Mali : Lancement de l’opération « Dougoukoloko » pour rétablir la souveraineté nationale

Bamako, 30 avr (AMAP) Le président de la Transition, chef de l’État, a institué, par décret l’opération militaire « Dougoukoloko » qui vise à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire malien, en s’appuyant « sur les Forces armées et de sécurité pour garantir un environnement stable et répondre aux aspirations du peuple malien. » « L’opération ‘Dougoukoloko’ a pour ambition de réaffirmer la souveraineté de l’État, d’éradiquer les menaces terroristes et criminelles et d’assurer la libre circulation ainsi que la protection des personnes et de leurs biens », indique le décret présidentiel n°2025-0268/PT-RM du 25 avril 2025. L’objectif final est un Mali sécurisé, avec une administration publique performante et une cohésion sociale restaurée. L’opération couvre l’intégralité du territoire national, divisé en trois théâtres d’opérations : (Théâtre Est (Gao, Ménaka, Kidal), avec un poste de commandement interarmées (PCIAT) à Gao ; Théâtre Centre (Ségou, San, Mopti, Bandiagara, Douentza, Tombouctou, Taoudenni), basé à Sévaré, Théâtre Sud (Kayes, Kita, Nioro, Koulikoro, Nara, Dioïla, Sikasso, Bougouni, Koutiala), localisé à Sénou. Le chef d’État-major général des Armées, désigné commandant de l’opération, aura la charge de coordonner les actions et de proposer les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. Les commandants de théâtre, nommés par décret présidentiel, « disposeront d’une autorité étendue sur les forces engagées et pourront prendre des mesures comme des restrictions de circulation ou des opérations de bouclage et de fouille. » Ils collaboreront avec les représentants de l’État pour assurer la sécurité et la défense civile. L’opération « Dougoukoloko » s’inscrit, également, dans une dynamique de coopération transfrontalière, régionale et internationale. Elle bénéficie du soutien des autres ministères, coordonné par le ministre chargé des Forces armées. Ce décret abroge l’opération « Maliko », instituée en 2020, et marque une nouvelle étape dans la lutte pour la stabilisation du Mali. MMD/MD (AMAP)

Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes : Geste d’apaisement du Directeur régional de la police

Kayes, 29 avr (AMAP) La Synergie des syndicats signataires de l’éducation du 15 Octobre 2016 de la Région de Kayes a ordonné la reprise des cours mercredi 30 avril 2025 au Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes (LDKK) et dans d’autres établissements scolaires de la Cité des rails, après les excuses, la veille, du Directeur régional de la police, Issa Traoré domt le service est accusé de « violation du domaine scolaire. » Cette synergie qui regroupe le Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivité (SYPESCO), le Syndicat national des enseignants du Mali (SYNEM), le Syndicat national des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales (SYNEFCT), le Syndicat libre de l’enseignement fondamental (SYLBEF )et le Syndicat national des enseignants secondaire de l’état et des collectivités (SYNESEC), avait invité mardi ses militants à une Assemblée générale (AG) dans l’enceinte du LDKK pour parler de la « violation du domaine scolaire par la police ». Les deux lycées publics de la ville (Lycée Dougoukolo Konaré et Lycée de Kayes N’Di) sont secoués par des histoires de violences perpétrées par des individus incontrôlés. Le cas le plus récent est survenu au LDKK, qui compte plus de 3 000 élèves et est situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal, celui de Kayes N’Di étant sur la rive droite de ce cours d’eau qui divise la ville de Kayes en deux (Kayes-ba et Kayes N’Di). \ « L’incident qui nous a réuni ce matin, s’est déroulé samedi 19 avril 2025, aux environs de 17 heures. Un individu armé s’est introduit dans l’enceinte du lycée, à l’étage. Le gardien, ayant constaté qu’après 30 minutes, personne n’est ressortie, s’est rendu sur les lieux pour voir ce qui s’est passé. A sa grande surprise, il a trouvé les deux malfrats. Il a réagi et s’est retrouvé sous leur contrôle », raconte Bakary Sissoko, professeur de français au Lycée Dougoukolo Konaré, également secrétaire général de la SYPRESCO. Le gardien a fait savoir aux inconnus que de telles actions ne doivent pas se dérouler dans une école. Ne se limitant pas à cette remontrance, il a invité les assaillants à sortir. « La personne a réagi violemment, en insultant le gardien. Elle a porté un coup au cou de sa victime, qui est tombée. N’eut été l’intervention des personnes présentes, l’incident aurait pris une tournure dramatique », souligne le leader syndical. Entre-temps, les gardiens ont confisqué la moto de l’intéressé pour la mettre à la disposition de l’administration scolaire. Ainsi, ils envisageaient d’entamer les négociations avec les assaillants afin de situer les responsabilités si ces derniers revenaient le lendemain. A la grande surprise des travailleurs du Lycée Dougoukolo Konaré, la personne qui a violé l’espace scolaire est allée porter plainte contre le gardien au Commissariat spécial de police. Alors qu’auparavant, la victime s’était rendue au niveau de la gendarmerie pour porter plainte contre son agresseur. « Sans chercher à comprendre le fond de l’histoire, les policiers (deux) sont venus, dans un pick-up, pour interpeller le gardien dans l’enceinte du lycée. Ce qui constitue une violation du domaine scolaire », déclare Bakary Sissoko du SYPESCO. Selon lui, le syndicat a suivi l’affaire jusqu’au niveau du parquet où il y a eu un non-lieu. « Pour nous, même si l’action judiciaire est terminée, il faut que le syndicat engage d’autres actions pour éviter que de telles choses ne se répètent », souligne-t-il. De ce fait, la branche syndicale de la Synergie a rencontré le proviseur du LDKK, le Comité de gestion scolaire (CGS). Ensuite, elle a convoqué une AG pour manifester son mécontentement et décréter un arrêt de travail de 48 heures qui a été bien suivi. Apparemment, ces actions n’ont pas porté les fruits escomptés. C’est pourquoi, le syndicat a déposé des lettres à l’administration scolaire, avec ampliation à la Mairie, l’Académie d’enseignement et le gouvernorat. Malheureusement, les syndicalistes déplorent le fait que ces lettres soient restées sans effet. « Mais quand la Synergie a pris l’affaire en main, on a mis une note sur les réseaux sociaux pour dire qu’il y aura une Assemblée générale, suivie d’un arrêt de travail. Les autorités scolaires, inquiétées d’une éventuelle grève, se sont précipitées pour nous rencontrer à l’Académie d’enseignement de Kayes pour éviter ce mouvement », explique le secrétaire général du SYPESCO. Soucieuse de maintenir la quiétude à l’école à moins d’un mois des examens de fin d’année, les autorités ont invité la Synergie des syndicats signataires de l’éducation du 15 Octobre 2016 de la Région de Kayes à des pourparlers au gouvernorat. « Le gouverneur a fait savoir qu’il va prendre le dossier en main et nous a demandé d’œuvrer dans le sens de l’apaisement. Ce qui relève du ressort de l’Assemblée générale, notre instance de prise de décision », lâche Bakary Sissoko, à l’issue de l’AG de mardi. Selon lui, le chef de l’exécutif régional avait prévu une réunion du Conseil régional de sécurité pour donner « des instructions fermes » au Directeur régional de la police par rapport à la violation du domaine scolaire. La Synergie des syndicats signataires de l’éducation du 15 Octobre 2016 de la Région de Kayes avait donné ces informations à sa base. Certains enseignants avaient pris la parole pour demander le départ du Commissaire chargé des enquêtes et de ses éléments du Commissariat spécial de police de Kayes. Les enseignants s’étaient indignés du fait qu’on leur avait suggéré de transférer l’affaire à la police, même si la ville est de son ressort. Mais, l’assemblée a vite pris fin quand un orateur a, sous le coup de l’émotion, demandé aux enseignants de reprendre les cours dès le lendemain, sans attendre les recommandations et la décision finale, créant du coup un sentiment de frustration chez certains participants qui avaient commencé à vider les lieux. Les syndicats avaient envisagé d’accorder un temps au gouverneur pour la gestion de leurs doléances. Les choses sont allées plus vite que prévues. En optant pour l’apaisement, le Directeur régional de la police s’est rendu dans l’établissement scolaire, juste après l’AG, pour présenter ses excuses au nom de ses éléments. Un geste qui a été fortement salué par les syndicalistes qui

Kayes : Débrayage des cours dans certains établissements scolaires

Kayes, 29 avr (AMAP) Le Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes et certains autres établissements scolaires de la ville ont connu un débrayage des cours, ce mardi matin, et la coordination régionale de la Synergie des enseignants a tenu une assemblée générale pour protester contre l’enlèvement du gardien de cet établissement secondaire situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal. La coordination syndicale protège contre la violation du domaine scolaire et l’agression du gardien, un élément de l’administration de l’école, par la police. La synergie qui souhaite le départ du Commissaire de police du 1er Arrondissement et de ses compagnons d’armes, envisage la reprise des cours demain, mercredi. Certains enseignants réclament plutôt le départ du Commissaire du Commissariat spécial de police de Kayes et de ses éléments pour violation du domaine scolaire le samedi 19 avril 2025 vers 17h. Les enseignants reconnaissant les efforts fournis par le gouverneur de la Région, le général de brigade Moussa Soumaré, s’indignent du fait qu’on leur demande de saisir la police et non la gendarmerie pour trancher l’affaire qui, selon l’autorité, s’est déroulée en ville. La synergie, qui avait décidé de poursuivre ses consultations et les réflexions et de saisir sa base pour des actions, a, à l’issue de l’Assemblée, joué la carte de l’apaisement. Elle poursuit ses réflexions et attend la suite que le gouverneur va donner à ses revendications. Les cours reprendront jeudi 2 Mai 2025 à Kayes. BMS/MD (AMAP)   . . Affaire à suivre pour  

Kolondièba : Le CSCOM de Tousséguéla rénové porte le nom d’Amadou Konaté

Kolondièba, 28 avr (AMAP) Le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Tousséguéla, dans le Cercle de Kolondièba (Sud), a été officiellement baptisé « CSCOM Amadou Konaté », lors de deux jours de festivités, les 26 et 27 avril 2025, dans le Guantièdougou, sous la présidence du gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Welle. L’établissement a été rénové et équipé par Amadou Konaté, inspecteur général des douanes et natif de la localité. La cérémonie d’inauguration, marquée par la coupure symbolique du ruban par le gouverneur, a été suivie d’une visite guidée des installations modernisées. « Cette initiative est une fierté pour le Mali et le cercle de Kolondièba », a déclaré le préfet de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, lors de son intervention. Le maire de Tousséguéla, Yaya Konaté, et le chef de village ont également loué l’engagement d’Amadou Konaté pour le développement local. L’événement a réuni de nombreuses personnalités, dont des représentants de l’Association des Ressortissants pour le Développement de la Commune de Tousséguéla (ARDCT), les Forces de Défense et de Sécurité, les légitimités traditionnelles, les confessions religieuses, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO, la société civile, ainsi qu’une foule venue de plusieurs localités de la Région de Bougouni. La délégation du gouverneur a été accueillie dans une ambiance festive, rythmée par les folklores locaux, notamment le n’bolon, musique traditionnelle des cultivateurs. Amadou Konaté a été honoré par plusieurs distinctions, dont un trophée remis par le préfet et un cadeau spécial offert par les femmes de l’initiative Mah Ballo de Tousséguéla. Une projection vidéo retraçant son parcours, de son service à la douane à ses actions pour sa communauté, a captivé l’assistance. Les festivités ont également inclus des activités sportives. Le 26 avril, une finale de football a opposé les équipes de Kountio et Siala, remportée par Siala aux tirs au but. Le 27 avril, une course cycliste de 100 km a vu Yaya Sangaré de Koni (Commune de Nangalasso) remporter la première place, suivi de Yacouba Diallo et Salia Koné. Les cinq premiers ont reçu des prix, dont une moto Jakarta pour le vainqueur. Amadou Konaté a également offert un lot de kits scolaires, remis au directeur coordinateur des écoles de Tousséguéla, renforçant son soutien au développement éducatif de la commune. Les responsables régionaux et locaux ont salué l’initiative d’Amadou Konaté, espérant qu’elle inspire d’autres fils du terroir. « Ce geste montre la voie pour le développement communautaire », a conclu le gouverneur Ousmane Welle. NK/OS/MD (AMAP)

Bafoulabé : Les enfants honorent les traditions du « Yogoro » et du « Salawalé »

Bafoulabé, 28 avr (AMAP) À Bafoulabé, les enfants perpétuent avec ferveur les traditions du « Yogoro » pour les garçons et du « Salawalé » pour les filles, des pratiques ancestrales qui incarnent la solidarité et le respect des coutumes maliennes, particulièrement à partir du 10e jour du Ramadan. Une éducation ancrée dans les valeurs traditionnelles, Dans la société malienne, l’éducation des enfants reposait sur trois piliers : la famille, la communauté et l’école. Organisés en classes d’âge, les enfants apprenaient la sagesse, l’honnêteté et le respect des traditions. Au 10e jour du Ramadan, ils se réunissaient pour collecter l’aumône, une pratique unissant riches et pauvres dans la joie du chant et de la danse. « Ces moments renforcent l’entraide et la cohésion sociale », souligne un ancien de Bafoulabé. Le 28 avril 2025, les enfants de Bafoulabé ont honoré cette tradition. Les garçons, dans le cadre du « Yogoro », ont préparé une ripaille collective avec les céréales collectées, tandis que les filles, qui ont fait le « Salawalé », ont offert leur première tartine à la reine du fleuve « Bafaro » en signe de gratitude. Ces gestes témoignent de la solidarité et de l’attachement des jeunes à leur héritage culturel. Alors que le « Yogoro » et le « Salawalé » tendent à disparaître dans certaines régions du Mali, sous l’effet des nouvelles technologies et d’une méconnaissance croissante, Bafoulabé reste un bastion de ces pratiques. « Nos enfants montrent l’exemple en valorisant notre identité culturelle », affirme un membre de la société civile locale. Face aux risques d’hybridation culturelle, les habitants de Bafoulabé appellent à préserver ces traditions. « La culture est notre identité. Protégeons-la pour les générations futures », insiste un responsable communautaire. BM/OS/MD (AMAP)

Kangaba : Grève de 96 heures des agents des collectivités territoriales

Kangaba, 29 avr (AMAP) Les agents des collectivités territoriales du Cercle de Kangaba ont entamé, ce mardi 29 avril 2025, une grève de 96 heures, suite à un préavis déposé le 24 avril par le Secrétaire général du bureau local du Syndicat national des agents des collectivités territoriales (SNACT), a constaté l’AMAP. L’arrêt de travail, qui se prolongera « jusqu’au vendredi 2 mai, est reconductible pour 120 heures à partir du lundi 5 mai si les revendications ne sont pas satisfaites », indique le syndicat. Le principal motif de la grève est le non-paiement des salaires et accessoires des mois de mars et avril 2025 pour les agents de la mairie de la Commune urbaine de Karan. « Nous exigeons simplement le versement des salaires dus pour mars et avril. Les fonds sont disponibles, mais des obstacles persistent », a déclaré un représentant du SNACT. Les grévistes dénoncent également l’ingérence répétée du délégué local du Contrôle Financier de Kangaba dans les dépenses des collectivités. « Cette immixtion bloque fréquemment nos salaires, perturbe le climat social et entrave le fonctionnement des collectivités », a ajouté un agent gréviste. Ce blocage, selon les manifestants, alimente un ras-le-bol généralisé au sein du personnel. Le préavis précise que la grève, débutée ce mardi, pourrait être prolongée si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin du mouvement, vendredi. « Nous sommes déterminés à poursuivre jusqu’à ce que nos droits soient respectés », a martelé un membre du syndicat. SD/OS/MD (AMAP)

Protection de l’Enfant : Signature d’un protocole entre le ministère en charge de l’enfant et l’Unicef

Bamako, 29 avril (AMAP) Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF), Mme Diarra Djènèba Sanogo a présidé, ce mardi, la signature du protocole de déploiement du Système de Gestion de l’Information relative à la Protection de l’Enfance (CPIMS+) au Mali, a constaté l’AMAP. La cérémonie de signature a s’est déroulée dans la salle de réunion du département du département en charge de la famille, en présence du représentant de l’Unicef au Mali, Pierre N’GOM, qui a expliqué qu’il s’agit d’une étape déterminante qui permettra d’améliorer le système national de protection de l’enfance grâce à une coordination renforcée entre tous les acteurs concernés. Pierre N’GOM a également expliqué que cette initiative répond aussi aux recommandations importantes formulées par le comité de revue de la mise en œuvre de la Convention relative aux Droits de l’Enfant à Genève. « L’Unicef est honoré de contribuer à ce projet, sous le leadership du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille », a-il-dit. Avant de saluer le leadership exemplaire du Ministère, et de réaffirmer l’engagement indéfectible de son organisation à accompagner le MPFEF dans ses efforts pour améliorer la situation des enfants au Mali. Le ministre Diarra Djènèba Sanogo  a rappelé que ce protocole marque un point de départ de la mise en œuvre d’une des recommandations du comité des Droits de l’Enfant sur le rapport du Mali lors de sa 96ème session tenue les 9 et 10 mai 2024 à Genève, par rapport à la disponibilité sur la situation des enfants dans notre pays. Elle s’est réjoui de la signature de ce présent protocole tant attendu. « Mon département veillera à la mise en œuvre, à la coordination et au suivi du système sur le terrain et cela dans l’intérêt supérieur des enfants du Mali », a fait savoir le ministre Mme Diarra Djeneba Sanogo. ST (AMAP)

Voyage à l’intérieur du Mali : Une odyssée matinale de Bamako à Koutiala

Par Moussa M. DEMBELE AMAP Bamako Bamako, 29 avr (AMAP) À 6h14, la gare routière de Sogoniko, à Bamako, s’éveille dans une effervescence très matinale. Les passagers, billets en main, affluent pour le départ prévu à 8h vers Koutiala, via Ségou. Dans ce ballet organisé, l’attente, les rencontres et les petites histoires du voyage tissent une fresque vivante de la vie malienne, entre chaleur écrasante, traditions et modernité. Dès l’entrée, des jeunes guident les voyageurs. Ceux sans billets se pressent aux guichets, tandis que les détenteurs de tickets passent sous l’œil perspicace du vigile. À l’intérieur, des nattes accueillent adultes, enfants et personnes âgées, certains encore endormis. Les bagages s’entassent dans les soutes du car, une file impatiente s’improvise devant les toilettes. « Faites vite, vous n’êtes pas les seuls usagers ! » lance un voyageur excédé. Malgré des pancartes indiquant des latrines séparées pour hommes et femmes, la distinction est ignorée, et l’état de certaines installations laisse à désirer. Le car pour Koutiala, prévu pour 60 passagers, attire plus de 80 personnes, créant une bousculade. Des retardataires, comme un voyageur attendant depuis 4h, déplorent des départs manqués. « J’étais de l’autre côté de la gare, mais le bus est parti sans moi. Les billeteurs ne donnent pas de réponses claires », se plaint-il. Un billeteur rétorque : « Chaque bus a sa place. Patientes, tu pars à 8h. » AU RYTHME DE LA MUSIQUE ET DES CONVERSATIONS – À 7h50, le véhicule est prêt. Le chauffeur finalise ses réglages. A 8h, le bus s’élance sur l’axe Bamako-Ségou-Koutiala. À l’intérieur, l’écran diffuse « La Patronne » de la Guinéenne Djelikaba Bintou, artiste récemment médiatisée pour sa vie personnelle tumultueuse. Les passagers, bercés par la musique, entament des discussions animées. Deux hommes près de la porte échangent sur leur vie. « J’ai dit à ma femme que je vais prendre une deuxième épouse, qu’elle le veuille ou non », confie l’un, avant que son oncle ne le qualifie de « trop turbulent ». À 8h04, nous longeons le stade du 26 Mars, évitant les embouteillages. Le soleil, brûlant en cette saison chaude, éclaire les visages. À la sortie de Bamako, un arrêt révèle deux places réservées, contrairement aux annonces initiales. Au péage de Kassela, le système d’enregistrement des plaques, encore manuel, ralentit le passage. Entre Baguineda et Kassela, la verdure des manguiers et la forêt classée, marquée par des traces de feux de brousse, captivent les regards. « A chaque saison sèche, des feux éliminent les herbes, mais touchent aussi les plantes », observe un passager, sans réponse claire sur leurs origines. À Zantiguila, le poste de contrôle grouille de vendeurs ambulants proposant biscuits, œufs et eau, prisée sous la canicule. Un vendeur de remèdes traditionnels tente sa chance, mais les passagers, absorbés par leurs conversations, l’ignorent. La route, en bon état jusqu’à Ségou, traverse des villages paisibles. À l’entrée de la Cité des balanzans, ces arbres emblématiques suscitent l’admiration. Sur l’écran, le rappeur malien Wiz Montana provoque des réactions avec son titre : « Allah ka na Mali taa nje » (Qu’Allah ne développe pas le Mali). Un bouchon causé par une course cycliste entre Fana et Ségou, ralentit la progression. Au poste de contrôle de Ségou, vérification des pièces et les contrevenants s’acquittent d’amendes. Après Ségou, la route se dégrade, forçant le chauffeur à ralentir. Des passagers somnolent, érientés par le trajet. À 14h, le bus atteint M’Pessoba, marquant la fin de notre périple. Ce voyage, ponctué de musique, de discussions et de paysages variés, reflète la vitalité et les contradictions du Mali : une société en mouvement, entre traditions, défis logistiques et aspirations modernes. MMD/MD (AMAP)

Ouélessébougou : Plus d’un millier de patients attendus par l’ONG américaine Utah Alliance pour sa campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits de l’œil

Ouélessébougou, 28 avr (AMAP) Plus d’un millier de patients sont attendus pour la campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits des maladies de l’œil de l’Utah Alliance, une ONG américaine, qui a débuté, ce lundi 28 avril 2025, pour cinq jours, au Centre de santé et de référence (CSRéf) de la ville, a constaté l’AMAP. L’objectif de cette campagne de Utah Alliance, qui intervient dans la Commune de Ouélessébougou, depuis trente-cinq ans, en collaboration avec le District sanitaire, est la lutte efficiente contre la cécité au Mali, en prenant en charge gratuitement toutes les personnes affectées par les maladies liées à la vision. La coordinatrice santé de l’ONG, Mme Viviane Traoré, s’est réjouie de la réussite de la première journée et de la mobilisation massive des patients venus de toutes les régions du Mali. Elle a également salué l’implication du médecin-chef du CSRéf, Dr Abdrahamane Dicko et tout son personnel pour leur engagement dans cette oeuvre humanitaire. « Cette campagne de 2025 concerne la consultation, la chirurgie du cataracte et du glaucome, les soins et le don de verres correcteurs aux personnes nécessiteuses, sous une assistance médicale, de dix-sept ophtalmologues américains, actuellement présents, à Ouélessébougou, dans le cadre de cette activité », a-t-elle précisé. Mme Traoré a lancé un appel à l’endroit « de toutes les personnes touchées par ces pathologies, à l’intérieur du pays », de les rejoindre au CSRéf de Ouélessébougou, tout en mettant un accent particulier sur la gratuité de toutes les interventions. Pour sa part, Lancine Bamba, un patient sexagénaire, venu de Bougouni, a, après avoir reçu ses soins, non seulement remercié l’ONG « pour l’opportunité offerte aux personnes vulnérables » mais, aussi, » apprécié « la qualité des soins prodigués par les ophtalmologues américains. » Cette campagne prendra fin le 02 mai prochain. AC/MD (AMAP)

Mali : Campagne digitale de l’UNICEF contre la désinformation vaccinale

Bamako, 28 avr (AMAP) L’UNICEF, confrontée à la propagation de la désinformation et de l’hésitation vaccinale, notamment sur les réseaux sociaux, déploie une campagne digitale au Mali intitulée « Une dose de bonnes nouvelles », dans le cadre de la Semaine mondiale de la vaccination 2025, afin de rappeler l’importance vitale des vaccins pour la survie et le développement des enfants, a appris l’AMAP de source officielle. « Les vaccins sauvent des vies, et nous voulons diffuser ce message positif sur toutes les plateformes numériques », affirme le représentant de l’UNICEF au Mali cité par un communiqué de presse conjoint du ministère de la Santé et du Développement social (MSDS) de l’Alliance du vaccin (GAVI), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF. La campagne mettra en lumière des témoignages concrets montrant comment une vaccination opportune a protégé des millions d’enfants contre des maladies mortelles. « Ces contenus, adaptés aux réseaux sociaux, visent à contrer les fausses informations qui alimentent la méfiance. » La polarisation autour de la vaccination, exacerbée par des coupes dans le financement des projets de santé mondiaux, aggrave la résurgence des épidémies. « Certains gouvernements hésitent à prendre position, ce qui fragilise les efforts mondiaux », prévient l’UNICEF. Cette situation est d’autant plus critique que l’organisation traverse une crise financière sans précédent, rendant l’appui des partenaires essentiel. L’UNICEF appelle à une mobilisation pour relayer les messages de la campagne et garantir un accès équitable aux services de santé. « Restons aux côtés des enfants », insiste l’organisation, qui partage des contenus prêts à l’emploi pour les médias sociaux. « Imaginez un monde où aucun enfant ne souffre ni ne meurt d’une maladie évitable par la vaccination. Les vaccins contre la rougeole, la poliomyélite et le cancer du col de l’utérus nous rapprochent de cette réalité », souligne l’UNICEF. Au Mali, une avancée historique a marqué la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril 2025, avec l’introduction officielle du vaccin antipaludique dans le Programme élargi de vaccination (PEV), signale par ailleurs l’UNICEF. Sous l’égide du ministère de la Santé et du Développement social et avec le soutien de l’Alliance du vaccin (GAVI), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF, ce vaccin sera déployé dans 19 districts prioritaires, ciblant les enfants de 5 à 36 mois à travers un schéma de cinq doses. OS/MD (AMAP)