Région de Gao (Nord) : Plusieurs terroristes neutralisés dans le Gourma, au Mali (Source militaire)
Bamako, 20 juil (AMAP) Une patrouille de grande envergure, dénommée «Yèrè Kolochi», conduite dans le Gourma (Région de Gao), dans le Nord du Mali), du 5 au 13 juillet dernier, a permis de neutraliser plusieurs éléments des Groupes armés terroristes (GAT), indique la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA). « Après 10 jours de recherche et de fouilles, plusieurs éléments des GAT ont été neutralisés. Des armes, des caisses de munitions, des motos et divers effets militaires ont également été récupérés », a détaillé la DIRPA. L’armée a, aussi, « interpellé des suspects et brûlé plusieurs engins à deux roues ». Selon la DIRPA, l’objectif de cette opération de 10 jours, afin de ramener la quiétude et rassurer les populations, était « de détruire les refuges des Groupes armés terroristes (GAT) et desserrer l’étau des groupes de bandits sur les principaux axes afin de favoriser la libre circulation des personnes et de leurs biens. » L’opération a été menée par le Bataillon de reconnaissance et d’intervention spéciale (BRIS) commandé par le commandant Hamzata Ag Sidi Mohamed. Ce bataillon est placé sous le commandement du colonel Issa Bagayoko, commandant du secteur 1 de l’opération «Maliko». Selon notre source, plusieurs localités du Secteur 1 ont été sillonnées par le BRIS, notamment les villages de Tessit, d’Arhabou à Fafa Gourma, Boya, Gabero, Salata, Gounga et Bazi Gourma où les groupes de bandits faisaient régner la terreur sur les populations civiles. La patrouille a, également, effectué « des reconnaissances offensives dans la profondeur » au niveau des sanctuaires de Tin-Anor, Talyenda, Akoukou, Soudeheri, Tinagagui, Tagalalt et Haroum. L’opération «Yèrè Kolochi» a été saluée par les populations de toutes les localités citées, selon l’Armée. Le commandant Hamzata Ag Sidi Mohamed qui dirige le BRIS, a invité les uns et les autres « à soutenir les Forces armées maliennes (FAMa) dans leurs missions régaliennes, et à rester derrière les Forces de défense et de sécurité (FDS) afin de lutter efficacement contre le terrorisme et l’insécurité. » MK/MD (AMAP)
Le Forum de Liptako-Gourma prône une implication des jeunes dans la résolution des crises
Par Envoyé spécial Namory KOUYATÉ Ouagadougou, 19 juil (AMAP) Les travaux de la 1ère édition du Forum des jeunes se poursuivent à Ouagadougou, la capitale burkinabè, pour la deuxième journée consécutive sur le thème : «Stratégie régionale de stabilisation de la région du Liptako-Gourma-la voix de la jeunesse : expériences et solutions locales par les jeunes femmes et hommes vivant dans les zones frontalières». La rencontre qui s’achève, aujourd’hui (Ndlr, mercredi) a été l’occasion pour le secrétariat exécutif de l’Autorité pour le développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) d’impliquer les jeunes dans la résolution des crises. C’est pourquoi, elle fait sienne des messages clés à l’endroit de la jeunesse demandant « à écouter les jeunes pour mieux agir ; inclure la jeunesse pour mieux faire face ; voir en elle une force ; insuffler le changement grâce à la jeunesse. » L’accent est, également, mis sur des concepts comme « la jeunesse, vecteur de développement ou de déstabilisation ; investir dans la jeunesse pour un développement durable ; outiller les jeunes pour un avenir meilleur. » Mais, aussi, « de faire de cette couche le meilleur atout pour une paix durable et de l’autonomiser pour des solutions durables. » Les représentants du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont exprimé les difficultés auxquelles leurs pays sont confrontés. Le président du Conseil national de la jeunesse du Burkina Faso, Dialla Moumouni, a remercié les autorités des trois pays qui travaillent d’arrache-pied pour permettre l’épanouissement, le bien-être des jeunes. « Cette détermination à nos côtés montre la volonté des dirigeants de voir les jeunes au devant du développement », a reconnu Dialla Moumouni. Selon lui, la jeunesse du Liptako-Gourma « n’attend que des meilleures conditions pour libérer son génie créateur. » Pour la secrétaire exécutive du Réseau africain jeunesse, santé et développement du pays des hommes intègres, Rachida Nikiena, ce forum est une bonne initiative parce qu’il permet de trouver des solutions communes aux différentes crises. Rachida Nikiena de dire que cette rencontre est l’occasion de réfléchir aux voies et moyens de mettre fin à l’extrémisme violent. Ajoutant que ce rendez-vous de la jeunesse permet également de porter la voix des jeunes dans les trois États membres du Liptako-Gourma. «Nous animons les séances de sensibilisation en faveur des jeunes qui ont pris des armes», a-t-elle précisé, affirmant que sa structure travaille pour ramener ceux-ci à la raison. «Et pour s’intégrer dans la vie sociale active afin de promouvoir la paix», un élément capital pour le vivre ensemble, a-t-elle fait savoir. Abondant dans le même sens, Lalaïcha Maïga, membre de l’Association des scolaires et universitaires du Cercle de Bourem, au Mali, a dit que cette rencontre est importante. «Il est nécessaire qu’à ce niveau que la voix des jeunes puisse être écoutée et entendue au-delà de nos frontières», a-t-elle souhaité. Parlant des solutions, elle a noté qu’au Mali, il y a la stratégie de stabilisation des Régions du Nord et du Centre. Lalaïcha Maïga, outre, la cohésion sociale, le vivre ensemble, la paix et la gouvernance, a souligné la pertinence du retour de l’État dans certains endroits afin d’avoir accès aux services sociaux de base. Enfin, le président du Conseil régional de la jeunesse de Tahoua, au Niger, Rachid Zakou, a mis l’accent sur les méthodes traditionnelles de gestion des crises. Rachid Zakou trouve que cela est à l’origine d’une certaine accalmie dans son pays. «Tout ce qu’on fait pour nous, sans nous, est contre nous», a-t-il martelé. Le Nigérien s’est réjoui que l’ALG ait compris le problème en impliquant la majorité de la population de la zone. C’est pourquoi, Rachid Zakou a insisté sur la formation professionnelle, l’agriculture et l’élevage « pour mettre fin aux crises multiformes dans l’espace de l’ALG. » NK/MD (AMAP)
Circulation routière : Des mesures fortes pour réduire les accidents (Communiqué)
Bamako, 19 juil (AMAP) Le gouvernement du Malin a pris des mesures fortes pour réduire les accidents de la circulation routière dont la recrudescence fait de plus en plus de victimes, endeuillant de nombreuses familles, annonce un communiqué conjoint de la ministre des Transports et des Infrastructures et de son collègue de la Sécurité et de la Protection civile. Dans ce communiqué, qui a sanctionné une réunion d’urgence, tenue le 14 juillet dernier au ministère des Transports et des Infrastructures, les deux départements précisent que ces mesures sont relatives à « l’interdiction de circulation des véhicules de transport public de voyageurs entre 00 heure et 05 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux, au respect strict par ces véhicules des limites de vitesse fixées à 50 km/h en agglomération et à 90 km/h en rase campagne, à la mise aux normes des ralentisseurs de vitesse installés anarchiquement sur les axes routiers et à la soumission des chauffeurs professionnels à la visite médicale périodique. » Les autorités exigent aussi l’application stricte de la réglementation sur le contrôle technique des véhicules, les sanctions administratives et les peines prévues par les textes en vigueur. Autre mesures annoncées : l’intensification des activités de formation et de sensibilisation à l’endroit des chauffeurs professionnels et des gérants des compagnies de transport de voyageurs. Ces décisions ont été prises lors de la rencontre, suite à l’identification par l’ensemble des acteurs (services techniques, compagnies de transport de voyageurs et chauffeurs) des causes d’accidents de la circulation routière impliquant les véhicules de transport de voyageurs. Des débats, il est ressorti que les accidents proviennent de la circulation des véhicules de transport de voyageurs pendant la nuit, de l’excès de vitesse des véhicules de transport public de voyageurs sur les axes routiers et de l’installation anarchique de ralentisseurs de vitesse par les populations, en violation de la réglementation en la matière. Autres causes identifiées : les insuffisances dans la mise en œuvre des sanctions applicables aux violations du Code de la route et de la réglementation de la profession de transporteur routier, l’incivisme de certains usagers de la voie publique, l’occupation anarchique de la voie publique par les vendeurs ambulants. S’y ajoutent, l’inobservation des heures de conduite et de repos des chauffeurs, l’utilisation de chauffeurs doublons par certaines compagnies de transport public de voyageurs, en lieu et place de chauffeurs relais sur les longues distances, le dépassement du nombre de places autorisées dans les véhicules de transport public de voyageurs. Il faut aussi ajouter « le mauvais état technique de certains véhicules de transport de voyageurs, la consommation de stupéfiants et de substance psychotropes par certains chauffeurs professionnels, la non application des textes relatifs au contrôle routier. » BBC/MD (AMAP)
Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de
Les «Zarma» de Gourma Rharous : Une intégration réussie
Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 19 juil (AMAP) Le «Zarma» se définit comme un groupe de dialectes parlés sur les rives du fleuve Niger, depuis Djenné, au Mali, jusqu’au pays Bariba, dans le Nord du Bénin. Les principaux dialectes de ce groupe sont le Sonhraï parlé au Mali, le Zarma au Niger et le Dendi au Bénin. Tous les Nigériens qui vivent à Rharous sont appelés «Zarma», en référence à l’ethnie qui parle ce dialecte au Niger, malgré le fait que certains d’entre eux ne le soient pas. Cette migration sous régionale a pris de l’essor, à partir des années 2010, même si, une colonie embryonnaire de commerçants nigériens a déjà pris racine ici, avant l’indépendance du Mali. Les «Zarma» sont visibles aujourd’hui, en grand nombre, sur tous les marchés hebdomadaires de la localité et même plus loin. Ils vivent et mènent leurs activités de commerce, en parfaite entente avec les populations locales. La trentaine révolue, teint noir anthracite, habillé d’une longue tunique blanche, Adamou est assis sur un banc, devant l’échoppe de son ami cordonnier, dans le quartier de Boya, à Rharous. Les traits réguliers de son visage semblent être taillés au burin. D’un regard presque absent, l’homme observe le mouvement de la rue, en égrenant nonchalamment un long chapelet d’une main, pendant que l’autre fouraille dans sa barbichette bien taillée. Il est arrivé ici, à peine sorti de l’adolescence, au sein d’un groupe de compatriotes, tous camelots, dans les années 2010. Aujourd’hui, il a épousé une femme autochtone qui lui a donné trois enfants et a bâti une grande maison, différente de la petite pièce de ses débuts quand ils dormaient à quinze ou plus, parfois. Avant, il retournait dans son village, au Niger, dès les premières pluies, pour aider à cultiver les champs familiaux. Aujourd’hui, il ne le fait plus. De son propre aveu, il dit se sentir bien ici. Il explique ce sentiment par l’hospitalité de ses hôtes, la communauté de langue avec ceux-ci et la prospérité de son commerce. Il ne manque jamais d’ajouter, un brin coquin que, c’est ici, qu’il a rencontré l’âme sœur. Ses rares voyages dans son pays d’origine consistent à aller, quelques fois, auprès de son fournisseur, à Niamey, pour se ravitailler en marchandises ou participer à quelques grands événements familiaux. FINS NEGOCIATEURS – Il passe le plus clair de l’année à Rharous, auprès de son épouse et ses enfants ou à parcourir les foires des localités environnantes, juché sur sa moto chinoise chargée de marchandises. Adamou est le prototype même du Zarma. Les témoignages des populations locales sur ces commerçants venus d’ailleurs sont flatteurs. Ils sont unanimement reconnus comme des personnes pacifiques, courageuses pas avares en effort, travailleuses, conciliantes, patientes et de pieux musulmans. À ces qualités, il faut ajouter leur talent commun de fins négociateurs en affaires et d’habiles joueurs, sachant toujours tirer leur épingle du jeu. Ce sont tous ces traits de caractère et de conduite qui ont permis leur intégration et la prospérité de leur commerce. Ils font leurs affaires dans des domaines distinctifs : articles ménagers et de décoration d’intérieur, habillement, médicaments et verroterie. Tout ce qu’ils vendent est estampillé «Made» in China, India, Hong Kong, Singapour et Nigeria. Ce commerce d’articles de bas de gamme s’aligne parfaitement avec le pouvoir d’achat des populations locales et crée un échange gagnant-gagnant. On peut difficilement évaluer cette population de migrants dont le nombre croit, chaque année. Ce sont des familles entières qui sont arrivées ici, durant ces dix dernières années. Le chef de famille s’installe en premier, crée les conditions d’accueil et fait venir femmes et enfants. Parmi ces derniers, nombreux ont débuté leur scolarité ici à Rharous. Cependant, jusqu’aujourd’hui, cette importante colonie nigérienne n’arrive pas à créer une association formelle qui permettra de connaître leur nombre, en les recensant et, aussi, répondre à la réglementation en vigueur, en matière d’immigration. La brigade territoriale locale de gendarmerie se réserve de donner un nombre. À la mairie de la Commune rurale de Rharous, l’édile affirme que la création et la formalisation d’une association est en cours. Parmi les membres de la colonie, certains n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 400 familles. MG/MD (AMAP)
Circulation routière: Le casse-tête de la course-poursuite
Par Tamba CAMARA Bamako, 17 juil (AMAP) – Les Bamakois gardent encore à l’esprit cette course poursuite fatale à un conducteur de mototaxi, un lundi du mois mars dernier, à une heure indue. Le motocycliste, voulant fuir des policiers, perd le contrôle de son engin à deux roues et percute dans sa folle échappée, dans un sens interdit, un autre motocycliste. La violence du choc ne lui a laissé aucune chance. L’autre conducteur de moto a été grièvement blessé. Cet incident malheureux a occasionné des échauffourées entre la police et les jeunes du secteur et conduit au saccage des abris de la police sur les voies publiques et l’incendie d’un véhicule de la Police nationale. Un autre exemple. Celui de la nuit du mercredi 21 juillet 2021 aux environs de 23 heures. Des policiers patrouilleurs avaient pris en chasse un véhicule non immatriculé. Cet incident aussi a conduit à des accrochages entre une patrouille de la Brigade anti criminalité (BAC) et des jeunes du secteur de Lafiabougou. Bilan : un mort (le jeune Abdoulaye Keïta) et 5 blessés graves. Des enquêtes ont été ouvertes et 6 policiers écroués pour mort d’homme. Après l’incident malheureux, la direction générale de la Police nationale (DGPN) a même rappelé. dans une note de service ‘’2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN’’ la proscription de la course-poursuite lors du contrôle routier. Et, conformément, à la procédure, « il est demandé aux fonctionnaires de polices de relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant afin de pouvoir entamer des poursuites à son encontre». « Tout manquement à la directive sera sévèrement sanctionné », a précisé la note de service. Des exemples de poursuite policière, on pourrait les multiplier à l’infini avec des risques réels pour toutes les parties (usagers et policiers compris). Des cas à Lafiabougou, Sikoroni et des quartiers situés en Commune I et IV du District de Bamako ont aussi défrayé la chronique. CAS DES DELINQUANTS – Les usagers, qui n’apprécient guère de vivre le danger de la course-poursuite, ne sont pas avares en récriminations contre les policiers (qui du reste sont essentiels dans la régulation de la circulation routière). Le refus d’obtempérer d’un usager de la voie publique ou de se soumettre au contrôle de routine est puni, conformément à la réglementation. Il faut trouver la bonne formule pour traquer aussi les contrevenants. Ces cas de poursuites qui débouchent sur des accidents mortels interpellent sur la complexité des situations auxquelles les policiers peuvent être confrontés dans l’exercice de leur mission de sécurisation des personnes et de leurs biens, mais aussi de régulation de la circulation routière. Selon un officier de police qui a requis l’anonymat, la poursuite policière est en général motivée par la recherche de gain de certains agents. Et de nous renvoyer à la note de service 2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN qui interdit clairement les courses poursuites. «Le directeur général de la police a alors conseillé aux agents de relever les numéros d’immatriculation pour passer un avis de recherche. Mais, il faut aussi admettre que les responsabilités dans les cas d’accident liés à des courses-poursuites sont partagées. On ne peut pas dire à un délinquant de s’arrêter et qu’il obtempère. Il faut impérativement le pourchasser et l’obliger à s’immobiliser», déclare le limier en chef qui pense que la décision d’interdire la course-poursuite est une erreur. Il juge nécessaire de revoir la note de service et de faire la part des choses. REGLEMENTER LA POURSUITE – « Très généralement, les courses-poursuites ne sont pas autorisées », affirme un commandant de la compagnie de Groupement mobile de sécurité rive droite (GMS). «Il y’a beaucoup d’usagers qui méconnaissent la circulation lorsqu’on les signale pour une faute, ils refusent d’obtempérer et causent des problèmes en tentant de s’échapper. Or les autorités ont décidé d’interdire les poursuites», indique-t-il ajoutant que le relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant est préconisé afin de lancer des recherches à son encontre. Sur la question d’élaboration d’un possible règlement intérieur sur la poursuite, le commandant précise qu’il n’y a, pour l’instant, rien à ce sujet. «Tout est fait sur consignes ou sur la base de notes de service». En cas d’incident malheureux lors de la poursuite, des sanctions disciplinaires au sein du service ou des mis à pieds (rares) sont pris, selon l’officier de police. Et de déclarer qu’il peut y avoir de la prison dans les locaux disciplinaires où les intervenants purgent leur peine, avant d’inviter la population à obtempérer lors des contrôles pour distinguer les délinquants des citoyens respectables qui n’ont rien à se reprocher. Il conseille à ses collègues de ne poursuivre qu’en cas de flagrance. Selon un autre officier de police, également chef de section de police judiciaire (PJ), la poursuite n’est pas encadrée autrement dit elle est non règlementée. « Elle doit être réglementée et le cadre d’intervention doit être aussi défini. » « La décision récente de la hiérarchie policière, explique-t-il, existait depuis bien longtemps. On a juste réchauffé la note. » Il précise aussi qu’il n’y a pas une loi spécifique sur la situation. Et d’ajouter que face à certains suspects voire des situations, il est difficile d’interdire à la police de poursuivre ou d’agir. TC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle Mopti 2023 : La Palme d’or à Ségou
Envoyés spéciaux Youssouf DOUMBIA Amadou SOW Photos : Oumar DIOP Mopti, 17 juil (AMAP) Après plusieurs jours de compétition, la Biennale artistique et culturelle Mopti 2023 a pris fin dimanche au stade Baréma Bocoum, avec la 4è Région, Ségou (Centre), sur le haut du podium et qui a obtenu 100 points sur 200, suivi des nouvelles Régions de Bougouni (Sud) et Dioïla (Centre) qui en sont pourtant à leur première participation. La proclamation des résultats et la remise des prix, sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, et en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’autres invités, ont été suivis de discours et de prestations d’artistes. Le jury présidé par Boubacar Belco Diallo comprenait Mme Niaré Fatoumata Kéita rapporteur, Massamou Wélé Diallo, Samba Niaré, Kora Dembélé, Karim Togola et Mohamed Jean Pierre Tita. Un prix spécial a été décerné à Mme Wallet Finda (72 ans), la participante la plus âgée de la Biennale. Elle est de la troupe de Ménaka (Nord). Le plus jeune participant, Moussa Maïga (13 mois) de la Région de San (Centre), a lui aussi reçu un prix spécial. Les recommandations des membres du jury portent sur l’institutionnalisation de la Biennale ; la règlementation des captures de son et images. Le jury a recommandé, aussi que le podium passe de 3 à 5 lauréats, que le nombre de jours soit augmenté, que la cérémonie d’ouverture soit mieux soignée et que le règlement intérieur soit relu. GENIE MALIEN – Dans son intervention, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a rendu hommage à tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce grand rendez-vous culturel dans la Venise malienne. Il s’est réjoui que pendant 10 jours et dix nuits, dans la communion totale, les jeunes du Mali ont affiché leur attachement à la nation malienne, à son unité dans la diversité. « Pendant ces jours, ces longues nuits vous avez, à travers plusieurs formes d’expressions culturelles, revivifié le génie collectif malien, démontrant de belle manière la profondeur et la densité de notre culture », a déclaré le ministre en charge de la Culture. « Vous avez, à travers chants et danses, pièces de théâtre, ballets à thème, fait vibrer le cœur tout le peuple malien. Vous avez démontré que le Mali est là, et qu’un autre Mali est possible. Le Mali de nos rêves, le Mali des Maliens, puissant et prospère, ancré dans son histoire et ses valeurs sociétales ancestrales, le Mali Kura !», a dit M. Guindo qui a particulièrement remercié la population de Mopti, les Forces de défense et de sécurité et les partenaires dont l’UNESCO « pour le travail abattu pour que cette Biennale puisse répondre aux attentes. » RENDREZ-VOUS À TOMBOUCTOU – En procédant à la clôture du rendez-vous de Mopti, le Premier ministre a lui, aussi, salué les jeunes du Mali pour avoir entendu l’appel au sursaut patriotique lancé par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. « Vous avez répondu en liesse, vous êtes venus par milliers, de toutes les régions et contrées du pays. Vous avez vécu et fait vivre la culture malienne dans toute sa diversité. Pendant onze jours, dans la communion totale, vous avez prouvé votre attachement au Mali, à la diversité de sa culture, à ses valeurs d’unité, de diversité, de cohabitation pacifique, de tolérance, de pardon et de solidarité », a déclaré Dr Choguel Kokalla Maïga », a déclaré Dr Choguel Kokalla Maïga. Il s’est dit satisfait de la forte mobilisation de tous les acteurs, plus particulièrement les populations de la ville de Mopti et les artistes, qui ont ainsi démontré leur attachement à la culture malienne. «Le contexte sécuritaire et le délai de préparation de cette édition n’ont donc pas entamé l’engouement des populations pour cette édition », s’est-il réjoui, ajoutant que cette édition a été « un cru exceptionnel tant la fête a été totale. » Le chef du gouvernement a salué le Burkina Faso et la République du Congo, deux pays frères, qui « nous ont fait l’honneur de leur amitié, par une présence remarquable à cette Biennale artistique et culturelle. » La prochaine Biennale artistique et culturelle aura lieu à Tombouctou en 2025. YD/AS (AMAP)
Bankass : Un atelier d’élaboration des plans de transition des programmes de Dialla, Samori et de Sourou du cluster de Dialla
Bankass, 14 juillet(AMAP) L’ONG World Vision a organisé un atelier d’élaboration des plans de transition des programmes de Dialla, Samori et de Sourou du cluster de Dialla, du 11 juillet au 13 juillet 2023, dans la salle de conférence de l’IFP de Bankass. C’était sous la présidence du 1er adjoint au préfet Médian Koné en présence du 1er vice-président du Conseil de Cercle, Kaleb Tessougué, le maire de la Commune de Bankass, Allaye Guindo et le manager des opérations André Yebedié. L’atelier a été organisé afin que la phase de transition des programmes de Dialla, Samori et de Sourou se concentre sur le renforcement du potentiel de durabilité en s’appuyant sur les atouts et capacités locaux identifiés par l’évaluation finale. L’atelier va permettre également de renforcer l’appropriation locale des résultats du bienêtre de l’enfant et transférer la responsabilité aux groupes communautaires, OCB et aux partenaires locaux. Ainsi, les 70 participants divisés en 3 groupes selon les programmes de Dialla, avaient comme mission d’identifier les priorités d’action, de planifier des actions détaillées et de déterminer la voie à suivre. Les travaux étaient dirigés par les agents de World Vision. Le maire de la Commune de Bankaass, Allaye Guindo a, dans son allocution salué l’ensemble des participants avant d’apprécier les réalisations faites par World Vision dans le Cercle de Bankass. Il a enfin, mis l’accent sur l’importance de l’atelier avant de solliciter de l’ONG des financements pour d’autres actions. Le 1er adjoint au préfet de Cercle, Médian Koné a, pour sa part, félicité les participants et remercié et félicité l’ONG World Vision pour toutes les actions menées dans le Cercle de Bankass. Il a souligné que World Vision est un partenaire privilégié de l’État. « Aujourd’hui, nous sommes là pour élaborer des plans de transition des programmes, c’est une très bonne chose car il faut apprendre quelqu’un a pêché au lieu de l’offrir chaque fois des poissons » a-t-il déclaré. Il a exhorté les participants de bien suivre les travaux de l’atelier avec intérêt pour être par la suite des relais avant de les inviter à restituer dans leur localité respective les conclusions de la rencontre. Le 1er vice-président du Conseil de Cercle, Kaleb Tessougué a félicité et remercié l’ONG World Vision pour ses multiples réalisations dans sa circonscription. Il a saisi l’occasion pour évoquer et apprécier les trois programmes basés sur le bienêtre des enfants. Il les trouve très intéressants avant de promettre que World Vision ne quittera pas, car il y aura d’autres financements. Le manager des opérations, André Yebedié a, pour ce qui le concerne, félicité les participants et les autorités du Cercle pour leur accompagnement qui n’a jamais fait défaut. Il a saisi l’occasion pour faire l’historique de l’arrivée de son organisation dans les trois localités citées. Il a, par ailleurs déclaré que cet atelier est un exercice qui permettra aux communautés de continuer les activités quand ils vont quitter la zone, car, selon lui, les interventions des ONG ont une fin. World Vision est une organisation humanitaire chrétienne qui intervient depuis plusieurs années dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement local, entre autres. Abdoul Kader Guindo, (AMAP, Bankass)
Séchage: Une solution pour consommer nos fruits et légumes en toutes saisons
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 14 juil (AMAP) Lundi, sous un soleil de plomb, des mangues à motié-mûres et pas trop fibreuses sont lavées, puis épluchées et coupées en tranches avant d’être étalées sur un grillage pour la mise à chaud dans un séchoir. Ensuite, ces succulentes tranches seront conditionnées dans des sachets en plastique pour la vente. C’est ainsi que procède le transformateur agronome, Raphael Djibril Coulibaly. Son entreprise dénommée «Sucré-Salé» fait également sécher la viande et la liane sauvage (Zaban). Elle transforme, aussi, en poudre des produits comme le gingembre, le citron, l’ail et la tomate. « On avait commencé avec la banane plantain, mais à cause de son irrégularité au Mali, on a été obligé d’arrêter parce que les clients se plaignaient de la qualité. C’est à partir de là qu’on a lancé un autre produit que tout le monde aime qui est la viande», explique-t-il. Le séchage est une méthode de conservation des aliments par déshydratation ou dessiccation. Il permet de ralentir la progression des bactéries, des levures et des moisissures en réduisant la quantité d’eau. Il existe un grand nombre de méthodes de séchage. Les plus courantes sont le séchage au soleil et le séchage à chaud. Le séchage permet de conserver les aliments de 6 à 12 mois dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans des sachets hermétiquement fermés qui évitent aux produits de réabsorber l’humidité atmosphérique. «Il faut emballer les aliments immédiatement après le séchage et vérifier, au bout de quelques semaines, qu’ils ne développent pas de moisissures. Si tel est le cas, cela signifierait que le séchage a été incomplet», fait savoir le jeune transformateur. Les produits de Raphael Djibril Coulibaly sont prisés au Mali pour leur qualité et leur prix. Il en exporte au-delà de nos frontières, vers notamment l’Europe où nos compatriotes en raffolent. Ceux-ci constituent d’ailleurs la majorité de sa clientèle. C’est une fierté pour l’entrepreneur dont les clients sont généralement des grossistes, promoteurs d’alimentations et de supermarchés. Les prix vont de 1 000 à 5 000 Fcfa par kilogramme. Selon son jeune patron, le vrai but de l’entreprise «Sucré-Salé» est de pouvoir conserver assez longtemps nos produits parce que chaque produit a une période spéciale. «A la fin de chaque période, soit vous avez le produit trop cher ou vous avez du problème à le conserver. Mon optique, c’est de pouvoir vraiment conserver le produit assez longtemps pour qu’il soit accessible à tout le monde et en tout temps», signale-t-il. Même séché, le produit garde 95% de ses valeurs nutritives. Raphael Djibril Coulibaly a perfectionné sa façon de faire, année après année. Aujourd’hui, à travers son canal de distribution de la viande, il peut vendre n’importe quel produit alimentaire. « J’ai une base de données de plus de 2 000 clients qui ont déjà apprécié mes produits», confie le jeune agronome. Assan Diarra, après avoir acheté 10 sachets de Zaban pour sa famille, témoigne : «J’aime bien le Zaban séché de Raphael, parce qu’il y a deux parfums. Le goût naturel pour lui donner la saveur qu’on souhaite. Et il y a une autre flaveur qui est infusée avec du miel, du gingembre et de la cannelle». La cliente affirme que le produit reste longtemts avant de périr. Amadou Traoré, un autre entrepreneur, évolue exclusivement dans le domaine de la transformation du poulet. Les poulets sont d’abord nettoyés et coupés par morceaux après la marinade. Il les laisse cuire un peu, avant de les étaler sous le soleil pendant une journée. Comme quoi, il faut beaucoup de soleil pour réussir le séchage. Agent commercial de profession, Amadou Traoré a appris ce métier grâce à une tante qui le faisait à la maison. Après l’avoir gouté, il a décidé de se lancer dans la commercialisation du poulet séché. Et ça marche ! « Je fais de l’aviculture à la maison. Mais souvent, mes productions finissent et je contacte un autre producteur», déclare-t-il. DIFFÉRENTS GRAMMES – Ses clients achètent généralement en gros tels que certaines pâtisseries, boutiques et quelques supermarchés. Un sachet de poulet séché coûte entre 1 000 et .000 Fcfa, selon la taille. Si autant de clients lui font confiance, c’est parce que Amadou est strict en matière de respect des règles d’hygiène. «Lors du séchage, surtout pour des produits destinés à la vente, il est très important de maintenir les aliments aussi propres que possible. Ceux qui travaillent doivent se laver les mains soigneusement et tout l’équipement doit être nettoyé correctement», conseille-t-il. Et d’insister : Les mouches doivent être écartées tout au long du processus. Seydou Djiguiba sèche la mangue, l’ananas, la viande, le coco, la pomme de terre et la banane plantain. Au passage de notre équipe, il mettait, les mains gantées, des produits séchés dans des sachets sur lesquels on peut voir des photos et son contact. Ces produits ainsi conditionnés peuvent être conservés pendant au minimum deux ans. «Nous les séchons au four et sous le soleil. Nos produits sont achetés et peuvent être consommés aussi bien par les adultes que les adolescents», détaille l’entrepreneur, tout en continuant à remplir les sachets qui seront vendus à partir de 500 Fcfa. «Les grammes diffèrent selon les produits. Les grammes de la viande ne sont pas égaux aux grammes de la mangue. Nous les vendons en physique et sur internet mais, majoritairement, sur les réseaux sociaux et ils sont très appréciés par les clients», martèle-t-il. Dans le domaine de la transformation, plusieurs dames s’imposent. Parmi elles, il y a Aïssatou Camara, promotrice d’une marque. Son unité de séchage produit divers aliments comme la spiruline, la farine infantile, la mangue et les épices qui sont destinés à une clientèle spécifique : Les enfants malnutris, les personnes âgées et les femmes en état de grossesse. Les prix vont de 1 000 à 25 000 Fcfa. Comptable de formation, nous avons trouvé cette mère de famille en train de trier et laver des produits enfin de les mettre dans le séchoir. « Depuis 2018, je suis dans la transformation
Retrait de la MINUSMA : Le plan des opérations en cours d’élaboration
Bamako, 13 juil (AMAP) Le comité conjoint gouvernement du Mali-Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) pour la mise en œuvre de la résolution 2690, qui met fin à la mission onusienne, s’est réuni, mardi, sur le plan de retrait. «Nos équipes se sont mises au travail. Dans ce cadre, nous avons mis en place, coté gouvernement, des groupes de travail chargés de voir l’ensemble des éléments nécessaires pour matérialiser ce retrait », a expliqué le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop. Selon M. Diop, il y a aussi des groupes de travail conjoints avec la MINUSMA. Et ces groupes ont commencé à examiner l’ensemble des dimensions aussi bien sur le plan civil que militaire. Le chef de la diplomatie malienne a expliqué que l’objet essentiel de la réunion de mardi était d’échanger sur les éléments, activités et tâches nécessaires par rapport à un plan de retrait. «La MINUSMA nous a fait une présentation. Nous sommes en phase par rapport à la méthodologie et à l’ensemble des éléments dont nous avons besoin pour pouvoir exécuter ces opérations de retrait», s’est réjoui le ministre Diop, avant de préciser que le gouvernement a souhaité avoir un peu plus d’informations détaillées. Cela, afin de pouvoir, dans les plus brefs délais, adopter conjointement ce plan de retrait et entrer dans la phase active de mise en œuvre. Pour Abdoulaye Diop, la mobilisation de plus d’une dizaine de ministres prouve l’importance que le gouvernement accorde à cette tâche. Mais également, sa grande coopération et sa disponibilité pour un retrait de façon coordonnée, ordonnée et sécurisée. Afin de mettre en œuvre la résolution sur le retrait de la Mission onusienne, un comité ministériel composé d’une dizaine de ministres a été mis en place. C’est ce comité qui s’est réuni, mardi, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Abdoulaye Diop, a fait savoir que depuis l’adoption de la résolution consacrant le retrait de la MINUSMA, il a eu beaucoup de consultations avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali, El-Ghassim Wane. DIMENSIONS SOCIALES – Abdoulaye Diop a souligné que le gouvernement est conscient de la nécessité de prendre en charge la dimension socio-économique de ce retrait. « A cet effet, a-t-il dit, un groupe de travail particulier a été mis en place pour gérer l’atténuation des effets socio-économiques de ce retrait. » « Des premiers éléments ont déjà été dégagés pour faire en sorte que l’impact de ce retrait soit réduit au minimum sur les communautés des localités et les individus qui pourraient être affectés par cette situation », a expliqué le ministre Diop, qui a dit sortir satisfait de l’échange avec l’équipe de la MINUSMA. Pour sa part, le chef de la Mission onusienne au Mali, El-Ghassim Wane, a assuré que le délai de six mois prévu pour le retrait sera respecté. Le chef de la MINUSMA s’est réjoui « du très bon déroulement de cette réunion » qui s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement malien et de toute la direction de la Mission. Selon El-Ghassim Wane, « c’est un signe fort de la volonté des deux parties de travailler ensemble dans un bon esprit pour des opérations de retrait dans les délais de façon sécurisée, ordonnée et coordonnée. » D’après lui, cette rencontre a marqué une étape importante et fait suite à d’autres réunions avec le ministre Diop et avec des experts qui ont permis de poser les jalons. Pour le chef de la MINUSMA, la réunion de mardi a permis d’avancer et «nous allons maintenant essayer de donner d’autres détails supplémentaires pour permettre au plan de retrait d’entrer dans la phase active de mise en œuvre». «Je me réjouis du bon esprit de la réunion et l’assurance que nous avons reçue, à nouveau, du gouvernement qu’il apportera tout le soutien nécessaire pour exécuter ce retrait dans de bonnes conditions», a indiqué le chef de la MINUSMA. Il a rappelé que ce plan s’étale jusqu’au 31 décembre et qu’il ne reste que cinq mois et demi pour le mener à bien. El-Ghassim Wane a indiqué que les autres détails de l’opération sont en cours d’élaboration et que l’objectif reste le même : respecter le délai de six mois. DD/MD (AMAP)

