Pêche : La rareté du poisson s’installe

Par Fadi CISSÉ Bamako, 20 déc (AMAP) Lundi 16 décembre. Il est 7 heures du matin, le thermomètre affiche déjà les 19°C. Devant la façade d’un hôtel de la place, coté berges du fleuve Djoliba. La place est réputée être à la fois un débarcadère et un marché aux poissons de la capitale. Le visiteur est assailli par des relents de poissons en décomposition, des tas d’écailles et autres déchets de poissons. Des mouches qui survolent, des cris et interpellations de mareyeuses qui sentent toutes le poisson, complètent le décor. Nana Thiéro est justement une mareyeuse. Assise sous un parasol, faisant face à son étable débordant de fretins (tinèni en Bamanan), la dame de corpulence robuste, accompagnée de sa fille, la trentaine, hèle les clients. « Je ne connais que ce métier. Depuis mes sept ans, je tirais le filet avec mes parents à Markala (Centre) pour capturer des poissons. Aujourd’hui, Dieu m’a confié cette activité commerciale dans laquelle je gagne bien ma vie », raconte celle qui pratique ce métier, depuis plus d’une cinquantaine d’années. L’arrivée des caisses de poissons égaie la conversation, car, reconnaît notre interlocutrice, le poisson se fait rare dans nos fleuves et cours d’eau, obligeant les pêcheurs à partir de plus en plus loin. « Les rares poissons qu’on trouve ne suffisent pas à couvrir la demande», confie Nana. En 1972, le premier inventaire effectué sur les poissons par le Mali recensait 137 espèces dans les cours d’eau. De nos jours, l’on n’en compte que 60, selon des données de la direction nationale de la pêche. Le fleuve Niger, le Bani, le Sankarani e et t la Falémé figurent parmi les pêcheries les plus connues. Quelque 17 espèces sont rares à trouver dans les captures, 22 sont totalement menacées et peuvent disparaitre du jour au lendemain. En plus de la rareté, Nana Thiéro déplore la petite taille des prises. Ce qui n’incite pas à exporter. Elle signale la majorité de ses poissons proviennent de Mopti, Kona, Diafarabé, Ségou, Niono (Centre), mais aussi de Gao (Nord)  Manantali. Dans chacune de ces zones, elle se fait livrer par des pêcheurs. Son inquiétude est corroborée par Yacouba Tounkara, un pêcheur rencontré sur les berges du fleuve Niger à Djicoroni-Para. Il pratique ce métier depuis des années. Il est triste de constater les mauvaises pratiques de pêche. Selon lui, même les plus petits poissons sont capturés aujourd’hui. Il suggère de sanctionner tous les pêcheurs auteurs de pratiques malsaines. Les acteurs de la pêche déplorent la surpêche. Pour eux, la faute incombe, en premier, aux équipements et engins de plus en plus sophistiqués utilisés par des pêcheurs comme les pirogues à moteur ou des filets. Il y a aussi les faiblesses de la loi. «La loi exige que toute capture non étudiée doit être remise à l’eau. De 1960 jusqu’aux années 1990, il n’y avait qu’un seul code pour la gestion de la pêche. La pêche était ouverte de juillet à septembre. Il fallait ensuite respecter les périodes de reproduction des poissons. Aujourd’hui, tout le monde pêche dans les cours d’eau durant les douze mois de l’année, tuant ainsi la ressource. D’autres utilisent des substances chimiques ou électriques pour pêcher », dénonce-t-on à la direction nationale de la pêche. ESPÈCES MENACÉES – En 2023, près de 125 000 tonnes de poissons ont été capturées, indique Alhassane Sarro de la direction nationale de la pêche. Il ajouter : « Notre pays n’a recensé que 60 espèces de poissons dans le delta central du Niger, au lac Debo, dans la Région de Mopti en 2023. Plusieurs facteurs ont fait que des espèces ont disparu dans le fleuve Niger, le Bani, le Sankarani même dans les lacs de retenus. » Selon M. Sarro, les premières causes de cette disparition sont d’abord les facteurs climatiques, rappelant les sécheresses successives que le Mali a connues depuis 1973, 1984 et 1985. « La deuxième cause, c’est l’impact des captures intensives. Les changements climatiques font que certaines espèces ont besoin de certaines conditions de température de chaleur et d’humidité pour se reproduire ou des écosystèmes bien adaptés. A défaut, ils peuvent mettre plusieurs années sans se reproduire. L’espèce disparait dès que les adultes sont capturés », explique-t-il. Autre facteur cité par cet ingénieur des eaux et forêts, ce sont les mauvaises pratiques de pêche. C’est un facteur humain qui peut être résolu, selon notre interlocuteur. «Par exemple, quand on enlève les œufs de la femelle du poisson, on voit beaucoup de petits cristaux dedans et chaque cristal contient un poisson. Donc, la femelle peut donner de 9000 à 10.000 petits poissons. Il doit avoir une réglementation pour ne plus tuer les poissons avant les 30 ou 40 grammes », insiste-t-il. En période d’hivernage (entre juillet et septembre), « quand un pêcheur tue une femelle, il tue plusieurs poissons », explique l’expert. « Auparavant, ajoute-t-il, quand les vieux pêcheurs remontaient à la surface une femelle en état de reproduction, ils la remettaient dans l’eau. Malheureusement, les prêcheurs d’aujourd’hui prennent tout », déplore-t-il. À Mopti, Tombouctou et Gao, la direction nationale de la pêche a remarqué que beaucoup d’espèces ont disparu ces dernières années. Mais dans les zones du Sud, avec le barrage de Sélingué, de Manantali, dans la Région de Kayes (Ouest), il y a un peu plus d’espèces de poissons que dans la zone du Delta. Parmi les facteurs de disparition des poissons, on peut également noter le changement climatique comme les conditions de crue ou d’hivernage qui ne sont pas beaucoup favorables dans le Nord du Mali. Beaucoup de mares lointaines ont tari où les poissons remontaient pour se reproduire. Avec la crue exceptionnelle cette année, l’eau a traversé beaucoup d’endroits qui étaient à l’époque des passages que les poissons empruntaient pour aller se reproduire, à 50 ou 100 km voire au-delà du lit principal. S’ils n’ont plus cet espace, il serait difficile pour eux de se reproduire. La direction nationale de la pêche a préparé un arrêté qui précise que les poissons ne doivent pas être pêchés en

Kangaba : Remise solennelle des décisions de création des Commissions Foncières Villageoises (COFOV)

Kangaba, 19 décembre (AMAP) La cérémonie de remise solennelle des décisions de création des Commissions Foncières Villageoises (COFOV) de 05 communes rurales du cercle de Kangaba à savoir Minidian, Maramandougou, Kaniogo, Séléfougou et Nouga, a été présidée mercredi à Kangaba, par le Sous-préfet central, Chekou Ag Alkalifa, a constaté l’AMAP. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la sécurisation de la Tenure foncière et forestière des communautés par la commission foncière villageoise du Mali » initié par l’Union des Associations et Coordinations d’Associations pour le Développement et La Défense des Droits des Démunis (UACDDDD), soutenu par Tenure Foncière et Forestière (TFF). Selon le Coordonnateur de l’UACDDDD, Mansa Koné, la loi No2017- 001/ du 11 avril 2017 portant sur le foncier agricole (LFA) et son décret d’application No2018- 0333/P-RM du 04 avril 2018 fixant la composition et les modalités de fonctionnement de la commission foncière villageoise ou de fraction, sont des instruments de la sécurisation foncière agricole des communautés rurales. Leur mise en œuvre est une bonne piste pour la paix sociale et le développement local. Le représentant du chef de l’exécutif local, a précisé que depuis 2021, à travers sa campagne de sécurisation foncière, l’UACDDDD, il y a  un processus interactif de mise en place des COFOV et de fraction qui a permis l’implication des femmes et des jeunes dans la gestion foncière à travers les COFOV, l’instauration du dialogue apaisé intergénérationnel, l’apaisement des relations entre les administrés et l’administration grâce aux cadres de concertation, l’installation de la cohésion sociale avec l’atténuation et la fin des conflits. C’est dans cadre de la poursuite de ses activités que l’UACDDDD en lien avec les autorités administratives et politiques a organisé cette rencontre pour la remise solennelle des décisions de création des COFOV des 41 villages de ses communes rurales du cercle de Kangaba. Il s’agit de remettre solennellement les décisions de création des COFOV et de remettre aux 41 chefs de villages ou leurs représentants venus des 05 communes rurales, les décisions de création de leur COFOV. Le sous-préfet central avant la remise symbolique à un chef de village a cité les attributions du COFOV. En effet la COFOV est chargé de procéder à la conciliation des parties à un litige foncier agricole, à la saisine des juridictions compétentes, de contribuer à l’inventaire des us et coutumes en matière foncière, de participer l’institution du cadastre au niveau communal, de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique de gestion foncière de la commune et de donner son avis sur toutes les questions foncières dont elle est saisi. Il est à noter que les décisions No2024-010/SP- ACK portant nomination des membres de la COFOV des 41 villages ont été signées par le Sous-préfet central de Kangaba. Chaque bureau est composé de 10 membres, présidé par le chef de village et sont membres du bureau, le conseil de village, les organisations des femmes, des jeunes, des organisations socioprofessionnelles et le rapporteur. SD/KM (AMAP)

Sports : Remise du rapport des états généraux sur le football à Kayes

Kayes, 19 déc (AMAP) Le président de la Ligue régionale de football de Kayes, Dr. Moussa Sow, a organisé le 15 décembre 2024, à l’ex-Conseil de Cercle, une rencontre pour remettre officiellement des copies du rapport des états généraux sur le football aux acteurs (autorités, districts, clubs, arbitres, médias…), a constaté l’AMAP siu place. Lors de ces états généraux, tenus en octobre 2024, à Kayes, les délégués ont fait un ce des recommandations, notamment la formation de tous les acteurs (dirigeants, encadreurs, arbitres, joueurs, capitaines) et tous ceux qui interviennent au niveau du football « C’est un sentiment de devoir accompli parce que j’estime que c’est l’œuvre de tous les acteurs du football dans la Région de Kayes. Ils se sont tous donnés la main pour qu’il y ait ces états généraux », a déclaré Moussa Sow, à l’issue de la rencontre. « Lors de ces assises, nous avons adopté un document de référence assorti d’un plan d’actions. Cet après-midi, nous avons remis le rapport à tous les acteurs qui ont participé à ces assises. Ce qui constitue une première. L’objectif est atteint », a-t-il ajouté. A travers ce document, la Ligue et ses partenaires affichent leur volonté d’une gestion du football au niveau de ses instances (régionale et locales). D’après le Dr. Sow, « ce rapport permettra à ces acteurs de faire un suivi minutieux des activités de la Ligue et de s’assurer que les choses se déroulent correctement, à la grande satisfaction de toute la population de Kayes. » « C’est un bon début car, nous sommes à la recherche d’une bonne équipe qui peut nous amener en 1ère Division. Nous avons identifié les problèmes et la recherche de solutions à ces problèmes nous incombe », a souligné le président de la Ligue régional de football de Kayes. Il a invité tous les acteurs du football à l’union sacrée et à respecter les textes afin de développer le sport. Dr. Sow a, au nom de la Ligue, remis symboliquement la somme de 500 000 F aux Tigresses de Kayes, après leur montée en Division 1 du championnat national. Dès son retour de Bamako, cette équipe avait rendu une visite de courtoisie au gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré qui leur a réaffirmé son soutien. BMS/MD (AMAP)

Santé : Kangaba échange sur le 2ème passage de la SIAN-C

Kangaba, 19 décembre (AMAP) L’adjoint du préfet de cercle, Chekou Ag Alkalifa a présidé mercredi à Kangaba, la réunion du Comité de pilotage sur l’organisation du 2ème passage de la Semaine d’Intensification des Activités de Nutrition Communautaire (SIAN-C), a constaté l’AMAP. Auparavant, un briefing des directeurs techniques communautaires (DTC) avait eu lieu, suivi, de la formation des distributeurs. L’objectif de la SIAN6 C est de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à la carence en vitamine A chez les enfants de 6 – 59 mois et les femmes en Post Partum Immédiat (FPPI). Plusieurs autres objectifs sont visés à savoir supplanter au moins 90% des enfants de 6 à 59 mois en vitamine A, mener des séances de communication pour le Changement Social et de Comportement (CCSC) et sur l’importance de la supplémentation en vitamine A chez les cibles. Il s’agit également de la consommation des aliments riches et ou fortifiés en micro nutriments (vitamine A, fer, iode), de la consommation du sel iodé par les ménages, de la promotion des aliments locaux, rechercher les cas de cécité crépusculaire (premier signe de la carence en vitamine A) chez les enfants de 6 à 59 mois et les femmes en âge de procréer et la référence des cas vers les centres de santé les plus proches. Le médecin chef du Centre de Santé de Référence, Dr Moussa Sougané, a précisé que la supplémentation en vitamine A lors de la SIAN est une activité qui permet de contribuer à la réduction de la mortalité et de la morbidité chez les enfants de moins de 05 ans. Le Ministère de la Santé et du Développement Social l’a alors institutionnalisé depuis 2003. « Afin de permettre aux enfants de bénéficier des premières fortes doses recommandées par l’OMS, la Direction Générale de la Santé Publique a travers sa sous-direction Nutrition organise dans la période du 14 au 24 décembre 2024 dans le pays, la campagne de distribution de la vitamine A. La présente campagne s’inscrit dans ce cadre » a-t-il conclu. Dans le district sanitaire de Kangaba, la campagne commence le jeudi 19 décembre pour prendre fin le dimanche 22 décembre 2024. La population de la SIAN-C 2ème passage du district sanitaire de Kangaba est estimée à 3 180 enfants de 6 à 11 mois et 28 621 enfants de 12 à 59 mois. En vue d’atteindre les objectifs de la SIAN-C, 206 distributeurs, 24 superviseurs niveau aire de santé, 04 superviseurs niveaux district sont mobilisés sur le terrain dans les 23 aires de santé du district. A cela s’ajoute 206 mobilisateurs sociaux et 02 personnes pour la coordination/permanence niveau district. La stratégie utilisée sera le « porte à porte », et d’autres stratégies novatrices seront également utilisées afin d’atteindre toutes les cibles. Le représentant du chef de l’exécutif local a, pour sa part, invité les membres du comité de pilotage a ne rien ménagé pour atteindre si non dépasser les objectifs fixés à savoir supplémenter au moins 90 pour cent des enfants de 6 – 59 mois. Il est à noter qu’au premier passage les résultats étaient satisfaisants : 140% de taux de couverture chez les enfants de 6 – 11 mois et 129% chez ceux de 12 – 59 mois. SD/KM (AMAP)

Bankass : Mise en place du bureau du parlement des enfants.


Bankass, 19 déc (AMAP) Le service local de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, en partenariat avec l’ONG Plan international, a procédé cette semaine à la mise en place du bureau de parlement des enfants à la maison des jeunes de Bankass (Centre) qui a un mandat de deux ans. Après les interventions du 1er adjoint au maire de Bankass, Hama Sy, de la cheffe de service local de la promotion de la femme, Mme Diarra Cissé et le discours d’ouverture du 2e adjoint au préfet au préfet de Bankass Amadou Bayoko, ont exprimé leurs remerciement et félicitations au bureau sortant « pour les efforts consentis », les délégués ont élu un nouveau bureau. Les deux autorités ont validé le nouveau bureau tout en lui remettant les drapeaux. Le 2e adjoint au préfet s’est dit « très satisfait de la mise en place de la nouvelle équipe. Il a prodigué des conseils aux membres. AKG/MD (AMAP)

Mopti : Organisation d’une session de formation des jeunes en art visuel

Mopti, 18 décembre (AMAP) Les travaux d’une session de formation en audiovisuel (photographie et vidéographie), la réalisation de courts métrages et documentaires de sensibilisation, organisés à Mopti, prendront fin dimanche, a appris l’AMAP de source officielle. La cérémonie d’ouverture de la session a été présidée lundi, par le directeur de cabinet du gouverneur de Mopti, Mamadou Seydou Diarra en présence de la directrice exécutive du Cinéma Numérique Ambulant du Mali, Mme Kadidia Sidibé, du représentant de CIAUD-Canada, Idrissa Maïga et celui du partenaire financier l’Unicef, Mohamed Guèye. Cette rencontre regroupe 50 jeunes filles et garçons de la région ( U.Report, l’association des handicapés, des pionniers et du parlement des enfants), en audiovisuel (photographie et vidéographie), la réalisation de courts métrages et documentaires de sensibilisation sur un objectif de 200 jeunes pour les régions de Bandiagara, Tombouctou, Gao et Mopti. L’objectif de la session qui prend fin dimanche, est de renforcer les capacités des auditeurs à pouvoir documenter/immortaliser les interventions des TP-HIMO par le moyen de capture d’images et la réalisation de supports audiovisuels exploitables dans le cadre des stratégies de communication et de sensibilisation. Cette activité dénommée « Pépite d’or », implémentée par le Cinéma Numérique Ambulant du Mali (CNA Mali) et le Comité International pour l’Aide d’Urgence et le Développement (CIAUD-Canada) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme PAFEEM (Promotion des Pratiques Familiales Essentielles et de la culture de la tolérance, de la Paix et de la cohésion sociale dans les régions du centre et du nord du Mali). Financée par l’Unicef, elle s’inscrit dans l’esprit de participation et d’engagement des adolescents et les jeunes pour la promotion de certains comportements favorables pour la santé, l’éducation, la nutrition et le wash. Dans son intervention, la directrice exécutive du CNA-Mali, Mme Kadidia Sidibé a indiqué que l’image a un langage universel qui suscite une émotion, une réaction. Qu’elle peut également transmettre une information, créer un engagement ou provoquer un engouement. Tout tant soulignant que cette formation permettra aux jeunes de jouer un rôle important dans la sensibilisation sur des thématiques auxquelles ils sont exposés. Le représentant de l’Unicef, Mohamed Guèye a joint sa voix à celle de son collègue de CIAUD- Canada, Idrissa Maïga pour rassurer les autorités régionales et les bénéficiaires des interventions du PAFEEM, de l’engagement de tous les acteurs pour l’atteinte des objectifs du programme. Le représentant du chef de l’exécutif régional, eu égard à l’importance de la promotion des pratiques favorables pour la santé, l’éducation, la nutrition et le wash et la valeur ajoutée de cette formation sur l’employabilité des jeunes, a engagé les jeunes à une participation active et l’assiduité nécessaire pour tirer le maximum de profit. M. Diarra a profité de l’occasion pour remercier et féliciter à travers le Cinéma Numérique Ambulant Mali, l’ensemble des acteurs qui accompagne le PAFEEM et singulièrement l’Unicef, le partenaire financier. DC/KM (AMAP)

Kangaba : Renforcement des capacités des anciens Agents de santé communautaire

Kangaba, 18 décembre (AMAP) La 1ère session de l’atelier de formation des anciens Agents de santé communautaire (ASC) du district sanitaire de Kangaba, s’est déroulée du 10 au 17 décembre derniers dans la salle de réunion du Centre de Santé de Référence (CSRéf), a constaté l’AMAP. L’atelier a porté essentiellement sur les outils de Soins essentiels dans la Communauté (SEC) révisés et l’outil de Digitalisation de la santé communautaire au Mali (DISC-Mali). Les travaux de cette formation financée par le Fonds mondial, ont regroupé vingt (27) Anciens Agents de santé communautaire (ASC), venus de 10 aires de santé du district sanitaire de Kangaba. L’objectif général de la session était de former les anciens ASC du district sur les outils révisés SEC et sur l’utilisation de l’outil DISC-Mali. Il s’agissait spécifiquement de mettre à niveau les anciens ASC du district sur les outils SEC révisés, de s’approprier l’outil DISC-Mali et son fonctionnement en situation réelle sur le terrain et de pouvoir répondre aux sollicitations techniques et fonctionnelles des utilisateurs finaux, de former les anciens ASC sur toutes les fonctionnalités/formulaires de l’outil DISC-Mali. La méthodologie utilisée au cours de l’atelier a été la présentation des modules, l’installation de l’outil DISC-Mali, la démonstration pratique et les questions- réponses. La formation a été assurée par les formateurs venus du district, de la région et du niveau national. Cette rencontre est la suite logique du lancement de la réforme du système de santé qui a recommandé l’usage du numérique en général et en particulier pour la santé communautaire dans son ensemble. SD/KM (AMAP)

Compagnie malienne pour le développement des textiles : La fin de la privatisation entérinée

Bamako, 18 déc (AMAP) L’assemblée générale extraordinaire des actionnaires de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) a adopté, mardi, la fusion et le rapport du commissaire à la fusion dans toutes leurs dispositions, qui valide la fusion de toutes les filiales de la CMDT. L’Assemblée générale extraordinaire, qui s’est tenue dans les locaux de la compagnie cotonnière,  a entériné cette fusion-absorption de la CMDT-Centre S.A, la CMDT-Ouest S.A, la CMDT-Nord-Est S.A, la CMDT-Sud S.A et l’Office central de classement du coton (OCC-SA) par la CMDT-S.A, Cette décision a été prise par le Conseil d’administration, le 2 décembre dernier, qui avait accepté le principe de la fusion, conformément à la loi. « La fusion est un processus long qui, habituellement, peut prendre de six mois à un an, mais qui, dans notre cas, a pris un peu plus de temps. La fusion consiste à réunir deux ou plusieurs sociétés pour n’en former qu’une seule. Lorsque cette fusion entraîne la disparition des autres sociétés au profit d’une seule, on parle de fusion-absorption », a expliqué Me Ahmadou Touré, le notaire en charge du processus. Par ailleurs, il a souligné qu’il s’agit d’une première dans l’histoire économique et juridique du Mali. «Il n’y a jamais eu de fusion de cette envergure. Il y a certes eu de petites fusions, mais voir la plus grande entreprise nationale, la CMDT, ainsi que ses filiales, qui avaient été démantelées, revenir aujourd’hui sous un même toit est une véritable fierté pour le Mali. C’est un signe que le Mali va de l’avant», a-t-il salué Pour sa part, le PDG de la CMDT, Mamadou Moustapha Diarra, a souligné l’importance de cet événement qui augure une nouvelle ère pour la CMDT. « Cela aura un impact considérable, car depuis que l’épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête de la CMDT, en voulant la conduire à la privatisation, les uns et les autres sont restés toujours sur leur faim », a-t-il souligné. Cette nouvelle dynamique « nous donnera la possibilité d’un management assez structuré et performant pour diriger la société qui englobe l’ensemble de ces dispositifs, qu’il s’agisse des ressources humaines ou des infrastructures, en une société unitaire dont la gouvernance sera plus aisée », a-t-il confié. Le président de l’Assemblée générale des actionnaires a précisé qu’actuellement, c’est l’État qui est actionnaire à 99,49% et Geocoton 0,51%. Cette étape décisive a nécessité l’approbation des actionnaires de la CMDT ainsi que celle des filiales concernées. Le processus, exigeant un travail rigoureux, devait respecter un calendrier précis : les décisions des assemblées générales des actionnaires de la CMDT devraient être acceptées par chacune des filiales et l’OCC, le même jour, afin de garantir la cohérence des états financiers soumis à la fusion. Ces états avaient été préalablement examinés et validés par le commissaire à la fusion. La rencontre a eu lieu en présence des représentants de Geocoton, Pape Ibrahim Diack et de la direction générale de l’administration des biens de l’État, Sadibou Diabaté. AG/MD (AMAP)  

Don des Œuvres sociales du président de la Transition à des personnes démunies de Kati  

Kati, 17 dec (AMAP) Les Œuvres sociales du Président de la Transition ont offert, mardi, à la préfecture de Kati, des vivres à 110 personnes démunies et des motos tricycles à 10 personnes en situation de handicap dans le Cercle de Kati. Le don et composé de 100 sacs de riz,100 sacs de mil,100 paquets de pâtes alimentaires, 100 bidons d’huile de 20 litres et 10 motos tricycles. Le Conseiller spécial chargé des œuvres sociales du Président de la Transition, Aguibou Dembélé, accompagné d’une délégation de la Présidence de la République, a présidé la cérémonie à laquelle ont participé des autorités politiques, administratives et coutumières du cercle de Kati. Ce don s’inscrit dans le cadre des activités de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap, célébrée le 3 décembre. AK/MD (AMAP)  

Pêche et aquaculture à Ségou : un fleuve d’opportunités à développer

Par Mamadou SY Ségou, 17 déc (AMAP) Pratiquée presque un peu partout au Mali, notamment dans divers cours d’eau (fleuve Niger, lacs et mares), la pêche occupe une place importante dans le développement du Mali en termes de création d’emplois. Cependant, et malgré son potentiel indiscutable, il ne contribue encore que faiblement à l’économie nationale avec un Produit intérieur brut (PIB) de 2,4 %. S’agissant de la consommation annuelle de poisson par tête d’habitant, elle s’élèverait en moyenne à 10,5 kg. La capture des produits halieutiques à Ségou (Centre) ne permet pas encore d’assurer l’autosuffisance alimentaire de la population. La raison ? Des défis liés, entre autres, à la raréfaction de certaines ressources halieutiques, au changement climatique dû à la pression des activités humaines, au manque de financement et au coût élevé des intrants compromettent l’essor du secteur. Que ce soit sous un soleil de plomb ou dans le fraîcheur de la nuit, les pêcheurs embarquent chaque jour sur leurs pirogues et naviguent sur le fleuve Niger et son affluent, le Bani, à la recherche du poisson. En ce mercredi du mois de décembre, il est 8h du matin. Nous rencontrons Oumar Salamanta de retour la pêche avec quelques poissons frétillants dans son filet. Selon notre interlocuteur, il lui arrive souvent de sortir de l’eau avec 5 à 6 kilos de poissons, selon les jours. Un peu plus loin, Boureïma Koné assis dans sa pirogue, s’activait à retirer des tilapias de son filet. Tirant la majeure partie de ses revenus de la pêche, M. Koné reste préoccupé, comme bon nombre de pêcheurs, par la l’ensablement progressif du fleuve Niger, la prolifération de plastique et les effets du changement climatique qui bouleversent l’écosystème et mettent en péril les populations de poissons. « Cette situation qui n’est pas porteur d’optimisme menace gravement nos moyens de subsistance », a-t-il déploré. Les embarcations utilisées par les pêcheurs sont composées de pirogues de 4 à 10 mètres, voire plus, ainsi que des filets dormants et maillants, des sennes, éperviers et nasses. Lassine Sinayoko, un autre pêcheur note que la filière pêche à d’immenses potentialités. Cependant, elle demeure le parent pauvre des financements et manque cruellement d’attention de la part des pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie et de travail des pêcheurs. D’après le président régional des producteurs de poissons et de l’Association des pêcheurs résidant au Mali, les carpes et les silures figurent parmi les poissons les plus pêchés. Mamady Dembélé dit avoir constaté ces dernières années, la disparition de certaines espèces comme le citharinus et l’heterobranchus communément appelées «Tala» et «Polio» en langue bamanankan. Il révèle qu’actuellement la demande en poisson est forte et les pêcheurs peinent à satisfaire la clientèle à cause de la faible quantité de poisson pêchée. Contre la raréfaction des ressources halieutiques, Mamady Dembélé propose la promotion de l’aquaculture (l’élevage contrôlé des poissons dans des étangs, bassins ou des cages flottantes). « Cette pratique s’est généralisée dans la région à la demande des pêcheurs pour créer des emplois et améliorer leurs conditions vie », a-t-il fait savoir. Le président régional des producteurs de poissons a ajouté que les mares et étangs communautaires contribuent grandement au développement du secteur et à l’amélioration des revenus des pêcheurs. Comme exemple, il cite la Commune rurale de Dougoufè, dans cercle de Barouéli, où  plus de 5 tonnes de poissons ont été produites. Mamady Dembélé estime que la gestion durable des ressources halieutiques passe par un renforcement des capacités des acteurs du secteur pêche et aquaculture. Pour réduire la surpêche, des mises en défens sont instaurées le plus souvent. Ce repos biologique favorise la reproduction des poissons, mais aussi le retour de certaines espèces qui avaient disparues, fait-t-il remarquer. L’État et ses partenaires ont un rôle à jouer dans la levée des obstacles. Cet appui permettra au secteur d’être plus productif, tout en préservant l’écosystème, a ajouté le président régional des producteurs de poissons. La direction régionale de la pêche de Ségou a en charge la mise en œuvre des plans et programmes, l’aménagement des pêcheries, la promotion et la valorisation des filières et productions halieutiques, le développement de l’aquaculture ainsi que la création des mises en défens dans les milieux piscicoles de l’État. D’après le chef du secteur pêche de Ségou, Baréma Koïta, la production halieutique est en constante progression dans le Cercle de Ségou. « On a pu enregistrer, cette année, 1 730 tonnes de poissons frais contre 1 694 tonnes en 2023. La crue de cette année a beaucoup favorisé la production de poissons, notamment les fretins. « La production dans le cercle dépend globalement de l’état de la crue et de la pluviométrie. Quand ces deux éléments sont réunis, on peut s’attendre à une bonne production », a expliqué M. Koïta. S’exprimant sur les contraintes, il a indiqué que le secteur est confronté au manque d’infrastructures et d’accès au financement des pêcheurs. S’y ajoutent l’insuffisance d’aménagement des pêcheries et d’effectif au niveau de la direction régionale pour assurer l’encadrement des activités de la pêche dans l’ensemble de la région et le coût élevé des intrants de pêche et d’aquaculture. Baréma Koïta soutient qu’il faut davantage développer l’aquaculture à travers l’installation de cages flottantes, de bacs hors sols et d’étangs piscicoles le long du fleuve, aménager les mares et empoissonner les plans d’eau pour réduire notre dépendance extérieure en protéines halieutiques. Le Cercle de Ségou compte plus d’une centaine d’aquaculteurs. L’un de leurs défis majeurs reste l’accès aux intrants (alevins et aliments) à moindre coût pour booster production. Le chef du secteur pêche de Ségou a, sur ce point, fait remarquer que l’État fait des efforts. Cependant, la quantité d’intrants subventionnés est insuffisante. Il suggère également de vulgariser les textes qui régissent la pêche et l’aquaculture, afin que les pêcheurs sachent ce qui est autorisé ou non. MS/MD (AMAP)