Pr Amadou Keïta, ministre des Mines : « L’objectif final des reformes du secteur minier est que tout l’or produit au Mali soit raffiné sur place »

Bamako 1er Oct (AMAP) Les chantiers de réformes dans le secteur des mines avancent. Plusieurs entreprises minières s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. Aussi, notre dispositif se renforce-il avec la perspective de création d’une brigade spéciale des mines et d’un commissariat chargé des activités minières. Ces informations sont données par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, dans cette interview exclusive. L’Essor : Que peut-on retenir de la mise en œuvre du nouveau code minier et de la loi sur le contenu local, une année après leur adoption ? Pr Amadou Keïta : Notre pays a pris l’option en 2023 d’adopter un nouveau code minier et, pour la première fois de notre histoire, une loi relative au contenu local. Ce sont là des réformes majeures qui s’inscrivent dans une vision globale de la refondation de notre État. Ces deux textes sont l’émanation d’une aspiration forte du peuple malien exprimée lors des Assises nationales de la Refondation et ont été conçus pour apporter une nouvelle perspective malienne à la gestion des ressources minérales. C’est donc une réforme qui suscite beaucoup d’espoir et qui nous engage, en tant qu’administration en charge des Mines, à travailler à leur applicabilité. C’est dans ce sens qu’en juillet 2024, les décrets d’application du Code minier et de la loi relative au contenu local dans le secteur minier ont été adoptés. C’est dire qu’il n’est pas venu le temps de tirer un bilan de la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, mais que nous avons espoir que lorsqu’ils seront appliqués dans leur amplitude, le Mali pourra s’enorgueillir d’un secteur minier totalement intégré à l’économie nationale et capable d’impulser le développement. Il faut, cependant, souligner la convergence de vue avec l’ensemble des acteurs du secteur minier. En effet, plusieurs entreprises minières, après des négociations, s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. L’Essor : Aux yeux de nombreux Maliens, la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM) connaît un démarrage timide. Que faut-il aujourd’hui pour rendre cette structure véritablement opérationnelle ? Pr Amadou Keïta : C’est un constat qui ne prend pas toujours en compte le contexte dans sa globalité et les actions en cours pour permettre à la Sorem de faire face aux défis du moment. En effet, la société d’État SOREM, créée en août 2022, porte en elle une volonté affirmée du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de remettre l’État au cœur du système de recherche, d’exploitation et de commercialisation des produits miniers. Son opérationnalisation est l’une des priorités du département des Mines. Cette société a tenu la 2ème session de son conseil d’administration le 25 juillet 2024 et vient de se voir attribuer par le Conseil des ministres un permis de recherche d’or sur le périmètre de N’Tahaka d’une superficie de 97,41 km², dans le Cercle de N’Tillit à Gao. Les données recueillies suite aux travaux de recherche géologique et minière exécutés dans le district géologique du Gourma oriental, nous ont permis de mettre en évidence plusieurs secteurs d’intérêt potentiel dont celui de N’Tahaka et la SOREM est déjà engagée à approfondir l’exploration en vue d’une exploitation prochaine des richesses du sous-sol au bénéfice des peuples du Mali. Elle s’active, également, depuis quelques semaines à un positionnement stratégique sur les mines en difficultés dans notre pays. C’est le cas de la mine de Morila qui reviendra sous la coupe de la SOREM afin de s’assurer de la continuité de son exploitation après les moments difficiles que la mine a connus du fait de l’indélicatesse de son précédent opérateur. Les autres actifs miniers appartenant à cette société australienne reviendront également à la SOREM. L’État entend apporter les moyens utiles et adéquats à la SOREM pour mener à bien sa mission. L’Essor : Où en êtes-vous avec le projet d’installation de l’usine d’affinage d’or ? Pr Amadou Keïta : Ce projet est une des dimensions du partenariat que nous avons avec la Russie dans le secteur minier et il se présente comme un tournant décisif dans l’organisation et la gestion de ce secteur. Vous n’êtes pas sans savoir que l’objectif final de ce processus est que tout l’or produit sur le territoire du Mali soit raffiné au Mali dans des conditions optimales. C’est un processus qui évolue bien et demande une coopération intense à plusieurs niveaux. L’État a mis à la disposition de ce projet d’usine d’affinage un espace de 10 hectares et dispose d’un plan de conception sommaire de l’unité. Le cahier de charges ainsi que les éléments nécessaires pour la conduite d’une étude de faisabilité sont disponibles. Un suivi régulier est fait avec le partenaire russe pour que notre pays dispose, après un peu plus de 60 ans d’exploitation de l’or, d’une usine d’affinage répondant aux standards internationaux. L’Essor : La renégociation du contrat de lithium de Goulamina a permis de porter la participation de l’État et des nationaux à 35% contre 20% précédemment. Que représente cette part en termes de ressources pour les caisses publiques ? Pr Amadou Keïta : Je voudrais d’abord féliciter le gouvernement du Mali pour cet accord et pour le projet de la mine de lithium de Goulamina, l’un des plus grands projets de lithium en Afrique et dans le monde. Il reflète la politique de diversification que nous prônons dans l’exploitation des ressources minérales de notre pays. Pour revenir à votre question, il est important de voir au-delà des pourcentages énoncés qui concernent, uniquement, l’apport direct du secteur minier, en termes de dividendes, à l’État et aux nationaux qui seront actionnaires. À ce niveau, une première estimation fait état d’une augmentation du budget de l’État à hauteur d’environ 100 milliards de Fcfa par an. Mais, je voudrais faire noter que ce projet de la mine de lithium de Goulamina aura des apports sous d’autres formes qui permettront une contribution additionnelle significative au financement du développement des secteurs minier et énergétique, du secteur des infrastructures et

Office du Niger : Bonne physionomie de la campagne agricole

Par Mamadou SY Ségou, 30 sept (AMAP) La tendance actuelle laisse entrevoir des rendements prometteurs avec une bonne physionomie des champs, a pu constater le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, en visite les 27 et 28 septembre derniers dans la zone Office du Niger et Office riz Ségou (ORS), dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2024-2025. Cette visite, après dans la zone cotonnière, avait pour but de s’enquérir de l’état de la campagne agricole et d’échanger avec les producteurs. Au premier jour de sa visite, le ministre de l’Agriculture s’est rendu dans la zone Office du Niger où les activités de la campagne agricole se déroulent normalement. L’état des cultures est assez rassurant dans l’ensemble, avec des plans de riz qui sont au stade du tallage et d’épiaison. Sur sa parcelle, dans la zone de production de M’Bewani, Yacouba Diarra, qui a reçu la visite du ministre de l’Agriculture, dispose d’un champ de 8,59 ha dont 2 en Système de riziculture intensive (SRI). Il espère un rendement moyen de 7 à 8 tonnes par hectare. L’exploitant agriculteur se dit satisfait du travail abattu et de l’état végétatif de son champ. Cependant, il a exprimé son souci devant la lenteur dans l’approvisionnement en engrais et la divagation des animaux qui a des conséquences désastreuses sur la production de riz. Son souhait est que la quantité d’engrais subventionné revienne à son niveau initial, c’est-à-dire 6 sacs par hectare, contre seulement 1 sac actuellement afin de permettre aux agriculteurs de maximiser leur production. Selon le directeur général de l’Institut d’économie rurale (IER), Khalifa Traoré, membre de la délégation ministérielle, le SRI est une technique extrêmement avantageuse pour les riziculteurs, notamment en termes d’économie de semences. « Il augmente, non seulement, le rendement à l’hectare de 7 à 8 tonnes contre 3 à 4 tonnes dans l’agriculture conventionnelle, mais il, également, d’économiser de l’eau et de réduire les gaz à effet de serre », a fait savoir M. Traoré. Après M’Bewani, cap sur la zone de production de Niono, à 105 km de la ville de Ségou. Sur place, le ministre de l’Agriculture a successivement visité les parcelles de riz de Youssouf Simaga dit Douga du village de Coloni km26 et Sidy Haïdara du village de Medina km39. Tous deux cultivent la variété kogoni respectivement sur une superficie de 3 ha et 5,41 ha. Ces champs de riz présentent un bon aspect végétatif. Ce résultat s’explique par le respect du calendrier agricole et l’utilisation de la fumure organique. La délégation ministérielle a ensuite rencontré les producteurs et le personnel d’encadrement dans la salle de réunion de la zone de Niono. Les acteurs du monde rural ont égrené leurs préoccupations qui tournent autour de l’insécurité dans certaines zones de production, l’insuffisance du nombre de quotas d’engrais subventionné par hectare, le manque d’équipements agricoles pour transformer et conserver les produits maraîchers ainsi que l’engorgement des drains. D’après le ministre de l’Agriculture, la zone cotonnière et l’Office du Niger sont les deux piliers de notre secteur agricole. « Nous sommes là pour visiter les parcelles de riz, notamment le SRI et bien d’autres systèmes. L’avantage est que tout est en maîtrise totale de l’eau », a indiqué Daniel Siméon Kelema. Il s’est globalement réjoui de l’évolution de la campagne agricole 2024-2025 en zone Office du Niger mais, surtout, de l’utilisation de la fumure organique par les producteurs, Ce qui va permettre d’améliorer la santé du sol et de cultiver de façon durable. Ayant pris bonne note des préoccupations soulevées, le ministre Kelema a exhorté les producteurs à écouter les conseils précieux des agents d’encadrement afin d’éviter les pertes post-récoltes et d’améliorer les rendements. Il a, également, mis l’accent sur une gestion judicieuse des stocks pour ne pas que les producteurs soient en situation d’insécurité alimentaire. Quant au Président directeur général de l’Office du Niger, il a rappelé les efforts déployés dans le cadre de l’entretien des réseaux d’irrigation et de drainage. Badara Aliou Traoré a salué la résilience des producteurs et l’abnégation de nos forces de défense et de sécurité qui ne ménagent aucun effort pour sécuriser les personnes et leurs biens. La délégation comprenait également, le directeur national de l’agriculture, Souleymane Yacouba, le directeur général de l’Office de protection des végétaux (OPV), Halidou Mohamoudou, ainsi que le Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Badara Aliou Traoré. MS/MD (AMAP)    

Éradication de la rage au Mali : Sensibilisation et vaccination comme arme

Bamako, 30 sept (AMAP) Le Mali à l’instar de la communauté internationale a lancé la campagne de vaccination de lutte contre la rage, samedi dernier, dans la Commune rurale de Baguinéda, à l’occasion de la 18è Journée mondiale de lutte contre la rage, célébrée le 28 septembre de chaque année. Le thème de cette année est : « Lever les obstacles à l’élimination de la rage ». Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a donné le coup d’envoi en injectant la première dose de vaccin contre la rage à un chien. C’était en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique (OMSA), Serge Mpouam, du représentant de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Dr Lassana Doumbia et les autorités locales. Parmi les obstacles à l’élimination de la rage, on peut citer le déficit de collaboration autour du concept « One health, une seule santé » entre les différents niveaux dans un même pays et à l’international, des programmes à trop petite échelle et l’insuffisance de sensibilisation à la maladie. Selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche, la rage est une maladie virale qui affecte le système nerveux central des mammifères, y compris l’Homme. C’est l’une des zoonoses les plus meurtrières dans le monde. Elle est transmise par la salive lors d’une morsure, d’une griffure ou du léchage par un animal infecté. Cette maladie est endémique au Mali où elle a causé, « de janvier à septembre 2024, 11 cas de décès humains», selon les données de la Direction générale de la santé et de l’hygiène publique. Le ministre a, aussi, souligné l’importance de contrôler les populations de chiens errants. « Cette année, les services vétérinaires ont enregistré 924 cas de morsure par les chiens. Sur ces chiens mordeurs, 728 n’étaient pas vaccinés», a révélé M. Ba. Et d’ajouter qu’en vaccinant 70% des chiens chaque année, la rage pourrait être éradique. Le ministre Ba a signalé que cette campagne nationale de vaccination contre la rage dans notre pays ciblera 70% de l’effectif total des chiens, soit 94.500 têtes. Le représentant de l’OMSA, Serge Mpouam, a expliqué que le thème de cette année prend en compte les obstacles sur lesquels son organisation a un contrôle, mais aussi la nature transfrontalière de la rage elle-même. « Pour atteindre les objectifs de zéro décès, a-t-il dit, il faut briser plusieurs frontières. Il s’agit notamment de promouvoir la collaboration dans le cadre de l’initiative « Une seule santé », reliant les secteurs de la santé humaine, animale, végétale et environnementale en vue d’une action coordonnée. Pour sa part, Dr Lassana Doumbia, représentant de la FAO, a fait savoir que le Mali a priorisé cinq maladies zoonotiques, parmi lesquelles la rage humaine. « La FAO apporte son soutien à la direction nationale des services vétérinaires pour l’organisation de la Journée mondiale de lutte contre la rage » a-t-il déclaré. NK MD (AMAP)  

Filiale centre de la CMDT : Une campagne agricole qui promet

Par Fatoumata M SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma, a a rencontré les exploitants agricoles afin de suivre de près l’évolution de la campagne agricole 2024-2025, lors d’une visite, du 19 au 20 septembre dernier, dans la filiale Centre (Fana, Dioila et Baguinéda) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Il était accompagné du Président directeur général (PDG) de la CMDT, Mamadou Moustapha Diarra, des présidents de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton, Yacouba Traoré. Première étape de ce périple de deux jours : le village de Kola, dans la Région de Dioïla, où le ministre et sa suite ont inspecté des parcelles de coton, de maïs, de sorgho et de mil. Les exploitants de la localité ont diverses préoccupations dont l’accès limité aux équipements et au crédit agricole, la mauvaise qualité de certains intrants et le manque de main-d’œuvre. S’y ajoute la cherté de l’aliment bétail. Malgré ces difficultés, le cultivateur Tièfolo Traoré est optimiste quant à l’issue de la campagne en cours. Il espère récolter environ 10 tonnes de coton cette année. Ces champs de coton, de maïs, de sorgho et de mil ont été visités par le ministre, à qui le cultivateur a fait part de l’efficacité des traitements recommandés contre les insectes. Il s’est également dit satisfait de l’approvisionnement en engrais. Selon l’administrateur général de la filiale Centre de la CMDT, Issa Sidibé, la campagne agricole 2024-2025 est placée sous le signe de la maîtrise des indicateurs de production après deux saisons difficiles. Il a rappelé les efforts de l’État qui a fixé un prix d’achat incitatif de 300 Fcfa par kilogramme (kg) de coton graine et maintenu la subvention des engrais minéraux à 14 840 Fcfa par sac de 50 kg. Un effort particulier a aussi été fait pour réduire le prix des engrais organiques. De plus, une collaboration renforcée entre la CMDT et les instituts de recherche a permis d’élaborer un programme de traitement adapté aux réalités locales, tout en relançant la production de semences de base. « Bien que les jassides soient présents, les perspectives de la campagne restent encourageantes avec un objectif de production de 96 600 tonnes de graine de coton pour notre filiale », a dit Issa Sidibé. Après Kola, la délégation s’est rendue à Gouana, à quelques kilomètres de Fana. La délégation y a visité des champs de coton, de maïs et de riz de Bah Diarra. Le ministre Daniel Siméon Kelema a été impressionné par la physionomie des cultures. Il a, toutefois, insisté sur l’importance d’améliorer les itinéraires techniques et de diversifier les cultures pour renforcer la sécurité alimentaire,  nutritionnelle et accroître les revenus des producteurs agricoles Le ministre a, aussi, noté que la filiale Centre se porte bien en termes de production de coton. Néanmoins, il a appelé à la vigilance, « car la période est critique sur le plan phytosanitaire et pluviométrique en raison des conditions météorologiques exceptionnelles de cette année, avec des pluies intenses prévues jusqu’en novembre ». En outre, Daniel Siméon Kelema a encouragé les producteurs à surveiller leurs sols, à privilégier des cultures résistantes aux inondations et à envisager des systèmes d’irrigation. Il a appelé à la solidarité envers les victimes des récentes inondations. La dernière étape de la visite a été Baguinéda, dans la Région de Koulikoro, où la délégation a apprécié l’évolution de la campagne au niveau du périmètre irrigué de la localité. Riziculteur, Bakary Doumbia a cultivé 1,5 hectare et procède à une nouvelle technique de riziculture intensive qui facilite les travaux, en minimisant les besoins en eau et en engrais chimique. Cette méthode permet, également, de réduire les coûts de production, tout en augmentant la rentabilité à l’hectare. « Les riziculteurs utilisent deux systèmes, celui d’avant et une innovation qui est la riziculture intensive. En termes de revenus, le nouveau système apporte plus de rendement que le premier », a expliqué le ministre de l’Agriculture. Daniel Siméon Kelema a demandé à l’encadrement de s’y mettre pour la vulgarisation de cette nouvelle méthode auprès des producteurs. Par ailleurs, il a souligné la complémentarité entre les engrais organiques et minéraux. « Les engrais organiques sont bien pour la fertilisation du sol, mais les deux se complètent et nous veillons à ce que le travail soit correctement fait. L’Institut d’économie rurale (IER) est là pour voir les termes de dosage », a-t-il ajouté. Cette visite dans la filiale Centre a permis de constater l’état des cultures, notamment du coton, selon Mamadou Moustapha Diarra. Il s’est réjoui du fait que les producteurs appliquent correctement les recommandations techniques, telles que la gestion des ravageurs et l’utilisation du compost. « La surveillance attentive des champs de coton et l’application des traitements phytosanitaires dans les délais sont nécessaires pour assurer une récolte de qualité », a insisté le PDG de la CMDT. FMS/MD (AMAP)

Enseignement privé catholique : Le SYNTEC projette une grève de 72 heures du 8 au 10 octobre

Bamako, 27 sept (AMAP) Le Syndicat national des travailleurs de l’enseignement privé catholique (SYNTEC) a déposé, le 13 septembre dernier, préavis de grève , du 8 au 10 octobre prochains, ont annoncé les syndicalistes qui réclament le paiement de leurs salaires d’août et de septembre 2024 mais, aussi, des allocations familiales, la prime de documentation, l’ouverture des droits à l’Assurance maladie obligatoire (AMO). « La mise à jour d’une formule de compensation des allocations familiales impayées par diocèse concerné, conformément aux termes du Protocole d’accord de février dernier et la cessation de toute forme de pression contraire à la liberté syndicale des militants et au Code du travail en vigueur » figurent aussi parmi les doléances. Le SYNTEC se réserve le droit de poursuivre avec un autre débrayage de 72 heures, allant du lundi 14 au vendredi 18 octobre 2024, si ses revendications ne sont pas satisfaites. Il n’exclut pas d’enchaîner une grève illimitée jusqu’à satisfaction de ses doléances. Selon le secrétaire aux revendications du SYNTEC, Mady Dembélé, « l’État a subventionné les salaires des enseignants de l’Enseignement catholique privé à hauteur de 80% jusqu’au 31 décembre prochain. » « En outre, ajoute-t-il, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a annoncé la continuité de la subvention pour l’année scolaire 2024-2025. Ce qui signifie que la subvention de l’État est un droit acquis pour cette année scolaire. » Le syndicaliste explique ne pas comprendre que, « jusque-là, aucun enseignant n’ait reçu son salaire du mois d’août, encore moins de septembre. » Et le secrétaire aux revendications du SYNTEC de révéler que « l’État subventionne les salaires de cet ordre d’enseignement à hauteur de 80%. » « Ce montant est mis à la disposition de l’Église (employeur de l’enseignement catholique privé», poursuit-il, en pointant du doigt la gestion de l’Eglise. «Nous ne comprenons pas ce comportement de notre employeur», a-t-il déclaré, ajoutant que chaque assuré de l’enseignement privé catholique  paie sa cotisation mensuelle, soit 3,6%, de son salaire à l’AMO et 3,06% pour l’Institut de prévoyance sociale (INPS) sur son salaire brut. «Ces sommes ne sont ni reversées à l’AMO ni à l’INPS et ne sont pas non plus retournées aux assurés. Nous nous sommes rendus compte que l’Église prélève sur nos salaires sans explication », accuse le syndicaliste. L’enseignement catholique privé compte plus de 1 000 enseignants repartis dans 138 écoles fondamentales catholiques pour 6 diocèses (Kayes, Bamako, Sikasso, Ségou, San et Mopti). La subvention de l’État de 80% est destinée uniquement à payer les enseignants en classe. Elle ne couvre pas ceux qui occupent des postes de responsabilité. Le reste des 20% (frais d’inscription des élèves et autres) est mobilisé par les responsables scolaires. SYW/MD (AMAP)

Les nouveaux préfets et sous-préfets de Ségou présentés aux forces vives de la Région

Ségou, 26 sept (AMAP) Les préfets et sous-préfets nouvellement nommés dans la Région de Ségou (Centre) ont été présentées aux forces vives de la Région, à la faveur d’une rencontre, jeudi, dans la salle de conférence du gouvernorat. Cette cérémonie était présidée par le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré. C’était en présence notamment du préfet du Cercle de Ségou, Daouda Diarra, du maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra et des préfets et sous-préfets nouvellement nommés à la tête des nouvelles circonscriptions administratives de la Région. La rencontre visait non seulement à présenter aux forces vives de la Région les nouveaux Préfets et Sous-préfets, leurs nouveaux collaborateurs mais également à échanger avec eux sur des dispositions pratiques en vue faciliter leur installation et de définir le cadre de collaboration avec l’ensemble des acteurs de la région. Le chef de l’exécutif de la Région a rappelé que la réorganisation administrative intervenue au Mali en 2023, avec la création de nouvelles circonscriptions administratives, a reconfiguré la carte administrative du Mali en 19 Régions et 01 District, 159 Cercles et 474 Arrondissements. « La Région de Ségou a-t-il-expliqué s’est dotée de 06 nouveaux cercles que sont : Dioro, Markala, Farako, Nampala, Sokolo et Sarro s’ajoutant aux 05 anciens existants (Ségou, Bla, Baraouéli, Niono et Macina), complétant ainsi à 11 le nombre total de cercles. » De même, 11 nouveaux arrondissements ont été créés ou rattachés à la Région, portant à 35 le nombre total d’arrondissements. Il s’agit de Somasso, Dougouolo, Diedougou, Farakou-Massa, Beity Bimaya, Diguiciré, Dofofry, Diabaly, Boussin, Souleye et Dioura (nouvellement rattaché). « Depuis les mois de juillet et d’août 2024, les préfets et sous-préfets ont été nommés à la tête de ces nouvelles circonscriptions administratives, marquant ainsi l’opérationnalisation de celles-ci. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de satisfaction que nous constatons la prise de service de tous ces représentants de l’Etat dans leurs circonscriptions respectives malgré quelques difficultés » a-t-il-dit. Et de rappeler aux chefs de circonscription administrative leurs attributions définies par le Décret N°2015-067 du 13 février 2015, modifié, fixant les conditions de nomination et les attributions des chefs de circonscription administrative. « En effet, vous êtes les représentants légaux de l’Etat, de ce fait dépositaires de l’autorité de l’Etat dans vos circonscriptions administratives, vous avez en charge la conduite des actions de développement décidés par l’Etat et de la défense de ses intérêts », a-t-il-indiqué. « A ce titre, vous êtes tenus d’informer le Gouvernement sur la vie politique, économique, social et culturelle de vos circonscriptions administratives. La coordination et le contrôle des activités des services et organismes personnalisés de l’Etat font partie de vos missions », a-t-il-ajouté. Soulignant que la fourniture des documents périodiques (bulletins de renseignements quotidiens, revue mensuelle, Rapport politique trimestriel, rapport frontalier, etc.) leur incombe dans les délais requis. De même l’animation des différents cadres de concertation et les réunions des organes locaux institués par les textes réglementaires figurent parmi leurs tâches. Le gouverneur a dit, également, que durant l’exercice de leurs fonctions, les valeurs et principes d’égalité des usagers, de continuité et d’efficacité du service public doivent être le credo de ces nouveaux chefs de circonscription administrative. Il les a exhortés « au travail bien fait, à plus d’engagement, de responsabilité et de persévérance pour que chacune de leurs actions soit utile à la population qu’ils administrent et s’inscrive dans la défense des intérêts de l’Etat.» Et de réitérer sa disponibilité à les accompagner dans la réussite de leurs missions. Au cours de la rencontre les préfets et sous-préfets nouvellement nommés ont évoqué certaines difficultés, notamment la disponibilité de locaux et l’insécurité. Par rapport aux locaux, le gouverneur a assuré que lui et son cabinet sont à pied d’œuvre pour les mettre dans des conditions idoines de travail. ADS/MD (AMAP)

Mopti : 2,6 milliards de Fcfa pour lutter contre les effets des changements climatiques

Bamako, 26 sept (AMAP) Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a signé, mercredi avec l’ambassade des États-Unis au Mali à travers l’USAID, un accord de financement d’un montant de 4.404.718 de dollars américains (environ 2,6 milliards de Fcfa), pour lutter contre les effets néfastes des changements climatiques. Ce financement, qui intervient dans le cadre du projet « résilience climatique à Mopti », s’étendra sur la période de 2024 à 2027 et sera mis en œuvre par le PNUD, en étroite collaboration avec les services centraux et déconcentrés de l’État ainsi que les collectivités territoriales et les populations. À travers ce projet, plus de 5 000 personnes dans les communes rurales de Mopti (Centre) recevront les intrants agricoles nécessaires pour protéger leurs cultures contre les inondations et les sécheresses. Plus de 1 700 personnes auront accès à des ressources pour créer et renforcer leurs moyens de subsistance et 177 000 autres acquerront de nouvelles compétences et connaissances pour mieux se préparer aux catastrophes naturelles et s’en relever. Selon le Représentant résident du PNUD, Maleye Diop, la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques est une priorité au niveau mondial et pour chaque pays. « En effet, a-t-il ajouté, les pays du monde se sont engagés à Paris en 2015 à travers leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN) afin de ralentir ces phénomènes. » Maleye Diop a rappelé qu’aujourd’hui, le PNUD est le principal fournisseur de services du système des Nations unies en matière d’adaptation au changement climatique, avec des projets actifs visant plus de 164 millions de personnes dans plus de 90 pays. Il a réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner le gouvernement malien et les communautés dans la prévention et la gestion des risques climatiques. Il a exprimé ses remerciements au gouvernement américain, à travers l’USAID, « pour son précieux soutien avec l’espoir de concrétiser d’autres collaborations dans des domaines prioritaires et d’intérêt commun. » Pour l’ambassadrice des États-Unis, Rachna Korhonen, « il est important de réfléchir à la façon d’aborder la gestion des catastrophes et l’aide humanitaire, tant à l’échelle mondiale qu’ici au Mali. » «Il est temps pour nous de réorienter notre attention pour passer de la réaction à la prévention, de l’intervention d’urgence à l’atténuation des risques, et de l’aide au renforcement de la résilience», a déclaré la diplomate. Elle a indiqué la nécessité d’accroître les investissements dans la réduction des risques de catastrophe, d’augmenter le financement des initiatives communautaires, de renforcer les systèmes d’alerte précoce et d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans les plans de développement nationaux. Rachna Korhonen a indiqué que son pays reste le plus grand donateur d’aide humanitaire et de développement au Mali, avec plus de 128 millions de dollars (environ 70, 400 milliards de Fcfa) octroyés pour des activités humanitaires, depuis octobre 2022. AMK/MD (AMAP)      

Douanes : De nouveaux locaux pour le bureau secondaire des douanes de Kourémalé

Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 26 sept (AMAP) Le nouveau bureau secondaire des douanes de Kourémalé, dans la Région de Koulikoro, dispose de nouveaux locaux inaugurés vendredi dernier par le ministre de l’Économie et des Finances. Le nouveau bâtiment a été construit à Nougani, village situé à huit kilomètres de Kourémalé, à la frontière avec la République de Guinée. Il comprend un immeuble R+1 équipé de toutes les commodités nécessaires et un logement d’astreinte pour le chef de bureau. Le tout entouré d’une clôture. D’autres projets similaires ont vu le jour dans différentes régions du Mali. À Gogui, dans la Région de Nioro, à la frontière avec la Mauritanie, un immeuble R+1 avec des commodités similaires a été construit pour abriter le bureau secondaire, auparavant installé dans des conteneurs. Dans la même Région, à Diéma (Ouest), les locaux de la Brigade mobile d’intervention ont également été modernisés, remplaçant les anciens conteneurs par un bâtiment digne de ce nom. De plus, une aire de dédouanement pour les poids lourds a été aménagée à Mahinamine, dans la Région de Kayes (Ouest). Le secrétaire général de la section syndicale des douanes du Mali, Yacouba Katilé, a adressé ses remerciements au ministre chargé de l’Économie pour l’écoute attentive et la diligence avec lesquelles son département œuvre en faveur de l’amélioration des conditions de travail des douaniers maliens. Il a assuré que les nouveaux locaux récemment inaugurés seront utilisés de manière optimale pour renforcer la performance des services douaniers et atteindre les objectifs fixés. Cependant, Yacouba Katilé a demandé un renforcement en véhicules pick-up tout-terrain pour permettre aux équipes de continuer à réaliser des performances exceptionnelles et de consolider les acquis. Pour le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, ce travail remarquable ne sera véritablement achevé que lorsque le site scanner prévu à Kourémalé sera opérationnel et que l’aire de dédouanement sera aménagée. À Gogui, l’inspecteur général Amadou Konaté a déclaré que la construction du nouveau bâtiment offre aux personnels douaniers un cadre de travail adapté et contribue à soigner l’image du pays à la frontière avec la Mauritanie. Concernant Diéma, il a souligné que malgré l’insécurité, cette ville constitue un carrefour important sur les axes Dakar-Bamako et Nouakchott-Bamako. Selon lui, la Brigade mobile qui a été construite, occupe une place stratégique dans le contrôle des marchandises et la lutte contre la fraude et la criminalité transfrontalière. Et s’agissant de Mahinamine, le directeur général des douanes a indiqué que l’aire de dédouanement met fin au calvaire des transporteurs et des agents des douanes. « Toutefois, a-t-il confié, la clôture de l’espace aménagé est attendue pour éviter la dégradation de l’ouvrage, du fait des facteurs d’érosion. » La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de la Région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, ainsi que d’autres personnalités civiles et militaires. Malgré les contraintes budgétaires que le Mali rencontre depuis 2020, l’État continue de soutenir les douanes en renforçant leurs capacités à travers  des formations, l’appui à la mise en œuvre de réformes et des infrastructures adaptées. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’inauguration d’une série d’infrastructures financées par le budget de l’État, au profit du service des douanes. Après la coupure du ruban symbolique et la visite des locaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a rappelé que le Mali se trouve dans une situation « où nous comptons sur nos ressources et sur nos valeurs internes. » « La douane est l’un des éléments importants qui contribuent à ce que le Mali puisse respecter tous ses engagements internationaux, financer son développement et suivre la voie qu’il a tracée »,a-t-il dit. AG/MD (AMAP)            

Digitalisation de la douane : Des scanners de pointe installés

Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 26 sept (AMAP) La direction générale des douanes maliennes a acquis et installé trois nouveaux scanners fixes pour un coût de 18 milliards de Fcfa (soit 6 milliards l’unité) à Diboli, Mahinamine (Région de Kayes, dans l’Ouest) et Sikasso (Sud). Ces équipements, dans le cadre de l’extension et la modernisation de son système de scanning, ont été inaugurés, jeudi dernier, dans la cour de la direction régionale des douanes de Sikasso (Sud), par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Ces nouvelles acquisitions sont le fruit d’un partenariat stratégique entre le Mali et des entreprises chinoises et russes. La partie chinoise a fourni les équipements tandis que la maintenance des installations sera assurée par le partenaire russe. Le scanner de type Portal présente une capacité d’inspection de 150 camions par heure, soit sept fois plus que les scanners mobiles actuellement en service dans notre pays. Il possède une qualité d’image radioscopique de très haute performance, la plus élevée du marché (+30% par rapport aux scanners existants). Cet équipement est également doté d’une lecture automatique des plaques minéralogiques, des numéros de conteneurs et du dessous des camions. Il offre une plus grande facilité et sécurité d’emploi, tout en étant extrêmement robuste face aux environnements hostiles (poussière, chaleur, humidité, vent, etc.) De plus, ce scanner est conforme aux normes internationales de radioprotection et répond aux recommandations de l’Organisation mondiale des douanes. Le nouveau dispositif a pour mission d’assurer la vérification documentaire préalable à l’importation, avant l’arrivée des marchandises sur notre territoire, suivie d’une analyse de risques. À leur arrivée aux frontières, les camions feront l’objet d’une vérification non intrusive grâce au scanning de leur contenu. Le porte-parole des partenaires, Li Xin, a souligné que le scanner est de dernière génération et le plus avancé. «Il nous a fallu près d’un an pour achever l’installation, la mise en service et la réception des trois scanners sur les trois sites bénéficiaires. Ils sont désormais prêts à être exploités», a-t-il déclaré. Il a également assuré que son équipe continuera à assister la douane malienne sur chaque site, afin de garantir le bon fonctionnement des scanners. Le directeur général des douanes a rappelé que pour mettre fin à plus de 30 ans de Programme de vérification des importations (PVI) confié à des sociétés privées étrangères, le Mali a résilié, en décembre 2017, le contrat du PVI avant embarquement, en vigueur depuis 1989. Ce programme a été remplacé par un nouveau concept baptisé Programme moderne de contrôle des importations (PMCI). Optant pour une transition progressive, une période transitoire de cinq ans a été instaurée dans le cadre du PMCI. Ainsi, le 3 janvier 2018, l’État a signé un contrat en mode BOT (Build-Operate-Transfer), c’est-à-dire transfert de compétences, pour la création d’un Centre d’expertise technique (CET), destiné à former les agents des douanes à la maîtrise des fonctions de classement tarifaire et d’évaluation douanière. Cependant, l’inspecteur général Amadou Konaté a reconnu qu’à la fin du contrat, et en dépit de sa prolongation jusqu’au 31 décembre 2023, tous les engagements n’ont pas été respectés. En outre, il a également annoncé que d’ici fin 2025, la direction des douanes prévoit de déployer un dispositif similaire à Kouremalé (corridor guinéen), Kadiana (corridor ivoirien) et Bénéna (corridor burkinabè). De plus, un poste d’inspection centralisé sera créé à Bamako pour améliorer l’efficacité de l’analyse des images radioscopiques capturées sur les points de frontière. Un centre de formation dédié aux métiers de l’inspection non intrusive sera également mis en place au sein de la Direction générale des douanes, afin de maintenir l’expertise en la matière en toute autonomie. Après la coupure du ruban symbolique et la remise des clés de six véhicules 4×4 au responsable du Centre d’expertise technique (CET), le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a déclaré à la presse que «ce Centre d’expertise contribuera énormément à la digitalisation des activités des douanes». Il a révélé que depuis 2020, les recettes douanières augmentent, régulièrement, de 10% chaque année, avec une progression record de 13% l’année dernière. Et d’ajouter qu’auparavant, le scanning était confié à une société privée, ce qui coûtait 15 milliards de Fcfa au budget de l’État. AG/MD (AMAP)

Programme Sahel : Une journée d’échanges pour renforcer l’humanisation de la Maison d’arrêt de correction (MAC) de Ségou

Ségou, 24 sept (AMAP) La Direction régionale de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée (DRAPES), avec l’appui financier de l’Organisation internationale de droit du développement (IDLO), a organisé, jeudi dernier, à Ségou, une journée d’échange avec les acteurs de la chaîne pénale. Le substitut du procureur près du Tribunal de grande instance de Ségou, Moussa Diallo, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a souligné que la Maison d’arrêt est un lieu où sont détenus des êtres humains qui ont eux aussi des droits. En sa qualité de vice-président du Cadre de concertation des acteurs de la chaine pénale de Ségou, le substitut du procureur a félicité IDLO pour son initiative bienveillante, de bien vouloir accompagner la Justice malienne et d’autres de la Sous-région, en l’occurrence le Burkina Faso et le Niger, « dans leur mission quotidienne de dire le droit, encore plus en cette période que traverse le Mali et où les justiciables ont soif de justice. » La rencontre d’une journée visait à renforcer l’humanisation de la MAC de Ségou. Il s’agissait particulier d’aborder les conditions de prise en charge des personnes détenues dans la MAC de Ségou ; tenir informés les différents acteurs du milieu pénal et les Organisations de la société civile (OSC) des protocoles de sécurité applicables aux établissements pénitentiaires et favoriser un échange constructif sur les questions de justice pénale et sur la manière d’améliorer l’accès à la justice. Le Directeur régional de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée de Ségou, l’inspecteur principal Abdoulaye Séméga a exprimé tout l’honneur de la DRAPES « d’accueillir la première rencontre des acteurs de la chaîne pénale d’échanger sur des sujets d’actualité comme la gestion des EPES et les mesures de sécurité en milieu carcéral. » « Thématique d’actualité au regard de la dégradation sécuritaire du pays en général et celle de la Région de Ségou en particulier dont les EPES sont impactés car étant des lieux légaux des personnes détenues », a-t-il-dit. Le Mali fait face, depuis 2012, à une crise sécuritaire dont les conséquences ont impacté le bon fonctionnement de l’État, en particulier dans le domaine de la justice. Des établissements pénitentiaires ont été attaqués et détruits accompagnés d’enlèvements et de meurtres d’agents pénitentiaires. En plus des détenus ordinaires que nous connaissons, nous assistons à l’apparition d’une nouvelle catégorie de détenus en lien avec le terrorisme. La Région de Ségou n’échappe pas aux conséquences de cette crise. C’est pourquoi, dans le but d’appuyer le gouvernement à faire aux besoins sécuritaires, l’OIDD/IDLO, à travers son Programme Sahel, « vise à renforcer la qualité de la justice pénale, afin qu’elle soit plus accessible, rapide et responsable. » Au cours des différentes présentations, les experts ont expliqué entre autres les conditions de détention, les mesures de sécurité, les conditions de travail du personnel, la discipline et le travail en milieu carcéral. A la fin de la journée les participants ont recommandé, sur le plan sécuritaire, d’augmenter l’effectif du personnel surveillant en tenant compte de l’aspect genre et d’améliorer la sécurité des établissements pénitentiaires. Ils ont préconisé, sur le plan alimentaire, de former les détenus cuisiniers dans la préparation des menus pour l’amélioration de la qualité des repas et aussi pour faciliter leur réinsertion. Et de tenir compte du renouvellement des provisions à temps. Ils ont, également suggéré, d’organiser des séances d’explication du contenu du R.I à tous les détenus des MAC pour une meilleure compréhension et de renforcer et équiper les ateliers de formation et de production. Renforcer les actions de sensibilisation et d’éducation par la société civile au niveau communautaire faciliter, à travers des actions de la société civile, la réinsertion des détenus, ont été d’autres recommandations fortes de cette journée d’échange. ADS/MD (AMAP)