Région de Gao (Nord) : Les services publics paralysés

Gao, 9 nov (AMAP) Les trois grandes centrales syndicales, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la Confédération démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) et la Centrale syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), observent à Gao depuis, mardi, un arrêt de travail de 48 heures, a constaté l’AMAP sur place, Ce mouvement, pour protester contre les difficultés liées aux déplacements sur l’axe Gao-Sévaré (Centre), Gao-Ansongo (Nord), Gao-Bourem (Nord) à cause de l’insécurité, a ainsi paralysé les services administratifs de l’ensemble de la Région de Gao, excepté les services de santé et les commerces. Selon les responsables des trois centrales syndicales, cette réaction forte est la conséquence de l’insécurité grandissante dans la Région, notamment les derniers événements malheureux survenus sur le tronçon Gao-Ansongo ayant causé de nombreux morts et de blessés. Y compris le bétail emporté par les bandits ou les assaillants. Pour remédier à la situation, les trois centrales syndicales exigent la mise en place d’une riposte sécuritaire pour permettre aux paisibles citoyens de vaquer librement à leurs occupations. Elles dénoncent aussi le comportement de certains agents des forces de sécurité qui s’adonneraient à des intimidations et des rackets. Elles demandent tout autant la non-ingérence de certaines personnalités influentes dans les dossiers judiciaires, notamment ceux des délinquants mis aux arrêts. Les responsables des trois centrales syndicales réaffirment leur disponibilité au dialogue avec l’ensemble des parties prenantes au processus de développement de la région afin que des solutions idoines soient apportées dans les plus brefs délais. Comme à Gao, le mouvement est très suivi à Ansongo. «Le Cercle d’Ansongo souffre de l’insécurité, raison pour laquelle à l’appel des trois centrales syndicales, cet arrêt de travail de 48 heures est bien suivi par les services administratifs du cercle », a expliqué Seydou Cissé, membre de la société civile d’Ansongo. «Aujourd’hui, même durant la journée, des individus armés rentrent dans la ville pour enlever des personnes et leurs biens. Souvent, ils tuent sans aucune raison. Nous avons décidé de fermer les trois postes du cercle d’Ansongo. Ce qui fait qu’aucun véhicule ne rentre ni ne sort de la ville actuellement», a-t-il ajouté, Selon nos informations, les services administratifs dans les autres Cercles de la région observent le mouvement de grève. AT/MD (AMAP)

Office du Niger : 800.000 tonnes de riz attendues

Par Mamadou SY Ségou, 8 nov (AMAP) La production attendue de riz paddy est 800.000 tonnes sur une prévision de 900.000 tonnes, au sortir de la campagne 2022-2023, avec une mise en valeur de plus de 115.000 ha, dans l’ensemble des zones de production de l’Office du Niger (Kolongo, Ké-Macina, Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani). Le directeur de l’informatique, de la planification et des statistiques de l’Office du Niger, Bamoye Keita, qui l’a annoncé mercredi dernier, intervenait lors d’une visite de terrain du Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, accompagné de ses proches collaborateurs, dans les zones de production de M’Bewani, N’Débougou, Niono et Kouroumari. Il en ressort que les activités agricoles ont été réalisées conformément au calendrier agricole. De Niono en passant par N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani, la récolte et le battage du riz de la saison d’hivernage sont en cours. La mise en place de pépinières pour les spéculations maraîchères a débuté. L’insécurité caractérisée par la présence de quelques cellules dormantes de terroristes dans certaines zones de production et le retard accusé dans l’approvisionnement des exploitants en engrais subventionnés ont impacté la campagne agricole. La première étape de cette visite de terrain a concerné la zone de production de M’Bewani. Le PDG de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, et sa délégation ont successivement visité les parcelles de riz de Seydou Coulibaly et Issouf Diarra. Avant d’assister à la récolte et au battage du riz. Seydou Coulibaly cultive la variété Gambiaka sur une superficie de 2,27 ha. Le visage illuminé par un sourire, il savoure l’instant présent et se dit satisfait du climat qui a prévalu. «La pluie a été au rendez-vous cette année. Sur le plan sécuritaire, l’appui des forces armées et de sécurité nous a permis de travailler en toute sérénité. Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures au cours de cette campagne», a expliqué M. Coulibaly. Après M’Bewani, la délégation a mis le cap sur Ringande, un village situé dans la zone de production de N’Débougou. Sur place, elle a visité le champ de riz de Djénéba Ouédraogo. Cette exploitante agricole cultive la variété Kogoni 91-1 sur une superficie de 2,1397 ha. Son riz est au stade de la récolte. Sa médaille de l’ordre du Mérite agricole en évidence, Djénéba Ouédraogo se réjouit du bon déroulement de la phase de récolte et espère obtenir 8 tonnes de riz à l’hectare. À quelques mètres du champ Djénéba Ouédraogo, plusieurs hommes et femmes s’activaient, sous un soleil ardent, autour de la machine de battage. Souleymane Zango, un autre exploitant agricole que nous avons rencontré espère récolter 50 sacs de riz paddy par hectare malgré le retard dans l’approvisionnement des exploitants en engrais. À en croire le directeur de zone de Kouroumari, Salif Ouédraogo, les dispositions prises par les forces armées et de sécurité ont permis d’atteindre un taux de mise en culture de 89%, contre 71% pour la campagne agricole 2021-2022. M. Ouédraogo a rappelé que l’année dernière, à la même période, les activités agricoles avaient été perturbées par des hommes armés non identifiés. «Cette année, avec à la présence de patrouilles de l’armée, les opérations de récolte et de battage se déroulent normalement», nous a-t-il confié. Et le directeur de zone de Kouroumari d’ajouter que les paysans sont satisfaits des résultats engrangés, y compris l’encadrement technique qui parvient désormais à surveiller et conseiller les producteurs. SECURITE – Dans la zone de production de Niono, où la délégation s’est rendue, plusieurs producteurs étaient en pleine récolte. C’est le cas de Souleymane Dembélé qui pratique la riziculture sur une superficie de 10,13 ha. «Cette année, la campagne agricole s’est bien déroulée et nous sommes actuellement en plein dans la récolte du riz», a dit Souleymane Dembélé. Toutefois, il a déploré le fait que certains exploitants agricoles n’ont pas pu cultiver cette année à cause de l’insécurité. Il a salué les efforts des FAMa et des autorités de la Transition en faveur du bien-être des acteurs du monde rural. Le directeur de l’appui au monde rural, Djimé Sidibé, lui, a estimé que la gestion de la production destinée à l’autoconsommation et à la commercialisation demeure un défi majeur après la phase de récolte et de battage du riz. Afin de pallier ce problème, M. Sidibé a revélé que l’encadrement a entamé la sensibilisation des paysans au niveau des villages et des exploitations familiales. En marge de cette visite, le PDG de l’Office du Niger s’est rendu sur le site devant abriter le Projet N’Débougou IV, financé par la Banque allemande de développement (KFW) pour un montant d’environ 30 milliards de Fcfa. Selon Tidiane Traoré, le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger, ce Projet concerne non seulement la réhabilitation du casier de N’Débougou sur 4.200 hectares, mais aussi le renforcement de capacités des paysans et l’installation de mini-rizeries. Le lancement des avis d’appel d’offre pour l’ensemble des travaux est prévu pour décembre 2022, a annoncé le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger.   RESSOURCES HUMAINES – Après cette tournée dans les champs de riz, le Président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a eu une séance de travail avec les agents et les directeurs des zones de production de Niono, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani. C’était dans la salle de réunion de la direction de zone de Niono. L’objectif de cette rencontre était de partager avec eux les réformes entreprises par l’Office et recueillir leurs préoccupations. Intervenant à l’issue de la rencontre, la directrice des Ressources humaines de l’Office du Niger, Mme Sylla Ramata Djiguiba, a rappelé que ces différentes réformes sont issues des recommandations des audits externes. Parmi ces réformes figurent le cadre organique, les plans de formation et de carrière. «Ces documents majeurs ont été adoptés lors de la dernière session du Conseil d’administration de l’Office du Niger», a déclaré Mme Sylla Ramata Djiguiba. Elle a ajouté que l’objectif global est la valorisation des ressources

Fousseyni Maïga, directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) : «Faire du cinéma un pilier du développement économique»

Propos recueillis par Amadou SOW Bamako, 07 nov (AMAP) Pour les cinéphiles, le glorieux passé du cinéma malien évoque en eux des souvenirs agréables. Ils souhaitent de tout cœur que le 7è art malien retrouve son lustre d’antan à travers des films, mais aussi des hommes et des femmes (ces cinéastes qui ont fait du Mali une grande nation de culture cinématographique). Malheureusement, depuis quelques années, le secteur connait des difficultés. Pour en savoir plus, nous avons échangé avec le nouveau directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Fousseyni Maïga, qui a fait le check-up du cinéma malien. AMAP : Votre nomination à la tête du cinéma malien a été largement commentée sur les réseaux sociaux comme étant un coup de pouce pour le 7è art. Quelle appréciation en faites-vous ?  Fousseyni Maïga : Permettez-moi tout d’abord d’adresser ma reconnaissance à toutes les personnes ayant commentées positivement ma nomination sur les réseaux sociaux. Je voudrai également exprimer toute ma gratitude aux plus hautes autorités du pays, à travers le ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. J’ai été agréablement touché par la motion de soutien de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM) qui regroupe tous les corps de métier du cinéma et de l’audiovisuel. Malgré des défis structurels auxquels le cinéma fait face, depuis plusieurs années, nous avons apporté notre modeste contribution au rayonnement du secteur à travers des productions régulières, le développement d’un nouveau modèle économique et une nouvelle offre cinématographique plus volontariste. Au-delà de nos ambitions, nous avons mesuré les attentes de cette responsabilité. AMAP : Le cinéma malien peine, depuis 20 ans, à se hisser au sommet des grands événements cinématographiques comme le Fespaco. Quelle lecture faites-vous de cette situation ? FM : Les brillants résultats engrangés par le cinéma malien en son temps étaient le fruit d’une série d’initiatives volontaristes entreprises par les plus hautes autorités du pays et plaçant le cinéma au cœur de la dynamique de construction d’une identité culturelle forte. Cette volonté politique a permis la formation de nombreux cinéastes, et s’est traduite par la valorisation d’un marché avec l’ouverture de salles de cinéma dans presque toutes les agglomérations du pays. L’acquis le plus important à l’époque était le financement de la filière avec des guichets internationaux qui ont renforcé les moyens locaux mis à la disposition par l’État. Les résultats, naturellement, ont été à hauteur d’ambitions. Hélas, depuis quelques années, le Mali brille par son absence. Cette léthargie s’explique essentiellement par le manque de financement, mais aussi un déficit de structuration des différents corps de métier, le faible niveau des ressources humaines et bien entendu un manque de volonté politique. Malgré cette faiblesse, les films maliens sont bel et bien présentés au FESPACO. Ils concourent avec des films dont le budget est 40 fois plus élevé que celui des nôtres. Il faut l’admettre aussi, les œuvres proposées par nos cinéastes ne sont pas très compétitives et ne bénéficient toujours pas du lobbying ou de la promotion nécessaires pour maximiser leurs chances. AMAP : De votre prise de fonction à nos jours, quelles ont été les grandes actions menées par le CNCM pour le réveil du cinéma malien ? FM : Après trois mois d’activité, des résultats concrets ont été enregistrés sur tous les chantiers malgré la situation conjoncturelle du pays, marquée par le gel des crédits et les restrictions budgétaires. La première action a porté sur une série de consultations et de réflexions qui nous ont permis d’écouter les acteurs et professionnels de la filière cinéma, de recueillir leurs attentes et d’analyser avec eux les pistes de solution pour la relance du secteur. Cela a permis d’élaborer un plan d’action stratégique qui couvre la période 2022-2024 et une proposition de relecture et d’adoption d’une  Politique nationale pour le cinéma. Cette réflexion a, aussi, permis de faire des recommandations qui sont, entre autres, la gouvernance, la formation, la professionnalisation, l’augmentation substantielle et qualitative des productions et le développement d’un marché intérieur du cinéma. En effet, l’approche managériale a été repensée et orientée vers une gestion inclusive. Un système de gestion intégré a été initié au CNCM afin de moraliser la gestion des ressources financières et d’augmenter substantiellement les recettes. Il faut également noter la relecture des contrats et une augmentation de 100% de la masse salariale du personnel contractuel. La FENACAM et l’ensemble des partenaires sociaux internes sont associés dans les prises de décisions et consultés pour les orientations stratégiques. Le processus de relance de la carte professionnelle, la structuration avec les organisations faitières et la relecture des textes ont été déclenchés. Les programmes de formation, production et diffusion ont été lancés. Pour la formation, «In pact cinéma» est un projet fédérateur qui forme 50 nouveaux talents dans tous les corps de métier du cinéma. Ces derniers seront formés sur une période de 6 mois, accompagnés dans la réalisation de leurs premiers ou seconds projets et coachés pour faciliter leur intégration dans les métiers du cinéma. Durant ce trimestre, ont été produits 4 films dont 2 longs métrages fiction et documentaire. Cette performance s’explique autant par la motivation du personnel. Le CNCM a, aussi, soutenu 10 projets de cinéma qui  seront disponibles d’ici le 31 décembre prochain contre une moyenne de 2 à 3 projets par an. Pour le marché intérieur, nous avons acquis un financement pour les études de réhabilitation de 7 salles de cinéma dans  les localités de  Bamako, Kati, Ségou, Koulikoro, Markala, San et Mopti avant fin  2024. AMAP : Selon vous, quelles sont les difficultés qui plombent le 7è art au Mali  ?  FM : Depuis de nombreuses années, il n y a plus aucun dispositif de formation dans les métiers du cinéma. Les stages et opportunités ponctuels, ayant permis d’avoir des alternatifs de formation pour la génération intermédiaire de cinéastes maliens, se font de plus en plus rares. Le déficit de productions locales, faute de financement, l’absence de structuration et de compétitivité des sociétés de productions nationales, l’inexistence d’une

Port du casque au Mali : La sensibilisation d’abord

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 4 nov (AMAP) Le Code de la route du Mali, qui date de 1999, impose à chaque conducteur et passager de moto le port d’un casque de protection. Cependant, peu de conducteurs d’engins à deux ou trois roues respectent cette réglementation « dont l’application effective est prévue à partir du 1er janvier 2023, conformément à la vision des autorités de la Transition », annonce le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), Ousmane Maïga. Pour justifier la décision de rendre obligatoire le port du casque, M. Maïga évoque les statistiques sur les accidents de la circulation routière. Il révèle, à cet effet, que 70% des accidents de la circulation impliquent directement les engins à deux et trois roues. Aussi, au niveau des grands hôpitaux plus de 50% des cas d’urgence, sont des victimes d’accidents de la route et près de 80% sont des passagers ou conducteurs de moto. D’où l’urgence de prendre le problème de circulation de moto à bras le corps. « Quand on regarde un peu les légions enregistrées au niveau des hôpitaux, 75% ce sont des traumatismes crâniens, en tout cas des lésions qui concernent la tête », déplore notre interlocuteur. Selon cet expert des questions de la sécurité routière, la seule possibilité de protéger un usager contre les traumatismes crâniens en cas d’accident de circulation, c’est le casque de protection. SENSIBILISATION DE PROXIMITE – « Le gouvernement a décidé, en Conseil des ministres, qu’avant l’application effective de la réglementation, une vaste campagne de sensibilisation soit menée :, explique Ousmane Maïga. Objectif : permettre au maximum d’usagers de pouvoir se mettre en règle vis-à-vis de la réglementation. « On fait cette campagne depuis mars 2022, qui devrait normalement finir en  août,  mais à l’évaluation, nous nous sommes rendu compte que peu de conducteurs et passagers portent le casque. C’est pourquoi il a été décidé lors du Conseil des ministres du 24 août dernier de poursuivre la sensibilisation jusqu’à la fin de l’année et de commencer l’application effective à compter du 1er janvier 2023 », précise le directeur général de l’ANASER. Dans cette démarche, ce sont des sensibilisations de proximité qui ont été effectuées. « Chaque fois qu’on veut appliquer une mesure, les gens disent qu’ils ne sont pas au courant. Donc nous avons des campagnes de sensibilisation sur le port du casque dans les lieux de culte, à travers le ministre des Cultes, dans les écoles et les marchés », confie M. Maiga. « A cette sensibilisation, s’ajoute la communication digitale en cours et qui continuera jusqu’à décembre pour avoir l’adhésion de la population », indique-t-il. 120.000 CASQUES – « Après avoir exploré le marché pour l’approvisionnement en casque, l’ANASER a fait des échantillonnages et a pu répertorier 51.000 casques à Bamako et près de 70.000 dans toutes les régions réunies », révèle Ousmane Maïga. Au total : 120.000 casques sont disponibles sur le marché, alors que le nombre des motos est estimé à peu près à 2 millions. Ce nombre de casques est insuffisant. « Il n’y a pas une moto qui arrive au Mali dans les caisses sans que chaque moto soit munie de deux casques. Donc s’il y a deux millions de motos, c’est qu’il y a 4 millions de casques. Mais le fait que la réglementation n’était pas appliquée, certains commerçants ont réexporté les casques vers le Burkina Faso ou d’autres pays où les casques sont beaucoup utilisés », croit savoir le directeur de la sécurité routière. Pour lui, c’est la règle du marché, à cet égard, c’est la demande qui doit conduire les commerçants à importer des casques. « Il y a de gros vendeurs qui peuvent satisfaire ce besoin », dit-il. À Bamako et dans cinq régions, le prix du casque moyen varie de 5.000 à 20.000 Fcfa, pour les motos les plus utilisées. « Nous sommes en train de faire des sondages pour voir le taux du port du casque, pour voir si, malgré toutes les démarches que nous sommes en train de faire,  les gens continuent à porter les casques. Avant même le deadline de l’application effective, en décembre prochain, nous nous proposons de faire des contrôles routiers », annonce le directeur général. En attendant l’application effective de la réglementation, les motocyclistes qui ne portent pas de casque n’auront pas accès à certaines infrastructures, comme les ponts et certains artères à Sikasso ou l’artère principale à Ségou. « Nous allons commencer par les moyens de dissuasion en même temps continuer à sensibiliser. Hier (Ndlr, mercredi) pour faire la promotion de casques, la ministre des Infrastructures et des Transports a fait un don symbolique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile et cela se poursuivra avec d’autres départements ministériels », révèle Ousmane Maïga. L’objectif étant de rehausser le taux du port du casque de protection. Il ressort des explications du directeur général, qu’à partir du mois de janvier prochain, la réglementation s’appliquera dans toute sa rigueur et des amendes imposées en cas d’infraction. A cet égard, l’accès au service public sans casque sera interdit. Cette mesure est en vigueur déjà au ministère des Transports et des  Infrastructures. Mieux, une charte de la sécurité routière est en cours d’élaboration, que l’ANASER fera signer par les entreprises, pour qu’elles fassent autant. « Chaque fois qu’un usager ne porte pas son casque, il payera 3 000 Fcfa et la moto sera immobilisée jusqu’au paiement de l’infraction. Pour récupérer sa moto, l’usager va devoir chercher la preuve qu’il possède un casque », prévient notre interlocuteur. Selon le directeur général, courant 2023, l’ANASER, effectuera une évaluation afin de savoir s’il y a lieu d’augmenter l’amende au prix du casque. Parlant des normes de qualité, il assure que tous les casques sur le marché sont normalisés et sa structure travaille actuellement avec l’Agence malienne de normalisation et de promotion de la qualité (AMANORM) pour établir une norme malienne. Ce processus en cours, porte sur la norme nationale qui servira de base pour les commerçants dans les intentions d’exportation. Il sera aussi demandé aux fournisseurs d’exiger des firmes qui fabriquent les casques de tenir compte de la norme malienne pour

Kangaba : Installation d’une compagnie d’intervention de la Gendarmerie

Kangaba, 4 novembre (AMAP) Une compagnie d’intervention de la gendarmerie (CI) composée de plus de 80 éléments, placée sous le commandement du Capitaine Moulaye OULD, a été installée le 31 octobre dernier à Kangaba, a constaté l’AMAP. Cette compagnie a été installée suite à la prolifération des sites d’orpaillage, l’insécurité qui gagne du terrain sur les deux rives du fleuve Niger, les rivalités entre les populations des villages et des communes qui se sont affrontées à plusieurs reprises avec les sociétés minières faisant souvent des victimes et des dégâts matériels considérables. Face à ces situations, les autorités locales du fait de l’insuffisance notoire des effectifs sur place demandaient chaque fois des renforts à leur hiérarchie. Selon le préfet du cercle de Kangaba, l’arrivée de cette compagnie va combler l’attente des autorités administratives et politiques en matière de sécurisation des personnes et de leurs biens. Monsieur Alidji BAGNA a, au nom des populations salué les plus hautes autorités de notre pays pour l’envoi de cette compagnie tant souhaitée par elles. Pour le Commandant de cette Compagnie, leur mission est celle régalienne de l’Etat à savoir la sécurisation des populations et de leurs biens. La compagnie  a déjà commencé à organiser des patrouilles le long de la frontière avec la Guinée en passant par tous les villages sans exception.  SD/KM (AMAP)

Le Mali et le Burkina Faso affichent une commune volonté de coopération militaire

Bamako, 03 nov (AMAP) Le Mali et le Burkina Faso, qui font face aux attaques terroristes depuis plusieurs années, entendent donner un nouvel élan à leur partenariat en matière de défense et de sécurité, selon le président de la Transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. « Le plus important pour nous, dans la situation actuelle, c’est le défi sécuritaire. On est venu échanger sur comment renforcer la coopération militaire pour pouvoir mieux mener nos opérations et sécuriser nos populations », a déclaré, mercredi, à Bamako, le président Ibrahim Traoré à l’issue de son séjour de quelques heures dans la capitale malienne. Le colonel Assimi Goïta et le capitaine Ibrahim Traoré se sont retrouvés au palais de Koulouba pour un second tête-à-tête, suivi d’une séance de travail élargie à leurs délégations. Quelques jours après son investiture, le capitaine Traoré a choisi le Mali  pour effectuer son premier déplacement à l’étranger. Les possibilités et perspectives en matière de coopération opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme ont donc été largement évoquées pendant cette visite. Elle a, aussi, permis au président burkinabè de bénéficier des conseils de son homologue malien pour anticiper les problèmes sécuritaires que pourrait engendrer un éventuel repli des groupes armés terroristes sur le territoire burkinabè, en raison de la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa). Visiblement satisfait de son court séjour, le visiteur de marque a invité les populations malienne et burkinabé à plus de solidarité, à se donner la main et à rester unis dans la lutte contre le terrorisme. « Dans l’optique d’améliorer la sécurité de nos populations respectives, le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition du Faso et moi avons eu cet après-midi, des échanges fructueux autour des défis majeurs qui impactent la paix et la stabilité de nos Etats», a indiqué le président Assimi Goïta sur son compte twitter. La visite du président du Faso au Mali aura duré quelques heures, car après la séance de travail avec son homologue Assimi Goïta au palais de Koulouba, l’hôte de marque a regagné son pays en début de soirée. Le choix du président du Faso, accompagné d’une forte délégation composée notamment du ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le colonel-major Kassoum Coulibaly,  de se rendre au Mali avec lequel le Burkina partage plus de 1 200 km de frontière, a été inspiré par les situations sécuritaire et politique similaires dans les deux pays. Les deux présidents de Transition sont engagés dans la lutte contre des Groupes armés terroristes (GAT). La similarité des contextes incite au renforcement de la coopération bilatérale et à la mutualisation des moyens de combat. BD/ID/MD AMAP

Révision annuelle des listes électorales : Faible engouement dans les centres

Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 1er nov (AMAP) Mercredi dernier, il est environ 10 heures à Bamako. Nous sommes au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, où les opérations de révision des listes électorales de la Commune VI se déroulent. En cette matinée ensoleillée, il n’y a pas d’affluence autour des agents chargés de ces opérations. La cour du Centre est presque vide. Salia Sangaré, président de la commission administrative de la révision des listes électorales du centre et son équipe s’emploient, activement, à faire les radiations qui consistent à enlever les noms des personnes décédées au cours de l’année et celles condamnées et ne disposant plus du droit de vote. Et ce, sur la base du registre de décès de la mairie de la Commune VI. Salia Sangaré pense clairement que ce travail est alambiqué. «S’il faut regarder dans les registres puis fouiller sur la liste électorale pour voir si la personne y existe ou pas, c’est vraiment un peu compliqué», renchérit-il. Notre interlocuteur pensait que sa structure allait être doté d’un ordinateur par la Délégation générale aux élections (DGE). Cela, afin de pouvoir, une fois qu’ils ont un nom, faire la recherche sur la liste électorale au lieu de fouiller dans les papiers. « Il peut y avoir des homonymes, mais si vous avez la machine pour vérifier cela, c’est plus facile», estime-t-il. Par ailleurs, Salia Sangaré signale que son service n’a reçu la liste de validation, qui consiste à intégrer les nouveaux électeurs, que mardi dernier. « Toute chose qui n’est pas normale », déclare-t-il, avec une pointe d’amertume. Notre interlocuteur dit, en outre, que du 1er octobre à mercredi dernier, son service a enregistré 221 cas de transferts (qui permettent aux gens qui ont changé de domicile de pouvoir voter dans leurs nouveaux lieux de résidence) et 211 radiations. Selon lui, le manque d’affluence autour de ces opérations est dû à un problème de communication. Il déplore aussi le fait que les gens attendent toujours la dernière minute pour venir. A notre passage dans ce centre, un électeur du nom de Lassine Traoré s’était présenté à la commission administrative. Ce commerçant d’une quarantaine d’années était venu transférer son lieu de vote de Sogoniko à Diandjiguila en Commune VI du District de Bamako, où il réside désormais. Comme au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, l’affluence n’était pas au rendez-vous au niveau des commissions administratives des Communes V, IV et III. Au passage de notre équipe de reportage sur ces sites, aucun n’usager n’était présent. Les agents de ces services s’activaient à faire des radiations sur la base du registre des mairies. Les responsables de ces commissions indiquent n’avoir reçu, pour leur part, les listes de validation que ce mercredi. En Commune V, si les radiations et les transferts étaient, respectivement, au nombre de 105 et 129 à la date du mercredi, ils étaient, par contre, de 188 et 27 au niveau de la Commune III. Quant à la commission administrative de la Commune IV, elle peut enregistrer 10 à 20 transferts par jour, selon ses responsables. NOUVEAUX ELECTEURS – Il convient de souligner que les validations ne sont que des formalités. En effet, il n’est pas obligatoire que quelqu’un se déplace pour valider son inscription sur la liste électorale. Lorsqu’on atteint 18 ans, l’individu est automatiquement intégré dans le fichier électoral de la DGE. Toutefois, les intéressés pourront aller vérifier et corriger auprès des commissions s’ils sont inscrits ou pas sur la liste électorale ou pour signaler une erreur. « Sinon, ce n’est pas une opération de validation proprement dite ou si l’intéressé ne vient pas, il est radié », précisent-ils. Ainsi, il ressort des données officielles que les nouveaux électeurs de l’intérieur comme de l’extérieur sont au nombre de 341.653. De ce fait, la révision annuelle des listes électorales pour 2022 s’effectue sur un fichier contenant 8.515.057 électeurs. Il convient de rappeler que le fichier électoral de l’année dernière comportait 8.173.404  électeurs. Dans un rapport d’audit publié en 2018, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) indiquait que «seuls 22% des jeunes et des femmes de 18 à 30 ans figurent sur le fichier électoral de du Mali alors que ceux-ci constituent plus du tiers de la population». De son côté, dans un rapport qu’elle a récemment publié, la Mission d’observation des élections au Mali (Modele-Mali) a salué le démarrage des opérations de révision dans la majorité des communes des 49 cercles et dans les 6 communes du District de Bamako. Cette révision intervient dans un contexte marqué par l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) «qui doivent superviser les opérations, suivant l’article 57 de la loi électorale». Cependant, notre équipe de reportage n’a pas constaté leur présence dans le dispositif, mercredi. Toutefois, la Modele-Mali a noté que ces opérations suscitent une très faible mobilisation auprès des populations pour diverses raisons. Elle faisait allusion au manque d’informations nécessaires sur l’importance de ces opérations de révision. L’organisation, qui a noté des défis logistiques ayant émaillé les activités sur plusieurs parties du territoire national, a demandé l’envoi diligent des documents de travail aux commissions administratives. S’y ajoutent l’intensification des activités d’information et de sensibilisation autour de cette révision et le renforcement de la sécurité dans les zones à risque pour permettre aux citoyens d’avoir accès aux commissions. Depuis mars 1991, notre pays s’est inscrit dans la voie de la démocratie qui nécessite une bonne organisation des élections. Ainsi, «pour qu’il y ait des élections justes, transparentes et apaisées, il faut un fichier électoral fiable», précise le directeur général de l’Administration du territoire, Abdoul Salam Diepkilé. Il rappelle que la révision annuelle des listes électorales est une opération prévue dans la loi 2022-019 portant loi électorale en son article 51 et suivants. Cette révision annuelle des listes électorales a pour objectifs de permettre aux personnes omises sur la liste électorale ou aux jeunes qui viennent d’avoir 18 ans, de pouvoir s’inscrire sur la liste électorale et de radier les personnes qui sont décédées ou qui ont perdu leurs droits de

Mali : Baisse des prix sur les marchés de production (Office des marchés agricoles)

Bamako, 1er nov (AMAP) Les prix sur les marchés de production sont majoritairement dans une tendance à la baisse, sur la période du 20 au 26 octobre, annonce l’Office des marchés agricoles dans un communiqué. « Par contre, sur les marchés de consommation, les prix au détail restent globalement stables », ajoute le communiqué. Ainsi, sur les marchés de production, les prix collectés, au cours de la semaine du 20 au 26 octobre 2022, sont en baisse pour 54%, en hausse pour 8% et stables pour 38%. Pour ce qui concerne les marchés de consommation, les prix de cette semaine sont stables pour 69%, en baisse pour 26% et en hausse pour 5%. Selon la même source, les variations de prix observées sur les marchés durant la semaine du 20 au 26 octobre 2022 sont surtout des baisses. La tendance à la baisse des fluctuations de prix observées sur les marchés provient, essentiellement, de l’amélioration progressive de l’offre avec la vente des nouvelles récoltes, surtout de céréales sèches et de riz local. Avec la levée des sanctions des organisations intergouvernementales ouest-africaines, les échanges de produits agricoles entre le Mali et ses clients et les fournisseurs régionaux et internationaux continuent de s’améliorer. « Toutefois, ces échanges souffrent du renchérissement de leurs coûts, causé par la dépréciation de l’Euro face au dollar ». En ce dernier mois de la campagne de commercialisation 2021/2022, la demande céréalière reste supérieure à l’offre. « Cette situation provient des conséquences de plusieurs facteurs qui sont la faiblesse des stocks finaux de cette campagne de commercialisation, la timide poursuite des récoltes, la mise en marché économe des anciens stocks par les producteurs encore détenteurs. » D’autres facteurs tiennent à l’augmentation de la précarité en relation avec la Covid-19, la persistance de l’insécurité et des conflits inter et intra-communautaires en plusieurs endroits du Mali. Les mesures prises par le gouvernement pour améliorer la disponibilité céréalière sur les marchés, restent toujours la suspension, depuis le 6 décembre 2021, des exportations des mil, sorgho, maïs et riz local, l’autorisation des importations commerciales de riz à taxes réduites de moitié, jusqu’à hauteur de 300.000 tonnes et la détermination de l’État d’importer jusqu’à 180.000 tonnes de riz et d’acheter 20.000 tonnes de riz locaux. AC/MD (AMAP)

Journée mondiale des villes : Un Malien sur deux sera citadin en 2024 (Ministre)

Bamako, 1er nov (AMAP) «Compte tenu du rythme d’accroissement des villes maliennes en général (5,1%) et de la capitale, Bamako, en particulier (5,4%, l’un des plus élevés en Afrique), on estime qu’un Malien sur 2 habitera dans les villes en 2024 », a déclaré lundi, à Bamako, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Bréhima Kaména. M. Kamena, qui a présidé l’ouverture des travaux de commémoration de la Journée mondiale des villes, a expliqué « tout ce que cela comporte en matière de développement urbain durable : emplois urbains, infrastructures, services urbains, protection de l’environnement. » « Malgré une relative faiblesse de l’urbanisation, a-t-il affirmé, les villes jouent un rôle moteur dans le développement économique à l’échelle nationale et régionale dans la mesure où, avec moins du 1/3 de la population nationale, elles produisent 50 % des richesses nationales ». « Elles pourraient, selon Bréhima Kaména, en produire davantage si les problèmes posés par leur développement sont maîtrisés. »   Le Mali a commémoré cette journée, à travers une journée portes ouvertes dans les locaux de la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, à Darsalam, dans la capitale, Bamako. Le thème international de la Journée, célébrée chaque année à la date du 31 octobre, est  «Agir localement pour devenir global». La Journée mondiale des villes vise à promouvoir l’intérêt de la communauté internationale pour l’urbanisation mondiale durable, à faire avancer la coopération entre les pays et les villes pour saisir les opportunités, à relever les défis de l’urbanisation et contribuer au développement urbain durable dans le monde. Elle est, aussi, une occasion pour les pouvoirs publics et la société civile d’informer et de sensibiliser par l’organisation d’activités sur les enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Au Mali, les activités commémoratives se sont étalées du 3 octobre au 31 octobre 2022, à travers plusieurs activités notamment la tenue de journées de concertation entre les acteurs du secteur du foncier, de l’habitat, de l’urbanisme. SERVICES DE BASE – Le ministre en charge de l’Urbanisme a rappelé que la Politique nationale de la ville (PONAV) a été initiée pour, notamment, « rendre les villes maliennes conviviales et harmonieuses, renforcer les économies locales pour améliorer les capacités d’autofinancement des villes et favoriser l’expression des diversités socioculturelles. Et d’indiquer que le principal outil de mis en œuvre de cette politique est le programme décennal de développement des villes. Parmi les perspectives, le ministre Kaména a cité la tenue prochaine de la 7ème édition du Salon de l’habitat de Bamako en 2023, la mise en œuvre de la troisième phase du Programme participatif de l’amélioration des bidonvilles (PPAB), la mise en œuvre du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA) ainsi que la poursuite de l’élaboration des profils urbains des villes du Mali. S’y ajoutent aussi la poursuite de la réalisation des programmes de logements sociaux, l’amélioration de la mobilité urbaine au niveau de nos grandes villes, la sécurisation et la conservation des espaces publics par leur aménagement et le rapprochement des services sociaux de base de nos populations. Pour sa part, le directeur de l’Observatoire national des villes (ONAV), Moussa Tamba Diakité, a énuméré quelques défis du domaine urbain. Il s’agit, entre autres, de l’accès à l’eau potable, à la santé, à la sécurité, la mobilité urbaine, l’étalement urbain et les constructions illicites. Par rapport à l’évolution de la population de la ville et en zone urbaine, il dira qu’en 1800, 5% de la population mondiale vivaient dans les villes, qui évolue aujourd’hui à 50%. Selon les estimations des Nations-unies, ces chiffres doivent aller de 65 à 70%. «La population nationale a augmenté ce qui fait que cette transformation démographique rapide est source de défis mais, aussi, d’opportunité et de chance à saisir », a dit M, Diakité.  C’est pour cela qu’aujourd’hui, le ministère en charge de l’Urbanisme et de l’habitat, à travers l’ONAV, « est en train de développer un système beaucoup plus numérique, qu’on appelle les villes connectées, les villes intelligentes qui est aujourd’hui à la mode dans le monde urbain », a indiqué Moussa Tamba Diakité. Selon lui, ce système numérique permet de faciliter l’accès aux services urbain de base, de réduire les coûts et un moyen très efficace de contrôler et de diminuer drastiquement l’insécurité urbaine. MS/MD (AMAP)    

Apiculture : Comment organiser la production du miel au Mali

Par N’Famoro KEITA  Bamako, 27 oct (AMAP) Liquide compact de couleur marron à l’état raffiné, le miel est un produit alimentaire naturel, obtenu à partir du nectar. Le nectar est la matière première indispensable à sa fabrication. Le miel est récolté par les abeilles butineuses aux alentours de la ruche pour le remettre aux abeilles receveuses dans la ruche. Chimiquement, le nectar est composé d’eau et de saccharose. Ce sont ces deux éléments qui vont subir des transformations à travers un processus mystérieux pour donner du miel. Ce «miracle de la nature» est reconnu médicalement comme un régulateur de la glycémie pour les diabétiques. Il réduit le stress métabolique et favorise la récupération du sommeil. Il traite la constipation et améliore la fonction cérébrale. Le miel est employé dans le traitement des acnés et les dermatites (inflammations de la peau). Il panse les blessures, les brûlures, les ulcères et hydrate la peau. Compte tenu de ces multiples vertus thérapeutiques, le miel est une denrée de première consommation au Mali. Au-delà de cette réalité, le marché du miel est toujours informel et mal organisé. Son exploitation et sa commercialisation au Mali demeurent le parent pauvre des activités agricoles. Sur la question, Amadou Diarra, apiculteur à Djoulafoundo, un petit village de la Commune de Nouga dans le Cercle de Kangaba, témoigne. Ce cultivateur de céréales s’est reconverti dans l’exploitation et la vente de miel brut. Il dispose dans son entreprise locale d’une cinquantaine de ruches et récolte entre 40 et 50 litres de miel brut par an. Il revend sa récolte à 2.500 Fcfa le litre. Pour l’instant, il perd au change, en termes de pécules (les céréales lui apportaient un peu plus), mais garde espoir de prospérer un jour s’il arrive à bien organiser son entreprise. Il pense que c’est une activité qui peut bien nourrir son homme. La nécessité d’un accompagnement se fait de plus en plus pressante chez lui. Aujourd’hui, il a besoin de se renforcer en matériels de production pour intensifier sa productivité et d’avoir un marché organisé où, il peut tirer un meilleur profit. «Chaque apiculteur doit avoir sa petite unité de raffinage, ne serait-ce qu’artisanale, pour vendre du miel en l’état. ça apporte de la valeur ajoutée», estime-t-il. Malheureusement, ce rêve qu’il caresse est encore loin d’être une réalité à Djoulafondo. produit d’exportation – L’apiculture offre des opportunités, notamment en termes de créations d’emplois, mais aussi d’amélioration des revenus des ménages et de sécurité alimentaire. Elle représente, selon ceux qui officient dans la production de miel, une activité aux intérêts multiples, notamment économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Lors de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, tenue en mars 2019, une attention particulière a été accordée à la filière. Ainsi, il a été décidé de professionnaliser l’apiculture et de mieux l’organiser, afin de créer une plus-value pour conquérir le marché international. En d’autres termes, faire du miel, un des produits d’exportation du Mali. Malgré cette volonté politique affichée, le rêve est loin d’être une réalité pour l’apiculteur de Djoulafondo. Cependant, il garde espoir de le voir se concrétiser, un jour, avec les initiatives et les actions de l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM). L’objectif de cette association, selon son président, Mamadou Ba Keïta dit Mamoutou, est de promouvoir la filière apicole au Mali à travers la formation, l’encadrement et l’équipements des professionnels. Pour asseoir cette dynamique, l’ADAM a installé une unité de raffinage et de transformation des produits dérivés du miel (savon, pommade, bougie, crème de cheveux et cirage). L’Association dispose d’un comptoir de vente de matériels et d’équipements apicoles pour la modernisation de l’activité dans le but d’obtenir une importante production. Quelques difficultés liées l’emploi abusif des pesticides et herbicides dans les champs qui sont des réservoirs de nectar pour les abeilles. Cette situation affecte considérablement les productions, souligne le président de l‘ADAM. Les pouvoirs publics semblent avoir pris bonne note de cette situation. Car, l’une des recommandations de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) est l’inscription de la filière apiculture dans les priorités de valorisation des produits agricoles à valeur ajoutée. Un vaste programme de modernisation des infrastructures et d’équipements sera mis en œuvre. Ceci permettra d’introduire de nouvelles technologies avec l’installation de ruches améliorées, d’enfumoirs et de presses-miel, etc… De grandes zones à forts potentiels de production avec une flore abondante et diversifiée seront créées pour permettre aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. NK (AMAP)