Un peu plus de 4 000 000 de Fcfa pour faire le pèlerinage 2023 (Maison du Hadj)
Bamako, 12 fév (AMAP) Le coût du hadj, tout frais compris, aux lieux Saints de l’Islam, pour le pèlerinage 2023, est fixé à 4 166 425 Fcfa pour la filière gouvernementale et celle privée à 4 675 000, a annoncé, jeudi, le directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fath Cissé. Dans un communiqué publié, le même jour, indiquant les frais du pèlerinage 2023 et le quota de pèlerins accordé par le royaume d’Arabie saoudite au Mali, M. Cissé annonce que « le quota accordé au Mali est de 13 323 ». Et que les formalités et la formation continue des pèlerins se font au guichet unique de la Maison du Hadj. La même source rappelle que les mesures barrières relatives au corona virus sont levées et le test PCR n’est plus exigé. « Les vaccinations usuelles sont, néanmoins, maintenues. La limitation d’âge est annulée », ajoute le texte. Il est demandé « aux candidats pèlerins ayant un acompte de bien vouloir régulariser leurs inscriptions dans les meilleurs délais en payant la différence. » Le directeur général de la Maison du Hadj exhorte la communauté musulmane à effectuer les formalités « avec célérité pour permettre de leur assurer une formation de très bonne qualité aux rites du hadj. » SS/MD (AMAP)
Bamako : Le fléau des déchets toxiques
Bamako, 09 fév (AMAP) Chaussé de tongs, Zoumana zigzague entre les débris de verre et de sacs plastiques qui tapissent son champ. « Attention, des serpents peuvent s’y cacher», prévient-il. Depuis quatre ans, l’agriculteur de 31 ans fait pousser du maïs sur cette terre située dans la commune de Sénou, un quartier en bordure de Bamako proche de l’aéroport. Mais ses cultures sont étouffées par des centaines de kilos de déchets des foyers de la capitale, acheminés en tracteurs ou dans des charrettes, et déversés sauvagement sur sa parcelle. Zoumana se bat, sans succès, pour tenter d’endiguer le phénomène. « J’appelle régulièrement le poste de gendarmerie, mais rien n’y fait, les charretiers glissent un billet et ça recommence le lendemain», se désole-t-il. Son histoire n’est pas un cas isolé. Sur les images satellites, l’aéroport international du Mali est cerné de taches grises qui signalent la présence de décharges sauvages. Au niveau des mairies d’arrondissement de Bamako, il n’existe pas de benne, ni d’entreprises mandatées pour la gestion des déchets. Le plus souvent, les ménages souscrivent individuellement des abonnements auprès de petits groupes d’intérêt économique (GIE) qui se chargent de l’affaire. Abdoulaye Diakité travaille pour l’une de ces entités. Accompagné de son fils âgé d’une dizaine d’années et de son âne, il décharge une montagne de détritus non loin de la route qui longe l’aéroport, où l’urbanisation galopante de la capitale n’a pas encore rogné les terrains. Il le reconnaît : « Ici ce n’est pas un dépôt, et cela me fait mal au cœur, mais il n’y a pas d’autre choix. » Faute d’espace aménagé, « il y a une prolifération anarchique de décharges autour de l’aéroport et dans beaucoup d’autres endroits», regrette Amadou Camara, ancien patron de la direction nationale de l’assainissement. En 2008, deux sites avaient pourtant été identifiés sur chacune des rives du fleuve Niger. Plus de dix ans plus tard, ils ne sont toujours pas opérationnels et «les gens font ce qu’ils veulent, du moins ce qu’ils peuvent. Les charretiers déposent aux points les plus proches d’eux », constate l’ex-directeur. Ces déversements illégaux induisent un «risque aviaire», souligne-t-il, car « les ordures attirent les oiseaux, dangereux pour le décollage comme pour l’atterrissage des avions. » Les déchets ne proviennent pas que du centre de la capitale. Limitrophe de l’aéroport, le quartier général de la Mission des Nations unies au Mali, la Minusma, aurait une part de responsabilité dans cette accumulation de détritus. C’est en tout cas ce qu’avancent les riverains et les travailleurs sur place. Diakaridia Traoré, patron du GIE qui emploie Abdoulaye et accessoirement ancien maire adjoint de Sénou, affirme ainsi avoir vu un jour des membres de la Mission « déverser tous leurs restes puis les brûler. » Les effets de cette poubellisation du paysage ne sont pas qu’environnementaux. En lieu et place du recyclage, des silhouettes errent dans les décharges improvisées, à la recherche du plastique «lourd». Ces hommes et femmes «ramassent ce qu’ils peuvent vendre puis mettent le feu à ce qui reste», relate Abdoulaye Diakité. Les nuées noires sont fréquentes au-dessus de Bamako. En périphérie de la capitale, les tas d’ordures qui bordent les pistes laissent parfois s’échapper des fumées toxiques. « Les gaz gênent beaucoup de personnes. Cela leur oppresse la poitrine », fait observer Zoumana. (AMAP) Avec Le Monde Afrique
Bamako : Les parcs de pirogues polluent les berges du Djoliba (Fleuve Niger)
Par N’Famoro KEITA Bamako, fév (AMAP) Les berges du fleuve Djoliba, sur son tronçon longeant le quartier de Sébénikoro dans la capitale malienne, Bamako, en plus d’être littéralement envahies par les habitations, abritent aussi un parc de pirogues de transport du sable. Une véritable industrie artisanale qui est une source de pollution du fleuve et de nuisance pour les riverains. Surtout en période de décrue, moment favorable pour réparer les embarcations de transport du sable pendant la moitié de l’année. Les piroguiers utilisent du goudron en brûlis pour combler les fissures et empêcher l’infiltration de l’eau. La fumée dégagée par des litres de goudron brûlé par jour crée une nuisance qui représente une menace pour la santé publique. Des centaines d’épaves abandonnées dans le lit du fleuve, renferment toutes sortes de déchets qui polluent le cours d’eau et perturbent l’habitat de la faune aquatique. Cette situation est déplorée par Moussa Konta, un habitant du hameau de pêche, à une centaine de mètres de là. Selon le pêcheur, cet endroit du fleuve regorgeait de poissons. Mais aujourd’hui, à cause de cette activité, il est contraint de parcourir des kilomètres pour pêcher. Outre la pollution de l’eau, les riverains subissent quotidiennement celle de l’air, engendrée par l’activité de brûlis du goudron. De l’avis d’un médecin que nous avons approché, cette fumée a laquelle sont exposés les habitants de la zone, est hautement cancérigène. Ce qui explique l’inquiétude de Toumani Sidibé dont la maison se trouve à un jet de pierre. Il dit avoir entrepris beaucoup de démarches auprès des autorités compétentes pour faire cesser l’activité. En vain ! Face à l’obstination des auteurs et l’inaction des pouvoirs publics, Toumani dit s’en remettre à Dieu, pour la santé de sa famille. Amadou Mara, un autre riverain, fustige aussi la fuite de responsabilité de nos services publics chargés de la question, en l’occurrence la Direction nationale de l’assainissement du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN). Ce service a pour missions, entre autres, de constater les infractions à la réglementation sur la protection de l’environnement. « Mais, nous ne voyons aucune utilité à ce service qui, pourtant, dispose de tous les moyens de l’État », regrette le riverain. Ce septuagénaire se souvient qu’aux premières années de l’accession du Mali à l’indépendance, jusqu’au régime défunt de feu Moussa Traoré, cette structure, appelée à l’époque service d’hygiène, était crainte de tous les citoyens. En effet, c’était une véritable police de l’hygiène et de l’assainissement dans les quartiers. « Tous les matins, leurs équipes faisaient le porte-à-porte pour constater l’état de propreté des cours, la gestion des déchets et des eaux usées par les familles », se remémore-t-il. « Ceux qui déversaient leurs ordures ménagères ou leurs eaux usées dans la rue étaient sanctionnés par une forte amende. Donc, on ne pouvait pas songer à un minimum d’insalubrité, a fortiori, la situation de catastrophe écologique à laquelle nous assistons aujourd’hui en cet endroit du fleuve », dit Amara Mara. AUTRE LIEU, MÊME RÉALITÉ – A Djikoroni-para, des riverains du site de sable appelé « tchin tchin bô dankan » (Quai du Sable) vivent le calvaire. Le business du sable y est florissant, mais cette activité nécessite l’utilisation de pirogues qui sont généralement fabriquées ou réparées sur place. Et une fois hors service, ces pirogues restent sur les berges du fleuve. Ainsi, l’on aperçoit des épaves sur plusieurs mètres. Les menuisiers tentent de récupérer sur certaines pirogues abandonnées des planches réutilisables. A notre passage, IB et Daouda s’acharnaient, arrache-clous en main, sur l’une d’entre elles. Ils laisseront dans leur sillage, en fin de journée, une bonne quantité de pointes rouillées. Celles-ci représentent un réel danger pour les pêcheurs, les maraîchers et les petits enfants qui rôdent par là. Nafo Samaké, une maraichère, témoigne : « Il n’y a pas si longtemps, un enfant, venu chercher du bois pour sa maman, a été gravement blessé par une pointe. Le sang giclait de sa blessure». Qu’ils soient de Sébénikoro ou de Djikoroni-Para, les riverains des sites de fabrication de pirogues estiment que les services compétents doivent agir, en appliquant la loi dans toute sa rigueur. Pour Amara Mara, ce n’est qu’en sévissant que les gens se corrigeront et rentreront dans les rangs, pour protéger l’environnement et améliorer le cadre de vie des paisibles citoyens. Drissa Traoré, conseiller technique en charge des questions d’assainissement au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, rappelle que quand les services de l’assainissement sont saisis par une plainte, ils doivent obligatoirement réagir, en envoyant une équipe de constat sur le terrain. « Si des externalités sont alors constatées et qui nuisent aux populations, les auteurs sont obligés d’apporter des mesures d’atténuation. Dans le cas contraire, les autorités compétentes sont tenues de faire cesser l’activité qui cause ces nuisances. Des brigades sont constituées à cet effet », explique-t-il Compte tenu du nombre insuffisant de leurs effectifs, les services ne peuvent pas assurer convenablement leurs missions. C’est pourquoi, Drissa Traoré conseille « à tout citoyen qui est touché par une nuisance quelconque de saisir les services d’assainissement de sa localité. » « C’est ainsi que nous pourrons circonscrire le mal », estime-t-il. NK/MD (AMAP)
Ségou’Art Festival sur le Niger : Une édition pleine
Par Youssouf DOUMBIA Ségou, 08 fév (AMAP) Expositions d’art, concerts, foire, conférences-débats, la 19è édition de Ségou’Art Festival sur le Niger clôturée, dimanche dernier, a tenu toutes ses promesses. L’une des grandes attractions était les expositions d’art visuel. Plus de 10 expositions ont permis d’étaler toute la créativité des artistes du Mali, d’Afrique et d’Amérique latine. La principale exposition était celle dénommé «Bi Mali» ou le Mali contemporain. Une vingtaine d’artistes, de peintres, photographes, sculpteurs et vidéastes y ont exposé leurs œuvres. Le jury était composé de professionnels comme Abdoulaye Konaté, Ky Siriki, Bathélemy Togue, Ousseynou Wade et le Pr Yacouba Konaté. Après délibération, le jury dans lequel figurent quelques-unes des 50 personnalités les plus importantes du monde de la culture, a porté son choix sur les œuvres de trois artistes. Le 1er prix est allé à Mohamed Bomboly Keita (sculpteur). Il a empoché 1 million de Fcfa. Sidiki Haidara (photographe) a remporté le 2è prix et le 3è prix est revenu à Dramane Toloba (artiste-peintre). Ceux derniers ont remporté, respectivement, 750.000 et 500.000 Fcfa. Pour le président du jury, loin de démériter, les autres artistes ont fait un travail remarquable. SONORITÉS ENVOUTANTES – Concernant la musique, le premier concert géant, sur la grande scène du village de Festival, dénommée Soirée nomade, a eu lieu, dans la nuit du vendredi 3 février. Abdoulaye Diarra, Hawa Maïga, le Groupe Amar de Kidal, Bassékou Kouyaté et Abdoulaye Diabaté ont fait danser des milliers de spectateurs venus célébrer la musique sous toutes ses couleurs. Drapé dans un boubou blanc trois pièces, Bassékou Kouyaté a émerveillé le public. Le son magique se son N’goni (guitare traditionnelle), entremêlé à ceux du Tamani, de la calebasse et d’autres instruments traditionnels, donnait une sonorité époustouflante. Ces instruments étaient accompagnés de la voix grave de la chanteuse Ami Sacko. Ce mélange harmonieux perçait les flots du Djoliba pour se réfugier dans les cœurs des amoureux de la musique malienne. Sous les sonorités du Bamanan djourou (rythme musical bambara), le public et les artistes chantaient en chœur. De nombreux thèmes ont été débattus lors du colloque. C’est celui sur la mobilité des professionnels de l’art et de la culture qui a retenu l’attention. En effet, l’idée de regroupement des grands festivals pour traiter des problèmes liés aux questions de culture est une des fortes recommandations de la table ronde tenue lors de cette édition de Ségou’Art Festival sur le Niger. Il portait sur le thème : «Mobilité des artistes et de leurs œuvres». Un problème qui hante les artistes africains avant, pendant et après la Covid-19. L’insécurité qui sévit dans la région ouest africaine est venue s’ajouter au lot de problèmes. La mobilité des artistes et de leurs œuvres est devenue un casse-tête. Qu’est ce qui «bloque» les artistes et leurs œuvres ? Quels sont les impacts et quelles solutions ou pistes de solutions proposées ? Ce sont entre autres questions qui ont été soulevées. DIFFICULTÉS DES ARTISTES – Le célèbre plasticien malien, Abdoulaye Konaté, membre fondateur du Fonds africain pour la culture et Luc Mayintoukou, musicien et expert culturel, deux spécialistes des questions de culture, étaient les panélistes d’une table ronde tenue au Centre korè à Ségou. Ils ont parlé des contraintes et difficultés de la mobilité des artistes et de leurs œuvres. Selon les deux conférenciers, ces difficultés ont pour noms, contraintes administratives pour obtenir le visa, le problème de financement, de transports, l’insécurité, la Covid-19, la méconnaissance des textes et conventions nationaux et internationaux par la douane, la mauvaise organisation des professionnels de la culture. Les panélistes ont, aussi, évoqué les problèmes de formation, les échanges entre professionnels, les partages, la participation aux festivals et autres rencontres. Outre le problème de délivrance de visa, Abdoulaye Konaté a mis l’accent sur celui du transport. Selon lui, lorsque l’artiste parvient à décrocher son visa, c’est le transport de ses œuvres qui pose problème. « Le transport coûte extrêmement cher », a-t-il fait remarquer. Un autre gros problème soulevé par l’artiste-peintre a trait à la rétention des œuvres par la douane. À l’en croire, certains douaniers bloquent les œuvres à l’aéroport de Bamako parfois par méconnaissance des textes. Sur les difficultés d’accès aux financements, le plasticien a reconnu que les artistes ont du mal à y accéder. « Toute chose qui a motivé la création du Fonds africain pour a culture », renchérit-il. « Le Fonds permet aux jeunes de recevoir des aides des plus anciens qui le financent, en donnant une ou deux œuvres », a indiqué Abdoulaye Konaté. Pour maintenir et encourager une diversité culturelle plus que jamais nécessaire, il a été proposé un traitement des demandes de visas spécialement adapté aux usages professionnels propres à la filière culturelle. Puisque la mobilité des œuvres est une question de réglementation dans certains pays, les participants ont formulé des recommandations, entre autres, un plaidoyer sur les textes et accords bilatéraux entre les Etats (à faire de manière spécifique), la formation des douaniers sur les questions de mobilité, l’idée de regroupement des grands festivals pour traiter les problèmes liés aux questions de culture. À la faveur de ses études, l’ONG Art mov africa (AMA) a contribué au développement de connaissances, d’initiatives et de politiques ayant pour objectif de soutenir la mobilité en Afrique. De fait, les statistiques de AMA témoignent du renforcement de la mobilité en Afrique de l’Est et du Centre, suite à la publication des études axées sur ces régions YD/MD (AMAP)
Des marcheurs de Bafoulabé à Bamako pour demander un pont au président Assimi Goita
Bafoulabé, 06 fév (AMAP) Des habitants de Bafoulabé (Ouest) ont entamé, lundi, une marche, de leur localité à Bamako, pour demander aux autorités nationales la construction d’un pont sur le fleuve Sénégal, a constaté l’AMAP sur place. « Nous marchons pour exprimer notre cri du cœur au Président de la Transition. Notre problème de pont demeure le souci constant de la population du cercle. Nous espérons que cette marche sera la solution», a dit le porte- parole des marcheurs, Karamagan Diallo. La marche est partie de la Place du rond-point de la ville, aux environs de 10 heures. Les marcheurs, accompagnés de plus de 1 000 personnes venues de Bafoulabé et de Mahina, étaient encadrés par la Gendarmerie et la Garde nationale. « Ce départ apparaît comme un grand moment d’effervescence collective et un signe annonciateur de la réussite de notre action », a dit la présidente de la société civile, Salama Sakiliba, très émue. Quatre personnes, tous membres de bureau du mouvement, dénommé « Je suis les ponts et routes du Cercle de Bafoulabé », se sont portés volontaires. Il s’agit du président du Conseil communal des jeunes (CCJ), Karamagan Diallo, du 2ème vice-président du CCJ, Adama Traoré, deux membres de la société civile Sékou Dembélé et Issa Samaké. Les anciens de Bafoulabé ont formulé des prières pour les marcheurs et ont béni leur action. L’évènement fait la une de la presse locale et sur les réseaux sociaux. Bafoulabé est érigé en chef-lieu de Cercle depuis 1887 et le premier créé au Mali. Grâce à sa position géographique, puisque traversé par les fleuves « Bafing » et « Bakoye », le cercle qui relève de la Région de Kayes (Ouest) reste enclavé. Pour s’y rendre ou en sortir, les riverains ainsi que les visiteurs empruntent la pirogue ou le bac fluvial. La situation d’insécurité fait que beaucoup attendent le bac pour traverser le fleuve. Aujourd’hui, ce bac n’est plus en mesure d’assurer la mobilité de la population. Car, il tombe fréquemment en panne. Le mouvement « Je suis les ponts et routes du Cercle de Bafoulabé », est né le 11 décembre 2022, pour revendiquer la construction de ces infrastructures dans le Cercle. C’est ce mouvement qui a initié la marche, de Bafoulabé à Bamako, pour venir, dans la capitale malienne, exprimer le cri du cœur de la population au président de la Transition, le colonel Assimi Goita. La population considère que la réalisation d’un pont sur le fleuve Sénégal sera l’amorce du développement de leur cercle. De sa création à nos jours, le cercle de Bafoulabé reste dans un statu quo en termes de développement. Un bureau de 27 membres a été mis en place et est présidé par la présidente de la société civile locale, Salama Sakiliba. Le 14 décembre, le mouvement, au cours de sa rencontre a installé un bureau dans les 13 Communes du cercle, décidé de la marche à pieds de Bafoulabé à Bamako et de la date du 6 février 2023 pour son départ, du choix des marcheurs ainsi que d’informer les autorités politico-administratives de locales et la presse. Les marcheurs sont attendus, le 21 février 2023, à Koulouba où une correspondance a été envoyée, le 23 janvier, par les soins de la présidente du mouvement, demandant une audience au président de la Transition. Auparavant, le bureau a demandé aux ressortissants du Cercle de Bafoulabé résidant à Bamako d’appuyer cette demande d’audience présidentielle. BM/MD (AMAP)
Kolokani : L’ONG Sahel 21 TSF réalise des infrastructures dans la commune rurale de Sagabala
Kolokani, 2 février (AMAP) Les populations des localités de Sagabala, Marabougou et de Kourounè dans la commune rurale de Sagabala viennent de disposer de la réalisation et l’équipement d’une nouvelle maternité pour le CSCOM de Sagabala et de deux adductions d’eau sommaires pour les deux autres villages, La cérémonie d’inauguration s’est déroulé le 23 janvier 2023 sous la présidence du préfet du cercle de Kolokani, Alou Diarra, dans ces différentes localités. Ces nouvelles infrastructures dotées d’équipements adéquats sont l’œuvre de l’ONG Canadienne Sahel 21- TSF et ses partenaires pour une enveloppe globale de 58 237 969F CFA entièrement financée par la fondation Marcelle et Jéan Coutu toutes ces actions s’inscrivant dans le cadre du bien-être des populations, la cérémonie d’Inauguration a été une opportunité de réaffirmé leur satisfaction du partenariat établi avec Sahel 21-TSF. L’occasion était opportune pour les autorités locales d’attirer l’attention des uns- des autres sur la nécessité de l’amélioration du taux de fréquentation de la maternité en matière de CPN – d’Accouchement et Consultations Post- Natales. Par ailleurs, les autorités ont saisi l’occasion pour remercier l’ONG Sahel 21-TSF à travers son Directeur Général Monsieur Seydou Togola, présent à la cérémonie pour son soutien précieux aux activités s’inscrivant dans le cadre du développement local de sa zone d’intervention. Les responsables de Sahel 21 et leurs partenariats ont invité de leurs côtés les populations bénéficiaires à bien s’approprier des infrastructures mises à leur disposition et sur tout à promouvoir la fréquentation de la maternité par les femmes enceinte. Birama KEITA (AMAP Kolokani)
Le Premier ministre burkinabè à Bamako pour raffermir les liens entre le Burkina Faso et le Mali
Bamako, 1er fév (AMAP) Le Premier ministre du Burkina Faso, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela, est arrivé à Bamako, mardi, en fin d’après-midi, pour une visite de travail et d’amitié de 48 heures, a constaté l’AMAP sur place. À sa décente d’avion, le chef du gouvernement Burkinabé a été accueilli par son homologue malien, Dr Choguel Kokalla Maïga, à l’aéroport international président Modibo Keïta Senou de Bamako. Porteur d’un message du président de la Transition Burkinabé, le Capitaine Ibrahim Traoré à son homologue du Mali, le colonel Assimi Goïta. Le Premier ministre, burkinabè devrait rencontrer les plus hautes autorités maliennes durant son séjour. « J’ai quitté chez moi, je suis venu chez moi », a brièvement déclaré le chef du gouvernement a son arrivée dans la capitale malienne. Cette visite de travail se tient dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération entre la République du Mali et le Burkina Faso. Le déplacement du Premier ministre du Burkina Fasio s’inscrit, également, dans le cadre du renforcement de la concertation et du dialogue entre les deux pays qui font face à une guerre asymétrique contre des groupes terroriste et extrémistes. « La rencontre traduit la volonté et la détermination de deux pays voisins et frères à imprimer une nouvelle dynamique à leur coopération riche et multiforme. », a indique une source officielle. Le président de la Transition au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a réservé sa première visite officielle au Mali, juste quelques mois après sa prise du pouvoir. Le capitaine Ibrahim Traoré et le colonel Assimi Goïta avaiet échangé sur la mutualisation des forces et des intelligences des armées burkinabè et malienne afin de lutter efficacement contre le terrorisme. AT/MD (AMAP)
Koulikoro : Lancement du projet « promotion et protection des droits de l’enfant au Mali »
Koulikoro 26 janvier 2023 (AMAP) La salle de réunion du conseil régional de Koulikoro a abrité récemment la cérémonie officielle de lancement du projet « promotion et protection des droits de l’enfant au Mali » (PPDEM) dans le cercle de Koulikoro, a constaté l’AMAP. La cérémonie qui a été présidée l’adjoint du préfet de Cercle, Souleymane Coulibaly s’est déroulée en présence du président du Conseil régional, du directeur exécutif de de l’association malienne pour la promotion du sahel (AMAPROS), du représentant de DIAKONIA. D’une durée de 24 mois, le budget du projet s’élève à 243 995 000 FCFA et couvre 25 villages des cercles de koulikoro et de Niono. Il est financé par Music Aid à travers l’ONG Suédoise Diakonia et sa mise en œuvre est assurée par l’association malienne pour la promotion du sahel, (AMAPROS). Ce projet qui s’étend de juillet 2022 à juin 2024 vise à contribuer au bien-être de 2000 enfants (dont 50% de filles) âgées de 07 à 15 ans par leur insertion socio – éducative et professionnelle. Dans cette perspective ses interventions se situent dans 3 communes du cercle de Koulikoro, à savoir Koulikoro, Méguetan et Doumba. Selon le premier adjoint au préfet de cercle, Souleymane Coulibaly, la région de Koulikoro en générale et le cercle de Koulikoro en particulier de part sa caractéristique à vocation agro –sylvo- pastoral, se trouve aujourd’hui être un terreau de violation des droits des enfants par excellence. En effet, bon nombre d’enfants font l’objet de toutes formes d’abus et d’exploitation en tout genre notamment celle de leur force de travail dans plusieurs secteurs d’activités. « Les conséquences de cette situation sont connues, parmi lesquels, la déperdition scolaire, l’abandon scolaire, le mariage précoce, le risque de recrutement par les groupes armés, l’extrémisme violent. A cet état de fait se greffent l’insuffisance, la vétusté, l’éloignement des infrastructures socio – éducatives entrainant du coup la faiblesse du taux d’achèvement au niveau du fondamental », a constaté Monsieur Coulibaly. Ce nouveau projet de promotion et de protection des droits de l’enfant au Mali(PPDEM) vient non seulement renforcer les actions déjà entreprises par l’ONG AMAPROS dans le cadre du développement en général et de la promotion des droits de l’enfant en particulier au niveau du cercle de koulikoro. Mais aussi magnifier l’engagement de DIAKONIA à accompagner le Mali vers un développement durable « ce projet cadre avec l’engagement du Mali en matière de protection de droit de l’homme en général et ceux des enfants en particulier ».S ‘est réjouie le représentant de DIAKONIA Noufou Sanogo. Le directeur exécutif de l’AMAPROS, Salikou Ouattara a, quant à lui, fait le bilan des activités de son ONG dans le cercle de Koulikoro de 1995 à 2023 .Du programme de développement des écoles communautaires financé par l’USAID aux questions de droits humains financées par DIAKONIA. Tous ces programmes ont comme toile de fond la défense et la promotion des droits de l’enfant .A –t-il conclu. « La mise en œuvre du projet PPDEM permettra non seulement de consolider les acquis des précédents projets et programmes exécutés par AMAPROS mais aussi d’étendre l’action à l’effet de donner la chance à d’autres enfants qui n’ont pas été jusque là bénéficiaires directs des différents projets », a assuré M. Ouattara. Ont participé à cette cérémonie de lancement les sous préfets et les maires des communes concernées, des chefs de services techniques, les autorités scolaires. AM/KM (AMAP)
Festival Ogobagna : Sous le signe de la résilience des communautés
Bamako, 26 janv (AMAP) La 8è édition du Festival Ogobagna sous le thème : «Les cultures locales à l’épreuve de la mondialisation : les formes de résilience des communautés» a démarré, lundi, à Bamako pour un rendez-vous culturel qui est, aussi, un espace d’expressions, de communication orale, de formation pour les jeunes, les professionnels et les enseignants-chercheurs. Initié par l’Association Ginna Dogon, le festival inscrit ses activités dans le cadre du renforcement de la résilience des communautés maliennes et se propose d’ouvrir un débat sur cette question qui revêt une importance capitale pour la société malienne. À travers l’organisation du Festival Ogobagna, Ginna Dogon ambitionne d’asseoir un concept événementiel mobilisateur des communautés culturelles autour de la thématique de la contribution des cultures maliennes pour le renforcement de la résilience. C’est pourquoi la communauté invitée d’honneur de cette 8è édition est celle des Kel Tamasheq. L’initiative met l’accent sur le rôle des communautés dans le renforcement de la résilience, de la cohésion sociale et la consolidation de la paix. Plus spécifiquement, les activités feront ressortir la place de la femme dans nos sociétés traditionnelles, conformément au thème central du Festival. Au programme de cette 8è édition, il y aura la sortie des masques dogon appelés «Emna» (un groupe de masque du pays dogon), apportant des messages de paix et de cohésion sociale. Emna est toujours perçue comme le moment le plus important et le plus solennel dans les événements de la culture dogon. Il est prévu aussi la musique traditionnelle dogon, bambara, malinké, kel-tamasheq, arabe, bozo, peul, bwa, soninké, sonrhaï, mamala… Tout comme les foires-expositions des produits artisanaux du Mali et de la sous-région avec près de 200 stands, permettant une pérennisation du savoir-faire des artisans mais, aussi, de leur donner une autonomisation. Des concerts géants avec des artistes nationaux modernes et internationaux se tiendront sur un grand podium sur les berges du fleuve Niger. Un défilé de mode en tenues traditionnelles pour la mise en valeur du circuit artisanal de la cotonnade et de la teinture locale. Enfin, il y aura un tournoi de lutte traditionnelle avec des jeunes pour pérenniser la lutte comme valeur sportive et culturelle. Une course de pirogues pour réhabiliter ce sport qui suscite tellement d’engouement et renforce la cohésion sociale. Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo a insisté sur la capacité de résilience du Mali à travers sa culture. «À travers la tenue de ce festival, le peuple malien en général et le peuple dogon en particulier donnent la preuve que le Mali est une puissance culturelle mondiale résistante, résiliente et dynamique», a dit M. Guindo. « Une terre d’accueil et un pays ouvert qui ne cèdera pas face aux chantages, aux intimidations et à l’obscurantisme qui menaçaient d’oblitération la paix, le vivre ensemble, l’unité et l’intégrité du territoire national du Mali », a-t-il poursuivi. Le ministre en Culture a, aussi, tenu à saluer la commission d’organisation du festival pour la pertinence et l’originalité du thème de cette 8è édition. Le président de l’Association Ginna Dogon, Nouhoum Tapily, a insité sur l’apport de cette rencontre culturelle à la recherche de la paix. Il a, ensuite, mis l’accent sur les conférences-débats sur des thématiques d’actualité en lien avec le thème central du festival qui se veut, également, un espace d’expressions plurielles. Quant à Mohamed Ag Hamani, ancien Premier ministre, s’exprimant au nom de la communauté Kel Tamasheq, il a remercié ses cousins à plaisanterie, les Dogons, pour leur esprit de partage. YD/MD (AMAP)
L’agro-industrie peine à tenir ses promesses au Mali
Par Oumar SANKARE Bamako, 25 janv (AMAP) Le Mali traverse une crise profonde depuis 2012, qui a impacté toute l’économie et réduit la capacité de l’État à accompagner le développement. Illustration : le cas de l’agro-industrie, un secteur prometteur qui peine à prendre son envol. «L’industrialisation traîne au Mali faute d’accompagnement de l’État, comparé au Ghana, à la Côte d’Ivoire et au Burkina Faso», estime la directrice générale de Sahel Industrie, Aminatou Touré. « À titre d’exemple, note-t-elle, en Egypte, l’État accompagne en matière de financement et d’appui logistique les entreprises qui font de l’exportation. » Dr Fatimata Cissé est la directrice du laboratoire de technologie alimentaire, à l’Institut d’économie rurale (IER). Elle coache un étudiant sur l’importance de la valeur nutritive et le goût d’un produit qu’il lui présente dans un bocal vert après l’avoir goûté. Ce laboratoire s’occupe de l’amélioration et de la mise au point des techniques de transformation et de conservation des produits agroalimentaires. Sa directrice préconise la création d’unités industrielles pivot dans tous les secteurs où le Mali a un avantage comparatif. «La filière est sous exploitée malgré l’énorme potentiel. Dans les années 1970, il y avait des champions industriels comme Huicoma à Koulikoro. Une telle unité peut être mise en place dans les zones de production de mangues, tomates, arachides, de coton … « pour le marché intérieur et pour l’exportation afin de faire rentrer des devises», analyse-t-elle. « Mais, s’empresse-t-elle d’ajouter, cette façon de faire ne peut réussir sans un système éducatif adapté aux besoins et aux réalités du pays et qui oriente les jeunes vers ces filières porteuses pour réduire le chômage endémique». Tako Sylla, directrice de USTako Sarl, partage cette analyse du Dr Fatimata Cissé. Son entreprise opère dans la transformation agro-alimentaire. Elle possède un séchoir de pulpe de mangue semi-industrielle. Elle soutient que les entreprises ne peuvent véritablement se développer sans l’implication de l’État qui doit leur accorder des facilités en termes d’accès aux financements à moindre coût et assurer la disponibilité de l’énergie à temps plein pour permettre aux machines de tourner. L’État doit aussi promouvoir des alternatives comme l’énergie solaire afin d’amoindrir les coûts. Il faut, par ailleurs, envisager le problème de mise sur le marché des produits agricoles transformés (distribution) et faire la promotion de nos produits locaux au niveau national, particulièrement au sein des ministères et autres structures. potentiel agricole – Faut-il alors compter sur les projets financés de l’extérieur pour apporter un appui ? Le Projet d’appui à la compétitivité agro-industrielle au Mali (PACAM), un vaste projet de la Banque mondiale dans la filière, entend contribuer à la levée des défis et au développement du potentiel du secteur agricole. Cela afin de réduire les pertes post-récoltes, d’améliorer la transformation des produits agricoles et de faciliter l’accès aux marchés des produits frais et transformés. Le projet a fourni un appui à la stratégie du gouvernement à travers 4 composantes : augmenter la transformation et l’exportation des mangues, améliorer l’accès aux zones de production de mangues, promouvoir la production d’alimentation animale et renforcer les capacités institutionnelles et de mise en œuvre. Fatoumata Ba Haïdara, coordinatrice du PACAM, explique que pour «faciliter la collecte et la commercialisation de la mangue dans les grands bassins de production, le projet a construit six centres de collecte et de commercialisation de la mangue à Yanfolila et à Sikasso, doté la jeunesse de dix sociétés coopératives en matériels et équipements d’entretien et de production des vergers de mangue». Autre volet : l’alimentation animale. En la matière, le projet a financé 48 sous-projets dans le cadre d’alliances productives entre le PACAM, la Banque nationale de développement agricole (BNDA), les emboucheurs et l’abattoir Laham industrie. Conscient du problème d’accès aux matières premières, le PACAM a aussi réhabilité 300 km de pistes rurales dans les Cercles de Sikasso et de Yanfolila. « Ces pistes rurales permettront l’évacuation de 35.000 tonnes de mangues supplémentaires », selon Fatoumata Ba Haïdara. DIFFICILE ACCÈS AU FINANCEMENT – «La principale contrainte au niveau du projet est comment pérenniser les acquis après le projet», explique la coordinatrice du PACAM. Ensuite, il faut parvenir à une extension des activités du projet dans d’autres zones de production. Il convient, également, de relever que les acteurs de certaines filières porteuses, non prises en compte par le projet, comme le karité, le sésame, la pomme de terre, l’horticulture l’ont sollicité à maintes reprises pour des appuis techniques et financiers. Au niveau des acteurs, le difficile accès au financement au niveau de tous les maillons reste une réalité. Le vieillissement des vergers est également un véritable challenge. Il faut donc moderniser les vergers par la reconversion et la plantation de nouveaux vergers. À cela, il faut ajouter l’insuffisance des équipements et matériels de production, de transformation et de post-récolte, l’insuffisance de logistique de transport adapté. Une autre difficulté, et pas des moindres, est le problème de certification des vergers et des produits transformés. Enfin, il y a le problème d’accès à certaines zones de production. Ahmadou Cissé a travaillé dans plusieurs projets de développement pendant 20 ans. Aujourd’hui, fonctionnaire international, basé au Ghana, il estime que beaucoup de projets n’apportent pas les résultats attendus «à cause du népotisme». « Très souvent, déplore-t-il, les bénéficiaires sont choisis par affinités, alors qu’on peut se demander s’ils répondent aux critères. Sans oublier le problème lié au suivi des bénéficiaires, qui permettrait de corriger les failles». Un autre problème est la capacité des bénéficiaires des projets. «Les bénéficiaires sont souvent incapables de monter des rapports techniques et financiers conformes, ils sont responsables de dépassements dans les dépenses, la fiabilité des justifications et la gestion administrative sont douteuses». Alors que si ces éléments ne sont pas conformes, les bailleurs plient bagages ou ne débloquent plus les fonds. Plusieurs projets ont ainsi été fermés sans que les fonds alloués n’aient été dépensés totalement. OS/MD (AMAP )

