Sikasso : Le festival international triangle du balafon prévu les 9, 10 et 11 octobre 2025(Ministère chargé de de la Culture)

Sikasso, 03 juin (AMAP) Une délégation du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a annoncé la tenue de la 9ème édition du Festival international triangle du balafon à Sikasso, les 9, 10 et 11 octobre prochains, dates provisoires. En séjour, la semaine dernière, dans la Cité verte du Kénédougou, la délégation, composée du directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko et du Conseiller technique du ministre de la culture, Abdoulaye Diombana, a également expliqué les enjeux et les attentes par rapport à cette grande compétition de balafongistes du Mali, Burkina Faso, de la Côte d’ivoire et d’ailleurs. « Notre motivation, c’est l’année de la Culture. C’est donc la vision du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta », a affirmé le conseiller technique Abdoulaye Diombana. Les autorités, selon lui, ont décidé de faire revivre le Festival triangle balafon dans la Région de Sikasso. Il a invité la population de Sikasso « au bon accueil et à tout faire pour que ce festival soit une réussite. » Pour sa part, le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Danioko a précisé que Sikasso est considéré comme « la capitale du balafon. » Le balafon, à ses dires, reste l’identité de la région. A cet effet, il a rappelé la construction du monument du balafon sur la route de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) dans la ville de Sikasso. Toute chose qui fait de la région, la capitale du balafon. Selon lui, Sikasso est sous les projecteurs depuis l’annonce du festival. Faisant le point des préparatifs de l’évènement, Alamouta Danioko a dit que les termes de références ont été élaborés. Ils sont à pied d’œuvre pour bien mener le reste des préparatifs. De son côté, le président du Conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba,a indiqué que la population avait la nostalgie du Festival international triangle du Balafon dont la dernière célébration date de 2017. « C’est un honneur pour la Région de reprendre le festival. On fera de notre mieux pour que l’évènement soit à la hauteur des souhaits », a confié M. Bamba. Et d’inviter toute la population ainsi que tous les balafonistes à s’impliquer davantage pour la réussite de la fête. « Nous préparons cet évènement avec beaucoup de patriotisme et de fierté. Sikasso est déjà dans les activités de l’année de la Culture. Le Testival international triangle du balafon ne viendra que renforcer cela », a souligné le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. A l’issue des échanges, les préoccupations des participants ont porté sur les critères de sélection des pays participants, la construction du balafon, le dispositif sécuritaire etc. La réunion de la délégation avec les acteurs culturels a été présidée par le directeur de cabinet du gouverneur, Bernard Coulibaly. Ont pris part à la rencontre le président du Conseil régional, Yaya Bamba, le représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Oumar Goïta et des forces vives de Sikasso. MFD/MD (AMAP)      

Nioro du Sahel :  Bientôt un nouveau camp militaire.

Nioro, 02 juin (AMAP) Le futur camp militaire de Nioro (Ouest) dont le site est à environ 7 km de la ville, à 900 m de la Route internationale (RI)3, occupera un espace de 500 hectares. Il abritera des installations qui répondront aux commodités du moment. Sa construction est un projet important qui marque une étape clé dans le renforcement de la sécurité dans la Région. Le ministre de la Défense et des anciens Combattants, Sadio Camara, à la tête d’une forte délégation, a posé la première pierre de l’infrastructure militaire, la deuxième, de la région après celui de Diéma qui sortira de terre dans seulement une année. La foule nombreuse qui attendait la délégation, sur le site, a compris le sens de l’effort du gouvernement pour la sécurité et la protection des populations. Elle a exprimé sa joie et sa satisfaction. Au nom de ces populations, le 1er adjoint au maire, Cheickné dit Bathé Bah, a salué cette « initiative qui vise à renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité pour lutter efficacement contre les Groupes armés terroristes (GAT) ». Il a souligné que cela contribuera au développement de la Région. Le représentant du gouverneur, Lassana Diarra, directeur de Cabinet par intérim, a également exprimé sa satisfaction. Pour lui, « cette initiative montre l’attention particulière que l’État accorde à la sécurité et au développement de cette jeune Région. » « Cette pose de la première pierre est un geste fort. Elle envoie un message clair aux populations : l’État est engagé à défendre sa souveraineté et à lutter contre l’insécurité », a déclaré M. Diarra. Le ministre de la Défense a, de cette tribune, lancé « un appel fort aux fils du pays qui ont pris les armes contre leur propre nation. » Il les a invités « à déposer les armes et à rejoindre la République pour construire ensemble notre cher Maliba.» Son séjour à Nioro a également été marqué par des visites de courtoisie aux notabilités et religieux de la ville. Partout où le ministre et sa délégation sont passés, ils ont été chaleureusement accueillis. Des prières et des bénédictions ont été formulées pour la paix et la stabilité au Mali, mais aussi dans tout l’espace de la Confédération des Etats du Sahel (AES). En fin de mission, la délégation conduite par le Ministre Camara s’est rendue dans l’enceinte du Camp militaire pour un repas de corps. Cette date du 29 mai 2025 restera longtemps gravée dans les mémoires dans la Région de Nioro. Dans une ambiance de fête, les populations sont sorties massivement pour réserver un accueil chaleureux au général de corps d’armée Sadio Camara. Son avion avait atterri 9h35 précises, sur le tarmac de l’aéroport Mohamed Oud Cheickné Hamaoullah Chérif de Nioro À sa descente, il est accueilli par le Chef d’État-Major Général des armées, ainsi que par les autorités régionales. Ensuite, le ministre et sa délégation se dirigent vers le Gouvernorat. En route C’est après un entretien avec les autorités régionales que le ministre s’est rendu  sur lesite du futur camp. MD/MD (AMAP)

CESEC : Les travaux de la 8è session portent sur l’adoption et la finalisation du rapport annuel 2025

Bamako, 02 juin (AMAP) Les travaux de la 8e session ordinaire de la 6e mandature du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), consacrés « à la finalisation et à l’adoption du rapport annuel 2025 », ont débuté ce lundi. à Koulouba, a constaté l’AMAP. En effet, durant « les quinze prochains jours, les conseillers de la République ainsi que les membres associés examineront, analyseront et synthétiseront les préoccupations, attentes et propositions recueillies auprès de nos compatriotes », a déclaré Yacouba Katilé, président du CESEC, lors de la cérémonie d’ouverture. C’était en présence du ministre délégué auprès du Premier ministre, Mamani Nassiré, et de plusieurs invités. Yacouba Katilé a, aussi, précisé que « cette session s’ouvre dans un contexte national marqué par des événements majeurs, notamment la présentation du Plan d’actions gouvernementales (PAG) 2025-2026 et son adoption par le Conseil national de transition (CNT), le 19 mai 2025. » « Au CESEC, nous souscrivons pleinement aux huit axes du PAG 2025-2026 car ils correspondent parfaitement aux attentes et aspirations collectées auprès des populations sur le terrain, à travers nos mécanismes de veille et d’écoute citoyenne », a ajouté le président Katilé. De plus, le président du CESEC a expliqué : « Les recommandations issues des précédents rapports annuels confirment cette cohérence stratégique. Elles renforcent également la conviction que les institutions doivent rester à l’écoute permanente du peuple. » Enfin, il a rappelé que, depuis la promulgation de la nouvelle Constitution, l’institution qu’il préside « attend, avec une grande espérance, l’adoption de la Loi organique qui fixera son organisation, ses attributions et son fonctionnement. » MMD/MD (AMAP)

Lancement des Épreuves du DEF 2025 : Une Mobilisation Nationale pour un Examen Sécurisé et Équitable au Mali

Bamako, 02 juin (AMAP) Le lundi 2 juin 2025, les épreuves du Diplôme d’Études Fondamentales (DEF), marquant la fin du cycle fondamental au Mali, ont débuté dans plusieurs régions du Mali, avec des cérémonies officielles présidées par les autorités locales. À Ouélessébougou, le préfet Moussa Sagara a ouvert la première enveloppe à N’tentoubougou 2ème Cycle « A ». À Koro, le préfet Mohamed Lamine Kounta a lancé les épreuves au groupe scolaire Diougodié Dolo. À Koutiala, le directeur de cabinet Namaka Touré a présidé la cérémonie à l’école publique de Wolobougou. À Bankass, le préfet Aly Sidibé a supervisé le lancement au groupe scolaire Joseph Yaro. À Tenenkou, le capitaine Boubacar Sissoko, deuxième adjoint au préfet, a ouvert les épreuves à l’école Tahirou Cissé. À Niafunké, Zakaradja Samaké, deuxième adjoint au préfet, a donné le coup d’envoi au groupe scolaire Hamadoun Sankaré. À Diéma, le préfet Hamadou Yacouba Diallo a ouvert les épreuves dans la salle numéro 4 du centre Diéma A. Un important dispositif sécuritaire a été déployé pour garantir la sérénité des épreuves. À Niafunké, les Forces Armées Maliennes (FAMAs) ont patrouillé intensément dès la veille, avec des éléments visibles autour des centres d’examen. Zakaradja Samaké déclare : « Toutes les dispositions sont prises pour un bon déroulement des épreuves. » À Tenenkou, un dispositif sécuritaire encadre les centres, notamment à Dia, Diafarabé, et Diondiori. À Koro, le centre de Dioungani a été délocalisé pour des raisons de sécurité, et les forces de sécurité supervisent les 31 centres. À Diéma, le préfet Hamadou Yacouba Diallo était accompagné d’un « arsenal sécuritaire » lors de sa visite des trois centres. À Ouélessébougou, les forces de défense et de sécurité étaient présentes, et Moussa Sagara salue leur contribution : « Les forces de sécurité contribuent au succès de ces épreuves. » Aucun incident majeur n’a été signalé dans ces régions. Les autorités ont insisté sur une organisation stricte et l’intégrité des examens. À Ouélessébougou, Moussa Sagara exhorte : « Je demande à chacun de voler avec ses propres ailes. » À Koro, Mohamed Lamine Kounta assure : « Toutes les dispositions sont prises pour le bon déroulement des épreuves », tandis que Noumory Koné, directeur du CAP, ajoute : « Conformez-vous à la police de surveillance. » À Bankass, Aly Sidibé insiste : « Appliquez la police de surveillance pour empêcher la fraude. » À Niafunké, Zakaradja Samaké avertit : « Tolérance zéro pour tous les cas de fraudes. » À Diéma, Abdoulaye Kassé, directeur du CAP, conseille : « Évitez d’être en porte-à-faux avec le règlement intérieur pour ne pas être disqualifiés. » Des mesures comme la limitation à un candidat par table à Niafunké et la supervision active des centres à Diéma renforcent cette rigueur. PARTICIPATION MASSIVE – Des milliers de candidats participent aux épreuves, qui se prolongent jusqu’au 4 juin. À Ouélessébougou, 3 013 candidats (1 446 filles) sont répartis dans 21 centres. À Koro, 3 030 candidats (1 509 filles) composent dans 31 centres, dont 1 718 pour le CAP de Koro, 462 à Madougou, 21 à Dioungani, et 829 à Koporo-nâ. À Koutiala, 19 716 candidats (9 983 filles, 685 libres) sont inscrits dans cinq CAP. À Tenenkou, 923 candidats (461 filles) participent, dont 560 pour l’Académie d’Enseignement et 363 pour le CAP. À Niafunké, 276 candidats (130 filles, 26 libres) composent dans deux centres. À Diéma, 1 421 candidats (134 filles, 119 libres) sont répartis dans 11 centres, dont 8 classiques et 3 d’option arabe, avec 63 salles. Les autorités ont encouragé les candidats à aborder les épreuves avec calme et honnêteté. À Ouélessébougou, Moussa Sagara conseille : « Ne vous stressez pas, tous les sujets sont dans vos programmes. » À Koutiala, Namaka Touré recommande : « Lisez attentivement les sujets et comptez sur vos propres efforts. » À Bankass, Aly Sidibé invite : « Restez concentrés pour un bon résultat. » À Tenenkou, Boubacar Sissoko exhorte : « Restez calmes et sereins. » À Niafunké, Zakaradja Samaké insiste : « Travaillez honnêtement pour mériter vos diplômes. » À Diéma, Hamadou Yacouba Diallo conseille : « Notez vos premières idées sur vos brouillons et évitez les ratures. » Les sujets de rédaction à Diéma portaient sur une lettre de félicitation, une manifestation culturelle, et une demande de plants pour reboisement. Aucun incident majeur n’a été signalé. À Niafunké, le directeur du CAP par intérim, M. Touré, se félicite : « Une bonne organisation est déjà constatée. » À Tenenkou, les épreuves ont démarré sans encombre dans tous les centres. À Diéma, Moussa Z. Traoré, inspecteur pédagogique, exprime : « Je suis satisfait du bon déroulement des épreuves et du climat de convivialité entre les autorités. » À Ouélessébougou, Koro, Koutiala, et Bankass, les autorités ont salué l’engagement des surveillants, enseignants, et forces de sécurité. Les dépêches ne mentionnent pas explicitement d’autres examens nationaux en cours, mais le DEF est un examen clé du système éducatif malien, marquant la fin du cycle fondamental. Les slogans anti-fraude, comme celui évoqué à Ouélessébougou (« examens sans fraude ni fuite des sujets »), suggèrent une campagne nationale pour garantir l’intégrité de tous les examens de fin d’année, y compris potentiellement le baccalauréat ou d’autres certifications, bien que non détaillés ici. Le lancement des épreuves du DEF 2025 témoigne de l’engagement des autorités maliennes pour une éducation équitable et rigoureuse. Les régions d’Ouélessébougou, Koro, Koutiala, Bankass, Tenenkou, Niafunké, et Diéma ont mobilisé des ressources importantes, avec un accent sur la sécurité et la lutte contre la fraude, pour accompagner les candidats vers la réussite. Les dispositifs sécuritaires, l’organisation stricte, et les messages d’encouragement reflètent une volonté collective de garantir des examens justes et sereins. SAM/OBD/RDG/MN/AC/OB/OS/MD (AMAP)

Lancement des épreuves du DEF 2025 : Une mobilisation nationale pour la réussite des élèves

Par nos correspondants regionaux et locaux (AMAP) Bamako, 02 juin (AMAP) Ce lundi 2 juin 2025, les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF) ont débuté à travers le Mali, marquant une étape clé pour les élèves de neuvième année, a constaté l’AMAP. À Mopti, le gouverneur, le général de brigade Daouda Dembélé, a donné le coup d’envoi au groupe scolaire ATT-Bougou à Sévaré. À Sikasso, la gouverneure Mme Kanté Marie Claire Dembélé a ouvert la première enveloppe au camp Tièba Traoré, tandis qu’à Bla, le préfet Mme Fanta Samaké a lancé les épreuves au groupe scolaire Bla I Central. À Bafoulabé, le préfet Siaka Souleymane Sanogo a présidé la cérémonie à l’école fondamentale Bafoulabé I. Les autorités régionales ont mis l’accent sur une organisation sans faille. À Mopti, Amadou Abdoulaye Cissé, directeur de l’académie d’enseignement, déclare : « Tout a été mis en œuvre pour une bonne organisation, avec un accent particulier sur la lutte contre la fraude. » À Sikasso, Mahamar Aguissa, directeur de l’académie, affirme : « Toutes les dispositions sont prises pour des examens conformes aux normes. » À Bla, des mesures de sécurité impliquant police, gendarmerie et garde nationale ont été déployées, tandis que des centres ont été délocalisés de Falo et Tiènabougou vers Bla-ville pour des raisons de sécurité. À Bafoulabé, Siaka Souleymane Sanogo insiste : « Notre système doit inspirer confiance à travers des examens rigoureux. » DE NOMBREUX CANDIDATS MOBILISES – Au total, des milliers d’élèves participent à ces épreuves. À Mopti, 10 263 candidats, dont 5 070 filles, composent dans 76 centres. Sikasso enregistre 29 144 candidats répartis dans 225 centres et 1 217 salles. À Bla, 3 245 candidats, dont 1 746 filles, sont inscrits dans 20 centres. À Bafoulabé, 2 218 candidats sont répartis dans 26 centres. Les épreuves, incluant rédaction en français et en arabe, se dérouleront jusqu’au 4 juin. Les autorités ont adressé des messages aux candidats, les exhortant à la concentration et à l’intégrité. À Mopti, le gouverneur Dembélé conseille : « Mettez en avant vos connaissances et évitez la fraude qui déshonore. » À Sikasso, Mme Kanté Marie Claire Dembélé encourage : « Abordez ces épreuves avec conscience et intégrité. Vous êtes les bâtisseurs de demain. » À Bla, Mme Fanta Samaké insiste : « Ayez confiance en vous et respectez les règles. » À Bafoulabé, Siaka Souleymane Sanogo rappelle : « La fraude est interdite, ces évaluations déterminent la valeur de vos diplômes. » Un important dispositif sécuritaire a été déployé pour assurer la sérénité des épreuves. À Mopti, le gouverneur note : « La présence des surveillants et des forces de sécurité dénote une bonne organisation. » À Bla, une équipe de supervision sillonne les centres pour prévenir tout incident. À Sikasso, 2 932 surveillants encadrent les candidats, garantissant un déroulement fluide. Aucun incident majeur n’a été signalé dans ces régions. Le lancement des épreuves du DEF 2025 témoigne de l’engagement des autorités maliennes pour une éducation équitable et rigoureuse. Malgré les défis logistiques et sécuritaires, les régions de Mopti, Sikasso, Bla et Bafoulabé affichent une mobilisation exemplaire pour accompagner les candidats vers la réussite. DC/MFD/MO/BM/OS/MD (AMAP)

Mali : Les interdits dans la société pour l’équilibre et la cohésion sociale

Par Siné S. TRAORE                                                                     Au Mali, les interdits sociaux sont omniprésents dans toutes les ethnies et sous toutes les facettes de la vie traditionnelle. Mais, à l’ère de la modernité sans frein, ces interdits revêtent-ils encore une valeur sacrée aux yeux de la jeune génération ? Bamako, 02 juin (AMAP) Une mère déconseille à son fils de se marier avec une jeune fille. Le garçon transgresse l’interdit. Quinze ans de mariage, le couple n’a toujours pas d’enfant. La société a vite fait de mettre cela sur le compte des conséquences de l’interdit qui a été franchi ! Dans une discussion sur le sujet, un grand-frère sociologue a fait noter que depuis des siècles, au Mali, les communautés, les rites et la culture vivent au rythme d’un certain nombre d’interdits sociaux codifiés par la tradition. Ces interdits, qui régulent, pour ainsi dire, le fonctionnement même de la communauté, sont si ancrés dans les croyances et les comportements, qu’ils sont considérés comme un héritage de valeurs sacrées léguées par les aïeux. De Kayes  (Ouest) à Kidal (Nord), dans les vestibules des villages du Mandé ou sous les tentes accueillantes des Arabes de Tombouctou, il y a une réalité qui frappe tout visiteur, un tant soit peu observateur. Cette réalité, héritée des us et coutumes transmis de génération en génération : les interdits sociaux rythment la vie des populations. Etablis par les ancêtres, afin d’atteindre l’équilibre et la cohésion sociale, ces règles non écrites sont comme une boussole de la personnalité de l’Homme malien dans ses rapports avec ses prochains, avec la nature. Parmi ces interdits, on peut citer : « le fait de parler la bouche pleine » ; « fixer un aîné dans les yeux lorsque vous lui parlez » ; « trainer dans la rue au crépuscule »; « enjamber son époux » ; « balayer la nuit », « répondre étant dans les toilettes » etc. En passant la société malienne à la loupe, l’on se rend compte que, s’il y a quelques interdits qui semblent communs à presque toutes les cultures, la plupart du temps, chaque aire culturelle a ses interdits spécifiques. Ainsi, selon que l’on soit chez les Dogon, les Minianka, les Bwa ou les Soninké etc. ; ce qui relève de l’ordre de l’interdit absolu aux yeux d’une ethnie, peut être appréhendé comme une pratique tolérée aux yeux d’une autre. D’ailleurs, il est fréquent de voir que des interdits sont liés à une famille, à un clan, à une tribu, à un village ou une ville. FAIS-ÇI, FAIS-ÇA, FAIS SEULEMENT – Selon le Pr Mohamed Tounkara, qui enseigne la psychologie à l’École normale supérieure (ENSup), les interdits sont là comme des signaux d’alerte pour empêcher quiconque d’outrepasser ses droits et de tomber dans une forme de chaos comportemental. Il cite, par exemple, « la consommation d’œufs de poule par les enfants », « le coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa », « le bain corporel au crépuscule pour une femme enceinte », ou encore « la consommation de la viande de rat par une femme en état de grossesse ». Le spécialiste affirme que les interdits jouent carrément un rôle de garde-fous destinés à préserver les valeurs morales de la société. « Un des avantages des interdits est de protéger la société et ses acquis mais, aussi, d’assurer un certain équilibre ou cohésion sociale, ainsi que le respect des normes et des valeurs », fait-il remarquer. Poussant plus loin dans ses explications, le Pr Tounkara analyse certains interdits comme de simples astuces dont le but est d’empêcher certains abus et non comme des émanations liées au sacré. Il revient, à ce propos, sur l’interdiction faite aux enfants de s’approprier des œufs. « Faire croire aux enfants qu’ils ne doivent pas consommer les œufs de poule n’a d’autre signification que de permettre aux poules d’élever leurs poussins. Les anciens ont ainsi imaginé cette menace pour freiner la voracité des enfants et laisser le temps aux poules d’éclore leurs œufs », explique-t-il. Mais, posons-nous une question ! Qu’advient-il si un interdit est allégrement violé par un membre de la société ? Le Pr Tounkara souligne que des sanctions sont souvent prises. Par exemple, cite-t-il, « pour le cas du coït entre un homme et une femme dans la brousse, en milieu Bwa ; les présumés fautifs sont punis publiquement, le jour de foire du village. » Et Tounkara d’ajouter : « Ils, les fautifs, peuvent aussi être contraints d’amener un bouc ou une chèvre que les sacrificateurs égorgeront pour en extraire la graisse. Cette graisse sera fondue sur du feu puis le liquide graisseux brûlant sera déversé sur les parties intimes des deux coupables. » « Cette pratique punitive, nous dit Tounkara, permettra de soulager les « dieux » de la brousse ou de la nature, car ceux-ci auront été offensés et la nature également souillée. » « Sans cela, précise le Pr Tounkara, les Bwa prédisent que l’hivernage risque de se passer sous de mauvais augure et ne sera pas très pluvieux ». UNE CONSTRUCTION HUMAINE – Cependant, peut-on situer avec exactitude l’origine des innombrables interdits qui ponctuent la vie sociale malienne ? Pour le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et traditionnaliste, les interdits naissent, en réalité, à partir de l’observation des habitudes sociales. Dans leur démarche d’observateurs mais, aussi, de gardiens de la cohésion sociale, les ancêtres ont alors pris l’habitude de frapper d’interdiction toute attitude qu’ils jugeaient dangereuse pour l’harmonie du vivre-ensemble. « Tous les interdits ont été institués selon l’expérience de vie de la communauté. Leur but ? Maintenir le vivre-ensemble et tisser des liens entre les uns et les autres », révèle Dr Fodé Moussa Sidibé. Selon lui, en principe, tous les interdits ont des conséquences directes ou indirectes, qu’on n’y croit ou pas, selon la tradition. « Parce que dans plusieurs cas, quand on dit que telle chose est interdite, les gens posent la question. « Mais pourquoi c’est interdit ? » Souvent, on ne répond pas parce que ce sont des lois non écrites de la société auxquelles on doit se plier, si nous voulons être un élément central de la société », explicite-t-il. « Les interdits, souligne, le traditionnaliste Sidibé, ont ceci de positif qu’ils servent, très souvent, aussi, à préserver

La mairie de la Commune urbaine de Ségou réalise plus de 800 000 000 Fcfa en 2024

Ségou, 31 mai (AMAP) La mairie de la Commune urbaine de Ségou a réalisé, 814 336 948 Fcfa, soit 86,71%, au titre de l’exercice 2024 en mais a enregistré une faible mobilisation de la Taxe de développement régional et local (TDRL), a appris, vendredi, l’AMAP sur place. Le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra qui a présenté le compte administratif de l’année écoulée, lors de la restitution publique de la gestion de sa collectivité, dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance, a fait noter que, sur la TDRL, la commune a, sur une prévision de 39 171 400 Fcfa, réalisé 2 984 033 Fcfa, soit 7,62%. Dans la cour de la mairie, sous la présidence du préfet de Cercle, Daouda Diarra et en présence des responsables des services techniques, des autorités traditionnelles et religieuses ainsi que des organisations de la société civile, le maire a, également, fait l’état d’exécution du Plan de développement économique, social et culturel (PDSEC) et du fonctionnement des organes et services propres de la commune. Comme réalisation de la mairie, on retient entre autres, l’appui aux quartiers pour le curage des caniveaux et le rétablissement de l’électricité dans le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Médine. Prenant la parole, le préfet du Cercle de Ségou a salué « la régularité du maire dans le respect de cette importante disposition du Code des collectivités territoriales qui favorise la participation des citoyens à la gestion de la commune. » Selon Daouda Diarra, « les citoyens ont besoin d’être informé par leurs élus. » « Ce besoin s’il n’est pas satisfait, engendre la méfiance, le désintérêt pour les acteurs locales et impacte négativement le paiement des taxes », a-t-il estimé. Par ailleurs, M. Diarra a indiqué que les communes du Cercle de Ségou sont confrontées à plusieurs défis dont les faibles taux de mobilisation des ressources propres, de participation des citoyens à la vie publique et de réalisation des PDSEC. Il a salué la tenue de cette journée de redevabilité qui permet de renforcer les capacités des organisations de la société civile, en matière de suivi budgétaire, « afin de mieux contribuer à la gestion transparente des ressources publiques. » À l’issue de la séance de questions-réponses, le maire de la Commune urbaine de Ségou a adressé ses remerciements à l’ensemble des acteurs qui ont concouru « à l’atteinte des résultats engrangés », avant de réitérer son « engagement à poursuivre, ensemble, les efforts afin de répondre aux besoins fondamentaux de la population. » MS/MD (AMAP)

Projet culturel Mali Kó : Faire célébrer l’héritage par la jeunesse malienne en 2025

Bamako, 31 mai (AMAP) Africa scène et le Complexe culturel BlonBa, dans le cadre de l’année de la Culture décrétée pour 2025 par le président Assimi Goïta, lancent Mali Kó (Le Mali dit), un projet ambitieux de 150 millions de Fcfa visant à revisiter 19 chansons emblématiques du Mali de 1960 à 2000 dans 11 régions. « Mali Kó est une célébration de notre histoire musicale et un moyen de transmettre des valeurs de paix et de cohésion à travers la nouvelle génération », a déclaré Abou Guitteye, directeur d’Africa Scène. « Ces chansons intemporelles, réinterprétées, vont raviver des moments clés de l’histoire malienne et inspirer les jeunes. » Porté par cinq jeunes artistes maliens, ce projet comprend un album, un spectacle de 2h30 et une tournée dans 11 villes, avec pour objectif de promouvoir l’héritage culturel et la citoyenneté auprès de la jeunesse malienne. Le projet se déploie en trois phases. La première consiste en la production d’un album regroupant 19 chansons classiques, comme Mali Twist de Boubacar Traoré, Bi furu d’Oumou Sangaré ou Dimanche à Bamako d’Amadou et Mariam, réinterprétées par des artistes prometteurs : Malakey, Young BG, Dr Keb, Black AD, Fama Diabaté et Lah Diabaté. La deuxième phase verra la création d’un spectacle de 2h30, dirigé par un directeur artistique à Lyon, intégrant son, lumière et danse. Enfin, une tournée itinérante présentera ce spectacle dans 11 villes maliennes, de Tombouctou à Bamako, en passant par Sikasso, Kayes et Ségou, visant à toucher 150 000 spectateurs directs. « Ce projet est une passerelle entre notre passé et notre avenir. Nous voulons montrer que le Mali culturel tient toujours et que la jeunesse est capable de produire des œuvres d’exception », ajoute Abou Guitteye. « La mission de Mali Kó, c’est transformer chacune de ces 11 villes en capitale culturelle pendant une semaine, en portant des messages d’éducation civique et de vivre-ensemble », a expliqué Alioune Ifra N’Diaye, directeur du Complexe BlonBa. Une téléréalité accompagnera le projet, avec 40 émissions hebdomadaires de 26 minutes et 10 émissions mensuelles de 90 minutes, diffusées pour atteindre 3 millions de téléspectateurs et 1 million de vues en ligne. Black AD, de son vrai nom Awa Diallo, s’enthousiasme : « Ce projet montre que le Mali possède une valeur culturelle exceptionnelle. Je vais y apporter mon originalité pour faire vibrer le public et montrer que le Mali est fier ! » Mali Kó s’inscrit dans une démarche éducative et citoyenne, répondant aux défis de la jeunesse malienne, comme la consommation de drogue ou l’attrait pour le complotisme. En s’appuyant sur les pratiques culturelles urbaines et numériques des jeunes, le projet vise à renforcer l’identité nationale et à promouvoir une citoyenneté moderne. À travers la musique, il ambitionne de raviver la mémoire collective, valoriser les talents émergents et faire rayonner la culture malienne à l’échelle nationale et internationale. OS/MD (AMAP)

« Faso baro kene » à Sikasso : Echanges pour réveiller la fibre patriotique des citoyens  

Sikasso, 31 mai (AMAP) La 3ème édition du débat citoyen « Faso baro kene » s’est deroulée, jeudi, dernier, dans la salle du Cicaara de Sikasso, apres celles de Koulikoro et Mopti, présidée par la gouverneure, Mme Kanté Marie Claire Dembélé. « Faso Baro Kene, ce n’est pas seulement un cadre de débat, c’est avant tout un creuset d’échanges, de transmission des savoirs et de reconnexion avec nos valeurs fondamentales », a déclaré la gouverneure Mme Kanté Marie Claire Dembélé. Elle a salué l’initiative avant de souligner que « Faso Baro Kene » entend nous replonger dans les profondeurs du Maaya, « cette sagesse millénaire qui structure notre rapport à la communauté et à notre environnement. » Selon elle, à travers ce dialogue intergénérationnel et interculturel, « nous pouvons mieux comprendre notre passé, nous interroger sur notre présent et construire ensemble un avenir commun. » Par ailleurs, elle a ajouté qu’ « à l’heure où nous parlons de refondation, de souveraineté et de reconstruction nationale, il est essentiel que chaque malienne et malien retrouve en lui-même cette fibre patriotique, cette dignité, ce sens du devoir et de la solidarité qui font la grandeur de notre peuple. » Mme Kanté Marie Claire Dembélé a, d’une part, formulé le vœu que « Faso baro kene » devienne un pilier durable de la cohésion sociale dans notre région et dans tout le pays, et d’autre part, encouragé toutes les collectivités, les leaders communautaires, les jeunes et les femmes à s’approprier pleinement cet espace. Quant à Daha Niasse, représentant du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, il a salué la bonne organisation de l’évènement avant de rappeler qu’il s’inscrit dans le cadre de l’année de la Culture (une initiative du président de la Transition). « L’initiative permettra de matérialiser la volonté du Président de la Transition. Quant à l’espace, celui-ci, permettra d’interpeller les jeunes sur la détérioration de nos valeurs et mœurs », a dit le représentant du ministre en charge de l’Artisanat. Il souhaité que a jeunesse s’approprie « nos valeurs ancestrales car c’est eux qui doivent véhiculer la vraie réforme du Mali et prendre la relève. »  « On ne peut pas être souverain dans la culture d’autrui… », a-t-il conclu. La conférence-débat basée sur « maaya et danbé pour une culture du Mali kura » était animée par le spécialiste du N’go, le Dr Mari Keita, le traditionnaliste Bakoroba Diabaté, le Pr Ibrahim N’Diaye. « Faso baro kene », s’emploie à transmettre nos valeurs sociétales, nos savoirs et savoir-faire endogènes à la jeune génération afin de former la colonne vertébrale d’un nouveau type de citoyen malien (maliden kura) pétri de qualités exceptionnelles de bâtisseurs. Il se propose de promouvoir un échange permanent entre les composantes de la société, en vue de valoriser notre culture et nos traditions, de mettre l’Homme au cœur du développement socio-économique et culturel par le biais de l’éducation et de la citoyenneté. Il vise notamment à contribuer à l’éveil de conscience et à l’engagement citoyen, à développer la fibre patriotique chez les jeunes et les adultes, à favoriser la transformation sociale ainsi que le changement de comportement durable à travers la formation du « maliden kura » profondément ancré dans nos traditions et ouvert au monde. Les conférenciers ont apporté des éclaircissements aux différentes préoccupations soulevées par l’assistance. L’hymne national, la prestation des koredugaw et la pièce théâtrale de la troupe yeelen ont marqué l’évènement. L’année 2025 a été décrétée année de la culture par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a initié l’espace « faso baro kene » (débat citoyen). L’initiative intervient dans le cadre de la mise en œuvre du projet culture Mali 2025. La rencontre est organisée à la fin de chaque mois avec des thématiques bien choisies. L’espace utilise le cadre d’échanges « maaya ni danbe kene » créé au niveau des gouvernorats dans toutes les régions du Mali par le ministère de l’administration territoriale en collaboration avec ceux de la jeunesse et des sports, de la réconciliation et de la culture. La session de Sikasso a eu lieu en présence du directeur national du tourisme et de l’hôtellerie Mamary Diarra, du préfet du Cercle de Sikasso, Amadou Gassambé ainsi que du 2ème vice-président du Conseil régional, Samba Diallo. Etaient aussi présents, le représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso Adama Ballo et plusieurs invités. MFD/MD (AMAP)  

Diéma : Des moutons hors de prix !

Par Ouka BA AMAP Diéma, 30 mai (AMAP) La fête de Tabaski se tiendra, cette année, dans un contexte économique et sécuritaire difficile. A Diema, les prix des moutons dépassent largement les bourses. Les moutons coûtent excessivement cher dans cette partie de la Bande sahélienne où l’élevage est en pleine expansion, malgré les cycles de sécheresse répétés, liés généralement à l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies dans l’espace et dans le temps. Aujourd’hui, à Diéma, pour se procurer un bélier moyen, il faut débourser jusqu’à 110 000 Fcfa voire plus ! La question qui taraude tous les esprits est de savoir ce qui a occasionné la flambée des prix des moutons dans le Kaarta cette année. A propos, plusieurs raisons sont avancées. Certains pensent que les commerçants sénégalais n’étant pas venus cette année pour se ravitailler, on ne peut parler de rareté des moutons sur les marchés. De l’avis général, les causes sont liées à la cherté de la vie et, surtout, à l’insécurité qui sévit dans la zone. Ce qui empêche beaucoup d’éleveurs ont peur de conduire leur troupeau sur des marchés sous la menace terroriste. DE LA CUPIDITE – Sur la place occupée par les marchands de moutons, au Razel, juxtaposée à l’emplacement de compagnies de transport, se déroulent, du lever au coucher du soleil, des transactions. Vendeurs, acheteurs, revendeurs et coxeurs, chacun y trouve son compte. On y assiste, quotidiennement, à un véritable tohu-bohu. En provenance de Tinkaré, Dioby Macoulmack, est à la recherche d’un client pour son bélier qu’il désire vendre à 160 000 Fcfa, un prix non négociable, d’après lui. Avec ses cinq béliers corpulents, aux cornes pointues, Lassana Konaté, espère tirer de son mouton la faramineuse somme de 750 000 Fcfa. Il s’arme de patience pour attendre les clients les plus audacieux. Le revendeur Adama Boly, n’est pas avide d’argent. S’il parvient à gagner sur chaque mouton un bénéfice de 1 000 Fcfa, cela est suffisant. A en croire, Bassékou Gambi, venu de Koromba Kouroumba, il existe toutes sortes de prix. Il suffit d’avoir un peu d’argent pour obtenir un mouton qui répond aux critères de l’animal de sacrifice. Mamadou Diallo, éleveur, a fait un tour au Sénégal pour écouler ses moutons. En ce moment, il est venu aider son ami dans la vente. Gaoussou Diarra, domicilié à Fangouné Massassi, s’est déplacé personnellement, malgré son âge avancé, pour venir acheter des béliers pour sa famille. Il trouve que les enfants sont souvent inexpérimentés dans le marchandage. De l’imprudence chez Samba Traoré, qui dit attendre le jour même de la fête, juste avant la prière collective, pour chercher un mouton. « Car, explique-t-il, le visage décrispé, cela trouvera que tout le monde a eu son mouton. » « Alors certains marchands bazardent leurs troupeaux », espère-t-il. DE LA MODESTIE – N’ayant pas assez d’argent pour se procurer un bélier, un homme qui préfère garder l’anonymat, vient d’acheter une chèvre de 6 mois à 25 000 Fcfa, qu’il compte immoler le jour de la fête. Que dire de cet autre, qui laisse sa brebis pour chercher un bélier, afin de répondre à une exigence des membres de sa famille. Mahamadou Sissoko, releveur de compteurs Energie du Mali (EDM), est obligé d’acheter, cette année, son mouton de Tabaski. Durant les années antérieures, il pratiquait l’élevage. Son activité avait beaucoup prospéré. Mais, par la suite, une maladie a décimé son troupeau. Interrogé sur le sujet, le chef du service local des productions et des industries animales, Oumar Maïga, a indiqué que c’est de la pure surenchère. Il rapporte que le fait que beaucoup de gens soient impliqués dans le circuit (vendeurs, acheteurs, revendeurs, coxeurs), forcément les prix des moutons prennent l’ascenseur, « car chacun veut en tirer profit. » « Dans cette affaire, poursuit-il, ce sont généralement les propriétaires d’animaux qui sont les grands perdants. » Il a aussi évoqué le problème d’insécurité, qui rend souvent difficile l’approvisionnement des différents marchés. Le service local des productions et des industries animales assure correctement les rôles, qui lui incombent, afin de parvenir à une bien meilleure promotion de ce secteur dans le Cercle de Diéma. OB/MD (AMAP)