Forum Panafricain des Médias : Des voix étrangères pour une souveraineté médiatique africaine

Bamako,05 juin (AMAP) En marge des travaux du 3ème jour du Forum Panafricain des Médias qui se déroule au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), l’Agence Nationale de Presse du Mali s’est entretenue avec des experts venus du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Maroc. Leurs interventions ont mis en avant la nécessité de renforcer la solidarité entre acteurs africains, de lutter contre les fakes news et de construire une voix commune pour défendre la souveraineté médiatique du continent. Mme Yolande Bojon (Cameroun)Promotrice de Sonde+ Télévision et du Salon international de l’audiovisuel du Cameroun, a expliqué que son déplacement répondait à la volonté de créer des synergies entre acteurs africains et de partager son expérience en tant que femme de médias. Elle a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de se réapproprier ses récits et de renforcer la solidarité médiatique face aux influences extérieures. Selon elle, les journalistes doivent prendre conscience de leur responsabilité et éviter de relayer les fake news, souvent instrumentalisés par des puissances étrangères. Pour elle, ce forum constitue une plateforme d’alerte et de mobilisation, rappelant aux médias africains qu’ils doivent parler d’une seule voix et défendre une souveraineté médiatique commune. Mme Solange Kouamé (Côte d’Ivoire), Directrice générale de la Maison de la Presse d’Amourdjo, a expliqué que sa participation était motivée par le thème central : « Unir les voix ». Elle a souligné que l’Afrique devait renforcer la cohésion et la solidarité entre ses médias afin de mutualiser les efforts et avancer collectivement. Satisfaite des débats, elle a salué une initiative prometteuse, tout en rappelant que beaucoup reste à faire pour relever les défis auxquels la presse africaine est confrontée. En conclusion, elle a souhaité la pérennisation de ce type de rencontres, afin de continuer à former, échanger et renforcer les capacités des professionnels des médias africains. M. Bachir Thiam (Maroc)Rédacteur en chef à Median TV et responsable du canal Afrique, Bachir Thiam a expliqué que sa participation visait d’abord à témoigner du soutien du Maroc au Mali. « En tant que journaliste, il est normal d’être présent à ce rendez-vous des médias. C’est un moment de donner et de recevoir », a-t-il déclaré. Avec une vingtaine de pays représentés, il a salué une occasion unique de rencontres et d’échanges. Le Maroc était représenté par une délégation de 24 personnes, dont 8 médias. Concernant ses attentes, il a rappelé que cette première édition devait être considérée comme une édition test, l’essentiel étant de lancer le débat et de sortir avec des pistes de travail. En conclusion, il a insisté sur le rôle des médias : « Nous devons nous mobiliser pour des causes valables, mais sans nous ériger en gardiens du temple. Notre métier, c’est informer, informer et seulement informer. » MMD/KM (AMAP)

Bandiougou Danté : « Le FOPAME est né de la nécessité de répondre aux défis géopolitiques et médiatiques actuels »

Bamako, 5 juin (AMAP) L’ouverture des travaux de la 1ère édition du Forum panafricain des médias, a été présidée mercredi au CICB par le Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga en présence de plusieurs de personnalités et d’experts venus de Bamako, de la sous-région et du monde entier, a constaté l’AMAP. En marge du Forum Panafricain des Médias (FOPAME), le président de la Maison de la Presse du Mali et membre du comité scientifique du forum, Bandiougou Danté, revient sur les motivations ayant conduit à l’organisation de cette rencontre continentale. Il évoque les mutations du paysage médiatique africain, les enjeux de souveraineté narrative et les perspectives d’avenir de cette initiative panafricaine. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Monsieur Danté, pourquoi avoir initié ce Forum Panafricain des Médias à Bamako en ce moment précis ? Quelles évolutions géopolitiques, numériques et sécuritaires rendent selon vous ce forum indispensable aujourd’hui pour l’Afrique ? Bandiougou Danté : Le Forum Panafricain des Médias est né à la suite d’une série de constats. D’abord, il faut dire que notre paysage médiatique évolue rapidement. Cette évolution s’explique surtout par le développement croissant du numérique qui a profondément bouleversé la pratique du métier et fragilisé les anciennes sources de financement des médias. Ensuite, il faut évoquer la campagne médiatique dirigée contre notre pays, qui traverse une crise multidimensionnelle. C’est dans le souci de prendre en charge les préoccupations des médias et de répondre véritablement aux défis géopolitiques actuels que la nécessité d’organiser le FOPAME s’est fait sentir. L’Agence Nationale de Presse du Mali : En tant que membre du comité scientifique, comment ce forum peut-il contribuer concrètement à construire une souveraineté narrative africaine face à la domination des récits extérieurs ? Bandiougou Danté : Le Forum a pour objectif d’amener les professionnels des médias à prendre conscience des enjeux actuels et à se positionner conformément à nos réalités. Il s’agit de créer un cadre de réflexion et d’échanges permettant aux acteurs des médias africains de développer leurs propres approches et de mieux porter les récits du continent. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quelle est votre vision à long terme pour le FOPAME ? Souhaitez-vous qu’il devienne une institution panafricaine permanente avec des éditions annuelles et des mécanismes de suivi ? Bandiougou Danté : Le FOPAME doit permettre une synergie d’action entre les acteurs médiatiques des différents pays qui décideront de son orientation future. L’ambition est de créer une dynamique de coopération capable de renforcer les médias africains et de favoriser une réflexion commune sur les grands défis auxquels ils sont confrontés. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quels sont les principaux défis que les médias africains doivent surmonter selon vous pour passer d’une simple consommation d’information à une véritable production de contenus souverains et influents ? Bandiougou Danté : Les médias africains doivent d’abord s’adapter aux profondes mutations induites par le numérique, renforcer leurs capacités professionnelles et trouver des modèles économiques durables. Ils doivent également développer davantage de coopération entre eux afin de produire des contenus ancrés dans les réalités africaines et capables d’influencer les débats à l’échelle régionale et internationale. Propos recueillis par OS et KM (AMAP)

Concours « missi » de Tenenkou : une moto neuve pour le premier et des récompenses en espèces pour les autres lauréats

Tenenkou, 5 juin 2026 (AMAP)– Les rideaux sont tombés vendredi à Tenenkou sur le concours de lecture et de mémorisation du Saint Coran «Missi». Les trois lauréats sont Amadou Alpha Diadie Traoré (premier), Nouhoum Youssouf Diall (deuxième) et Alpha Ouronguia (troisième), a constaté l’AMAP. Le premier a eu une moto de marque Saneli comme récompense, contre 100.000 Fcfa pour le deuxième et 50.000 Fcfa pour le troisième. Chacun d’eux a également eu une exemplaire du Saint Coran. Aux autres participants il a été décerné des prix d’encouragement. Cette compétition a démarré depuis le 3 juin à l’initiative du bureau local du Haut conseil islamique avec le parrainage de Bori Barry, un ressortissant de la localité. Elle a réuni une vingtaine de jeunes talibés âgés de 15 à 20 ans issus des différentes écoles coraniques de la ville, sous l’évaluation d’un jury de 13 membres composé d’imams et de spécialistes des sciences coraniques. Les candidats ont été départagés sur plusieurs critères, notamment le tajwid (prononciation), la qualité de la mémorisation ainsi que la maîtrise de la récitation à travers le rythme, l’intonation et la voix. Selon les organisateurs, cette initiative visait à promouvoir l’excellence dans l’apprentissage du Saint Coran, à renforcer l’union, la solidarité et la cohésion sociale, tout en favorisant la transmission des valeurs de paix auprès de la jeunesse. La cérémonie de clôture, marquée par des prières pour le retour de la paix et de la cohésion sociale au Mali, a mobilisé autorités coutumières, leaders religieux, responsables de jeunesse et de nombreux fidèles. AS/CMT (AMAP)

Kangaba : Une forte pluie accompagnée de vents violents fait des dégâts à Tinfra

Kangaba, 05 juin (AMAP ) Une pluie diluvienne accompagnée de vents violents s’est abattue sur le village de Tinfra dans la commune rurale de Minidian le mercredi 03 juin 2026, a constaté l’AMAP. Ces violentes précipitations n’ont provoqué ni de perte en vies humaines ni de blessés. Cependant, d’énormes dégâts ont été enregistrés, notamment l’effondrement de plusieurs maisons d’habitation et l’enracinement de plusieurs arbres et la perte des bovins et de la volaille. Une mission conjointe conduite par le maire de la commune rurale de Minidian monsieur Mamby Kéïta s’est rendue sur place à une vingtaine de kilomètres de Kangaba pour constater les dégâts, évaluer les besoins des populations sinistrées et proposer des mesures appropriées. La mission, composée des représentants du service local du Développement Social et de l’Economie Solidaire, et de la Protection civile a fait  plusieurs constats à savoir 22 ménages touchés, plus de 109 personnes à charge, 34 maisons endommagées, 05 maisons totalement détruites et 09 panneaux photovoltaïques emportés. Dans l’immédiat, les populations affectées ont besoin de tôles, de vivres et de panneaux solaires. Avant de quitter, le représentant de la protection civile a prodigué des conseils aux populations sur les conduites à tenir en cas de pluies accompagnées de vents violents. SD/KM (AMAP)

Gao : le gouverneur dément les rumeurs d’insécurité et appelle au calme

Gao, 5 juin 2026 (AMAP)– Le gouverneur de la Région de Gao, le Général de division Moussa Moriba Traoré, a formellement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux faisant état de menaces d’insécurité imminente dans la région, a appris l’AMAP. Dans un communiqué écrit, il affirme que ces informations sont fausses et qu’elles ont provoqué chez certaines personnes la volonté de quitter la ville de Gao. L’exécutif régional soutient que ces rumeurs n’ont pour objectif que de créer la panique et l’amalgame, au détriment de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre les différentes communautés de la région. Selon le communiqué, les informations relayées sur la toile sont sans fondement. Le gouverneur assure par ailleurs que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour la sécurisation des personnes et de leurs biens. Il invite l’ensemble de la population à ne pas céder à la désinformation et à l’intoxication, estimant que leur objectif est de semer la panique et la confusion au sein de la population. AT/CMT (AMAP)

Diéma : Le Préfet de cercle donne des éclaircissements sur la suspension de la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus

Diéma, 5 juin (AMAP) Le préfet de cercle, Abou Diarra a rencontré ce vendredi les chefs de services techniques, les élus, les leaders religieux, les chefs traditionnels et coutumiers, la CAFO, le conseil communal de la jeunesse, et d’autres membres des organisations de la société civile, ainsi que des éléments des Forces de défense et de sécurité. Il s’agissait de les informer  et de les  sensibiliser  sur le contenu de l’arrêté interministériel numéro 2026-1312/MI-SG du 13 juin 2026, portant suspension de circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus, dans les grandes agglomérations. Il affirmé que ces grandes agglomérations sont  le District de Bamako, les Chef- lieux de régions,  de cercles et d’arrondissement. Il a par ailleurs précis que le chef de l’exécutif local,  le représentant de l’Etat au niveau de la Région,  peventt suspendre  la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus dans un chef-lieu de cercle ou d’arrondissement. Quant à la question de savoir si les motos tricycles sont concernées par la mesure,  le Préfet Abou Diarra a  promis de s’informer pour lever l’équivoque. Il a demandé à tous le respect strict des mesures prises par les plus hautes Autorités du pays,  en vue de renforcer davantage les dispositifs de sécurité dans notre pays. Le Chef de l’exécutif local a invité  chacun en ce qui le concerne,  à jouer pleinement sa partition,  afin que l’application des mesures en vigueur soient une réussite totale dans le cercle de Diéma. Il a demandé aux différents acteurs de renforcer la sensibilisation auprès des communautés pour une adhésion plus effective à ces mesures gouvernementales qui visent surtout l’instauration d’une paix inclusive et durable dans notre pays. OB/KM (AMAP)

Résistance aux antimicrobiens : l’USTTB célèbre la première cohorte africaine du Master DELGEME Plus

Bamako, 5 juin (AMAP) Treize étudiants issus de sept pays africains ont reçu vendredi leurs diplômes de Master en résistance aux antimicrobiens. Cette formation internationale de deux ans est organisée dans le cadre du programme DELGEME Plus à l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), a constaté l’AMAP. Cette première promotion regroupe des étudiants du Mali, du Cameroun, du Nigeria, du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Gabon. Le programme est mis en œuvre par l’USTTB avec l’appui de la Science for Africa Foundation, le programme DELGEME Plus. Il vise à développer l’excellence en leadership scientifique et en génomique pour la lutte contre le paludisme et la résistance aux antimicrobiens en Afrique. Le coordonnateur du programme, le Pr Abdoulaye Djimdé, professeur agrégé de parasitologie-mycologie et directeur du Centre de recherche et de formation sur les parasites et les microbes (PMRTC), a souligné le caractère multidisciplinaire de la formation. Selon lui, une trentaine d’enseignants maliens et étrangers ont contribué à la formation des étudiants dans des domaines couvrant la biologie, la pharmacie, la médecine, la santé animale, l’environnement ainsi que les sciences sociales. Le responsable du programme a également relevé le défi particulier de dispenser un enseignement entièrement en anglais dans un environnement universitaire francophone afin de favoriser l’intégration académique d’étudiants venus de plusieurs pays africains. Major de la promotion, la Camerounaise Kelly Gemandze a exprimé sa fierté d’appartenir à cette première cohorte continentale, tout en réaffirmant son engagement à contribuer à la recherche de solutions contre la résistance aux antimicrobiens. Pour sa part, Samba Sacko, diplômé malien du programme, a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée prenant en compte la santé humaine, animale et environnementale afin de lutter efficacement contre ce phénomène devenu un enjeu majeur de santé publique. Présidant la cérémonie, le ministre Bouréma Kansaye a salué l’émergence d’une nouvelle génération de spécialistes africains capables de répondre aux défis sanitaires du continent. «La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus préoccupantes pour la santé mondiale. Nos pays ont besoin de compétences de haut niveau capables de conduire des recherches de qualité et d’accompagner la prise de décision en matière de santé publique», a-t-il déclaré Le ministre Kansaye a invité les nouveaux diplômés à produire des résumés exécutifs de leurs travaux de recherche afin de mettre leurs résultats à la disposition des autorités pour éclairer les politiques publiques en matière de santé. Cette première cohorte marque une étape importante dans le renforcement des capacités africaines en recherche biomédicale et dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, considérée par les experts comme l’une des principales menaces sanitaires du XXIe siècle. KD/CMT (AMAP)

Mali : Le Chef de l’Etat échange avec le secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte 

BAMAKO, 5 juin 2026 (AMAP)– Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta s’est entretenu, ce vendredi 5 juin au Palais de Koulouba, avec le secrétaire exécutif de l’’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, Almoustpha Garba. C’était en présence de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, présidente en exercice du conseil des ministres de la même organisation, a appris l’AMAP. Au terme de la rencontre, le secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte a, tout d’abord, remercié le Chef de l’Etat pour la confiance placée en lui pour accéder à ce poste. Occasion pour Almoustpha Garba de faire le point de la mise en œuvre de la feuille de route de l’organisation, incluant les préoccupations, les réalisations et les perspectives. Cela, a-t-il indiqué, en vue d’accélérer la mise en œuvre des décisions retenues par les Chefs d’Etat et de gouvernement en lien avec des objectifs de la Grande Muraille Verte. D’après lui, cette initiative est l’un des programmes structurants africains les plus importants du moment conçu par des Africains et mis en œuvre par eux. Il s’est dit très « satisfait » de la grande attention accordée par le Président Goïta sur tous les points évoqués au cours des échanges. Le secrétaire exécutif de l’Agence précisera que le Chef de l’Etat a donné des orientations «claires» pour accélérer la mise en œuvre des projets-programmes au profit des populations et dans le but d’atteindre les ambitions fixées à l’organisation à l’horizon 2030. BD/CMT (AMAP)

Forum panafricain des médias : Les professionnels plaident pour une refonte du modèle économique des médias africains

Bamako, 5 juin (AMA) Les acteurs des médias et de la publicité africains, réunis à la faveur de la 3ème journée de la 1ère édition du Forum panafricain des médias, ont appelé ce vendredi à une transformation profonde du modèle économique de la presse afin de faire face aux mutations technologiques, à la baisse des revenus publicitaires et aux difficultés structurelles du secteur. Intervenant lors d’un panel consacré à l’économie des médias, le président du Groupement professionnel des agences-conseils en communication (GPAC) du Mali, Sidi Dagnoko, a estimé que le modèle traditionnel fondé sur les ventes, les abonnements, la publicité et les soutiens publics montre désormais ses limites. Selon lui, le secteur est confronté à trois principales fragilités : technologique, institutionnelle et commerciale. «Ce modèle a montré des fragilités», a-t-il déclaré, évoquant notamment l’impact de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle sur les modes de production et de diffusion de l’information. Le responsable a également souligné l’affaiblissement du rôle traditionnellement reconnu à la presse comme service d’intérêt public et acteur de la gouvernance démocratique. Il a estimé que cette évolution contribue à réduire le soutien institutionnel dont bénéficiait historiquement le secteur. Sur le plan commercial, Sidi Dagnoko indique qu’une part croissante des revenus publicitaires est désormais captée par les plateformes numériques mondiales, tandis que les budgets de communication se réorientent progressivement vers les actions de marketing opérationnel et les supports digitaux. Concernant le Mali, il rélève une contradiction entre la multiplication des médias et la stagnation, voire la baisse des recettes publicitaires disponibles. Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble des acteurs du secteur dans un marché qu’il juge limité par la faible diversification de l’économie nationale. Face à ces défis, le président du GPAC recommande une évolution vers de véritables entreprises de presse structurées autour de modèles économiques viables, de plans d’affaires, d’investissements privés et d’une gestion professionnelle. Il a également plaidé pour une meilleure mutualisation des ressources, davantage de synergies entre médias, publicitaires, investisseurs et pouvoirs publics ainsi qu’une diversification des sources de revenus. «Ce n’est plus le journaliste talentueux fondateur qui fera le média de demain. C’est plutôt le modèle économique», a-t-il affirmé. Prenant la parole à la suite de cette intervention, le directeur général de la Maison de la presse du Sénégal, Sambou Biyagui, estime que les médias africains doivent réduire leur dépendance à l’aide extérieure et accélérer la diversification de leurs revenus à travers les abonnements, les événements, les contenus numériques, les podcasts et les documentaires. Il a également plaidé pour la création de fonds d’investissement dédiés aux médias africains, le développement d’aides publiques transparentes et un renforcement de la formation aux nouveaux métiers du numérique. Selon lui, «la réponse passe par la réinvention des modèles économiques et la reconnaissance du rôle stratégique des médias dans la société». Les deux intervenants ont enfin insisté sur la nécessité de valoriser les contenus locaux, de renforcer la coopération entre les acteurs du secteur et de développer des mécanismes collectifs permettant d’assurer la durabilité économique des médias africains. OS/CMT (AMAP)

Forum panafricain des Médias : Les maisons de la presse africaines appellent à renforcer la mutualisation des ressources médiatiques

Bamako, 5 juin (AMAP) Les responsables de plusieurs maisons et centres de presse africains ont plaidé pour un renforcement de la coopération, de la mutualisation des ressources et de la solidarité entre médias du continent, lors d’un panel consacré à la «Coopération médiatique : mutualisation et solidarité entre médias africains». Animée par le journaliste Martin Faye, la rencontre portait sur le sous-thème «Place et rôle des centres et maisons de presse». Les échanges ont mis en lumière les initiatives développées dans plusieurs pays africains pour soutenir les professionnels des médias et renforcer les capacités des rédactions. En ouverture, Martin Faye a souligné que les médias africains demeurent souvent isolés face aux défis de l’environnement numérique mondial. «La solidarité est notre propriété morale la mutualisation est notre bras armé technique», a-t-il déclaré, estimant que le partage des contenus, des infrastructures et des expertises est devenu indispensable. Les représentants de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal, du Burkina Faso, de la Guinée et du Togo ont présenté les mécanismes mis en place dans leurs structures respectives. Ces dispositifs comprennent notamment des espaces de travail partagés, des salles de formation, des services de restauration, des bibliothèques, des centres de santé et des programmes de renforcement des capacités. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de développer des passerelles entre rédactions africaines afin d’accroître la circulation de l’information produite sur le continent et de renforcer la résilience du secteur face aux difficultés économiques. Le panel s’est tenu dans le cadre du Forum Panafricain des médias organisé à Bamako. Il a réuni plusieurs responsables de maisons et centres de presse du continent venus partager leurs expériences en matière d’organisation, de solidarité professionnelle et de mutualisation des ressources. OS/CMT (AMAP)