier accueil de ce train-test comme à la gare de Kita, l’ambiance était celle des grands jours. Les populations, dans une effervescence totale, n’avaient que cette prouesse à la bouche : « les promesses des autorités du pays quant au redémarrage du trafic ferroviaire sont presque tenues », selon elles. Une ambiance de joie ou s’entremêlent hymne national, chants et symphonies puisés dans le terroir. Et des selfies comme s’ils en pleuvaient, sur fond de l’engin avec comme décor la gare ! Certains brandissaient des drapeaux et des banderoles à l’effigie du président de la transition et du Premier ministre. Partout, c’était des éloges, la fête et des manifestations de joie, comme chacun pouvait. « Que le train qui vient de redémarrer soit le début de notre bien-être social. Nous sommes fiers de nos autorités surtout du président de la transition Assimi Goïta. La population le long des rails soutient la transition pour toujours », affirme, avec émotion, Brin Diallo, du quartier Kita-gare où se trouve la gare de train. « Notre train a redémarré. C’est notre centre commercial, notre marché. Avec le train, nous faisons nos commerces pour soutenir nos maris et pour subvenir aux besoins de nos familles. Si Dieu nous a gratifie d’un tel jour, tout le monde doit en saluer le gouvernement », se réjouit la présidente des femmes de Kita, Mme Macalou Aissata Sacko. « Merci Assimi et allez lui dire de se serrer, encore plus, la ceinture. Nous sommes toutes derrière lui pour la réussite de la transition », lance-t-elle. Mme Sidibé Sira Diallo, du quartier de Badenko, se souvient du bon vieux temps de la grosse activité du trafic ferroviaire. « En effet, se rappelle-t-elle, les échanges commerciaux se faisaient dans un cadre social et sur la base de la confiance. On prenait la marchandise à l’arrivée du train et les règlements se faisaient, sans problèmes, au prochain voyage ». « Merci Assimi Goïta ! Avec le train remis en circulation, vous allez recoudre le tissu social », dit-elle. « Partout, où nous sommes passés, pour cet essai, nous avons vu le grand engouement des populations riveraines du rail. Ce qui prouve, si besoin en était, que le train n’est pas seulement une question économique. Il est, aussi, une question sociale. Cela permet de désenclaver toutes ces localités, le long des rails», indique le directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire au Mali (SOPAFER), Ibrahim Maiga. Le Dg de la SOPAFER a demandé aux populations de croire toujours en nos autorités quant à la reprise de l’activité ferroviaire. « Un plan d’urgence de reprise de l’activité ferroviaire est en phase d’exécution » a-t-il souligné à Kita.. Pour le trajet de 30 km, Badinko-Kita, le gouverneur Daouda Maiga a pris place aux côtés du Dg de la SOPAFER. Au regard de la mobilisation générale des communautés, les autorités disent avoir bien noter l’espoir des populations de voir la réouverture effective de ce tronçon. Elles ont soutenu que la question demeure au cœur des préoccupations des plus hautes autorités du pays. Elles se disent conscientes que les rails, source de revenus, sont essentiels pour les populations riveraines qui l’attendent avec patience. Après 30 minutes de stationnement à Kita, le train-test s’est lancé pour Kayes, sous les ovations des populations, satisfaites de le revoir siffler encore, après plusieurs années d’interruption. MF/MD (AMAP)
Trafic ferroviaire : Le chemin de fer entre Bamako et Kayes reprend vie
Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) Mercredi 13 juillet 2002, le soleil se lève doucement sur la gare ferroviaire de Bamako, la capitale malienne. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs des chemins de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent, enfin, à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER) procède à « l’essai blanc » du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes (Ouest). Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs des chemins de fer, sans activité depuis belle lurette pour cause d’arrêt du trafic ferroviaire. On peut aisément imaginer le soulagement des populations et localités riveraines du chemin de fer et les travailleurs de la SOPAFER. L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se remet à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de « l’essai blanc ». Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. De la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, au directeur général de la SOPAFER, Ibrahim Maïga, en passant par plusieurs autres responsables des chemins de fer. Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme bleu (chemise et pantalon). « Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le travail aujourd’hui », dit-il. Et d’ajouter que ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir. « Le train a été remis sur pied grâce à l’expertise malienne, rien n’est venu de l’extérieur », se félicite notre interlocuteur. Quant à Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots, il se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. « Après tant de détresse, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai », se réjouit-il. NOUVELLES LOCOMOTIVES – Plusieurs activités ont déjà été réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares, de Bamako à Kayes, la réhabilitation des ateliers centraux de Korofina (dans la capitale malienne) et de Kayes, l’acquisition partielle d’équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie, les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur les ouvrages d’art, de Bamako à Diboli (frontière avec le Sénégal) et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto. Prenant la parole, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a expliqué que les essais en blanc au cours des semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, « permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée ». Après la relance du trafic ferroviaire, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. Mme Dembélé Madina Sissoko a ajouté : « En plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de 3 locomotives avec la société russe STM ». A cet effet, le gouvernement a signé un mémorandum d’entente avec la société russe STM pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Les partenaires russes, qui sont attendus à Bamako dans les jours à venir, vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Concernant, l’aspect économique des chemins de fer, la ministre des Transports et des Infrastructures a dit : « ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Egalement, le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine pour le transport des marchandises ». Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre a salué l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour la réalisation de la relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. Pour ce voyage d’essai, le train sera conduit par Mme Gouaillé Alima Coura Mariko, conductrice depuis 14 ans sur la ligne Bamako-Kayes. Elle sera assistée par d’autres cheminots qui font le voyage comme passagers. C’est la locomotive CC-2207, avec 7 voitures-voyageurs, qui a pris le départ hier à 8h45 à la gare ferroviaire de Bamako à destination de Kayes. Le retour est prévu à Bamako aujourd’hui, jeudi. OK/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 13 juillet 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 13 juillet 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du Schéma Directeur d’Urbanisme de la ville de Sandaré et environs. La ville de Sandaré est le chef-lieu de la Commune rurale du même nom, elle couvre une superficie de 95 000 hectares. L’expansion de la ville et l’ampleur des activités socioéconomiques menées ont rendu nécessaire l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Urbanisme en vue de permettre son développement harmonieux. Le Schéma fixe les orientations fondamentales du développement et de l’aménagement de la ville de Sandaré et environs. Il définit les principes d’organisation de l’agglomération en matière d’habitat, d’activités, de voirie et de réseaux divers, de grands équipements, y compris le traitement des problèmes environnementaux. L’adoption du présent Schéma permet à la ville de Sandaré et environs de disposer d’instruments de planification et de gestion de son développement, sur les vingt prochaines années. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des Ministres de l’organisation du concours direct de recrutement d’enseignants dans la Fonction publique des Collectivités territoriales au titre de l’exercice budgétaire 2022. La Fonction publique des Collectivités territoriales a été instituée par la Loi n°2018-035 du 27 juin 2018 portant statut des fonctionnaires des Collectivités territoriales. L’objectif visé à travers l’adoption de cette loi est de doter les Collectivités territoriales de ressources humaines nécessaires à l’exécution de leur mission de développement territoriale. Le secteur de l’éducation nationale compte plus de 50 000 enseignants fonctionnaires des Collectivités territoriales sur lesquels 25 000 ont été recrutés par voie de concours direct entre 2010 et 2019. Malgré ces efforts, le besoin en enseignants demeure crucial au sein des Collectivités territoriales compte tenu du nombre important d’écoles sur le territoire national. Pour satisfaire une partie de ce besoin, le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, en collaboration avec le Ministère de l’Education nationale, organise le concours direct de recrutement d’enseignants dans la Fonction publique des Collectivités territoriales afin de pourvoir 500 postes. Les admis seront mis à la disposition du Ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, pour leur formation au Service national des Jeunes. En vue de rétablir l’équité et la justice sociale, un projet de loi est en cours d’adoption pour relever de trois ans l’âge limite de participation au concours d’entrée dans la Fonction publique des Collectivités territoriales. 2. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population a informé le Conseil des Ministres des résultats de la mission de vérification de la procédure de création des titres de propriété délivrés dans la forêt classée de Tienfala. Cette mission a été réalisée dans le cadre de la préservation et de la sauvegarde de la forêt classée de Tienfala qui est objet d’agression du fait d’attribution de titres de propriété, malgré son immatriculation sous le numéro du titre foncier 156 618 du Cercle de Kati. Elle a constaté l’existence de 21 titres fonciers individuels situés à Djinkoni et 09 autres à Sala. Il ressort également du rapport de mission qu’en plus des titres fonciers susmentionnés, des titres provisoires comme des lettres d’attribution et des Concessions rurales sont délivrés à des particuliers dans ladite forêt. La liste des personnes impliquées dans la procédure de création de ces titres a été transmise à la justice à toutes fins utiles. 3. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’État a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 13 juillet 2022 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre national
Des agents formés aux nouvelles techniques de lutte anti-braconnage
Bamako, 12 juin (AMAP) Quinze éléments des Eaux et Forêts et cinq des Forces armées ont reçu, jeudi dernier leur certificat de formation des formateurs sur les techniques de lutte anti-braconnage pour la protection des éléphants. Cette remise de parchemin, qui sanctionne deux mois d’apprentissage, s’est déroulée au Centre de formation pratique forestier à N’Tabacoro, sous la présidence du secrétaire général du ministère du Développement rural, l’inspecteur Mamadou Gakou. «Cette initiative est à saluer car elle vient à point nommé», a indiqué l’inspecteur Mamadou Gakou, précisant que le braconnage a pris de l’ampleur au point que cette pratique illégale menace la survie de certaines faunes. Ainsi, il a exhorté les stagiaires « à mettre à profit toutes les nouvelles techniques qu’ils ont apprises partout où besoin sera ». Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, avait fait le lancement officiel de la session de formation, le 23 mai dernier, a rappelé, le secrétaire général du département du Développement rural. Cette formation visait à constituer une équipe pérenne professionnelle, dynamique, de haut niveau et à même de répliquer la formation, en termes de contenus techniques aux agents forestiers et aux militaires en vue d’une meilleure protection des pachydermes, a précisé le représentant de Wild Foundation. «La formation des formateurs en lutte anti-braconnage est une expérience inédite qui traduit la vision du Mali d’autonomiser certains agents dans la protection efficace des éléphants du Gourma contre les braconniers», a poursuivi Nomba Ganamé. Selon lui, après cette formation, le vivier est disponible et prêt avec de nouvelles et meilleures techniques pour accomplir les missions qui lui sont assignées. « Dans le cadre de la lutte anti-braconnage, la direction nationale des Eaux et Forêts, en partenariat avec Wild Foundation et l’Etat-major des armées, a développé une stratégie de protection des éléphants, basée sur la mise en place d’une brigade mixte », a-t-il expliqué. Il a, également, suggéré que les récipiendaires soient bien équipés en matériels de dernière génération pour être efficaces sur le terrain. «Nous sommes heureux et satisfaits d’avoir bénéficié de cette formation des formateurs, car durant cette formation nous avons appris de nouvelles techniques de lutte anti braconnage», a assuré le stagiaire Lagabé Maïga. « Les stagiaires sont en mesure de former d’autres agents sur les connaissances acquises au cours de la session », a-t-il affirmé. Enfin, il a exhorté ses collègues à utiliser à bon escient les nouvelles techniques apprises. Les partenaires de ce projet sont la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), l’Union européenne (UE), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Canada et le Royaume unis qui soutiennent la protection des éléphants du Gourma Et aussi Chengeta qui a accompagné cette formation des formateurs. Etaient présents à la cérémonie, le président de la commission développement rural, de l’environnement, de l’assainissement, de l’eau et de l’énergie du Conseil national de Transition (CNT), Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, la directrice nationale des Eaux et Forêts, Mme Kanouté Fatoumata Koné. YT/MD (AMAP)
Destruction des mausolées de Tombouctou : Le Fonds au profit des victimes a lancé les consultations initiales pour les réparations
Bamako, 12 juin (AMAP) Le Fonds au profit des victimes a lancé, officiellement le 6 juillet 2022 à Tombouctou, les consultations initiales dans le cadre des réparations collectives, a annoncé, jeudi, une équipe de responsables du Fonds. Au cours d’un dîner de presse à Bamako, l’équipe, a ajouté que la phase de la réparation individuelle sera close le 14 novembre prochain. L’équipe, qui revenait de Tombouctou où elle avait assisté au lancement officielle des réparations collectives, était conduite par la responsable régionale des programmes pour la Côte d’Ivoire et le Mali du Fonds, Aude Le Goff. Elle comprenait plusieurs autres cadres de la structure et ses partenaires notamment le vice-président du Fonds, Ibrahim Yillah et la chargée des programme sur le terrain, Laetitia Nguewo, le représentant de l’Unesco Modibo Bagayogo. La rencontre a, également, permis aux responsables du Fonds d’aborder plus généralement les enjeux en matière de réparation au Mali, à travers sa bonne collaboration avec la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). À ce jour, outre la réparation symbolique, le Fonds a mis en œuvre des mesures individuelles de réparation dont le montant est strictement confidentiel pour plus de 850 victimes. Poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI), le terroriste malien, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, a été reconnu coupable le 16 septembre 2016 de «crime de guerre». Il a dirigé intentionnellement des attaques contre des bâtiments religieux et historiques et a, ainsi, été condamné à neuf ans d’emprisonnement. Depuis lors, il purge sa peine. En novembre 2021, la CPI a décidé de sa libération anticipée le 18 septembre prochain, après lui avoir accordé une réduction de peine de deux ans. Cette clémence de la juridiction internationale a été motivée, entre autres, par le fait que la défense a plaidé coupable, exprimé son regret et demandé pardon publiquement au cours du procès. S’y ajoute la bonne conduite de l’accusé en détention. Ainsi, le 17 août 2017, la CPI a rendu une ordonnance de réparation après avoir reconnu que le crime commis par Al Mahdi a causé, au-delà du préjudice moral à la population malienne et à la communauté internationale, un préjudice économique et moral à la communauté de Tombouctou. Mais, aussi, un préjudice économique et moral aux descendants des saints enterrés dans les mausolées, aux maçons et aux gardiens. La Cour a fixé la responsabilité de Al Mahdi à 2,7 millions d’euro (environ 1,7 milliard Fcfa ) en faveur des victimes de son crime et a accordé des réparations individuelles et collectives. Cette somme prend en compte également la réhabilitation des bâtiments protégés. Après avoir constaté l’insolvabilité du coupable, la Chambre de première instance de la CPI a ordonné au Fonds au profit des victimes, de proposer un plan de mise en œuvre des réparations, conformément à l’ordonnance de réparation de la juridiction internationale. Cette ordonnance prévoit l’organisation d’une cérémonie solennelle pour procéder à la remise de l’euro symbolique à l’État du Mali et à l’Unesco (pour la réparation des préjudices subis respectivement par la population malienne et la communauté internationale), déjà tenue le 30 mars 2021 à Bamako. A cela, s’ajoute la mise en œuvre de sept mesures de réparations collectives destinées à la communauté de Tombouctou, organisées en trois dispositifs : un dispositif de restauration du patrimoine culturel, un dispositif de commémoration pour répondre au préjudice moral causé à la communauté de Tombouctou. Mais aussi un dispositif de résilience économique pour répondre au préjudice économique causé à la communauté de Tombouctou. Sans oublier l’indemnisation des victimes ayant un lien exclusif avec les bâtiments (descendants des saints, maçons et gardiens). AT/MD (AMAP)
La clinique périnatale Mohamed VI ouvre ses portes à Bamako, au Mali
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 11 juin (AMAP) Depuis jeudi, les activités de la Clinique périnatale Mohamed VI, à Sébénicoro, en Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, ont officiellement commencé. La cérémonie d’inauguration a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré et de l’ambassadeur du Maroc au Mali, Driss Isbayenne. Fruit de la coopération entre le Royaume du Maroc et le Mali, le joyau d’une superficie de 5 ha est un établissement de santé spécialisé de haut standing de 3è référence, entièrement construit et équipé par la partie marocaine pour près de 10 milliards de Fcfa. La structure dispose d’une capacité d’accueil de 74 lits, répartis entre femmes et enfants, mais aussi d’un plateau technique ultra moderne. L‘infrastructure sanitaire est composée de 4 salles d’accouchement, 2 blocs opératoires, d’un service de néonatologie avec 12 couveuses, d’une salle de réanimation de 6 lits, ainsi qu’un service d’imagerie médicale équipé. Il y a aussi une radiologie conventionnelle numérique, un scanner de16 barrettes en coupe, adapté aux besoins des femmes et des enfants, 5 échographes, un laboratoire d’analyses médicales devant réaliser des examens de biochimie, d’hématologie, de parasitologie, de bactériologie et de sérologie et des services connexes (morgue, stérilisation, buanderie, centrale d’oxygène, groupe électrogène, mosquée…). La Clinique périnatale a mission d’assurer le diagnostic anténatal, la prise en charge des femmes ayant des grossesses à haut risque et le suivi des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans. Pour le Premier ministre, cette structure occupera une très grande place dans notre système de santé, car bénéfique pour toute la population. Elle participera, sans nul doute, à la mise en œuvre de la Politique nationale de la santé, notamment dans le domaine de la santé de la mère, de l’enfant et du nouveau-né. Tout comme à la formation initiale et continue des professionnels de la santé, en termes de prise en charge de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant. L’infrastructure ouvrira aussi des horizons en termes de recherche sur la santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né ou de l’enfant, ainsi qu’à la surveillance épidémiologie des maladies liées à ces dernières couches. Le chef du gouvernement s’est dit convaincu que l’établissement viendra épauler d’autres structures sanitaires pour les besoins de soins lourds de réanimation pour les mères et les nouveaux nés, notamment les grands prématurés. Pour le Dr Choguel Kokalla Maïga, il contribuera à réduire considérablement les taux de mortalité maternelle et infantile qui demeurent toujours préoccupant ainsi que les évacuations sanitaires vers l’étranger. Le Premier ministre a aussi exhorté les responsables de la structure et l’ensemble de la population malienne à apporter l’entretien nécessaire à cet édifice pour le bien-être des enfants et des femmes. Prenant la parole, le diplomate marocain a tenu à rappeler que c’est lors de la deuxième visite du Roi Mohamed VI au Mali en février 2014 que les premières pierres de cet édifice ont été posées. «Moderne et intégrée, cette clinique a été réalisée par la Fondation Alaouite pour le développement durable pour fournir des services périnataux spécialisés, mais aussi assurer la prise en charge des grossesses à risque et la limitation de la mortalité maternelle et enfantine», a précisé l’ambassadeur Driss Isbayenne. Pour une meilleure gestion de la structure, une grande partie du personnel a suivi des formations par les spécialistes marocains. Le diplomate marocain a aussi souligné que ce joyau est l’une des preuves vivantes de la bonne santé de la coopération entre nos deux pays frères. FN/MD (AMAP)
Levée de l’embargo de laCEDEAO : La vie d’après à Kayes, dans l’Ouest du Mali
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 11 juin (AMAP) La grande partie des importations du Mali transite par le Port de Dakar et passe par Kayes (Ouest). La réouverture des frontières est une bouffée d’oxygène pour les populations de la Cité des rail, très soulagées par la levée des sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans la banlieue de Kayes, se trouve le poste de sécurité de Alahina. En ce mercredi 6 juillet, on observe une grande file de gros porteurs en provenance de Dakar, capitale du Sénégal. Chacun attend son tour pour remplir les formalités de douane et de police. C’est le même scénario entre la direction régionale de la douane, où se trouve le scanner, et le village de Kamankolé. Sur cet axe Kayes-Dakar, notre équipe de reportage a croisé quelques camions-remorques et autres véhicules venant de la frontière sénégalaise. Arrivé poste de sécurité de Alahina, notre équipe de reportage constate que les différentes forces de sécurité et structures intervenant dans le transport routier sont à pied d’œuvre. Un agent de la sécurité s’active pour rendre la circulation fluide à l’entrée du village. Non loin de lui, un jeune soulève la barrière aux couleurs rouge et blanche afin de d’ouvrir la voie aux véhicules. Avant d’atteindre le bâtiment abritant les postes de contrôles, on aperçoit à droite un groupe de chauffeurs, d’apprenti-chauffeurs et de syndicalistes en train de discuter à l’ombre d’un arbre. Parmi eux, Mahamadou Kéïta, membre du syndicat des transporteurs routiers de Kayes. «Nous sommes très contents de la levée de l’embargo. Les chauffeurs, de même que les propriétaires de véhicules, souffraient beaucoup des sanctions de la CEDEAO. Certains avaient même cessé de travailler. Le prix du carburant a augmenté. Les passagers, aussi, n’avaient pas suffisamment d’argent pour faire face aux tracasseries à la frontière et d’autres postes de contrôle», soutient Mahamadou Kéïta. Il demande au gouvernement de subventionner encore plus les prix du carburant (essence, gaz-oil) pour alléger les souffrances des usagers de la route. Selon lui, le prix de 5 litres de ce carburant oscille entre 25.000 et 30.000 Fcfa contre 15.000 auparavant. VIE CHÈRE – Selon ce syndicaliste, la vente de billets pour le trajet Kayes-Dakar avait cessé. Mais, la navette était assurée par les taxis et véhicules de 7 places qui débarquaient les passagers à Diboli, frontière Mali-Sénégal. Ils devaient traverser le pont à pied ou emprunter les pirogues pour rallier la ville sénégalaise de Kidira qui se trouve sur la rive gauche du fleuve Falémé. Mais, ce calvaire a pris fin avec la levée des sanctions qui a été décidée le dimanche 3 juin 2022 à Accra (Ghana) lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ces sanctions avaient été prises dans la capitale du ghanéenne, en janvier dernier, pour contraindre le Mali à revenir à une vie constitutionnelle normale. «Les bus et autres véhicules de transport en commun ont repris le trafic le mardi 5 juillet 2022. Le 1er car wolof (véhicule sénégalais) est arrivé hier (mardi) nuit », annonce ce syndicaliste. «L’embargo a rendu la vie chère. L’Etat doit penser aux populations, notamment les chauffeurs dont la situation est précaire», souligne Mahadi Konaté, un autre membre du syndicat. Le chauffeur de taxi, Mamadou Diarra, félicite les autorités de la Transition dont les efforts ont permis de réduire les tracasseries sur l’axe. Il se plaint du fait que chaque passager paye 3.000 Fcfa si sa carte d’identité est périmée alors que la contravention est, selon lui, estimée à 500 Fcfa et 1.000 Fcfa si l’intéressé perd sa pièce d’identité. Au niveau de Diboli, il affirme que les Maliens, tout comme les étrangers, payent 10.000 Fcfa. Dans la matinée de ce mercredi vers 10 heures, le mouvement est timide sur l’axe Dakar-Kayes-Bamako, précisément au niveau du poste de surveillance située dans la Commune rurale de Khouloum. Mais la situation ne tardera pas à changer. «La levée de l’embargo nous a beaucoup plu. Nous dépendons du Sénégal. A cause des sanctions, le prix de la tonne de ciment sénégalais a atteint 120.000 Fcfa et celui d’une tonne de ciment local à 92.500 Fcfa. Je pouvais attendre deux mois pour avoir mes marchandises», affirme Ibrahim Ilo Sissoko, commerçant-détaillant, au carrefour des logements sociaux de Kayes, qui abritait l’ancien poste. BMS/MD (AMAP)

