Mopti : lancement de la 18ème édition de la campagne nationale de reboisement

Mopti, 19 septembre (AMAP) Le village artisanal de Mopti a abrité le mercredi 14 septembre dernier la cérémonie de lancement régional de la 18ème édition de la campagne nationale de reboisement placé sous le thème « Une seule terre, agissons ensemble », a constaté l’AMAP. L’événement qui était présidé par le conseiller aux Affaires Administratives et juridiques du gouverneur de la région, Youssouf Niaré a enregistré la présence de plusieurs personnalités dont le premier vice-président du conseil régional, Haibala Ould, le directeur régional des eaux et forêts, Ousmane Samassékou, le représentant du maire de la commune urbaine de Mopti, Idrissa B CISSE, celui de l’ONG NEF, Daouda Cissé et de nombreux invités. Pour cette campagne régionale de reboisement dont l’objectif est d’assurer la gestion durable des ressources forestières par l’amélioration de la couverture végétale et l’atténuation des effets négatif du changement climatique, la région de Mopti entend contribuer à l’atteinte des objectifs de la campagne nationale avec la production de 427 781 plants, le reboisement de 981 ha toutes technologies confondus et l’appui a la régénération naturelle assister dans les exploitations agricoles de 850 ha. Le représentant du maire, Idrissa   B CISSE s’est réjoui du choix de sa collectivité pour abrité cet événement plein de signification pour la prospérité des agglomérations. A sa suite, le directeur du village artisanal, Boubacar Diarra, le coordonnateur de l’association Malienne pour le développement communautaire et la citoyenneté active, Ibrahima Sow, le représentant de l’ONG NEF, Daouda Cissé et celui de la MINUSMA qui accompagnent les initiatives de la direction régionale en matière de reboisement et le représentant de l’exécutif régional, Youssouf Niaré se sont succédés au pupitre pour d’avantage magnifier l’importance de la campagne. Dans son intervention le représentant du directeur pays de l’ONG NEF, Daouda Cissé a expliqué que sa structure intervient dans la région à travers les programmes et projets d’appui à la sécurité alimentaire et la résilience des populations aux crises climatiques et sociales (PASARC/CCC) financé par le Royaume des Pays Bas, le projet des forêts pour un avenir résilient de l’Alliance Globale contre le changement climatique au Mali (AGCC-Mali) une contribution de l’Union Européenne et le programme Agroalimentaire pour la résilience intégrée et le développement économique du Sahel appuyer par le ministère Néerlandais des affaires étrangères. La mise en œuvre de ces projets et programmes qui vise à renforcer la capacité des acteurs des communautés à s’attaquer aux sources des conflits et aux effets néfastes des changements climatiques a permis l’élaboration de 23 plans d’aménagement et de gestion simplifiée et autant de convention locales de gestion des forêts dans les communes de Konna,Korombana, Ouroube Soudé,Kounari, Borondougou, Bassiro, Sio (cercle Mopti), Pondoir, Nema Badenya Karo,  Ôuro Ali, Niansanari (cercle de Djenné) pour une superficie de 3 672 ha a-t-il indiqué. Le renforcement des capacités des comités de gestion, des brigades de surveillance, des élus et les organisations féminines , la plantation de 629,49 ha tout espèces confondu clôturé en grillage ou en haie vive, la réalisation de 51,57 ha de plantation de protection et 91,92 ha de plantation Agro forestière, la mise en défense de 6 massifs forestiers de 743,76 ha délimités, bornés et encadrés, la restauration de 139,44 ha de terres dégradées sont entre autres des actions qui font de l’ONG NEF un partenaire stratégique de la région en matière de reboisement. Le représentant du gouverneur a rappelé l’objectif principal de la campagne qui est d’éveiller les consciences tant au plan national qu’international sur la nécessité de la restauration des terres dégradées, l’embellissement des agglomérations et la conservation de la biodiversité toute chose qui selon lui explique l’importance du thème de cette 28ème édition « Une seule terre, agissons ensemble ». Il a rappelé que dans la région de Mopti, la campagne prévoit la production de 427 781 plants, le reboisement de 981 ha et l’appui à la régénération de de 850 ha. En saluant l’ONG NEF, pour son appui, les associations de jeunes AMADECA et CAPRECIS pour leur implication, Youssouf NIARE a souligné que l’atteinte des objectifs de reboisement de la région requiert sa réplication au niveau des cercles, communes et villages avec l’accompagnement de tous les acteurs. Il a donné le top départ de la campagne en plantant son arbre et par la même veine la réalisation de 500 mètres linaire de plantation d’alignement dans la cour du village artisanal de Mopti.  DC/KM (AMAP)

Vieux Farka Touré : L’album du retour aux sources

Par Moussa BOLLY Bamako, 16 sept (AMAP) Après avoir exploré plusieurs pistes et expérimenté des genres musicaux afin de se faire une identité musicale propre, Vieux Farka Touré semble désormais décidé à suivre les traces de son illustre père en s’abreuvant aux racines du blues. Et cela avec un album bien nommé : «Les Racines». Une œuvre de dix titres produite sous le label World Circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022. «Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n’ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant. J’ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble». C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la presse, à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient, jusque-là, à un bruyant rock ‘n’ roll (Rock and Roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues, comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa, en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité. Et, il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses différents albums. Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees Records, 2017). Des œuvres qui lui ont  quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec des sources majeures d’influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael Jackson, Bob Marley… Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage, sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources. SUR LES TRACES DU PERE – Selon des critiques, les dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni Tie». En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent des critiques, «ce titre propulse aussi Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père. «Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour remplir par la suite ses fonctions d’adultes. Il s’agit ici d’une jeune fille qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à vagabonder, elle n’écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce qu’on a des valeurs coutumières à respecter. Tu dois respecter tes parents et toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles», raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit, sans doute, se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie  avec la musique songhaï que des critiques qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretté Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver que les racines du blues sont Afrique, notamment sur les berges du Djoliba (fleuve Niger). Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui : c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé, c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» ! Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales… et, soudain, revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher dans les pas de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines). QUETE D’UNE SONORITE ATYPIQUE – Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie du Coronavirus pour faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J’avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C’est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire», reconnaît-il. «C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très

Le théâtre pour enseigner la citoyenneté dans la Commune de Massigui

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le théâtre de sensibilisation ou théâtre utile a de beaux jours devant lui, surtout dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle comme le Mali. Deux pièces de théâtre pour sensibiliser la jeunesse et les populations à la citoyenneté de dix villages de la Commune rurale de Massigui, dans la Région de Dioïla, pas loin de Bamako, la capitale malienne. Voilà la dédicace du comédien Seydou Doumbia. «Jeunesse et cohésion sociale» et «San bèna k’a ko to ngomi yé» ou « Après la pluie, c’est la rosée» des œuvres écrites et mises en scène par un duo bien connu dans le théâtre malien, Aguibou Dembélé et Issa Coulibaly. La pièce «Jeunesse et cohésion sociale» est jouée par onze personnages. Ce sont deux groupes de jeunes issues de mouvements politiques différents, les jeunes du même bord que les autorités communales convient à une réunion avec le camp adverse, initiée par le secrétaire général de la jeunesse communale, pour parler de travaux d’utilité publique qui rentrent dans le cadre de la citoyenneté. Au départ, il y avait la réticence du camp adverse qui pensait que toute personne qui ne milite pas dans le même parti que les autorités ne doit pas contribuer au développement communautaire. Par finir, l’entente revient au sein de la jeunesse, pour le bonheur de la commune. Quant à la deuxième pièce, elle regroupe six personnages et parle d’une incompréhension entre la jeunesse et les personnes âgées aux commandes des affaires communales. Les jeunes pensent que les ainés ne veulent pas aller à la retraite pour céder la place. Chaque partie a des arguments à avancer mais. à travers une initiative prise par les jeunes pour le développement communautaire, les ainés finissent par faire confiance aux jeunes pour préparer la relève. C’est à travers une tournée populaire très suivie que les 17 jeunes, de la Commune qui venaient d’être initiés à l’art dramatique par Seydou Doumbia, lui-même,  ont, non seulement, égayé les populations mais, également les ont sensibilisées sur les enjeux de la citoyenneté. Une tournée qui a eu lieu du 13 au 30 août dernier. En effet, dans le cadre du projet de sensibilisation avec pour thème : « Jeunesse et participation citoyenne au développement communautaire de Massigui », financé par l’ambassade royale du Danemark à travers le Famoc, la troupe a eu des représentations dans dix localités : Massigui, Ndjissembougou, Sérimanbougou, Falla Massara, Toukoro, Sanankoro, Séribala, Togo et Baba. La troupe Sigida est composée  de Oumar Thiero dans le rôle de Barou, Monzon Dembélé dit Jean, Nah Doumbia, Djénébou Coulibaly, Nana Konaté, Boubacar Diossé Doumbia, Maimouna Thiero, Karia Koné, Bintou Sangaré, Mahawa Coulibaly, Drissa Dramé, Konimba Coulibaly, Bakary Coulibaly, Moustapha Doumbia et Drissa Coulibaly. Malgré la saison des pluies qui bat son plein, les populations ont tenu à montrer leur enthousiasme par rapport à un tel évènement. L’initiateur, originaire de Massigui, en était le premier surpris. « A chaque étape, le public est sorti massivement pour envahir les différentes places publiques qui recevaient les représentations. Les enfants, les femmes, les adultes, malgré la fatigue des travaux champêtres de la journée tenaient à venir se faire plaisir à travers les deux pièces de théâtre que nous leur avons proposées, témoigne notre interlocuteur. Le spectacle a eu un tel succès que les 43 autres localités de la Commune de Massigui nous ont sollicité. Malheureusement, le projet ne permettait pas de couvrir ces derniers. » Le projet a pour but de renforcer le degré d’implication et de participation des jeunes à leur propre développement au niveau local. Il consiste à amener la jeunesse à devenir les vrais acteurs du développement de la commune de Massigui. Il doit permettre de renforcer l’engagement de la jeunesse dans l’exercice du leadership et de la citoyenneté. Au cours de la formation, qui a regroupé 90 jeunes, l’accent a été mis sur le leadership des jeunes. Ils doivent être les acteurs du développement local et du bien-être social. Vingt jeunes dont dix filles, y compris les personnes marginalisées, ont suvi la formation dramatique. YD/MD (AMAP)

Affaire des 49 militaires ivoiriens : Le Mali met en garde contre la transformation d’un dossier judiciaire en une crise diplomatique

Bamako, 16 sept (AMAP) Le gouvernement malien, par la voix du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a exprimé, jeudi, sa « très grande préoccupation et une profonde stupéfaction » après un Communiqué du Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire, tenu le mercredi 14 septembre 2022, au sujet des 49 soldats ivoirien », Dans un communiqué et une nouvelle mise au point suite à cette réunion des autorités ivoiriennes, sur la question des soldats ivoiriens interpellés, le 10 juillet dernier, l’aéroport de Bamako, le gouvernement du Mali précise que « c’est exclusivement en sa qualité » de président du Conseil supérieur de la magistrature que le colonel Assimi Goïta, a indiqué à la partie ivoirienne, « la nécessité de considérer la situation de certains Maliens, objet de mandats d’arrêts internationaux. » A la télévision nationale, le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a  ajouté que le gouvernement regrettée que « cette attitude responsable » du président de la Transition au Mali a été « malheureusement perçue par les autorités ivoiriennes comme une prise d’otages. » Ainsi, à la décision du gouvernement ivoirien de transformer un dossier judiciaire en une crise diplomatique en saisissant la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le chef du gouvernement par intérim a martelé que Bamako n’est « nullement concerné par cette procédure devant l’instance communautaire.». Selon le communiqué le gouvernement, qui indique à l’organisation sous régionale «que l’affaire des 49 mercenaires ivoiriens est purement judiciaire et bilatérale, met en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par les autorités ivoiriennes pour se soustraire de leur responsabilité, vis-à-vis du Mali. » Dans la même foulée, les autorités maliennes réitèrent leur « attachement à la paix, à la sécurité et aux relations séculaires de bon voisinage », tout en précisant que « pour le respect de sa souveraineté, sa sécurité nationale et aux intérêts vitaux de son peuple, il ne cédera à aucun chantage ou intimidation. » Le Premier ministre par intérim a rappelé que la justice malienne a ouvert une procédure d’information judiciaire pour des faits graves touchant entre autres, à la sécurité nationale et à la sureté extérieure de l’État au sujet des militaires interpellés. Le communiqué revient sur les « conditions illégales » dans lesquelles les militaires ivoiriens été interpellés à l’aéroport de Bamako.  Ces forces spéciales « sont arrivées au Mali en possession d’armes et de minutions de guerre, sans ordre de mission, ni autorisation, tout en dissimulant les identités et leurs professions réelles de militaires ainsi que l’objet précis de leur présence sur le sol malien », détaille le communiqué. Le gouvernement a également souligné que ni la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ni le ministère des Affaires étrangères allemand, saisis officiellement, n’ont reconnu des liens avec les soldats ivoiriens. « Par conséquent, aucune base légale ne saurait, à présent, justifier, ni leur présence, encore moins leur mission au Mali », précise le communiqué. Selon la même source, le gouvernement ivoirien « vient de se dédire en l’espace de 11 jours. D’abord, en reconnaissant, le 3 septembre, par la voix du directeur de cabinet du président ivoirien,  Fidèle Sarassoro, que « la Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. » « Un tel revirement grave de la part d’autorités étatiques ne visent qu’à manipuler et à entraver la manifestation de la vérité », pointe le gouvernement. Bamako ajoute que « le Gouvernement ivoirien accuse le Mali d’avoir pris en otages les Militaires ivoiriens, en faisant fi des conditions obscures et des manquements ayant entraîné l’inculpation par la justice malienne des 49 mercenaires ivoiriens. » MT/MD (AMAP)

Semaine nationale de la réconciliation au Mali : Mettre la diversité nationale au service de la cohésion sociale

Bamako, 16 sept (AMAP) La 1ère édition de la Semaine nationale de la réconciliation (SENARE) s’est ouverte, jeudi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), sur le thème : «Faisons de la diversité un atout pour la cohésion sociale au Mali» Du 15 au 21 septembre prochain, les participants, dans leur diversité socio-culturelle, ethnique et religieuse, discuteront des moyens de mobiliser les fils du Mali, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour des idéaux de paix, de tolérance, de cohésion, de pardon, de vivre ensemble, de réconciliation et de devoir d’assistance mutuelle pour la stabilité de la Nation. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, qui a ouvert la cérémonie, le colonel Assimi Goïta, a, dans son discours, exhorté l’ensemble des Maliens à « se focaliser sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous éloigne les uns des autres ». Il a, aussi, appelé à panser les plaies, malheureusement causées par l’incompréhension et prévenir d’autres blessures. En présence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et du corps diplomatique, le président de la Transition s’est dit convaincu que « les fils du pays mettront à profit cette opportunité pour panser les plaies, malheureusement causées par l’incompréhension et prévenir d’autres blessures ». Le colonel Assimi Goïta a, alors,  invité l’ensemble du peuple malien « à développer l’esprit de pardon et de réconciliation en se focalisant sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous éloigne les uns des autres ». Par les temps qui courent, le Mali a fortement besoin de cela. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre de chaque année comme SENARE a été pris. SOLUTIONS ENDOGÈNES – Pour le président Goïta, en promouvant le dialogue sincère, facteur de pardon et de cohésion, « nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux ». Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment. En organisant cette Semaine, les autorités de la Transition donnent un écho favorable à une volonté du peuple malien dont la finalité est de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux. « Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays », le chef de l’Etat a exhorté le département en charge de la Réconciliation à envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits dont elles ignorent les vraies raisons. En effet, cette Semaine « est une aubaine pour chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif ». ARMÉE REFONDÉE – Le colonel Assimi Goïta a, en outre, encouragé le département à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur. «Je suis sûr que la dynamique engagée depuis le début de cette Transition viendra à bout des forces du mal…», a dit le président de la Transition. Il a, ensuite, appelé solennellement les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation  en déclarant : « Le temps est venu de passer à l’union sacrée pour une Nation et une armée refondée et bâtie sur la volonté commune de ses fils… » Le chef de l’Etat a ajouté qu’il est également temps de faire le sacrifice des considérations subsidiaires au bénéfice de l’intérêt supérieur de nos populations et de notre patrie commune. Toutefois, il a affirmé ne pas douter « de leur volonté d’apporter leurs contributions à l’édification de la Nation, résolument engagée dans une dynamique de refondation ». De son côté, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, a indiqué que la préservation de la paix doit être notre quotidien. «De même, le dialogue et la concertation doivent être notre mot d’ordre afin que nos différends puissent se régler par la voie pacifique», a exhorté le colonel Wagué. « D’où le lancement de cette rencontre », a-t-il précisé, avant d’inviter l’ensemble des Maliens à une mobilisation et une forte implication pour la promotion du pardon, de la tolérance et de la paix entre Maliens. BD/MD (AMAP)    

Diéma : Attaque contre le convoi du gouverneur de Kayes en partance pour Bamako (Officiel)

Diéma, 15 sept (AMAP) Une attaque d’hommes armés non identifiés, contre le convoi du gouverneur de la Région de Kayes (Ouest), mercredi, aux environs de 15 heures, a fait un mort et deux blessés, ont indiqué des sources officielles. L’attaque contre le cortège, en route pour la capitale malienne, a eu lieu à 100 km, entre Diéma et Gomitradougou, sur l’axe Kayes-Bamako. Les deux blessés ont été évacués sur le Centre de santé de référence (CSRéf) de Diéma pour y recevoir des soins. Selon une source médicale, leur vie  ne serait pas en danger. Après leur forfait, les assaillants se sont fondu dans la nature, laissant sur les lieux un véhicule piégé. Les autorités sécuritaires appellent à la prudence. OB/MD (AMAP)

Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali  

Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ».   RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 septembre 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 14 septembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : –  adopté des projets de texte ; –  procédé à des nominations ; –  et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. Le Gouvernement a adopté la Loi n°2021-051 du 29 septembre 2021 portant modification du Code de procédure pénale pour renforcer le cadre institutionnel en matière de lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Cette modification a permis d’instituer le Pôle national économique et financier et de corriger les insuffisances du Code de procédure pénale en matière de saisie. Cependant, la conservation et la gestion des biens saisis dans le cadre de la procédure pénale, actuellement assurées par le Greffe sont confrontées à de sérieuses difficultés au niveau des juridictions en ce qui concerne entre autres : –  l’état de la conservation des objets saisis, leur gestion et les responsabilités liées à cette gestion avant la détermination de leur sort à la fin de la procédure ; –  l’insuffisance de moyens pour assurer la conservation et l’entretien des biens saisis en attendant la fin de la procédure. Il est apparu nécessaire de résoudre ces difficultés conformément aux dispositions pertinentes des instruments juridiques internationaux de lutte contre la corruption et les infractions assimilées pour éviter de compromettre le désintéressement des victimes. Les projets de texte sont adoptés dans ce cadre. Ils créent sous la forme d’établissement public à caractère administratif l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. La création de cette Agence contribue à l’amélioration de la gouvernance dans le domaine de la gestion des avoirs dans le cadre de la procédure pénale. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux de réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section : Sévaré-Boré (111 km). Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement de bureaux d’études GIC MALI/NOVEC MALI-SA pour un montant de 962 millions 500 mille francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de vingt-six (26) mois. La réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section Sévaré-Boré contribuera, notamment à améliorer les conditions de transport des personnes et de leurs biens et à promouvoir l’économie nationale. Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012, régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs. L’élevage et la pêche sont des sous-secteurs clés de l’économie nationale. Ils contribuent au produit intérieur brut respectivement à hauteur de 15% et 2,4%. En dépit de son potentiel important, les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche sont confrontés à des contraintes parmi lesquelles la faible productivité des différents systèmes de production, les faibles niveaux d’organisation des acteurs des filières animales et aquacoles et de financement. Pour faire face à la faible productivité des races locales, le Gouvernement s’est engagé, depuis 2010, dans une politique de diffusion de l’insémination artificielle en favorisant la création de centres privés agréés à cet effet. La Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012 régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs a été adoptée pour mieux encadrer la diffusion de l’insémination artificielle. Le présent projet de décret est adopté dans le cadre de la mise en œuvre de la loi du 23 janvier 2012. Il prend en compte : –  la définition des rôles et devoirs des centres privés agréés de production et de diffusion des semences, d’ovules, d’embryons d’origine animale ainsi que de reproducteurs ; –  l’encadrement des activités du Centre d’Insémination artificielle animale en vue de l’accroissement des productions animales par l’utilisation des techniques de l’insémination artificielle ; –  l’utilisation de l’ovule et de l’embryon dans les programmes d’amélioration génétique des animaux avec l’application de la biotechnologie ; –  le développement de l’aquaculture avec l’émergence du sous-secteur de la pêche dans l’économie nationale. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL –  Inspecteur en Chef à l’Inspection de la Santé : Monsieur Seydou SOGODOGO, Médecin épidémiologiste. –  Inspecteur en Chef Adjoint à l’Inspection de la Santé : Monsieur Abdoulaye KONE, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS, CHARGE DE L’INSTRUCTION CIVIQUE ET DE LA CONSTRUCTION CITOYENNE – Conseiller technique : Monsieur Djibril DANSOKO, Conseiller des Affaires étrangères. AU TITRE DU CABINET DU MINISTRE DELEGUE AUPRES DU PREMIER MINISTRE, CHARGE DES REFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Chargé de mission : Madame Nakani dite Mah Belco BADA, Spécialiste en Finances Management. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions a informé le Conseil des Ministres de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat. En vue de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat, un cadre institutionnel de pilotage a été fixé par le Décret n°2022-0516/PM-RM du 1er septembre 2022. Les activités ci-après sont envisagées : –  des rencontres de présentation et d’appropriation du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat avec les représentants de la haute Administration, des

Fonction publique du Mali : Le recensement des agents a débuté le 1er septembre jusqu’en novembre prochain

Bamako, 14 sept (AMAP) Le recensement des agents de la Fonction publique de l’État et des Collectivités territoriales a débuté le 1er septembre et prendra fin le 30 novembre prochain, annonce une lettre circulaire du 31 août 2022. Selon cette lettre relative au déroulement de cette phase du projet Système intégré de gestion des ressources humaines des Fonctions publiques (SIGRH), cette opération concerne tous les agents de l’État et des Collectivités territoriales sur l’ensemble du territoire malien, dans les ambassades et les consulats. « Ce recensement cible précisément les agents fonctionnaires et contractuels de la Fonction publique de l’État, du statut général et des statuts autonomes ». Les Forces de défense et de sécurité sont exemptées. L’opération concerne, aussi, les agents fonctionnaires et contractuels des collectivités territoriales des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi et de la formation professionnelle pris en charge par l’État, à travers le système de mise à disposition. « Les enseignants des écoles communautaires (ECOM), les animateurs du Centre d’éducation pour le développement (CED), du Centre d’alphabétisation fonctionnel (CAF), du Centre d’apprentissage féminin (CAFE) et du Centre d’éducation pour l’intégration (CEI) bénéficiant des appuis financiers du budget d’État sous forme de subvention et les fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale » font également partie de la population cible de ce recensement. Les agents contractuels des collectivités territoriales payés sur ressources propres en font partie. Tout comme les agents des organismes spécialisés Établissement public à caractère administratif (EPA), Établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST), Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), Établissement public hospitalier relevant de la Fonction publique de l’État. Ces populations cibles doivent renseigner la Fiche individuelle de collecte de données disponible chez leurs chefs de services respectifs. Et y joindre une copie de l’arrêté de leur intégration ou de la décision de leur recrutement, une copie de la carte Nina ou de la fiche descriptive individuelle. Et également une copie de leur extrait d’acte de naissance y compris celle de l’acte justifiant leur position statutaire. Cette phase de recensement dans le cadre du projet SIGRH a été lancée le 1er septembre dernier. « Le projet vise à lutter contre la fraude et à faire des économies sur les budgets de l’État et des collectivités. Il permettra également d’avoir une maîtrise des effectifs et de la masse salariale ». MDD/MD (AMAP)  

Tontine en troc : Un bon investissement

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 09 sept (AMAP) Une nouvelle forme de tontine, organisée autour d’articles divers comme le savon, les pagnes et même l’or, fait fureur chez les femmes.  «À l’origine, la tontine est une manière pour les femmes de s’entraider ou de se rencontrer pour discuter de leurs problèmes, payer chacune une somme d’argent qu’elles octroient aux membres de l’association à tour de rôle », explique d’Awa Soumaoro, retraitée domiciliée à Sébénikoro, un quartier de Bamako, la capitale malienne. « Aujourd’hui, la tontine a beaucoup évolué et tend à devenir un vrai business entre des groupes de personnes», ajoute Awa Soumaoro Notre interlocutrice sait de quoi elle parle, elle qui a été, pendant de longues années, membre de ce qu’on appelle «Ton» en bambara. Fatoumata Diaby, dite Faty est «Ton Ba» (responsable de tontine). Elle et les autres adhérentes cotisent, depuis quatre ans, pour s’acheter de l’or. «Je fais la tontine de l’or parce que la demande est là. Cette tontine permet, par exemple d’avoir des bijoux en métal jaune qui coûtent très cher sur le marché», sourit la jeune fille qui gère un magasin de vente de bijoux en or, à Boulkassoumbougou, un quartier de Bamako. Cette femme d’affaire est membre ou responsable de plusieurs tontines. «Je fais également le business tontine qui consiste à récolter du matériel que les membres veulent vendre par exemple »,dit-elle. L’objectif est d’aider les adhérentes « à lancer leur commerce parce que ce n’est pas facile d’économiser soi-même de l’argent pour pouvoir acheter des produits ou articles nécessaires pour ce faire», explique Faty, qui précise que généralement, elle connait les membres. « Le réseau, s’empresse-t-elle d’ajouter, est ouvert à tout le monde ». «Aux personnes désireuses d’adhérer à l’association, j’exige une copie de la carte d’identité en cours de validité.  La personne paie aussi une caution égale à la contribution mensuelle et signe un engagement personnel devant l’officier de police ». « Ainsi, nous pouvons avoir l’autorisation de saisir les biens des mauvais payeurs pour éponger les impayés», ajoute Faty. Concernant la tontine pour l’or, chacun paye 100 000 Fcfa par mois pour avoir l’équivalent d’un million de Fcfa en métal jaune. Celles qui payent la moitié perçoivent l’or d’une valeur de 500 000 Fcfa. «Le cours de l’or varie. Le gramme vaut actuellement 38 000 Fcfa. Le poids pour chaque membre est fonction du prix de l’or sur le marché. L’or que je vends vient de Dubaï», nous explique Fatoumata Diaby. GRAMMES D’OR – Notre interlocutrice a créé un groupe WhatsApp qui lui permet d’envoyer la photo des bijoux à celles qui en font la commande. «On passe la commande et je conduis l’intéressé à la boutique à Boulkassoumbougou pour récupérer son bijou contre une facture d’achat», précise Faty. Elle ajoute que l’objectif visé est de permettre aux femmes d’avoir ce qu’elles veulent et leur permettre de faire des investissements. La commerçante assure ne recevoir aucune rémunération en échange. Les attentes des adhérentes sont-elles comblées ? À en croire Fanta Diallo, membre de la tontine de Faty, la réponse est oui. «La tontine m’a permis d’avoir 27 grammes d’or dont une chaine, des boucles d’oreille et une bague pour ma fille qui va bientôt se marier :, dit-elle. « Sans la tontine, je ne sais pas comment j’allais obtenir un tel trésor», témoigne Fanta, sourire aux lèvres. Comme Faty, plusieurs autres femmes initient des tontines. Détentrice d’une licence en agroéconomie de l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou, Aminata Soumano est entrepreneuse. Elle tient une boutique à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. «Je fais des tontines de savons, wax, draps et de basin Getzner», dit la jeune dame de 30 ans dont les activités se passent de façon virtuelle. GROUPE WHATSAPP – La date de démarrage de la tontine est annoncée en ligne via les plateformes de réseaux sociaux. «Quand les membres atteignent le nombre souhaité, je crée un groupe WhatsApp pour les répertorier. Le canal de communication établi, les membres sont informés à chaque fois qu’une personne paye sa cotisation», confie l’agronome. Elle précise que la tontine dure environ un an. La cotisation de la tontine pour les pagnes wax qui compte dix membres, est de 8 000 Fcfa, soit un montant total de 80 000 Fcfa. «Je peux avoir les pagnes à 7 500 Fcfa avec les grossistes, soit une remise de 500 Fcfa par pièce :, explique noyre interlocuteur. Les photos des adhérents sont envoyées sur le groupe. Le choix des pagnes est fait en fonction de la marque. Il y a des pagnes qui viennent de la Chine, d’Inde et de la Turquie. À leur arrivée, les pagnes sont livrés par un coursier. Et, après réception du colis, la photo est partagée sur le groupe pour permettre à tout le monde de s’assurer de l’arrivée de la commande. Pour adhérer, «il faut juste être sérieux», souligne Aminata, en précisant que la photo de chaque membre est publiée sur le groupe. Membre de la tontine, Rabia Cissé, 22 ans, avoue qu’au début elle s’en méfiait parce qu’elle ne connaissait pas l’initiatrice. «Mais la tontine de wax dont je suis membre s’est bien déroulée», confirme-t-elle assurant avoir intégré le groupe pour aider sa mère à constituer son trousseau de mariage. Fatoumata Diané est initiatrice d’une tontine de chaussures, de hijabs, d’abaya (longue robe noire portée par les femmes musulmanes) et de foulards. Elle dit avoir choisi ces articles pour faciliter l’achat de ses marchandises et fidéliser la clientèle. «J’organise cette tontine entre les étudiants de mon université. Nous sommes dix personnes. Chaque membre paye 2 000 Fcfa par semaine pour un total de 20 000 Fcfa. Libre à eux de choisir ce qu’ils veulent : hijabs, foulards, chaussures ou abaya. Elle a créé un groupe WhatsApp à travers lequel elle envoie les photos de ses marchandises pour attirer davantage les membres de la tontine, mais aussi de nouveaux clients. Et d’assurer que pour le moment, elle ne se plaint pas. FMS/MD (AMAP)