Doïla : restitution du contenu de la nouvelle Constitution
Doïla, 30 mars (AMAP) Une journée de restitution du contenu de la nouvelle Constitution du Mali, initiée par le Gouverneur de région, Abdallah Faskoye a regroupé mercredi, les Sous-préfet du Banico, les élus locaux, les directeurs régionaux, les leaders religieux, les légitimités traditionnelles, les représentants des chefs de village, les mouvements de femmes, de jeunes et les représentants des forces de défense et de sécurité, a constaté l’AMAP. Le maire de la commune rurale de kaladougou, Yacouba Dowele Marico, après avoir souhaité la bienvenue aux invités a, au nom de l’ensemble des collectivités, rassuré de leur accompagnement pour que le oui puisse, lors de ces consultations référendaires, remporter. Pour sa part, Gouverneur, a déclaré que cette rencontre est une suite logique de celle tenue le 20 mars 2023 entre le président de la République, les gouverneurs et les légitimités traditionnelles à Koulouba. Il ajoutera que cette nouvelle Constitution du Mali est la concrétisation d’une volonté populaire exprimée lors des assises nationales de la refondation, tenues à travers le pays fin décembre 2022. Le directeur de cabinet du gouverneur, Siriman Kanouté, emboîtant les pas du chef de l’exécutif régional a édifié l’assistance sur les innovations apportées à la nouvelle Constitution. Ils s’agissent notamment des articles notifiant la suppression de la Haute Cour de justice, du Haut conseil des collectivités. La de la cour des comptes, le maintien de la laïcité, la revalorisation des autorités coutumières, le renforcement des pouvoirs du président de la République qui peut mettre fin à la mission du premier ministre, sont entre autres innovations. A signaler que le mandat du président de la République et tout autre élu peut être écourté pour insuffisance de rendement. Les langues nationales sont également valorisées (langues officielles) et le français comme langue de travail. Après les différents exposés, les participants ont eu droit à des séries de questions qui portaient essentiellement la notion de laïcité, le mode d’élection des membres du CNA et l’article sur la fin du nomadisme politique. À ces interrogations, le chef de l’exécutif et la délégation qui lui a accompagné à Koulouba ont apporté des éclairages. Au terme de la journée, les jeunes, les femmes, les élus et représentants des mouvements associatifs se sont dits impatients de connaître la date du référendum pour l’apporter par le oui. DF/KM (AMAP)
8 mars 2023 : Adèle Camara, une battante discrète et active
Mopti, 29 mars (AMAP) Le Mali, à l’instar des autres pays du monde, a célébré le 8 mars, Journée internationale de la femme, a constaté l’AMAP. Outre qu’une simple célébration des droits des femmes, elle est aussi l’occasion de faire le bilan des acquis et de découvrir des histoires de femmes qui se battent au quotidien pour un développement inclusif humain et social durable. A l’occasion, nous avons découvert une femme battante à Mopti (Centre). Cette brave dame, Mme Adèle Camara, est capitaine de l’Armée et Sous-préfet de l’arrondissement de Soufouroulaye, dans le Cercle de Mopti. « La femme artisane de paix et de cohésion sociale, mère et épouse qui donne vie, une sœur et compagnon de l’homme n’a pas besoins de se faire prier pour être au cœur des actions de développement de la communauté. L’être est la plus belle chose du monde de par sa capacité de transformatrice de l’univers ». Telle est la conviction de la capitaine Adèle Camara, représentante de l’Etat dans l’arrondissement de Soufouroulaye, qui se bat au quotidien pour le bien-être de ses administrés. Née le 18 février 1974 à Bamako, après les études fondamentales et secondaire sanctionné par un diplôme de secrétariat de direction en 1992, Adèle Camara a intégré l’armée. Après la formation commune de base, elle commença sa riche carrière professionnelle par être secrétaire dactylo CDT/BA – 100 de l’armée de l’air. De par sa discipline et sa persévérance, elle gravi les échelons et occupe des postes entre autres, comptable matière direction de la sécurité militaire en 1996, chef comptable des moyens administratifs 2009et adjudant de compagnie des moyens administratifs de la Base aérienne 100 en 2016. Diplômée de l’Ecole d’application des Officiers (EAO Kati) à la suite de plusieurs autres dont le certificat interarmes (CIA Markala) en 2009, le brevet d’arme du 2ème degré (BA-2 Aviation Senou et le diplôme d’aguerissement niveau 1 CNEC (Camp para Samanko) en 2017, Adèle Camara touche à tout et sait s’adapter à toutes les situations. Ces qualités associées à ses multiples formations lui ont valu sa nomination au poste de chef du centre de direction des opérations en 2018. La même année, le 24 juillet par décret N° 2018-0586/PRM elle est nommée Sous-préfet de l’arrondissement de Soufouroulaye avec comme mission de représenter l’Etat dans sa plénitude, assurer l’appui conseil nécessaire aux collectivités, veiller à l’application des textes et règlements de la République et coordonner les activités des services techniques. Cette nomination s’inscrit aussi dans le cadre de l’accompagnement de la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) et la gestion des besoins humanitaires des déplacées internes. Dans un contexte sécuritaire difficile ou l’arrondissement de Soufouroulaye reste une zone stratégique servant de tampon entre les plaines inondées du Mourrary, sanctuaire des terroristes et le grand Séno des plateaux Dogon en proie aux conflits communautaires exacerbés par les narco-trafiquants et qui abrite des centaines de déplacées, Adèle Camara a toute sa place. Sa fibre patriotique, de générosité et sa facilité d’aller vers les gens sont de grands atouts pour elle pour l’atteinte de ses objectifs. Elle a su drainer plus d’une dizaine d’ONG évoluant aux côtés du Commissariat à la sécurité alimentaire et l’aide humanitaire.. Attachée à l’amélioration de l’environnement, elle fait de la réduction de la pauvreté en milieu féminin et la recherche de l’autonomisation des femmes son credo. Pour y parvenir, l’icône de la charité a su s’entourer des élus locaux, des femmes leaders de sa circonscription pour attirer la confiance des partenaires pour créer et soutenir les activités génératrices de revenus au profit des femmes, des filles et des personnes handicapées. Marié et mère de 2 enfants, la capitaine Adèle Camara, outre sa mission de représentante de l’éEat, est sur tous les fronts. Elle s’est dédiée aux populations démunies pour jouer sa partition sur le grand chantier de la refondation du Mali (Sécurité-Paix et Cohésion sociale). Humble et actif, la Sous-préfet ne cesse de multiplier les actions de solidarité et d’entraide en faveur des milliers d’enfants, de femmes et de jeunes des sites de déplacées. Elle fait partie des femmes qui font la fierté de notre armée debout sur les remparts. Elle aime la lecture, le cinéma et le Sport. DC/KM (AMAP)
Mopti : Commémoration de la journée mondiale de l’eau
Mopti, 27 mars (AMAP) La Venise Malienne, à l’instar des autres localités du pays, a célébré le 22 mars dernier, la journée mondiale de l’eau, édition 2023 dans l’enceinte de la direction régionale de l’hydraulique à Mopti, a constaté l’AMAP. La cérémonie de cet évènement riche en couleurs a été présidée par le Conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur, Ousmane Diallo, en présence de l’ensemble des membres du cluster Wash de Mopti, des autorités administratives et politiques, des représentants de la société civile et les légitimités traditionnelles. Célébrée cette année sous le thème « Accélérer le changement pour l’atteinte de l’objectif du développement durable lié à l’eau et l’assainissement », cette journée avait pour objectif de sensibiliser les décideurs, responsables communaux et usagers de l’eau , les opérateurs privés associatifs, la société civile à l’utilisation rationnelle de l’eau souterraine, de l’importance l’eau dans la cohésion sociale et une meilleure gestion durable des ressources en eau ainsi que le niveau d’atteinte des ODD. Le représentant du gouverneur de la région, Ousmane Diallo a, au nom des plus hautes autorités, rendu hommage à l’ensemble des partenaires techniques et financiers (PTF) du secteur de l’eau et l’assainissement et les ONG partenaires pour leur accompagnement constant dans la réalisation des objectifs du gouvernement du Mali pour l’amélioration des conditions d’accès à l’eau potable et assainissement afin de garantir le bien-être de nos populations. Selon le directeur régional de l’hydraulique de Mopti, Pierre Kassogué, malgré la réalisation de 444 EPEM (Equivalent Point d’Eau Moderne) et la réhabilitation de 55 EEPM soit 499 équivalents point d’eau moderne par l’ensemble des acteurs intervenants dans la région en 2022, Mopti reste encore loin du taux d’accès à l’eau potable moyen à l’échelle avec 57,74% contre un taux d’accès national de 70,9% dont 66,8% en milieu rural et 81,1% en milieu semi urbain. Pour lever ce gap les autorités régionales fondent beaucoup d’espoir sur l’accompagnement des partenaires et du secteur privé pour la réalisation de 733 ouvrages d’alimentation en eau potable dont 27 PMH, 268 SHVA et 438 AEP/AES avec 3921 BF dans 733 villages les plus déficitaires en point d’eau moderne. Au nom des partenaires techniques et financiers, Ramatoulaye Guèye a rassuré que les partenaires resteront mobilisé aux côtés de la région pour l’atteinte de l’axe n 6 des ODD à l’horizon 2030. Les différentes interventions ont été suivies d’un sketch pour attirer l’attention des décideurs et du public sur la problématique de l’eau. DC/KM (AMAP)
Marché des oignons : Une baisse des prix bienvenu chez négociants et consommateurs
Par Korotoumou TOGOLA Bamako, 24 mar (AMAP) Malgré les nombreuses contraintes qui ont impacté la production d’oignons, on assiste à une baisse drastique des prix de cette denrée de première nécessité, au grand bonheur des ménages en ce début du mois de Ramadan. Ainsi, le kilogramme d’oignon qui, au mois de décembre, était vendu entre 600 et 750 Fcfa, est maintenant cédé entre 200 et 250 Fcfa. La gare routière «Niono place», située au Grand marché de Bamako, est la plaque tournante du marché de l’oignon dans la capitale malienne, Bamako. En se rendant là-bas, notre équipe est tombée dans un tohu-bohu indescriptible, rythmé par les mouvements des camions qui déchargent des sacs d’oignons, les négociants et les revendeurs discutant la marchandise. Le ballet incessant des «pousse-pousse» et tricycles remplis du légume garnit le décor. À cet endroit, on trouve de toutes les qualités, déversées à même le sol, en tas ou des stocks de sacs superposés auprès de leurs propriétaires et dans les magasins. Ousmane Sangaré nous accueille agréablement. Chez lui, le kilo est vendu à 225 Fcfa et le sac est cédé entre 10 500 à 12 000 Fcfa. Avec une vente journalière estimée, en moyenne, à 100 sacs d’oignons de 50 kg, Ousmane se frotte les mains. Il confirme que le marché est très florissant en ce moment. À sa gauche, se trouve Amadou Touré, vendeur de gros oignon. Chez lui, le sac est vendu entre 8 000 et 9 000 Fcfa. À quelques pas de ces derniers, Abou Traoré. Il est marchant d’oignon depuis 12 ans. Dans son magasin, il dispose de plusieurs variétés. Et, les prix varient en fonction de la qualité, la variété et la taille du légume. Le prix du kilogramme du petit oignon par exemple, varie entre 175 et 200 Fcfa, et le gros oignon, entre 200 et 250 Fcfa. Une cliente, Assétou Diallo, vient d’acheter 7 kg de gros oignon au prix de 275 Fcfa le kilo. Elle se réjouit de cette baisse du pr,ix, car elle aura besoin de cette denrée pendant tout le mois du Ramadan, pendant lequel la consommation devient forte chez elle. Il y a juste un mois, le kilogramme du même oignon qu’elle vient d’acheter, coûtait 400 Fcfa. Une véritable aubaine pour les consommateurs. Au Mali, l’oignon est généralement produit en contre saison, c’est-à-dire entre les mois de novembre et mars. Les meilleurs rendements sont obtenus par ceux qui parviennent à semer pendant les mois de novembre et décembre, explique Amadou Koné, chargé de statistique suivie et évaluation à la Direction nationale de l’Agriculture (DNA). Le rendement dépend aussi du niveau de fertilité des sols. « Les producteurs qui apportent plus de fumiers organiques associés à un peu d’engrais chimiques, parviennent à faire de bonnes productions », assure M. Koné, qui estime que dans certaines localités, les producteurs peuvent faire un rendement de 30 à 35 tonnes par hectare. L’oignon est cultivé dans la plupart des localités du Mali, avec de grands bassins de production comme Kayes (Ouest), Koulikoro (Centre ouest), Mopti, Ségou (Centre) et Sikasso (Sud). L’oignon, qui est utilisé dans presque toutes les cuisines du monde comme aromate universel, est un légume à part entière. Il est riche en composés antioxydants. Lorsqu’il est consommé régulièrement et en quantité suffisante, ces composés peuvent aider à protéger l’homme contre des maladies chroniques telles que le cancer et le diabète. Parmi ses multiples propriétés, l’oignon a des vertus antiseptiques et antibactériennes. Le Mali est l’un des plus grands producteurs d’oignons de la sous-région. Selon les statistiques de la DNA, le pays a produit 844. 621 tonnes d’oignons en 2021, contre 610 575 tonnes l’année dernière. « Cette chute de production de la campagne 2022 est due à plusieurs facteurs », souligne Amadou Koné. Parmi ceux-ci, il y a la hausse des prix des intrants et des semences auxquels s’ajoutent des problèmes techniques d’aménagement, tel que le système d’irrigation. « Le conflit entre la Russie et l’Ukraine qui a exacerbé la crise économique mondiale avec la flambée du prix du carburant, n’est pas en reste », analyse le technicien. KT/MD (AMAP)
Banamba : l’ANICT dévoile sa vision aux Collectivités territoriales
Banamba, 24 mars (AMAP) Un atelier régional organisé par l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) s’est tenu le 21 mars dernier à Banamba, sous la présidence du Sous-préfet central, Yassi Diaby, a constaté l’AMAP. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du directeur régional de l’ANICT, Youba Touré, du maire de la commune de Banamba, Ousmane Baye Simpara, du Chef de mission régionale de Koulikoro, Youba Touré et du représentant du directeur des marchés publics, Souleymane Samaké. Cette rencontre a regroupé tous les acteurs qui interviennent dans le processus de la mobilisation des ressources du Fonds national d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT) dont la gestion est assurée par l’ANICT, partenaire financier de plus de 763 collectivités territoriales du Mali dont celle de Banamba. L’objectif de la réunion était d’échanger avec les différents acteurs sur la vision de l’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales (ANICT), partenaire financier des Collectivités territoriales. Les activités de la journée ont porté sur, entre autres, la communication sur la vision de l’ANICT et des difficultés rencontrées dans la mobilisation, l’intervention du représentant du directeur des marchés publics, les échanges sur le mode opératoire et Les échanges ont concerné également l’instruction 001/ANICT/DGB/DNTCP du 12 mai 2020 relative au mode opératoire de suivi des ressources du budget national avec remise d’exemplaires physiques, l’état des projets en retard, recueil des difficultés des acteurs et propositions de solutions de solutions, Enfin les participants ont eu des discussions sur les rôles et les responsabilités des différents acteurs dans le processus de mobilisation des ressources du FNACT d’une part et d’autre part sur le processus de mobilisation des droits de tirage. Selon le Responsable régional de l’ANICT, avec plus de 20 ans d’exercice, l’ANICT s’est imposée comme le bras financier des Collectivités territoriales mais reste toujours confrontée à un certain nombre de difficultés qui jouent négativement sur ses performances et l’atteinte de ses résultats, notamment la faiblesse de la maitrise d’ouvrage des collectivités, la lenteur des paiements au niveau des comptables publics et la non maitrise des dispositions de l’instruction 001/ANICT/DGB/DNTCP du 12 mai 2020, relative au mode opératoire pour le suivi des ressources du budget national. Les différents échanges ont permis aux participants d’être davantage édifiés sur la vision et les missions de l’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales (ANICT). AT/KM (AMAP
Décès de Victor Sy : Tiébilé Dramé salue la mémoire du «grand combattant»
Bamako, 23 mar (AMAP) L’ancien ministre, Tiébilé Dramé, dit avoir ressenti un immense choc proportionnel à la qualité et à l’ancienneté de ses relations avec Victor, en apprenant le décès, lundi dernier, de son compagnon de lutte pour la démocratie. Pour le président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Victor Sy fut un grand homme qui a consacré toute sa vie à lutter d’abord pour l’indépendance et la souveraineté nationale du Mali. Ensuite, quand il y a eu le coup d’Etat de 1968, qui a renversé le régime du président Modibo Keïta, « le défenseur des causes nobles n’a cessé de se battre pour restaurer la démocratie et la liberté, a rappelé le leader politique. «Victor Sy est resté foncièrement un militant de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA)», témoigne Tiébilé Dramé, soutenant que ce «Modibiste» s’était fortement opposé au coup de force de 1968. D’où ses multiples arrestations ; la torture, les traitements inhumains et dégradants infligés à lui. «Il a su faire preuve, tout au long de sa vie, d’un extraordinaire don de soi, d’une capacité de résistance et de sacrifice pour défendre sa conviction», relève celui qui a, aussi, combattu le régime de Moussa Traoré. Selon son témoignage, cette conviction était basée sur la démocratie, la liberté et le bien-être du peuple malien. «Victor Sy a payé un très lourd tribut pour son engagement… C’est un homme qui n’a jamais accepté de courber l’échine. Il a connu les pires prisons du Mali, telles le bagne de Taoudénit de sinistre réputation. Il a fait, auparavant ,le Camp para, Kidal et le poste militaire de Boureïssa», témoigne Tiébilé Dramé. Le décès de celui que la presse qualifie de «Combattant suprême », a ému plus d’un. L’illustre homme sera accompagné ce jeudi par ses proches, camarades de lutte, collègues et amis à sa dernière demeure après la messe de requiem à la Cathédrale de Bamako. Né en 1936 à Tombouctou, Victor Borion Sy, muni de son baccalauréat scientifique en 1956, poursuivit ses études supérieures de sciences physiques et de chimie au Sénégal puis en France. Combattant politique, il enseigna au lycée de Badalabougou, à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI), à l’Ecole militaire inter armes (EMIA) et à l’Ecole secondaire de la santé. Pour mieux connaître le parcours de l’illustre disparu, nous avons approché d’un de ses compagnons de lutte, l’ancien ministre Tiébilé Dramé. En effet après la mort du leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral, le 17 mars 1980 au Camp para de Djicoroni, Tiébilé Dramé et Victor Sy, qui étaient, aussi, en détention, furent transférés le lendemain à Kidal puis à Boureïssa. Libérés en avril 1980, les deux hommes seront arrêtés ,de nouveau, en juillet de la même année pour «opposition à autorité légitime». Les infortunés seront condamnés à trois mois de prison et rejoindront dans les geôles Dioncounda Traoré, ancien président de la Transition du Mali. EXIL – Après sa détention à Ménaka, la résidence surveillée à N’Tilit, Victor Sy, s’est exilé au Niger où il a été accueilli par son professeur, Abdou Moumini Djioffo. « Il s’est exilé parce qu’il était nommé chef d’arrondissement de Razelma, la limite la plus avancée dans le désert du Lac Faguibine, situé dans le Cercle de Goundam (Nord). Il a dit qu’il était formé pour enseigner et non pour faire l’administrateur. Il a été arrêté à Bamako et mis dans un avion pour Gao (Nord) où il est arrivé menottes aux poings pour rejoindre son poste de chef d’arrondissement de Razelma», se souvient l’ancien chef de la diplomatie malienne. Le président du PARENA précise que du Niger, Victor Sy s’est rendu au Sénégal, grâce à son professeur. La gorge nouée par l’émotion, il déplore le fait que son compagnon d’infortune a passé 10 longues années en exil à Dakar. « Victor Sy n’est venu au Mali qu’après le succès de la révolution démocratique de mars 1991. Il a été désigné vice-président de la Conférence nationale souveraine», se souvient Tiébilé Dramé. « Pour Victor Sy, sa personne ne comptait pas, c’était le Mali. Il voulait que notre pays soit sur les rails, qu’il assure à ses fils les meilleures conditions de santé et d’éducation», témoigne le compagnon de lutte du « grand combattant ». NK/MD (AMAP)
Mali-Côte d’Ivoire : La valeur des échanges commerciaux s’élève à plus de 900 milliards de FCFA en 2022
Bamako, 23 mar (AMAP) Les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et le Mali, en 2022, se sont élevés à 913,4 milliards de Fcfa avec une hausse de 45% par rapport à 2021, qui sont de 493,8 milliards de Fcfa, a révélé, mecredi, le chef de la délégation ivoirienne, Abdoulaye Kouyaté, lors de l’ouverture, à Bamako, des travaux des experts, prélude à la tenue de la 4è session de la grande commission mixte de coopération. Selon le chef de la délégation ivoirienne, ce bond qualitatif sans précédent fait du Mali, à ce jour, «le premier client mondial de la Côte d’Ivoire avec 909 milliards de Fcfa de marchandises vendues en 2022». Mais également l’un des plus gros fournisseurs de la Côte d’Ivoire au niveau mondial. Abdoulaye Kouyaté a, par ailleurs, encouragé les deux parties « à aller encore plus loin en mettant en œuvre, de façon effective, les mécanismes garantissant la libre circulation des personnes et des biens ainsi que le droit d’établissement. » « Il s’agit, a-t-il expliqué, d’éliminer toute entrave à l’implantation des activités dans les milieux d’affaires nationaux entre les deux pays et de faciliter l’accès mutuel à leur marché respectif. » «Il nous faudra. également envisager de nouveaux axes stratégiques en vue de renforcer notre coopération et insuffler une nouvelle dynamique aux relations entre nos deux pays», a exhorté M. Kouyaté. Cela est d’autant plus important que «dorénavant, cette relation se veut forte et durable pour faire face aux nombreux défis de l’heure que sont l’insécurité à nos frontières, la lutte contre la pauvreté, l’autosuffisance alimentaire…», a-t-il ajouté. Pour sa part, le secrétaire général du département malien en charge des Affaires étrangères, Seydou Coulibaly, a insisté sur la nécessité pour les deux États et pour le bien-être de leurs populations « de promouvoir davantage la coopération en matière de consultations politiques et diplomatiques, d’administration, de défense, de sécurité, d’échanges économiques et commerciaux. » S’y ajoutent la promotion des investissements, les transports et les infrastructures, l’artisanat et le tourisme… Pour M. Coulibaly, la conjoncture difficile liée à la crise économique et sécuritaire doit «nous inciter à davantage de concertations et de conjugaison de nos efforts afin de relever ensemble les défis qui nous assaillent». Il a, ensuite, réaffirmé la volonté politique et la disponibilité des autorités maliennes de faire de la coopération avec la Côte d’Ivoire « une priorité, un partenariat gagnant-gagnant et un modèle de réussite. » Seydou Coulibaly a espéré que des travaux sortiront de pertinentes recommandations pour consolider les acquis et dégager de nouvelles perspectives au profit de la paix, de la sécurité et pour le développement économique, social et culturel de nos deux pays. La rencontre des experts prend fin ce jeudi. Cette rencontre des experts des deux a pour objectifs d’évaluer les conclusions et recommandations de la session précédente, qui s’est tenue en 2004, mesurer les progrès réalisés et les obstacles rencontrés et envisager ensemble de nouvelles perspectives. Elle intervient après 19 ans d’hibernation marquée par de «récents malentendus» relatifs à l’affaire des 49 militaires ivoiriens, la coopération entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Cette réunion s’inscrit dans une dynamique de raffermissement et de diversification des relations de coopération qui lient les deux pays. Elle doit permettre aux deux parties de réaffirmer leur engagement et leur volonté de renforcer davantage les relations de coopération bilatérale en leur insufflant une nouvelle dynamique dans l’intérêt réciproque des deux pays. Remerciant les autorités maliennes pour l’accueil «chaleureux» qui a été réservé à sa délégation, Abdoulaye Kouyaté a espéré que « cette rencontre soit l’occasion de tourner définitivement la page de longues pauses dans une relation qui dispose pourtant de tous les leviers pour figurer au nombre des plus dynamiques dans l’histoire de la coopération Sud-Sud sur notre continent. » La grande commission mixte de coopération Mali-Côte d’Ivoire a été créée en 1977 à Abidjan. Elle devrait se réunir tous les deux ans, alternativement entre les deux pays, afin de faire le point de la coopération bilatérale. BD/MD (AMAP)
Rencontre internationale à Bamako : Quelles stratégies pour une paix durable au Sahel ?
Bamako, 22 mar (AMAP) Les stratégies pour une paix durable sont au cœur d’un séminaire international organisé, à Bamako, au Mali, par l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye (EMP-AB) dont l’objectif est d’approfondir les réflexions sur les mécanismes du dialogue interculturel et interreligieux afin d’actionner les leviers à mettre à contribution dans les stratégies et pistes de solution pour une paix durable au Sahel. Le continent africain a toujours été une terre de rencontres, de brassage et d’interpénétration où diverses communautés ethnolinguistiques et religieuses ont vécu dans une symbiose parfaite, partageant un héritage commun. Paradoxalement, depuis des décennies, les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad etc.) sont le théâtre d’une crise sans précédent, marquée par des évènements tragiques et funestes qui ont répandent la terreur et sème la psychose. Malgré les efforts des gouvernements respectifs appuyés par la communauté internationale, des conflits intra et intercommunautaires persistent et continuent d’endeuiller les populations, mettant en mal le vivre ensemble dans la région. C’est en réponse à cette situation que l’EMP-ABB organise, depuis mardi, dans ses locaux, un séminaire international de haut niveau, de trois jours, sur le thème : « dialogue interculturel et interreligieux : quelles stratégies pour une paix durable au Sahel ?» Pour le directeur de l’EMP, le colonel Souleymane Sangaré, nos cultures et nos cultes portent les ressorts de la paix. «Ils portent le ferment de l’amour du prochain, les voix de la tolérance et du pardon», a déclaré le colonel Sangaré. Cela est d’autant plus vrai que pendant des siècles et chaque fois que cela est nécessaire, « nous avons su trouver les équilibres pour vivre les uns à côté des autres, en étant riches de nos différences et de notre diversité », a-t-il rappelé. Avant d’inviter les participants à interroger la façon dont ces vertus peuvent être employées pour retrouver la paix dans le Sahel pour nos communautés et nos pays. D’après le directeur de l’EMP, il urge, « en ces moments de crises profondes dans nos différents pays, de recourir aux mécanismes endogènes de pacification. Mais, aussi, aux valeurs qui nous sont chères pour faire face aux nouvelles formes de menace à notre survie. » De son côté, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a souligné que nos ancêtres ont mieux réussi le brassage ethnique et le dialogue interculturel qui nous permet, aujourd’hui, de respirer un air sociétal sain. Pour lui, le dialogue interculturel est une arme séculaire de prévention et de résolution des conflits dans notre pays. « Il est, aussi, source d’initiatives pour réconcilier les cœurs, consolider la cohésion sociale, la solidarité et la paix, gage d’un développement harmonieux et durable », a indiqué M. Guindo. Pour sa part, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major, Ismaël Wagué, qui a présidé, il a dit que le but du dialogue interculturel et interreligieux est de détruire les préjugés qui peuvent exister. Il s’agit également d’apprendre à mieux connaitre les personnes ayant des convictions différentes des nôtres pour créer du lien social. « L’objectif final étant de permettre à des personnes de convictions différentes de vivre ensemble dans une même société. Cette démarche est en réalité le complément social indispensable à la laïcité», a estimé le ministre Wagué. Pour lui, toutes les religions et cultures ont un rôle important à jouer pour maintenir la paix et la réconciliation. Plusieurs membres du corps diplomatique étaient présents à l’ouverture des travaux. BD/MD (AMAP)
Médecins Sans Frontières (MSF) se réjouit de son bilan 2022
Bamako, 22 mar (AMAP) « Médecins Sans Frontières (MSF) a un bilan globalement satisfaisant » au Mali, a déclaré, mardi, à Bamako, le coordinateur médical de MSF au Mali, Dr Jean-Gilbert Ndong. « Nous avons pu atteindre nos objectifs en termes d’accès aux soins de santé pour les populations vulnérable, prendre en charge des enfants et adultes atteints de paludisme », a dit le Dr Ndong, lors d’un Café de presse, une première, organisé par MSF, en collaboration avec le ministère malien de la Santé et du Développement social Lors de cette rencontre avec les médias dont l’objectif était la « présentation du bilan annuel 2022 de Médecins Sans Frontières au Mali », le coordinateur médical de MSF au Mali, a ajouté que dans le cadre de la santé de la reproduction, l’organisation médicale et humanitaire « a pu offrir aux femmes enceintes d’accoucher dans des conditions sécurisées, faciliter la prise en charge des enfants à travers les services de néonatologie et pédiatrie » dans les différents projets de Kidal, Tombouctou, Gao, Ansongo, Niafunké (Nord), Douentza, Mopti, Koro, Niono, Ténenkou (Centre), Bamako et Koutiala (Sud). Pour sa part, le chef de mission adjoint de MSF, Dr Innocent Kunywana, a dit que, malgré les résultats obtenus, l’organisation a fait face à différents défis en 2022. D’abord, il y a l’accès difficile aux populations, voire impossible dans certaines zones dont Mondoro, Ténenkou et Koro (Centre), Ansongo, Niafunké (Nord) « en raison de l’insécurité. » Ce qui a malheureusement entraîné la suspension ou l’arrêt des activités (cliniques mobiles, approvisionnement en intrants de service de santé, ONE SHOT). Ensuite, les pannes répétitives, voire l’arrêt de la seule radiothérapie du pays entrainant une augmentation du nombre de séances de chimiothérapies pour les patientes en traitement de cancer, l’approvisionnement difficile à cause de l’embargo en janvier 2022, le durcissement des mesures administratives et douanières provoquant des ruptures de stocks d’intrants sur les projets. Vu l’accès difficile par la route Bamako-Gao, MSF utilise le transport aérien, très couteux pour l’envoie de cargo. Enfin, « MSF est victime de fausses informations sur internet qui a pour conséquence une sous-information de la population néfaste pour l’accès des populations aux soins. » « Les infrastructures et personnels soignants sont pris pour cible entrainant la fermeture de plusieurs centres de santé. Le coût de ces opérations est de 14 milliards de Fcfa », a indiqué Dr Innocent Kunywana. Pour 2023, MSF prévoit de renforcer sa présence sur le terrain afin que l’accès aux soins de santé soit une réalité pour les populations. Le chef de mission adjoint de MSF, Pr Didier Tshialala, explique : « Il s’agit de consolider l’accès aux soins de santé pour les populations isolées et améliorer la qualité des soins offerts en milieu isolé, poursuivre la mise en œuvre de projets innovant dont E-care, assurer la formation technique continu des staffs MSF-Ministère de la santé et du développement social en dépistage du cancer, premiers soins en santé mentale et en psychiatrie … ». De plus, MSF prévoit de financer la construction d’un nouveau Centre de santé communautaire (CSCOM) avec bloc opératoire pour la chirurgie orthopédique et abdominale à 600 millions Fcfa. « Ceci est vital dans une zone où l’on utilise des armes à feu et blanches. Certaines personnes blessées mortellement ou d’autres, viennent avec leurs viscères dans les mains qu’il faut immédiatement prendre en charge, car le référencement vers d’autres centres est risqué, vu l’insécurité ». Dr Ben Moulaye Haidara, représentant la ministre de la santé et du Développement social s’est félicité des interventions de MSF, malgré les risques sécuritaires. Il a loué les travaux réalisés et assuré de la disponibilité du département à l’accompagner. Médecins Sans Frontières est une organisation médicale et humanitaire internationale qui apporte une assistance médico-humanitaire à des populations dont la vie ou la santé est menacée principalement en cas de conflits armés, mais aussi d’épidémie, de pandémie, de catastrophes naturelles ou encore d’exclusion des soins. Présent au Mali depuis 1985, MSF a intensifié ses interventions avec l’éclatement de la crise sécuritaire de 2012 dans les Régions du Centre et du Nord. OS/MD (AMAP)
Énergie : Une première centrale électrique à gaz à Diatoula, près de Bamako
Bamako, 21 mar (AMAP) Genesis Energy, une société londonienne de production d’électricité, en collaboration avec l’usine Malian Cashew Corporation Sarl (MACC), a installé à Diatoula (près de Sénou) la première centrale de production d’électricité via le gaz. D’une puissance de production de 80 MW, la centrale fournira à l’usine une énergie moins chère que celle produite par les générateurs au diesel et plus fiable que les panneaux photovoltaïques car plus constante. Cette énergie est, également, beaucoup moins polluante. La cérémonie d’inauguration de cette centrale à gaz a eu le 9 mars dernier, à Diatoula, à l’usine Malian Cashew Corporation Sarl (MACC). Elle était présidée par le directeur général de l’Agence pour la promotion des exportations du Mali (Apex-Mali), Massoudou Cissé, en présence du représentant du directeur général de Genesie Energy, Akinwole Omboriowo, du représentant de Malian Cashew Corporation Sarl, Firoz Kapadia et beaucoup d’autres invités. Selon le directeur régional de Genesis Energy, Henry Dubier, ce projet est une preuve de l’engagement de sa compagnie «à décarboniser l’Afrique en général et le Mali en particulier». Et d’ajouter que l’électricité étant au cœur du développement, les pays doivent être en mesure d’en produire efficacement. «Par cette réalisation qui allie l’expertise de Malian Cashew, l’industrie et l’agriculture du Mali, le savoir-faire panafricain de Genesis, la technologie américaine des turbines Capstone, le gaz importé de la sous-région, nous avons le parfait exemple que la meilleure façon de progresser, c’est de travailler ensemble», a commenté Henry Dubier. Il a ajouté que c’est une meilleure manière de réitérer leur vision qui est d’éclairer l’Afrique, de développer des solutions énergétiques plus pratiques et en phase avec les besoins de notre continent. Le représentant de Malian Cashew Corporation Sarl a soutenu que grâce à la nouvelle centrale électrique, cette usine est économe en énergie, rentable, brûle du gaz moins néfaste sur l’environnement contrairement au diesel. Cette centrale à gaz règle aussi les besoins énergétiques de l’usine. Et Firoz Kapadia de préciser : «Ces micro-turbines sont très efficaces contrairement aux moteurs diesel et peuvent également utiliser la chaleur générée pour produire plus d’électricités». «Grâce à cette technologie, nous sommes en mesure de réduire notre facture énergétique et, plus important encore, nous avons le confort nécessaire que notre usine ne subira aucune panne pendant la haute saison. Notre engagement envers le Mali et l’Afrique de l’Ouest nous a amenés à mettre en place une usine de transformation de noix de cajou de 15 tonnes par jour ici au Mali», a-t-il indiqué. Malian Cashew Corporation Sarl a, aussi, mis en place une usine de traitement de la gomme arabique au Mali et agrandi cette usine pour traiter l’huile de sésame et l’huile d’arachide. L’entreprise emploie actuellement plus de 350 personnes. Au cours des cinq prochaines années, la société prévoit des plans ambitieux pour soutenir la croissance de cette usine et soutenir le gouvernement du Mali dans sa tentative de moderniser ses infrastructures et de créer beaucoup plus d’emplois. Le directeur général de l’Apex-Mali, Massoudou Cissé, a renouvelé l’engagement du Mali à accompagner les entreprises dans le cadre du développement. Selon M. Cissé, le gouvernement est résolument engagé dans un processus de transition énergétique depuis quelques temps « afin de soutenir l’énergie au bénéfice des citoyens. » OD/MD (AMAP)

