Education : L’UNICEF et le PAM font œuvre utile à travers le PAIS

Bamako, 17 nov (AMAP) Une caravane de presse, organisée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial PAM afin de s’imprégner de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Projet d’appui à l’inclusion scolaire (PAIS), financé par l’Union européenne (UE), s’est déroulée du 07 au 11 novembre 2022 dans trois établissements des villages du cercle de Kolokani, Région de Koulikoro, a constaté l’AMAP. Les écoles publiques des villages concernés sont Tenezana, Kodjan et Kodjè ont accueilli la caravance, en présence des directeurs, des Centres d’animation pédagogique (CAP) de Nossombougou et de Kolokani, des directeurs d’école, des responsables des ONG G Force et la Fondation Strome, des parents d’élèves, des responsables de cantines scolaires et des présidentes de la scolarisation des filles. L’objectif du projet est d’insérer, de réinsérer et de maintenir à l’école 250 000 enfants dont au moins 50% de filles non scolarisées dans les régions du Sud du Mali à haute démographie et forte exclusion scolaire . D’autre part, il offre des opportunités éducatives aux enfants démunis et non scolarisés, dont au moins 50% de filles et permettre le retour et le maintien à l’école primaire dans les zones affectées par l’insécurité au Centre et dans le Nord du Mali. Enfin, il vise à pérenniser le fonctionnement des cantines dans les communes ayant les plus faibles indicateurs éducatifs et de sécurité alimentaire pour favoriser l’accès, le maintien et la performance éducative des enfants, notamment des filles. La mise en œuvre du projet a permis d’insérer et de réinsérer plus de 67 000 enfants à l’école formelle à travers la stratégie de scolarisation accélérée/passerelle (SSAP) et l’insertion directe, à 6 000 familles de recevoir des transferts monétaires qui ont servi à l’inscription et le maintien de leurs filles à l’école et 96 écoles des régions de Koulikoro et de Sikasso (Sud) ont été dotées d’infrastructures d’hygiène et d’assainissement à travers des points d’eau, des latrines équipées de dispositifs de lavage des mains bénéficiant à 23 381 élèves (11 061 filles) ainsi que 88 enseignants ; (19 femmes) ; 72 000 filles ont reçu des kits d’hygiènes menstruelle ; Sur le plan de la  qualité, 7 148 enseignants (1 692 femmes) ainsi que 178 animateurs (dont 46 femmes) ont été formés sur la didactique et la pédagogie et dotés de kits enseignants ; plus de 150 000 élèves ont reçu des kits scolaires en 2021-2022 ; Par ailleurs, la mise en œuvre du projet a été l’occasion pour 14 105 membres de 1 848 CGS dont 4 209 femmes d’être formées sur leurs rôles et responsabilités dans la gestion de l’école ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de projets d’amélioration de l’environnement scolaire ; Les élèves du fondamental 1 ciblés par l’action possèdent des compétences en lecture/écriture et en calcul correspondant à leur niveau ;
Les élèves inscrits dans les centres d’apprentissages accélérés ciblés par l’action sont préparés et réintégrés dans l’école formelle ;
L’engagement des parents et des responsables dans l’éducation formelle et non formelle des enfants et les moyens d’envoyer régulièrement les filles et les garçons à l’école sont améliorés. Le représentant de l’UNICEF, Amadou Samaké, a précisé que son institution couvre à travers le projet PAIS, la Région de Ségou (Centre), Sikasso (Sud), Koulikoro et Kayes (Ouest) et vise à insérer, et à maintenir à l’école 250 000 enfants de la tranche d’âge de 7 à 12 ans. Il mène, aussi, des activités accessoires dont la formation des CGS, des enseignants, la dotation en point d’eau, l’organisation de cours de rattrapage… Les élus locaux, les  directeurs des CAP de Nossombougou et de Kolokani ont salué les organisations onusiennes « pour le travail remarquable sur le terrain » avant de les assurer de leur accompagnement et du suivi du projet. Les parents d’élève, les président des CGS, de tous les établissements visités ont remercié les partenaires avant d’exprimer leur satisfaction pour cet appui de l’UNICF et du PAM, à travers des dotations en kits scolaires et alimentaires qui ont permis d’accroitre le taux de scolarisation et de réussite scolaire. « Les élèves issus du Programme de la scolarisation accélérée passerelle (SSAP) font des merveilles dans leurs écoles d’accueil respectives, car ils figurent toujours parmi les meilleurs », selon le  directeur de l’école de Tenezana, Abdoulaye, Il donne en exemple Binta Ba,10 ans, et Dramane Coulibaly, 12 ans, tous deux, issus de SSAP, en 4 ème année, à Tenezana, qui ont obtenu respectivement une moyenne de 7,84 et de 8,02. « Le PAM évolue dans le domaine de l’alimentation scolaire notamment dans les cantines, à travers le projet PAIS, qui couvre 44 écoles, dans la Région de Koulikoro, avec environ, 9 000 pensionnaires qui bénéficient tous les jours, d’un repas chaud », a précisé son représentant, Issa Diakité, qui est confiant quant à la relève du projet, « avec la détermination de la communauté ». KM (AMAP)    

Berges du fleuve Niger : L’industrie du sable tourne à fond

Par N’Famoro KEITA Bamako, 16 nov (AMAP) Le quartier de Djicoroni para, en Commune IV, dans la capitale malienne, Bamako, abrite l’un des plus grands sites de vente de sable. Un marché s’est développé autour de l’exploitation de granulats avec plusieurs autres activités connexes génératrices de revenus. Le sable est un matériau indispensable dans la construction d’infrastructures tels les routes, ponts et bâtiments, entre autres. Ce qui en fait un produit commercial très prisé. Son extraction et sa commercialisation sont, aujourd’hui, une industrie qui crée beaucoup d’emplois. Ici, on distingue plusieurs catégories de travailleurs. La première chaîne est composée de propriétaires de pirogues. Ceux-ci emploient directement des extracteurs de sable dans le fleuve ou louent leurs embarcations à des particuliers. Ces derniers, à leur tour, font travailler des extracteurs pour charger les pirogues de sable à des dizaines de kilomètres de la berge. La chaîne est bien organisée. Chaque jour, un convoi de 20 voire 30 pirogues, attachées les unes aux autres, est propulsé par une seule pinasse à moteur. Celui-ci quitte le port d’attache pour le voyage à la recherche du sable. Le périple peut durer souvent des jours. A leur retour, on assiste à un spectacle d’embarcations chargées à ras bord, qui glissent en grappe vers le port. A quelques centaines de mètres, elles se détachent et arrivent en rang dispersé. Ce spectacle rythme le quotidien des acteurs et les riverains du «Tchin tchin danguan», le quai de sable de Djicoroni para. Sur la berge, se trouvent les acteurs de l’autre maillon de la chaîne : les négociants de sable parmi lesquels l’on retrouve beaucoup de femmes qui y ont fait fortune et les intermédiaires ou «coxeurs» qui cherchent de potentiels clients pour les revendeurs. On assiste à un ballet incessant de camions bennes qui assurent le transport du sable vers les clients. Ces véhicules sont chargés au rythme des cris de gaillards triés sur le volet, compte tenu de la rudesse de la tâche qui consiste à charger les véhicules à la pelle. Cette activité très lucrative a favorisé la création d’un marché où, on peut trouver sur place tout ce dont on a besoin. Des étals pour articles d’usage courant, aux gargotes, en passant par les vendeurs ambulants, tout y passe. On se croirait dans une fourmilière. Yaya Keïta est propriétaire de deux pirogues. Ce qui lui permet « de gagner dignement » sa vie, confie-t-il. Il envoie régulièrement ses pirogues chercher du sable sur commande des clients. Il rémunère les déchargeurs à 15 000 Fcfa. A quelques encablures, nous rencontrons Kanda Camara. Assis sur une chaise, à l’ombre d’un arbre, discutant avec ses collègues. Il nous parle de sa petite entreprise au port de sable. Il est propriétaire de trois pirogues et explique comment les choses se passent. «Nous donnons nos pirogues aux laptots (ouvriers chargeurs) qui partent extraire le sable à plusieurs kilomètres d’ici. A leur retour, je paie les miens à 15 000 Fcfa chacun, les dockers à 13 000 Fcfa et il revient à la pirogue à moteur 17 500 Fcfa de la part de tous les piroguiers associés à lui. Car, une seule pirogue à moteur peut tirer une vingtaine d’embarcations». Selon le jeune homme, les bennes sont numérotées entre 7, 6, 5, 4 et 3, en fonction de leur contenance. Un chargement de pirogue équivaut à un chargement de benne de 7 ou 6 bombée (plus évasée). Kanda Camara dit vendre un chargement de benne 7 bombée (b7b) à 65 000 F cfa et non bombée à 50 000 Fcfa. Il ajoute que les chauffeurs de benne peuvent vendre à leurs prix et selon les distances. Il explique aussi, que quand le prix du carburant augmente, les propriétaires des pirogues à moteur majorent aussitôt leurs prix. Le jeune patron déplore, le tarissement progressif du fleuve. «Quand l’eau tarit, à partir du mois de janvier, les marchés ralentissent au port de Djicoroni para, car les pirogues cognent les rochers. Toute chose qui cause  des dégâts», regrette-t-il. Kounadi Doumbia nous a accueilli. Maniant la pelle, aussi bien que les mots, elle nous lance : « Eh mon fils ! Ni ye ntori ye san fè, dugumala man nôgon a bolo », prosaïquement : « quand on voit le crapaud grimper, cela atteste des difficultés que le batracien éprouve plus bas. »   La sexagénaire est entourée d’autres femmes. Certaines remplissent les récipients de sable pour constituer un stock. Elle avoue évoluer dans cette activité depuis 20 ans. «Notre travail est de sortir le sable de l’eau pour constituer un stock qui est ensuite vendu par les chefs. Ce que nous gagnons par semaine est reparti entre les travailleuses et la caisse collective pour faire face aux taxes et autres problèmes sur le site». Selon Kounadi, ce gain oscille entre 15 000 à 20 000 Fcfa par semaine pour chacune d’entre elles. La brave femme exprime son regret de toujours exercer cette activité malgré son âge. Moussa Diarra, marié et père de 5 enfants, y évolue depuis 25 ans et arrive à joindre les deux bouts. Il rappelle aussi que les difficultés rencontrées sont liées au ravitaillement en bois. Ces bois viennent de la Côte d’ivoire ou de la Guinée Conakry. « On les utilise pour souder les pirogues », explique le quadragénaire. Le prix d’une pirogue neuve peut atteindre un peu plus de 1,1 million de Fcfa selon la dimension. Solomane Djiré est natif de Sinzani, dans la Région de Ségou (Centre). Marié et père de deux enfants, ce jeune laptot vient travailler pendant 6 à 7 mois, chaque année. Après il retourne au village auprès des siens. Selon lui, cette activité lui permet d’être indépendant, d’aider ses parents au village. Mais il reste conscient que c’est un travail pénible aussi sans oublier l’épuisement corporel et l’insomnie. « Quand on quitte ici dans la journée, on arrive à destination souvent à des heurs indues. Nous remplissons nos pirogues en plongeant dans l’eau pour extraire le sable. C’est un travail de nuit, même en période de froid», explique-t-il, avant de préciser qu’en plus de

Koutiala, de Sikasso et de Bougouni : Les constats rassurants du ministre Modibo Keïta

Par Kadiatou OUATTARA Envoyée spéciale Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, s’est rendu, le weekend passé, dans les Régions de Koutiala, de Sikasso et de Bougouni (Sud), en zone cotonnière pour constater la commercialisation de la production. Pour la première étape de la visite, samedi, la délégation composée des membres de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a mis le cap sur un espace de commercialisation cotonnière, à Koutiala, capitale de l’or blanc. Sur le marché de coton de la coopérative « Koto gnogon tala » au village de Signe situé à 17 km de la ville de Koutiala, la délégation a pu voir les expositions des récoltes de coton graine de la saison en cours. Le coton sera pesé avant de l’acheminer vers les unités d’égrenage. Cette période de commercialisation a débuté depuis le 27 octobre dernier. Le secrétaire général de la coopérative, Drissa Koné, a révélé que 250 hectares de coton ont été cultivés et 100 tonnes sont vendues. « C’est une grande satisfaction pour moi de voir ce rendu », s’est réjoui le ministre du Développement rural. La visite a permis à Modibo Keïta de recenser les difficultés auxquelles les cotonculteurs ont été confrontés lors de cette campagne. Evoquant les difficultés, le président de la coopératif, Aguibou Sounkara, a souligné les maladies du cotonnier provoquées par les ravageurs piqueurs suceurs appelé « Jassides ». Ce ravageur s’est mué en deux nouvelles espèces qui sont apparues pour la première fois au Mali. Il s’agit de Jacobiasca et Amrasca biguttula. Selon M. Sounkara, les pluies abondantes et l’insuffisance d’engrais ont réduit la quantité de récolte. Il a également demandé la mise en place à temps des subventions nécessaires pour les cultures. La visite s’est poursuivie dans la ville de Koutiala, à l’usine d’égrenage. Là, le directeur industriel de la filiale Nord-Est de la CMDT, Moussa Yattara, a expliqué que les balles sont classées par catégorie, stockées et expédiées vers les ports de Lomé (Togo) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Après cette étape, le ministre du Développement rural a réuni les directeurs des services techniques et les responsables des producteurs. Au cours de cet échange, ils ont fait le bilan des travaux réalisés. Pour le ministre Keïta, la campagne a été bonne en matière de pluviométrie. Il a invité les exploitants agricoles à bien gérer les céréales. « J’espère que nous allons conserver notre position de premier producteur en Afrique », a dit Modibo Keïta. Auparavant, la délégation avait rendu une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la région de Koutiala. Nkouroula, une localité située à 50 km de Sikasso, fut la deuxième étape de la tournée. La délégation a fait une descente dans le champ de coton de Adama Sanogo qui fait une superficie de 17 hectares. Ce cultivateur natif de la zone, a effectué les premières récoltes dans son champ. Il a également fait face aux attaques du « Jassides » dans son cotonnier, ce qui lui a causé beaucoup de pertes. « Les cotonniers qui ont été plantés très tôt ont donné quelques capsules. Par contre, ceux qui ont été plantés en retard, n’ont rien donné. Ce qui a joué sur le rendement », a-t-il dit. Modibo Keita a, au cours d’une rencontre avec ses collaborateurs, membres de la filiale Sud Sikasso et les producteurs, assuré que les chercheurs mènent des travaux en vue d’anéantir les insectes qui font des ravages. Il a également expliqué que les contraintes d’approvisionnement en engrais sont dues au conflit en Ukraine et à la fermeture des frontières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour sa part, l’administrateur général de la filiale Sud-SA, Kabaou Dolo, a déclaré que durant cette campagne agricole, sa filiale a fait une production de 307 926 tonnes de coton graine, à raison d’un rendement de 1 041 kg/ha. « Cette production représente 40 % de la production nationale avec une valeur de production de 88 milliards de Fcfa », a-t-il estimé, ajoutant que le prix du coton est de 285 Fcfa le kilogramme. L’administrateur général a souligné que les travaux des routes dégradées ont commencé, en vue de faciliter le transfert des produits. Parlant des difficultés, le délégué régional, Hamidou Goscoko, a évoqué les besoins en aliment bétail. Le périple de deux jours s’est achevé à Zantiéla, une localité de Bougouni par la visite du champ de 5 hectares de coton de Bakary Kouyaté. Le paysan s’est réjoui de la présence de la délégation sur son périmètre au moment où il avait entamé la cueillette du coton. Sur place, le ministre du développement rural s’est dit satisfait. Modibo Keita a salué et félicité les efforts du producteur. KO/MD (AMAP)

Niakaléna : Les écoliers retrouvent leur pirogue scolaire

Boubacar MACALOU Bafoulabé, 16 nov (AMAP) Les élèves de Niakaléna, petit village à 1 km de Bafoulabé, son chef-lieu de Commune, dans la Région de Kayes (Ouest), avaient besoin d’aide pour acheter une nouvelle pirogue et faire la navette entre leur bourgade et la ville de Bafoulabé où ils étudient. Ils ont enfin pu faire réparer leur embarcation restée à quai, pendant 15 jours pour réparation. La pirogue a repris le trafic, le lundi 20 Octobre 2022 ! Ici vivent peulhs, sénoufos et bambaras pour une population de 70 habitants, tout confondu. A cause de sa situation démographique, cette localité ne remplit pas les conditions pour la création d’une école. Une situation qui la pénalise. Mais, le village espère et croit au miracle et la grâce de Dieu. « A cause de la petite taille de sa population, ce village ne peut pas avoir d’école. De ce fait, les parents sont obligés d’envoyer leurs enfants dans les différentes écoles de la ville de Bafoulabé. Ces enfants empruntent à longueur de journée la seule pirogue dont dispose le village, depuis 2010, pour se rendre dans leurs écoles respectives », dit Sakalé Dembélé, une écolière en 3ème Année de l’Ecole de Bafoulabé III. L’état de la seule pirogue dont dispose ce village pour la traversée du fleuve Bafing, n’est pas rassurant, même si elle vient d’être réparée à 50 000 Fcfa. D’après le fabricant Brouma Séréta, qui signale que la garantie de toute pirogue est de trois ans, cette embarcation, vieille de 12 ans, peut tomber en panne à tout moment. Depuis la rentrée de cette année scolaire, les élèves de la localité du Cercle de Bafoulabé effectuent à pied un parcours de trois kilomètres pour joindre leurs camarades du village de Babaroto voisin, Babaroto, afin qu’ils fassent ensemble la traversée du fleuve Bafing. « A cause de l’état dégradé de la pirogue, certains écoliers préfèrent marcher 3 km pour se joindre à leurs camarades à Babaroto afin de regagner la rive gauche », confirme l’écolière. La situation  n’est pas du tout facile pour les élèves de ces villages, parmi tant d’autres. Ces jeunes scolaires sont obligés de faire la corvée, matin et soir, afin de ne pas rater les cours. « Nous souffrons beaucoup actuellement. Nous faisons le parcours quatre fois par jour. Pour arriver à Babaroto, nous traversons une rivière. Une fois en classe, nous ne pouvons pas suivre les explications du maître, à cause de la fatigue. Nous souhaitons avoir une pirogue scolaire afin de traverser dans la quiétude », lâche-t-elle. En attendant de voir le bout du tunnel, les habitants de Niakaléna ont été obligés de prendre leur mal en patience. « La population ne pouvait pas trouver 300 000 Fcfa pour acheter une pirogue », s’était lamenté Moussa Sidibé, président de la jeunesse de Niakaléna. INQUIETUDE DISSIPEE – « Nous avons tenu plusieurs concertations avec les politiques et l’administration scolaire au sujet de l’acquisition d’une nouvelle pirogue. A présent, les démarches administratives n’ont pas abouti», avait déclaré le chef de village Niakaléna, Ousmane Diakité. La population de Niakaléna, consciente du danger qui guette les habitants et soucieuse de l’avenir de ses enfants, a tenu au village, le 26 septembre 2022, une assemblée sur cette épineuse question. Le chef de village et ses conseillers, Makan Sanogo, Seydou Diakité, ainsi que Moussa Sidibé de la jeunesse ont été envoyés en délégation à Bafoulabé, le 2 octobre dernier, auprès des autorités de la Commune dont fait partie Niakaléna pour plaider la cause des écolières et écoliers et trouver des fonds afin de réparer la vieille pirogue de 12 ans. Le maire Kandé Doucouré a reçu la délégation. Il leur avait proposé payer la moitié des frais de réparation et a demandé aux émissaires de [prendre en charge l’autre moitié de la somme. « Car, la mairie ne peut pas tout gérer, faute de moyens financiers », avait expliqué l’édile de Bafoulabé. D’après Makan Sanogo, cette proposition n’a pas été du goût des émissaires du village, Ceux-ci ont simplement remercié leur hôte pour sa bonne foi, avant de prendre congé de lui. Toujours en quête du bon samaritain, la délégation s’est rendue le 4 octobre 2022 au Centre d’animation pédagogique (CAP) pour rencontrer l’adjoint Fomba. Le directeur Oumar Sissoko, empêché, pour raisons de santé. Bien que le CAP n’a pas de budget pour les actions humanitaires, il a donné 25 000 F à la délégation, en guise de contribution. Après avoir obtenu la moitié des frais de réparation et n’ayant plus d’autres alternatives, les émissaires de Niakaléna ne pouvaient que revoir leur position, en allant voire à nouveau le maire de Bafoulabé pour lui signifier leur adhésion à sa proposition, en lui présentant les 25 000 F cfa comme leur propre quote-part. C’est ainsi que le maire leur a donné le complément. Et le lendemain, la pirogue a été envoyée à Mahinading chez Séréta. BM/MD (AMAP)  

Campagne agricole 2022/2023 : La CMDT revoit ses ambitions à la baisse

Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 16 nov (AMAP) La direction générale de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a revu ses ambitions à la baisse, en prévoyant une production cotonnière inferieure à celle annoncée au titre de la campagne agricole 2022/2023, a annoncé la compagnie étatique, dans une note consultée, samedi dernier, par l’AMAP. «La production de coton graine attendue sera en deçà des prévisions fixées au début de la campagne agricole et inférieure à la production de la campagne 2021/2022», précise la Holding CMDT dans sa note. Cette source précise que la baisse pourrait dépasser 20%, par rapport au niveau de production de 2021/2022. Cette contreperformance attendue est, selon le document de deux pages, due à l’abondance de pluies, aux inondations, au lessivage des sols, aux attaques des jassides. La conjonction de «ces facteurs défavorables» a entrainé l’abandon par les paysans d’une superficie totale de 158.090 ha sur un total 743.824 ha semés. En effet, analyse la CMDT, les hauteurs de pluies enregistrées jusqu’en fin septembre 2022 ont été excédentaires au niveau de plusieurs postes pluviométriques. De fortes pluies ont été enregistrées dans toutes les zones de production. Elles ont entrainé des inondations dans les parcelles situées au bord des cours d’eau et dans les bas-fonds. L’encadrement dit avoir, en la matière, dénombré en début du mois d’octobre 34.596 ha de coton inondés. Or «le cotonnier n’aime pas les fortes pluies et les fréquences élevées de pluies», expliquent les experts de la Compagnie. En conséquence, des cas de lessivage sont visibles dans plusieurs parcelles. « Les plants sur ces parcelles sont rabougris. La pourriture des capsules de base est constatée sur plusieurs parcelles de coton . » Les excès de pluies ont toujours été contreproductifs pour le rendement du coton, font remarquer les spécialistes. Ils illustrent leur analyse par les contreperformances de la campagne 1999/2000 au cours de laquelle la pluviométrie «très excédentaire» a occasionné des inondations. La production du coton graine est ainsi passée de 518.364 tonnes en 1998/1999 à 459.123 tonnes en 1999/2000, soit une baisse de 11%. Il en a été de même pour la «campagne 2018/2019 où la pluviométrie a été également très excédentaire, occasionnant des submersions. «La production du coton graine est ainsi passée de 728.606 tonnes en 2017/2018 à 656.531 tonnes en 2018/2019, soit une baisse de 10%», rappelle la CMDT. Elle ajoute : «Le seul fait de la forte pluviosité entrainant les inondations, favorisant l’enherbement des parcelles et le lessivage peut occasionner une baisse de production de plus de 10% par rapport à une campagne normale.» PULLULATION DE JASSIDES– Des superficies d’environ 32.523 ha n’ont pas pu être entretenues. Il s’agit des parcelles très enherbées à cause de la fréquence élevée des pluies, celles endommagées par les animaux et quelques cas de reconversion en d’autres cultures. À ces phénomènes est venue se greffer la forte pullulation des jassides, depuis fin juillet 2022. L’espèce de jassides habituellement connue dans la sous-région est Jacobiella fascialis. Les produits insecticides disponibles permettent de la maîtriser. Mais la capture et l’analyse des individus de jassides de cette campagne dans les pays infestés a abouti à l’identification de deux espèces dominantes : Jacobiasca lybica et Amrasca biguttula. Ces deux espèces font leur apparition pour la première fois au Mali. C’est surtout l’espèce Amrasca biguttula qui était beaucoup plus dominante. Cette espèce se multiplie très rapidement et fait plus de dégâts que la Jacobiella fascialis. Les attaques sévères de l’Amrasca ont amené les producteurs à abandonner 90.971 ha. La mission conjointe traditionnelle CMDT-Institut d’économie rurale (IER) relative au suivi phytosanitaire des cultures du système coton s’est rendue sur le terrain pour faire le constat. Le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, et ses techniciens ont pris des mesures urgentes pour limiter les dégâts. Il a ainsi été demandé à l’encadrement et aux producteurs un changement immédiat de stratégie de protection phytosanitaire du cotonnier en réduisant l’intervalle de traitement de 14 à 07 jours et l’utilisation des produits indiqués contre les jassides. Le GIE C-SCPC/CMDT/OHVN a commandé et mis à disposition des quantités d’insecticides contre les jassides recommandés par le Programme coton de l’IER. Des campagnes de sensibilisation ont été diffusées dans ce sens sur les radios pour informer les producteurs des mesures à prendre pour maîtriser les jassides. Ce phénomène de pullulation de jassides est un problème sous régional. Les pays touchés sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo. Le Bénin, le Cameroun et le Tchad sont moins touchés. Ainsi, la production de coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait sensiblement diminuer lors de la campagne 2022/2023 pour se situer à environ un million de tonnes de coton-graine, selon des chercheurs. D’après les estimations de plusieurs négociants, comparativement au niveau de production de 2021/2022, la baisse pourrait même dépasser 20%. SOUTIEN DES AUTORITES – Le mauvais signal avait commencé dès le début de la campagne agricole 2022/2023 qui a démarré dans un contexte difficile marqué par deux principales situations défavorables. La flambée des prix des intrants agricoles sur le marché mondial (suite de l’impact de la pandémie de Covid-19 et du conflit entre la Russie et l’Ukraine). L’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de janvier à juillet 2022, privant le Mali de l’accès aux principaux ports d’approvisionnement du pays. Ce qui a entrainé une hausse des prix des engrais du système coton (coton, maïs, mil et sorgho). À titre d’exemple, le prix fournisseur du complexe coton est passé de 383.000 Fcfa en 2021/2022 à 620.000 Fcfa/tonne. Celui du complexe céréales est passé de 380.000 Fcfa/tonne à 615.000 Fcfa/tonne. Et celui de l’urée est passé de 370.000 Fcfa à 640.000 Fcfa/tonne. Il faut, aussi, noter l’insuffisance de cet engrais sur le marché mondial. Pour y faire face, le président de la Transition, lors de la 12ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture en mars 2022, a pris des décisions qui ont encouragé les producteurs. Le prix

Mali : Ouverture de la 1ère édition de la Journée nationale des légitimités traditionnelles 

Bamako, 11 nov (AMAP) Le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a présid.é, ce vendredi, l’ouverture de la 1ère édition de la journée nationale des légitimités traditionnelles au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP. Cette 1ère édition dont le thème est : « Place et rôle des légitimités traditionnelles dans la réconciliation nationale, la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la refondation de l’État », a été organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a consacré le 11 novembre comme Journée nationale des légitimités traditionnelles par décret du 4 mars 2022.  Son objectif « est de contribuer à mieux exploiter le système de gouvernance des légitimités traditionnelles pour promouvoir la paix, la cohésion sociale et soutenir la refondation de l’État.» Il s’agit, aussi, « de mieux faire connaitre les légitimités traditionnelles, de valoriser leurs fonctions, de raffermir leur ancrage dans la vie politique, économique et sociale, de s’appuyer sur leur système de gouvernance pour soutenir la refondation ». Mais, également, « informer et sensibiliser les jeunes générations à s’inspirer des valeurs de société des légitimités traditionnelles pour l’éducation civique et la construction citoyenne ainsi que renforcer la synergie d’actions entre les pouvoirs administratifs et ces légitimités ». DD/MD (AMAP)

L’Armée malienne repousse une attaque terroriste à Markala

Bamako, 11 nov (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé, dans la nuit du 9 au 10 novembre, un assaillant et récupéré du matériel au cours d’une attaque terroriste visant le poste de contrôle de l’entrée sud de la ville de Markala (Ségou), dans le Centre du Mali, a annoncé, jeudi, l’Armée sur sa page twitter. Le même jour, le commandant du secteur 5 de l’Opération Maliko, le colonel Youssouf Oumar Cissé et le commandant de la Région de Gendarmerie de Ségou, accompagnés de certains collaborateurs, se sont rendus au poste qui était visé. Selon la même source, le colonel Cissé a félicité et encouragé, au nom de la hiérarchie militaire, « les vaillants soldats stationnés » au pont rouge, véritable verrou à l’entrée de la ville. « Il a transmis aux FAMa du poste la fierté du commandement. Il leur a demandé de rester constamment en veille afin d’éviter toute surprise », selon le communiqué. Les autorités administratives locales, communales ont assuré le colonel Youssouf Oumar Cissé de leur soutien et accompagnement dans la lutte anti-terroriste que mènent les FAMa. La délégation du colonel Cissé s’est rendue, également, au COFEAT abritant la formation du Certificat interarmes, note le Communiqué, aux Ateliers militaires centraux, à la Brigade territoriale de Gendarmerie. Puis, elle a franchi le pont du barrage de Markala afin de vérifier le dispositif sécuritaire. SS/MD (AMAP)

Visite du DG des douanes à Ségou : Mobilisation pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes

Ségou, 10 nov (AMAP) Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, a effectué mercredi une visite de travail dans la Région de Ségou (Centre) en vue de la réalisation des objectifs quantifiés de recettes. Lors d’une rencontre, dans la salle de conférence de la direction régionale des douanes de Ségou, regroupant les directeurs régionaux des douanes de Mopti, Koutiala et Ségou, il est ressorti qu’en matière de perception des recettes, de janvier à septembre 2022, sur une prévision de 12.915.000.000 Fcfa, la direction régionale de Ségou a pu réaliser 11.160.300.000 Fcfa, pour le dernier trimestre. Sur une prévision de 5.421.000.000 Fcfa, elle a recouvré 1.266.000.000 Fcfa en fin du mois d’octobre 2022. Les facteurs qui justifient ces chiffres par rapport aux objectifs « sont l’insécurité dans les deux régions administratives (Ségou et San) et la faiblesse des effectifs », a fait savoir le directeur régional des douanes de Ségou, le lieutenant-colonel Oumar Tangara. Intervenant à la fin de la rencontre , le directeur général des douanes a déclaré à la presse qu’ « un seul point figurait à l’ordre du jour de cette rencontre à savoir la mobilisation de l’ensemble des douaniers pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes et bien d’autres qui sont en rapport avec les trois orientations » qui lui ont été assignées par le ministre de l’Économie et des Finances. « Il s’agit de la mobilisation des recettes douanières, de la lutte contre la fraude et la réalisation des reformes pour améliorer nos prestations», a indiqué l’inspecteur général Amadou Konaté. Le DG des douanes a révélé que l’activité douanière s’est réalisée, en 2022, dans des conditions extrêmement difficiles, marquée par des crises multidimensionnelles (crise sécuritaire, Covid-19, embargo imposé par la CEDEAO et conflit russo-ukainien). Selon Amadou Konaté, « l’ensemble de ces crises a coûté au cordon douanier près de 142 milliards de FCFA de pertes de recettes. » Le patron des douanes n’a pas manqué de saluer l’accompagnement de l’État dans la mise en œuvre des réformes entreprises par sa structure à savoir l’adoption de la loi portant Code des douanes, la récompense du mérite par l’octroi d’une médaille aux douaniers, la  construction du nouveau siège de la direction générale des douanes, etc. Selon Amadou Konaté, les douanes ont un devoir de retour envers l’État « en réalisant tout simplement les objectifs quantifiés de recettes qui lui sont assignés durant cette année. Il a rappelé que, de janvier à octobre 2022, les douanes ont réalisé un total de 464,155 milliards de Fcfa, malgré le contexte difficile. Le DG des douanes a appelé à l’implication effective du personnel des douanes de Ségou, Mopti et Koutiala afin d’atteindre, en décembre 2022, les objectifs quantifiés de recettes à la direction des douanes qui sont de l’ordre de 611.290.000.000 Fcfa. Le directeur général des douanes et sa délégation se sont également rendus au gouvernorat pour rencontrer le chef de l’exécutif régional. Le contrôleur général de police Alassane Traoré a salué le travail abattu au quotidien par les soldats de l’économie, avant de souligner « la nécessité de renforcer la direction régionale des douanes de Ségou en personnel afin de réussir les objectifs qui lui sont assignés. » MS/MD (AMAP)  

Mopti, au Centre du Mali : La campagne agricole en zone Office riz suscite de l’espoir

Par Dramane COULIBALY Mopti, 9 nov (AMAP) La campagne agricole 2022-2023 en zone Office Riz Mopti (ORM), dans le Centre du Mali,  à la faveur de la crue exceptionnelle et de la bonne pluviométrie, augure de bonnes perspectives. Les producteurs de la zone entendent contribuer à la sécurité alimentaire du Mali avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues, avec un accent particulier sur le riz qui occupe 73% au titre de ladite campagne. Celle-ci a démarré dans des conditions agro-climatiques et socioéconomiques difficiles, liées à la crise sécuritaire et humanitaire avec le sabotage de la station de pompage du périmètre moyen de Sofara, de l’ouvrage du casier de Torokoro-Kouna par des groupes armés non identifiés et le déplacement massif des populations. Selon le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, « ces difficultés ont été aplanies avec des mesures prises » par son service et l’État. Il s’agit de la distribution gratuite de 21 tonnes de semence de riz certifié aux producteurs, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et le renforcement de la confiance entre l’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, les partenaires au développement par des actions de concertation et de dialogue. Et d’ajouter que « l’État, suite aux évènements malheureux de Sofara, a octroyé gratuitement aux producteurs du périmètre moyen les 50% de leurs besoins en engrais minéraux et mis à leur disposition 8 moto pompes et intrants pour sauver la campagne ». Le premier responsable de l’ORM a, aussi, expliqué que la subvention des engrais par l’État pour 6.135 tonnes et la bonne répartition des pluies dans le temps et l’espace, associée à la bonne crue, ont permis la réalisation d’un objectif d’emblavure de 93.104 ha, soit 9,95% d’augmentation par rapport à la précédente campagne. Pour lui, il y a également un taux de germination satisfaisant. La zone d’intervention de la structure, qui couvre les parties inondables des Cercles de Djenné, Mopti, Ténenkou et Youwarou (Centre), est un bassin de production de céréales par excellence ou l’état végétatif et l’aspect général des champs est bon dans l’ensemble. Le riz est au stade épiaison en maîtrise totale et au stade levé de feuille dans les autres modes de riziculture. Le mil, le sorgho et le maïs sont au stade maturation (récolte en cours). C’est le constat établi par Yaya Amadou Téssougué après une série de visites de supervision de la campagne. Selon lui, malgré les difficultés liées au mauvais état des infrastructures hydro agricoles, le faible équipement des producteurs et la crise sécuritaire, ayant réduit la mobilité du personnel d’encadrement, « les efforts d’accompagnement des autorités à travers le ministère du Développement rural ont permis d’atteindre des objectifs d’emblavure avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales en zone ORM ». Pour booster la productivité et la production, la direction de l’ORM a initié un projet intitulé : «Projet de développement intégré de l’Office Riz Mopti» pour transformer les casiers rizicoles en maîtrise totale de l’eau. Cet ambitieux programme donne espoir aux producteurs de riz dans un contexte de changement climatique, dont l’adaptation reste une alternative crédible. Le projet qui ambitionne la transformation de 4.260 ha à cours termes bénéficie de l’accompagnement de l’État. Pour le président de la coordination des producteurs, Moussa Diallo, la difficulté majeure de cette campagne réside au niveau de la couverture du bassin de production en engrais minéraux. Contrairement aux années précédentes, l’accent a été mis sur l’engrais organique un système auquel les paysans n’étaient pas préparés. « Le système est à l’essai et sera évalué à la fin de la campagne », a-t-il indiqué. En termes de conseil, le DG de l’Office a invité les producteurs à élaborer un plan de fertilisation organique et de renouvellement des semences, à ne pas brader la production, à veiller sur la dynamique des oiseaux granivores ». Yaya Amadou Téssougué et le président de la coordination, Moussa Diallo, ont salué les efforts des plus hautes autorités à travers le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, engagées pour réussir la campagne afin d’assurer l’auto-suffisance alimentaire du Mali. DC/MD (AMAP)    

Culture du blé au Mali : Péril sur l’immense potentiel

Par Mohamed TOURÉ et Almahadi A. TOURÉ Bamako, 9 nov (AMAP) On pourrait bien appeler cela le paradoxe malien. L’État renonce à des milliards de Fcfa chaque année pour encourager l’importation de denrée de base : riz, blé… Le pays dispose, pourtant, de potentialités immenses inexploitées pour la production à grande échelle de ces produits, notamment du blé. Plus de 45.000 ha se prêtent à la culture irriguée du blé dans la Région de Tombouctou et 100.000 ha aménagés dans la zone Office du Niger avec une disponibilité des ressources hydriques et des conditions agro-climatiques favorables, selon les estimations de l’Institut d’économie rurale (IER). Ce potentiel est loin d’être exploité. Les données officielles soulignent que le Mali n’exploite qu’environ 10.000 ha sur ce potentiel immense. La production totale moyenne s’élève à 45.000 tonnes soit une productivité moyenne de 3,5 tonnes par ha. La consommation annuelle de blé dépasse 365.000 tonnes, dont seulement 12,33% produits localement. Le pays importe une grande quantité de graine de blé d’Europe pour la consommation domestique. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que le Mali dépend fortement des importations de blé. «De 2015 à 2018, environ 278.550 tonnes de blé ont été importées en moyenne pour un coût annuel moyen estimé à près de 69 millions de dollars (environ 45,4 milliards de Fcfa)», souligne un document de recherche que nous avons consulté. À titre illustratif, « le Mali a importé 380.000 tonnes de blé en 2020 pour une consommation de 420.000 tonnes soit une production nationale de seulement de 40.000 tonnes », note le même document. Seulement ces derniers mois, le blé est devenu une denrée stratégique dans un contexte mondiale marqué par les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ces deux pays en sont les principaux producteurs mondiaux. «30% du blé au monde provient de la Russie et de l’Ukraine. Le blé est une céréale très consommée dans le monde et la plupart des pays importent de ces deux pays», explique l’économiste Modibo Mao Makalou, à propos de l’importance du blé dans le contexte de ce conflit qui secoue le monde depuis le 24 février 2022. La principale conséquence de ce conflit sur le continent africain a été la flambée des prix des denrées importées de ces deux pays. L’opportunité pourrait ainsi venir de la mise en valeur de la production locale pour les pays disposant de potentialités agricoles. «Le blé a la particularité d’être cultivé pendant la période froide alors que le riz par exemple est cultivé au cours de la période chaude», explique le Dr Oumarou Goïta, chercheur à l’IER. Ce spécialiste travaille, depuis plus de 20 ans, sur la sélection, le choix des variétés et les innovations dans la culture du blé au Mali. Les différents travaux qu’il a menés avec ses collègues ont permis de connaître avec précisons les conditions environnementales et les périodes de semi favorables au blé au Mali. Le Dr Goïta souligne que la culture du blé demande une grande technicité dans la gestion de l’eau pour fructifier les températures. Cette céréale a aussi la particularité de ne pas consommer beaucoup d’eau et les températures fraiches lui sont propices. Une aubaine pour certaines localités de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali. La première région du Mali où la culture du blé aurait été introduite dès le 15è siècle, selon des sources historiques, par les Almoravides (Confrérie de moines guerriers, Berbères sahariens). ABANDON AU PROFIT DE L’OIGNON – Dans le Cercle de Goundam (Nord), le blé est en effet cultivé depuis des générations. Trois communes sont les fiefs de cette culture : Douékiré, Kanèye et Doukouria, situées à l’est de la Commune urbaine de Goundam, respectivement à 45 km et 5 km du chef-lieu de Cercle. Selon le chef du service local d’agriculture à Goundam, Amadou Almoudou, près de 2.500 ha de terres y sont exploités, chaque année, avec une production annuelle de 18.750 tonnes soit 7,5 tonnes à l’hectare. « Les surfaces cultivables sont façonnées en casiers, la méthode culturale est le semi par poquet et l’irrigation faite à l’aide de motopompes », explique Amadou Almoudou. Regroupés au sein de la coopérative des producteurs de blé du Cercle de Goundam, les producteurs écoulaient à perte une grande partie de la production. Le reste était vendu aux populations locales. Toute la production locale du Cercle, avant l’installation de l’insécurité et la survenue de la pandémie de Covid-19, intéressait un seul gros client : Achcar. « Il sillonnait les cercles de Diré et de Goundam à la fin des campagnes pour acheter les récoltes de blé, mais à un prix jugé presque dérisoire faute de concurrence », se souvient le président de cette unique coopérative des producteurs de blé. Mossa Ag Demba. Il juge que cette situation a découragé plus d’un exploitant. En plus de la vente à perte, les producteurs de blé demeurent confrontés à de nombreux défis dont la vétusté du système de canalisation, l’inflation du prix de l’engrais et autres intrants agricoles. Ce cumule de problèmes démotive de plus en plus les exploitants. Face à la situation, beaucoup de producteurs sont tentés d’abandonner la culture du blé, ces dernières années, au profit de l’oignon, du cumin et de l’anis, vendus dans les région situées au sud du pays à des prix plus alléchants. Avec l’argent obtenu, ils parviennent à payer des intrants, des tonnes d’engrais, des pièces de rechange et du carburant pour les motopompes. Une alternative à la perte causée par la mauvaise commercialisation du blé. Aujourd’hui, les blés produits dans les zones d’exploitation sont achetés et consommés par les populations des Régions de Tombouctou et Gao. Ils s’écoulaient très timidement, mais avec la crise actuelle les derniers stocks de blé ont été raflés par les consommateurs locaux. Le «sawal» l’unité de mesure du marché de la localité qui correspond à 3 kg est vendu à 1.750 Fcfa la mesure. Selon des documents de recherches, le blé est le deuxième produit agricole le plus important au Mali pour la sécurité alimentaire