Journée mondiale des femmes à San : La mairie organise une foire d’exposition des produits locaux et artisanaux
San, 6 mars (AMAP) La mairie de San, à l’instar des autres régions du Mali célèbre le 8 mars, la journée Mondiale de la femme, sous le thème « Femme et Culture », a appris l’AMAP de source municipale. L’annonce a été faite par Le Maire de la Commune Urbaine de San, Mme Félicité Diarra au cours d’un entretien avec notre équipe, dans les locaux de sa municipalité, le 20 février dernier. La première responsable de la Mairie rassure que les préparatifs vont bon train avec une Commission mise sur place à cet effet pour réussir l’évènement. « La Mairie de San en collaboration avec Hevetas, le service local de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et d’autres partenaires locaux, organise une foire d’exposition des produits locaux et artisanaux, à la Maison des Jeunes de San » a déclaré Mme Félicité Diarra. Mme le Maire a également précisé que cette exposition va regrouper toutes les femmes de San et celles des localités environnantes, pour exposer leur savoir-faire et de se faire connaître. Cette exposition sera précédé d’une conférence de presse sur le thème retenu à savoir « Femme et Culture », surtout que cette année a été dédiée par le président de la Transition, Assimi Goïta, à la Culture. A la question votre mot sur la journée Internationale de la Femme, le Maire de la Commune urbaine de San s’est exprimé ainsi « Que les femmes travaillent, seul le travail paye. Il faut que la femme travaille pour s’épanouir, pour préparer l’avenir de ses enfants et aider son mari. « Il faut aussi inciter l’Etat à accompagner davantage les femmes. Beaucoup de femmes dans le monde rural ont besoin d’un accompagnement. Elles font beaucoup d’activités non visibles et non accompagnées. Les autorités doivent encourager le savoir-faire des femmes, surtout dans les zones rurales. Au cours de notre entretien, nous avons fait avec Mme le Maire, un tour d’horizon, sur les réalisations dans sa Commune, ainsi que les difficultés, les défis et les perspectives. Actions menées par les autorités communales Sur les actions menées ces derniers temps, Mme le Maire a évoqué l’élimination de plusieurs dépôts anarchiques dans la ville de San, plusieurs activités de protection de l’environnement à travers des campagnes de reboisement et le curage de caniveaux. « Sur la question de l’environnement, une équipe de 15 personnes avec deux bennes nouvellement acquises par la Commune, est dédiée exclusivement à l’assainissement de la ville », a soutenu Mme Félicité DIARRA. La mairie a, par ailleurs, mené plusieurs actions qui contribuent à la modernisation de la nouvelle région, qui est la 17ème. Il s’agit de la rénovation de la mairie sur fonds propres pour un montant de 35 millions, l’acquisition d’un véhicule Hilux, également sur fonds propres pour 35 millions, la réalisation d’un monument du fondateur de la ville, Bakorè Traoré et la matérialisation de l’historique (mare sacrée, bois sacré et puits sacré) pour 11 millions de nos francs et la réalisation de points d’eau dans la ville de San et dix autres villages avec des partenaires comme APCM, PROADIDES, PDI. BS et Caritas. D’autres actions non moins importantes et dont les importants, ont été réalisés pour le bien être des communautés. Parmi celles-ci, il est à retenir, la construction et l’équipement et l’électrification d’un Centre de Santé Communautaire à Paridara, un hameau entouré de plusieurs villages ; la construction de six (6) salles de classe à Paridara et à Gélékoro et la réalisation et le dallage de 400 m de caniveaux à SAntoro, au Marché de San, à Lafiabougou et à Sienso, en partenariat avec l’Etat et d’autres partenaires. Mme le Maire a également évoqué comme réalisation, la direction de cinq (5) directions avec des magasins pour des écoles de la Commune, avec le Programme déplacement des Ressources de l’Etat aux collectivités et de riposte au covid 19, pour un coût de 30 millions de nos francs., la clôture du Groupe scolaire Santoro – Extension avec un point d’eau et une maison pour gardien avec la Banque Mondiale, la coopération Suisse, le Pays Bas et Lux Développement. Enfin la responsable de la municipalité a mis l’accent sur l’aménagement par la Mairie du Parc à Bétail, de la construction du Bureau moderne Agent voirie sur fonds propres pour 17 millions de FCFA, l’aménagement de 2000 ha des plaines avec le PIDS et le Moyen Bani, la formation aux nouvelles techniques agricoles et l’accompagnement des femmes en semences améliorées. Difficultés rencontrées par la Mairie Malgré les ces actions de grande envergure menées dans une nouvelles région, la mairie reste confronter à entre autres difficultés, la mobilisation des ressources propres en cette période d’insécurité, la réduction, ces dernières années, des ressources à elle allouée par l’ANICT, le faible accompagnement des partenaires, les inondations récentes qui ont ravagé plus de 5000 ha de parcelles ainsi que des maisons, des routes et d’autres voies d’accès, le faible plateau technique et des ressources humaines au niveau du CSCOM et le vaste mouvement des personnes déplacées. Besoins immédiats Mme le Maire qui a salué les autorités pour l’ouverture du Camp militaire de San et l’aménagement de la Route Nationale 6 (RN6), a cependant mis l’accent sur des besoins immédiats dans sa commune à savoir, le renforcement du stock de sécurité pour les sinistrés et les femmes veuves, la clôture de la Brigade Territoriale, l’aménagement du poste de sécurité de Sienso, la réouverture du poste de péage de Sienso et la sécurisation de l’inter fleuve. Perspectives La première responsable de la Commune reste convaincue que la municipalité avec l’appui des autorités et singulièrement du Gouverneur de région et tous les services rattachés et déconcentrés ainsi que des opérateurs et des populations, ne ménagera aucun effort pour un véritable développement de la région de San qui a déjà amorcé son processus d’évolution. Kader MAIGA (AMAP)
8 mars : La rossignole du Santoro et Karantela émerveille les populations
San, 21 février (AMAP) Grande de taille, d’un gabarit imposant, d’un sourire fine et d’un commerce agréable, la quarantaine, elle émerveille les populations de par ses chansons bambara et mandingues, lors des cérémonies officielles, de mariage et de baptême à San. Elle, c’est la chanteuse Assan Dembélé, connue de la Cité de Santoro et de Karantela, nom originel de San. Elle qui n’a pas eu la chance de fréquenter l’école contrairement aux autres membres de sa famille, est née à San, d’une famille d’artistes et de chanteurs. Fille d’un batteur de Tam-Tam, Dramane Dembélé et d’une ménagère, Awa Sanogo qui n’a jamais chanté. Elle a appris aux côté de sa tante Fafinè Dembélé qui était à l’époque sollicité aux cérémonies de mariage et de baptême et émerveillait-elle aussi par sa voix perçante et harmonieuse. Assan Dembélé qui n’a produit aucun album à cause selon elle, d’un manque de moyens et d’appui, a beaucoup d’admiration pour la grande cantatrice Kandia Kouyaté, originaire de la ville de Kita, berceau du savoir traditionnel et de la chanson. « Je chante plusieurs morceaux dont le plus célèbre et attirant est ‘Mougnou et Sabali’ ou encore la patience et la tolérance’ adressé aux femmes du monde, d’Afrique et du Mali. Toute chose qui contribue à la stabilité d’une famille et à son évolution. » Bien que n’ayant pas les moyens, elle fait ses répétitions avec ses joueurs dans sa famille paternelle avec le matériel dont elle dispose et le reste est loué. A notre interrogation, le bruit de la répétition ne dérange pas les voisins. Elle répond à la négative en affirmant qu’ils sont habitués et l’accompagnent dans sa quête de performance en assistant souvent aux entrainements. La rossignole comme l’appellent ses fans, a participé à deux semaines locales à San où sa formation a été primée en Solo, Balai, Ensemble instrumentale et danse. Elle a également pris part à la Semaine régionale où sa formation a été 2ème. Cette chanteuse qui fait la fierté du Réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRADE) n’a jamais participé à la biennale à cause, à l’époque de l’entretien de son nouveau bébé. Elle continue de conseiller aux femmes ; malgré souvent des difficultés dans leur milieu de vie, la patience et la tolérance et de son avis la réussite d’une famille est liée à une femme ainsi que celle d’une nation. Elle n’a pas manqué de faire le plaidoyer auprès des autorités afin qu’elles apportent leurs appuis aux femmes qui ont de l’ingéniosité surtout dans les zones rurales. Cette dame à la voix captivante qui continuent de faire vibrer les cœurs dans sa ville natale et autres localités, est mère de six (6) enfants. Kader MAIGA (AMAP)
Diéma : Le foin si cher !
PPar Ouka BA Diéma, 05 mar (AMAP) A Diéma, en cette période, la vente d’herbe est florissante. C’est une activité rentable. De nombreux jeunes s’y adonnent. Le foin coûte excessivement cher à Diéma or, cette nourriture des animaux a réussi cette année dans cette partie de la bande sahélienne, soumise parfois, à des aléas climatiques rudes. A cause de son exploitation excessive, l’herbe commence à se raréfier en brousse. Pour avoir de l’herbe aujourd’hui, il faut aller à des dizaines de kilomètres. Une charretée d’herbe est vendue à 3 000 Fcfa. Pour le contenu d’un tricycle, on vous demande jusqu’à 15 000 Fcfa. « C’est à prendre ou à laisser ! », lance Kantara Dicko, qui arrive d’un campement maure avec ses chargements. Il n’hésite pas, de mauvaise humeur, à jeter ce genre de phrases à la figure de clients qu’il accuse de saboter ses prix. Certains éleveurs prennent le soin de constituer des stocks de sécurité sur leur hangar pour assurer l’alimentation en période de soudure de leurs troupeaux, jusqu’à la tombée des pluies. Un travailleur saisonnier, Adama Diarra, effectue quotidiennement trois tours avec sa charrette, s’intéressant surtout à l’espèce d’herbe dont raffolent les petits ruminants. Mais, avec la peur au ventre, il craint de de faire une mauvaise rencontre, en cette période d’insécurité. De l’avis d’Issouf Niakhaté, venu chercher yne pièce d’état civil, pour se procurer une charretée d’herbe, chez-eux, à Lambidou, il faut payer 4 000 Fcfa voire plus. « Généralement, poursuit notre jeune interlocuteur, ce sont les Maures qui vendent de l’herbe dans notre milieu. Mes frères et moi, avions déjà fini de constituer nos stocks d’herbe avant le retour de nos bovins. » Garan Dembélé, conducteur de moto-taxi, préfère se rendre jusqu’à Nioro, sur une distance d’environ 90 km, avec sa marchandise, pour gagner plus. Il n’a pas à se plaindre, un autre homme, qui préfère taire son nom. Avec sa charrette et son cheval trépignant de santé, il lui arrive, souvent, d’empocher journalièrement près de 30 000 Fcfa, rien qu’avec la vente de foin. Depuis le jour où le hangar de Mody Macalou, un coiffeur du coin, a pris feu, à cause de l’inadvertance de son enfant, transportant des braises, il a arrêté, par précautions, de stocker de l’herbe dans sa maison. L’emboucheur Harouna Samaké, lui, accorde plus d’importance au tourteau, qui, selon lui, donne plus de rforce et de resistance au cheptel. Avec ses deux moutons Balibaly Wolosso, Mme Sirandou Coulibaly, assure dépensee plus d’argent pour l’achat d’herbe ces derniers temps. OB/MD (AMAP)
Journée du 8 mars à Bafoulabé : Parcours de Mme Fatou Diallo, une vendeuse de charbon atypique
Bafoulabé, 5 mars (AMAP) Dans notre pays comme partout ailleurs dans le monde, nombreuses sont les femmes qui s’illustrent après avoir connu un parcours difficile. Tel est le cas de Mme Fatou Diallo, une vendeuse de charbon atypique, un exemple à Bafoulabé, cercle de la région de Kayes, à l’ouest de la capitale, a constaté l’AMAP. Née à Brigo (Kita), mariée à Bafoulabé, Mme Fatou Dialo, mère de 2 enfants est aujourd’hui âgée de 37 ans. Son mari qui a connu des ennuis de santé, n’arrivant pas à joindre les deux bouts, l’a obligé de redoubler d’ardeur et d’efforts pour affronter la vie et s’occuper de son foyer. Ainsi, avec le rappel à Dieu de son mari en 2009, elle a décidé, en plus de ses travaux de ménage, d’être lavandière pour subvenir aux besoins de sa famille, avant d’être bûcheronne et par la suite vendeuse de charbon. Comme dit le dicton, » on peut partir de rien pour réussir sa vie ». Fatou, comme l’appellent affectueusement les siens, a d’abord commencé à acheter du charbon par baignoire à 500 FCFA pour le revendre, avec 350 FCFA de bénéfice. D’une baignoire, elle passa à un sac qui a connu une variation de prix allant de 1000 FCFA à 2000 FCFA à nos jours, pour un bénéfice de 250 FCFA. Son activité devenait de plus en plus florissante car la demande était supérieure à l’offre. Pour faire face aux besoins des familles en charbon, Fatou a contracté un prêt d’1 000 000 de Francs CFA auprès de la caisse d’épargne de la localité de Bafoulabé, qui lui a permis d’améliorer ses conditions de travail. Aujourd’hui, grâce à ce prêt, Fatou achète des milliers de sacs par mois aux exploitants des villages environnants pour approvisionner le marché de Bafoulabé et environnants. Son imagination l’a poussé à payer régulièrement le permis d’exploitation, afin d’éviter des défaillances dans l’évolution de son activité. Aujourd’hui, grâce à son courage, son activité s’est beaucoup améliorée, lui permettant d’épargner de l’argent. Ce qui lui a permis d’acquérir une parcelle d’habitation, qu’elle a construite en dur. Avant d’aménagé un jardin potager au bord du fleuve et acheté une moto de livraison. Fatou, à n’en pas douter, est aujourd’hui une référence en matière de commerce de charbon à Bafoulabé. Mieux, avec son activité qui prospère, elle a recruté 2 jeunes qui sont rémunérés chacun à 20 000 FCFA par mois pour la livraison de son produit à Bafoulabé et environnants. Malgré les difficultés qu’elle a connues, Fatou se dit heureuse aujourd’hui. Cette dame dont le parcours est atypique encourage ses sœurs maliennes singulièrement celles de Bafoulabé à s’engager dans des activités génératrices de revenus pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leur famille. En tous les cas, les populations du premier cercle du Mali apprécient cette dame qu’elles ont vu évoluer avec courage et abnégation pour atteindre « le bout du Tunnel ». BM/KM (AMAP)
Journée du 8 mars à Youwarou : Fatoumata Sory Bilankoro, une femme exemplaire
Youwarou, 6 mars (AMAP) Entre commerçant, leaders de vie associative et responsable politique, Fatoumata Sory Bilankoro s’illustre dans le cercle de Youwarou tout en devenant l’idole incontestée dans sa communauté Née en 1967 d’une famille somono de Youwarou-Homboloré, Madame Fatoumata Sory Bilankoro s’est lancée dans le commerce du poisson dès le bas âge. Rita Marley, le nom de jeune fille de Fatoumata Sory, s’intéressa aux travaux domestiques et au petit commerce de poisson sur le lac Débo. Chaque matin elle se rendait au hameau de pêche « Bora », situé à 2 km pour acheter le poisson frais afin de le revendre au marché de condiments de Youwarou dénommé « petit marché ». Depuis cette époque de son enfance, notre brave dame commence à se démarquer et faire parler d’elle. Contrairement aux autres filles de son âge, Fatoumata Sory Bilankoro s’achetait ses habits de fête et assurait ses propres besoins sans pourtant faire recourt à quelqu’un d’autre. A l’âge du mariage, Fatoumata Sory Bilankoro se maria et rejoint son foyer conjugal à Kadiolo, dans la région de Sikasso. Elle apprend, ainsi, beaucoup avec les femmes sénoufos. Notre femme battante appris l’agriculture de l’oseille, du maïs, tout comme le commerce de la pomme de terre. Quelques années plus tard, Fatoumata Sory Bilankoro retourne à Youwarou avec l’esprit de femme éveillée. Elle entama, sur l’axe Bamako-Youwarou, le commerce des tissus, des habits prêts à porter pour femmes et hommes. Son enthousiasme lui permet d’attirer plus de clientèle dans le milieu juvénile et devenir une commerçante réputée dans la contrée. Fatoumata dite Rita Marley embarrasse et s’intéresse également aux activités associatives et politiques tout en créant l’Association Annora. Laquelle qui s’érige en société coopérative des vendeuses de poissons. Plus tard, à travers sa compétence, notre brave dame arrive à mettre ensemble 67 présidentes de sociétés coopératives. C’est à partir de cette union qu’elle crée l’Union des sociétés coopératives « Benkadi » des femmes vendeuses et transformatrices de poissons de Youwarou. Mère de trois filles actuellement initiées dans la réalisation des activités génératrices de revenus, devenue une femme d’affaires incontestée dans sa localité, les ambitions de Madame Fatoumata Sory Bilankoro lui poussent à s’inscrire dans des cours d’apprentissage de l’alphabet français. Au-delà de sa vente de poisson séché, fumé et frais avec des commandes à honorer à Bamako et Mopti, notre femme battante se livre à la fabrication artisanale du savon appelé « Kabakourouni ». Son chiffre d’affaire lui permet aussitôt de se lancer dans la transformation des produits locaux comme la farine de maïs, la farine de mil, le pain de jujube, le jus d’oseille, la farine de gombo, la poudre de tanin, les cacahouètes, entre autres. Autodidacte, Fatoumata dite Rita Marley est présentement la présidente des femmes rurales du cercle de Youwarou et le point focal du REFAMP (Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires). Suite à sa défense de la cause féminine à tous les niveaux, Fatoumata est arrivée à se faire élire conseillère municipale à la mairie de Youwarou. Comme si cela ne suffisait pas, elle créa l’Association des femmes musulmanes de Youwarou qui, tous les ans, fête le Maoulid avec éclat, et s’emploie à sensibiliser, œuvrer pour l’entente entre les épouses et époux qui se traduit par le respect des premières à leur époux. Bref, pour notre brave dame, la religion demeure un pan important dans la vie d’un couple qui doit se traduire par le respect réciproque entre les deux conjoints. SC/KM (AMAP)
Journée mondiale des Femmes : A la découverte de Mme Nienta Kadidia Nienta, battante pour la promotion de la poterie.
Mopti, 5 mars (AMAP) La poterie traditionnelle, pierre angulaire de la culture qui marque l’histoire des peuples fait son chemin au Mali depuis les temps immémoriaux, constate l’AMAP. Partie intégrante de l’artisanat malien, elle est une forte expression culturelle qui magnifie la relation entre l’homme et son environnement. Etroitement associée à la vie quotidienne des populations avec ses formes et ses fonctions variées qui vont de la vaisselle courante aux jarres funéraires ou aux récipients destinés à conserver l’eau, l’huile ou les céréales, ce savoir est de nos jours en péril à cause de la pression de l’industrialisation céramique et le désintérêt de la jeune génération, entre autres. Mme Nienta Kadidia Nienta fait partie de celles qui sont engagées pour la sauvegarde et la protection de ce savoir longtemps considéré comme une activité réservée aux femmes. Réputée pour son amour pour ce métier de modelage de l’argile, Mme Nienta Kadidia Nienta est l’une des rares potières du Mali en général et de la région de Mopti en particulier à se faire distinguer par son combat pour la promotion de la poterie traditionnelle. Native de Mopti, descendante d’une famille potière de Komoguel II, communément appelé « Waïnkoré » âgée de 45 ans, mariée et mère de 4 enfants, Mme Nienta a très tôt maitrisé le modelage de l’argile dont la transmission se fait au sein des familles, de génération en génération, par la pratique. Elle tire bien son épingle du jeu dans cette activité héritée de ses ancêtres. D’une ingéniosité hors pairs, elle a imprimé une touche particulière aux produits de la poterie à Mopti. Ainsi, au-delà des jarres et autres objets, elle a innové avec la création d’une gamme riche et variée dans le domaine de la décoration et de l’esthétique, entre autres, les pots de fleurs, les cendriers, les portes bics, de bougies, les lava beaux. Dans le cadre de l’embellissement de la ville de Mopti, comme contribution personnelle, elle a réalisé environ une dizaine de monuments en terre installés aux différents points stratégiques de la ville. Elle dispose d’un atelier de production, d’un centre de formation et d’une boutique de vente qui emploient 6 salariés permanents et environ 20 employés temporaires. Soucieuse de la préparation de la relève, Mme Nienta a, au-delà des activités de son centre basé à Mopti animé des sessions de formation à l’intérieur de la région notamment à l’intention d’une trentaine d’auditeurs et auditrices des cercles de Bankass et de Djenné. Ce haut lieu d’acquisition du savoir en modelage de l’argile a déjà formé plus de 100 jeunes dont 10 blancs et 20 autres y sont actuellement en cours de formation dans le centre. La qualité de ses œuvres lui a ouverte la porte du marché sous régional et international. Elle a déjà participé à de nombreuses foires expositions au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, à Sikasso, Ségou, Bamako, aux Etas Unis et à toutes celles organisées dans la Venise malienne dont la dernière a été à la faveur de la foire artisanale « La beauté de Mopti ». Au chapitre des distinctions, Mme Nienta a une bonne douzaine de diplômes de reconnaissance et de mérite au compteur acquit lors des foires et des grands évènements. Son courage et son engagement en faveur de la promotion du patrimoine culturel et du développement lui a valu la distinction de la médaille du mérite national et d’être la nominée l’Homme de l’année 2011 que la radio Jamana de Mopti organise chaque année. Malheureusement, les effets de la crise sécuritaire sont là. Depuis l’éclatement de la crise et la coloration de Mopti en zone rouge, les activités de l’artisanat sont allées en lambeau avec le tourisme. Le secteur du tourisme et les activités connexes ne nourrissent plus leur homme. « Nous sommes à l’arrêt total, nos produits ont de la peine à être écoulés » a expliqué la battante Kadidia Nienta. A cela s’ajoute une contrainte majeure, le problème d’espace qui l’a obligé à loger en location séparant ces trois structures (l’atelier de production, la boutique de vente et le centre de formation). « Le modernisme ne doit pas nous faire abandonner notre tradition. Les grands parents nous ont enseigné qu’au-delà de la beauté, l’esthétique, que les jarres de Mopti ont un aspect mystique qui empêche à la nouvelle mariée qui en dispose dans son trousseau l’abandon du foyer conjugal » commente Mme Nienta pour justifier son combat pour perpétuer la poterie. Son souhait le plus ardent est l’acquisition d’un espace digne de ce nom et la participation à des stages de perfectionnement dans le domaine des porcelaines soit au Maroc ou en Tunisie. DC/KM (AMAP)
Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire
Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)
8 mars à Kayes : Mme Niambélé Kadiatou Konaté ouvre un centre d’apprentissage pour les femmes et les jeunes filles
Kayes, 4 mars (AMAP) La directrice de la Maison de la Femme de Kayes, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a ouvert un centre dans le but d’aider les femmes et les jeunes filles à apprendre un métier afin d’améliorer leurs conditions de vie, a constaté l’AMAP. Située aux Logements Sociaux ou ATT Bougou de Kayes, la Maison de la Femme joue un rôle majeur dans la formation et l’insertion socioprofessionnelle des femmes et des jeunes filles grâce au dévouement de sa directrice, Mme Niambélé Kadiatou Konaté. Titulaire d’une maîtrise en Histoire-Géographie de l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) de Bamako, cette dame peut se glorifier d’avoir donné un nouveau souffle à cette structure du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Deux ans après sa nomination à la tête de la Maison de la Femme, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a conçu un programme de formation en vue d’aider les filles déscolarisées, les filles non orientées après leur admission au DEF (Diplôme d’Etudes Fondamentales) et au Bac, ainsi que les ménagères menant des activités génératrices de revenus, à apprendre un métier pour faciliter leur insertion et leur autonomisation. Dans ce centre, on y retrouve plusieurs spécialités : le henné traditionnel, le tatouage (henné moderne), le maquillage, la saponification et l’informatique. La filière informatique est destinée aux femmes qui mènent des AGR (Activités Génératrices de Revenus). Actuellement, la Maison de la Femme de Kayes assure la formation de 158 auditrices. Cette structure dispose d’un chargé de programme et de 4 encadreurs. Cependant, pour bénéficier d’une formation en couture dans ce centre, l’auditrice doit savoir lire et écrire. La formation s’étend sur trois ans. De ce fait, la directrice est en train d’entreprendre des démarches auprès des structures compétentes, dont la Chambre des métiers, pour que les certificats ou attestations qui seront délivrées aux apprenants puissent être certifiés ou reconnus par l’Etat. La première promotion compte 32 personnes au départ, un chiffre qui ne tient pas en compte les cas d’abandon. S’agissant des autres filières, la formation s’étend sur 3 mois et est sanctionnée par une attestation. Pour la couture, chaque apprenante doit payer 11 000 pour s’inscrire et avoir une tenue et 10 000 F pour la cotisation mensuelle. Mais, le centre prend en charge les frais d’équipement. Pour les autres filières, les frais d’inscription plus la tenue coûtent en tout 5 000 F et la cotisation mensuelle est fixée à 5 000F. D’après la directrice Mme Niambélé Kadiatou Konaté, sa structure a pu suivre certaines auditrices après leur formation. « En général, nous avons constaté que ces gens travaillent bien. Certaines auditrices ont mis du temps avant d’entamer leurs activités c’est pourquoi, elles ont rencontré des difficultés », assure la directrice de la Maison de la Femme de Kayes. « Parmi nos récipiendaires, certaines veulent revenir pour se former dans d’autres spécialités afin de diversifier leurs activités et multiplier leurs gains. C’est le cas de Hawa Fofana de Sadiola qui veut apprendre le maquillage et de Hawoye Touré de Kéniéba. Actuellement, Mme Niambélé Kadiatou Konaté et son équipe ont besoin de partenaires pour équiper leur centre et élargir son champ d’actions et étoffer son personnel. La Maison de la Femme souhaite former des gens dans d’autres domaines comme la transformation des produits alimentaires, le perlage. Mais, cette structure a besoin de partenaires pour financer ses projets. Il est à noter que Mme Niambélé Kadiatou Konaté est née le 1er Avril 1972 à Kita. Mariée et mère de deux enfants, cette dame a suivi les traces de ses parents Mamadou Konaté et Fanta Diallo, tous des enseignants. BMS/KM (AMAP)
Journée Internationale de la Femme à Diéma : Regard sur Mme Assata Traoré, animatrice et militante des droits des femmes
Diéma, 4 mars (AMAP)A l’instar du monde entier, notre pays célèbre le 8 mars, la journée internationale de la Femme. A cette occasion, nous avons décidé à l’Agence Nationale de Presse, de faire le portrait des femmes battantes dans leur localité respective. A cet effet, nous avons rencontré Mme Assata Traoré, animatrice de son état et militante des droits des femmes à Diéma. Agée d’une quarantaine d’années, mariée et mère de nombreux enfants, cette brave dame émerveille les populations de Diéma, de par ses animations en langue foulfoulbé sur une radio privée de la place. Ses émissions concernent la santé, la bravoure et l’engagement des femmes ou « Mussow dambe ni uka tiessiri », le développement de la commune ou « Siguida yiriwali », entre autres. Ses émissions ont contribué a changé les comportements dans la commune à travers l’éducation à la citoyenneté et la sensibilisation. L’animatrice talentueuse ne cesse d’affirmer dans son émission sur l’économie familiale : « Une femme ne doit pas laisser toutes les charges dans les bras du maître de la maison, sans quoi elle devient inutile ». En plus de l’animation à la Radio, Mme Assata Traoré dirige une association qui milite pour la défense des droits des femmes, en vue de leur autonomisation. Dans le cadre de la prévention et la gestion des conflits, les membres de son association, parviennent souvent à réconcilier des couples… Membre de la CAFO, elle excelle dans la fabrication et la vente du savon, ayant reçu une formation dans le domaine de la saponification. L’infatigable dame encourage la tenue périodique du cadre de concertation pour la protection des enfants, initié par le service de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, auquel prennent part, plusieurs acteurs. Par ailleurs, Mme Assata Traoré fait de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), son leitmotiv, afin d’apporter sa modeste contribution à l’éradication de cette pratique néfaste qui semble ne pas faiblir dans cette localité, nonobstant les immenses efforts que l’Etat et ses partenaires ne cessent de consentir. Cette courageuse dame qui s’occupe de son foyer, pratique également l’embauche ovine, disposant de quelques têtes de moutons qu’elle entoure de soins. Aujourd’hui, elle sollicite un appui pour obtenir un appui lui permettant de développer ses activités de saponification et d’embouche et l’acquisition d’un tricycle, lui facilitant le transport de ses produits au marché. En tous les cas, les populations de Diéma sont fières des actions de cette brave dame pour la cohésion et le développement de leur commune. OB/KM (AMAP)
Goundam : Consommateurs et vendeurs de céréales pour une meilleure utilisation des unités de mesure
Goundam, 03 mar (AMAP) L’utilisation des unités de mesures par les revendeurs notamment, le kilogramme suscite des questionnements dans la commercialisation du riz en particulier et des autres céréales en général sur les différents marchés du Cercle de Goundam (Nord). Depuis un certain temps, les consommateurs ont constaté une anomalie au niveau de l’instrument de mesure que les vendeurs utilisent sur les marchés, dans les commerces pour mesurer et vendre les céréales. Par exemples, des sacs censés contenir cinquante ou cent kilogrammes ne pèsent, en cas de vérification, que quarante-cinq pour le sac supposé en contenir cinquante et quatre-vingt pour cent kilogrammes. Ce constat a fait l’unanimité dans l’opinion et provoqué la colère des consommateurs qui parlent d’abus et vols. Plusieurs missions de sensibilisations ont été menées auprès des revendeurs de céréales en vue de les amener à corriger la situation, mais en vain. C’est dans ce cadre qu’une équipe composée de représentants des consommateurs, des éléments des forces de l’ordre, d’un représentant de la mairie aussi bien que les représentants d’associations des jeunes, de femmes et de producteurs s’est rendue au marché de Goundam. Il s’agissait, d’abord, d’informer et de sensibiliser, pour une dernière fois, les vendeurs détaillants de céréales sur l’utilisation d’un faux instrument qui respecte les normes officielles en vue d’être conforme avec la réglementation en vigueur et éviter d’éventuelles sanctions. A chaque commerçant, un instrument de mesure a été remis pour le respect scrupuleux des normes de l’unité principale de mesure qui est le kilogramme. Selon le président des consommateurs, la vigilance sera de mise quant à l’utilisation de l’instrument légal de mesure mis à la disposition des vendeurs de céréales sur tous les marchés du Cercle de Goundam. Il a également averti que tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la loi en vigueur. Il à noter que Le service chargé du contrôle technique et du suivi de la concurrence est absent à Goundam. AAT/MD (AMAP)

